Google
This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project
to make the world's bocks discoverablc online.
It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover.
Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the
publisher to a library and finally to you.
Usage guidelines
Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying.
We also ask that you:
+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for
Personal, non-commercial purposes.
+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help.
+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it.
+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe.
About Google Book Search
Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web
at|http: //books. google .com/l
Google
A propos de ce livre
Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.
Consignes d'utilisation
Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine.
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.
Nous vous demandons également de:
+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers.
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un
quelconque but commercial.
+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.
+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en
aucun cas.
+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère.
A propos du service Google Recherche de Livres
En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adressefhttp: //book s .google . coïrïl
LA SEINE-INFÉRIEURE
HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE.
i
!
LA
SEINE-INFÉRIEURE
HISTORIQUE ET ARGHÉOLOGIQUE
PAR
M. L'ABBÉ COCHET
Oorrespoxideixit de l*Ix&stltu.t de ITranoe
INSPECTEUR DES MONUMENTS HISTORIQUES ET RELIGIEUX DE LA SEINE-INFÉRIEURE
ÉPOQUES GAULOISE, ROMAINE ET FRANQUE
SECONDE EDITION
PARIS
LIBRAIRIE HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE DE DERACHE. ÉDITEUR
48, RUE MOnTMARTRB, 48
UDCCC LXV1
«■^ 1 .
11. • '
'1 A
■^
A MONSIEUR LE SÉNATEUR PRÉFET
IT
A MESSIEURS LES MEMBRES DU CONSEIL GÉNÉRAL
DE LA SEINE-INFÉRIEURE,
Messieurs ,
C'est à vous qu'appartient la dédicace d'un livre destiné à dire ce que fut, dans le passé,
le pay5^ que vous, administrez avec tant de sagesse dans le présent, avec tant d'intelligence
et de sollicitude pour l'avenir. C'est vous , d'ailleurs , qui avez préparé cet ouvrage, en me
donnant , ainsi qu'à mes Collègues et à mes prédécesseurs , les moyens d'en faire naître et
d'en rassembler les éléments.
En effet , c'est à l'aide des allocations pour le service des monuments historiques que
vous inscrivez à votre budget , depuis plus de quarante années , qu'ont été pratiquées les
nombreuses recherches dont je viens vous offrir le faible résumé et le trop incomplet
résultat. J'aurais voulu rendre ce travail plus digne de vous et du grand pays que vous
représentez; mais, tout imparfait qu'il est, j'ose pourtant espérer qu'il donnera aux
habitants de ce département une juste idée des richesses historiques qu'ils possèdent , et
aux étrangers une opinion favorable de la fertilité de notre sol et de l'avancement de la
science dans nos contrées.
Notre département marche à la tête des départements français pour l'industrie , le com-
merce , l'agriculture et le développement de la fortune publique. Il est aussi l'un des plus
riches en monuments historiques de tout genre , surtout de l'époque du moyen-âge. Il
convenait donc qu'il ne le cédât à aucun autre dans l'étude des arts , de l'histoire et de
l'archéologie.
Grâce à vous, Messieurs, ce pays est entré de bonne heure dans la voie de la conservation
1
des monuments du passé, el aujourd'hui encore il est, dé toute la France , celid qui fait le
plus pour sauvegarder ce patrimoine d'honneur que nous ont légué nos pèreâ , dotation si'
belle qu'elle est à présent une des gloires de la France et l'orgueil de notre Normandie/
Dès 4818, lorsque^tout sommeillait autour de nous dans les provinces, un des plus
éclairés préfets de ce département (1) créait une Commission d'antiquités (2) , et le Conseil
général d'alors se signalait par l'acquisition du théâtre romain de Lillebonne (3), que vous
avez successivement tiré du lit de sable et de limon où il gisait depuis tant de siècles.
En 1822, le même Conseil rachetait la salle capilulaire de Saint-Georges de Boscher-
ville (4), un des chefs-d'œuvre de l'art chrétien.
A la fin de 1831 , un ancien préfet de l'Empire (5) qui, dès 1810, avait créé à Parme un
Musée d'antiquités, décida l'existence de celui de Rouen (6), devenu depuis le plus riche
de la France départementale, après celui de Lyon, et peut-être avant lui le plus véritable-
ment national.
Ce Musée, Messieurs, c'est votre oeuvre; c'est le résultat de votes généreux cons-
tamment renouvelés pendant trente-cinq ans. Aussi vous avez droit d'en être fiers , car,
grâce au zèle et à l'intelligence de ses deux conservateurs, MM. Deville et Pottier, il est
devenu un des plus précieux dépôts de la science et l'une des meilleurs sources de notre
histoire. Il compte à présent parmi les trésors de la France archéologique , et les étrangers
l'envient autant que nos compatriotes l'admirent.
Depuis 1832 , vous portez réguUèrement à votre budget une somme importante pour des
fouilles et des recherches archéologiques qui, en augmentant la masse des connaissances
acquises et en éclairant d'un nouveau jour la géographie départementale, n'ont cessé d'être
pour nos collections publiques une source de richesse et de prospérité. Ces fouilles, en effet,
répandent et entretiennent partout le goût des études historiques : elles contribuent puissam-
ment à la découverte et à la conservation des monuments les plus inconnus de notre histoire
locale.
(1) M. le comte de Kergariou, préfet de la Seine-Inférieure, de 1815 à 1818.
(2) Créée par un arrêté du 28 février 181^. — Réorganiaée le 29 novembre 1821 par M. le baron de Vanssay,
préfet, de 1820 à 1828.
(3) Le 30 octobre 1818.
(4) En octobre 1822. .
(5) M. le baron Dupont-Delporte, préfet de la Seine-Inférieure do 1830 à 1848.
(6) Arrêté du 10 décembre 1831.
-.7;.-
, • Çipn c^onteots d'ouvrir un asile pour les monuments mobiles et exposés à périr, vous aveat
aussi ppjrté votre sollicitude sur les admirables églises qui couvrent le sol de notre Haute-
Normandiç et qui font au loin sa renommée. Depuis 1838,, vous les couvrez de votre pro-
tection, vous les entourez de vos soins, de votre surveillance et de vos encouragements"
Yous provoquez l'émulation et le zèle des communes assez heureuses pour posséder ce
précieux dépôt des siècles, et vous donnez l'exemple en créant en leur faveur un budget
qui s'élève aujourd'hui à 15,000 fr. A l'aide de ce crédit spécial, vous provoquez et vous
répompOTsez par des allocations peu élevées, il est vrai, mais honorables par la source
d'où elles proviennent , les sacrifices que s'imposent les administrations locales.
C'est ainsi que vous donnez au pays un bel et consolant spectacle , et à la France entière
un exemple et un modèle.
Permettez-moi de vous remercier , ici , de tous les encouragements que vous accorder
depuis bientôt trente ans aux modestes et persévérants travaux d'un homme qui a consacré
ses jours à l'histoire et aux monuments de son pays. Vous saviez que j'avais voué ma vie à
l'Église, à la Science et à la Normandie, et vous avez voulu, par une adoption qui m'honore,
me consacrer, sous votre haut et bienveillant patronage , à l'étude de notre histoire et à la
conservation de nos monuments.
. Depuis tantôt trente ans j'ai continué ma tâche et essayé de répondre à votre confiance et
à celle de mon pays. Déjà, et à diverses reprises, j'ai eu l'avantage de vous offrir mes
premiers travaux sur nos églises et sur nos monuments souterrains, et vous avez bien voulu
encourager l'un et l'autre.
Aujourd'hui je vous présente le résumé de trente années d'études sur un département
qui est le vôtre; j'ose espérer que vous l'accueillerez avec faveur et que votre bienveillance
habituelle ne fera point défaut à celui qui a l'honneur d'être ,
Messieurs ,
Votre très respectueux et très dévoué serviteur,
L'Abbé COCHET,
Inspecteur des monuments historiques de la Seine-Inférieure-
et des monuments religieux du diocèse de Rouen.
DIVISIONS TERRITORIALES
DE LA SElNE-lNFÉRlEURE
AUX ÉPOQUES GAULOISE, ROMAINE ET FRANQUE,
ÉPOQUE GAULOISE.
A Torigine de noire histoire, c'est-à-dire au temps de Findépendance gauloise, tout le
territoire de la Seine-Liférieure , placé sur la rive droite du fleuve , appartenait à la Gaule
Belgique (1) ; la rive gauche, au contraire, relevait de la Gaule Celtique (2).
Les seules divisions connues, pour la partie septentrionale, sont les peuples ou cités des
Calètes et des Vélocasses. Vraisemblablement la rive gauche relevait des Lexoviens et des
Aulerques-Éburoviques.
La capitale des Calètes, à Tépoque de Tindépendance , ne nous est pas révélée par
rhistoire. Cependant nous sommes tenté de retrouver son nom sur ces monnaies gauloises
qui portent le nom de Caledu (3), et cela d'autant mieux qu'une tradition dont la Chronique
de Fontenelle et Orderic Vital se sont faits les organes, tradition du reste qui s'est perpétuée
jusqu'à nous , donne à ce chef-lieu le nom Calet ou de Cité Calète (4).
(1) « A Scaldà (rEscaut) ad Sequanam Belgica , » dit Pline, « Hist. nat., » lib. iv, cap. 17. — « Galios ab Aquitanis
Ganimna flumen, à Belgis Matrona et Sequana dividit. » Gœsar, « Gomment, de bail, gall., » lib. i, cap. 1.
(2) « A Sequanà ad Garumnam Geltica, » dit encore Pline l'Ancien, « Hist. nat., » lib. iv, cap. 17. — Cœsar,
« Gomment., » lib. i, cap. 1.
(3) Ed. Lambert, « Essai sur la Numismatique gauloise du nord-ouest de la France, » dans les « Mém. de la Soc. des
Antiq. de Norm., » t. xiii, p. 143-44, pi. rv, flg. 20, 21, 22 ; pi. ix, fig. de 12 à 19. — Deville, « Précis analyt. des travaux
de l'Acad. de Rouen, » 1839, p. 183. •— « Le Mercure de France, » aoust 1739. — Fallue, « Glassem. de la médaille
gauloise Senodon-Galedu et Recherc. sur Tanc. cité des Galètes, » in-8' de 6 p., Paris, 1855, et « Revue numismat. »
de 1855. Deux monnaies gauloises en argent, portant le nom Galedv, se voient à Jumiéges, chez M. Lepel-Golntet.
(4) Parmi ceux qui soutiennent ou qui constatent cette tradition , nous citerons : « Ghronicon Fontanellœ »
(IX* siècle), cap. 10. — Orderic Vital (xii« siècle), a Hist. eccles., lib. v., p. 554; lib. xii,p.864. —Robert du Mont,
« Appendix ad Sigebertum, » ad ann. 1 162. — M. Glérot, de Rouen, « Mercure de France, » de juillet 1733, p. 1474. —
Gaylus, «Recueil d'Antiquités, t. vi, p. 393. — Pinel, « Essais histor., archéol. etphys.sur les environs du Havre, ■
p. 27. — A. Le Prévost, a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm,, » t. xi, p. 1 et 2. —G. Oursel, « Résumé analyt. des
travaux de la Société havraise, » v', vi*, vu* année, p. 10. — « La Normandie souterraine, » l" édit., p. 98; 2* édit.,
p. 112. — Guilmeth, « Descript. géog., hist., monum. et statist. de l'arrond. du Havre, etc., » 1. 1", p. 100.— Id.
«Notice hist. sur la ville et les environs de Lillebonne, « p. 16-18. — Le Prévost et Rondeaux, « Annuaire statist. du
— 10 —
La cité des Vélocasses nous est également révélée par des monnaies gauloises en bronze,
probablement contemporaines de la Conquête et portant le nom gréco-cellique de ratv-
MACOS (1), qui est bien notre Rouen, en grec, PaToixayoç , en latin, Rotomagus.
César est le premier et presque le seul qui donne quelques détails sur les Calètes et les
Vélocasses, originaires de la Germanie, comme la tribu des Belges tout entière. De concert
avec ces derniers, nos pères avaient repoussé du territoire commun les Cimbres et les
Teutons qui envahirent la Gaule, vers le vi^ siècle avant Jésus-Christ (2); mais il furent
moins heureux devant les Romains.
« L'an 57 avant l'ère chrétienne , César entra en campagne contre les Belges. Les
Calètes fournirent, pour la défense de la patrie, 10,000 hommes; les Vélocasses, un nombre
égal (3). Les Belges, vaincus dans plusieurs combats, posèrent les armes. L'année suivante,
César, après avoir attaqué les Ménapiens et les Morins qui s'étaient soulevés , conduisit
ses troupes en garnison chez les Aulerques et les Lexoviens (peuples d'Evreux et de Lisieux)
et dans les cités voisines du théâtre de la guerre. Il dut traverser nécessairement le pays des
Calètes et des Vélocasses , s'il ne s'y arrêta pas.
• Les Gaulois, vaincus, mais non soumis, coururent aux armes pour défendre leur
indépendance (l'an 52 avant Jésus-Christ). Vercingétorix , de la cité des Arvernes , était à
leur tête. Les Vélocasses avaient envoyé à l'armée fédérale 3,000 hommes ; les Calètes ,
6,000 (4). Les Gaulois furent défaits devant Alesia. L'année suivante (l'an 51 avant Jésus-
Christ et 702 de Rome), les Bellovaques (peuples de Beauvais), qui passaient pour le peuple
le plus belliqueux des Gaules (5), lèvent de nouveau l'étendard, et font un appel à tous les
peuples belges. Leurs voisins, les Calètes et les Vélocasses, se joignent à eux (6). Après un
combat malheureux, ils sont contraints de demander la paix. Ce dernier effort fut bientôt
suivi de la soumission totale des Gaules (7). •
Ce grand événement eut lieu l'an 702 de la fondation de Rome, cinquante et un ans avant
l'ère vulgaire.
La population du territoire de la Seine-Inférieure, estimée aujourd'hui à 790,000 âmes,
départ, de la Seine-Infér., » année 1823, 1. 1", p. 558. — Mangon de la Lande, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., »
année 1826, p. 212, 214. — Fallue, « Recherches sur l'ancienne cité des Calètes, » p. 4, et « Revue numism., année 1855*
— Lesguillez, «Notice hist., statist. et topog. surValmont, » p. 2. — Deville, « Notice sur Lillebonne,» dans le
« Bullet. monum., » t. xxiii, p. 567.
(1) Deville, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 60, 65, pi. i»^*, fig. 1 et 2. — Id., « Précis analyt. des
travaux de l'Acad. de Rouen, » année 1839, p. 183. — aEpigraphie de laSeine-Inf., » p. 33. — «• Bullet. monuçient., »
t. XXI, p. 281, 336. — Ed. Lambert, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xiii, p. 144, 241, pi. ix, fig. 5, 7, 8. —
Mionnet, «Descript. des médailles antiq., » 1. 1, p. 82; « Supplément, » i, p. 149.
(2) « Belgas esse ortos a Germanis solosque esse qui, omni Galliâ vexatâ, Teutonos Cimbrosque intra fines sucs
ingredi prehibuerint. » CaDsar, a Comment, de bell. gall., » lib. ii, cap. iv.
(3) « Caletos decem millia-, Vélocasses totidem. » Id., ibid.
(4) « Bellocassis (Vélocasses) terna millia... Caletos sex. » Id., ibid., lib. vu, cap. 75.
(5) Id., ibid., lib. viii, cap. 6.
(6) o Caletos, Vélocasses. » Id., ibid., lib, vm, cap. 7.
(7) Deville, « Précis analyt. des travaux de l'Acad. de Rouen, » année 1839, p. 184, 185.
11
devmt être de 138,000 au temps de César. Ce calcul a été fait par M. DeviUe, d'après les
contingents que les deux peuples fournirent à la Ligue gauloise (1).
Après un silence de dix-neuf cents ans, il nous paraît curieux de rechercher aujourd'hui ce
qui nous reste de ces Calètes et de ces Vélocasses qui occupèrent, pendant plusieurs siècles,
le pays que nous habitons. Que retrouve-l-on à présent de cette civilisation gallo-belge qui
régna si longtemps sur cette terre fertile, commerciale, industrielle, en un mot l'une des
plus riches, des plus avancées et des mieux cultivées de l'Europe? Hélas ! de tout ce passé,
qui ne fut pas sans gloire, il n'est guère parvenu jusqu'à nous que des débris mystérieux,
véritables énigmes pour nos mœurs, nos idées, notre intelligence. En un mot, il nous est
arrivé, à peu près, tout ce que laisserait derrière elle une tribude sauvages après une longue
occupation du sol. Nous allons établir, en quelques lignes, le bilan monumental et archéolo-
gique de l'ère gallo-belge.
Plaçons au premier rang quelques centaines de monnaies d'or et d'arçent, de bronze et
de potin. Ces lambeaux de métal , précieux par les siècles qu'ils ont traversés, sont rudes
de forme et grossiers de travail. Ils ne présentent point de dates, peu de noms, et rarement
des figures de princes ou chefs militaires. On y surprend assez souvent des têtes humaines,
mais ce sont des types sacrés et traditionnels, servilement reproduits de l'étranger et ré-
pétés par des hommes qui ne les comprenaient pas. Les images les plus fréquentes sont le
bige macédonien, le cheval de guerre et le sanglier des forêts, principal aliment de nos
ancêù^s. Deux ou trois noms de peuples ou de cités, deux noms de chefs, sont à peu près
tout ce qui nous est venu de cet âge de luttes, de Combats, de labeurs et de la vie la plus
durequ'on>it jamais menée sur notre terre. Les noms de VELIOCAOI pour les Vélocasses,
MONNAIE DBS VÉLOCASSES.
de KAL, de KALET, de KALEDV, et de KALETV pour les Calètes ou Caletum (2), de
RATUMACOS DOUT Rouen, nuis les deux nnms de SVTICOS fit. df. SENODON. snnt fnn» t^a
■k f
MOnNAIB OAOLOISE DE BOVEPr.
MONRAIB DES CALÈTES.
(1) Deville, « Précis analyt. des travaux de l'Acad. de Rouen, » année 1835, p. 244-52.
(2) « NouanTxésitons pas, dit M. Deville, à attribuer, avec Bouteroue, Lelewel, de Lagoy, Edouard Lambert, ces
légendes au pays des Calètes. Peut-être n'y aurait-il pas trop de témérité à en faire ressortir le nom gaulois de CaUt,
CaUd, pour la ville de Lillebonne. » Deville, « Notice sur Lillebonne. » dans le « Bulletin monumental, » t. xxiii,
p. 567. - E. Lambert, « Mém. de la Soc. de* Antiq. de Nom., » t. xxv, p. 456-536.
— 12 —
qui représente pour nous la géographie celtique et la dynastie gauloise des rois du Vexin
et du pays de Caux.
Et encore ce numéraire n'a-t-il rien de très autonome ni de véritablement aborigène :
c'est une importation étrangère , une imitation de la Grèce , dont les types sont copiés
non pas seulement dans leur forme et leurs motifs , mais encore jusque dans leur
caractère et leur consonnance épigraphique-- Toutes ces terminaisons à peu près invariables
en i, en 0 , en u, en 071, et surtout en os, ne révèlent-elles pas , dans le monnayage de
nos ancêtres, cette langue grecque que César surprit un jour sur les tablettes du camp
des Helvètes (1)?
(1) « In caslris Helvetiorum tabulœ repertœ sunt litteris grœcis confectœ etad Gœsarem relatœ. » «Comment., »
lib. I, cap. 29. Dans le livre vi des « Commentaires, » ch. xiv. César dit que les druides, dans presque toutes les af-
faires publiques et particulières, se servaient de caractères grecs. « Cum in rellquis ferè rébus publicisprivatisquè
rationibus grœcis litteris utantur. » H. Protat, « 3' Étude sur les inscript, des enceintes sacrées gallo-rom., » p. 1.
M. Houbigant, de Nogent-les-Vierges, dans son « Recueil des Antiq. bellovaques, » p. 116, dit qu'il n'existe pas de
monnaies gauloises plus anciennes que celles fabriquées avec des Philippe (360 ans av. J.-C), ou faites à leur imita-
tion, bien grossièrement, mais sans qu'on ait cherché à changer la tôte. L'expédition qui a répandu les Philippe date
de 279, 278, 277. « Mém. de la Société, académ. de l'Oise, » t. iv, p. 525. Id., ibid., p. 45 et 453.— A Louresse-Roche-
minier (arrondissement de Saumur), on a trouvé une pièce d'or de Philippe II, roi de Macédoine. « Il ne faut pas
s'étonner, dit M. Godard-Faul trier, de la découverte en Gaule de statôres macédoniens de Philippe, qui furent
imités par le monnayage national, à une époque correspondante de celle des grandes migrations gauloises en
Grèce. »« Répert. archéol. de l'Anjou, » i'* année, mars 1860, p. 69. — Ch. Barthélémy, « Manuel de Numisma-
tique, » p. 87. (Manuels Roret.) — On voit, au Musée de Rouen, classée comme gauloise et trouvée en Gaule, une
monnaie d'or de 78 grains, sur laquelle ont voit le bige macédonien, et au-dessous le nom de Philippos. « Catalogue
illustré et manuscrit du Musée de Rouen, » par A. Deville, n* 568. — a La langue grecque, dit A. Aymard, du Puy,
était généralement usitée (dans la Gaule méridionale) pour les contrats publics et privés. » Aymard, « les Origines
de la ville du Puy, » dans « l'Annuaire des Congrès scient, de France, » p. 375. — Comme preuve de vulgarité de
la langue grecque parmi nous, on peut citer la lettre des martyrs de Lyon, écrite en grec sous Marc-Aurèle (177) ;
« Journal général de l'instr. publique, » du 18 décembre 1858, p. 807 ; et, comme preuve de la durée, on peut ajou-
ter une foule d'inscriptions chrétiennes en cette même langue, inscriptions qui figurent dans le beau recueil épi-
graphique publié par M. Ed. Leblant. « Inscript, chrét. de la Gaule, » 1. 1", p. 8-14 et 327, pi. i*^*, fig. i ; pi. vi
flg. 6; cap. XXVI, fig. 150. — M. Fauriel dit quelque part que cette coutume dura jusqu'au vi* siècle de notre ère,
mais que, après le vi* siècle, on ne trouve plus aucun indice de l'usage du grec (en Gaule). « Hist. de la Poésie pro-
vençale, r 1. 1", p. 193-95, cité par Sainte-Beuve dans le « Journal général de l'inst. publ., » du 18 décembre 1858,
p. 890. — L'assertion de M. Fauriel pourrait bien être infirmée parla dissertation où M. Rossignol attribue au vu*
siècle la fameuse inscription grecque de Saint- Pierre-l'Étrier, trouvée à Autun, en 1839. « Revue archéol. » de 1855
ou 1856. — Dom Martin, dans la « Religion des Gaulois, » 1. 1", p. 39, dit que les Gaulois écrivaient leur langue en
caractères grecs, x Cela est prouvé, dit M. de Payan, par l'inscription sépulcrale de Gordien, martyr à Rome,
messager des Gaules. » Cette inscription est publiée par Mabillon et la « Roma subterranea. » De l'aveu de César, de
Pline et de Strabon, les Gaulois se servaient de caractères grecs ; cependant ils n'entendaient pas le grec : César en
donne la preuve dans sa lettre à Q. Cicéron. De Payan-Dumoulin, « Ahtiq. gallo-romaines découvertes à Toulon-
sur- Allier, » p. 54. — « Sur quelques monnaies gauloises, dit M. de Caumont, ou voit des légendes barbares à carac-
tères mal formés, et il parait que ceux qui ont fabriqué -ces médailles ont voulu imiter les Philippe de Macédoine,
et leur légende Philippos. • « Cours d'antiq. mon., » 1. 1", p. 250. — « Quoique très grossières, dit encore le même
archéologue, les anciennes monnaies gauloises offrent quelque ressemblance avec les monnaies grecques. » Id.,
ibid., p. 249. — « Il n'est pas rare, ajoutent tout à la fois MM. de Caumont et de Crazannes, de rencontrer, dans
l'ouest de la France, des monnaies d'or de Philippe II, père d'Alexandre. » « Cours d'antiquités monumentales, »
p. 25. — De Crazannes, « Essai sur les antiquités de la Charente-Inférieure, » p. 124. — Voir encore Henry, <iHisl.
de la Longue française, 1 1", p. 5. » — Cousin, « Éludes sur les champs sacrés d£ la Gaule et de la Grèce, p. 39 et
54. » — « Mém. de la Commission d'archéologie de la Haule-Saône, t. ii, p. 202. » — E. Lambert, Mém. de la Soe. des
Antiq. deNorm., » t.xxv,p. 417-422,
- 43 —
Le monnayage ne nous paraît pas le seul emprunt fait à l'Orient par l'industrie de nos
pères. Après l'affinage de l'or et de l'argent, nous voyons arriver le bronze dont l'alliage,
interrogé par la chimie moderne , a été trouvé de même nature que le bronze égyptien des
Ptolémées ou des Pharaons (1).
Ce bronze industriel ainsi mélangé est parvenu jusqu'à nous sous trois formes princi-
pales: les armes, les instruments et les armilles. L'armille gauloise, qu'elle se divise en
bracelets, colliers, brassards ou anneaux, est assez fréquente autour de nous; mais on la
rencontre si rarement dans la Seine-Inférieure que nous n'en connaissons aucune, trouvée
de nos jours, sauf peut-être au Hanouard, près Cany, il y a quelques années. Toutefois, ces
découvertes ont eu lieu avant nous, et, sans aucun doute, elles se reproduiront dans l'avenir.
Des épées de bronze sont sorties du lit de la Seine , et des glaives en fer ployé nous sont
venus des sépultm^es du Hallais, des Caillettes et de Moulineaux; mais il serait malaisé de
déterminer positivement la date de ces armes.
Les dépôts de hachettes ou de celtœ sont assez communs de nos jours. Outre les décou-
C0II«8 EN BRONZE, TROUVÉS DANS LA SEINE-lNrÉRIEURE.
vertes isolées, nous pouvons signaler six ou sept groupes de eî^/ïtp, récemment aperçus dans
HACHETTE EN BRONZE , TROUVÉE A A?iTIFER , PRÈS ÉTRETAT.
(1) En 1852, M. J. Girardin, professeur de chimie à Rouen, ayant analysé une des hachettes recueillies à Antifer,
commune du Tilleul, en 1842, trouva la composition suivante :
Cuivre 85 85
Etain 14 15
Fer et plomb. . . traces
Total. ... 100 00
• Ce bronze, ajoute M. Girardin, est identique à celui d'un poignard antique rapporté d'Egypte par Passalacqua,
et analysé par Vauquelin. » • Précis analyt. des travaux de l'Acad. de Rouen, » année 1852, p. 157. — Girardin,
« Analyse de plusieurs produits antiques, » 2" Mémoire, p. 16.— Déjà, au commencement de ce siècle, M. Clarke,
savant chimiste anglais, avait été frappé de la similitude de composition qui se remarque entre le bronze de Bre-
tagne et de la Gaule avec celui de la Grèce, de l'Egypte et de plusieurs nations de l'Asie. Il regardait même les
épées de bronze de nos contrées comme de pure composition grecque. Voyez « Archœolo^ia, » vol. xk, p. 57. —
— 14 -
notre Seine-Inférieure (I). C'est à tel point que nos collections publiques en possèdent
presque toutes , et que bon nombre de particuliers en montrent dans leurs bibliothèques
et sur leurs étagères.
HACHETTES CELTIQUES DE I.A aKINE-lNFÉOIBDRl.
Mais il est une substance qui fut grandement travaillée et qui a laissé partout l'empreinte
de sa longue durée dans la main de l'humanité : nous voulons parler de la hache de pierre ,
parfois nommée casse-tête, qui dut servir aux usages domestiques aussi bien qu'au service
militaire, et jouer un rôle dans les arts de la paix autant que dans les arts de ta guerre (2).
< PIERM , TROUVÉE PBË8 Dl KBDFGHATEI..
H. de Gaumont, Trappe d'une observation si bien rondëe, la coosigna dans son célèbre cours professé à Caen, en
1830. De son cûté, il trouvait aussi les plus grandes afflnités entre la mëlallurgie grecque et la mëlallurgie gau-
loise. ■ Cours d'autiq. mon.,» m" partie, pages 223-24,239.
(1) DépâCs do hachettes dans la for^t do Roumare, en 1S15. • Bullet. mon., > t. yii, p. 187; — àBlbeuf ouaux
environs, en 1816, ibid,,p. 187-88; -au Tilleul, dans le vallon d'Antifer, 18 en 1842-, — àTourville-lB-Chapelle, 30
ou 40 en 1854 ; — au Torp, dans la forât do Brotonne, un bon nombre en 1820 ; — k Harfleur, au moins 12 en 1846 ;
— h GonTreville-t'Oreher, à deux reprises, au moins 6 en 1845 et 39 en [659; au Calidu de Caudebec, en I8&B;
6ux Grand es- Ventes, 80 en 1863 — Le Musée de Neurchfklel possède des hachettes de bronze venant des environs
de cette ville et de ceux d'Aumalo. — H. Fallue, dans son •■ Mém. sur les aotiq. de la forêt et de la presqu'île de
Bretonne, ■ p. 45, parle d'une fonderie de hachettes, de fourneaux, de lingots de métal, etc.
(2] Dans son i Répertoire archéol. de l'Anjou, - mars 1860, p. 79-81, M. Godard-Faultrier fait voir que les ha-
chettes de pierre se trouvent dans le monde entier. — (La hache de silex est vieille cominele monde, dit avec
raison M. Houhigant dans son « Becucil d'antiq. belloi-aques, > p. 32, et • Hêm. de la Bec. acad. de l'Oiw, • t ir,
~ 45 —
Cette hache, que portaient dans les combats les peuples primitifs (1), est encore aujourd'hui
un instrument de travail 1res en faveur dans les Antilles françaises. C'est au point qu'en
1855 un assortiment d'outils de pierre fut envoyé par nos colonies à l'Exposition universelle
de Paris.
La hache de pierre paraît avoir étendu son empire sur tout l'ensemble et sur toute la
diu'ée de la civilisation gauloise (2). Il nous semble même qu'elle fut usitée par les Scandi-
naves qui envahirent la Normandie , et nous savons par l'histoire qu'à Hastings elle fut
maniée par les soldats de Guillaume ou par leurs adversaires (3).
Ce qui est certain, c'est qu'elle recouvre encore à présent, de ses mystérieux (4) et innom-
brables débris, le sol de notre département. On en trouve à peu. près partout, dans les
(1) Le Musée-Bibliothèque du Havre montre, au milieu d'un groupe d'armes et d'un trophée océanien, une grande
hachette de pierre qui n'a pour tout emmanchement qu'un étui d'étoffe destiné à la faire tenir dans la main du
guerrier ou de l'artisan. M. le D' Pouchet conserve, dans sa belle collection d'histoire naturelle, à Rouen, une
hache de silex noir, montée au bout d'un manche de bois, d'une forme carrée et d'une élégance extrême. Cette
hache, donnée par l'amiral Gécille, vient de la Nouvelle-Zélande, où elle fut prise en 1838. — Siébold, voyageur au
Japon et aux Indes, a rapporté à Leyde des armes et des couteaux de pierre venant du Japon : t Cestra lapidea
quibuspro cultris Japoniœ aborigines utebantur. » M. Houbigantnous montre les haches et instruments de pierre
chez les sauvages et chez les Kabyles de l'Algérie. «Recueil des antiq. bellovaques, » p. 32-41, et « Mém. de la
Soc. acad. de l'Oise, » t. iv, p. 449, — M. Boucher de Perthes cite les haches de pierre et de jade de la Nouvelle-
Zélande, et de plusieurs autres peuples sauvages de l'Océanie. « Antiq. celtiques et antédiluv., » t. i*', ch. vu et
note 12, p. 521-23. — Albert de Mon témont. « //i5/. des voyages modernes^ » t. i*', p. 332, t. v, p. 180. » — Govrey,
• Mém. de la Commiss. d'archéologie de la Haute-Saône, » t. i*', p. 160. — A. Thieriy. tiHisi. des Gaulois, v ch. i".
(2) M. Schayes dit que la hache de pierre des Celtes et des Germains a été en usage jusqu'au m* et au iv« siècle
de notre ère. « Bull.de l'Acad. roy. de Belg., » t. xiii, p. 199. Il est question de hachettes en silex dans la « "Vie de
saint Éloi, » par saint Ouen, évoque de Rouen au vn" siècle. — Lecointre-Dupont, « Mém. de la Soc. des antiq. de
l'Ouest, f t. V, p. 107. — Godard-Faultrier, « Répertoire archéol. de l'Anjou, » mars 1860, p. 68-72. — En Belgique,
on a trouvé des haches de silex dans des sépultures de l'époque gallo-romaine. Del Marmol, a Fouilles dans un
cimetière de l'époque franque, àSamson (prèsNamur), » p. 18. — M. Baudot cite une hache en silex trouvée dans
un cimetière franc en 1859, à la Bruyère (Gôte-d'Or). a Revue archéol., » année 1861, p. 484.
(3) D'après Guillaume de Poitiers, cité par MM. de Caumont et Namur, on se serait servi d'armes de pierre au
XI* siècle, à la bataille de Hastings : • Jactant Angli cuspides et diversorum generum teki, sœvissimas quoque se-
cures et lignis imposita saxa. » « Cours d'antiq. mon., » m* partie, p. 221, et • Public, de la Soc. archéol. de
Luxembourg, » t. v, p. 167. — Godard-Faultrier, « Répertoire archéol. de l'Anjou, » i" année, p. 79. — Houbigant,
« Recueil des antiq. bellovaques, » p. 39.
<4) Dans l'ouest et le midi de la France, les paysans appellent les haches de pierre des pierres de tonnère, Go-
dard-Faultrier, « Répertoire archéol. de l'Anjou, » année 1860, p. 78. — M. Boucher de Perthes constate, à propos
des anciennes haches de pierre, l'opinion vulgaire qui les appelle pierres de foudre, et qui y attache une idée
superstitieuse.— «Un Mémoire lu, en 1723, à l'Académie des Sciences, par M. de Jussieu, prouve que chez les
Romains les mômes pierres, connues sous le nom de ceraunia, passaient pour avoir une origine mystérieuse et
même céleste. * Boucher de Perthes, « Antiq. celtiques et antédiluv., » 1. 1", p. 522. — L'abbé Lebeuf semble môme
y croire dans un article inséré dans le Mercure de France de septembre 1738, p. 1986-87. — « Partout (dans l'Aqui-
taine), les paysans qui les rencontrent donnent à ces pierres taillées le nom de pierre d'orage, » dit M. Jouannet,
dans son« Musée d'Aquitaine, » année 1833. —Vers 1860, la Société d'histoire et d'archéologie de la Moselle a reçu
deux hachettes de silex provenant de la forôt de Durenwald, dans le pays de Bitche. «Ces pièces portent dans ce
pays le nom de donner axte (haches du tonnerre). Les paysans croient qu'elles tombent du ciel avec la foudre,
qu'elles s'enfoncent dans la terre et qu'elles ne reparaissent à la surface qu'au bout de neuf jours. Beaucoup leur
attribuent le pouvoir de guérir les vaches malades. » — « Bulletin de la Soc. d'hist. et d'archéol. de la Moselle, »
3* année, p. 213.
plaines aussi bien que dans les vallées. Moins heureux qu'au Vauvray (i) et qu'à Cocherel,
nous n'en avons jamais raicôntré d'emmanchées dans des cornes de cerf (2). Les étangs de
Bray ne nous ont pas livré non plus .tatîl un niebilier.hipiâairè,~' comme les habita.liQns
lacustres de l'Helvétie en ont donné atix antiquaires de la Suisse m(ïdeme (3}/£e bassin ^
la Seine nous a longtemps refusé ces ébauches de biches, saturées de gangue^.et de Umoi^
que prodiguent à la science étonnée les bancs alluviaux de la Somme (4). Toulpfois, depuis
deux ans, il en laisse entrevoir quelques-unes dans les sablières de Sotteville edde Quevillyj
nACIISTTESBN SILEX DILliriEN\ES ou ANTÉ-mSTODIQUeS.
Pour nous consoler, il nous reste, sur quelques points de ce département, des dépôts de
hachettes à divers états el pour ainsi dire en travail de formation. La Cité de Limes (5) et
surtout les Marettes, près Londinières (6), nous ont donné des quantités considérables de
hachettes de silex ébauchées , à peine dégrossies , ou des fragments brisés pendant leur
': (I) En 1842, lors <le la conrection du chemin de Tarde RouenàParis, oa a trouvé, dans la traverse de Saint-Pierre-
■ du- Vauvray, une grosse pierre celtique recouvrant des squelettes antiques, accompagnés de poteries gauloises et
! de silex emmencliés dans des cornes de cerf. En1S45,j'ai vu ces hacbettes à la Bibliothèque de Louviers.
' (2) Le Brasseur, ■ Hisl. civile el ecclésiast. du comté d'Évreiir, » p. 173. — Dom Martin, « Relig- des Gaulois, •
t. n, p. 311-20. — A. Le Prévost, ■ Notice hist. et archéol. du départ, de l'Eure, > p. 3Ï, et • Mém. de ta Sbc. d'agr.
de l'Eure, ° t. m, p. Ï56. — œ La Norm. souterr., s p. 6.
(3) ■ Magasin pitt. . de février 1855, p. 37. — F. Troj-on, • Slatist. des snliq. do la Suisse occident, » huit
articles. — F. Troyon, «Habit, lacustres, «dans la o Revue archéol., . nouvelle série, l" année, 1860, p. 26-43, pi.
I", fig.1,2, C, 7, 10,11, 12, 13. — F. Keller, . Die keltischen pfalilbanten in den schweirerseen. «Zurich, 1854, dans
• les Mittlieilungen der antiquarischen gesellschanin Zurich. ■ — F. Trayon, m Habit, lacustres des temps anciens
et modernes, > t vol. in-S°de 495 p. avec xvii pi. ot 380 fig., Lausanne, 1660-, et • Mém. et Docum. publ. par laBoc.
d'hist. delà Suisse romande, ■ t. xvii.
(4) Boucher dePorthes, «Antiq. celtiqueset onlédiluv. ■> — Rigollot, > Mém. sur des iustrum. en silex trouvés i
Saint- Acheul, ■ el i Mém. de la Soc. des antiq.de Picardie, • t. xiv. — « Bulletin de la Soc. des antiq. de Picar-
die, . année 1859, n- î.
(5) Foret, - Soc. archéol. de l'arrondiss. de Dieppe, n p. 10. — Le Dicte-Duflos, - Notice sur le Camp de Gatonoy,
*l Camp deCésar, .danslesMem.delaSoc.acad.de l'Oise, » 1. 1", p. 380, pi. 1", flg.2,*, 5,7, 9,11,12,13,16,19.
— t Gâta), de laBibliot. publ. de Dieppe ■ p. 343.
(6) ■ La Norm. souterr., * 1" édit.,p. 181i2* édit., p. 205.
— 17 .
nACHETTBs cAsaiEB ou ëbaocbëbs,
Semblables aux débris renconirâs aux Marettes de Londiniëi>oa.
confection. Il est difficile de croire qu'il n'y ait pas eu, sur ces deux points, des fabriques
de hachettes comme il dut en exister au camp de Catenoy, exploré par M. Ledicte-Duflos,
antiquaire du Beauvoisis (1). Le feu parait avoir joué un rôle dans la préparation et lataille
de ces instruments primitifs ; car nous avons cru remarquer sur les pierres préparées,
réussies ou non, une teinte blonde et cendrée qui est celle du silex quand il a subi l'action
du feu (2).
La poterie, cette première nécessité de l'homme, sa compagne si inséparable en ce monde
que nos pères ont pensé qu'il ne pourrait même s'en passer dans l'autre, la poterie, dis-je,
' ée qu'à quatre reprises sur notre sol gaulois. Une première fois, ce fut il
irante ans, dans la vaste enceinte de la Cité de Limes (3). Les trois dernières
sont plus récentes. En 1 854, elle apparut aplatie et contenant des os brûlés,
!re du Haîlais, près Bouelles (4) ; un an plus tard, en 1855, elle se montra
sous forme d'urnes, dans les tranchées du Château de Robert-le-Diable,
13, 1 Notice sur le Mont de Catenoy, dit Camp de César, • p. I i-16, pi. i", — « Mém. de la Boc.
l",p. 379-84. -a Bulletin de la Boc des antiq. de France, » année 1861, p. 153. - Le «Journal
mpagnes, > du 1" avril 1860, p. 7, annonce ladÉcouverle dedeui ateliers de fabrication d'instni-
I l'Indre-et-Loire.— M. Jouanoet, de Bordeaux, pense également avoir découvert, en 18^9, àËcome-
«,unefobriquedeliaclieilesde pierre. De Caumont, n Cours d'anliq.monum,,» m* partie, p. ÏI9.
ïe d'Aquitaine, » année 1833. — H. Houbigent cite encore plusieurs autres bbrîques on France,
isson, dans le Bordelais, etâConUn, près Douai, en lS24.i Recueil desautiq. bellov., • p. 39 et 40,
:. acad.de l'Oise, > t. iv, p. 447-48. — OncroitégalenientèunefaliriqueàThury.en'ValoiB, parce
is hachettes siliceuses et des flèches à l'état de formation. > Répert. archéol. de l'Aube, > p. 163.
lullrier parait croire & l'emploi du feu dans la préparation des hachettes, car, dans son ■ Réper-
^jou, ■ mars 1860, p. 99, il dit qu'& Saint-Lambert-des-Levées (arrondissement de Saumur), on
lamp de la ferme de la Petoute, des foyers entourés de grosses pierres rangées en cercle, où l'on
d nombre d'éclats de silex blond, étranger au sol, et qui étaient évidemment le produit des armes
abitantB de nos contrées avaient faltriquées en ce lieu.
irchéol. de l'arrondiss. de Dieppe, • p. 10,13,14. — II. Langlois, > DuCampdeCésaret de laCité
voisin de la ville de Dieppe, » p. 9. — ■■ Calai, de la Bibliot. publ. de Dieppe, ■ p. 346.
l., rom., franq. et norm., > p. 397-410.
i
.-r- .i^ -
près Moulineaux (i); la troisième manifestation vient d'avoir lieu à la Côte des Caillettes,
près Saint-Wandrille (2).
VASE-i rASLLia (FRANCE BT
art DK LIMBS.
a GELTiQLEa.— HocLunADx.
^
POTERIES CELTIQDES DE BODCI.LES ET DE HOULINEAUX (SEIIE-INFCRIEI'RE).
(1) " Sépull. gaul., rom., franq. et norm., . p. 1-38.
(!) ■ Revue archéol., i noiiv. sérif , annf e 1861 , t. ii, p. 480-83. - « Bull, de la Soc. des (tnliq. do Norm,, 1. 1",
p. 450-53.
-■l\>-
POTXUBI CELTIQUES (NOBMANUK ET ttCAIlDIZ).
Ces objets meubles sont les seuls qui nous soient venus des Calèles et des Vélocasses.
Complétons le tableau en ajoutant les immeubles, c'est-à-dire les monuments adhérents
au sol et qui en font encore partie. Nous en connaissons surtout de six espèces : les fosses
ou tuguria, les ferrières, les tertres, les pierres vénérées, les fontaines, les camps ou
enceintes fossoyées.
Assez généralement on est porté de nos jours à attribuer à des habitations gauloises ces
fosses profondes et mystérieuses, que l'on retrouve dans nos taillis et dans nos forêts, sur
les plaines et surtout au penchant de nos collines. Quelques-unes d'entre elles portent des
noms étranges, d'autres sont accompagnées de traditions et de légendes. Ici on les nomme
fosses-à-loups, ailleurs mardelles ou margelles. Chez nous ce sont des Clos-Blancs et des
'êckeux (1). Dans la vaste enceinte de la Cité de Limes, plusieurs de cesexca-
; interrogées par l'archéologie qui a cru y reconnaître les vestiges de tuguria
MAiBons GAULOISES (COLONNE AKiToninB).
igîUe, dans les ■ Hém. de la Soc. roy. des nntiq. de France, ■ 2' Bérie, t. iv, ji. 144, année 1838
ollection). — BordieretCharton, ■■ Hist. de France d'aprfis les monum., » l. 1", p. 13, 14, 109.—
JelaSoc. d'agric. del'Aube, > t. XXV, p. 40-41. —• Notice sur tes marges, margellea ou mardelles, >•
! Bussy, in-8> de 4 p., Uetz, 1802.— i Bulletin de la Soc. d'archéol. et d'hisl. de la Moselle, ■ avril 1862.
cdtiques(i).Oa,eaUquâlGed6raeurwfirde«6sipèi^B^igénéraleihe»t'(iuJcuMivsj^^cotastn^
en bois, en roseaux ou' empailles; s'enfon^aianti]kltofondéraentd9ii8nleaJl.ilwi5 uknaoïami^
écrits le révèlent (2), et les plu* anaieas/mfltiuthentS'le déniiôntirept (B]i iOéétjà il'étadei«|^ii»t
fondie du sol qu'il appartient de résoudre ce curieux problème-(fuéila^^ei«uî^'fe'eatlfibâè
depuienioins d'un demi-sièclBjet<piidéjiïipr(Soccupe partout ieB«mi9'de'l'îàitiquitétoalie»ile.
r.AVLOia DÉFENDANT SA MAISON.
De son côté, l'histoire nous apprend que, dés les temps les plus anciens, les Gaulois
exploitaient et travaillaient le fer. « Apud Gallos magnac ferrante , » disait César. Il nous
semble que noire pays montre encore les traces éclatantes de cette grande et primitive
industrie. Ici ce sont des fosses profondes accompagnées de buttes énormes qui portent,
selon les lieux , le nom de Fosses fenières ou de Buttes faisières (4) ; là ce sont des mon-
(1) Feret, • Soc. arehéol. de l'nrrondiss. de Dieppe, » p, iO, 13, U. — Id., n Mt'ni. de la Soc. des anliq, de Norm., »
«nnée 1826, p. 1-tOO. — U. Lnnglois, » Du Camp de Cfsar et de la Cité do Limes, ^ p, 9. — ■ La Cité de Limes ou le
Camp de César, à Braquemont, près Dieppe,» p. 10.
(2) ■ Plusieurs peuples, dit Viinive, ne construisent d'fdiflces qu'avec des branches d'arbres, des roseaux et de la
boue. C'est ce qui a lieu en Gaule , en Espagne et dans les îles Britanniques. »
(3) La colonne Anlonine et un bas-relief antique du Louvre servant de pif destai à une statue de Uelpomène. —
Par labierfveillancedesfdileurs de « THisl. de France d'après les inonuni.,» nous pouvons reproduire ici cesdeuï
documents historiques.
(1) Des fossts faisières et des iulltt faisiirrs se voient encore û Valtetot-sur-Mer, à SaiiA-Léonard, dans le Bols
des Hogues, et au Bois de BoqucloD, près Ffcanip.
_ (ja —
t^jne^de^sporiWicaohôesirfailBaflà iieisou-deB bottches'dè laitier, formant des croûtes
^iaifi8esi<aln ffl«h.lile ïio8iipluSiancibn&;vilJflgeS'i(l)j Les-noii^ «harbons qui accompagnent
peo^dptt'^loeft'Vdé^étè'lintompnfi^éiQOigtient^'feux ardents q^^^ alimentaient ces usines
Ôteiftte'depuisi-desiiiièc^sjnr'iM.nM /,■■■ v^' • ■•• ■■ i.,i.--'.i ■ i. '■
■'\lm\lBiUésjpiXi6iiiniilii,vAgiei-ooim<^tkis, GoaifaQ on Icâ appelle dans le pays de Caux,
fiirenl abondamment semés sgr notre sot; et , malgré de fréquentes destructions, ces émi-
nences sont encore nombreuses parmi nous. Mais il estdifficiledeleur assigner une orij^ne
fixe el précisa; nous croyons même qu'il y aurait erreur et témérité à leur donner une .
source unique, une provenance commune. Mais si quelques-unes doivent être attribuées
aux Gallo-Romains, aux Francs et même aux hommes du Nord , nous pensons aussi qu'un
grand nombre peuvent être reporlées jusqu'aux Gallo-Belges,
Mais, pour une classification de ce genre faite à priori, noire science se reconnaît impuis-
sante ; car ce n'est que dans le sein de ces masses de terre que se trouve le secret de leur
origineet,pourainsiparler, leur acte de naissance. Malheureusement, quand on obtient ce
résultat important pour l'archéologie et l'histoire , le monument lui-même a disparu (2).
MOTTES OU TUMVLI.
t le monde archéologique s'est montré plus rassuré vis-à-vis des pierres et
ies amas de laitier et as scories fi Mod treuil- en- Caux , au Bosc-le-llard , à Bell encombre, à
B9-les-Eaux et à Ferrifires-en-Bray,
1 France, en général , mais surtout les départements du Nord, du Pas-de-Calaia, de la Somne,
-dennes, sont couverts de ces tertres ou monticules Taits de mains d'hommes, de forme ronde,
vA portent bien dos noms différents, selon les lieux où ils se trouvent, mais que les eavanta
er sous ceux de tombelles ou lumutvs. ■> « Bulletin de la Soc. acad. de Laon , . t, xi, p. 81-8Î.
— 3â —
des fontaines, surtout lorsque ces monuments, naturels ou artificiels', oftt' éié OU SdAt ettcôre
entourés de légendes sacrées, de traditions mystérieuses, et, par-de(5sus tout; OhHqiiè'ftîs
qu'ils furent l'objet d'une croyance, d'une pratique superstitieuse ou d- un 'cullé pHpiAm^.
Les dolmens, les menhirs, les allées de pierres, fréquents vers la Loire, sdht rareà où
inconnus aux bouches de la Seine. On cite cependant un ou deux dolmens danfe là fortt de
Rouvray, et nous-même avons cru en reconnaître un reste à la TornioleàQ Piérreflque (1)
dont le nom est significatif.
Les autres pierres vénérées sont des roches frustes et à peine dégrossies, des pierres
branlantes ou tournantes à demi-formées. Les unes affectent la forme d'un siégé feômme
la Chaire de Gargantua, ou d'un vaste parasol comme la Pierre Gante de Tancarville. Tous
ces rochers, enfants de la nature ou de l'art , sont environnés de traditions poétiques et de
légendes romanesques. Ils sont aussi le théâtre d'apparitions nocturnes, de danses féeriques
et de cérémonies cabalistiques (2). Leur nom même indique le sens caché qu'on y attache :
c'est la Pierre d'État, la Pierre du Bonheur^ le Clos-Blanc, la Chambre-aux-Demoiselles,
le Fauteuil des Géants, le Tombeau du Géant, la Pierre tournante, le Pain bénit, la Roche-
aux-Diables, la Pierre d'Enfer (3) ou la Marche du Trésor (4).
Après les pierres, et peut-être avant elles, l'élément naturel auquel nos pères ont rendu
l'hommage le plus long et le plus durable, ce sont les ruisseaux , les mares et les fontaines.
Bon nombre de ces sources sacrées sont parvenues jusqu'à nous, entourées de prestiges et
de croyances, encore l'objet, non de la vénération , mais de la superstition des masses. Ces
eaux , l'objet du culte de nos ancêtres, auxquelles les païens nos pères offrirent tant de
monnaies, tant d'ex-voto, tant d'images, devinrent le sujet d'une lutte longue et acharnée
à la naissance du christianisme. L'apôtre du Christ ordonnait impitoyablement de combler
ces sources et ces mares vénérées ; et chaque fois qu'elles ont échappé à la proscription géné-
rale, ce fut probablement après avoir été sanctifiées par le baptême des premiers chrétiens.
{{) Canton de Griquetot, arrondisBement du Havre.
(2) A propos d'un grand nombre de ces pierres, le peuple prétend que, la nuit de Noël, pendant la Grénéalogie de la
Messe de minuit, elles tournent en se promenant autour de la fosse qui les contient. M. Veau-Delaunay raconte, dans
les a Mém. de l'Acad. celtique, » t. iv, p. 305-7, qu'à U kilomètres de Blois, entre Pont-Levoy et Thenay (Loir-et-Cher),
on trouve dans im champ une pierre qu'on appelle \sl pierre de minuit; on assure qu'elle tourne tous les ans, à
minuit, pendant la nuit de Noël. —A Vaudencourt (Oise), au lieu dit la Côte du Petit-Marais, est un menhir, dit
la pierre tournante, tournant sur lui-même aux nuits de Noël et de Saint-Jean l'Evangéliste. — Il existe encore une
autre pierre au lieu dit la Haute-Borne, qui tourne la nuit de la fôte de saint Jean-Baptiste. — Frion, « Nouv. Précis
de statist. sur le canton de Chaumont-en-Vexin, » p. 103. — M. Graves doit en parler dans sa Notice archéolog. —
A Boury (Oise) sont encore des pierres dites pierre* tournantes. «« D'après l'opinion populaire, dit M. Frîon, ces
masses font une révolution sur elles-mêmes dans la nuit de Noël. » Id., ibid., p. 112. — A Trumilly (Oise) est une
pierre frite qui tourne sur elle-même à certains jours. Woillez, « Répert. archéol. de l'Oise, » p. 182.
(3) A Guines (Pas-de-Calais), le vieux port romain s'appelle le Trou d*Enfer. Dans le département de Saône-et-
Loire, on trouve le nom de Trou d*Enfer appliqué à des excavations. Pratbemon , o Mém. de la Commiss. d'archéol.
de la Haute-Saône. » — FI. LeÛls, a Rech. sur la configurât, des côtes de la Morinie, >» p. 135.
(4) Guilmeth, « Hist. de la ville et du canton d'Elbeuf, « p. 23.
E»(ï|i?peffl4oprtfimi nou&rewwBaissonaeesnMres^ ces fontaines, ces eaux sacrées, vivantes
aujdisïiarïies,; à4eux sigoes certains : de celles qui furent supprimées par la violence ou qui
di^^r^tnatiiriellBn[>ent,le peuple a conservé le souvenir, et leur disparition est presque
fpujûuî:^ leptpurée de légendes et de traditioqs mystérieuses ; celles qui coulent encore
reçpÎYCptj à certainea fêtes de l'année, des baigneurs de tout âge et de tout sexe, surtout de
jt^çq ïsnfents; que l'on plonge dans ces eaux avec autant de foi que dans celles du baptême.
Mais il est des temps gaulois un débris solennel qui est arrivé jusqu'à nous pour nous faire
aàffûi:^r la puissance du. bras de nos' ancêtres : nous voulons parler des grandes enceintes
fosgiojfées, de ces caropB dits de César, vieilles cités retranchées qui étonnent les générations
présentes absolument comme, au tonps de Tacite (1), les campements des Kymris faisaient
Vadnuration des Germains des bords du Rhin.
Ces vastes désert?, aujourd'hui revêtus de taillis et de joncs-marins, furent jadis pleins de
peuples et de troupeaux. A la période des peuples pasteurs, dont l'Orient nous a conservé
la fidèle image, ces enceintes durent jouer un rôle au milieu des migrations et de la marche
perpétuelle des peuples primitifs. Nous fûmes tous Orientaux à l'origine des choses, et les
Arabes du désert reprodiiisent assez bien nos premiers pères. Les peuples nomades de nos
OOtQtréies étiuent sans nul doute fds de cet Orient d'où nous venons, et il est vraisemblable
qu^ la langue, la civilisation , l'industrie , les mœurs, les croyances et les traditions, vinrent
avec nos ancêtres des lieux où le soleil se lève.
GITÏ DE LIMKS OV CAMP DB CKSAn, A BHAQUEMOnT, mÈS DIEPPE.
la Seine et les bords de la Manche , les coteaux qui encaissent nos rivières
ateaux qui dominent nos plaines, ont gardé à travers les siècles des terras-
enceintes qui fatiguèrent les bras des générations passées, et que les géné-
Les n'ont même pas le courage de détruire. Ces camps restent parmi nous
1» Iat« vestigia manent (Cimbronim) utràque ripa castra, ac spatia quorum ambitu nunc quoque
anusque gentis et tam magni exercilûs fldein. • Tacite, n Germania, » c. xxxvii.
— 24—'
comme de gigantesques berceaux, que les enfants conservent et vénéreiit pour marquer
d'où ils viennent et indiquer la marche qu*ont suivie leurs aïeux (1).
ÉPOQUE ROMAINE.
► • ' :
« Sous Auguste ou sous Tibère , les Calètes et les Vélocasses, qui jusque-là avaient jfait
partie de la Belgique (2), furent incorporés à la Celtique , autrement dite Gauloise , dont
les limites étaient renfermées primitivement entre la Garonne, d'une part, la Seine et la
Marne , de l'autre (3). Cette grande province prit alors le nom de Lyonnaise (4).
« Il est bien probable que c'est au premier des empereurs romains issu de la famille
Julia, que la capitale des Calètes, dont le nom* gaulois est resté incertain, dut celui de
Juliobona (5), qui revit dans le nom de Lillebonne (6). Rouen, capitale des Vélocasses,
conserva son nom primitif.
t En passant de la Belgique à la Lyonnaise (7), les Vélocasses et les Calètes restèrent
distincts et séparés. Le géographe Ptolémée , qui écrivait sous les Antonins , nomme les
deux peuples et cite Rouen , VarofjLAyo^, comme la cité des premiers, et Lillebonne , it/MoCoy*.
comme la cité des seconds (8). C'est le premier écrivain de l'antiquité qui prononce le
nom de ces deux villes.
« Assez longtemps après , sous Dioclétien (284-305), la Lyonnaise fut divisée en deux
provinces, première et seconde. Rouen devint la métropole de la seconde Lyonnaise':
preuve de l'importance que cette ville avait acquise et qu'elle devait , sans aucun doute ,
(1) Beaucoup de camps sont renfermés dansia Seine-Inférieure ; nous citerons ici , parmi les plus remarquables :
la Cité de Limes ou. le Camp de César f près Dieppe; le Camp du Canada^ près Fécamp; le Camp de Moriagne^ à
Incheville, près Eu ; le 6?a/e/î>r, à Veulettes et à Varengeville-sur-Mer; les Camps de Sandouville et de Boudeville
sur la Seine ; le Camp de la Bouteillerie, à Varneville-les-Grès ; celui du Bois-de4a'SaUe, à Touffreville-la-Corbeline ;
le Mont Grippon, àBeaubecjle Mont Sainte-Catherine, kRouen; les Vieux Châtias, à Valmont-, le Dois des Mottes,
à Etoutteville-sur-Mer ; et le Camp des Cateliers ou les Portes de la Ville, à Varengeville-sur-Seine, près Duclair.
(2) a A Scalda ad Sequanam Belgica, » dit Pline rAncien, liv. iv, c. xvii.
(3) César, « Gommentarii, » lib. i, c. i : «Galles... a Belgis, Matrona et Sequana dlvidit. » — « A Sequana ad
Garumnam Celtica eademque Lugdunensis, v dit Pline, lib. iv, c. xvii.
(4) On assure que ce fut TanTde J.-G., sous son 6* consulat, dans une assemblée tenue à Narbonne, qu'Auguste
créa cette division des Gaules qui dura trois siècles. G. Petit, « Essai sur un tomb. gallo-rom. trouvé à Louviers
en 1860, » p. 9.
(5) A. Le Prévost, dans les « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 2.
(6) M. E. Gaillard était disposé à voir dans le nom de Juliobona un bienfait de César lui -môme. Il s'appuyait en
ceci sur un mot d'Hirtius qui dit que César pacifia les Gaules : « Honorificè civitates appellando ; » et M. Amédée
Thierry, dans son « Hist. des Gaules, » t. ni, p. 238, explique ce passage en disant que le proconsul agréa que
certaines villes prissent son nom. M. Gaillard complète sa démonstration en rapprochant Juliobona (Lillebonne) de
Julio-Magus (Angers) et û'Àuffusto-Magus (Senlis). « Notice sur la statue pédestre de marbre blanc, » p. 6 et 38.
(7) « Lugdimensis Gallia habet Galletos, » dit Pline, lib. iv, c. xvn.
(8) Lib. II, c. vui.
— 25 —
_7ir —
^:(fu^]fim^n^^^^^ ?V^ "'^ grand fleuve navigable et h, son commw^e, plutôt qu'à
sa grandeiu* relative. En effet, son enceinte jromaine, dôntqn connaît le tracé (1), égale à
peine en superficie ledixièniedecelledelavïlleactuelle; le contraire a eu lieu pourLillebonne.
t On croit que c'est lors de cette nouvelle circonscription qu'on ajouta au territoire de
Rouen , afin de donner plus de relief à la nquvelle métropole , la contrée comprise entre
la Seine et la Rille et connue depuis sous le nom de Roumois (2).
MtL )n îîî^îf^-' -H^^^^^P: -^ Lyonnaise fut subdivisée en deux provinces : Lyonnaise deuxième
^t l^^onnfi^e ti^qi^r^ -^^Vi^P ^^* encorp la métropole de cette nouvelle deuxième Lyon-
np^e ,^cjui^ sft trpuya resi^^eiiji^^e au jijays représenté par notre Normandie moderne. Cette
dernière divisiojçi, qui i^deyait;plif s varier^ avoir eu lieu sous Gratien (375-83).
j^.€ I^s pe|iples^de^^ des Calètes ne figurent, à aucun titre parti-
cpiierp d^np 1^§ événçperits historiques qui signalèrent la domination romaine dans les
Croules et :^ont ils ^iirent partajger toutes les vicissitudes politiques et militaires. Cette
portion de l'Empire était trop peu importante , à défaut d'événements majeurs arrivés sur
§^n jtçrriloire , ppurffijxer l'attention des annalistes.
j« Nous savoirs seulement , pour citer quelques faits en passant, qu'en 296, l'armée que
Congtance-Chlore destinait à son expédition de la Grande-Bretagne descendit la Seine au
pays des Calîètes, pour rejoindre sa flotte à Boulogne (3). Elle était commandée par le préfet
du prétoire ; Asclépiodote (4). C'est à cette occasion qu'Ammien-Marcellin parle des camps
de Constance , Constanlia castra , qu'il place vers l'embouchure de la Seine (5) et que
quelques savants, à tort ou à raison , croient reconnaître dans les camps de BoudeviUe et
de ^andouville (6).
« Dix ans auparavant , les côtes du pays des Calètes , infestées par les Saxons et les
Francs (7), avaient été défendues par Carausius, chef de la station romaine de Boulogne (8),
qui sTvait fini par s'associer à leur pillage et qui s'était réfugié dans la Graade-Bretagne,
où il avait pris la pourpre (9). >
(1) De Gaumout, « Congrès archéologique de France, séances génér. tenues en 1859, » p. 520. — « Précis analyt.
des trav. de TAcad. de Rouen, » année 1860-61, p. 260. — n Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie, ■
t. XXIV, p. 650. — « La Seine-Inférieure au temps des Romains, » p. 4.
(2) A. Le Prévost, a Annuaire du départ, de l'Eure, » 1834.
(3J Eumène, > Panégyrique, » dans le « Recueil des histor. des Gaules,» t i*', p. 114 : « Exercitosquem Sequana
m lluctus invexerat, » dit Eumène.
(4) Tillemont, « Hist. desEmper., » t. iv,p. 31-32; — Lever, « Dissertât, sur Tabolit. du culte de Roth, >p.24.
(5) Ammien-Marcellin, liv. xv.
(6) E. Gaillard, « Recherches archéol. pour servir d'introduct à un voyage dans la Seine-Inf. et Tarrond. des
A^ndelys, « p. 6. — Id., dans le « Précis analyt. de TAcad. de Rouen, » année 1832, p. 164. — L. Fallue, « Mém. sur
les trav. milit. des bords de la Seine et de la rive saxonique, » dans les « Mém. de la Soc. des antiq. de Norm., »
t. IX, p. 294-95, 300.
(7) « Ad observanda Oceani littora, quœ tune Franci et Saxones infestabant, positus. » Paul Orose, lib. vu.
(8) Eutrope, lib. ix; — Fallue, dans les « Mém. de la Soc. des antiq. de Norm., » t. ix, p. 294-95.
(9) Deville, dans le « Précis analyt. de l'Acad. de Rouen, ■ année 1839, p. 186^.
C'est également vprs le ui« $iècle.de notre ère qu'il faut placer sunéwrétiaHeat quiii'a
qu'un caractère privé, mais qui, à cette distance et.dans la 4é}4reqse<iedooumeirts,« acquiert
presque l'importance d'un fait public. . ., , !
Une inscription sépulcrale y conservée, dans les riches galeries da Miasée lapidaire àë LycÂi
et trouvée, en 1846, au sein de cette métropole des Gaules, nous apprend qu^Hlioïriônis
Aprilintiarus , originaire de la cité des Véloeasses {ex civitaU Vehcamum), était >allé à
Lyon, choisi pour être un des colons du Lugdunum, et, après avoir éié incorporé^ans
le collège des Utriculaires de cette grande cité^ y était mort à l'âge de quatre-vingt-cinq ànsî
Son fils, Aprius lUioraarus, lui avait dédié , sous le signe deVasoia^ ce monument Ainèbre
qui est venu jusqu'à nous (1).
Peut-être nous sera-t-il permis de mentionner aussi le passage de deux Césars gaulois;
Posthume et Tétricus, dont les médailles sans nombre recouvrent le eol de nos contrées.
Ces deux grands dignitaires de l'Empire, qui ceignirent la couronne , furent gouverneurs
de la seconde Lyonnaise et résidèrent à Rouen (2). Posthume régna de 26i à 267 ; Tétricus, .
de 267 à 273. Tétricus, ancien sénateur, ancien consul, gouverneur de la seconde Lyonnadse,
revêtit la pourpre à Bordeaux , puis revint à Rouen où l'on frappa des monnaies en son
honneur (3). Quelques auteurs lui attribuent même une borne milliaire découverte , selon
eux , aux environs de Rotomagus, dans le cours du xviie siècle (4).
Les invasions saxonnes , au lieu de se calmer, ne firent que redoubler dans le cours
du ive siècle. Les rivages de la Belgique et de la seconde Lyonnaise furent tellera«ni envahis
par ces peuples, qu'ils en prirent bientôt le nom , et, dans l'histoire de ce temps, \e Uttus
saxonicum marche de pair avec le Trac tus arnwricm. Ce fut à tel point que le gouverne-
ment impérial dut confier à im dignitaire spécial la défense des côtes de la Manche.
Ammien-^Marcellin appelle ce haut fonctionnaire « le comte de la côte maritime, » et le poète
Ausone , gaulois de naissance , lui donne le titre de « duc de la rive saxonique i> et te fait
résider à l'embouchure de la Seine : In duahus Belgicis erat unus dux Saxonici liltoris,
ad os lia Sequanœ.
« La grande invasion de barbares, si éloquemment décrite par saint Jérôme (5), qui
de 406 à 410 couvrit les Gaules de ruines, n'épargna pas le pays des Calètes. Tout porte
à croire que Juliobona, détruite à cette époque, ne put se relever de ses cendres, )> et que les
Calètes, privés de leur cité , furent annexés à celle des Véloeasses, Rouen , qui dut peut-être
(1) Cette belle pierre, haute de 1 m. 47 et large de 60 cent., porte le n" 465 du Musée de Lyon. Comarmond,
« Description du Musée lapidaire de la ville de Lyon, » p. 293, pi. v. — Thaurin, dans les « Mém. de la Soc. des
antiq. deNorm., »t xxiv, p. 110-16.
(2) Bréquigtiy, « Hist. de Posthumus, » dans le s « Mém. de TAcad. des Inscript, et Belles-Lettres, » t. xxx. —
Thieury, » Saint-Gervais de Rouen, » p. 15-16.
(3) « Mém. de l'Acad. des Inscript, et Belles-Lettres, »t. xxxi. — J. Thieury, « Saint-Gervais de Rouen, ■ p. 16.
(4) Farin, • Histoire de la ville de Rouen. »
(5) P. Hieron., « Epist. xci, ad Ageruchiam. »
ài*4ttp f^i-^toéjipar suii^ de la* difficulté du fehbix , l'iàvantagô de ne pas voir changer
poï^ipam-an cehû'derfonpeiipleij'ce cités gallo-romaines (i).
c Pour se faire une idée de l'importance de la capitale dès Caïètes avant cette catastrophe,
A 3itffit d'esfbfoirâr l'étefcfduë ^e terrain qu'occupent ses ruines et les débris de son immense
.' Peu '.de temps après lai destruction de Lillebonne, nous voyons, sous Valentinien III,
da)4â3tà 455^ Rouen figurer comme lieu de résidence du préfet du corps des Ursariens,
prmf^tm miUtunn^ Ursanensium^ (3). Cette circonstance ferait supposer que la métropole de
la seconde LyonDaise n'était point entrée dans la ligue des provinces armoricaines ( Tractus
armoricus, dans laquelle on comprend généralement toutes les côtes qui s'étendent de la
Loire à la Meuse), ligue qui éclata sous Honorius, l'an 408. Ces provinces, convaincues
de l'impuissance des Romains à les défendre contre les excursions des barbares, et amou-
reuses de leur liberté , chassèrent les magistrats et les officiers de l'Empire et se consti-
tuèrent en r^ubKqUe (4).
L'histoire ou plutôt les monuments écrits nous apprennent infiniment peu de chose sur
l'état des villes, bourgs et hameaux de notre territoire départemental à la période romaine.
Cependant nous sommes parvenu à tirer, de divers éléments historiques combinés, les noms
de sept villes romaines dont une chez les Vélocasses, une chez les Aulerques, quatre chez
les Calètes, et une dernière que l'on peut aussi bien attribuer aux Calètes qu'aux Amhiani.
Les .Vélocasses paraissent avoir possédé trois ou quatre villes rangées sur la voie
romaine qui , de Troyes et de Paris , gagnait la mer à Caracotinum. Ces villes sont :
Botomagm (Rouen), Ritwmagus (Radepont ou Fleury-sur-Andelle ) , Petromantalum
(Magny ou Arthieul) et Briva-Isarœ (Pontoise), que plusieurs donnent aux Parmi. De
(1) C*e$t ainsi que Lutèce,'cité desPamiï, prit à cotte époque le nom de Paris ; Samarobrivay cité des Ambianiy
celui d* Amiens ; Genabum, cité des Âureliani, celui d'Orléans ; Cépsaromagus, citédes Bellovaques, celui de Beauvais;
Noviomagus, t;ité des Lexovii^ celui de Lisieux ; Ingena^ cité des i46nnca/ui, celui d'Avranches ; Mediolanum, cité des
Santons, celui de Saintes ; Limonum, cité des Piclavii ou des PictonSy celui de Poitiers ; Auguslobona, cité des Tri-
casses, celui de Troyes ; Avaricum^ cité des DituvigeSj celnï de Bourges; 6>5flrorfunwm, cité des Turones, celui de
Tours ; MediolanuiHy cité des Eburoviques ou Ebroïciens, celui d'Évreux, etc. Cependant, nous ferons remarquer
que les plus anciennes métropoles de la Gaule, celles qui furent -élevées à cette dignité sous les premiers Césars, ne
changèrent jamais leurs noms. Ainsi en fut-il de Lugdunum, de RotomagttSy de Burdigalay de Vierma^ Ù^AreîaSy de
Narbona, etc. 11 en fût à peu près ainsi d'un bon nombre de villes du midi de la Gaule, telles que Marseille, Embrun,
Nîmes, Gap,3éziers, Orange, Avignon, etc. Il faut dire aussi que ces dernières villes avaient gardé leurs noms
gaulois et n'avaient jamais subi le baptême de la conquête. Ce baptême avait, sans doute, quelque chose d'humiliant
et d'antipathique aux populations, puisque le premier acte de leur vie politique et indépendante fut de secouer le
nom romain pour reprendre le nom antique et national. Le géographe Sanson croit que les villes elles-mêmes
s'étaient donné ces noms latins par courtoisie, crainte ou flatterie. Banville ajoute que ce fut sous Auguste, fils
adoptif de Jules César, qu'avaient paru les noms nouveaux.
(2) Deville, dans le « Précis analyt.des travaux de l'Acad. de Rouen, » année 1839, p. 188.
(3) « Notitia dignitatum Imperii, » dans le « Becueildes historiens des Gaules, » 1. 1*% p. 127.
(4) Zozime, « De Gallis, » lib. vi. — Devillô, dans le « Précis analyt. des travaux de l'Acad. de Rouen, » année
1839, p. 186-89.
ces différentes édiles des Vélocasses, une seule , là cité mélrôpôlittUfte j'apfiartiërit «^r-
d^hui au département de la Seine-Inférieure: ' . ,. ..,• r ni» -^^ m •- (i ).r».vï'»i
Cette cité est appelée par Ptolémée Và>To^Ayory par TltinérairelfAnltoriittlj Làmnê^um^i
par Ammien-Marcellin , Rotomagi; par la Table de Petrtirigef, Roiommfuè; pdi^W N^m
des dignités de TEmpire, Rotomago, et parla Notice des prtrvincès Ôe- l'Empire, ^i&i^i^fl^
Rotomagensium. ' ' ' . *i "
La ville des Aulerques que possède le département de la SeineJnférièurereét U^g^i
ou plutôt Uggate, mentionnée par Tltinéraire d'Antonin et cpue nous fixons à Caudebec^^
lès-Elbeuf. : : ■!
f .
®
CARTE DE LA SEINE-INFERIEURE AU TEMPS DES ROMAINS.
Les quatre villes desCalètes sont d'abord leur métropole, ivAioCom (Lillebonne), men-
tionnée par Ptolémée , et appelée également Juliobona par l'Itinéraire d'Antonin et la
Table de Peutinger ; Lotum, cité par l'Itinéraire et que nous plaçons à Caudebec-en-Caux ;
Caracolinum, autre ville de l'Itinéraire, que nous fixons aujourd'hui à Harfleur, et Gravinum
de la Table de Peutinger, que nous supposons à Grain ville-la-Teinturière , ou tout au moins
dans la vallée de la Durdent.
-TB»^,jlft)ftegpi^^ç ville ,,i|*U:»'^^ monvraent antique,. mais seu-
lement par des documents mérovingiens, est Augustaqne nous plaçons à Eu ou à Ouste ,
daas^ilûyallél cterla Bi?e3le. Plusieurs auteurs Y^ppeWent Augmta Ambianormn, ce qui la
rwîg^lrtzjtes Ambimi dont elle était au moipa frontière.
cuOutore -qe? yijles dont nous savons les noms, l'archéologie nous a révélé bon nombre de
stations dont les plus importantes étaient à Maulévrier, à Barentin, dans la forêt de Bretonne,
à Étalât ^ à Saiûte-Adresse , à Dieppe , à Sainte-Marguerite-sur-Mer, à Thiédeville , sur la
Saâ*ef,ià> Cany^ à Beauville4a-Cité, à Archelles, près Arques, à Dijeon, près Aumale, à
Héricourt-en-Caux , à la cité de Forteville, près Saint-Victor-FAbbaye, à la cité de Dreulles,
près Cottévrard , à la ville de Hesdin , dans la forêt des Ventes , à Fécamp et à la ville
d'Orival, près Fécdimp,kSaussemare, sur le Dun, mais surtout à Épinay, près Mortemer,
et à Cailîy, ainsi qu'à Saint-André-sur-Cailly.
Les limites dans lesquelles se renferme la Seine-Inférieure actuelle sont : au nord , la
Mandie , appelée alors Tractus armoricus ou Tractm armoricanus ; à l'ouest , la Seine ,
nçmmée Sequana, et les Lexovii dont la cité était Novioniagus, aujourd'hui Lisieux ; au
midi , les Aulerques-Éburoviques dont la cité était Mediolanum, aujourd'hui Évreux ; la
pa^ie des Vélocasses qui est devenue le Vexin normand et le Vexin français^ A l'est enfin
2taSpnt les Bdilovaques dont la capitale était C césar omagus, aujourd'hui Beauvais, et les
Ambiani dont la cité était Samarobriva, aujourd'hui Amiens.
. C?est au déclin de l'Empire romain et au commencement des invasions du ve siècle ,
4u'4pparaît pour la première fois l'organisation ecclésiastique de la seconde Lyonnaise. Le
christianisme y avait été semé par couches irrégulières, peut-être dès le ii^ siècle , mais à
coup sûr dans le cours du m^. Saint Denis, de Paris, semble avoir évangélisé les Vélocasses (1 ),
et saint Firmin , d'Amiens, les Calètes (2). Saint Nicaise, l'apôtre et le martyr des Vélocasses,
ne pénétra point jusqu'à Rotomagus (3) où saint Mellon établit son siège épiscopal, puis alla
moiuir en 311 au milieu des Calètes, dans les environs de Gravinum (4). Déjà, avant son
décès et peut-être comme un premier fruit de ses prédications, sainte Honorine avait arrosé
(1) Trigan dit que saint Denis, de Paris, est venu à Rouen et y a consacré un autel et une église. « Histoire ecclé-
siastique de Normandie, » 1. 1"; — au Hanouard, dans la vallée delà Durdent, est une fontaine de saint Denis, où
l'on dit que le saint évoque de Paris baptisa. « Les Églises de Tarrond. d'Yvetot, » !'• édit., t n, p. 122; 2* édit.
t. n, p. 117.
(2) La légende de saint Firmin, dans le bréviaire d'Amiens, range les Calètes parmi les peuples que cet évéque-
martyr évangélisa. A Sommesnil, dans la vallée de la Durdent, on montre une fontaine de saint Firmin , où Tondit
que le saint évoque d'Amiens a baptisé. « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » 1'* édit., t. ii, p. 121 ; 2" édit.,
L u,p. 116. Pour renseignements plus complets sur ce sujet, voir « l'Histoire de saint Firmin-le-Martyr, l"évéque
d'Amiens, » que vient de publier M. Ch. Salmon, pages 32-38, 288-89.
(3) Martyrisé àGany (Eure), vers l'an 250. Dadré, « Chronologie historiale des arche vesques de Rouen, » p. 11-14.
(4) Pommeraye, « Histoire des archevêques de Rouen, » p. 44. — « Gallia christiana, v t. xi, p. 6. — Dadré,
« Chronologie historiale des archevesques de Rouen, » p. 18-19. — Farin, « Normandie chrétienne. » — « Les Églises
de rarrondissement d'Yvetot,» 1" édit., t. n,p. 105-109; 2*» édit., t. n, p. 100*105. — « La Normandie souterraine, »
l'^ édit., p. 47;2-édit,p. 57.
— aa — '
de son sang la voie qui conduit de Juliobom à Cij^acati^utft {ji\^^ûf^^^^
deuxième évêque de Rouen, nous apparaît siégeant au milieu des pè^es (iw.prfj]i[rjijçjr Q
des Gaules, tenu à Arles, le 1er août 344, par ordre de l'empereur QoA5ta\Ptjï|^ ç$, ^ufjvi^ f ut
convoqué tout l'Occident chrétien (2). C'est le premier acte ovi figurjent les pp»tife§ de,I\qi^.[
La seconde Lyonnaise, comprenant d'abord neuf cités et neuf peuples (3),,n'ea ifojîiptftit
plus que sept sous Honorius (4). Née à cette lamentable époque, l'org^misationecclés^as-ï
tique se formula sur l'organisation civile. Sept évêchés , ayant leurs sièges dans les sept
chefs-lieux des cités antiques : Rouen , Bayeux (5), Avranches (6), Évreijx (7)^ S^e? î(8)f
Lisieux (9) etCoulances(10),se trouvèrent constitués sous la suprématie du preiniejr d'entre,
eux. Rouen était la métropole de la province et avait probablement devancé ies^ aulLre? cités
(1) Martyrisée à Mélamare, en 303. — Les Bollandistes, « Acta Sanctonim mensis februarii. » .
(2) Estrangin, « Études archéologiques, historiques et statistiques sur Arles, » p. 260.
(3) Ces neuf peuples et ces neuf cités étaient: RotwnagvSj cité des Vélocasses; /ti//ofeonff, cité des Caiêtes ; Méàio-
lanuiHy cité des Aulerques-Éburoviques ; Noviomagtis, cïié des LexovienB ; Àrx^rmt^ cité des Vidufcsaases ; A\jtpi$^'
todurum^ cité des Bajocasses; îngena, cxiè &qs Ahrincalui ; (7o5«c?ia, cité des Unelli; VaçoriUtni ou Ojcimium^ cité
des SoffH.
(4) « Notitia provinciarum et civitatum Galliae, » dans le a Recueil des historiens des Gaules, t. t'% p. f22. »
(5) Bayeux, Avgustodurum BajocassiuiHy Ait évangélisé par saint Exupère, selon quelquea-icns, en 39(h selon
d'autres, au commencement du V siècle. Son 2* évùque fut saint Ruiînien, et son 3* saint Loup, mort vers 465, a]u
temps d'iEgidius et de Childéric. « Gallia christiana, » t. xi, p. 346-347. — Du Méril, dans les « Mémoires de'laSocitSté
des Antiquaires de Normandie, » t. xiii, p. 314-323. — J. Desnoyers, « Topographie ecclésiast. de U France, » dans
a l'Annuaire de la Soc. de l'Histoire de France, » année 1853, p. 159. — Dans une dissertation insérée dans la
Bibliothèque de l'École des Chartes^t xxu% p. 281-322, année 1863, et intitulée : Les Origines deVévêché de Bayeux j
M. J. Lair met saint Exupère, i" évèque, au iv* siècle ; le 2" évéque, qui est anonyme, est placé par lui au iv* ou
au V» siècle. — Saint Rufinien, rangé le 3% est classé vers 434? ou 442 î — Saint Loup, le 4*, est mis en 434 ? 442 ?
464 ? 472 ? ,
(6) Avranches, Ingena Ahrincalium ou Abrincensium, voit apparaître son premier évoque, Nepos ou Nepus, au
concile d'Orléans, en 511. « Gallia christiana, » t xi, p. 466-468. -> J. Dosnoyers, « Anmiaire de la Soc. de l'Hist. de
France, » année 1853, p. 162.
(7) Évreux , Mediolanum Aulercorum ou Ebroïcensiumy compte pour apôtre saint Taurin, que quelques-uns font
mourir en 260, d'autres en 380 et un plus grand nombre en 410. Saint Gaud, son successeur, mourut en 490. « Gallîa
christiana, » t. xi, p. 565-566. — Baillet, o Topographie des Légendes, » p. 393. — Chassant, « Histoire des Évoques
d'Évreux, »»p. 1. — J. Desnoyers, « Annuaire de 1853, » p. 164.
(8) Séez, Vagoriluin ou Oximium Saïorum ou Sagiorum, fut évangélisé par saint Latuin, son premier évoque,
que quelques-uns fontmourirvers400. Le sixième pontife est Litarède, ou Litard, qui souscrit au concile d'Orléans
en 511. — D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, » 565-66. — Galeron, dans les* « Mémoires de la Société des
Antiquaires de Normandie, » t. ix, p. 31. « Gallia christiana, » t. xi, p. 674-675. — Baillet, «Topographie des Lé-
gendes, » p. 491. — <r. Desnoyers, « Annuaire de la Soc. pour 1853, » p. 166.
(9) Lisieux, Neomagus ou Noviomagus Lexàviorum, ne marque son premier évoque, Theudebaud, que de 538 à
549. « Gallia chrjstiana, » t. xi, p. 761-66. — J. Desnoyers, « Annuaire pour 1853, » p. 169.
(10) Coutances, Cosedia ou Consianlia, cité des Vnelliy a pour premier évoque saint Ereptiole, que quelques,-UHS
font disciple de saint Germain d'Auxerre, tandis que d'autres le disent converti à Rouen : il mourut en 475. « Gallia
christiana, » t. xi, p. 863-64. — A. Le Prévost, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, »
t.xi,p. t.— L'abbé Lecanu, « Histoire des Évêques de Coutances,» p. 23. — « Histoire de l'église gallicane, » t. !•'>
p. 302, édit. de 1823. — Dom Beaunier, « Recueil hiat., » t. u, p. 784. — Fallue, a Histoire de l'église métropolitaine
de Rouen, v t. iv, p. 517- — J. Desnoyers, « Annuaire pour 1853, ^ p. 171.
t
- M -
dSœf eta£fîfeseA'ilôiit4*ê^liéi^ de la religion chrétienne, et c'est à cette double circonstance
c/^èWé^Wk dû' tét avantage
^tmë'éHosèïjm à droit de surprendre tous ceiix qui s^occupent d'histoire et surtout de
Fbî^TO dés églises, c est que Julio bon a, qui fut une capitale, n'ait pas d'évêque à nous
oitrlf â rét)oqué romaine, La puissante cité des Calètes , toute mutilée par la main des
Bâi'bai^és, n^ pu former un diocèse au berceau de la monarchie française. Ceci prouve ,
nijlàs î jusqu'à quel point ce fertile pays de Caux , tout couvert d'établissements romains,
avàît eu' à souffrir des invasions, et de quelle chute profonde était tombée leur capitale,
puisque le christianisme, assez fort pour sauver l'ancien monde, ne put la faire sortir de
^m tombeau. Il est vrai qu'au vn^ siècle nous voyons le Castrum des Francs tenter une
i>ésurrection diocésaine au moyen d'un siège éphémère ; mais ce dernier effort ne servit
^'à démontrer de plus en plus son impuissance à sortir de la fosse profonde où les bar-
bares l'avaient enseveli.
lii^ puissance romaine allait baissant et s'éteignant , dans les Gaules, devant les in valons
smcëssives des peuples du Nord. La portion d'outre-Seine de la deuxième Lyonnaise, par
sa position reculée et occidentale, eut moins à souffrir, dans le cours du v^ siècle, des
incursions des barbares, qui, après avoir franchi le Rhin et ravagé ses bords, étaient
pressés de se jeter sur le midi de l'Empire , que des excursions des pirates qui désolèrent
plus d'une fois ses côtes. Mais enfin les Francs débordent sur la Gaule et la rangent tout
entière sous leur domination. La seconde Lyonnaise fut obligée de subir le joug de Clo\is,
vers l'an 497 (2). Ici finit l'ère des Romains; l'ère des Francs va commencer (3).
ÉPOQUE FRANQUE.
La période franque^se partage habituellement en mérovingienne et en carlovingienne ,
division qui est toute chronologique et qui représente les deux grandes familles qui régnèrent
sur les Gaules et sur une portion de la Germanie, depuis l'an 500 jusqu'à l'an iOOO.
Mais, parmi nous, la donaination franque finit au x^ siècle , époque où la conquête nor-
mande commence pour devenir définitive en 912* Par période franque, nous entendons
donc pour notre pays la double domination mérovingienne et carlovingienne.
Pendant ce cycle de quatre siècles, nous commençons à posséder quelques documents
écrits, rares encore, mais enfin donnant de petits détails sur le pays qui nous occupe.
(1) Deville, dans le « Précis analytique de l'Académie de Rouen, » année 1839, p. 190.
CQ Suivant BuUet, «Mémoire sur la langue celtique,» Clovis, après avoir réuni toutes les tribus franques, ne
comptait dans ses États que 30,000 combattants de sa nation, a Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, o
année 1859,p. 113. — D'aprèsM. Guizot, cité par M. de Caumont, a Cours d'antiquités monumentales, »»t. m, p. 542,
la bande de Francs, conduite par Clovis, n'était que de 5 à 6,000 hommes. - La nation entière des Burgondes se
composait à peine de 60,000 habitants. De Caumont, ibid., t. m, p. 542.
(3) Deville, dans le • Précis analytique de l'Académie de Rouen, «année 1839, p. 190.
- 32 —
L'ensemble de ce pays, qui, à partir de 912, s'appellera la Normandie, qm,. avant 497, se
nommait la Gaule Lyonnaise, porta au vie siècle le nom de France ou de iiéroving^e (i).
Cependant, sous les descendants de Clovis, notre contrée, devenue le royaume occidental des
Francs, prendra le nom de Neustria ou de Neustrie. C'est ainsi, en effet, que la nomment,
au vue siècle , Frédégaire et les hagiographes. j
Cette Neustrie , qui était beaucoup plus étendue que la Normandie actuelle, se part^eajit
en pagi ou pays.
Le département de la Seine-Inférieure paraît avoir renfermé trois et peut-être quatre àe
ces pagi mérovingiens ou carlovingiens.
Le premier est \epagtis Rotomagensis dont le chef-lieu était à Rouen , appelé alors Rotomu^,
Rodmntis ou Rodomo. Cepagus, qui était limité d'abord par la Rançon ou rivière de Saiat-
Wandrille, allait par les Baons, Motteville, Tôtes, Saint-Victor-l'Abbaye , Cailly et Buchy,
jusqu'à la vallée de l'Andelle dont il descendait le cours. Au-delà de la Seine, il partait
d'Elbeuf pour gagner la Rille par la plaine du Neubourg. Les points principaux de cepagus,
ceux du moins qui sont restés dans la Seine-Inférieure, étaient les deux puissantes abbayes
mérovingiennes de Genieticum etdeFontanelh (Jumiéges elSmnt-VfdJiàn\\e)yDuroclarum
(Duclair), Barentmum (Barentin), le monastère de Pauliacum (Pavilly), Calliacum (Cailly),
LongumrPedamm (Longpaon , aujourd'hui Damétal), Oscellum (Oissel), Burnent, nommé
plus tard Wellebou et Caldebec {Elhenî et Caudebec-lès-Elbeuf j ; mais ces deux points d\QVS
appartenaient en grande partie au pagtis Ebroïcensis ; Arelaunum ( le palais A'4i^elame
avec sa forêt, Arelaunensis sylva ), aujourd'hui Vatteville et la forêt de Brotonne; le palais
de Vetera-Domus que l'on ne sait trop où placer (2), et enfin Pistis (le palais de Pitres),
qui ne fait plus partie du département.
Le second pagus, plus grand que le premier, était le pagus Caletensis, qui n'eut pas de
capitale proprement dite après la chute de Juliobona, mais dont le gouverneur franc,
connu sous le nom de comte de Caux , cornes Caletensis ou Calciacensis, dut résider à
Fécamp, port, abbaye et château, qui devinrent le séjour de prédilection de nos premiers
ducs normands. Les points principaux àupagu^ Caletensis étaient alors : Harflor (Harfleur),
Villare (l'Abbaye de Montivilliers), Quite-fleda (Vittefleur), Vellaco? (Veules), VaUnont,
(1) A quelle époque la Gaule commença-t-elle à porter le nom de France ? C'est là une question intéressante et
curieuse qui a exercé plusieurs grands érudits, en tête desquels il faut placer, au siècle dernier, l'abbé Lebeuf et,
dans le nôtre, M. B. Guérard, hommes éminents auxquels aucun point d'histoire nationale ne fut indifférent ou
étranger. Sans entrer dans le cœur d'une question aussi ardue, aussi complexe, nous dirons qoe, pour cette çeconde
Lyonnaise que nous habitons, le nom de Francia remplaça celui de Gallia^ dès le milieu du vi* siècle, époque où
l'établissement des Francs parmi nous devient incontestable et définitif. — Voir Lebeuf, « Dissertation dans
laquelle on recherche depuis quel temps le nom de France a été en usage pour désigner une portion des Gaules ; »
in-12, 1740.
(2) J'ai vu ouvrir quelque part l'opinion que VeUra-Domus était le vieux manoir près Cailly. C'est l'abbé Lebeuf,
je crois, qui émet cette idée; je la crois fondée, surtout s'il y a deadéil^ris aqiti^es au Yieux-Manoir.
,1
— 53 —
Ttu' Jiji//i,_jnf. /w ... '^\ . ^ î „ . . __. .
Yvetot,
;yf— — -p-, ^v..vw^^..^ ..^ ^.^.^« ,..^wvv. ^^.vw ^*-*w^^^,„*xv., w«vi.«w vvrvtjv/uic> ^v wt* moment
éyecnej, enï^nLHinum ou Èvrardi Ecclesia (le Bourg-Dun), et, pour terminer, les abbayes
éphémères dé Lôgium et de Belcinac.
Le troisième ;?a()fW5 était le pays de Talou, pagusTalogiensis, depuis lecomlé d'Arqués.
Ce pagm apparaît au vii^ siècle, et, selon quelques savants d'un grand mérite, il n'est qu'un
démembrement du pays de Caux (1) d'où il semble sorti comme l'enfant du sein de sa mère.
Quoique M; Guérard lui assigné poUr chef-lieu Envermeu (2), localité mérovingienne fort
importante, il est vrai, cependant nous pensons que le centre principal fut Arcas, le
Caiirmd* Arques auquel succéda plus tard la ville de Dieppe, connue d'abord sous le nom
'de Bertheville. Les points principaux du pagus furent : Edremau ou Evremou (Envermeu ,
ai riche en sépultures mérovingiennes), Warinna (Bellencombre), Britenevallis (Bemeval-
Ïe-Grand), Septemolas (Sept-Meules), Torcy, Luneracum (Luneray), Gauriactim (Gueures),
Vithicdm CVilly-sur-Yère), Longueville, Saint-Victor et Auffay, l'ancien Isnelville.
' ' Le quatrième fagus était le pagus Bracensis, ou pays de Bray, qui paraît avoir fait d'abord
^jjârtië àxx pagus Rotomagensis. Ce grand territoire géographique, composé de la longue vallée
dé Bray et de ses affluents, portait peut-être le nom de pagus dès le vu* ou le vra* siècle.
Siàtîs chef-lieu connu, il me paraît avoir eu pour points principaux : Driencuria (le vieux
VHentùurt, depuis Neufchâtel), Mortemer-sur-Eaulne , Gornacum (Gournay-en-Bray),
NdifurH-Mercatum (Neufmarché, siège d'un concile normand), Buris (Bures, titre de
doyenné), L(>ndtnarwr5 ( Londinières ), Sanctus Salvit^-in^Brago (Saint-Saire-en-Bray),
Aiisûiacum (Auchy, depuis Aumale), Monasterium Oolerii (Montérollier), et Cetta SancH
Sidonii (Saint-Saëns).
Enfin le cmqmème pagus , celui qui apparaît le dernier dans l'ordre chronologique et aussi
par son importance, est lepagurs Augensis, depuis le comté d'Eu* Ancienne ville romaine,
siège d'un château et d'un vaste archidiaconé , l'antique Augusta, connue au temps des
Francs sous le nom diAuga, à'Augum, d'Austa ou d'Auva, dut toujours être le chef-lieu
d'une division administrative. D'abord resserrée entre le Vimou et le Talou (3), la juri-
dietion de YOu paraît ne s'être étendue que de la Bresle à l'Yère. Plus tard, au temps des
(1) M. Guérard, « Provinces et pays de France, » dans « l'Annuaire historique de la Société de THistoire de
France, » année 1837, p. 80 et 138. — A. Le Prévost, « Anciennes divisions territoriales de la Normandie, » dans les
« Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 4-5.
(2) Guérard, « Annuaire historique de la Société de THistoire de France, » année 1837, p. 138.
(S) Suivant M. Estaacelin, qui noiis parait avoir raison, le comté d'Eu fit anciennement partie du Talou dont il
ftitdétadié à l'époque où le Talou devint le comté d'Arqués. « Histoire des comtes d'Eu, • p. 19*20. — « De tout
tomps, dit louis Froland, le comté d'Eu a finit partie du noble pals de Gaux. » « Mémoires ooucemans le comté-
pairie d'Eu, » p. 5. — Cependant M. Prarond, d'Abbeville, d'après dom Grenier et quelques auteurs picards, lo
croient un démembrement du Ponthieu. Prarond, « Hisi de cinq villes et de trois cents viliafree, ham. et ferm., »
1** partie, p. tinetLXV. — Gonsolter aussi, sur la topographique firanque^ le Mémoire publié par M. Semiohon^ de
5
L ^
— 84 —
comtes normands , elle s'étendit jusqn'à Penly, au lieu où le Val-des-Gomtes sépare le
comté d'Eu de celui d'Arqués. Ce pagus, toutefois, n'apparaît gnàre qu'à l'époque norm^t^âe:
nous le proposons timidemmt et ne lui donnons guère pour points principaux que Blangy^
Foucarmont ou l'ancien /iw< Théodore, le Tréport, Criel, Curborius? Virlakum (Villy),
Sept-Heules et Gemmapium (Gamaches) qui n'est plus dan&fio^ département.
Neufchàtel, sous le titre de « Quelques pagi picards et normands, in-8« de 36 p., Paris, 1862.- (Extrait de la « Revue
archéologique » de janvier et mars 1862, t. v de la nouvelle série). ^ Bèsle siècle dernier, à propos du moi dunum^
Tabbé Lebeuf avait parlé du TaUou ou Teliau d'une manière fort embrouillée. « Mercure de France >« d*avril 1736,
p. 619-747.
VOJES ROMAINES DE LA SEINE-INFÉRIEURE.
I
PRÉLIMINAIRES.
C'est le siècle dernier qui a commencé sérieusement parmi nous Tétude des voies ro-
maines. Déjà cependant, au xviie siècle, Bergier avait inauguré ce mouvement archéolo-
gique par son important ouvrage sur les grands chemins de l'Empire (i) ; mais ce grain de
sénevé ne devait rapporter que cent ans plus tard (2). L'Ancienne Académie des Inscriptions
et Belles-Lettres ouvrit le recueil de ses mémoires à des dissertations sur cette matière, et
un érudit normand , M. l'abbé Belley, y retraça plusieurs des voies de sa patrie (3).
L'Académie de Rouen , l'une des filles de l'Académie française , ne resta pas étrangère
à cet élan patriotique, et quoique à son berceau, la jeune Compagnie vit deux de ses membres
les plus éminents, les abbés Saas (4) et Terrisse (5), retracer devant elle les voies romaines
de la Normandie. Précédemment, ils avaient eu le courage d'aborder l'Itinéraire d'Antonin
et la Table de Peutinger. A la même époque , la Picardie donnait un bel exemple, et son
historiographe , dom Grenier, traçait d'une main savante et vraiment bénédictine tout ce
réseau de la seconde Belgique dans une mémorable Introduction qui n'a vu le jour que
depuis vingt ans seulement (6).
(1) Bergier, « Histoire des grands chemins de TEmpire romain , « 1 vol. in-4*, Paris, 1622.
(2) Id., 2- édition, 2 vol. in-4% Bruxelles, 1729.
(3) Uabbé Belley, « Mémoires sur une voie romaine qui conduisait de Tembouchure de la Seine à Paris (16 Juin
1744), » dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 648-71 . — Id., « Disser-
tation sur Juliobona, ancienne capitale des peuples Caleti, » ibid., p. 623-47, édit. in-4». — Id., ibid., édit. in-8*,
t xmui, p. 300-42, p. 273-299. — « Mémoire sur une voie romaine qui passoit de Valognes à Vieux, près Caen, et
ensuite & la ville du Mans (2 juillet 1756), » dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettrée, »
t. xxvm , p. 475-80, édit in-4». — « Observations sur deux voies romaines de Condate, Rennes en Bretagne et jusque
dans le fond du Cotentin (19 août 1774), » dans les «Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, »
t. XLi, p. 563-82, édit. in-4*'.
(4) Le Père Lelong dit que, le 17 avril 1755, l'abbé Saas lut à l'Académie de Rouen « un Mémoire sur les voies
romaines de Normandie. » Ce mémoire était alors dans les archives de cette Compagnie. « Bibliothèque historique
de France, » t. !•% p. 10, n» 85, édit. de Fevret de Fontette, en 1768. — Cotton des Houssayes, « Eloge hist- de l'abbé
Saas » dans les « Pièces relat à l'Acad. de l'Immac. Concept, de la Sainte-Vierge à Rouen , pour les années
1772-1775. •
(5) « Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, • t. v, p. 308, et nos « Églises de l'arrondissement
de Dieppe, «» t. i*», p. 235-36.
(6) Dom Grenier, « Introduction à l'Hist. gén. de la Picardie, » dans les « Mém. de la Soc. des antlq. de Pic, •
t. m, p. 422 à 518, et 221 à 265, in-4*.
'.'i
—-36 —
De nos jours, et depuis trente ans surtout , l'oeuvre a étérefprifeédetaosèdt&àfrec.iiBfe i
ferveur nouvelle et des succès marqués. Le signal de ces recherches a' été Awiné pterhs':
Sociétés archéologiques qui , à l'exemple de la Société des Antiquaires de Normandie /si'^
sont fondées dans presque toutes les villes importantes de hos déparlemienls. NottS'iA(6i';
querons en quelques lignes les travaux qui sont parvenus à notre comiaissaùceu ■ ' •
Le premier des écrivains normands, et peut-être des écrivains français, que iKniS ayottfe
à signaler ici , est M. de Caumont qui , dès 4830, dans un Cours d'antiqmtés mormmeniatBs
professé à Caen et qui est demeuré célèbre, essaya de débrouiller le chaos des voies
romaines pour l'ouest de la France , notamment pour la Basse-Normandie. Dians cette
première étude, importante pour son époque, il s'attacha surtout à montrer l'intérêt qtte
trouvent les éludes historiques à faire revivre pour la Gaule Vltinéraire d'Antonin et la
Table Théodosienne (1). En même temps que le fondateur de nos congrès scientifiques
publiait ces principes, M. Auguste Le Prévost, les mettant en pratique dès 4832, dotait le
département de l'Eure , sa terre natale , du réseau complet de ses voies antiques (5). Après
lui, un des doyens de l'archéologie normande, M. de Gerville, de Valognes, reprenait, pow
le Cotentin (3) et la Basse-Normandie (4), l'œuvre de l'abbé Belley, tandis que M. MangOn
de La Lande tentait un travail analogue pour le pays de Caux (5), et que M. Vaugeois, de
Laigle , esquissait les voies de l'arrondissement de Mortagne (6).
Pendant que M. de Gerville révélait les voies du département de la Manche, M. Chaudrufc
de Crazannes, de Castel-Sarrazin , restituait celles du département du Gers, d'après les
itinéraires anciens (7). Mais, en 4840, M. Graves, de Beauvais, mieux inspiré et appartenant
à une meilleure école que le précédent, rétablissait , d'après les monuments, les anciennes
chaussées de l'Oise (8). En 4855, il complétait, après quinze années de recherches et de
vérifications, son premier essai déjà si digne d'éloges (9). En 4845, M. Bizeul, de Blain,
déroulait, dans le Bulletin monumental, les anciennes voies de la Bretagne et du Mor-
(1) De Caumont, « Cours d'antiq. momum., » t. n et ni. Ère gallo-romaine, p. 90 à 154.
(2) A. Le Prévost, • Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » in-8» de 114 p., Évreux,
1833, et « Recueil de la Société d'Agriculture, etc., de l'Eure, » t. m, p. 297-326, Évreux, 1832.
(3) De Gerville , « Becherches sur les villes et les voies romaines du Cotentin , » dans les « Mémoires de la
Société des Antiquaires de Normandie , » t. v, p. 1-60.
(4) Id., « Des villes et voies romaines en Basse-Normandie et de leur communication avec le Mans et Rennes, »
in-8* de v et 94 p., Yalognes, 1838. — Id., « Supplément au Mémoire sur les villes et voies romaines de la Basse-
Normandie, » in-8*, Valognes, 1841.
é (5) Mangon de La Lande a esquissé les voies de Lillebonne dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de
Normandie, t. m, p. 215-16.
(6) Yaugeois, « Mém. de la Soc. des antiq. de Normandie, » t v, p. 97. — De Caumont^ « Cours d'antiq. monum., >
t. n, V partie, p. 135. *
(7) Chaudruc de Crazannes, « Description des voies romaines du département du Gers, d'après les anciens itiné*
raires, » dans le « Bulletin monumental, » t. zv, p. 407-20, 1838.
(8) Graves, « Essai sur les voies romaines du département de l'Oise, » avec carte, dans le « Bulletin monumen-
tal, » t. VI, p. 113-55, 1840. . ;
^ Grtives, « Notice archéologique sur le département de l'Oise, « V édèt^ p. 183-296*
<,-.
bflttn {l,),4Sittdi$.iqueyaW)é Voisin oous donnait, celles qui vont aboutir au Mans (2), et
qtsa nons-uttèDûe nous essayions celles de la Seine-ilnférieure et de la Haute-Normandie (3).
ÏHoûlaiouche qui, en 4847,' attaquait si vigoureusement l'histoire de Rennes, n'oubliait
pais iés voies de l'antique Condate (4).
Depuis quelques années j une moisson plus abondante encore a mûri de toutes parts.
Bfti858 eten 4859, M. Tudot, 'de Moulins, nous a présenté un excellent tableau des voies
rommoes de l'Allier^ toutes hérissées de leurs colonnes milliaires (5). M. Piette a retracé
lôsichaussées romaines du département de l'Aisne (6), tandis que M. Terninck entreprend
celles du Pas-de-Calais (7). Dans le même volume, où M. Cousin , de Dunkerque, retrace
troie grandes artères de l'ancien Boulonnais (8), M. Pigault de Beaupré sonde les routes
ailtiques de l'arrondissement de Dunkerque , et celles qui rayonnèrent jadis autour de
Gassel , l'ancien Castellum Morinorum (9).
N'oublions pas l'artère de Toulouse à Agen, retracée par M. Chaudruc de Crazannes (40),
celles delà vallée d'Aoste, rétablies par M, Aubert (4 4), et enfin les Itinéraires des départe-
ments de la Moselle et de l'Yonne, reconstitués par MM. Abel (42) et Victor Petit (43).
Enfin, excité par l'exemple que donnait en Allemagne un prince de sa famille (44), Sa
(1) M. Bizeul , «Happort sur les voies romaines de l'Anjou,» dans le « Bulletin monumental, » t. vii, p. 494-
502. — Id., • Voies romaines de la Bretagne et du Morbihan, » dans le « Bulletin monumental, » t, x, p. 5-42, 201r258.
(2) L'abbé Voisin , « Mémoire sur les voies romaines qui venaient aboutir au Mans , » dans le « Bulletin monu-
mental, » t. X, p. 450-61.
(3) « Voies romaines de l'arrondissement du Havre , dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Nor-
mandie , » t. XIV, p. 150-69.
(4) Toulmouche , « Histoire archéologique de l'époque gallo-romaine de la ville de Rennes, comprenant les
voies qui partaient de cette cité et celles de leur parcours, » décrit les voies rom. de Condate et du départ. d'Ille-
el-Vilaine, de la page 230 à 284, in-4% Rennes, 1847..
(5) B. Tudot, « Études des voies romaines de l'Allier, » dans « L'Art en province. Revue du Centre , • 1858-59,
in-4* avec texte, carte et planches. — Id., a Carte des voies romaines du département de l'Allier, » in-4* de 17 p.,
tvec carte et 2 planches.
(6) Piette, « Voies romaines de Reims à Arras et de Reims à Amiens, » dans le « Bulletin de la Société acadé-
n^que de Laon, » t vm, 1858. — Id., « Voies romaines de l'Artois et de la Picardie, » dans le « Bull, de la Soc.
acad. de Laon, » t. vn, viu et ix, années 1858 et 1859. — Id., « Les voies romaines de l'Aisne, » 25 p. in-8*, dans le
« Bail, de la Soc. acad. de Laon, » t. x, 1860, p. 159-182. — Id., n Bull, de la Soc. acad. de Laon, » t xi, p. 266-294.
Enfin , en 1862 , il a donné ses « Itinéraires gallo-romains dans le départ, de l'Aisne , » in-8* avec 15 planches.
(7) A. Terninck, « Promenades archéologiques sur la chaussée romaine d' Arras à Lens, » in-4«, Arras, 1860.
(8) Cousin, • Trois voies romaines du Boulonnais, » dans les « Mémoires de la Société Dunkerquoise, » t vi,
p. 400-23, avec carte.
^ (9^ Pigault de Beaupré, « Reconnaissance des voies locales existant au v* siècle, » avec carte, dans les a Mémoire!
de la Société Dimkerquoise , » t. vi, p. 75-91.
(W) Chaudruc de Crazannes, • Recueil des trav. de la Soc. d'Agric, Sciences et Arts d'Agen, i» 1. 1", 1860.
(11) Aubert, « Voies romaines de la vallée d'Aoste, » dans la « Revue archéologique d'août 1862, » t. viu, p. 65 à
SO, nouvelle série ; avec colonnes milliaires, inscriptions et ponts romains.
(12) Abel, « Les Voies romaines dans le départ, de la Moselle, » in-8* de 31 p.
(1^ Victor Petit, « Itinéraire des voies gallo-rom. qui traversent le département de ITonne. » Paris, 1851, in-8*
de 52 p., avec carte.
(14) 8. A. R. le comte GuiUamne de Wurtemberg, gouverneur d'Uhn et président de toutes leiiSociétâe aroàêo-
— 38 —
É ■ •■
Majesté l'Empereur Napoléon III a fait un. appel à tous les savants de^a Frai^ce et a ^éé
une commission topographique spéciale, afin de ressusciter toutes les voies f^omaines (k
ia Gaule, qui revivront ainsi dans un monument national (1). , ,'
Sous cette puissante influence , la plupart des Sociétés archéologiques dé France onjl
stimulé, par un pressant appel, le zèle de leurs membres, et elles ont proposé des prix^ pour
les meilleurs mémoires sur les voies romaines de nos provinces. Nous citerons surtpirt
comme modèles les progi-ammes publiés dans ces dernières années parla Société ^des
Antiquaires de Normandie et par celle des Antiquaires de Morime.
Ces désirs et ces vœux étaient sans doute dans l'atmosphère qui nous entoure et d?uis Ts^ir,
que nous respirons, car de toutes parts on a vu surgir toute une forêt de travaux sur les
anciennes routes de notre patrie. Déjà nous aurions peine à compter ceux qui sont écîos
de la Méditerranée à l'Océan, mais surtout entre le Rhin et la Loire. Qu'il nous suffis^ de
citer, parmi nos provinces les plus empressées à répondre , le Roussillon (2), l'Alsace (3),
la Bourgogne (4), la Champagne (5), le pays Charlrain (6), le Vermandois (7) et le Cana-
brésis (8). La Belgique elle-même a senti le mouvement français, et déjà plusieurs de ^
savants tentent de compléter le réseau gallo-romain (9).
C'est aussi pour répondre au double appel de la science et du pouvoir que nous avons
essayé de résumer ici ce que trente années de travaux et de voyages dans la Seine-Inférieure,
nous ont appris sur les voies romaines de ce département.
Quoique nous ayons longtemps étudié nos routes et nos voies antiques, nous confessons
cependant que nous sommes encore peu avancé dans leur connaissance. Il y en eut sans
doute un bon nombre dans nos régions sous la domination du peuple-roi. Jusqu'ici nous
n'avons pu en reconnaître que quelques-unes bien marquées et bien caractérisées dans
le voisinage de la Seine , où nous apparaissent aussi les débris des villes romaines dont le
souvenir nous est resté.
logiques de rAUemagne, qui, en 1847, avait dressé une carte romaine de l'ancienne Souabe. Moniteur umvenel
du 22 septembre 1864, p. 1161 , col. 5.
(1) « Le Moniteur universel» du 18 juillet 1858; du 27 février 1859; du 24 mars 1860.
(2) « La Voie romaine de l'ancien Roussillon, » par M. Alart, 64 p., dans les « Mém. de la Soc. agric, scientlf.
et littér. des Pyrénées-Orientales, » xiv vol., année 1859.
(3) Le colonel de Morlet, « Notice sur les Voies romaines du département du Bas-Rhin, » in-8* de 71 p. 8¥»c
carte. Strasbourg, 1861.
(4) Quantin , « Mém. sur les Voies romaines qui traversent le département de ITonne, » Mss. avec carte; « Bttvue
des Sociétés savantes, » 2« série, t. vi, p. 423-24.
. (5) PistoUet de Saint-Feijeux, « Notice sur les Voies romaines, les Camps romains et les Médailles de la Hamte-
Mame; » 32 p. et i pL, dans les « Mém. de la Soc. hist. et archéolog. de Langres, » t. !•», 1860.
(6) De Boisvillette, « Études sur les Voies anciennes de la cité Camute, » Mss. « Revue des Soc. sav., » %• série ,
t. VI, p. 423-24, et « Journal général de llnstruction publique » du 12 mars 1862, p. 175.
(7) M. Gomarta esquissé les voies romaines de VAugusla des Vermandois , aiijourd'hui le Camp de Vermanâ,
dans les « Archives histor. et littér. du Nord de la France, » Z* série, t. ix, p. 310-11.
(8) Bruyelle, « Chaussées romaines du Cambrésis- » — Houzé, « Voies romaines de l^brrondissement d'Avesnos, »
dans es « Mém. de la Soc. d'Émulat. de Cambrai, » t. xxvi, 1" partie, 1859.
(9) Roulez, « Observations sur les Voies romaines de la Belgique, » în-4» de 17 p., Oand, 1860.
— 3Ô —
Nous ne dissimulerons pas au lecteur disposé à nous suivre dans le laborieux itinéraire
que nous allons entreprendre^ que, malgré toutes nos peines, nous devons appliquer aux
chaussées roipaines de la IJîormandie ce que le colonel de Morlet disait naguères des voies
dié rÀlsace.
€ Ces routes antiques n ayant laissé sur le sol, sauf deux ou trois points, aucunes
marques certames de leur existence , il a fallu , pour retrouver leurs traces , recourir aux
ù^àitiohs, étu(iier l'étymologie des noms des cantons et des chemins ruraux , et surtout
intOTOger les fragments d'antiquité qui apparaissent de loin en loin comme de véritables
jalons de cette restitution topographique (1). d
Pour rappeler ici avec quelque méthode ce que nous en savons, nous nous placerons au
sein des deux antiques cités que renferme le département, car c'est de là que partaient et
c*est là que venaient aboutir toutes les artères de communication établies dans ces contrées^
Nous indiquerons ensuite les chemins qui conduisaient aux villes secondaires et aux simples
stations.
Avant d'entrer en matière, donnons quelques notions préliminaires sur les divers noms
des voies romaines et sur la mesure des anciens itinéraires.
Les noms que portent les voies romaines sont divers selon les pays et selon les temps.
En Normandie , ils se tirent de différentes sources , variant au gré des localités ou des
époques. Ainsi, les uns se prennent des fondateurs, des possesseurs ou des réformatexu^ de
ces voies, et l'on dit : la rue Césarine (2), le chemin de César (3), le chemin des Romains (4),
(i) Le colonel de Morlet, «Notice sur les Voies romaines du département du Bas-Rhin, o p. 6.
(2) A Lillebonne : voir « LaNormandief souterraine, » 1" édit., p. 104; 2« édit.,p. 118. — « Les Églises de Tar-
Tondissement dTvetot, » 1" édit., 1. 1*', p. 151 ; 2* édit., t. i*», p. 167.
(3) • Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 155, 167. — « Les Églises de l'arrondis-
sement dTvetot, » 1" édit., 1 1*% p. 151 ; 2* édit., t. !•', p. 167. — Graves, « Notice archéologique sur le départe-
■ttst de l'Oise, » 2* édit., p. 184. — De Caumont, « Cours d'antiquités monumentales, » t. ii, p. 152. — A Saveme,
la grande voie consulaire qui vient de Strasbourg s'appelle Kaiser strasse. Le colonel de Morlet, « Notice sur les
Voies romaines du département du Bas-Rhin, » p. 118. — La voie romaine d'Auxerre à Langres est appelée
rmite de César. Victor Petit, « Itinéraire des Voies gallo-romaines dans l'Yonne, » p. 51. —lien est à peu près
de môme des autres voies antiques*, id., ibid., p. 111. — A Tours, la voie se nomme te chemin des Césars. —
L*abbé Bourassé, « Congrès archéol. de France, séance générale de 1858.» p, 675. — Le testament de saint Remy,
de Reims, nomme la grande route militaire de Rome à Boulogne via Cxsarea. Dom Grenier, Introduction
dans les tMém. de la Soc. des antiq. de Pic. 1 1. xi, p. 40.
(4) « Les Églisesde l'arrondissement dTvetot, » i'* édit., t. i^, p. 151, 257, 271 ; V édit., t. i", p. 167, 271, 284.
— QraveS) «Notice archéol. sur le départ, de l'Oise, » 2* édit, p. 184. — A Le Prévost, « Notice hist. et archéol.
sur le département de l'Eure, » p. 76-77. — AMontpotier et à Plessis-Barbuise (Aube), la voie deTroyes à Meaux
«rappelle le chemin des Romains, D'Arbois de Jubainville, « Répertoire archéolog. de l'Aube, » p. 97. — A Onjon
(Aiil>e}, une voie romaine est appelée chemin des Romains, Ibid., p. 121. — La grande voie militaire qui va de
Slrai^iourg à Saveme (Très Tahemm) est appelée Romër strasse, à Eilttolsheim. Le colonel de Morlet, « Notice sur
les Voies romaines du Bas-Rhin, » p. 18, et Romër strasse, près Seltz, p. 21. — Dans la Lorraine, les voies antiques
portmt le nom de Romerberg et de Romerweg, «Bulletin de la Soc. d'hist. etd'archéol. delà Moselle, » 3* année,
^ 137. ^ A FoQiaine-lès-Luxeuil (Haute-Saône), la voie de Mandeure à Luxeuil s'appelle le chemin des
§U»naim, • Mém. de la Commiss. d'archéol. de la Haute-8a6ne, t t. ii , p. 32.
-^'40 -
la chaussée Brune haut ou d<9 ta reine Brunehaut (i), \e pavé du Rot, la route
Boyale, le chemin du Boi, quemin-le-Roy ou le pavement du Roy nostre sire (2). Les
autres n'ont en vue que le terme où elles aboutissaient , cette ville de Rome , tête et cèntjre de
TEmpire, vers laquelle tout devait tendre et converger. C'est ainsi qu'à Arques on dit encore
la rue'de Rome(S\ et à Grainville-la-Teinturière (l'ancien Gravinum), la ruette de Rome(i)y
absolument comme à Montans (Tarn) on dit le chemin de Borne (5). Ailleurs, on ne fait
attention qu'à leur largeur ou à leiu* élévation au-dessus du sol , et on dit : la grande-rue (0),
la haute-rue (7), ou le chemin-haussé (8). Plus loin , c'est la nature de leur pavage ou 4e
leur encaissement qui sert pour les qualifier, et de là leurs dénominations vulgaires de
chaussée, cauchie, être, étrée, chemin ferré {strata calceia), où l'on retrouve la chaux et
le silex employés dans leur confection (9). Enfin, dans quelques localités, on ne tient
compte pour les nommer que de leur antiquité et de leur longue durée ; c'est alors la vieiUe
(1) Estancelin, «Hist. des comtes d'Eu, » p. 11. — «Mém. de la Soc. des antiq. de Normandie, » t. ni, p. ^7,
t. XIV, p. 167. — € Etretat, son passé, son présent et son avenir, » ch. m. — Cousin, « Mém. de la Soc. Dunker-
quoise, » t. vi, p. 403, 404, 405, 406, 409, 414. Dans tout le Boulonnais, l'Artois et la Picardie, le nom de chaussée
Brunehaut ou Burnehaul^ appliqué à des voies antiques, était très commun au siècle dernier. M. Cousin le trouve
sur des titres de 1769, de 1613 et môme sur une charte de 1205 : calceia Brunehaut^ id., ibid. — Graves, « Notice
archéol. sur le départ, de l'Oise, » 2« édit., p. 203, 210, 211, 216, 220, 222, 236, 239, 263, 265, — Prarond, « His*. ide
cinq villes et de trois cents villages, » 1'* partie, p. xxxiu. — Piette, « Bulletin de la Soc. académique deLaon, »
t. X, p. 163. — L'opinion commime est que le nom de Brunehaut vient à nos voies de ce que cette célèbre reine
d'Âustrasie a fait réparer, de son temps, les routes romaines de la Lorraine, de la Champagne et de la Bourgogne.
Quoiqu'elle n'ait pas régné sur la Neustrie, on croit communément que le nom de Brunehaut a été donné à lies
chemins par assimilation. Cependant, au Congrès archéologique de France tenu à Cambrai en 1858, des antiquaires
ont émis l'opinion que ce surnom n'aurait rien de personnel, et que c'est Bumehaut ou Bomehaut qu'il faudrait
lire et dire. Cette qualification viendrait alors des bornes milliaires qui échelonnaient ces chaussées. « Congrès
archéol. de France ; séances générales tenues en 1858, » p. 452-53. — V. Petit, « Itinéraire des voies gallo-romaii^es
de l'Yonne, » p. 111. — A Porcheux (Oise), à Beauvais, à Saint-Thibaut-la-Chaussée, à Liancourt, etc., les yoles
antiques sont appelées chaussées Brunehaut \ « Répertoire archéol. de l'Oise, » p. 15, 17, 40, 450.
(2) a Mém. de la Soc. des antiq. de Normandie, ■ t. xix, p. 152, et t. xxrv, p. 556. — « Les Églises de l'arrondisse-
ment d'Yvetot, Inédit., t. i", p. 22 et 100; 2* édit., 1. 1*% p. 21 et 54. — Graves, « Notice archéol. sur le départ, de
rOise, » 2- édit., p. 187, 188, 189 et 278.
(3J « Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, ^ 1. 1", p. 193. — « La Normandie souterraine, » 1" édit., p, 61 ;
5* édit., p. 72. — « Les Églisesde l'arrondissement d'Yvetot, » 1" édit., 1. 1", p. 151 ; 2* édit, 1. 1", p. 167. — AMpn-
tans (Tarn) passe le chemin de Tolosa à Sagodunum (Rhodez), on l'appelle le chemin de Rome, A. Jaoobs,
« Journal gén. de l'inst. pub., • vol. xxx, p. 18, 9 janvier 1861.
(4) Les « Églises de l'arrondiFsemènt dTvetot, » 1" édit., 1. 1*% p. 151 ; 2* édit., 1. 1*', p. 167.
(5) A. Jacobs, t Journal de l'Instruction publique, » vol. xxx, n" 3 p. 18. ,
(6) Graves, « Notice archéologique sur le département de l'Oise, » 2' édit., p. 244. — A Strasbourg, la voie s'ap-
pelle Grand'Bue^ AUweg et Hoch-Strass. Le colonel de Morlet, « Notice sur les Yoles romaines du Bas-Rhin, » p.. 17
et 18. — Près Lauterbourg, on dit aussi Hoch-Strasse^ id., p. 21.
(7) Graves, « Notice archéol. sur le départ, de l'Oise, » 2* édit., p. 222. ~ c Mém. de la Société des antiq. de l^r-
mandie, » t. xiv, p. 161, et t. xxrv, p. 557. ^
(8) Graves, « Notice archéologique sur le département de l'Oise, » 2* édit, p. 184. ~ Tout le monde connaît^ le
célèbre chemin haussé qui traverse la campagne à quelques lieues de Caen. ~ Y. Petit, « Itinéraire des voies
^ reàialnes de r Yonne, » p. lU.
(9) Beaucoup de pays ont pris leur nom ou leur surnom des mots latins «/rato et calceia, et tous sont situés sur
des voies antiques. Yoyez Dumoustier, « Neustria pia, m p. 851, "853, '854, 858. — L'abbé Belley, c Mémoires de
— 41 —
route, le vietuc chemin, V ancienne chaussée, etc. (4). C'est de là sans doute que sont nées
ces Igputions populaires : nieux comme les rues et battre l'antif, pour dire battre le vieux
çtemiii (^).
Nous ne songeoos pas ici à rappeler tous les travaux accomplis ou tentés sur les mesures
lilneraires, des anciens ; le point capital , pour nous , et celui auquel nous devons nous
Jm : ■ j . .
, rAcadémiâ dos iBacriptioDS at Belles-lettres, » t. xix, p. 638, 639, 663, 668, 669, 670.— A. Le Prévost, « Notice histo-
rique et archéoloffique sur le département de l'Eure, » p. 74, 78, 79, 81, 82, 83, 86, 89, 91, 93, 94, 95, 96, 98, lOl, 103.
T09, 1 10. — «Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 154, 155, 156, 161, 166, 167, 169.
•U- Loisel, « Mémoires des pays, Tille, comtes et comté de Beauvais. » Paris, 1617. — « Étretat, son passé, son pré-
; eepjt, son avenir, » cU. u et nï. — Cousin, « Mémoires de la Société Dunkerquoise, » t. vi, p. 403, 404, 405, 406, 409,
" 414. - « Annuaire statistique de la Seine-Inférieure pour 1823, » 1. 1", p. 568. — Graves, a Notice archéologique sur
■ le département de l'Oise, » 2* édit., p. 184, 185, 189, 275. — M. de Caumont dit, dans son * Cours d'antiquités
monniQ., * t xi, 2* partie, p. 145» que, dans une charte du xu* siècle, la route de Bayeux au Bac du port était
appelée viam caldatam.
Le silex à veines rouges est encore, dans nos contrées, le signe caractéristique des voies romaines. Il paraît bien
iqu'll en est de môme dans le département du Nord-, car un archéologue lillois, décrivant les voies qui de Bavai
allaient à Tongres, à Cologne, à Reims, à Soissons, à Amiens, à Tournai, à Gand, etc., dit qu'on trouve, en plu-
liears endroits, des cailloux et du silex qui paraissent avoir été apportés de fort loin. « Revue archéologique du 15
Juillet 1859, » t. xvi, p. 244. — Il en est à peu près de même dans la Dordogne, où les voies romaines de Péri-
gaeux, d'Agen et de Vésone, toutes en calcaires siliceux, sont appelées chemins ferrés^ cami ferrai. De Gourgues,
« Congrès archéologique de France : séances générales tenues en 1858, » p. 644, 649 et 653. — Du reste, ce système
de pavage ou ferrage des chemins remonte bien loin, puisqu'une inscription mutilée, recueillie à Riez (Basses- Alpes),
attribue à l'empereur Adrien l'établissement d'une voie en silex, t YIA SILICE STRVTA. • Millin, • Voyage dans
le midi de la France, i t. m, p. 52. — Chaudruc de Crazannes, « Revue archéologique,! 13' année, p. 43. — La
figne d*Augiutodunum (Autun) à Breviodurum (Ouzouer-sur-Trésée) (Loiret), par Entrains, est désignée dans
l'Orléanais par le nom àecfiemin ferré. Partout où la chaussée est intacte, elle a 6 mètres de largeur. Marchand,
« Mémoire sur les découvertes de ruines romaines de la station de Breviodurum à Ouzouer-sur-Trésée, » t. !•»,
p. 15. — Sur les chemins perréSf perreys et ferrés , voir M. de Caumont, a Cours d'antiquités monum., • t. ii, V
partie, p. 149 et 150. — Au Neubourg et dans les environs est une voie romaine qui porte le nom caractéristique
de Vieux Chemin perré d'Evreux, Thaurin, a Mém. sur les antiq. découvertes au Neubourg et dans les par. vol-
aines, • p.21,in-8% Evreux, 1860, et •Recueil des Mém. de la Société libre d'Evreux,. » 3« série, t. nr. — Dès 1622,
dans son « Histoire des grands chemins de l'Empire romain, » Bergier disait, en parlant des voies antiques :
« {2. La populace des champs les appelle autrement, chemins ferrez, soit pour la dureté et fermeté de l'ouvrage
qui depuis quinze ou seize cents ans résiste au froissement du charoy, ou pour la couleur des petits cailloux, «ntiers
on par fragments, desquels la surface desdits chemins est composée; qui sont pour lapluspartde couleur noirastre,
tirant à celle du ffer.... » — « Hist, » liv. v\ ch. xxvi, S 2, p. 95, 96, in-4*, Paris, C. Morel, 1622. - La voie de
Cambra! a Reims, dite iter Barharicum au ix* siècle, aujourd'hui vote barbdtre ou chemin des barbares, est
nommée strata en 1252 et calceia au xui* siècle. Piette, a Voies romaines du département de l'Aisne, dans le « Bulle-
tin de la Société académique de Laon, » t. xi, p. 287. — Dans la Haute-Saône, le hameau d'Estrelle semble avoir
tiré son nom de la voie romaine de Besançon. « Mém. de la Commiss. archéol. de la Haute-Saône, » t. n, p. 49.
•— Gauthier, évoque de Laon, appelle, en 1163, la voie romaine de Reims dite chemin des Barbares, viampetrosamt
Uvoîe pierreuse. Piette, «Bulletin de la Société académique de Laon,j»t xi, p. 282. A Corre (Haute-Saône), la voie
romaine de Luxeuil èLangres s'appelle le chemin ferré. «Mém. de la Commiss. d'archéol. de la Haute-Saône, t.n,
p.5$. -;- La grande voie d'Agrippa qui va d' Autun à Troyes passe au hameau de l'Etrée, nommé autrefois tna siroAa.
Victor Petit, d'après Courtépée, Jollois et Pasumot, dans son * Itinéraire des Voies gallo-romaines, » p. 13. — La
tirte rbmaine de Besançon est appelée chemin perré^ via petra^ id., ibid.,p. 44.
(I) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 76, 80. — Graves, « Notice
archéologique du département de l'Oise, » 2* édit., p. 133, 295.
(ft Gdoin, « Réciréations pliilologiques, » t* v% p. 155.
6
t :j
t .
— 4i —
en tenir, est l'évaluation pratique du mille romain dans nos contrées. Qù^l nous suffire de
dire qu'entre la Seine et le Rhin , le mille romain des itinéraires doit se traduire dans
l'application par lieue gauloise (1), et que la lieue gauloise {leuca gallica) représentait
un mille et demi environ. Or, d'après les meilleurs et les plus récents interprètes, le mille
romain est estimé à 768 toises d'autrefois ou 4,481 mètres d'aujourd'hui (^). La Ueue
gauloise, au contraire, qui, avant César, était de 2,415 mètres selon les uns (3) ou de
2,468 mètres selon les autres (4), paraît avoir été réduite, après la conquête, à 1,140 toises
ou 2,221 mètres 50 centimètres (5). C'est sur cette donnée, qui paraît obtenir la majorité
des suffrages, que nous jugeons les distances indiquées par les itinéraires dans la Seine-
Inférieure.
Ajoutons un mot sur le classement que nous avons adopté. Dans le travail qui va suivre,
nous établissons deux catégories de voies.
La première renferme les grands chemins indiqués par les itinéraires antiques, dont la
trace et le souvenir ont survécu aux siècles comme aux révolutions. De ce nombre sont les
voies qui de Lillebonne se dirigent vers Harfleur, la Seine, Rouen et Grainville-la-Tein-
turière; puis celles qui vont de Rouen à Paris par Pon toise et Radepont, ou par Évreui
et Caudebec-lès-Elbeuf.
La seconde catégorie se compose des voies non connues par l'Histoire , mais qui s'éta-
blissent suffisamment par les documents historiques postérieurs à la conquête, par les
cartes géographiques, par la tradition et les monuments qui sont restés sur le sol. Dans ce
nombre figurent les voies de Lillebonne à Étretat et à Fécamp ; celles de Rouen à Beauvais
et à Arques-Dieppe ; celles de Caudebec-en-Caux (Lotum) à Arques et en Basse-Normandie,
ou de Beauvais à Dieppe et à Eu [Augusta). On le voit , pour l'ordre et la dignilé des
(1) L'abbé Belley, « Mémoires de rAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t xix, p. 636. — De Gaumont,
« Bulletin monumental, » t. xxvi, p. 342. — Cousin, a Mémoires de la Société Dunkerquoise, » t. vi, p. 403. Walcke-
naôr « Géographie ancienne des Gaules, » t ui, p. XLvn.
(2) y/^alckenaôr , « Géographie ancienne des Gaules , » t. m , p. xuv . Introduction. — L'abbé Belley , « Mémoires
de TÂcadémie des Inscriptions et Bell es- Lettres,» t. xix,p. 636. -- • Bulletin monumental, » t xxvi.p. 342. —
• Congrès archéologique de France : séances générales de 1858 , « p. 453.
(3) En 1852, M. PistoUetde Saint-Feijeux publia un travail intitulé: a Mémoire sur l'ancienne lieue gauloise. »
Ce travail avait été analysé, en 1862, par M.Quicheratdans la« Revue des Soc. sav., » t vu, p. 350-54, 2* série.
D'une expérience faite et répétée par M. de Saint-Ferjeux , il résulte que le mille romain ou lieue gauloise reprô*
Sentait exactement 2,415 mètres. Cette expérience lui a réussi dans plusiArscas. M. Quicherat regarde l'expertise
comme très plausible. Voir aussi sur ce sijget : A. Bertrand , a Revue archéol. de juin 1863, » et Aurôs , « Revue des
Soc. sav., »» 3' série , t. iv, p. 446-452.
(4) ■ Bulletin monumental , > t. xxvi, p. 339 et 342.
(5) L'abbé Belley, « Mémoires de r Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 636. — « Mémotret
de la Société des AnUquaires de Normandie , » t. xiv , p. 157. — Cousin , « Mémoires de la Société Dunkerquoise , »
t VI, p. 403. - « Bulletin monumental , »» t. xxvi, p. 342. — M. le colonel de Morlet, d'après le général Creuly,
donne à la lieue gauloise, ou mille romain de nos pays , 2,218 m. « Notice sur les Voies rom. du Bas-Rhin , » p. 17 ,
et général Creuly, «Revue archéologique , année 1860, » p. 260. — J. Quicherat, « Revue des Sociétés sav., »
2' série, t. v, p. 43. — Victor Petit, « Itinéraire des Voies gallo-romaines dans le dét)art. de l'Yonne, • p. 10;
q^ieapwnsi, 9otre,TOéihode est à peu près celle quIJlpien a adoptée dans son Digeste.
ffPnbUcae viaB nunc militares, nunc consulares, nunc praetoriae vocantur.... Vicinales sunt
jpj^^ p^ vicos aut iu \icos feront. »
Np ^er, — YoiE DE JULIOBONA (LILLEBONNE) à CARACOTINUM (HARFLEUR). — ITER
A CARACOTUCO AUGUSTOTONAM CLHI. M. P. SIC : JULIOBONA... X. M. P. (1).
-,».
Cette voie, que nous appellerons la première section du grand chemin militaire qui
conduirait de la mer jusqu'à Troyes {Iter a Caracotino Augustobonam)^ sortait de Lille-
bonne par la côte de Saint-Jean-de-Folleville , couverte de sépultures antiques. Elle passait
devant l'auberge des Forges (2) à Saint-Antoine4a-Forêt, et traversait Mélamare , connu
par ses briqueteries et ses tuileries exploitées au moyen-âge.
Elle descendait la côte de Sainte-Honorine à l'endroit où se voit encore la vieille chapelle
de cette sainte, élevée, dit-on, sur le lieu même de son martyre; car c'est là, d'après la
tradition, que la viei^e chrétienne aurait versé pour la foi le seul sang qui, dans l'anti-*
quité, ait arrosé la terre des Calètes (3).
De ce point, le chemin conduisait à la Remuée et passait devant l'église (4). Depuis
LiHebonne jusqu'à la Remuée , c'est chose curieuse que de suivre cette longue file de ha*
meaux , cette double haie de maisons et de cours, qui bordent la voie antique, transformée
aujourd'hui en route départementale.
De la Remuée , la voie arrivait au territoire actuel de Saint-Romain-de-Colbosc. Cette
direction est tracée presque pas à pas dans les chartes du xn^ siècle ; voici, en effet, ce qu'on
lit dans la charte de Richard-Cœur-de-Lion , confirmant, le 20 mars 4190, les donations
faites par son père à l'abbaye du Valasse : « Vous saurez , dit-il , que je donne et confirme
< aux moines de l'abbaye de Sainte-Marie-du-Vœu toutes les donations que lui a faites le
€ Roi mon père, savoir : la terre et le bois qui forment la forêt de Lillebonne, telle que
€ la partage la chaussée qui va de cette ville à Saint-Romain : Terram et nemus in foresta
€ InsulcR Bonœ sicut calceia dividit quœ protenditur ab Insula Bona ad Sanctum
€ Ramanum (5). >
(1) « Recueil des historiens des Gaules et de la Franco, » t. !•', p. 108. — Fortia d'Urban, « Recueil des Itiné-
raires anciens, » p. 125. — De CaumoBt. « Cours d'antiquités monumentales, » t. ii, p. 50-60. — L'abbé Belley ,
« Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 635 et 648. — Fallue, «Mémoires de la
Société des Antiquaires de Normandie, r t. xii,p. 117. — « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, ■
t. XIV, p. 152. - Le Prévost, « Notice archéologique de l'Eure, » p. 73.
(2) £. Gaillard, « Gazettte de Normandie, » du 16 mars 1834.
(3) « Les Églises de l'arrondissement du Havre, » t. i" p. 84. ^ « Essai* historique et descriptifsur l'abbaye de
Ucaville, » p. 5-6. — «Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, »t. xiv, p. 154.
<4) D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule , » p. 204. — « Les Églises de Tarrondissement du Havre, «tu,
.p. 3^.
rs) m Neustria pia, » p. 854.
— 44 —
Le vaste domaine donné par Henrï II et par Mathilde à Fàbbaye ]du Valasse éts&t èdmé
des deux côtés par des voies antiques. Au nord, en efifet^ était la-voie de Lillebobnè2i
Bolbec : « Vous irez , ajoute le prince , par TOiselière , le fief de Rames , Ërtnisdiivflle ,
€ Neuville, et la grande vallée jusqu'à Bolbec : Et inde per Oiseleriam et Rames et I^mâùb-
€ villam et per Novamvillam et per Magnam Vallem usque ad Bolbec; et inde fer vàliêO^
€ usqtie ad calceiam ante nominatam (4). i> Cette dernière chaussée n*est autre que ià
voie romaine de Lillebonne à Étretat. *
En 4498, Henri, évêque de Bayeux, écrivant au pape Innocent III, fait mention dfe
la chaussée de Saint-Romain : « Votre Sainteté , lui dit-il , saura que , lorsqu'à la prière
de Rotrou, archevêque de Rouen, nous avons fait la dédicace de l'église de Sainte-Mari»-
du-Vœu, le roi Henri, d'heureuse mémoire , cédant à nos prières, a bien voulu donner août
moines de cette église la forêt de Lillebonne, telle que la partage le chemin qui va de
Lillebonne à Saint-Romain : Forestam de Bona Insula sicut, calceia qum est inter Insulam
Bonam et Sanctum Romanum, dividit (2). »
Il est à remarquer que cette voie ne passait pas dans le bourç de Saint-Romain, niais
en longeait les limites et touchait à l'égHse aujourd'hui ruinée de Saint-Michel-dtt-HaiselÇ;
de là, elle gagnait Saint-Aubin-des-Cercueils, passait le long de cette antique paroisse et
devant une auberge connue au moyen-âge sous le nom de La Botte (3). Cette hôtellerie^,
fréquentée il y a un siècle, n'est plus qu'une habitation particulière désignée sous le nom
de La Vieille-Botte.
Cette portion de voie est celle qui resta le plus longtemps intacte et bien conservée, les
autres ayant été modifiées par les travaux nécessités pour compléter le système des routes
impériales. C'était d'elle assurément que voulait parler notre savant compatriote, l'abbé
Belley, lorsqu'en 4744, déroulant, devant l'Académie des Inscriptions, la grande voie 4ç
Paris à la mer, il disait avec raison : « que l'on pouvoit en suivre les vestiges, l'espace de
plus d'une lieue, du côté de Saint-Romain -de-Colbosc (4). »
Si les choses étaient encore aujourd'hui ce que nous les avons vues en 4830, nous en-
gagerions les archéologues, nos confrères , à visiter ce fragment de voie antique , surtout
depuis le coude formé par la route départementale pour entrer dans Saint-Romain jusqu'au
cimetière de Saint-Michel ; ils reconnaîtraient , comme nous , ce travail qui a résisté à tous
les efforts des siècles. En admirant ce morceau vraiment romain , ils seraient un moment
•'
(1) t Neustria pia, » p. 854.
(2) «Neustria pia, » p. 854.
(3) Ainsi appelée, à cause d*une botte de postillon qui était peinte sur une plaque de tôle et qui lui servait d'en-
seigne.
(4) L'abbé Belley, « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, • t. xix, p. 658. — aMtooirès 4a
la Bociété des Antiquaires de Normandie, « t xiv, p. 155. . ^
— 45 —
leotéè tde crokëi, ^eiique-di! Nagerèl, que les nlinéi de Câlet sérrirMït aux Romains pour
hiêk la ichanssée de Saln^Rômain-de^olbosc (i).
. jiiLSaint*-Aubffl-dôé-Cerctteils!, la voie rortiaine était bordée, d'un côté , par un tumulus
détruit depuis vihjgt ans et où Ton a trouvé des têtes et des ossements humains ; de l'autre,
fwlrMe cimetière de Tégliàè, dont les nombreux sarcophages ont fait donner à ce village
le swnom des Sar queux ou des Cercueils (%).
Ces cercueils en pierre, qui abondaient au siècle dernier, n'ont pas entièrement disparu
du cimetière; car, en 1840, nous en avons vu extraire plusieurs dont les fragments sont
r^tés longtemps autour de l'église (3). La tradition ajoute que ce pourrait bien être là « le
tombeau de l'armée romaine qui était campée à Beaucamp , » motte superbe du voisin^e
où nous avons reconnu des débris romains (4).
De Saint-Aubin-des-Cercueils, la voie venait à Gainneville, puis à Orcher, au hameau
jdu Camp-Dolent. Sur le territoire d'Orcher, la voie est mentionnée en ces termes dans une
charte donnée par Guillaume d'Angerville à l'abbaye du Valasse en 1222 : Unam acram
4err(B (qui touche) alio latere versus ccUceiam et a capite versus Harefloet et ab altéra
perte versus grahgiam monachorum de Kadolent (5). >
, De la butte du Camp^-Dolent, butte qui doit être sépulcrale et dont le nom Douloureux
e$l très significatif (6), la voie descendait à Honfleur par la côte à présent nommée du
paivaire.
On aperçoit, sur les flancs de la colline , la cavée profonde creusée par celte voie antique.
(1) Nagerel, « Description du pays et duché de Normandie, » p. 5 et 6. — « Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, » t. xiv, p. 155. — De Duranville, « Essai sur l'Histoire de la côte Sainte-Catherine, » p. 344.
(2) L'abbé Belley a entretenu l'Académie de ces cercueils, et nous avons trouvé sur eux une note précieuse de
M. Pinel, du Havre, note que nous avons publiée en 1844 dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de
Kèrmandie, » t. xrvr,p. 156. — « Les Églises de l'arrondissement du Havre, » t. n, p. 319-20.
(3) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xrv, p. 156.
(4) « Les Églises de l'arrond. du Havre, » t. ii, p. 320. — Mém. de la Soc. des antiq. de Norm. , » t. xrv , p. 156.
(5) Archives du Valasse, au dépôt départ, de la Seine-Inf. — « Mém. de la Soc. des antiq. de Norm. » t. xrv^
p. 156.
(6) Le (7amp-Z)ofen/, à Orcher, est une motte qui doit être sépulcrale. « On sait, dit M. Le Prévost, que le nom
He Camp-Dolent indique toujours un souvenir douloureux attaché à la localité et particulièrement celui d'une
'Ifrande bataille. » « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure,» p. 64. Notre savant confrère
s'exprime ainsi à propos d'une grande enceinte située près de Couches , à l'entrée de la forêt , et qui est appelée le
Camp-Dolent y p. 64. Nous savons qu'à La Bonneville, près Évreux , on a trouvé, en 1847, des hachettes de bronze
dans une lande appelée le Camp-Dolent. A ce propos, nous ferons remarquer qu'à deux reprises, en 1845 et en
1859, on a recueilli à Orcher des dépôts de hachettes en bronze. Enfin, à Bazinval-Soreng , près Gamaches (Seine-
Inférieure) , M. Darsy a remarqué un lieu appelé le Camp-Dolent . Darsy, « Mémoires de la Société des Anti-
qnairesde Picardie, » t. xv, p. 380. — M. Graves signale dans l'arrondissement de Beauvais, sur la commune de
Boury,unlieu dit le Camp-Dolent , où l'on a trouvé des cercueils. « Notide archéologique sur le département de
rOisô, » 2« édit , p. 313. — M. Prion ajoute qu'au lieu dit le Champ-Dolent , de Boury , on a trouvé un sarcophage
contenant des os, une épée et des étriers. Frion , « Nouveau Précis statistique sur le canton de Chaumont en Vexin, »
ip. 113. -> On connaît, dit M. Peign6-Delacourt, plusieurs anciens champs de bataille qui ont conservé un nom
rappelant les événements sanglants dont ils fUrent le théâtre. Tel est le Camp-Dolent , situé entre Soissons et le
— ''^ —
Oii dirait le lit desséché dHine rivière. C'est sur te versaat de cette coUine,! qui ^^pen^de
la commune de Gonfreville-rOrcher, dans les champs du Calvaire, dans>le$ l^des^^J^
»|ont-Caber, dans les jardins de Saint-Dignefort , que M. E. Gaillard plaçait Carat^ottmniii)^,
et c'est là que M. Fallue l'a trouvé en 1839 (2). • f
U est vraisemblable que, dans les temps anciens, le port de Harfleur était ver^ la CQl«j
de Saint-Dignefort, comme il y était au xn^ et xni^ siècles ; car on voit dans une charte dft
Guillaume d'Angerville, seigneur d'Orcher, qu'il donne à l'abbaye de Graville le prieuré d^
Saint-Dignefort, appelé alors la chapelle Sainte-Marie auport de Harfleur (3). Il est i croire
que c'est de ce côté que fut la posée des navires « sedes navium :> donnée par le duc Robeçt.
à l'abbaye de Montivilliers (4), puisqu'aujourd'hui encore ce lieu s'appelle la Pêcherie.
Ici nous sommes parvenu au but de notre voyage. Nous avons parcouru dix miUe romains^
ou plutôt dix lieues gauloises, et nous sommes arrivé au Caracotinum des Itinéraires.
No 2. —VOIE DE JULIOBONA 'LILLEBONNE) A ROTOMAGUS (rOUEN), PAR LOTUM (CAUDBBfiC-Eïf-
CAUX). — « ITER A CARACOTINO AUGUSTOBONAM : LOTUM VI. M. P. — ROTOMAGO XIH (5)- >
Cette seconde section du grand chemin militaire, qui conduisait des bouches de la Seinô
au centre de la Gaule , sortait de Lillebonne par la rue ferrée encore connue sous le nom
de rue César ine (6).
monastère de Saint-Médard , et le lieu qui porte le môme nom et touche à Pierrefonds (Oise). » « Recherches sur
le lieu de la bataille d'Attila , en 451 , » p. 26. — A Rots (Calvados), on trouve dans un titre de 1479, « dans les terres
labourables du Bourgeul , les deux délies du Champ-DoUenl, « L'abbé Do , a Bullet de la Soc. des antiq. deNornb, »
i. u, p. 450, 4* année, 1863.
(1) E. Gaillard, dans la « Gazette de Normandie >» du 16 mars 1834.
(2) Sur les fouilles faites à Harfleur par M. Fallue , voir : « Archives du Havre , » livraison de mai 1840. — « Ué^
moires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. xii, p. 117-30 et pi. 1 et 2. — « Revue archéologique, » t. xiv,
p. 561-65. — «Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 157-59.
(3) a Essai historique et archéologique sur l'abbaye de Graville , » p. 9. — Mémoires de la Société des Antiquaires
de Normandie, t. xiv, p. 157.
(4) Dans ime charte du duc Robert , donnée , en 1037, à l'abbaye de Montivilliers, on lit : « Portus de Harosteei
cum teloneo et sedibus navium. » Les mêmes expressions sont répétées dans les bulles deCélestin, en 1102, et
d'Innocent m, en 1202.— « Antimoine contre l'abbaye de Montivilliers, » p. 55, Mis. de 1710. — Mémoires de
la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv , p. 157.
(5) « Recueil des historiens des Gaules et de la France, » 1. 1*% p. 108. — Fortia d'Urban, a Recueil deaI^Q6-
raires anciens , p. 125. — L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettre»| »
k XIX, p. 635 et 648. — Fallue, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xu, p. 117, et
t. XIV, p. 152. — A. Le Prévost, « Notice archéologique sur l'Eure, » p. 73.
(6) A La Normandie souterraine, » U*édit., p. 110;2*édit., p. 118. — On nous assure qu'il existe à Rome WM
rue des Cesarini; et à Reims est la voie Césarée, — Loriquet, dans la « Revue archéologique, > année 1^60, p. 149.
— Le testament de saint Remy nomme via Cxsarea la voie militaire qui allait de Rome à Boulogne par Beûtt,
Beauvais et Amiens. Dom Grenier, a Introduct. dans les Mém. de la Soc. des Antiq. de Pic, » in-4, t. ai, p. 428.
-* A Tours, on connaît le chemin des Césars. Bourassé, <c Congrès archéol. de Franee: séaacesgôn. de 186&1 »
p. 675.
— 47 —
'''Après avoir loiigè le château , aux pieds duquel s'appupient les bains, elle gravissait la
me dé Saint-Léonard, où de curieuses sépultures ont été trouvées vers 4807 (1), et où,
m 4856, on a rencontré un magnifique dolium contenant quatre vases (2).
De Lillebonne à Caudebec, la voie suivait à peu près la route départementale no 4, passant
parla Fresnaye et Auberville-la-Campagné. Sur ce dernier point, elle était bornée par le
<âtaelière de Saint-Amateur, où Ton a trouvé, vers 4 8^, le cercueil en pierre d'un enfant ;
â iôôté du squelette étaient des médailles et une espèce de collier de perles (3).
La i^oute traversait ensuite Caudebec-en-Caux où , d'accord avec la majorité des ar-
chéologues , nous placerons volontiers Lotum (4), que M. Gaillard mettait pourtant à
Caillouville (5). Elle sortait de Caudebec par la forêt de Maulévrier, où M. Lesage a trouvé
tes restes d'une villa romaine (6), traversait Logium, le monastère de Wisle, protégé par
sainte Bathilde (7), Fontenelle, le Rotmarias des Francs (8), où saint Wandrille vit , au
TO® siècle , les restes d'édifices antiques ruinés par les barbares et devenus le repaire des
bêtes fauves (9).
AttfnoyOT*âge, les chartes de Saint- Wandrille appellent encore cette route antique le
Chemin du Roi. Un litre de 4258 dit : Keminum regale; deux actes de 1270 portent : l'un,
Kemino regali; l'autre, Kemino domini régis (40).
Elle mimtait la côte à Caillouville où l'on voit une mare miraculeuse et où fut une chapelle
de Tous-les-Saints (44), passait par Vieux où l'on a découvert des débris romains, et Saint-
Thomas-la-Chausséequi lui a emprunté son nom (42). Entre ces deux points, on trouve le
(1) L^)oullenger , « Voyage dans le département de laSeine^nférieure, » manuscrit de la bibliothèque de Rouen.
— « La Normandie souterraine, » \^ édit., p. 107 ; ^« édit., p. 121.
(2) «Revue archéologique, » xrv^ année, p. 608-609.
(3) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 151. — « La Normandie souterraine, »
i'*édii. , p. 33; 2- édit. , p. 40.
(4) D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 420. — L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie d«s
loaoriptionB et Belles-Lettres, » t. xnc, p. 654-55. — a Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » t. !•% p. i et 2.
— Duplessis, « Description géographique et historique de la Haute-Normandie, » 1. 1", p. 7-85. — Fallue, dans la
t jKevne archéologique, » t. xiv, p. 560-61. ^ Rêver, « Mémoire sur les ruines de Lillebonne, » p. 7.
. !(5) B. Gaillard, dans la « Gazette de Normandie, » du 16 mars 1834.
.<€) PaUue, « Mémoire sur les antiquités de la forêt de Brotonne et de la villa de Maulévrier, p. 6-19. — « Mé*
noires delà Société des Antiquaires de Normandie, » t. X.
(7) L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 654-65.
(8).« Neustris pia, > p. 102.
(9) « Monstrabantur namque in eodem loco vestigia, ImmQ ruin» œdificiorum priscorum accolarum industria
olim exstructorum , sed exterorum hq^tium feritate belluina solo funditus ©quatorum , et in ipso quidem loco magis
latyefsFamm quam hominum habitatio tune temporis videbantur. » « Neustria pia, » p. 132.
(W) « Cartulaire de Saint-W^andrille , » aux archives départementales de la Seine-Inférieure ; copie du xvm' siècle.
-^•LwBgliaesde l'arrondissement d'Yvetot, » l" édit., 1. 1-, p. 100-, 2- édit., t. !•', p. 54.
-ûl).«,Les.%li8es de l'arrondissement d'Yvetot,» 1" édit., t. u, p. 405-408;2«édit., t.i«%p. 75-80.
(12) « La paroisse de Saint-Thomas-de-la-Ghaussée, dit l'abbé Belley, qui Qst^itviée sur le grand chemin, a |»na
fins doute sa dénomination de l'a^^erpu^/icta duchen^in romain. » «Mémoires de l'Académie des Inscriptioni e|
— 48 —
camp à double enceinte que cachent les bois de Varengeville, camp qui dominait le cours
de la Seine (1).
Il est fait mention de cette portion de voie dans la Vie de saint Ansbert , archevêque de
Rouen au yii^ siècle ; c'est par là que le corps du saint pontife fut rapporté du Hainaut
dans ce monastère de Saint-Wandrille qu'il avait tant aimé (2),
La voie , après avoir traversé La Vaupalière , qui fut peut-être l'ancien Paldriacus de
saint Ansbert (3), descendait à Maromme par la côte de la Mayne (4), à travers le bois
de La Valette, là où elle est encore choisie, de préférence à la route départementale, par
les piétons qui cherchent à gagner Caudebec et Lillebonne par la voie la plus directe et
la plus courte (5),
De Maromme , elle gravissait la côte de Saint-Aignan pour* passer dans le village du
Mont-aux-Malades, devant le prieuré de Saint-Thomas-de-Cantorbéry.
Au point où nous sommes, nous trouvons la voie romaine mentionnée dans plusieurs
chartes du xiii^ siècle , qui regardent la vieille maison des lépreux. La route est toujours
appelée via regia, parce qu'alors elle était devenue route royale. Monseigneur Lorans Le
Ghambellant l'appelle Cheminum régis, Keminum domini régis (6), et le vicomte de Rouen
la nomme Quentin le roi (7).
Enfin elle descendait à Rouen par la côte du Mont-aux^-Malades , où sa pente abrupte est
encore bien reconnaissable le long du cimetière Saint-Gervais (8). Cet antique champ de
repos est aussi vieux que Rouen lui-même ; car c'est là que , depuis tantôt deux mille ans,
sont venus dormir les habitants de Rotomagus, La culture et l'industrie les réveillent chaque
jour dans leurs auges de bois ou de plomb, de pierre ou de marbre (9).
Belles-Lettres , » t xix, p. 635.-7 D'après les recherches de M. de Glanville, cette paroisse s'appelait Calcia^M xiu*
aiècle, et La Chaussée en 1207 et 1212. a Promenade archéologique de Rouen à Fécamp, » p. 33. — A. Le Prévost,
dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xx, p. 17.
(1) «Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 151. — Fallue, dans les « Mémoires delà
Société des Antiquaires de Normandie, » t. IX, p. 199-201.
(2) «Venerunt in Rotomagense territorium in locum ^i dicitur Pa/drioctis... distans a cœnobio ForUaneUensi milli-
bus lY.... in viapublica etdelapidata quœ... Rotomagensem deducit ad urbem. » « Vie de saint Ansbert , » parle
moine Aigrade, dans les « Acta sanctorum, » mensis Februarii, t. ii, p. 556. ~ A. Le Prévost, dans les « Mémoires
delà Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 17. — L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie dos
Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 635.
(3) En décomposant le nom de La Vaupalière, on y trouve le mot Val, ajouté peut-être à celui de Paldriacus.
(4) De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen à Fécamp, » p. 25.
(5) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 151.
(6) Charte de Mgr Lorans Le Ghambellant en 1278. Archives départementales, canton du Mont-aux-Malades.
(7) Charte du vicomte de Rouen sur une donation de M"* Meheut Piquet, en 1236. Ibid.
(8) Dans une charte du roi Robert I", délivrée, en 1006, à l'abbaye de Fécamp, on lit : « Ecclesia sancti Protasil
cum manso... quod clauditur ex une latere muro civitatis, ex tribus partibus cingitur via publica» » « GaiUs
christiania, » t. xi. Instrumenta, p, 8«
(9) « La Normandie souterraine, > 1'* ôdit., p. 37-41 ; 2* édlt, p, 45-47.
a
— 49 —
La voie pénétrait dans Rouen par la rue Cauchoise. La ville , alors carrée dans sa formé (1 )
et circQnsçrite d?ins,soi^ enceinte parler ruisseaux de iîoô^^? etàelaHênelle, ne commençait
]pêré qu'au Gros-Horloge , dont le beffroi , à cheval sur la rue , semble encore une porte
erïtâÊle où le peuple croit reconnaître « l'image de Rouen gardant ses troupeaux (2). >
j^ Elle traversait la Cité par la rue de la Grosse-Horloge et le Parvis de la Cathédrale,
où elle était coupée par la voie des Bellovaques et des Ambiuni d'une paît, et de l'autre
par celle des Lexoviens, des Aulerques et des Éburoviques.
^ L'emplacement de la cathédrale actuelle devait être occupé par un temple d'idoles ,
probablement dédié à Mercure comme presque tous les édifices sacrés des carrefours
antiques (3),
N^ S. — VOIE DE ROTOMAGUS (rOUEN) A LUTETIA (PARIS), PAR RITUMAGUS (RADEPONT),
r PETROMANTALUM (MAGNT) ET BRlVA-ISARJE (pONTOISE). — ITER [a] LOTOMAGO (rOTOMAGO)
•hIRïïUMAGO (RADEPONT) m. p. IX. — PETROMANTALUM (ARTfflEUL, PRÉS MAGNY) XIV. BRFVA-
'^ ïBàAM (PONTOISE) XIV. — LUTETIA (PARIS, XV) (4).
: Noçs ne devrions suivre cette troisième section du grand chemin militaire de Troyes à
là mer que jusqu'aux limites de la Seine-Inférieure, et dans ce cas le trajet ne serait pas
long ; mais nous ne saurions nous dispenser de l'indiquer jusqu'à Paris, ou au moins jusqu'à
PoBtoise. Toutefois, dans les déparlements de l'Eure et de Seine-et-Oise, nous ne marche-
rons que sur la foi d'au trui.
Après avoir quitté fe point sacré où s'élève aujourd'hui l'église métropolitaine, la voie
suivait la rue Saint-Romain, le long des murs de Yarchevêché, qui était sans doute alors
le palais du gouverneur ou du défenseur de la cité. Elle franchissait la rue Impériale qui
encaisse à présent sous sa large chaussée tout le ruisseau de Robec , limite antique de la
dté- Elle quittait Rouen à la rue Malpalu, tout près de l'église Saint-Maclou, et longeait
■ (t) o La Normandie souterraine, » l" édit., p. 139-41 ; 2' édit, p. 157-60. — « Congrès archéol. de France:
tfftances générales de 1859, » p. 520. — a Méra. de la Soc. des ant. de Normandie, » t. xxiv, p. 650. — « Précis ana-
lytîqae des trav. de l'Acad. de Rouen, » année 1860-61, p. 260-61. — « La Seine-Infér. au temps des Romains, » p. 4
Bt plan.
(2) * Congrès archéologique de France : séances générales tenues en 1859, » p. 520.
(3) Des débris romains ont été trouvés, en 1825, au pied de la cathédrale de Rouen. De La Quérière, « Précis
u^lytique des travaux de TAcadémie de Rouen, » année 1825, p. 313. — Sur la coutume de remplacer les temples
ou Ifeux vénérés des païens par des chapelles, des églises, des abbayes et môme.des cathédrales, voyez a Sépultures
gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 107-109.
tl) Itinéraire d'Antonin et Table de Peuti'nger, dans le « Recueil des historiens des Gaules et de la France , »
t.*t**,-p. 108 et 112; — Fôrtia d'Urban, « Recueil des Itinéraires anciens, » p. 115. — A. Le Prévost, dans les
«Mémoires de la Société d'Agriculture de^l'Eure, » t. m, p. 297. — L'a))l?é Belley, dans les « Mémoires de FAeà-
démie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 648. — A. Le Prévost, « Notice archéologique sur l'Eure, »
p. 73.
1
— 50 ~
la rue Martainville, \îeille chaussée élevée sur des marais. De là, elle traversait Carville et
Darnétal pour gravir la côte du Mont-Main. « Ce dernier nom paraît indiquer une pierre
druidique, et Ton y trouve encore une motte ou vigie gallo-romaine. Du Mont-Main, elle
allait passer entre le Bourg-Beaudouin et la Neuville-Champ-d'Oisel ; » puis descendait
dans la vallée de TAndelle pour traverser la rivière à Ritumagm ou Lotomagus , station
antique que Ton fixe indifféremment à Radepont ou à Fleury-sur-Andelle (4).
A Radepont, d'après M. Le Prévost, la route antique traversait la cour d'une ferme
appartenant à M. Sautelet, située au-dessous et en face du passage actuel. De cet endroit,
où était l'ancien pont , elle montait la côte de Grainville par une cavée aujourd'hui devenue
ravine. Du bout de l'ancienne avenue du château de Grainville , elle se rendait à Brémulle,
puis à Sainte-Marie-des-Champs, près Gamaches (2), où M. Gaillard a reconnu une crypte
fort ancienne servant de cave à une ferme (3). Elle passait l'Epte à Saint-Clair, au point
très significatif de la ferme d'Estrée (4), puis se rendait à Arlhieul, près Magny, où
MM. Gaillard et A. Le Prévost placent l'antique Petromantalum (5). M. Graves, au contraire,
décrivant les voies romaines de l'Oise, le reporte au lieu dit 1^ Haie-aiix-Gendarmes, qui
est à 2 kilomètres à l'ouest d'Arthieul et à 1,500 mètres au nord de Banthelu, où l'abbé
Belley (6), d'Anville (7) et M. Lerat de Magnitot (8) fixaient cette station antique (9).
M. Graves avait été amené à concilier ainsi les opinions de ses devanciers, par la raison
que la Haie-aux-Gendarmes était le lieu où la voie romaine de Beauvais à Paris rejoignait
celle de Troyes à Harfleur. Il avoue, toutefois, que sur ce point on ne trouve pas d'anti-
quités romaines ; « mais, ajoute-t-il , Petromantalum, nommé Petrum-Viacum sur la Table
(1) Pour Radepont, nous comptons l'abbé Belley, dans les « Mémoires do l'Académie des Inscriptions et Belles-
Lettres, » t. XIX, p. 662-63, et d'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 557. — Pour Fleury, nous avons
M. Bonnin , « Antiquités gallo-romaines des Éburoviques, » carte. — Pour Fleury et Radepont, A. Le Prévost,
« Notice historique et archéologique du déparlement de l'Eure, » p. 25 et 74, et « Mémoires de la Société d'Agri-
culture de l'Eure, » t. m, p. 240 et 298, et Gadebled, t Dictionnaire topographique, statistique et historique de
l'Eure,.» p. 208 et 416. — M. Rêver plaçait la station à Heuqueville, et M. E. Gaillard à Charlevdl ; voir la « Notice »
de M. A. Le Prévost, p. 25 et 74.
(2) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 74-75.
(3) E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 9.
(4) L'abbé Belley, dans les «Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 633. — D'An-
ville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 518. — « Mémoires de la Société des Antiquaires do Normandie, » t. xiv,
p. 152.
(5) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 25-26 et 74. — Potin de
La Mairie, dans la « Revue de Rouen, » année 1848, p. 37.
(6) L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. six, p. 664.
»(7) D'Anville, a Notice de Tancienne Gaule, p. 517-19.
(8) Graves, dans le « Bulletin monumental, » t. vi, p. 128.
(9) Bien des essais ont été tentés sur l'emplacement de Petromantalum; Adrien de Valois et dom Bouquet le
iixaient à Mantes. — D'Anville, « Notice, » p. 518. — Potin de La Mairie, dans la « Revue de Rouen, » année 1848,
p. 37.
— M —
de Peulinger, n'était sans doute qu'une colonne milliaire (1), comme semblent le penser
MM. Le Prévost (2) et de Caumont (8). j>
De Petromantalum (Arthieul), la voie se rendait à Briva-Isarœ (Pontoise), où elle tra-
versait la rivière. Quoique l'Itinéraire ne mentionne pas Briva-Isarœ sur la ligne de Troyes
à là mer, on ne saurait douter du passage de la route par cette station , qui suivait immé-
diatement le croisement des voies de Rouen , de Beauvais et de Paris (4.)
Entre Petromantalum et Briva-Isarm, la voie passait à Perché-en-Vallée , où M. Potin
de La Mairie croit avoir retrouvé le Saltus Perthicus de la Chronique de Fontenelle (5).
€ Les titres de la terre de Perché , écrivait d'Anville il y a cent ans , font mention de la
chaussée de Jules César. Il y a des endroits qui montrent les restes de l'ancien pavé , et
dans d'autres , où le pavé est broyé , on distingue la trace de cette chaussée par quelque
élévation et par un massif profond d'une qualité différente du sol des environs (6). i> L'abbé
Belley (7) et Le Brasseur, d'Évreux , tiennent à peu près le même langage (8).
La route ne tardait pas ensuite à gagner la rivière de l'Oise qu'elle traversait sur un pont
au midi de la ville actuelle de Pontoise , près de l'emplacement de l'ancienne abbaye de
Saint-Martin (9); encore aujourd'hui elle s'appelle la chaussée de Jules-César (10), nom
qu'elle portait déjà au xvn^ siècle et même dès le xni^ ; car nous lisons dans l'ouvrage
d'Antoine Loysel que, de son temps, « on voyait au bord de la rivière des restes de pilotis
de bois si vieux qu'ils en étaient pétriflés; à ce pont répondait le grand chemin appelé, par
les titres et contrats des notaires tant anciens que modernes du pays, la chaussée de Jules-
César (il). 3) Dans une lettre de Philippe-le-Bel, de 1298, à son frère Louis, comte d'Évreux,
il est question de V ancienne chaussée, qui est dite chaussée' de Jules-César (12).
De Pontoise à Paris, selon A. Le Prévost , la voie n'offre plus aucune incertitude, prin-
cipalement dans le voisinage de la capitale ; on en remarque surtout une assez longue
(I) Graves, « Bulletin monumental, » t. vt, p. 128-29. — Id., « Notice archôolo gique sur le département de
l'Oise, • 2* édit., p. 200-201.
. (2) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique de l'Eure, » p. 25-26.
(3) De Caumont, « Cours d'antiquités monumentales, • t. ii, p. 129.
(4) L'abbé Belley, dans les ^ Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, • t. xix, p. 667-68. —
Graves, « Notice archéologique sur le département de l'Oise, » édit. de 1856, p. 198. — A. Le Prévost, t Notice
historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 75-76. — « Bulletin monimiental, t. vi, p. 127-28.
(5) Potin de La Mairie, dans la « Revue de Rouen,» année 1848, p. 37.
(6) D*Anville, • Notice de l'ancienne Gaule, » p. 177.
(7) L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 668-69.
(8) Le Brasseur, « Histoire ecclésiastique et civile du comté d'Évreux, » Preuves, p. 9.
(9) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 74. — L'abbé Belley,
dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p 669.
(10) Graves, dans le « Bull, monum., » t. vi, p. 128, et « Notice archéologique 'sur le départ. deTOise, » 2» édit.,
p. 200.
(II) « Mémoires des pays, ville et comté de Beauvais et Beauvoisis, » par A. Loysel, avocat. Paris, 1617.
(12) L*abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 669.
— 52 —
portion , encore fort reconnaissable , entre Ermont et Pierrelaye (1 ). D'Anville nous semble
avoir pressenti ce qu'ensuite notre savant confrère est venu établir, quand il écrit à propos
de Briva-Isarœ : « La voie romaine, en partant de Paris, allait traverser ce que Ton
appelait autrefois, dans Fétendue actuelle de la ville de Saint-Denys, le boui^ de l'Estrée ,
de Strata, séparé de l'ancien Catalacum ou Catolocum (2), qui est le quartier qu'occupe
l'abbaye ; cette voie arrivait au bord de la rivière d'Oise , un peu au-dessous de remplace
ment où Pontoise s'élève aujourd'hui , et vis-à-vis du prieuré de Saint-Martin ; on assure
qu'on en voit des vestiges dans un vignoble , derrière Saint-Ouen-de-l'Aumône , en tirant
vers Éragné (3). y> L'Académie des Inscriptions avait déjà reconnu ce tracé, que l'abbé
Belley (4) lui signalait seize ans auparavant.
No 4. — VOIE DE ROTOMAGUS (ROUEN) A LUTETIA (PARIS), PAR UGGATE (^CAUDEBEC-LÉS-
ELBEUF), MEDIOLANUM (ÉVREUX) et DUROCASSIS (DREUX). — ITER A ROTOMAGO LUTETIAM
USQUE : M. P. LXXVI (SIC) : UGGADE \^MIEUX UGGATE) M. P. IX. — MEDIOLANO AULERCORUM.
DUROCASSIS XVU. DIODURO (joUARRE) XXII. LUTETIA XVI (5).
Cette voie, que nous appellerons delà rive gauche de la Seine, conduisait de Rouen,
non-seulement à Paris, Dreux et Évreux , mais encore vers le Mans, Orléans et Tours,
ainsi que l'a très bien conjecturé M. Le Prévost (6). Nous observerons , comme un fait
assez singulier, que la route à prendre pour ces diverses directions semble avoir été unique
jusqu'à Uggate (Caudebec-les-Elbeuf ), extrême limite de la Seine-Inférieure, le seul point
par conséquent où nous ayons, de ce côté , à conduire nos lecteurs. Pour le reste de l'Iti-
néraire dans le département de l'Eure , nous les confierons à l'habile direction de M. Le
Prévost et de M. Bonnin, les meilleurs guides que nous connaissions pour le pays des
Aulerques-Éburoviques (7).
De Rotomagus, la voie , prenant son point de départ au carrefour sacré sur lequel s'est
élevée plus tard la cathédrale, suivait la rue Grand-Pont, où l'on passait la Seine, soit en
(1) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 74.
(2) M. Alfred Jacobs écrit Calolacum dans sa « Géographie des diplômes mérovingiens. » « Revue des Soc. sav., •
année 1862, t. vu de la 2* série, p. 56. — L'abbé Lebeuf, dans une dissertation spéciale sur ce nom, écrit Catolo-
cum et CaiuUiacum. « Dissertations surl'Hisl. ecclés. et civile de Paris, » p. 1 à 39, in-12, Paris, 1739. — On voit à
Saint-Denis la rue CatuUienne.
(3) D'Anville, «Notice de l'ancienne Gaule, i p. 176-77. •
(4) L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. xix, p. 669-70.
(5) Dom Bouquet, « Recueil des historiens des Gaules et de la France, » t. i*', p. 108. — Fortia d'Urban,
• Recueil des Itinéraires anciens, • p. 114. — A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le départe-
ment de l'Eure, » p. 13, et a Mémoires delà Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 237.
(6) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 83, et « Mémoires de la
Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 237.
(7) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, p. 83. — Th. Bonnin, « Anti-
quités gallo-romaines des Éburoviques, publiées d'après les recherches et le? fonilles, » in-f», Évreux et Paris, 1860.
— 53 —
bateau, soit sur un pont de bois, le premier qui, depuis Tembouchure du fleuve, pût niettre
en communication ses deux rives. Elle longeait ensuite le faubourg Saint-Sever, longtemps
appelé Claquedent ou Êmendreville ; de là, elle se dirigeait vers Sotteyille et Quatre-Mares,
terrains tout remplis de sépultures antiques (1), puis vers Saint-Étienne (2), la forêt de
Rouvray, et arrivait à Orival. Elle traversait Elbeuf , où les antiquités romaines ne font point
défaut. Là, elle franchissait l'humble ruisseau qui séparait le territoire des Vélocasses de
celui des Aulerques , où elle pénétrait par Uggate , une des quatre cités connues de ce
pagus. Parvenue à la limite d'Uggate , elle se portait de l'église actuelle de Saint-Jean
d'Elbeuf , par une ligne à peu près droite , jusqu'à Notre-Dame de Caudebec. Ce chemin ,
encore connu aujourd'hui , est appelé la vieille chaussée. C'est de lui qu'il est fait mention
dans une charte du 17 février 4619, passée entre le duc d'Elbeuf et les habitants de Cau-
debec. Il est dit, dans cette pièce, que « les entrepreneurs et feseurs de pavement du bourg
€ d'Elbeuf pourront démolir la vieille chaussée allant dudit Elbeuf au pied de l'église de
€ Caudebec, afin d'y prendre et enlever les pierres, grès ou gros cailloux (3).
La voie que nous venons de tracer est celle que suivaient constamment, au moyen-âge,
les pontifes et les souverains de Normandie, quand ils allaient de Rouen au Pont-de-l'Arche,
à Louviers, à Pintervitle ou à Évreux. C'est elle que foulaient, dans leurs nombreuses
exclusions , Eude Rigaud , le grand inspecteur archiépiscopal du xni^ siècle (4), et notre
dernier duc-roi , Jean-Sans-Terre , chaque fois qu'il se rendait à Roche-Orival (5), ou au
Pont-de-l'Arche. M. Emmanuel Gaillard , que l'itinéraire de ce prince amena le premier
à soupçonner l'existence delà voie antique, s'est montré en ceci bon observateur; car le
moyen-âge ji construit peu de routes, et il a cheminé pendant bien des siècles sur les
débris de la voirie romaine (6).
A Uggate, où nous sommes arrivé, nous avons parcouru les neuf milles romains ou
lieues gauloises de l'Itinéraire. La lieue gauloise de l'Empire étant estimée à environ
2,300 mètres, nous avons parcouru 20,700 mètres de voie. Cependant^ sur les routes
(1) « La Normaudie souterraine, » 1" édit., p. 40-41 ; 2* édit., p. 48-49. — Deville, « Découverte de sépultures an-
tiques à Quatre-Mares, » et dans la « Revue de Rouen,» année 1843, 1" série, p. 124 et 158.
(2; A Saint-Étienne-du-Rouvray, le grand chemin qui traverse le bourg est appelé, dans les chartes du xui*
siècle, le Chemin du Roi (Queminum Régis). — C'était cette route que suivaient, au moyen-âge, les pèlerins
rouennais qui se rendaient à Rome et à Saint-Jacques en Galice. L'usage était de les conduire jusqu'au-delà des
murs du prieuré de Grammont. Floquet, « Histoire du Privilège de saint Romain, » t. ii, p. 610.
(3) a Sépultures gauloises, romaine?, franques et normandes, «p. 108. — « Précis analytique des travaux de l'Aca-
démie de Rouen, » année 1856, p. 269-305.
(4) Consulter le « Regestrum visitationum archiepiscopi Rothomagensis, » in-4-, édité à Évreux par M. Bonnin
en 1846. — • Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 123.
<5) Le château de Roche-Orival s'appelle aujourd'hui le Château Fouet. Ses murs et ses fossés en ruines sont
encore visibles sur un de ces rochers qui bastionnent la Seine en face de Gléon.
(6) A. Le Prévost, • Notice historique et archéologique du département de l'Eure, » p. HO. — « Mémoires de la
Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 334. — « Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 98.
— 54 —
actuelles, la distance de Rouen à Caudebec est estimée à 22 kilomètres (1 ). Il y a donc, eft
supposant exacte l'indication antique, une différence d'environ 1,300 mètres provenant des
inflexions de terrain et rectifications des côtes que n'admettait pas la voirie ancienne.
No 5. — VOIE DE JULIOBONA A MEDIOLANUM (ÉVREDX) ET A DUROCASSIS (dREUX), PAft
BREVIODURUM , NOVIOMAGUS ET CONDATE , ET PROBABLEMENT JUSQU'A SUUSDINUM (LE MANS).
— ITER A JULIOBONA MEDIOLANUM XXXIV ; ITER A JULIOBONA DUROCASSIS LXXVm ; BREVIO-
DURUM VEL BREVIODORUM XVH ; NOVIOMAGUS, PORTASSE LEXOVUS XVII (2) ; XCI SUINDINUM
A JULIOBONA; MEDIOLANO AULERCORUM XH; BREVIODURUM OU BREVIODURO IV ; JUUO-
BONA xvm (3).
Cette voie reliait Lillebonne et les Calètes avec la Basse-Normandie, les bords de la Loire
et la Bretagne armoricaine. Les diverses directions que lui donne la Table de Peutinger
paraissent indiquer qu'elle conduisait aussi du Mans, de Jublains , de Dreux , de Lisieux
et d'Évreux, au port de Boulogne, par Juliobona et Gravinum. Mais nous n'avons, pour le
moment, qu'à retrouver une petite portion de cette voie antique. Ce grand chemin de nos
pères, que nous allons retracer de Juliobona à Gravinum, et que nous aurons à rechercher
de Gravinum aux parties septentrionales de la Seine-Inférieure , n'occupe que quelques
kilomètres sur la partie méridionale de ce département. Nous ne le suivrons que de Lille-
bonne à la Seine , limite de notre pays du côté des Lexoviens.
Cette voie sortait de Lillebonne , en passant devant le théâtre de cette ville , et longeait
les collines sépulcrales du Mesnil , toutes couvertes de cippes funèbres et de stèles tumu-
laires (4). Du Mesnil elle venait à Saint-Georges-de-Gravenchon , où M. Fallue a trouvé
des débris romains et où il signale , sur la colline qui fait face à l'église, un tertre entouré
d'un fossé profond (5). De là elle allait à Petitville , où le hameau du Bac nous rappelle un
passage ancien dont le péage fut concédé par Robert Courte-Heuse aux chanoines de
Rouen (6) : ce qui fit donner au territoire voisin le nom de Chapitre qu'il porte encore
(1) a Tableau des distances en myriamètres, kilomètres, etc., de chaque commune du département de la Seine-
Inférieure, etc., » publié en 1856 par ordre de M. le Préfet ; in-4% Rouen, Pérou, 1856.
(2) Fortia d'Urban, a Recueil des Itinéraires anciens, » p. 116.
(3) Id., ibid.,p. 236. —Voir aussi Dom Bouquet, « Recueil des historiens des Gaules et de la France, • t. !•',
p. 112. — A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 91-92. — L'abbé
Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, v t. xix, p. 163.
(4) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv. p. 163. — « La Normandie souterraine, ■
!'• édit., p. 106-115; 2- édit., p. 113.
(5) Fallue, dans les € Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. ix, p. 276. — E. Gaillard, dans
la a Gazette de Normandie » du 16 mars 1834. — « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, »
t. XIV, p. 163.
(6) E. Gaillard, dans la « Gazette de Normandie > du 16 mars 1834.
— 55 —
aujourd'hui (1). Du bac de Petitville on descendait, selon quelques antiquaires, au Vieux-
Port, et^ selon nous, à Aizier, où venaient se rendre toutes les voies romaines de la Basse-
Normandie, et où l'on pense qu'il y eut un gué dans les temps anciens (2). Ici la voie se
partageait en deux directions, l'une allant à Évreux , et l'autre à Lisieux.
Nous n'entreprendrons point de retracer ces différentes voies sur le territoire des
Lexoviens et des Aulerques-Éburoviques ; nous renvoyons nos lecteurs au tableau qu'en
a donné M. Le Prévost.
Notre savant maître nous en présente deux. La première va de JuUobona à Noviomugus
par Pont-Audemer et Cormeilles ; elle lui paraît fort reconnaissable entre le Vieux-Port et
Pont-Audemer, où elle porte le nom de chemin ferré (3). La seconde se confond , jusqu'à
Breviodurum, avec celle de Mediolanum (Évreux). « D'Aizier, dit-il , où l'on signale des
antiquités romaines, et où M. Pattu, ingénieur en chef du Calvados, qui a fait de grandes
études sur la Seine, pense qu'il a pu exister un gué aux temps antiques, la route passe à
Sainte-Croix et à Bourneville, au hameau de la Grand' Rue. De là elle longe Étreville, les
fossés du château de Médine , la ferme de la Boque , et enfin , traversant le hameau de
Rondemare, elle descend à la Rille par Appeville-Annebaut, pour entrer bientôt dans
Brionne , où aboutissent quatre voies romaines (4). 3> Brionne est-il le Breviodurum des
Itinéraires, comme le pensent MM. Viel, A. Le Prévost (5), Gaillard, Canel (6) et
Gadebled (7), ou bien le Canetum des vases d'ai^ent dédiés à Mercure , comme le suppose
M. Bonnin (8)? Nous ne déciderons pas cette question qui, du reste, est étrangère à notre
sujet. Nous ferons seulement observer que l'opinion de M. Bonnin est gratuite et qu'elle a
besoin de confirmation. Nous ajouterons que, depuis quelques années, les fouilles de
M. Métayer semblent avoir fixé à Berthouville même le temple de Mercure Canet (9). Il
est vrai que le savant archéologue y trouve l'avantage de reporter Breviodurum à Pont-
(1) « Carte de la Seine-Inférieure, » dressée en 1830, par MM. Girard et Garbonnié.
(2) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 163. — Canel, dans les « Mémoires de la
Société des Antiquaires de Normandie, » t. ix, p. 358, 365. — Fallue, dans les « Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, » t. x, p. 455.
(3) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 94. — D'Anville, « Notice
de l'ancienne Gaule, » p. 173-74. — Canel, dans les « Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. ix, p. 356.
(4) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de TEure, p. 90-91. — Canel, dans les
« Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. x, p. 357-58.
(5) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 23-24. — « Mémoires de
la Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 248.
(6) Canel, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. ix, p. 382-86.
(7) Gadebled, « Dictionnaire topographique, statistique et historique de l'Eure, p. 97.
(8) Th. Bonnin, « Antiquités gallo-romaines des Éburoviques. » Carte.
(9) « Bulletin monumental, » t. xxvni, p. 249-261. — « Annuaire des cinq départements de l'ancienne Norman-
die, » année 1862, p. 509-512. - « Revue de la Normandie, » avril 1862, p. 259-60.
— 50 —
Audemer, comme le voulaient Tabbé Rêver (1), Tabbé Belley (2), d'Anville (3) et quelques
autres géographes. Mais nous avons aussi , pour placer Breviodurum à Brionne , d'ex-
cellentes autorités : Brionne, en outre, possède sur ses collines un vaste cimetière romain
des trois premiers siècles , lequel indique une station de la plus haute importance.
No 6. — VOIE DE JULÏOBONA (lILLEBONNE) A GRAVINUM (GRAINVILLE-LA-TEINTURIÈRE).
i^^ SECTION DE LA VOIE DE JULIOBONA A GESORUCUM. — IULIOBONA XVIH M. P.
GRAVINUM X (4).
Une grande artère paraît avoir coupé le pays de Caux par le milieu et dans toute sa
longueur. Cette voie , que nous suivons parfaitement depuis le moment où elle a touché
la rive droite de la Seine jusqu'au bord de la Durdent, limite du Grand-Caux, devait être le
chemin militaire qui communiquait de la Loire .à la Bretagne. Nous pensons qu'elle
conduisait de Nœodunum (Jublains), de Stiindinum (5) (le Mans), de Cœsaromagus (Tours)
et même de Genabum (Orléans), et enfin des cités de Dreux , de Lisieux, de Coutances et de
Bayeux, vers Gesoriacum (Boulogne), par Juliobana, Gravinum et Atigusta (6), traversant
ainsi la Seine-Inférieure dans sa plus grande longueur, comme le fait aujourd'hui la route
départementale no 32 , qui va de Lillebonne à Blangy.
Déjà, au siècle dernier, l'abbé Belley présupposait cette voie (7) que la Table dePeutinger
semble indiquer, quand elle dit: <t Juliobona XVIII; Gravinum X; Gesoriaco quod nunc
est Bononia XXIV (8) »
Mais quittons le terrain des conjectures pour nous renfermer dans l'étroit domaine des
faits historiques.
De cette voie qui, de la Basse-Normandie et de la Bretagne, conduisait dans le nord de
(1) Rêver, « Mémoire sur les ruines de Lillebonne, » p. 6-7. — A. Le Prévost, « Notice historique et archéolo-
gique sur le département de l'Eure, •» p. 24. — Canel, dans les « Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie, »
t. X, p. 382.
(2) L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 638-39.
(3) D'Anville, «Notice de l'ancienne Gaule, » p. 173.
(4) Table de Peutinger, dans le « Recueil des historiens des Gaules et de la France, » t. !•*, p. 112. — Fortia
d'Urban, « Recueil des Itinéraires anciens, » p. 236. — L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des
Inscriptions et Belles-Lettres, • t. xix, p. 368, édit. in-4* ; t. xxxii , p. 282, édit. in-12. — Cousin, dans les « Mémoires
de la Société Dunkerquoise, » t. vi, p, 416-17. — De Caumont, « Cours d'antiquités monumentales, » t. ii.
(5) Nous suivons la version de M. Le Prévost. M. Walckenaër écrit Subdinnum, • Géographie anc, hist. et
compar. des Gaules, » t. l"*", p. 389 et 400; et t. m, p. 60.
(6) Cousin, dans les «i Mémoires de la Société Dunkerquoise, t. vi, p. 416-48.
(7) L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 638, 639,
653. — Cousin, dans les « Mémoires de la Société Dunkerquoise, » t. vi, p. 416-18. — A. Le Prévost, « Notice histo-
rique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 84, 85, 88, 93, 98, 100.
(8) Dom Bouquet, « Recueil des historiens des Gaules et de la France, » t. 1*', p. 112.
— 57 —
la Gaule , nous prenons en ce moment le tronçon qui mettait Juliobona en communication
avec Gravinum. Ce dernier point sera placé par nous à Grainville-la-Teinturière jusqu'à
meilleure information.
Cette voie sortait de Lillebonne par la Trinité (1), Lin tôt (2) et Trouville, où l'on suit
sa trace à une bordure de sarcophages, d'urnes et de sépultures antiques qui renferment des
ossements et des cendres (3). A Trouville surtout, on a fait à plusieurs reprises de curieuses
et importantes découvertes de sépultures romaines (4). Outre les urnes que le président
Caillot de Coquereaumont y a reconnues sous Louis XVI, nous avons vu, en 4857,
M. Fleury, maire de Rouen , y recueillir le plus précieux vase de verre antique que notre
pays ait jamais possédé (5). Dans le même village est un tumulus placé à quelques pas
de la voie (6).
De Trouville la chaussée allait à Alvimare (7), à Foucart et à Fauville. Entre ces deux
dernières localités, Yagger et l'encaissement sont encore très\îsibles (8). A Fauville était
une motte non loin de l'église (9), et des urnes ont été plusieurs fois recueillies sur le terri-
toire de ce bourg (10). L'empierrement du chemin est encore fort reconnaissablc entre
Fauville et Normanville, surtout aux abords de la route impériale no 26, qui va de Fécamp
à Yvetot. A Normanville , nous retrouvons encore un tumulus dont la tradition veut faire le
tombeau d'une armée (41). De Normanville elle va à Beuzeville-la-Guérard qu'elle traverse
au hameau de La Gauchie, qui évidemment lui a emprunté son nom ; de là elle touche au
territoire d'Ourville où elle semble s'être partagée en deux branches : l'une continuant
vers Gravinum et la mer, l'autre se dirigeant sur Arques (12).
D'Ourville elle descend à Grainville-la-Teinturière , bourg qui est important de nos jours
(1) « Les Églises de l'arrondi ssement du Havre, » t. ii, p. 205.
(2) Mangon de La Lande, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » année 1826, p. 216.
(3) E. Gaillard, dans la « Gazette de Normandie, » du 16 mars 1834.
(4) f La Normandie souterraine, » 1- édit., p. 127; 2* édit., p. 145. - E. Gaillard, « Conjectures sur le royaume
d'Yvetot, «dans le . Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, » année 1836, p. 185.
(5; « This object is one of great interest, being a well preserved example of an exceedingly rare effort of ancien t
art. u « The Gentleman's Magazine, » february 1860, p. 142. - a Bulletin de la Société des Antiq. de Normandie, v
t. V% p. 151-54.
(6) E. Gaillard, « Recherches archéologiques, « p. 10.
(7) De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen à Fécamp, » p. 89.
(8) E. Gaillard, dans la 0 Gazette de Normandie, » du 16 mars 1834.
(9) « A Fauville, dit M. de Glanville, la voie romaine est connue sous le nom de chemin de César. »» « Promenade
archéologique de Rouen à Fécamp, p. 99. - « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot. h 1- édit., t. i", p. 257;
2- édit, t. 1-, p. 271-72.
(10) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit., t. i", p. 256-57; 2" édit., t. l", p. 272. - « La Nor-
mandia souterraine, » 1" édit., p. 128; 2* édit., p. 147.
(11) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 160. - De Glanville, « Promenade
archéologique de Rouen à Fécamp, > p. 220. - Les églises de l'arrondissement d'Yvetot, 1" édit., t. i", p. 300 ;
2- édit., t. I", p. 314.
(12) Ce qui a droit de nous surprendre, c'est que la carte dressée par la Commission de la topographie des Gaules
place à Normanville la station de Gravinum.
8
— 58 —
et qui le fut beaucoup plus dans les temps anciens. C'est là que nous placerons, jusqu'à
plus ample informé, le Gravinum de la Table Théodosienne. Le fait est que la distance in-
diquée de cette ville à Julio bon a étant de dix milles, elle se trouve précisément la même que
celle de LillebonneàGrainville. On rencontre beaucoup de ruines et de débris dans le village
et dans toute la vallée. On parle surtout de carrières curieuses dont la plus remarquable
s'appelle le Trou^à-Pierrot. Les cultivateurs prétendent y avoir trouvé souvent des vases
remplis d'anciennes monnaies. Les rues de la commune portent des noms comme celles
d'une ville; l'une d'elles entr'autres s'appelle la rue ou la met te de Rome. Non-seulement
les habitants de Grainville , mais ceux des environs , conservent la tradition d'une cité
déchue. Ils disent que « César avait établi là sa ville aux grains, qu'elle est plus vieille que
Jésus-Christ et qu'elle a été détruite par les Sarrazins (Saxons ou Normands) (1). »
No 7. — VOIE DE GRAVINUM (gRAINVILLE) A AUGUSTA (eu), PAR LA STATION DE PORTUS ET
LA VALLÉE DE DIEPPE. — 2^ SECTION DE JULIOBONA A GESORIACUM. — JULIOBONA XVm.
GRAVINUM X. PORTUS (VENETi) X. GESORIACUM QUOD NUNC EST BONONIA XXIV (2).
•
La première section de cette voie , si facile à suivre de Lillebonne à Grainville, est à peu
près un mystère à partir de cette localité jusqu'à Dieppe et même jusqu'à Eu, l'antique
Augusta par où elle devait passer pour se rendre à Gesoriacum, L'historien de la Picardie,
au dernier siècle, a tracé à travers l'ancienne Morinie cette grande voie qui , selon lui,
« coupait les côtes i^ et qu'il nomma la 27^ branche de la route militaire de Rome à
Boulogne (3). De nos jours, un archéologue de la Morinie vient d'indiquer à travers le
Boulonnais la suite de cette voie que , lui aussi , il fait venir de Lillebonne, d'après la Table
de Peutinger et ses interprètes, MM. de Caumont et Fortia d'Urban (4). Seulement l'indi-
cation très fautive des distances l'embarrasse beaucoup ; pour nous , nous ne nous en
préoccuperons pas, notre plan nous enfermant dans la Seine-Inférieure.
M. Cousin, deDunkerque, rappelle avec raison un fait que nous avions remarqué, non
sans étonnement , dans l'édition de la Table Théodosienne donnée par M. Fortia d'Urban ,
(1) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 161. — « Les Églises de rarrondissement
d'Yvetot, » l'« édit., t. i", p. 151 ; 2* édit., t. i", p. 166-67. — Mentelle, « Encyclopédie méthodique, — géographie
ancienne, » « verbo Gravinum. » — D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, p. 360.
(2) Table de Peutinger, dans Dom Bouquet, « Recueil des historiens des Gaules et de la France, v t. !•', p. 112.
— Fortia d'Urban, « Recueil des Itinéraires anciens, » p. 236. — Cousin, dans les « Mémoires de la Société Dunker-
quoise, » t. vi, p. 416-417. — L'abbé Belley, dans les « Mémoires de TAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, »
t. XIV, p. 368.
(3) Dom Grenier, dans son « Introduction à l'Hist. gén. de la Picardie, » dans les « Mém. de la Soc. des Antiq. de
Picardie, » t. m, p. 494-496, in-4".
(4) Cousin, « Trois voies romaines du Boulonnais, » dans les « Mémoires de la Société Dimkerquoise, » t. vi,
p. 416-17.
— 59 —
et dans YOrbis romanus du colonel Lapie qui l'accompagne ; c'est une station intermédiaire,
du nom de Par tus, placée à dix milles de Gravinum, dans la direction de cette ville vers
Boulogne. Cette station de Portus ou Portus Veneti, comme l'appelle M. Cousin , a sans
doute figuré sur quelque ancien manuscrit de la Table Théodosienne ; en tout cas, les plus
savants auteurs la placent au bord de la mer, entre Saint-Valery et Dieppe. Dès le siècle
dernier, en effet, la Carte de la Gaule antique, dressée par d'Anville (1), indique aussi une
station à dix milles de Gravinum et dans la direction de Saussemare. D'Anville, qui figure
dans sa Cjarte la rivière de Saâne , arrête le tracé de la voie un peu en-deçà vers Veules, à
l'embouchure du Dun. Cette station étant indiquée à dix lieues gauloises de Gravinum ,
nous sommes porté à la placer à Saussemare-sur-Dun ou à Sainte-Marguerite-sur-Saàne.
La distance de dix milles romains est loin d'être une mesure fixe et invariable; ainsi
l'Itinéraire compte dix milles de Juliobona à Caracotinum, et la Table en admet autant de
Juliobona à Gravinum; or, traduites en kilomètres, ces distances ne se ressemblent guère.
Si l'on prend pour point de départ les dix milles de Lillebonne à Harfleur, nous arriverons
à peine jusqu'à Saussemare; si, au contraire, on se base sur la distance de Lillebonne à
Grainville, nous atteindrons aisément Sainte-Marguerite-sur-Saàne. Nous avouons n'avoir
pas de raison suffisante pour préférer une position à l'autre. Épineville, Saint-Aubin-sur-
Mer et surtout Saussemare renferment des antiquités romaines en abondance. Il y eut là,
sous les Césars, un établissement important. MM. Estancelin (2) et SoUicoffre (3) l'ont
prouvé, et, depuis, plusieurs découvertes ont corroboré leur opinion (4). Sainte-Margue-
rite fut peut-être plus importante encore. La villa qui couvre de ses fondations la butte
de Noient est une des plus remarquables de l'ancienne Gaule. Ce fut probablement la mai-
son d'un gouverneur ou d'un surveillant des côtes. De la villa à la mer, sur l'espace de
4,000 à 1,200 mètres, le sol est jonché de débris antiques (5). La Saàne, d'ailleurs, est
romaine comme la Durdent, et il ne serait nullement surprenant que l'embouchure de
cette rivière ait possédé une station de quelque valeur, quand son bassin tout entier était
couvert d'habitations (6). Nous placerons donc assez volontiers Portus à Sainte-Margue-
rite-sur-Mer, jadis nommée Sainte-Marguerite-de-Caprimont.
(1) D'Anville, « Gallia antiqua œvi romani ; » Carte de la « Notice de l'ancienne Gaule. »
(2) L. Estancelin, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. i", p. 13, année 1824.
(3) SoUicoffre, « Notice sur quelques antiquités trouvées dans une fouille près de la mer, à Saussemare ; » Mss.
conservé aux Archives de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure.
(4) « La Normandie souterraine, » Inédit., p. 129j2* édit., p. 147. — «Les Églises de l'arrondissement d'Y ve tôt, »
!'• édit., 1. 1", p. 364 ; 2« édit., 1. 1", p. 379.
(5) Feret, *< Catalogue de la Bibliothèque publique de Dieppe, » p. 345, 46 et 47. — Id., dans le « Bulletin monu-
mental, » t. IX, p. 93-94. — « La Normandie souterraine, » !'• édit., p. 132; 2* édit., p. 41 et 150. — Wylie, « Ar-
chaeologia; • vol.. xxxv, p. 100-113. — a Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, «t. ii, p. 57-59. — Vitet,
• Histoire de Dieppe, » édit. 1844, p. 13, 432-36.
(6) « La Normandie souterraine, »» !'• édit , p. 46; 2* édit., p. 56. — a Sépultures gauloises, romaines, franques
et normandes, » p. 153-56.
— 60 —
Essayons maintenant de refaire la voie de Gravinum à Portus et mêrae jusqu'à Dieppe*
De Grainville partaient, selon nous, au moins deux voies romaines : Tune suivait la vallée
en descendant jusqu'à la mer par Cany, Vittefleur et Paluel (1); l'autre se dirigeait par la
plaine vers Boulogne et le nord de la Gaule; c'est celle que nous cherchons. Elle pouvait
passer par Bosville où ont été trouvées des sépultures antiques (2), par Saint-Vaast-Diep-
pedalle où la tradition place la ville d'Eaumare (3), par Anglesqueville-la-Bras-Long, Er-
menonville et Houdetol où fut un castel renommé (4). Elle devait passer le Dun à Saint-
Pierre-le-Vieux ou au Bourg-Dun abondant en antiquités romaines, et où les Francs eurent
une abbaye (5); puis, par Longueil, elle arrivait à la Saàne où nous placerons provisoire-
ment Porttis Veneti.
De la Saàne, la voie reprenait sa direction sur Dieppe par Blanc-Mesnil, Hautot et le
Petit Appeville. Au passage de la Scie, dans la vallée du Petit-Appeville, sa direction nous
est connue depuis vingt ans; nous avons suivi son cailloutis dans les cavées d'Appeville,
dans les terres de M, Grenet, dans celles de M. Legros, et, enfin, sur le versant de Dieppe,
dans le chemin creux des Fontaines par où elle arrivait à la station du faubourg de la
Barre (6). Elle traversait là Dieppe par la rue des Gués {Vicus Vadorum), aujourd'hui la
rue d'Ecosse. Elle dut quitter Dieppe par le Pollet et la rue cavée qui conduit au camp de
César, aujourd'hui la rue de la Cité de Limes. Elle traversait Puys où, en 1286, on l'appe-
lait le Chemin-du-Roi (queminumDomini Régis apud puteum ); franchissait V oppidum dJi-
tique, puis, par les villages de Braquemont, Belleville, Bemeval,* Saint-Martin, Biville,
Penly et Tocqueville, arrivait à Criel; puis de Criel elle gagnait Augusta, d'où elle sortait
par le faubourg de la Chaussée où nous la laisserons (7).
Sur cette Hgne de villages, les recherches ou le hasard ont révélé une foule de débris de
l'antique civilisation. Outre son Camp de César, le territoire de Braquemont nous a montré
(1) d Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 161>63.
(2) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » Inédit., 1. 1", p. 167; 2* édit., t. !•% p. 182.
(3) Gauger, « Essai historique sur Tancienne ville d'Eaumare dans le pays de Caux, » in-S" de 24 p. Fécamp,
1853. — Nous profiterons de la rencontre du nom de Saint- Waast pour consigner ici une remarque faite par un
auteur de l'époque franque. Ulmar, dans son récit des Miracles de révoque d'Arras, dit que les Églises qui lui sont
dédiées se trouvent toujours sur des voies publiques. « Gum nusqu&m invenies, circuitis Galliis , basilicam suo
dedicatam nomine nisi in publico aggere. » Dom Grenier, qui avait beaucoup étudié la Picardie, dit que Tob-
servation est vraie pour cette province. « Introduction » dans les « Mém. de la Soc. des Antiq. de Pic, » t. m, p. 447.
(4) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, ■ 1" édit, t i**, p. 352 ; 2* édil., t. v% p. 367-70.
(5) « Revue de Rouen, » année 1848, p. 57. — « Gallia christiana, • t. xi, p. 124. — «Les Églises de l'arrondisse-
ment de Dieppe, » p. 443. — « La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 132; 2* édit., p. 150-51.
(6) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 161-62. Note. — Vitet, « Histoire de
Dieppe, » p. 14. — « La Normandie souterraine, » 1" éditl, p. 62; 2« édit., p. 72. — « La Cité de Limes ou le
Camp de César à Braquemont, près Dieppe. » — • La Picardie, » vn* année, p. 241-255.
(7) D. Lebeuf, « La ville d'Eu, « p. 4.
— 61 —
des t;irtas romaines (4). Belléville possède sa Torniole (2); Berneval, son manoir des
Quarante-Acres (3) ; Saint-Martin, son cimetière gallo-romain, ses tuiles, ses monnaies, ses
hachettes et ses plateaux de bronze (4) ; Biville, ses cercueils en pierrre de Vergelé (5) ;
Griel, son Baile et son cimetière franc de Chiffreville (6).
La voie ou grand chemin d'Arqués à Eu quittait le Bêle par la rue de Rome, tournait
par Archelles sous Saint-Étienne et le Champ-de-Bataille, passait l'Eaulne à Martin-Église,
traversait la voie de Beauvais et montait la côte encore nommée le mont d'Eu, puis lon-
geait la plaine par Coquereaumont, Wargemont, Glicourt, Tourville*-la-Chapelle et Guil-
mécourt (7); franchissait ITère à Saint-Sulpice, gagnait la plaine àBoscrocourt et des-
cendait à Eu par le vallon de Saint-Pierre-en-Val ; tel est le chemin arquois et probable-
ment aussi le chemin antique.
N® 8. — VOIE DE LILLEBONNE A ÉTRETAT.
Le géographe d'Anville, le plus habile restaurateur de la Gaule au dernier siècle, a soup-
çonné cette voie que l'abbé Belley (8) avait aussi devinée. « On connaît, dit le premier de
« ces deux auteurs, des vestiges de voies romaines qui partent de Lilebonne {sic). Il y en
c a une qui se termine au bord de la mer, à Oistretat ou Estretat, entre la pointe nommée
c le Chef-de-Caux (9) et Fécamp, et que l'on pourrait conjecturer avoir été un port, statio,
c au temps des Romains (40). » Ce que d'Anville conjecturait il y a un siècle, nous l'avons
établi d'une manière positive par des fouilles et des explorations faites sur les lieux. Nous ne
redirons pas ici toutes les découvertes faites à Étretat; mais nous ne pouvons passer sous
silence le balnéaire et la villa, dont les débris remplissaient l'enclos de l'ancien presbytère ;
(1) Vitet, « Histoire de Dieppe, » p. 15. — « Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 54. —
Feret, « Soc. archéol. de Tarrond. de Dieppe, » p. 12-14. — « Catalogue de la Bibliothèque publique de Dieppe, »
p. 345 et 347.
(2) « La Normandie souterraine, » 2« édit., p. 2T7. — Wylie, dans « l'A-rchceologia, • t. xxxv, p. 100-113. —Feret,
« Catalogue de la Bibliothèque publique de Dieppe, » p. 345.
(3) « Les Églises de l'arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 159-65. — L'abbé Lecomte, « Notice hist. sur Berneval et Saint-
Martin, » p. 1-16. — « Sépult gauloises, rom, franq. et norm., » p. 51-53. — «Bulletin monum., » t. xxii, p. 95-104.
(4) a Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 53-68. — « Bulletin monumental, » t. xxiii, p. 94-
104. • Catalogue de la Bibliothèque publique de Dieppe, » p. 347.
(5) Deux cercueils découverts entre Biville et Neuvillette en mars 1856; « Sépult. gaul., rom., franq. et norm., »
p. 40.
(6) « Les Églises de Tarr. de Dieppe, » t. ii, p. 287-288. — « Le Norm. souterr., » l'* édit., p. 341 ; 2« édit.,
p. 429-30.
(7) Dom Grenier dit que, de son temps, la voie romaine était très reconnaissable, « depuis le Four à Chaux, entre
la ville d'Eu et Harancourt jusqu'à Saint- Waast et Guilmécourt. » ~ a Litroduction » dans les « Mém. de la Soc. des
Ântiq. de Pic. » t. m, p. 496.
(8) L*abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, « t. xix, p. 640-653.
(9) Il est probable qu'il s'agit du cap d'Antifer, appelé par Mercator le Groing-de^Caux.
(10) D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaulo, » p. 360, verbo Gravinum.
— 62 —
les sépultures franques qui recouvraient les pieds de la Côte-dvr-Mont, les urnes et les vases
funéraires exhumés des flancs du Grand-Val; les monnaies d'Adrien, de Trajan, de Néron
et d'Antonin ; l'aqueduc de deux kilomètres qui longe les cavées du Petit-Val; les médailles
les tuiles à rebords, semées jusque sur le rivage; les brocs en bronze, les clochettes, les
cuillères à encens, les chaudières d'airain , les vases de terre et de verre trouvés à différentes
reprises et dans toute l'étendue du village. Il est donc bien prouvé que le sol , à défaut de
l'histoire, proclame solennellement cette occupation (4).
Maintenant, la baie qui est la plus heureuse de la côte n'a pas dû être négligée par les
anciens. Sa position topographique dut attirer l'attention des préfets , des gouverneurs et
des proconsuls, comme plus tard elle attira celle de François I^r (2), de Louis XIV (3), de
Louis XVI (4) et de Napoléon (5). Depuis bien des années, Étretat est connu par ses pêches
et par sa marine. Sans parler des contingents qu'il fournit à la flotte de Philippe-le-Bel, en
4 295 (6), et à celle de Philippe de Valois, en 4 340 (7), contingent que François de L'Hospital
déclare avoir été plus fort que celui de Fécamp, nous voyons naviguer à Étretat les franches
nefs des abbayes de Sain t-Wandrille (8), de Fécamp (9), duValasse(40)etde Saint-Georges-
de-Boscherville (44). Celle de Saint-Wandrille avait été donnée à ce monastère, dès 4024,
par le duc Richard II , pour pêcher toutes sortes de poissons et par tous les ports de la
Normandie. Certes, il est peu de havres de la côte qui puissent fournir de tels monuments
de leur importance maritime à une époque aussi reculée. Nous croyons donc que les
Romains, comme les barbares, n'ont pas dû négliger la baie d'Étretat (42).
Nous allons établir par des preuves incontestables l'existence d'une voie romaine de
Lillebonne à la mer. Cette voie, en sortant de Juliobojia, suivait la vallée où fut assise,
(1) Pour les fouilles et découvertes faites à Étretat, consulter: o Étretat et ses environs, » Havre, 1839. — « L'Étretat
souterrain, » 1" et 2* série, Rouen, 1842 et 1844. — « La Normandie souterraine, » 1" édit., "p. 331-338; 2- édit.,
p. 417-425.— « Sépult. gauloises, romaines, franq. et norm., » p. 39-49. — « Étretat, son passé, son présont, son
avenir, » l--* édit., p. 14-17; 2- édit., p. 14-18 ; 3- édit., p. 20-42; 4« édit., p. 24-42.
(2) Preuvry, a Histoire de la ville du Havre. » — F. Biot, « Remarques sur la ville du Havre. » — a Étretat, son
présent, etc., » ch. xii, !'• édit, p. 47; 2« édit., p. 60; 3* édit., p. 91 ; 4« édit, p. 118.
(3) F. Leveziel, « Hist. du Havre, » Mss. - « Étretat, son passé, etc., » 1" édit., p. 48 ; 2* édit., p. 60-61 ; 3- édit.,
p. 9.
(4) Lamblardie, ■ Mémoire sur les cotes de la Haute-Normandie. » — « Étretat, son passé, etc., » !'• édit, p, 49;
2* édit, p. 61-63; 3«édit, p. 91-94; 4« édit, p, 20-52.
(5) Id., ibid., 1" édit., p. 51 , 2- édit, p. 63-64; 3- édit, p. 94 ; 4* édit, p. 120-122.
(6) Id„ ibid., 3* édit., p. 80; 4- édit, p. 106-107.
(7) Id., ibid., 1" édition, p. 43; 2« édit, p. 56; 3«édit,.p. 80-81 ; 4* édit, p. 107-108.
(8) i Apud Estrutat unam navem liberam et quietam ad omnem piscationem, per omnes portus Nonnanni». •
Charte de Richard II à l'abbaye de Saint-Wandrille. « Neustria pia, » p. 166. — « Étretat, son passé, etc. »
1" édit, p. 42; 2* édit, p. 54 ; 3- édit, p. 78; 3' édit, p. 100-103.
(9) Fallue, « Histoire de la ville et de l'abbaye de Fécamp, » p. 267.
(10) « Étretat, son passé, etc., » 4" édit., p. 42 ; 2» édit, p. 55; 3- édit, p. 79; 4- édit, p. 100-105.
(11) Deville, « Essai historique et descriptif sur l'église et l'abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville. »
(12) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t xiv, p. 165-66.
~ 63
^Q XJie siècle, la riche abbaye du Valasse. Elle bordait pour ainsi dire ce parc magnifique ,
"Ont il ne reste plus ça et là que des tourelles aiguës qui semblent des jalons destinés à en
indiquer l'enceinte. Elle traversait Gruchet et le bourg de Bolbec, où Ton a rencontré des
anticjxiltés romaines, notamment une belle urne en plomb (1). Nous pensons qu'elle mon-
tait la, oôte parle prieuré du VaUmix-Grès et gagnait Beuzeville-la-Grenier. C'est ainsi que
lati^a^ctc une charte de l'impératrice Mathilde, quand elle pose les limites de ses donations
à l'^l>l3aye du Valasse : « Vous aurez , dit-elle aux moines, jusqu'au chemin qui va de Bolbec
à MÎT* ville, et de là dans les terres de Beuzeville jusqu'à la chaussée (2). » Ailleurs, parlant
dcVa oTiaussée de Saint-Romain, elle ajoute : <r Vous irez de là jusqu'à la chaussée (de Bolbec)
cp^ 3^ viens de nommer, d C'est Richard-Cœur-de-Lion , son petit-fils, qui lui fait tenir ce
\aogsige (3).
^enri II, déterminant lui-même les limites de ces 800 acres de terre et de forêt qui
toimaent aujourd'hui les quatre fermes de Fongueusemare , cette belle et antique propriété
^^ Vabbaye du Valasse , dit que les limites en seront formées « par la chaussée qui est sur
^^ confins du château de Thiboutot et de la paroisse de Gerville (4), chaussée qui n'est
autre que le prolongement de celle de Bretteville.
Reprenons maintenant le parcours de notre voie romaine. De Beuzeville-la-Grenier elle
louchait aux terres de Mirville (5), puis arrivait à Bréauté, où son encaissement est encore
visible au hameau de La Chaussée. — Là, elle côtoyait un tumulus aujourd'hui détruit et
des sépultures gallo-romaines qui se sont fait jour en 1856 (6). De Bréauté elle passait à
Goderville, non loin du château, où elle était bordée par la fosse au Prêcheiicc. C'est là que
(1) « La Normandie soulorraine, » l'^'édit., p. 122; 2' édit.,p. 140. — Dcville, « Catalogue du Musée départe-
mental d'antiquités de Rouen, » année 1845, p. 34. — Roach Smith, « CoUectanea antiqua, »vol. m, p. 62.
(2) « Habebitisde foresta mea... quœsunt ad cheminum qua dirigitur aBollebec ad Millevillam et exindejuxta
terras Bosevillad usque ad Calceiam. » « Neustria pia, » p. 853.
(3) « Dedi forestam sicut Galceia dividit quae protenditur ab Insula Bona ad Sanctum Romanum *, et exinde per
vallem Bollebec ad Calceiam ante nominatam. v « Neustria pia, « p. 854.
(4) Voici, d'après le « Neustria pia, » le texte de la donation de Henri II et de Mathilde, sa mère : « In foresta
etiam Fiscannensi 800 acrasterrae et Belfayellum (LeMahiel?) et boscum sicut via Giraevillae (Gerville) dividit
qu» dirigitur per magnam vallem ( le grand val d'Étretat) usque ad tiliam Aulupi : cujus totius terrae divisœsunt
i8t89:valli8 prsedicta, vallis de Casa Orgri (la vallée de Misère?), vallis de Slumello (la Grande-Renelle ? ) usque
ad Cantelupum (l'ancienne chapelle de Canteloup-sur-Écrainville ), et exinde per vallem quœ dicitur vallis Se-
quansB usque ad Calceiam (la chaussée de Bretteville) quœ est indivisis de Theboltot (le ch&teau de Thiboutot
sur Maniquerville ) sicut termini Girœvillœ dividunt usque ad supra dictam viam. • « Neustria pia, » p. 853.— Nous
ne supposons pas que l'on doive appliquer à cette voie de Lillebonne la limite assignée par le roi Robert I*" aux
donations faites à l'abbaye de Fécamp en 1006: « Sylvse unam partem a publica strata usque ad mare terminatam. »
« Gallia christiana, » t. xi. Instrumenta, p. 8.
(5) A Mirville on a trouvé, vers 1815, une fontaine remplie de statuettes romaines en terre cuite, représentant
Vénus etLatone. C'était évidemment une source sacrée . — a La Normandie souterraine,» l'*édit., p. 168; 2*édit.,
p. 192. — « Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 82-83. — « Mémoires de la Société des An«
tiquaires de Normandie, » année 1826, p. 204.
(6) « Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 410-416.
— 64 -
M. Lecoinle, ancien juge de paix, l'a vu détruire vers 1810. Le pavage, enfoui sous plusieurs
pouces de terre, fut soulevé par les cultivateurs qui avaient besoin de caillou pour ferrer
les chemins vicinaux (1). A Goderville, à Bréauté, à Bretteville, les habitants des campagnes
appellent indifféremment cette voie antique la CAâ5W55^<?, la Gauchie, le Chemin de César, le
Chemin de Lillebonne à Étretat. D'anciens contrats lui donnent le nom de Chaussée Bru-
nehaut, par analogie sans doute avec les anciennes voies que cette reine mérovingienne
fit réparer en Lorraine, en Belgique et dans toute l'Austrasie (2).
Près Goderville était le tumulus de Bornambusc, détruit, vers 1830, par M. de Roche-
maure, et dont on aperçoit encore les ondulations à travers la culture. De Goderville, le
chemin passait à la Chaussée ou Cauchie de Bretteville. Ici se trouvaient naguère deux
tumuli avoisinant la voie : un seul est aujourd'hui conservé. Mais le plus beau tertre que
la route ait jamais connu sur sa lisière est la Motte de Cretot, dont les sires étaient
grands-bouteillers héréditaires de la Normandie. De Bretteville, la voie traversait les terres
de Sausseusemare par la rue d* Enfer, le Bout de Gerville et le Marché-aux-Rai^s dont
le pavage a été mis à découvert le 1 7 septembre 1 835 par un orage épouvantable qui
déracina les arbres et bouleversa les chemins de la contrée (3).
De la chàtellenie de Thiboutot, elle se rendait à celle des Loges, dont elle traversait la
forêt au hameau des Jî^w/air. C'est là que M. Lachèvre, de Bordeaux, l'a vu détruire en 1815.
On brisa le pavage enfoui sous 50 centimètres de terre, et avec les débris on répara les
chemins de la commune.
Des Loges à Bordeaux, la voie était bordée par des sarcophages de pierre et des vases en
terre grise qu'on rencontre jusque dans les vieux fossés des fermes (4).
De Saint-Clair, la voie descendait à Étretat par les Fosses et la rue Peirense, (5) et elle
se rendait au rivage par la rue de Mer, où son passage a été découvert en 1 835, sous 2 mètres
de terre, en creusant le puits du sieur Paumelle, épicier.
Plusieurs cartes anciennes font mention de cette voie. L'abbé Belley cite celle de Nor-
mandie, par Guillaume Dehsle, en 1716; elle retraçait une ancienne voie sortant de Lille-
bonne par Bolbec et allant se terminer au bord de la mer, du côté de Fécamp.
M. E. Gaillard a vu chez M. Aug. Le Prévost une carte de la première moitié du
xvin^^ siècle, qui montrait une voie partant de Lillebonne et allant tout droit vers Étretat.
Du reste, le géographe avait poussé le scrupule jusqu'à indiquer avec soin les diverses
lacunes qui se rencontraient i5ur cette voie de Lillebonne à Étretat.
(1) A Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 167.
(2) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 167.
(3) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 168.
(4) « Sépult. gaul., rom., franq. et norm., » p. 48. — « Étretat, son passé, etc., » 3* édit., p. 33-34; V édit.,
p. 39-41.
(5) Gautliier, évoque de Laon en 1163, appelle viam petrosam^ voie pierreuse, la voie de Reims, dite chemin de la
barhane. Piette, «Bull, de la Soc. acad. de Laon, •» t. xi, p. 282.
— 65 —
•
Citons encore la Carte du duché et gouvernement de Normandie dressée sur les mé--
moires les plus nouveaux, éditée à Paris par Crespy, en 4 767.
Enfin Duperrier, dans sa Carte de Normandie dressée en 1780 d'après les mémoires les
plus récents et assujettie aux observations de Messieurs de V Académie royale des Sciences,
trace une grande route de Lillebonne à Étretat. Lillebonne alors n'était guère qu'un village
qui avait perdu jusqu'au souvenir de sa grandeur passée (1) ; Étretat, nous en sommes bien
informé, ne comptait pas 400 habitants (2). Il n'y avait donc que la force de la tradition
qui pût engager Duperrier à reconnaître ainsi un chemin de première classe entre deux
bourgades également ignorées (3).
No 9. — VOIE DE FÉCAMP A LILLEBONNE ET VERS CANY.
Fécamp fut aussi une station romaine et une cité mérovingienne. Comme ville mérovin-
gienne, elle est connue pour avoir été, au vn^ siècle, le séjour des comtes de Caux, dont
les plus célèbres sont Anségise et Waninge, et dont les hôtes les plus illustres furent
Clotaire III, saint Ouen et saint Léger d'Autun. Son antiquité romaine est démontrée par
des débris trouvés dans le quartier de la Vicomte et dans les jardins de la rue de Mer (4),
par les sépultures antiques de Saint-Léonard (5), par le cimetière romain du Val-aux-
Vaches, découvert en 4848 et exploré en 1852 (6), et, enfin , par son Camp du Canada^
nommé aussi le Camp de César (7).
Que des voies romaines aient desservi cette station et l'aient mise en rapport avec la
métropole et les villes importantes àwpagus, cela ne saurait faire le moindre doute. L'abbé
Belley (8) en avait eu le pressentiment dès le siècle dernier. L'embarras, aujourd'hui, est de
les retrouver.
Nous avons décrit avec beaucoup de soin la voie romaine qui va de Lillebonne à
Étretat (9). Cette route, qui inclinait fortement vers Fécamp, devait avoir un embranche-
ment aux environs de Gerville et de Thiboutot. Elle devait se rendre à Fécamp par Mani-
(1) « Le Fouillé du diocèse de Rouen, » de 1738, donne à Lillebonne 216 feux.
(2) Le même Fouillé donne à Étretat 78 feux; celui d'Eudes Rigaud,au xiii* siècle, lui assigne 180 paroissiens.
(3) Le nom d'Étretat peut venir de siraia, signifiant voie pavée ou voie ferrée. C'est ainsi que des voies antiques
ont donné leur nom à Ëtréham, à Estrac, à Étran, à Ëtrépagny, à Étréville, à Ëtrée-Gauchie, à la ferme et au
monastère de TEstrée, etc. — « Étretat, son passé, etc., » 3* édit., p. 16.
(4) Fallue, « Histoire de la ville et de l'abbaye de Fécamp, >» p.- 9, 17 et 18. — « La Normandie souterraine, »»
Inédit., p. 86; 2« édit., p. 98.
(5) a La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 86 ; 2* édit., p. 98.
(6) « La «Normandie souterraine, » !'• édit., p. 88-% ; 2- édit., p. 101-109.
(7) Fallue, « Histoire de la ville et de l'abbaye de Fécamp, » p. 23-25. — « Notice sur la vie et les écrits de Dora
Fillastre, »» p. 29. — « La Normandie souterraine,» !'• édit., p. 86-87 ; 2« édit., p. 99.
(8) L'abbé Belley, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-I ettres, » t. xix, p. 640 et 643.
(9) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xrv, p. 164-69.
9
— 66 —
•
querville, le Haistrey et Saint-Léonard (4). A Saint-Léonard , son passage est marqué par
des incinérations romaines que rencontrèrent, à diverses reprises, les briquetiers Deneuve
et Guinery (2).
Cette direction , que nous venons de suivre de Maniquervilie à Fécamp, devait être aussi
celle de la route qui mettait cette dernière ville en communication avec Caracotinum par
Montivilliers, Épou ville, Écuquetot, Turretot, Anglesqueville , Criquetot, Cuverville, Fon-
gueusemare et Gerville.
Les communications df Fécamp, vers le nord, devaient se faire par la Queue-du-Reiiard
et le grand vallon désert que suit aujourd'hui la route impériale n» 25 , qui conduit de
Fécamp à Dieppe. Le cimetière romain que nous y avons exploré en 1 852 (3), les sépul-
tures qu'on y a rencontrées en 1848 et dès le siècle dernier (4}, démontrent assez le passage
d'une voie antique; mais, sur ce point, nous avons des renseignements positifs.
Le roi de France Robert I^r, étant à Fécamp en 1006, et confirmant solennellement les
biens donnés par les ducs à la puissante abbaye de la Sainte-Trinité , mentionne une partie
de forêt comprise entre la mer et la chaussée publique : « Sylvae unam partem a publica
« strata usque ad mai*e terminatam (5). »
Ce qui me fait assurer avec quelque confiance que la forêt et la route étaient bien situées
au nord-est de Fécamp, c'est que, dans un acte de 1026, Richard II rappelle de nouveau
cette partie de forêt et l'indique comme située entre la mer et la ferme des Plantis :
<( Partem quoque sylvae a loco qui dicitur Fmtes plantati usque ad mare (6). » Or, la
ferme normande de « FuMes plantati, » encore connue aujourd'hui sous le nom des
Plantis (7), est située à l'orient de Fécamp. '
Malheufeusement, nous ne saurions conduire notre voie plus loin que ce point géogra-
phique. Nous présumons , toutefois , qu'elle se dirigeait vers Gravinum , Grainville-la-
Teinturière , Cany ou 4e nord.
No 10. — VOnS DE LILLEBONNE A ARQUES , PAR DUR VILLE.
La voie romaine qui allait de Juliobona à Gravinum , une fois arrivée à Ourville , se
divisait, selon quelques antiquaires, en deux branches, dont Tune se dirigeait vers
(1) De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen à Fécamp, » p. 138.
(2) « La Normandie souterraine, » !••• édit., p. 86; 2- édit., p. 98.
(3) « La Norin. souterr., » !'• édit., p. 88 ; 2* édit., p. 101-109. - « Revue de Rouen, • année 1852, p. 556-58.
(4) a La Normandie souterraine, >• !'• édit., p. 87; 2* édit., p. 100-101.
(5) « Gallia cristiana, » t. xi ; Instrumenta, p. 8.
(6) « Neustria pi a," » p. 216.
(7) Fallue, « Histoire delà ville et de l'abbaye de Fécamp, » p. 101. — « La Normandie souterraine, » !'• édit.,
p. 88 ; 2« édit , p, 100. .
— 67 —
Grain vil le-la-Teinturière, et l'autre vers Arques, par Cliponville , Héricourt, Doudevilie,
S^nt-Laurent, Bacqueville et Pierreville. Pour nous, qui sommes assez disposé à accepter
une voie dans la direction d'Héricourt-en-Caux , nous croyons que la bifurcation, si elle
avait lieu , devait s'ouvrir vers Fauville , afin que la route se dirigeât de ce point sur Cli-
ponWUe, où Ton connaît un fragment de chaussée romaine (1); puis elle descendait à
Héricourt , où M» le marquis Lever plaçait Gravinum (2) et où M. Gaillard soupçonnait
un chemin antique (3). -
A partir d'Héricourt, nous croyons au tracé qu'on nous propose, et, pour l'appuyer,
nous dirons que Héricourt est romain et franc (4); qu'à Doudevilie sont des incin.érations,
des mottes et des débris antiques (5); qu'à Saint-Laurent-en-Caux se trouve l'ancienne
ville de Beauvais (6) ; qu'à Pierreville , enfin ^ est un fragment d'une voie romaine enfouie (7).
Du reste , une fois parvenue à la hauteur de Doudevilie , la voie de Juliobona à Arques
devait se fondre avec celle de Lotum -à Arques que nous allons retracer.
I
No 44. — VOIE DE GRAINVILLE-LA-TEINTURIÈRE (GRAVINUM) A CANY ET A LA MER.
Nous ne pouvons croire qu'il n'ait pas existé de voie antique pour desservir la vallée de
Ja Durdent, qui, à chacun de ses groupes de population, nous entretient de la civilisation
romaine et de son passé dans nos contrées. Nous savons que de Grainville une voie descen-
dait à Mauteville-sur-Durdent , où elle passait au hameau très significatif de la Haute-Rue,
Nous pensons qu'elle venait à Cany, où nous avons exploré un magnifique cimetière
romain en 1849 (8), et où des découvertes, commencées vers 4780, se sont renouvelées
plusieurs fois depuis (9). A Cany, enfin, il existe un iumulus; des médailles romaines
y ont été recueillies à diverses reprises. Des vestiges d'habitation se voient autour de l'ancien
château de Cany-Caniel, destiné à garder le passage de la Quiteflède. Dans le voisinage
(1) B. Gaillard, « Recherches archéologiques, ^ p. 11.
(2) M. le marquis Lever, de Roquefort, près Yvelot, plaçait Gravinum h GrèdiXime, moulin et hameau situé à 2 kilo-
mètres au-dessous d'Héricourt — Cousin, « Trois voies romaines du Boulonnais, » dans les • Mémoires de la Société
Dunkerquoise, » t vi, p. 418.
(3) E. Gaillard, «Recherches archéologiques dans la Seine-Inférieure, » p. 9.
(4) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » 1" édit., t. ii, p. 102-110 ; 2« édit., t. ii, p. 97-105. — i La Nor-
mandie souterraine,» Inédit., p. 47;2« édit., p. 57.
(5) Leroy, dans le « Journal de Rouen, i> du 13 octobre 1859.
(6) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit, t. i«% p. 228; 2* édit, t. !•', p. 244.
(7) £. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 11.
(8) « La Normandie souterraine, » i" édit., p. 51-59-, 2* édit., p. 61-70.— • Revue de Rouen, » année 1849, p. 347-
61, 407^29^454-67. — « Notice sur un cimetière romain découvert en Normandie en 1849,» in-S** de 46 pages. —
• Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t.xvii, p. 399-437.
(9) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 162. Ibid., t. xvn, p. 399-410. — « La
Normandie souterraine, >» 1'* édit., p. 49-50; 2* édit., p. 59-60. — Hourcastremé, dans les n Annales françaises des
arts, des sciences et des lettres, » t viii, n<» 3. — « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » 1. 1", article Câny.
— 68 —
de la voie se trouvait Crosville, dont la motte a été détruite en 4834 et où Ton a trouvé des
tuiles, des mosaïques et des monnaies (1 ).
Du territoire de Crosville, la voie arrivait à Vittefleur, où Ton recueille force monnaies
romaines et \où nous avons fouillé, en 4849, un édifice pavé en mosaïque, au lieu dit La
Rosée, sur la route de Paluel (2).
De Paluel , la voie conduisait à cette grande ville de Durdent, que les habitants de la
côte racontent avec terreur avoir été ensevelie sous les eaux delà mer. Ils ajoutent que, dans
les grandes marées, à la basse mer, on voit parfois apparaître, sous le sable et le galet, des
pans de mur, véritables ossements de la cité disparue. C'était, disent-ils, afin de la garder
que les Romains avaient élevé l'énorme retranchement du Câtelier de Veulettes, qui domine
la plaine du côté de l'ouest (3). Ce qui est certain , c'est qu'en 4 854 on a trouvé à Claquedent,
entre Veulettes et le Pont-Rouge, un tombeau d'enfant, fait avec des tuiles à rebords du
ive siècle et enseveli sous 5 mètres de remblai (4). •
N** 42. — VOIE DE ROTOMAGUS (ROUEN) A CiESAROMAGUS (BEAUVAIS).
Existait-il une voie de Rotomagus (Rouen) à Cœsaromagus (Beauvais) ? Il semble peu
probable que les deux puissantes cités des Bellovaques et des Vélocasses n'aient pas commu-
niqué entre elles par la voie la plus courte. M. Graves, qui a tant élucidé les routes des
anciens Bellovaques, suppose une communication (5), et M. A. Le Prévost, qui, après avoir
tracé les voies de l'Eure, n'est pas resté étranger à celles delà Seine-Inférieure, hasarde
également une semblable hypothèse (6). Escorté de ces deux autorités, et nous appuyant
aussi sur la tradition locale et sur quelques monuments du sol , nous n'avons pas hésité à
retracer sur notre carte archéologique une tentative de voie entre Rotomagus et Cœsaromagus.
Selon toutes les vraisemblances, cette voie sortait de Rouen par la porte et la rue Beau-
voisine, dont le nom nous paraît très significatif. Nous pensons que de là elle se dirigeait ,
non sur Goumay, mais sur Neufmarché , par Ry, Saint-Denis-le-Thibout et Bezancourt.
Ry est une très vieille localité , titre d'un ancien doyenné , et tout rempli de souvenirs et
de monuments ; à Saint-Denis-le-Thibout on a découvert une belle sépulture romaine
(1) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie,» t xiv, p. 162. — « La Normandie souterraine, i»
!'• édit., p. 48 ; 2« édit., p. 58. — a Les Églises de l'arrondissement d'Yvetol, » t. I«^ article Crosville.
(2) « La Normandie souterraine, » i'^édit., p. 48;2« édit., p. 58.
(3) « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiv, p. 163.
(4) « La Normandie souterraine, » l" édit., p. 33-, 2* édit., p. 40.
(5) Graves, <• Carte des voies romaines de l'Oise, ^ dans le « Bulletin monumental, » t. vi, p. 150, n* 29. —
« Notice archéologique sur le département de l'Oise, » 2» édit., p. 269-70. — A. Le Prévost, « Notice historique et
archéologique sur l'Eure, » p. 76-77.
(6) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, »p.77; et « Mémoires de
la Société d'Agriculture de l'Eure, » p. 301.
— 69 —
composée d'un dolium, d'une urne en verre et de plusieurs vases intéressants (1); à Bezan-
court se rencontrent des débris romains, des monnaies impériales en argent et en bronze;
enfin, le Neufmarché fut, dans tout le moyen-âge, un des points les plus importants des
bords de l'Epte. Siège d'un concile et presque patrie de saint Germer, ce bourg possède
encore les restes d'un château-fort qui peut avoir ses racines sur un castrum romain.
No 13. — VOIE DE ROTOMAGUS (ROUEN) A LUTETIA (PARIS), PAR LA SEINE OU ROUTE
d'en bas.
Après avoir décrit la grande voie militaire qui condjuisait de Rotomagus à Lutetia par
Ritumagus, Petromantalum et Briva-Isarœ, M. Le Prévost ajoute : « Nous pensons qu'il
« pouvait exister une seconde communication de Rotomagus avec Lutèce par le Pont-Saint-
« Pierre, Heuque ville, les Andelys, Gasny [Vadiniacum\ La Roche-Guyon et Meulan. C'est
« cette direction que saint Nicaise paraît avoir prise en cherchant à se rendre à Rouen
c pour y porter le christianisme. M. Em. Gaillard a eu connaissance de la découverte
c d'un encaissement de voies romaines sous l'emplacement de la prison située au Petit-
« Andelys (2). Nous ne faisons figurer dans ce tracé le Ponl-Saint-Pierre qu'avec doute ,
« à cause de l'absence complète , jusqu'à ce jour, de toutes traces d'établissements romains
« dans cette localité , tandis qu'on en a tant trouvé à Romilly (3). 3>
Ceci était écrit en 1833. M. Guilmeth qui , en 1840, publiait à Rouen une Histoire de la
ville et du canton d'Elbeuf, reproduisit , sans dire où il l'avait pris , le tracé de M. Le
Prévost. Seulement, le copiste tranche et affirme là où le maître propose et fait ses réserves.
Voici le texte de M. Guilmeth qui n'ajoute que peu de chose au précédent : •
€ Cette voie venait aboutir de Darnétal à Pont-Saint-Pierre, ou plutôt à Romilly, par
« Saint-Pierre-de-Franqueville, Boos, la Neuville-Champ-d'Oisel , où on l'a retrouvée avec
c beaucoup d'antiquités romaines, la forêt du Long-Boel , et , enfin , le triage de la Chaussée
« qui lui doit son nom. De Romilly ou de Pont-Saint-Pierre , elle montait à Heuqueville
c où M. Rêver a recueilli une abondante et précieuse moisson d'antiquités (4). De Heu-
« queville elle se rendait au Petit-Andely où Ton en retrouve encore l'encaissement sous
•
(t) « La Normandie souterraine, * 1" édit., p. 135-36; 2* ôdit., p. 154-55. — A. Deville, « Notice sur quelques do-
lium antiques, » p. 3-5. — • Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, » année 1842, p. 334-36. — « Mé-
moires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. x, p. 676. — Id., « Catalogue du Musée d'antiquités de
Houen, » pour 1845, p. 8.
(2) E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 11.
(3) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 75; et « Mémoires de
la Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 299.
(4) Sur les antiquités romaines de Heuqueville, voir : A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le
département de l'Eure, » p. 42-43. — Id., « Mémoires de la Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 266-67. —
Bonnin, «Antiquités gallo-romaines des Éburoviques, » secl. xvi, pi. i*'.
— 70 —
« les murailles de la prison. Elle gagnait ensuite Gasny, autrefois Guéni ou Gné-Nicaise
« ( Vadum-Nicasn\ dans les environs duquel il a été trouvé tant de sarcophage^ en pierre ;
« puis la Roche-Guyon , Meulan , etc. C'est cette direction qu'avait prise saint Nicaise en
« cherchant à se rendre à Rouen pour y apporter le christianisme (1). i
Je me fais un devoir d'ajouter que , dans son Histoire de la ville des Andeiys, publiée
en 4864 (t. i^r, p. 314), M. Rrossard de Ruville conteste l'existfence de la voie proposée
par M. Gaillard et tracée par M. Le Prévost. Mais je* dois dire que cet auteur me paraît
entièrement dénué de critique archéologique. .
No 14. — VOIE DE RITUMAGUS (RADEPONT) ET DE ROTOMAGUS (ROUEN) A ARQUES-DIEPPE,
DI* LE CHEMIN DES FÉES.
Un des plus vieux chemins qui mettaient en rapport le pays des Vélocasses avec l'extré-
mité septentrionale du pays des Calètes est le chemin des Fées (2), que les habitants de nos
contrées disent « avoir été construit en une' nuit (3). i Cette route me semble avoir eu
pour destination de conduire de la mer à la Seine sur deux points différents : le premier,
à Rotomagus (Rouen) ; le second , à Ritumagus (Radepont), sur l'Andelle.
Nous retracerons ici ces deux voies que nous supposons avoir opéré leur jonction à la
hautQur de Cailly, du Bosc-le-Hard et de Cottévrard.
M. Guilmeth pense que le chemin partant de Radepont se dirigeait vers Auzouville-sur-Ry,
la Vieux-Rue, Morgny,Pierreval, la Rue-Saint-Pierre et Cailly (4). C'est d'après cette opinion
toute conjecturale que des tronçons de voie ont été tracés sur notre carte. Cailly, et sous
ce nom nous comprenons l'annexe de Saint-André , est un point romain fort important
On y voit les restes d'un théâtre et un lieu nommé le Capitole (5). On y a rencontré des
(1) Guilmeth, « Histoire de la ville et du canton d'Elbeuf, » p. 165.
(2) « Une voie ancienne de Boissons àFismes(Aisne) est appelée le chemin des Dames. »» 8. Prioux, « Revue
archéologique, » nouvelle série, 2* année, février 1861, p. 129, et avril 1861, p. 296.— Près Rozoy (Aisne), àcôtédu
tumulus de Parfondeval à Brunchamel, est le chemin des Fées, Piette, « Bull, de la Soc. acad. de Laon, » t xi,
p. 87. — A Soisy-sur-Ecole ( Seine-et-Oise \ un vieux chemin perré porte le nom dethemin des Fées. Quicherat,
t Revue des Soc. sav., » 3* série, t. m, p. 581.
(3) Feret, dans les a Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. m, p. 71, année 1826. — « Les
Églises de l'arrondissement de Dieppe, » t. ii, p. 383-84. — Dans son voyage de la Seine-Inférieure en 1807, l'ingé-
nieur Leboullenger trouve, entre Dieppe et Rouen, trace du chemin des Fées. — Noël de La Morinière, dans les
« Mémoires de l'Académie celtique, » t. iv, p. 240-41. — La grande chaussée romaine qui va d'Amiens à Boulogne
est également dotée d'une tradition pareille. « Elle a été créée sous Auguste par Agrippa, dit M. Traullé, mais les
campagnards l'attribuent au Diable qui l'a faite en ime nuit par sa rare puissance. » Prarond, « Histoire de cinq
villes et de trois cents villages, » 1" partie, p. xxxrv, édit. 1861. *
(4) Guilmeth, « Descript. géogr., hist., etc., des arrond., etc., » t. iv, p. 19.
^5) Le nom de Capitole^ essentiellement romain, indique la demeure d un fonctionnaire. Il y avait et il y a encore
à Toulouse un lieu nommé le Capitole. C'est là que saint Saturnin subit le martyre. Cologne avait son Capitole, car
on y voit encore l'église de Sancta Maria in Capitolio. A Angers, le palais des comtes s'appelait le Capitole. Au
IX* siècle il devint la demeure de l'évèque; c'est aujourd'hui révôché.Godard-Faultrier, « Répertoire archéologique
de l'Anjou, « année 1862, p. 168.
— 71 —
construclioDS considérables et de fort belles mosaïques. A diverses reprises, on y a recueilli
des bijouxui'or, des monnaies gauloises et romaines de métaux différents (1).
Toute agglomération importante suppose des voies. Un grand chemin devait donc mettre
Cailly en communication avec Rouen et avec la mer. Or, nous pensons que c'est par cette
même voie de Cailly que le point antique, qui devint plus tard la capitale du Talou , com-
muniquait avec le chef-lieu de la seconde Lyonnaise. Seulement nous devons avouer que le
tracé du chemin qui reliait Rouen à Cailly nous est inconnu, nos études et nos explorations
ne s'étant pas encore portées de ce côté.
Mais, à partir de Cailly, et surtout après la cité de Dreulles, entre le Bosc-le-Hard et
Cottévrard, nous suivons aisément la route jusqu'à la mer. De Cailly, en effet, le chemin
vient par Claville-Motteville, par Augeville où ont été rencontrés deux vases de bronze
remplis de monnaies romaines, et par le hameau de Dreid\*s où vivent plusieurs traditions
motivées sur d'anciens débris (2).
La route ensuite se dmgeait par Braquetuit, Montreuil , Cressy, Cropus, Le CâteUer, les
Cent-Acres, Sainte-Foy et La Chaussée, dont le nom est très significatif. A Montreuil,
M. César Marette a reconnu le chemin des Fées (3), et l'on y trouve beaucoup de cercueils
en plâtre près l'église (4). Cressy est un lieu mérovingien (5) où fut autrefois un prieuré
important (6); au Câtelier se voit une motte antique , et on y rencontre beaucoup de tuiles
à. rebords (7); à Sainte-Foy il exista une chanoinerie (8); entre Sainte-Foy et La
Chaussée, j'ai remarqué que les bords de l'ancienne voie sont semés de briques et de débris
romains (9). De La Chaussée la route gagnait Arques par Aubermesnil et Beaumais; car,
(J) Sur les antiquités de Cailly et de Saint- André-sur-Cailly, voir « La Normandie souterraine, » !'• édit., p. 135 ;
2" édit, p. 153-54. — Lévy, « Notice sur les antiquités romaines trouvées à Cailly, » Rouen, 1822. — Id., dans le
« Bulletin de la Société d'Émulation de Rouen, • année 1822. — A. Le Prévost, dans le a Précis analytique des
travaux de l'Académie de Rouen, » année 1818, p. 158. — L'abbé Baston, dans le « Précis analytique des travaux
de l'Académie de Rouen, » année 1815, p. 88-90. — De Glanville.'dans le « Bulletin monumental, » t. xiv, p. 237.
—De Duranville, dans la « Kevue de Rouen, » année 1842, 2*sem., p. 115. — « Procès-verbaux de la Commission
des antiquités de la Seine-Inférieure, » 22 mai 1838.
(2) Guilmeth, * Descript. géograph., histor., statist. et monum. des arrondiss., etc., » t. iv, p. 280-81.
(3) G.^farette, « Le Camp de la Bouteillerie, » p. 13.
(4) « Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, «» t. ii, p. 521.
(5) Crisdacum, en 672. « Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, » sœc. ii — A. Le Prévost, dans les a Mé-
moires de la Société des Antiquaires de Normandie, «t. xi, p. 6.
(6) « Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, » t. ii. p. 407-408. — « Catalogue général des cartulaires des
archives départementales, » p. 38-39, Paris, 1847.
(7) « Les Églises de l'arrondissement de Dieppe,» t. ii, p. 374. —Guilmeth, « Descript. géograph., histor.,
statist. et monum. des arrondiss., » t. iv, p. 19-20.
(8; « Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, » t. ii, p. 381.-^ Duplessis, « Description géographique et histo-
rique de la Haute-Normandie, » p. 467. — Guilmeth, « Descript. géograph., histor., etc., » t. iv, p. 32.
, (9) «Le nom de la Chaussée, Gauchie, Calceia, écrivions-nous en 1848, se tire d'une voie romaine dont on re-
trouve l'encaissement dans toute la longueur du village, et dont on suit le parcours à travers le Bois-Hulin, à une
traînée de poteries grises et de tuiles à rebords évidemment antiques. » « Les Églises de l'arrond. de Dieppe, »
t. II, p. 383-84.
■ — 72 —
dit la tradition, « c'était pour aller au Baile d'Arqués que les fées quittaient la ville de
Rouen (1).
Pour arriver à Dieppe , le chemin des Fées formait embranchement à la hauteur de
Beaumais, puis, traversant Gruchet, Roux-Mesnil et Janval, il descendait à la station
du faubourg de la Barre par la cavée du chemin des Fontaines.
No 15. — VOIE DE LOTUM A BREVIODURUM.
Déjà depuis longtemps M. A. Le Prévost avait signalé cette voie (2) que M. Fallue (3) a
inscrite dans un de ses ouvrages, et que M. Bonnin n'a pas hésité à retracer dans sa belle
carte du pays des Éburoviques (4). M. A. Le Prévost fait partir ce chemin des cités des
Bajocassés (Augustodurum) et des Viducasses (Araegenus), et le conduit dans nos contrées
par le littoral de la mer et de la Seine. Pour nous, nous le prendrons seulement à Pont-
Audem'er, et nous croyons que c'est cette voie que suivit Guillaume-le-Conquérant, lorsque,
du fond du Cotentin , il se rendit en toute hâte dans le Talou pour y étouffer la révolte de
son oncle , Guillaume d'Arqués. Voici l'itinéraire que lui fait suivre le poète Wace :
Baieuses passa et puis Caen , Quant il vint al Punt-Audumer,
Semblant fist d'aller à Roem , A Chaudebec ala passer (5).
M. Le Prévost supposait volontiers que le duc des Normands passa par Thibouville ,
Fourmetot, Bourneville, Sainte-Croix-sur-Aizier et la forêt de Bretonne (6). Ce vieux
chemin normand , qui d'abord avait été romain , traversait Vatteville encore surnommée
la Rue, où il est toujours appelé la Vieille-C haussée (7).
Si Breviodurum était un jour reconnu à Pont-Audemer (S\ comme quelques-uns le
(1) G. Mareite, « Le Camp de la Bouteillerie, » p. 14.
(2) A. Le Prévost, «Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, » p. 95-96, et dans les
« Mém. de la Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 819-20. •
(3) Fallue, o Mémoires sur les antiquités de la forôt et presqu'île de Brotonne, » p. 86-87. — « Mémoires de la So-
ciété des Antiquaires de Normandie, » t. x, p. 440-445.
C4) Th. Bonnin, « Antiquités gallo-romaines des Éburoviques, » sect. 1, pi. 1, carte.
(5) Wace, « Le Roman du Rou et des ducs de Normandie, » édit. Pluquet, t. ii, p. 15. — A. Le Prévost, « Notice
historique et archéologique surle département de l'Eure, » p. 95-96. — Fallue, «Mémoire sur les antiquités de la
forêt de Brotonne, » p. 86. — E. Gaillard, dans la « Gazette de Normandie, » du 16 mars 1834. — « Les Églises de
l'arrondissement d'Yvetot, >» 1" édit., t u, p. 278; 2* édit., t. ii, p. 277.
(6) A. Le Prévost, « Notice historique et archéologique sur le département de l'Eure, v p. 97, et dans les « Mé-
moires de la Société d'Agriculture de l'Eure, » t. m, p. 321.
(7) Fallue, « Mémoire sur les antiquités de la forêt de Brotonne, » p. 86, et dans les « Mémoires de la Société des
Antiquaires de Normandie, »> t. x, p. 454.
(8) L'abbé Belley supposait aussi Brevoduro à Pont-Audemer, dans les « Mémoires de l'Académie des Inscrip-
lions et Belles-Lettres, » t.xix, p. 638.
— 73 —
supposent, nous dirions que cette rue de Vatteville et d'Arélaune était la voie antique de
Lotum à Breviodurum. M. Bonnin lui-même semble abonder dans cette idée. Sur la carte
du pays des Éburoviques , il trace au pointillé une voie romaine allant de Bliquetuit au
Vieux-Port, par Vatteville et Aizier (1). Il convient d'ajouter que, pour M. Bonnin, la voie
de Juliobona à Noviomagus par Breviodurum passait la Seine au Vieux-Port (2).
Ce qui est certain , pour l'itinéraire qui nous occupe en ce moment , c'est que cette route
de Lotum, de Belcinac et d'Arélaune vers Pont-Audemer, était connue dès le vm^ siècle;
car nous lisons dans la donation faite , en 715 , par Dagobert II à saint Bénigne, abbé de
Fontenelle: « Ad Petram Fictam (Pierrefique) secus primam viam publicam quae dicitur
« ad Duos Pontes (3). » Dms Pontes serait, selon nous, l'ancien nom de Pont-Audemer.
Le département de la Seine-Inférieure, finissant à Vatteville et à la forêt de Brotonne,
nous n'avons pas à établir ici la voie qui se portait au-delà.
No 16. — VOIE DE LOTUM (CAUDEBEC-EN-CAUX) A ARQUES-DIEPPE.
La voie de la Basse-Normandie, qui traversait la Seine à Caudebec , devait se diriger vers
le centre du pays par le plateau qui séparait alors les Calètes et les Vélocasses. Le principal
témoignage que nous ayons de cette direction est toujours celui de Guillaume-le-Conquérant
au xie siècle , et de son chantre du xn^. L'anglo-normand Wace nous apprend , en effet ,
qu'au sortir de Caudebec Guillaume se dirigea vers Baons-le-Comte , d'où il se rendit au
château d'Arqués :
Quant il vint à Punt-Audumer,
A Chaudebec ala passer.
De Chaudebec as Bans-le-Cunte.
Ke vu Lunges paroles munte ?
Tant a 11 Dus puint a hasté
Tant a souvent cheval mué
Ke à Arches vint à sa gant (4).
Il est vraisemblable que le futur roi passa par Maulévrier , Toufireville-la-Corbeline ,
Yvetot, Baons-le-Comte, Étoutteville-sur-la-Mer, Doudeville , le Bourg-de-Saâne , Bacque-
ville , Bertreville , Manéhouville , Charlesmesnil , et qu'il gagna Arques par la plaine de
Tourville et de Beaumais , plaine qui domine complètement la capitale et la citadelle du
Talou.
Maintenant trouvons-nous sur ce tracé des vestiges de voie antique ? Nous ne pouvons
(1) Bonoin, « Antiquités gallo-romaines des Éburoviques, » carte.
(2) Id., a)id.
(3) Fallue, « Mémoire sur les antiquités de la forêt de Brotonne, » p. 68, et dans les « Mémoires dé la Société
des Antiquaires de Normandie, » t. x, p. 438-440.
(4) Wace, le « Roman du Rou et des ducs de Normandie, » t. ii, p. 15 et 16, édit. Pluquet.
iO
— 74 -
guère rattacher à cette chaîne du moyen-âge que des fragments et des débris. Citons d'abord
un tronçon de voie ferrée à Pierreville (1), dont le nom même est une indication ; au Bourg-
de-Saâne, les antiquités abondent, et dans le trajet de ce point jusqu'à Doudeville, on
rencontre la vill^ de Beauvais (2) et la cité de Beauville (3), les mottes de Vicquemare (4),
les urnes et les antiquités de Doudeville (5) ; à Étoutteville est le grand et antique terrasse-
ment du bois des Mottes (6); aux Baons on a recueiUi quatre-vingt-dix-neuf monnaies
gauloises, et au moyen-âge ce fut le siège de « la cort du Roy nostre sire (7) > à Touffreville-
la-Corbeline est le camp du bois de la Salle (8) ; à Maulévrier se cachent, au milieu de la
forêt, les ruines d'un castel et les restes d'une villa reconnue naguère par M. Lesage (9).
Voilà quelle devait être, selon nous, la direction de l'antique chemin que de nouvelles
recherches parviendront peut-être à retrouver.
No 17. — VOIE DE BEAUVAIS A DIEPPE.
Une des voies qui s'établissent le mieux et que la nature elle-même semble avoir indi-
quée , c'est la voie de Beauvais à Dieppe , de la cité des Bellovaques à la mer. M. Graves,
le grand restaurateur des voies antiques du département de l'Oise, a essayé de suivre cette
route qu'il retrace dans les Hmites de l'ancien Beauvoisis. Du chef-lieu de l'Oise elle se-
dirigeait , d'après lui , vers Songeons, Longavesne et la chaussée d'Ernemont, où elle porte
encore le nom de Vieille-Route ou de chaussée royale de Dieppe, De là elle passait
Courcelles-Campeaux , puis à la chaussée de Formerie. Enfin elle entrait dans le départe-
ment de la Seine-Inférieure par Villedieu, Frévent, Le Pierrement et Conteville (10).
(1) E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. II. — a Pierreville doit son nom à une voie romaine dont on
retrouve les traces parfaitement conservées dans ce hameau. » Guilmeth, « Descript. géog. , hisC, etc., des
arrond., etc.,» t. iv, p. 71.
(2) La mile de Beauvais est au hameau de CaUelot à Saint-Laurent-en-Caux. — a Les Églises de l'arrondissement
d'Yvetot, » !'• édit., t.i", p. 228-, 2» édit., t. i", p. 244.
(3) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, « 1" édit., t. i", p. 231-232; 2« édit., t. i", p. 247-48.
(4) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit., t. V% p. 243 ; 2* édit., t. i", p. 258.
(5) Leroy, dans le «Journal de Rouen, » du 13 octobre 1859.— Guilmeth, « Descript. géogr., histor., statist., etc..
des arrondi ss., ■ t. ii, p. 412.
(6) « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » l'*= édit., t. ii, p. 281 ; 2* édit., t. ii, p.28rf.
(7) «La cort du Roy nostre seigneur as Bans, » charte de 1281 à saint Wandrille. ■— De Glanville, « Promenade
archéologique de Rouen àFécamp, » p. 251. — « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit., t. ii, p. 279;
2* édit., t. II, p. 277.
(8) «Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » l""* édit., t. ii, p. 355; 2" édit., t. ii, p. 351.
(9) Fallue, <t Mémoire sur les antiquités de la forêt de Bretonne et de la villa de Maulévrier, » p. 8-22, pi. ii et
Hi. — ft Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. x, p. 376-86, et pi. ii, m.
(10) Graves, dans le « Bulletin monumental, » t. vi,p. 137-38. — Id., « Notice archéologique sur le département
de l'Oise, » 2* édit., p. 213-14. ~ Potin de La Mairie, « Recherches historiques et biographiques sur le Bray-Pi-
card et le Bray-Normand, » t. ii, p. 40 et 44. — L'abbé Barraud, « Beauvais et ses monuments, » dans le « Bulletin
monumental, » t. xxviL,p. 225.
— 75 —
De Criquiers et de Conteville , où la voie antique porte le nom de chaussée Brunehmit (1),
nous l'avons retracée sur notre carte d'une façon à peu près continue par la longue vallée
de l'Eaulne. Nous croyons qu'elle passait par Flamets-Frétils , par Mortemer-sur-Eaulne ,
puissante châtellenie dont le nom est semé dans toute l'Angleterre et la Normandie (2), par
la station romaine qui jonche de ses ruines les champs d'Épinay (3), par Sainte-Beuve-en-
Rivière, par Vatier\'ille où l'on a trouvé des monnaies gauloises en or (4), par Fesques,
Lucy, Clais , Fréauville et Londinières. 11 est inutile de dire ici de combien d'antiquités
gauloises, romaines ou mérovingiennes est remplie cette portion de la vallée. On en trouve
à chaque pas, à Fesques, à Lucy, à Clais, à Fréauville et à Londinières.
A Fesques, M. Femel a connu des monnaies gauloises et romaines, des armilles de bronze
et des épingles en ivoire (5). A Lucy, outre le cimetière mérovingien que nous avons fouillé
et les statères gaulois que d'autres ont recueillis (6), nous croyons avoir trouvé des traces
de la voie elle-même , que semble nous signaler une charte de Robert Poulain , arche-
vêque de Rouen. Par cet acte , délivré en i 21 7, le pontife donne ses instructions à ses
forestiers et à ses verdiers , chargés d'exploiter les bois de l'Aliermont. Il leur dit que ,
lorsqu'ils iront vendre ses bois, ils pourront prendre la voie antique qui conduit à Lucy :
« In boscis Novicastri et Luciaci ipsi censarii possent ire per viam antiquam ad vendendum
Hemus apud Novum-Castrum (7). »
Clais , ancienne propriété du Chapitre de Rouen (8), présente un cimetière franc au
hameau de Bonnertie, et on a trouvé sur les collines de Fréauville, au lieu dit les Marettes,
des hachettes de pierre en si grand nombre qu'on ne saurait douter de la présence, en ce
lieu, d'un ateUer de fabrication (9). De Londinières, point romain et mérovingien (10) s'il
en fiit, la voie passait au hameau de Boissay ou de Boisselet. « A Boissay, dit M. Guilmeth,
(1) Pape, « Notices historiques et biographiques sur la ville et le canton d'Aumale, » p. 102 et 113. — Potin de La
Mairie, t Recherches historiques, archéologiques et biographiques sur le Bray-Picard et le Bray-Nonnand, » 1. 1",
p. 185.
(2) Guilmeth, a Descript.géograph., histor., statist. et monum. des arrondiss., » t. iv, p. 165.
(3) Femel, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t xi, p. 173-74. — * La Norman-
die souterraine, »!'• édit., p. 134; 2; édit., p. 152-53. — Decorde, a Essai historique et archéologique sur le canton
de Neufchâtel, » p. 200-202. — Guilmeth, a Descript. géograph., histor., etc., • t. m, p. 32.
(4) Voir au Musée de Rouen.
(5) Femel, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 174-75.
(6) « La Normandie souterraine, » !'• édit., p. 245-52; 2* édit., p. 297-304.
(7) Pommeraye, « Sanctœ Rotomagensis EcclesiaB concilia ac synodalia décréta, » p. 206.
(8) A. Le Prévost, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 9 et 10. — La Nor-
mandie souterraine, » chap. xvi.
(?) Des hachettes venant de Marettes sont au Louvre, au Musée de Rouen, aux bibliothèques de Dieppe et de
Neufchâtel, à Londinières chez M. Cahinght, et chez moi à Dieppe. - o La Norm. souterr., » 1" édit., p. 181,
2* édit, p. 205.
(10) « La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 181 ; 2* édit., p. 285-295. — L'abbé Decorde, « Essai historique et
archéologique sur le canton de Londinières, » p. 157-63. — A. Le Prévost, dans les « Mémoires de la Société des
Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 9 et 10.
— 76 —
a route présente encore un encaissement de deux pieds d'épaisseur (i). i> Du hameau de
Boisselet , tout rempli de débris romains (2), la voie descend p ar Wanchy à Douvrend et
à Angreville. Les champs, entre Douvrend et Angreville , sont marnés de tuiles, de poteries,
et peuplés de générations antiques (3). Tout le monde connaît le cimetière mérovingien
que le Camp-de-l' Arbre, placé au bord de la voie, nous a révélé en 1838 (4).
€ A Douvrend, ajoute M. Guilmeth, les habitants qui ont encore wx la voie dans un
bon état de conservation l'appellent le chemin de César et la chatissée des Romains (5). »
D' Angreville elle arrivait à Aubervillç-sur-Eaulne et à Envermeu , où elle passait entre le
cimetière mérovingien et le Câtel ; puis, par Tocquevillc et Bellengreville , elle descendait
à Sauchay-le-Bas.
A Sauchay, on a recueilli, sur les bords de la voie, vers 1837, deux ou trois cents
pièces de billon du m^ siècle (6). A Ancourt, qui suit immédiatement, M. Guilmeth
assure que « la route s'appelle le chemin des Romains (7). Sur ce point , deux tertres jadis
édifiés bordent encore son alignement. Par le PonhTrancard et Palchenl elle arrivait à
Martin-Église, vieille propriété des chanoines de Rouen, qui leur fut donnée par un
archevêque contemporain de Charlemagne (8). A Martin-Église , les antiquités de tout genre
abondent : ce sont des statères gaulois en or, des quinaires romains en argent, des armes
et siurtout des vases mérovingiens autour de l'église (9).
A Martin-Eglise , la route pouvait être double, se dirigeant d'un côté vers l'établissement
romain d'Archelles (10), conduisant de l'autre à Dieppe par Étran dont le nom indique une
voie pavée, et par les établissements romains de Ronne-Nourelle et du Pollet (H).
(1) Guilmctli, a Descript. géograi»Ii., liistor., stalist., etc., des arrondis?., <'tc., » t. iv, p. îiî.
(2) « La Normandie souterraine, » l'" édit., p. 181 ; 2^ édit., p. 205.
(3) « La Normandie souterraine, » l-^^" édil., p. 181; 2' édit., p. 384.
(4) n Revue de Rouen, » année 1838, 2" sem., p. 209-10. ~ De Gaumont, o Coui*s d'antiquités monumentales, »
t. VI, p. 267. — « La Normandie souterraine, » I'- édit., p. 303-318 ; 2* édit., p. 383- iOl.
(5) Guilmeth, « Descript. géogr., hist., etc., » t. iv, p. 242. — « La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 304;
2- édit., p. 313-381.
(6) Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, » t. ii, p. 231. — « La Normandie souterraine, 1" édit., p. 178;
2* édit., p. 202.
(7) Guilmeth, « Dobcript. géograph., histor., statist., etc., » t. iv, p. 165.
(8) A. Le Prévost, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, « t. ix, p. 9 et 10. — « La
Normandie souterraine, » 1" édit., p. 178; 2* édit., p. 202. — « Les Églises de rarrondissemenl de Dieppe, ■ t. ii,
p. 120.
(9) « Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 371. — a Revue do Rouen, » année 1848, p. 57.
— « La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 02; 2* édit., p. 72.
(103 « Bulletin monumental , • t. xxii, p. 324. — « La Vigie de Dieppe, » du 27 mai 185C. — « La Normandie sou-
terraine, » l"édit., p. 61; 2" édit., p. 71.
(11) Guilmeth, « Descript. géograph., histor., statist. et monum., etc., » t. iv, p. 165. — » La Normandie souter-
raine, « 1'^ édit., p. 61-03; 2'' édit., p. 77-85.
77 —
No 18. — VOIE DE SAMAROBRIVA (AMIENS) A AUGUSTA (EU).
Celte voie déjà indiquée par Dom Grenier, qui semble avoir tout connu (1), sera com-
plètement retracée un jour par les antiquaires de la Somme , nous n'en saurions douter
un moment.
Déjà quelques-uns l'ont essayé, et M. Darsy, dans sa Description historique du canton
de Gamaches, nous parle de la chaussée d'Amiens à Eu, et il en retrouve les tronçons sur
le sol de quelques communes de l'ancien Vimeu. « La voie d'Amiens à Eu, écrivait-il tout
récemment , passe sur ce territoire près de Visse, canton de Gamaches. Dans cette localité,
nous avons découvert, en 1847, de nombreux tessons de poterie romaine; nous y avons
surtout remarqué de la poterie rouge, dite terre de Samos, dont beaucoup de fragments
étaient ornés de reliefs (2). »
Dom Grenier, qui trace cette voie depuis Amiens jusqu'à Oisemont et Gamaches, sup-
posait volontiers qu'elle allait jusqu'à Dieppe.
M. Estancelin s'étant mis, par ses explorations dans le bois VAbbé et la vallée de la
Bresle*, à la recherche de l'ancienne Augusta, a rencontré une chaussée Brunehaut, et il
la signale à deux reprises dans son Histoire des comtes d'Eu et dans ses communications
à la Société des Antiquaires de Normandie. Voici en quels termes s'exprime notre confrère
dans la préface de ses Comtes d'Eu : « Le village d'Aouste, quoique séparé de notre an-
cienne cité par la vallée de Bresle , devait être un faubourg élevé à la tête de la chaussée
qui, pratiquée à l'entrée du marais, allait joindre la chaussée romaine dite chaussée
Brunehaut, dont on trouve des vestiges dans la plaine qui domine Aouste (3). d « Notre
collègue, M. Estancelin, disait en 1826 M. de Caumont à la Société des Antiquaires de
Normandie, a continué ses recherches dans la vallée de Bresle, qui avoisine le bois l'Abbé,
et il y a trouvé les traces d'une voie romaine appelée la chaussée Brunehaut, laquelle venait
de Picardie et ser\'ait d'accès à la ville romaine (4). »
Cent ans avant M. Estancelin, le premier historien d'Eu, M. Capperon, ancien doyen
d'Oisemont et curé de Saint-Maxent, avait déjà signalé au Mercure de France la voie antique
qui de Samarobriva entrait à Augusta par la porte rebouchée de l'Empire (5).
(1) Dom Grenier, «Introduction » dans les « Mém. de la Soc. des Antiq. de Pic, • t. m, p. 487-88.
(2) Darsy, dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, » t. xv, p. 264-265. Sur la planche de
la page 265, M. Darsy a reproduit, fig. 3,4 et 5, deux fragments de vases rouges sur lesquels sont écrits à la 'pointe
les mots : LVC... et COGNATA TAVI... Ibid. C'est aussi l'opinion de M. Prarond, d'Abbeville. Voir « l'Abbevillois, »
du 14 décembre 1858.
(3) L. Estancelin, «Histoire des comtes d'Eu, » p. 11. — Gide, « Statistique et précis hist. sur le canton d'Eu,»
p. 14.
(4) De Caumont, dans les« Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. m, année 1826, p. xlvii.
(5) « Mercure de France, » de juillet 1730, p. 1541-1549.
— 78 —
A ces observations, nous ajouterons que le nom de Pons, donné à l'un dès villages voisins
d'Eu et d'Aouste, nous paraît indiquer le passage de la voie sur la Bresle. Des sépultures
antiques, trouvées en 1724 au pied du coteau dit le Mont-Blanc (1), semblent aussi attester
la présence d'un chemin public ; enfin , la \deille porte , encore connue sous le nom de
Porte-de-r Empire, ouverture qui donne sur le bois l'Abbé, paraît être le dernier vestige
des rapports que la capitale de l'Empire romain entretenait avec toutes les villes qui
reconnaissaient sa juridiction.
No 19. — VOIE DE BEAU VAIS A AUMALE ET A AUGUSTA (EU).
M. Graves, dans sa Carte des voies romaines de l'Oise, restitue une route vers la mer,
dans la direction d'Aumale et de la vallée de Bresle, allant à Eu et au Tréport (2). Il dit
que, dans le Beauvoisis, cette route est bien connue sous le nom de route de la Mer,
parce qu'elle a servi pendant plusieurs siècles aux relations directes de Paris avec la ville
d'Eu. Dans son Essai publié en 1840, il la retrace sous le no 8, et il la conduit jusqu'à
Dijeon (3) (Somme), en face d'Aumale. « Près de Dijeon , dit-il , la voie présente 13 mètres
de largeur et 3 pieds de profondeur. Son encaissement repose sur d'énormes silex
entassés (4). » Dans sa Notice archéologique sur le département de VOise, dont la seconde
édition parut en 1856, l'auteur ne parle plus d'Eu comme principal terminus de la route.
Cependant il laisse entrevoir que le vieux chemin conduisait à cette antique cité (5).
« Cette voie , ajoute-t-il , est toujours désignée dans les titres par les noms de grande
chaussée, de chemin du Roi, de grand chemin royal, de route de Marseille (Oise) à Aumale
(Seine-Inférieure), de chaussée Saint-Maur, de chaussée de Sarcus, de chaussée de Paris
à la Mer. On l'appelle aussi chemin de Penthièvre, parce que le dernier duc de ce nom
la fit rétablir entre Saint-Thibault et Fouilloy pour rendre plus facile l'accès de son duché
d'Aumale (6). ï>
Pour nous, nous ne connaissons pas exactement la direction de cette voie dans le parcours
de la vallée de Bresle; mais nous ne serions nullement surpris quand elle serait descendue
à Eu par Saint-Germain-sur-Bresle , où fut martyrisé, au vi^ siècle , le fervent missionnaire
écossais, et par le Vieux-Rouen , Blangy, Montchaux et Gamaches.
(1) « Sépultures gauloises, romaines, franques et normandes, » p. 432-34. — Gapperon, dans le « Mercure de
France, » de mai 1722, t. i*% p. 73-81 ; de juin 1722 et de juin 1731, p. 1209.
(2; Graves, dans le • Bulletin monumental, » t. vi, p. 135 et 150, n» 8.
(3) Commune de Morvilliers-Saint-Satumin (Somme).
(4) Graves, « Notice archéologique sur le département de TOise, o 2* édit, p. 212. — « Bulletin monumental, »
1. VI, p. 135-36.
(5) Graves, « Notice archéologique sur le département de l'Oise, » 2* édit., p. 211-13.
(6) Graves, « Notice archéologique sur le département de l'Oise, » 2* édit., p. 212-13.
\
i
- 79 —
Celle voie étant connue en Picardie sous le nom de chaussée BvunehaiU, il nous sera
peut-être permis de lui rattacher, en Normandie , le fragment de chamsée Bninehaut qui
se trouve à lUois , dans la direction d'Aumale à Épinay, près Mortemer. Cette branche
détachée indiquerait assez le réseau perdu qui dut relier entre elles les stations détruites
de Dijeon (1) et d'Épinay (2).
No 20. — FRAGMENTS DE VOIES ROMAINES APERÇUS OU SOUPÇONNÉS DANS LA
SEINE-INFÉRIEURE.
On connaît , dans la Seine-Inférieure , plusieurs fragments de voies dont il est impossible,
pour le moment, de donner la direction. Nous nous contenterons de signaler à l'attention
publique ces tronçons , que d'autres pourront raccorder à l'aide de découvertes nouvelles
et d'observations ultérieures :
io L'un des premiers que nous indiquerons se trouve à lUois (canton d'Aumale), où il
porte le nom de chaussée Brune haut. Nous avons supposé que ce fragment pouvait se
rattacher à la chaussée Brunehaut , qui de Béarnais se dirigeait vers Dijeon et Aumale ,
et qui d'Aumale serait venue à la station d'Épinay, près Mortemer ;
2o M. Guilmelh (3) et M. l'abbé Decorde (4) signalent des traces de voie à Roncherolles-
en-Bray,.au hameau à^Lifremont, là où les antiquités gauloises et romaines abondent;
3o M. E. Gaillard, dans ses Becherches archéologiques sur la Seine-Inféineure, parle
des voies romaines ensevelies à Cliponville , à Pierreville et à AuzouvilIe-l'Esneval (5). Nous
avons rattaché les tronçons de Cliponville et de Pierreville aux voies qui , de Juliobona et
de Lotum, se dirigeaient sur Arques; mais nous n'avons aucune donnée sur la voie
d'Auzouville-l'Esneval ;
4° A Varneville-les-Grès (canton de Tôles), M. César Marelle (6) signale un carrefour
de plusieurs vieux chemins, et il paraît soupçonner la direction d'une voie antique venant de
Pavilly et de Barentin , lieux très anciennement habités ;
5** Un autre tronçon de celle voie de Pavilly vers Arques et Envermeu est signalé à
Beautot (canton de Pavilly), où il est connu sous le nom de cauchie ; on l'appelle aussi le
chemin de Flandres, et on croit qu'il allait de Pavilly vers Envermeu (7) ;
6^ A la cité de Forteville, entre Saint-Maclou-de-Folleville et Saint-Victor-l'Abbaye, on
(1) Fernel, dans les «Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 177-78.
(2) Id., ibid., p. 173-74.
v3) Guilmeth, o Descript. géograph., histor., etc., des arrondiss., » t. m, p. 121.
(4) L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Forges-les-Eaux , » p. 228.
(5) E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 11.
(6) César Marotte, « Le camp de la Bouteillerie à Vameville-les-Grès, « p. 13.
f7) G. Marette, « Le camp de la Bouteillerie, » p. 14.
— 80 —
connaît aussi un tronçon de voie antique qui se rattachait peut-être à Tun des chemins de
Vameville-les-Grès et probablement à la route de Pavilly ;
7" Goumay-en-Bray pourrait bien avoir eu sa voie antique , dont la direction ne hous
est pas encore connue. Un acte de 1202 affecte une somme « pro calceia de Chantemella et
porta reparanda. i> M. Potin de La Mairie , qui nous a révélé ce litre (1), pense qu'il s'agit
de la chaussée et tour de Ferrières ;
8^ Dom Grenier soupçonne une voie antique de Rouen à Amiens, et il la fait passer par
Romescarap, près d'Aumale, où se trouvait l'établissement romain de Dijeon (2);
9** Enfin , il m'a été également signalé un bout de voie romaine à Saint-Saëns , bourg
tout rempli de scories de fer et de terrassements, où les saints et les hommes de guerre se
fixèrent de bonne heure : les uns pour y asseoir leurs indestructibles câteliers ; les autres
pour y laisser, dans des fontaines et dans des églises, la trace impérissable de leurs pas.
(1) Potin de La Mairie, « Recherches historiques, archéologiques et biographi(|\ies sur le Bray -Normand et le
Bray-Picard, t. i*', p. 7.
(2) « Introduction à l'Hist. de Pic. »> dans les • Mém. de la Soc. des Ant. de Pic, » t. m, p. 486.
RÉPERTOIRE
HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE
DE LA SEINE-INFÉRIEURE.
ARRONDISSEMENT DE ROUEN.
GANTONS DÉ ROUEN.
ROUEN.
Nous avons à parler de la cité des Vélocasses, de la métropole romaine de la seconde
Lyonnaise, du Castrum franc du Vexin et du Roumois, de la capitale de la Normandie,
de rÉglise-mère et maîtresse de la province. Ici, un vaste champ s'ouvre devant nous. Il
nous faut esquisser à laides traits le rôle d'une ville qui fut toujours grande à toutes les
époques de l'histoire. Malheureusement, pour démontrer cette importance ancienne, les
documents écrits nous font défaut. Mais, dans le silence de l'histoire, nous invoquerons
l'archéologie, science née d'hier, et qui pourtant, à l'aide de documents nouveaux, encore
rares et peu ordonnés, nous découvre des horizons inconnus à nos devanciers.
A défaut de tout autre mérite, notre travail aura du moins celui d'avoir le premier puisé
à cette source mystérieuse et si longtemps cachée. Avec elle, nous essaierons de faire jailHr
des entrailles de la terre une ville nouvelle qui, nous l'espérons du moins, pourra intéresser
nos contemporains.
Le sujet que nous avons à traiter étant assez étendu, nous croyons devoir le partager en
chapitres spéciaux qui, tout en conservant l'ordre chronologique, si essentiel dans ce genre
de travail, diviseront cependant notre œuvre de façon à empêcher la confusion et les
redites à peu près inévitables en pareille matière. Ainsi, nous partagerons cette étude du
Rouen des Gaulois, des Romains, des Francs et des Normands en huit chapitres qui
ii
L
— 82 —
traiteront : !<> du nom de la ville depuis les temps les plus reculés jusqu'au xin^ siècle;
2o du Rouen des Gaulois; 3® du Rouen des Romains; 4o des enceintes de la cité; 5® du
Rouen épigraphique ; 6® du Rouen sépulcral; 7** du Rouen numismatique ou monétaire;
8o du Rouen historique et chrétien.
§ 1er. — Le Nom de Rouen.
Nous ne nous occuperons pas d'étymologie. Nous négligerons complètement cette
science -qui, après tant d'années, n'est encore qu'à son berceau et ne sait guère que
bégayer. Cependant, nous ne pouvons nous empêcher de dire qu'à nos yeux le nom
de Rotomagus, comme celui de Rodobeccus, doit venir du radical Roth, dont nous igno-
rons le sens. Le jour où l'on connaîtra l'interprétation du mot Magm, qui entre dans la
composition de plusieurs villes des Gaules, ce jour-là on aura trouvé la véritable significa-
tion de Rotomagus.
Mais, si nous laissons de côté tout essai philologique sur le nom de Rouen, nous devons
cependant une mention aux auteurs qui, depuis trois siècles, en ont fait l'objet de leurs
études. Au xyi^ et au xvn^ siècle, qui furent l'aurore de notre histoire, nous avons Taille-
pied (1), Denyaud (2), Pommeraye (3) et Farin (4); au xvni^, nous citerons surtout
Duplessis (5), Clérot (6) et Servin (7). Le xix^, devenu plus sage, a deux manières de
s'occuper du nom de Rouen. Quelques-uns sacrifient encore aux anciens procédés étymo-
logiques; tels sont MM. le docteur LePrevost(8),Lesguillez(9), Périaux (10) et Houel (il).
Les autres, tout en rendant hommage aux efforts malheureux de leurs devanciers, ne
s'occupent guère que d'établir la véritable orthographe du nom de Rouen ; de ce nombre
sont MM. Lespine (12), Licquet (13), Marquis (14), Gosseaume (15) et l'abbé Langlois (16).
(1) Taillepied, « Recveil des Antiqvitez et Singvlaritez de la ville de Roven, » p. 1 à 16, édition do 1610.
(2) R. Denyaud, « RoUiomagensis Cathedra, » p. 3-9, in-4" mdcxxxiii.
(3) Pommeraye, « Histoire des Archevesques de Roven, v p. 1 et 2.
(4) Farin, « Histoire do la ville de Rouen, » 1" édition, t. i", p. 7-10; 3" édition, t. i", p. 4-5.
(5) Duplessis, « Description géographique et historique de la Haute-Nonnandie, » t. ii, p. 3-5.
(6) Clérot, « Mercure de France, » décembre 1737, p. 2864, 2867-69.
(7) Servin, • Histoire do la ville de Rouen, » t. i", p. 42-47.
(8) Le docteur Le Prévost, « Précis analytique des Travaux de l'Académie de Rouon, » année 1818, p. 144-47.
(9) Lesguillez, « Lettres sur Rouen, » p. 24.
(10) P. Périaux, « Dictionnaire indicateur des rues et places de Rouen, » p. xix-xxii.
(11) Houel, • Annales des Cauchois, » 1. 1*', p. 76-82.
(12) a Procès- verbaux de la Commission des Antiquités, » p. 8-9.
(13) Licquet, « Recherches sur l'histoire religieuse, morale et littéraire de Rouen, » p. 1-4.
(14) Marquis, « Bulletin de la Société d'Émulation de Rouen, » année 1820, p. 43-51. — « Procès-verbaux de la
Commission des Antiquités, « p. 13.
(15) Gosseaume, « Précis analytique des Travaux de l'Académie de Rouen, » année 1818, p. 148-450.
(16) L'abbé Langlois, « Le Propre de Rouen (1858). » — o Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, »»
p. 9-10.
— 83 —
Quelques enûn , comme M^i^ Amélie Bosquet (1), se contentent de faire l'historique
des essais tentés pour cette œuvre de reconstruction.
Cette mention accordée à ceux qui nous ont précédé dans la voie si difficile où nous
nous sommes engagé, il nous reste à établir l'orthographe du nom de Rouen pendant les
douze premiers siècles de notre ère, disons même depuis l'origine des documents histori-
ques jusqu'à l'avènement de l'orthographe actuelle.
Parmi les villes du nord de la Gaule, Rouen offre ce phénomène particulier, que son nom n'a
point varié et qu'il a su garder son appellation celtique, la seule qu'il ait jamais reçue, la seule
qu'il ait jamais portée. Le nom celtique ne nous a pas été transmis par l'histoire; nous le con-
naissons par des témoins de métal qui sont parvenus jusqu'à nous. Des monnaies autonomes,
contemporaines de la conquête, mais portant l'image d'un chef indigène, nous présentent le
nom de Ratumacos, mêlé avec celui de Suticos, le chef des Vélocasses (2). C'est là on
n'en saurait douter, le plus ancien vestige du nom comme de l'existence de notre ville.
Sous la domination romaine, il nous faut descendre jusqu'au second siècle pour entendre
parler de Rouen.
Le premier des anciens qui nomme notre ville, c'est Ptolémée (3), dans une Géographie
qui fut écrite pendant la première moitié du if siècle. Énumérant les peuples qui compo-
sent la Celtique ou Lyonnaise, cet auteur dit : « Post quos usque ad Sequanam Venelio-
cassii quorum civitas Rotomagus. »
Le second document antique où figure le nom de Rouen est 'l'Itinéraire d'Antonin,
également connu sous le nom d'^thicus. Ce monument postal, du rv^ siècle, place Rouen
sur la grande voie militaire qui de Troyes et de Paris allait à la mer, en suivant le cours de
la Seine. Sur cette ligne, il l'appelle Latomagum, tandis que lorsqu'il en fait le point de
départ de la voie qui gagnait Paris par Uggate, il le nomme « Rotomago. (4). »
La Table Théodosienne, dite aussi de Peutinger^écnt Rattumagus et Litumagus, variantes
que dom Bouquet applique également à Rouen (5). Au nom de Rattumagus est représenté
le double château qui est le signe des métropoles.
Ammien Marcellin, historien du iv® siècle, parlant des villes de la seconde Lyonnaise,
cite Rouen et Tours : « Rotomagi (6). »
(1) A. Bosquet, « La Normandie romanesque et merveilleuse, » p. 420-428.
(2) Deville, « Essai sur les Médailles gauloises de Rouen, » dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires de
Normandie, » t. xi, p. 60-69. — Id., « Précis analytique des Travaux de l'Académie de Rouen, » année 1839,
Id. 183-90. — Ed. Lambert, « Essai sur la Numismatique gauloise dans le nord-ouest de la France, » dans les
■ Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiii, p. 241, pi. ix, fig, 7, 8.
(3) Ptolemaei, a Geographia, » lib. ii, c. 8. — Dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules et de la France, »
t. !•% p. 73.
(4) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » t. !•% p. 108.
(5) Id., ibid., p. 112.
(6) Ammien Marcel., «De Gallis, » lib. xv, c.2. — Apud Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules, etc., » t. i*s
p. 546.
— 84 —
La Notice des provinces et des cités de TEmpire, rédigée sous les fils de Théodose, après
avoir énuméré les sept cités de la seconde Lyonnaise, leur donne Rouen pour métropole :
« Metropolis civitas Rotomagensium (1). d
La Notice des dignités de l'Empire, également dressée sous Arcade et Honorius, place à
Rouen le préfet des soldats Ursariens : <t Praefectus militum Ursariensium Rotomago. j Ce
personnage était sous les ordres du Duc des rivages nerviens et armoricains : € Sub dispo-
sitione spectabilis Ducis tractûs Armoricani et Nervicani (2). i>
Enfin, saint Paulin, évêque de Noie, dans sa lettre à saint Victrice, cite aussi : « Roto-
magum, » dont il fait une magnifique description (3).
J'ai à peine besoin d'ajouter que tous ceux qui se sont occupés de géographie ancienne
se sont accordés pour appliquer à Rouen ces différents textes. Il me suffira de citer, parmi
les interprètes les plus accrédités, Hadrien Valois (4), l'abbé Belley (5), d'Anville (6), Men-
telle (7), Walckenaër (8), de Caumont (9), Fortia d'Urban (10), et la Commission topo-
graphique des Gaules (il).
Nous arrivons à la domination des Francs. Là, le nom de Rouen va subir dans les
divers monuments des altérations provenant de l'ignorance du temps et de la barbarie des
hommes. Nous allons exposer, dans l'ordre des siècles, les différentes versions par les-
quelles a passé le nom de notre ville.
Au vie siècle, le père de notre histoire écrit « Rothomagum(12), » « Rolhomagensem
urbem (13) « Rothofhagensem episcopum (14) » m comitem Rotomagi (1 5) , et enfin
« Rolhomo (16). d Fortunat, le chantre de Poitiers, dit « Rothomagense sinu (17). » En
511, au premier concile d'Orléans, saint Godard souscrit « Gildaredus, episcopus ecclesia3
Rotomagensis (18). » C'est dans ces mêmes termes que saint Flavius signe les trois conciles
(1) Ammien Marcel., « De Gallis, » p. 127. — Sirmond, « Conciles, » 1. 1", p. 122.
(2) Dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules, » t. i", p. 127.
(3) « S. Paulini opéra, » p. 101, édit. de 1685, et dans le a 8. R. E. Concilia, » de Pommeraye, p. 1-6.
(4) Had. Vales., t Notitia Gallianun, » p. 482-486,
(5) L'abbé Belley, « Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, » t. xix, p. 657-62.
(6) D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 559-60.
Mentelle, • Encyclopédie méthodique : géographie ancienne, » t. m, p. 17.
(8) Walckenaër, « Géographie ancienne, historique et comparative des Gaules, » t. ii, p. 434; l. m, p. 50.
(9) De Caumont, « Cours d'Antiquités monumentales, » t. ii, p. 32, 44, 88.
(10) Fortia d'Urban, « Recueil des Itinéraires anciens, » p. 115.
(11) « Les Voies romaines des Gaules, » p. 7, 10, in-8% Paris, 1864; Extrait de la « Revue archéologique, v
de 1863.
(12) Grégoire de Tours dans Dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules, » t. ii, p. 233, 399.
(13) Id., ibid., p. 230, 326.
(14) Id., ibid., p. 418.
(15) Id., ibid., p. 282. — Chéruel, « Hist. de Rouen, » t. !•••, p. ix.
(16) Id., ibid., t. II, p. 407.
(17) Fortunat, lib. vii, c. 7, dans Dom Bouquet, « Recueil, » t. ii, p. 510.
(18) Dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules. »
- 85 —
d'Orléans de 533, 538 et 541 (i) et que saint Prétextât souscrit les actes du concile de
Mâcon en 585 : « Pretextatus, episc. ecclesiae Rotomagensis (2). » Enfin le concile tenu
à Rouen , la même année, par Chilpéric I^r, termine ainsi ses actes : « Actum Rotho-
magi (3). >
L'auteur des Gestes des Francs écrit tantôt « Rodomacum (4), 3> tantôt « Rothoma-
gensis episcopus (5). i> Des documents mérovingiens, cités par les Bénédictins disent :
« Metropolis civitas Rotomagensium » et « civitas Rodomagensium metropolis (6). 3>
Les auteurs du vii^ siècle continuent la confusion et le mélange.
Hugues de Verdun écrit : ce Rotomagum (7) ; » saint Ouen lui-même , dans la Vie de
saint É loi, ne craint pas de dire « Rothomagae civitas (8). » Dagobert 1er, dans le célèbre
diplôme délivré , en 629, en faveur de l'abbaye de Saint-Denis, énumérant les principaux
marchés de son royaume, cite le port de Rouen « Rothomo porto (9), 3> et Clovis II, dans
un autre diplôme, délivré à la même abbaye, cite la sainte église de Rouen « Sancta
ecclesia Rotminse (iO) ; i> enfin, le concile tenu à Rouen, par saint Ansbert, en 689 ou 693,
et dont les actes nous ont été conservés par Aigrade , moine de Fontenelle et contemporain ,
appelle la ville de Rouen « Ratumago urbe (11). »
C'est à cette période qu'il nous faut reporter les inscriptions des monétaires. Routeroue
cite six triens mérovingiens sur lesquels il a lu le nom de Rouen ainsi qu'il suit : rotomo
— RODOMi — ROTOMO CI — ROTOMoio — ROTOMVS — ...OTOMVS (12). Leblanc ne fait que
répéter rotomo (13). Deux tiers de sol d'or recueillis à Rouen, en 1846, ont donné l'un et
Taulre rotomo ci (14).
Les écrits et les monuments du viii® siècle continuent la confusion des langues. Nous
avons une lettre écrite en 742 , par le pape Zacharie à saint Boniface de Mayence , dans
laquelle il l'établit son légat en Gaule et en Germanie. Là, il lui parle de trois métropoli-
tains qu'il a institués, et dans le nombre il cite Grimon de Rouen « Grimonem in civitate
quae dicitur Rodomos (15). » En 768, l'année même de sa mort, Pepin-le-Bref célébra la
ri) Labbe et Cossart, « Sacro-sancta concilia, » t. iv, p. 1783; t. v, p. 503 et 588.
(2) Dom Bouquet, « Recueil, » t. iv, p. 108.
(3) Id., ibid., t. iv, p. 626.
(4) Id., ibid., t. ii, p. 561.
(5) ld.,ibid., t.ii,p. 570.
(6) Id., ibid., t. ii, p. 2, 4, 10.
(7) Dom Bouquet, t Recueil des Hist, » t. m, p. 358.
(8) Id., ibid., p. 612.
(9) Id., ibid., t. iv, p. 627.
(10) Id., ibid., p. 638.
(11) Id., ibid., t. III, p. 618.
(12) A. Bouteroue, « Recherches curievses sur des monnoyes de France, » p. 262-64, 361, n" 159, 160, pi. v,
n- 5, 6, 10.
(13) Leblanc, « Traité hist des mon. de France, » 2« pi. des monét., n» 46, p. 64.
(14) Deville, « Revue de Rouen, » année 1847, p. 379. — « Épigraphie de la Seine-Inf., » p. 3i.
(15) Dom Bouquet, « Recueil des Hist, » t. iv, p. 35.
— 86 —
Pâques « in Rodomo civitate (i). ï> Charlemagne, son fils, cite en 779 « Rodomo >
parmi les t portus et civitates » commerçants de son empire (2). En 795, il désigne comme
^ missus Dominions » et comme gouverneur de Rouen , Willebert. « Rothomagensis ar-
chiepiscopus (3). » Enfin, en 801 , ce grand empereur lui-même passe par c Rothomagum (4).»
Une msnnaie frappée à Rouen par le restaurateur de l'empire d'Occident, et citée par
Conbrouse , porte rodomagvm (5).
Le testament de Charlemagne, dressé en 811, nomme « Rotumagus » parmi les vingt-
deux métropoles de son vaste empire auxquelles il lègue des biens (6). Les Gestes de Louis-
le-Débonnaire assurent qu'en 818 ce prince passa par « Rotomagum (7). t L'édit monétaire
de Pitres promulgué par Charles-le-Chauve en 864 indique « Rotomago (8) » parmi les
neuf ou dix hôtels des monnaies de l'empire carlovingien. Hugues de Flavigny, qui écrivait
en 862 , donne le nom de c Rotomagum (9). » Parlant de la Basse-Seine, les capitulaires
la qualifient de c SequanœRodomensis (10). » Riculfe, dans une charte délivrée à sa cathé-
drale, en 872, se nomme lui-même « Rotomorum archiepiscopus (11). •
Les Annales de saint Bertin, cette grande source de notre histoire piratique, racontant
les différentes invasions subies par la ville de Rouen , disent tour à tour t Rotumam t
« Rotomum » • Rotumagus » et t Rotomagum (12). • Un contemporain, cité par Duchesne,
racontant les exploits des Normands en France, écrit c Rotoma (13).»
Terminons ce siècle d'agitation par les monnaies de Louis-le-Débonnaire et de Charles-
le-Chauve , où nous lisons avec une grande variété : rotvbiagvs — rotu-ma-gvs — rotv
MAGVS — ROVMACVS — ROTHVHAGVS CIVII — ROTAVHACVS CrVII — ROTVHACVS DIVI —
ROTHVHACVS — RCTVHACVS — ROTVNCVS civi, d'après Ics numismates (14), et rotvmacvs
civn , d'après les monnaies elles-mêmes existantes ou trouvées à Rouen (1 5).
Nous touchons enfin aux Normands, et c'est alors que l'altération est à son comble. Si
(1) Dom Bouquet, «Recueil desHist., » t. v, p. 18, 36, 200.
(2) Id., ibid., p. 142.
(3) Id., ibid., t. vi, p. 90, 91.
(4) Id., ibid., t. v, p. 52, 214, 349.
(5) Conbrouse, « Catalogue raisonné des mon. nat. de France, » Carlovingiens, p. 36.
(6) Dom Bouquet, • Recueil desHist., » t. v, p. 302,37.
(7) Id., ibid., t. vi, p. 143, 178.
(8) Id., ibid., t. vu, p. 656.
(9) Id., ibid., t. vu, p. 246.
(10) Baluze, « Capitulaires, » 1. 1*', p. 378.
(11) Pommeraye, « Hist. de r Abbaye royale de Saint-Ouen, • p. 399. — Périaux, « Dict. ind. des rues et places
de Rouen, » p. xvin-xix.
(12) Dom Bouquet, « Recueil des Hist., » t. vu, p. 40, 59, 68, 152, 231, 272.
(13) « GestaNorm. inFranciâ,» Duchesne.— a Script, rer. norm. vet., »p. i.
(14) Leblanc, « Traité raisonné des mon. de France, » p. 102, 133, n» 24. — Conbrouse, « Catal. raisonné des
monnaies nat. de France, » p. 3. Carlovingiens, p. 36.
(15) Au musée de Rouen, chez M. Billiard et au musée de Boulogne. — « Épigraphie de la Seine-Inf., » p. 34.
— 87 —
Rouen est encore appelé « Rothomagus » « Rotomagus > et « Rotomagum » par quelques-
uns comme Aimoïn (1) et plusieurs autres (2), il est aussi nommé « Rodomus » et
«Rodomo » par Frodoard (3), « Rotomo » par Dudon (4), « Rotomo » et t Rotomis »
par Richard I^r (5), et jusqu'à t Rothum » et • Romo » par d'autres.
Le xi« siècle suit quelque temps les errements du x^^ ; mais si quelques-uns écrivent
encore • Bodomum , » ils y joignent Taltemative « vel Rotomagum (6). » Glaber Raoul et
Guillaume de Jumiéges disent • Rotomagum (7) » et « Rotomagi (8). » Toutefois Dudon
• écrit encore « Rotomo • et t Rotome (9). »
Mais c'est sous nos ducs que le chaos orthographique est complet pour les monuments
numismatiques. C'est alors qu'on lit , ou plutôt qu'on ne lit plus ; on devine sur les deniers
des Richard et des Guillaume de Normandie : otomacatvs — rcddmcori — oiooomco —
ROTOMACIS. — ROTOMAGVS — ROTOMHCVS — ROTOMAUS — ROTOMAEIL — ROTOMA ~
ROTOMAG — ROTOMACS et ROTOM CFVITAS (10).
En terminant cette dissertation, nous eussions été heureux d'indiquer les plus vieux
monuments écrits où se trouve le nom français de Rouen. Jusqu'ici nous n'avons pu en
rencontrer que deux, dont l'un date du xii© siècle et l'autre probablement du xin^. Le
premier, c'est le Roman de Rou, par Robert Wace; le second, ce sont les Grans
Chroniques de Saint-Denis. Wace dit parfois • Ruen (ii) » et « Roen (12),» mais presque
toujours c'est « Roem (13); » il va jusqu'à dire : « Roem out nun Rotuma (14). » Les
Chroniques de Saint-Denis écrivent « Roën » « Roem » « Rouam » et enfin « Rouan (1 5). »
A l'orthographe près, c'est bien le nom moderne.
§ IL — Le Rouen des Gaulois.
On chercherait vainement dans les livres le nom de Rouen au temps des Gaules indé-
(1) Dom Bouquet, «. Recueil des Hist. des Gaules, » t. m, p. 25, 73.
(2) Ib., ibid., t. vm, p. 34, 218, 219, 223, 241, 258, 261, 280, 302, 303, 304, 316, 920.
(3) Id., ibid., t. vm, p. 168, 183, 188, 196-97, 282, 293, 318.
(4) Dudon, apud Duchesne, « Script, hist. norm. veteres, » p. 75, 76.
(5) Dom Bouquet, « Recueil dos Hist., » t. ix, p. 73-82 et 731.
(6) Id., ibid., t. xi, p. 70.
(7) Id., ibid., t. x, p. 10.
(8) Id., ibid., t. x, p. 187.
(9) Dudon, « De Mor. et Act norm., » p. 76-81.
(10) Tobiesen-Duby, « Traité des monnaies baronales, » t. i", p. 180-83, pi. 180-83, pi. lxiv, fig. 1, 2, 3, 4, 7, 10
et 11. — Ducarel, « Anglo-norman. antiquities, » pi. m, fig. 1 et 2. — Doville, « Revue de Rouen, »> année 1847,
p. 379. — Lecointre-Dupont, « Lettres sur l'hist. monét. de la Normandie, » p. 23-28, pi. 1, fig. 1,2, 3, 4, 5, 10.
(11) R. Wace, « Le Roman de Rou, » édit. Leprevost et Pluquet, t. i", p. 313.
(12) Id., ibid., t.*i", p. 19, 156.
(13) Id., ibid., 1. 1", p, 18, 58, 72, 123, 162, 169, 193, 200, 207, 217, 240, 247, 313 ; t. n, p. 60, 234, 296, 356.
(14) R. Wace, « Le Roman de Rou, » 1. 1", p. 267.
(15) Dom Bouquet, t. m, p. 213,221; t. v, p. 310, 312, 322.
— 88 —
pendantes. Comme nous Tavons déjà dit , un seul morceau de métal , fruit du monnayage
autonome de nos ancêtres, nous révèle tout à la fois l'existence, le nom et le rôle
de cette grande cité. Au temps où les Romains envahissaient la Gaule, Rouen se
nommait Ratvma ou Ratvmacos. Cette ville était le centre d'une tribu que César appelle
Vélocasses et qui eux-mêmes se nomment Eliocati ou Veliocati. Enfin , l'un et l'autre
avaient pour chef le guerrier Svticos , dont le nom et l'image sont arrivés jusqu'à
nous. Jusqu'à présent, c'est là tout ce que les monuments gravés nous apprennent sur
le passé d'une grande cité dont la naissance a précédé l'ère chrétienne de plusieurs*
siècles.
Le Musée de Rouen et la Bibliothèque impériale de Paris possèdent quelques-unes de
ces monnaies de bronze , qui portent le nom de la ville et du pays,* et qui reproduisent
l'image des chefs ou des rois de la cité. MM. Deville et Lambert ont dit sur cette matière
tout ce que l'on peut savoir (i), et c'est à leurs publications que nous empruntons les trois
monuments que nous reproduisons ici.
MONNAIES BOMAINES DE BOUEN ET DES VÉLOCASSES.
En dehors de ces débris métalliques et épigraphiques, nous possédons à présent quelques
vestiges de la cité gauloise. Grâce aux grands travaux qui ont labouré ce sol depuis quelques
années, M. Thaurin a su recueillir des débris celtiques que, par sa bienveillance, nous
pouvons reproduire ou enregistrer.
Parmi les divers monuments de Ratvmacos, nous en distinguerons surtout de trois
sortes : les haches, les vases et les monnaies.
Les haches sont au nombre de quatre : deux sont en silex (2) et deux en bronze. Pour
(1) Deville, « Essai sur les médailles gauloises de Rouen, » dans les « Mémoires de la Société des Antiquaires
de Normandie, » t. xi, p. 60 et pi. - Id., « Précis analytique de l'Académie de Rouen, » année 1839, p. 183.
Ed. Lambert, « Essai sur la Numismatique gauloise dans le nord-ouest de la France, » dans les « Mémoires de la
Société des Antiquaires de Normandie, » t. xiii, pi. ix, fig. 5, 6, 7, 8.
(2) Une hache en silex a été trouvée en 1859, rue Napoléon m, à cinq mètres de profondeur. (Thaurin, « Journal
de Rouen, ■ du 4 juillet 1860.)
la forme, comme pour la malière, elles ressemblent à toutes celles que l'on rencontre
dans le département et dans le reste de la Normandie. (On en jugera par tes échantillons
que nous ofirons ici.)
HACHE EN SILEX. — BOUBN.
Les vases sont au nombre de deux, bien conservés, que nous reproduisons; puis ils
sont accompagnés d'un certain nombre de fragments, qui témoignent de vases brisés par
le poids du temps et des terres. Ces vases, qui ressemblent par la matière et la forme à
ceux des Caillettes, des Damps, duVaudreuil, de Sainte-Beuve, de Foucarmonl et de la
Cité de Limes, ont été rencontrés, de 4856 à 4 861 , dans la rwe /nt/j^ffl/e, à la hauteur du
quartier Saint-Louis , en creusant les fondations de la Gendarmerie et de la Caisse
d'épargne. Es faisaient partie d'un cimetière à crémation qui remonte évidemment aui
anciens Vélocasses.
VASEB OAtlLOU BD TBRKE CUITB (ROUBH).
D'autres fragments de vases gaulois ont encore été rencontrés çà et là, aux plus pro-
fondes entrailles de la cité.
12
— 90
o o
MOFflf A.» GAULOISE Eli BEOPIEB (EOVBli}. AMES EN BRONZE TBOUTÉES DANS LA SEINE ; LE N* 1 A BOUBN,
LE N" 2 A 0I88EL, LE N" 3 A LA BOUILLE (1).
§ in« Im flouEN DES Romains.
Dans rimpuissance où nous sommes de rétablir Ja disposition et l'étendue du Rouen ^
gallo-romain, maintenant enseveli sous une couche do plusieurs mètres de débris et tout
recouvert de constructions modernes, nous nous contenterons d'enregistrer, par rues et
par quartiers, les découvertes qui y ont été faites depuis i789; car, par une étrange
coïncidence, c'est au seuil de la France nouvelle que la première trouvaille romiiiie t été,
je ne dirai pas faite, mais constatée et décrite. Tous les autres, ou à peu pr&8| ippar-
tieiment à notre siècle, et surtout au temps où l'archéologie a pris naisiaQca panni nous.
C'est M. Torcy, architecte du xvm^ siècle, qui a consigné la première observation.
MM. Le Prévost, Langlois et De la Quérière ont continué l'œuvre. Mais c'est surtout à
M. Deville que nous devons nos meilleurs éléments. Après lui, nous adresserons nos
(1) Une épée de bronze entièrement pareille à celles-ci a été trouvée à Miers (Lot), sous un dolmen dit
Pej^o levadOf fouillé en 1846. De Bonstetten, « Essai sur les dolmens », p. 36, pi. ii, fig. 3.
1
j^fw, M. Thaurin a recueilli sur plusieurs points sept ou huit monnaies gaidoisds, I
dpnt une est en électrum, trois en fonte et le reste en bronze. La plupart sont frustes»; '
mais quelques-unes portent le type et la légende bien connue de Germanv indutillU,
attribuée à Induciomar, chef des Trévires. (Nous reproduisons cette pièce ici.) Les prin- •
cîpaux points sur lesquels M. Thaurin a recueilli ces précieux morceaux de métal sont la
Tàur Saint-André, la Grosse-Horloge et le quartier Saint-Louis. Malheureusement,
parmi les pièces rencontrées, aucune ne porte le différent de Ratvmacos.
Un dernier monument que l'on pourrait peut-être revendiquer pour le Rouen des
Gaulois, c'est la belle épée de bronze trouvée dans la Seine, en 1860, dans les draguages
du port de Rouen. Elle est maintenant déposée au musée de Rouen, et nous en devons le
dessin à l'obligeance de son conservateur, M. A. Pottier.
1
~ 91 — .
remercîments à M. Paul Baudry, qui a suivi les grands travaux de Rouen, et à
H. Thaurin, qui, depuis dix ans, a fait du Journal de Rouen un registre d'inscriptions
archéologiques.
Dans l'impossibilité où nous nous trouvons de donner du Rouen antique un tableau
dTensemble, résultant de découvertes cfu'il n'est pas encore possible de résumer, nous
nous contenterons de grouper, par rues et par dates, la série des faits archéologiques qui
se sont produits de nos jours. Toutefois, en vertu des études qui ont été faites sur Ten-
cemte antique, nous partagerons la ville en deux portions : nous appellerons l'une la Cité,
et Tautre le Suburbium ou les Faubourgs.
Nous avons lieu d'être surpris que Rouen n'ait conservé, à aucune des parties de la ville
actuelle, le nom de Cité, que l'on retrouve partout, dans les villes romaines de la Gaule,
de la Bretagne et de la Germanie (1 ).
La Cité. — Place dé la Cathédrale^ ancien Parvis. — En février 1829, lorsque Ton
creusait au pied de la Tùw de Beurre pour fonder un contre-fort destiné à consolider le
portail de la métropole , M. De la Quérière assure que l'on trouva,^ à sept mètres de pro-
fondeur, un mur romain en brique et pierre, passant sous la Tour elle-même (2). Outre ce
témoignage, nous avons aussi celui de M. Deville, qui affirme qu'à la base de cette même
Tour de Beurre, à vingt pieds de profondeur, il a recueilli, au milieu des murs romains,
des monnaies de Néron et de Domitien. — En septembre 1830, lorsqu'on établit au côté
nord du portail, un contre-fort parallèle, on trouver, près de la Tour Saint-Romain, des
restes de fondations antiques (3).
(1) Nous sommes très étonné de ne trouver à Rouen aucun nom de rue ou de quartier qui conserve ce nom de
Citéf si commun dans toutes les anciennes villes romaines de la Gaule et de la Grande-Bretagne. Nous ne con-
naissons môme, dans les écrivains des trois derniers siècles, aucun texte qui puisse faire soupçonner ici cette
enceinte réservée, ce sanctuaire municipal, si commun ailleurs. Tout le monde sait que les villes de Paris et de
Londres montrent encore le quartier de la Cité,, qui n'est autre que Tancienne ville romaine fortifiée. On connaît à
Limoges une rue de la Cité. — Nous avons vu à Évreux une rtie de la Petite-Cité, ( « Bulletin monumental, »
t txiv, p. 42-43.) — Le comte de Caylus parle de la Cité de Màcon ( « Recueil d'Antiquités, »» t vu, p. 245.) — Le
même antiquaire cite à Périgueux le quartier de VAndenne-Cité ( « Recueil d'Antiquités, > t. v, p. 339) ; ce que le
docteur Galy confirmait, en 1858, au Congrès archéologique de France, en lui indiquant dans la même ville le
ViOUm de la Vieille-Cité ( t Congrès archéolog. de France, » année 1858, p. 203). — Dans son « Répertoire archéolo-
gique de VAube, t (p. 133), M. d'Arbois de Jubainville mentionne la Cité de Troyes-, et, dans son « Répertoire de
rAnJoii, » M. Godard-Faultrier rappelle à plusieurs reprises la Cité d'Angers ( « Répertoire archéologique de
TAnjou, » août 1860, p. 264; — « Mémoires de la Société d'Agriculture, des Sciences et Arts d'Angers, » 3« vol.,
2* aom.) — Le « Bulletin de la Société archéologique, historique et scientifique de Soissons, » t. xiii, p. St),
^pUque aussi à des quartiers de cette ville les noms de Cité et de Petite-Cité. — Ce nom se rencontre parfois
ailleurs que dans des villes murées. Nous l'avons retrouvé, avec accompagnement de ruines romaines, à Beauville-
la-Cité (arrondissement dTvetot). { « La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 132; 2* édit., p. 150. - « Les Eglises
de rarrondissement dTvetot, » !'• édit., t. !•», p. 247-48.) — Entre 8aint-Michel-de-Brenne et Martigny, dans l'Indre,
est un lieu nommé la Cité, où l'on a trouvé des poteries antiques, des urnes de verre, des fragments de bronze
et do fer. (De la Villegille, « Revue des Sociétés savantes, »2* série, t. i-', p. 152, février 1859.)
(2) De la Quérière, « Description historique des Maisons de Rouen, » t. n, p. 130.
(3) Id., ibid., « Journal de Rouen, • du 19 septembre 1830 ou 1832.
Rue Saint-Romain, enclave de t' Archevêché. — En 1825, lorsque l'on creusa le puits
du paratonnerre de la nouvelle flèche de fer, on recueillit, à 8 mètres, des tuiles et des
briques romaines , ainsi qu'un petit bronze du Bas-Empire , portant le nom de Conslanti-
nopolis {!).
Passage Saint-Herbland , angle des rues ^gSSU^E^Sj^^^^STSJJ^ïrk
des Carmes et de la Grosse-Horloge. — En ^gga ^Hi^ HMpBji^H^iH w^S^m
juin 1828, lorsque l'on construisit l'hôtel zT^
Saint-Herbland , à la place de l'église de ce
nom, on aperçut, en creusant une fosse d'ai- J2.
sance , à la profondeur de plus de 6 mètres , ^^
une belle construction romaine. Les murs, ''■^^
appareillés de pierre , étaient chaînés de -^
briques. Les ouvertures étaient faites avec de HB
la brique (2). Parmi les ouvertures on remar- "J
quait l'entrée d'un jjrtc/Mrnmm, ou fourneau, --_:--,.,— „ ^ ^^^^. ^..-—---j-y
que nous reproduisons ici. M. H. Langlois a l\ /)M^ '4~r^-/'^|i!ji|/'(' - ](
dessiné, pour les cartons de la Commission V^^i^=^-^C^^^r^^"''^ ^'^^^
des Antiquités, ce curieux spécimen antique. " '' " ' ,'
„ , , _ „ , . , „ EKTKÉK D'UPC rOURNEAl'BOMAINCnOlIEK, 1828).
Rm de la Grosse-Horloge , »o 14. — En
1861, en creusant la cave du n» 14, voisin de l'hôtel Saint-Herbland, on a trouvé des
débris d'architecture romaine, des tuiles à rebords, plates ou convexes, des mortiers et
des monnaies frustes (3).
Rue Massacre , près de la rue de la Grosse-Horloge. — En 1 84-2 , on y a recueilli des
débris romains.
Rue Saint-Etienne-des-Tonneliers , nos 14 et 15. — M. De la Quérière raconte qu'en
juillet 1822, en fondant, dans la rue des Tonneliers, les maisons qui portent les nos 44 et
15, on trouva, à la profondeur de 4 mètres, une construction romaine avec un hypo-
causte. On en détruisit une portion ; mais une grande partie passe sous la rue et n'a pas été
entamée. Outre ce calorifère, placé au sud, on en a rencontré un autre dans la direction
de l'ouest. Il avait de plus un conduit en ciment et en terre cuite, des briques ronniines et
de grandes dalles pour le pavage. Dans les déblais voisins , on a recueilli cinquante ou
soixante monnaies romaines , parmi lesquelles on distinguait un Gatlien en aident et deux
Constantin en bronze (4). — L'opinion qui soutient que le sol de S^nt-Etienne-des-Ton-
(i) De la Quérière, ■ Description historique des Maisons de Rouen, • t. ii, p. Ï6Î-63,
(1) ,■ Procès-verbaiu de la Commission des Antiquités, ■ p, 128, et ■ Archivée de la Commission. ■
(3) ■ Journal de Rouen, a du 15 novembre 1861.
(i) De la Quérière, <• Description historique des Uaisons de Rouen, ■ t. ii, p. 243-44.
— 93 —
peliers était autrefois une île ou sous les eaux, et qu'il n'a été réuni à la terre ferme qu'au
temps de nos premiers ducs , recevrait peut-être ici un premier démenti.
Rue Impériale, précédemment rue des Prêtresses. — Au printemps de 1846, lors de
la confection de la nouvelle rue Impériale, aux abords de l'ancienne rue des Prêtresses et
au niveau des eaux de Robec , j'ai vu découvrir, à 2 ou 3 mètres du sol , une très belle
construction gallo-romaine. C'était une maison particulière , dopt on reconnut la salle
longue de 4 mètres 15 et large de 3 mètres 85. Haute d'environ 2 mètres, elle était
encore décorée de peintures murales représentant des lambris et des panneaux de marbre
simulés. Ces ornements étaient bien conservés. Le pavage se conTposait de carreaux en
terre cuite de 60 centimètres de long sur 40 de large et 5 centimètres d'épaisseur ; il repo-
sait sur les piliers d'un hypocauste. Des conduits
" sortaient du calorifère et tapissaient les murs.
M. Deville attribue cette maison au iii« siècle
I I ri |~| I II de notre ère. Les peintures ont été dessinées
par lui et reproduites en couleur par les soins de
P 'nP Ol Q l'Académie. M. Girardin , qui a analysé les ma-
tières colorantes , a reconnu qu'elles avaient été
LLji uI LJ LJ .appliquées à la cire (1). Les cartons de la
I — I I — I n n Commission des Antiquités possèdent également
LJ UmA UJ L-J quatre belles planches peintes en couleur par
M. Deville, et représentant les murs, le pavage,
HTP0GAU8TB DB LA RUE DBS PRÊTRESSES i , /w. • i • , ' i "O ^
(ROUEN, 1846). le chauffoir et les pemtures de cette cuneuse
habitation.
Rue Impériale , aux abords de la rue Saint-Nicolas . — Au bord du ruisseau de Robec,
on a aperçu les fondations d'une habitation romaine avec des tuiles et des poteries. —
Entre la rue Saint-Nicolas et la rue Saint-Romain , on a rencontré, en 1861 , des tuiles à
rebords.
Rue de la Chaîne, en face de la rue Neuve-Saint- Amand. — En 1829 , M. De la Quérière
a vu trouver, dans le jardin de l'ancienne abbaye, des tuiles et des briques romaines (2) et,
au no 6 bis de la même rue, M. Thaurin a vu extraire , en 1858 , des tuiles à rebords, des
grandes briques et des conduits de chaleur (3).
L'ancienne abbaye Saint- Amand. — Toute cette abbaye, ainsi que les terrains qui
r^environnent , sont remplis de restes romains sur un grand espace et sur une forte
(1) Deville, « Revue de Rouen, » année 1846, i**" sem., p. 319-20. — Girardin, « Analyse de quelques Produits
d'art d*une haute antiquité, » p. 2-10 et pi. 1, 2, 3. — Id., « Précis analytique de l'Académie de Rouen, » année
1852, p. 143-48, pi. 1, 2, 3. — Liger, « Mémorial de Rouen, > des 7 et 11 mai 1846.
(2) De la Quérière, « Description hist. des Maisons de Rouen, » t. ii, p. 131.
(3) a Journal de Rouen, » du 3 avril 1858.
L
04 -
^;>aisseur. Non-seulement l'abbaye elle-même a été construite sur un édifice gallo-român^
mais aussi plusieurs de ses murailles s'élevaient perpendiculairement sur des restes eneoni
très solides de murs antiques chaînés de tuiles (1). Aussi nous allons avoir à enregistrer
plusieurs découvertes de tout genre , faites, à diverses époques, dedans et autour de Saint-
Amand.
Rue Impériale, hôtel Saint- Amand. — En 1858, on a rencontré, dans l'encânte de
l'hôtel , trente-six monnaies en argent et en billon des Philippe , de Gordien père , de
Trébonien-Galle , de Trajan-Dèce , de Volusien , d'Elagabale, d'Herennius, d'OtaciBe et
d'Estrucille. Ces pièces sont entrées au Musée de Rouen (2).
Impasse Saint' Amand. — En juillet 1848,
en creusant un puits , on a trouvé , à 5 mètres
de profondeur, de grandes et belles briques
romaines, et un mur épais de 1 mètre , com-
posé de fortes pierres alternées d'assises de
briques (3). (Nous reproduisons ici une de
ces briques ; l'autre vient de Saint-Lô).
Rue Impériale, près Saint-Am^nd. — En
1856, on a rencontré des débris romains, tels
que vases , tuiles , poteries à reliefs , bronzes
d'Antonin , d'Adrien et de Tétricus (4). »"««" eomaiiies (roubm, ws).
Rue Impériale, près la rue du Petit-Loup. — En 1846, on a vu une muraille romaine
qui se prolongeait sous l'enceinte de l'abbaye Saint-Amand. Un vase de terre , voisin de ce
mur, contenait trois cents monnaies de bronze de Galîien , de Victorin , de Tétricus et
surtout de Garausius.
Ru^ de la Roucherie Saint-Chien. — En 1834 , en étsd)lissant un aqueduc , on a trouvé
des murs antiques , des claveaux et des briques romaines (5).
Un second quartier de Rouen tout rempli de débris romains, c'est celui des Carmes,
notamment la place et la rue de ce nom. Le sol , ici , referme un monticule élevé où les
ruines antiques sont compactes et entassées.
Place des Carmss. — A différentes reprises, cette place s*est montrée féconde en décou;
vertes. Une première fois, ce fut en 1818, lors de la construction de la maison de M. Noury-
Vallée, alors rue de la Chaîne, aujourd'hui ;>/acé des Carmes, n® 31. On trouva d'antiques
fondations en briques romaines d'une ti^ès grande épaisseur. Lia façade de la maison a été
(1) a Congrès archéologique de France, » année 1859, p. 535.
(2) Deville, • Revue de Rouen, » année 1846, i*' sem., p. 124.
(3) Deville, « Répertoire Mss du Musée de Rouen, » t n, n*649.
(4) « Journal de Rouen, » du 21 juin 1856.
(5) De la Quérière, «Description historique des Maisons de Roaen, * ^. n, p. 126. — Devtlle, « G^tMdgne du
Musée départemental, » année 1845, n* 43, p. 21.
— 95
fm^àée sur cette constraction , qui était énorme. Près de là s'est trouvé un fragment de
eokmne gigantesque (4). — D'autres travaux, opérés vers 1830, ont fait recueillir des
crépis coloriés et d'épais mortiers que nous avons vus chez M. Jean Rondeaux.
Mais c'est en 1839 que les plus belles découvertes ont été faites sur la place des Carmes,
dans la direction de la rue des Arsins. En démolissant un bâtiment conventuel pour asseoir
la maison qui porte le no 34 (2), on a rencontré une masse de débris antiques. A 4 mètres
de profondeur, on reconnut une épaisse muraille que l'on considère comme l'ancienne
eDcante militaire de Rotomagus. La base du mur était faite avec de fortes pierres sculptées
provenant d'anciens édifices , notamment de tombeaux. C'est là que se trouvait le cippe
fonéraire de Cassiola, que nous décrirons et reproduirons au chapitre des sépultures. On
recueillit dans cette fouille une quantité considérable de pierres taillées, de tuiles à rebords,
de poteries de toute sorte, de monnaies de bronze du Haut comme du Bas-Empire (3).
Mais la découverte la plus précieuse , sortie de cette
tranchée, est une statuette de Mercure, trouvée le
5 septembre 1839. Cette figurine de bronze montre le
•dieu du commerce debout , vêtu de la clamyde et la
bourse à la main. Nous reproduisons ici, dans sa
grandeur naturelle , cette image , montée sur son pié-
destal aussi en bronze et de forme hexagone. — Cette
jolie pièce a été achetée en 1854, par le Musée de
Rouen, la somme de 500 fr., à M. Thaurin, qui l'avait
sauvée. Nous en devons le dessin à M. E. NicoUe.
Nous rattachons au groupe romain de la place des
Carmes l'importante découverte qui fut faite en 1789,
par M. Torcy, lors de la construction d'une raffinerie
dans une cour de la rue des Carmes, qui porte aujour-
d'hui le n^ 85. Le vieil architecte a raconté lui-même
sa découverte, et, en 1818, l'Académie de Rouen a eu
l'heureuse pensée d'imprimer son récit, qui lui fut
communiqué par MM. Rondeaux et Le Prévost. Dans
ce mémoire , M. Torcy raconte qu'à 18 pieds (6 mètres)
du sol actuel , il trouva une forte muraille greffée sur
une plus ancienne encore, et qui courait dans le sens de la rue. C'était un mur en
^:\?M
3 ^^V
MKICITRK un BRONZB (BOUBN, 1839).
(IJ De la Quérière, « Description historique des Maisons de Rouen, » t. i", p. 76. - « Procèg-verbaux de la
Gmmimon des Antiquités, » p. 16. — Licquet, « Recherches sur l'histoire religieuse, morale et politique de
Rouen, » p. 8.
(2J Rue Neuve-des-Arsins, n» 30, d'après M. Thaurin.
(3) De la Quériôre, « Description historique des Maisons de Rouen, » t. u, p. Tl*^,
— 96 —
petit appareil, chaîné de briques romaines. La porte, haute de 3 mètres, était à 10
pieds de profondeur. A 20 pieds se voyait une salle pavée en pierre dite de Chiquart , du
bassin de Paris. Ce mur se prolongeait sous V hôtel de France. Sur son tracé, M. Torcy
crut reconnsdtre la forme de deux tourelles.
Un autre mur, placé à 7 mètres du sol, se dirigeait vers Saint-Lô. Cette maçonnerie,
également romaine , avait 4 mètre 50 d'épaisseur.
Un troisième mur, enseveli à la même profondeur, paraissait se diriger également vers
V hôtel de France. On remarcpia, encore en place, une grille de fer maillé d'environ 2 mètres
de laideur.
Au milieu de ces ruines souterraines et profondes, on distingua un cube en pierre de
Saint-Leu, qui était sculpté, et où Ton crut reconnaître l'image d'une croix. Il s'y trouvait
aussi des charbons en abondance et du blé brûlé, restes d'un vaste incendie; une couche
très épaisse de côtes de cheval , sans autres ossements du même animal ; un vase en terre
et des épingles en ivoire. Le nombre des monnaies recueillies s'élevait à quatre-vingts :
quarante-cinq étaient frustes. Elles étaient en argent, en bronze et en étain. Celles qui ont
été reconnues ont donné les noms d'Antonin, de Posthutae, de Tétricus et de Carausius (i).
Dans cette même rue des Carmes, on a trouvé, en 1818, un vase de terre- avec des
épingles en ivoire.
Le troisième centre archéologique de la cité de Rouen , c'est l'ancienne abbaye de Saint-
Lô et les terrains environnants. Il existe ici la même élévation de terrain que dans le quar-
tier des Carmes, et le sol est aussi profondément semé de débris. Depuis un demi-siècle ,
l'abbaye de Saint-Lô a été souvent remuée pour des appropriations diverses , et toujoiu^s
elle a répondu par des découvertes nouvelles.
M. De la Quérière nous apprend que, dès 1817, des fouilles y furent pratiquées sous
l'administration de M. le comte de Kei^ariou. On y trouva, au milieu d'un amas de tuiles
et de poteries antiques , une suite d'appartements romains et des fragments d'inscrip-
tions (2). En 1818, on y constata la présence d'un aqueduc et de murs coloriés dont
M. Jean Rondeaux a conservé chez lui les crépis.
En 1820, on trouva de la paille brûlée et des ossements de cheval, à 5 mètres de pro-
fondeur.
Vers 1824, M. Licquet a vu, dans l'enceinte de Saint-Lô, de belles constructions an-
tiques, qui, selon lui, se reliaient à celles qui furent trouvées, en 1789, dans \dL rue des
Carmes (3).
(1) « Précis analytique des Travaux de TAcadémie de Rouen, » année 1818, p. 177-82. — De la Quérière,
« Description historique des Maisons de Rouen, » 1. 1", p. 83-87. — Licquet, « Recherches sur l'histoire de Rouen, »
p. 7 et 8.
(2) De la Quérière, « Description historique des Maisons de Rouen, » t. !•% p. 77-78.
(3) Licquet, « Recherches sur l'histoire de Rouen, » page 8.
— 97 —
En 4847, on troma dans l'Ecole normale, qui a remplacé le monastère, un cercueil de
pierre au milieu de sarcophages de plâtre.
Enfin , en février i 848 , M . Deville a vu extraire , rue Saint^Lô , n® 26, de grandes
et belles tuiles romaines épaisses de 4 centimètres, larges de 32 et longues de 42.
( Voir l'une d'elles , page 94 ). Là se trouvait aussi un angle de mur soigneusement
travaillé.
Nous ne voulons pas omettre de dire que la tradition , comme l'histoire, fait de Saint-Lô
un point historique et religieux fort important. C'est là , d'après les historiens de notre
ville, qu'aurait existé le temple de Roth, cette divinité topique dont saint Mellon aurait
renversé les autels (i).
Nous croyons devoir rattacher au quartier Saint-Lô les découvertes faites dans ses
environs.
Rue Socrate, nos 13-15. — Vers 1825, en creusant les fondements de cette maison,
on trouva le corps d'un homme, accompagné d'une lance et d'un casque, et les squelettes
d'un cheval et d'un cerf (2).
Même rue, m 26, à l'encoignure de la rue des Fossés-Louis VIII . — En avril 1863,
on y reconnut des murs d'habitation, couverts de peinture, et des vases, dans une demeure
adossée à la muraille militaire.
Rue des Fossés-Louh VIIL — M. A. Pottier raconte qu'en 1851 il vit, dans cette rue,
des restes de colonnes , des murailles solides et épaisses , qu'il croit les restes de l'enceinte
militaire (3).
Rue Saint-Lô et rue Boudin. — En 1844, lors des grands travaux de creusement occa-
sionnés par l'achèvement du Palais-de-Justice , on trouva de nombreuses constructions
romaines. A 5 mètres du sol se reconnaissait une voie pavée, et le terrain était tout
rempli de débris de vases et de monnaies. M. Deville nous a laissé le récit de ces décou-
vertes (4).
Le Suburbium ou les Faubourgs de la CrrÉ. — Nous appellerons ainsi tout ce qui ,
n'étant pas renfermé dans l'enceinte de la Cité romaine, existait pourtant sous les Césars,
et fait aujourd'hui partie du territoire conununal de Rouen. Nous procéderons également
par rues et par quartiers.
Quartier Saint-Maclou. — Rue Malpalu. — En 1840, on a trouvé dans cette rue un
fragment de gobelet en verre bleu, qui a été déposé au Musée.
Rue Napoléon III, près l'ancienne rue Pigeon. — En 1860, en creusant les fondations
d'une maison, on trouva les piliers d'un hypocauste, et, dans toute la fouille, beaucoup de
(1) Rondeaux de Sétry, « Notices et Extraits des Manuscrits de la Bibliothèque du roi, » t. m, p. 591-92.
(2) De la Quérière, a Description historique des Maisons de Rouen, » t. ii, p. 268-69.
(3) A. Pottier, « Revue de Rouen, » année 1851, p. 190-9U
(4) Deville, « Revue de Rouen, « année 1844, !•' sem., p. 187-188.
13
- 98 —
tuiles à rebords (1). — En 1858, en fondant la maison qui porte le n® 19 de la même rue ,
on rencontra de nouveau les restes d'un hypocauste. La même année, perçant un puits,
M. Piednud recueillit une statuette romaine en bronze, une monnaie de bronze de Lucile,
des fondations de murs romains et une hachette en silex (2). — En 1854 de nombreux
débris ont encore été constatés dans la rue Pigeon (3).
Rue du Chemin-Neuf, au pied de la côte Sainte-Catherine. — Vers 1840, on y a re-
cueilli un pied de vase en verre blanc très irisé, et en 1864, près le cimetière du Mont-
Gargan, ont été déterrés des tuiles, des poteries et des mortiers romains. Là se trouvait
un grand bronze de Marc-Aurèle (4).
Côte Sainte-Catherine. — En 1 838 , près de l'ancien fort, on a trouvé des tuiles ro-
maines; en 1841 , un bronze de Posthume, et en 1852, des tuiles romaines et des mon-
naies impériales en bronze et en billon (5).
Rue Saint'Hilaire , n^ i02, à l' hôtel Saint-François. — Vases et monnaies trouvés en
1823, en 1828 et en 1865. Nous en parlons à l'article des sépultures.
Quartier Saint-Ouen ou Beauvoisine. — Place de VHôtel-de-Ville. — La place de
l' Hôtel-de-Ville , le jardin de Saint-Ouen et les alentours de l'abbaye sont remplis de
débris romains. On en a rencontré toutes les fois que l'on a remué le sol. M. De la Quérière
se souvient d'avoir vu sortir de terre des tuiles et des poteries romaines, lorsque l'on planta
les mâts pour tracer le plan de la rue Impériale, alors projetée (6). M. Deville assure avoir
placé au Musée , en 1 847, deux meules à broyer rencontrées près du pavillon nord de
l'Hôtel-de-Ville (7). Dès 1835 , il en avait déjà été trouvé d'autres sur la même place
publique. Les plus belles découvertes paraissent avoir eu lieu vers 1853, lors de la cons-
truction d'un aqueduc. Là , on remua une masse énorme de poteries antiques. Il y avait
tant de terre de Samos que M. Thaurin put y recueillir environ vingt noms ou marques de
potiers (8).
Les grands travaux de 1861 à 1863, lorsqu'ils ont atteint ou seulement approché les
abords de Saint-Ouen , ont toujours montré des restes antiques. M. Thaurin cite la décou-
verte de monnaies de bronze faite dans la rue des Murs-Saint-Ouen. C'étaient des
Domitien, des Trajan, des Adrien, des Faustine, des Julia Domna et des Posthume (9).
En 1862, M. P. Baudry a vu extraire de la place de l'Hôtel-de-Ville des poteries romaines,
(1) « Journal de Rouen, » du 4 juillet 1860.
(2) Id., du 4 juillet 1860.
(3) Id., du 23 mars 1856 et 3 avril 1858.
(4) Id., du 15 mars 1864.
(5) Id., du 15 mars 1864.
(6) De la Quérière, « Description hist. des Maisons de Rouen, » t. i", p. 77.
(7) Deville, « Revue de Rouen, » année 1847, p. 386.
(8) « La Normandie souterraine, » !'• édit., p. 159; 2« édit., p. 181.
(9) « Journal de Rouen » du 11 mars 1861.
— 99 —
des vases rouges et des épingles en os. A Tangle de la rue de la Cigogne, il a reconnu des
constructions romaines bien conservées et entourées de poteries rouges et noires. Dans
l'ancienne rue de la Perle, il a vu des tuiles à rebords, des défenses de sanglier et des objets
en os.
Nous avons parlé des découvertes faites, en 1834, dans la rue des Boucheries-Saint-
Ouen. La même année , on rencontra aussi des tuiles à rebords dans la rus des Faulx (1).
Dans ces derniers temps, on a reconnu , à 4 mètres du sol , les traces d'une voie antique ,
et autour, des poteries romaines de toute couleur, des monnaies en bronze de grand et de
petit module.
Dans le clos des Marqueurs, près Saint-Nicaise, on a recueilli une amulette de bronze
et des monnaies antiques.
En 4 836, lorsque Ton creusait dans l'hôtel de la Recette générale, situé rus de la
Seille, on trouva des tuiles à rebords et autres débris romains (2). En 1840, cette même
rue a présenté un vase en terre grise et des fragments de verre blanc.
Au mois de septembre 1859, pendant que Ton creusait les fondations d'un bâtiment
du Lycée vers la rue Impériale, on trouva des poteries romaines et des bronzes de Trajan ,
de Tétricus et de Constans. Dès le mois de juin , on avait recueilli des monnaies romaines
dans la cour du L^cée. Enfin , dans la rus du Grand-Maulévrier , on avait recueilli un
Constance II et un Constantin-le-Jeune (3).
La voie qui a tracé la rue Beauvoisine était aussi semée de débris. En septembre 1840,
en creusant la terre au no 50, on trouva des poteries et des monnaies romaines que nous
rapportons à des incinérations des premiers siècles (4). Dans Tété de 1858, on a recueilli,
dans cette même rue, un paquet de monnaies en argent et en billon du iv^ siècle. On
y reconnut des Philippe, des Gordien, des Trajan-Dèce, des Otacille, des Etruscille, des
Herennius, des Trébonien-Galle , des Volusien et des Gallien (5). Enfin, sur là, place
Beauvoisine, on a également reconnu des poteries, des verreries et des bronzes antiques,
qui devaient provenir de sépultures. Nous ne parlerons pas des cercueils de plomb de la
rue d'Ememont ; mais il n'est pas jusqu'aux hauteurs de Bihorel , par où passait la voie ,
qui n'aient offert des monnaies romaines.
Si de Beauvoisine nous passons à Bouvreuil , les découvertes et les débris nous suivent.
Le lieu le plus fertile paraît avoir été jusqu'ici l'emplacement du château de Philippe-
Auguste. Dès 1838, on a reconnu, dans l'enclos des Dames-Ursulines , une muraille
romaine en petit appareil chaîné de briques. Elle descendait jusqu'à 7 mètres de profon-
*
(1) De la Quériôre, « Description hist. des Maisons de Rouen, » t. n, p. 144.
(2) « Description historique des Maisons de Rouen, > t. ii, p. 265.
(3) Thaurin, « Journal de Rouen, » du 27 octobre 1859.
(4) « Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, » p. 287. ^ De la Quériôre , « Description historique des
Maisons de Rouen, » t. ii, p. 120.
(5) • Journal de Rouen, » du 12 ju^let 1858.
OXFORD
— 400 —
deur et courait est et ouest (1 ). Au pied du donjon , il existe une muraille romaine construite
sur pilotis et prenant naissance à 8 mètres du sol. Là passaient les eaux de la fontaine
Gaalor, devenue plus tard le ruisseau de la Renelle. En 1841, lorsque l'on perça la rue
Alain-Blanchard et que l'on démolit la tour Bigot, on exhuma beaucoup de débris romains.
D'abord on trouva un puits tout rempli de tuiles et de poteries, puis on m'a parlé d'un
vase en terre grise , d'un moyen bronze de Commode et d'un vase rouge à reliefs représen-
tant une femme nue dans la pose de la Vénus de Médicis (2).
Les grands travaux opérés en 1862 ont révélé de nouveaux vestiges. Des murailles
romaines se sont feit jour à l'entrée de la rue de, r Impératrice, à la hauteur de la rue
Morand. Un mur chaîné de briques devait se relier avec celui qui, en 1838, fut aperçu
à 6 ou 7 mètres du sol , dans l'établissement de M^n^ Cousin , et dont le dessin existe dans
les cartons de la Commission des Antiquités. Ce dernier, aussi en petit appareil , était
chaîné de grandes briques romaines (3).
Des amphores brisées ont été recueillies entre la rue Morand et la place Solférino.
Au bas de la rue Bouvreuil , tout près de la rue Saint-Laurent , un Néron et d'autres
empereurs romains ont été vus en juin 1862 (4).
Les environs de l'église Saint-Laurent furent nécessairement un point romain très
important; car, en perçant la rue de VRôtel-de-Ville, on rencontra, dans l'ancien pres-
bytère, des tuiles, des poteries et des monnaies romaines, un conduit d'eau en pierre et
une base de colonne qui est entrée au Musée.
Mais, en descendant vers la Cité, les trouvailles se multiplient, surtout aux environs
de Saint-Laurent. En 1840, dans la rue du Coquet, on recueillit un goulot d'amphore ?
une tuile faîtière et des fragments de creuset. Dans la rue Saint-Laurent, on a reconnu des
constructions antiques et des débris divers. En 1810, en creusant une cave au n" 3 de la
rue de V Ecole, on découvrit un mur antique de 3 à 4 pieds d'épaisseur, se prolongeant
vers la rue Bouvreuil. Ce mur était composé d'assises de carreaux en terre cuite , d'un pied
en carré et maçonnés à bains de mortiers. On en démolit 3 mètres (5). En 1831, au n° 14
bis, à l'angle de la petite rue Saint-Laurent, on trouva un mur romain épais de 70 centi-
mètres et appareillé de moellon chaîné de briques. Auprès se trouvaient des monnaies
d'argent et de bronze (6). En 1847 , lors de la construction d'une maison dans cette même
rue de l'Ecole, et auprès de la petite rue Saint-Laurent, les ouvriers trouvèrent des
monnaies de bronze du m* siècle, qu'ils vendirent à M. De la Quérière.
(1) De la Quérière, « Description hist. des Maisons de Rouen, » t. ii, p. 199.
(2) Pareille image a été trouvée à Vie. Voiries « Mémoires de la Société des Antiquaires de France, » t. viii,
pi. V. — Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, w p. 303.
(3) k Procès-verbaux de la Commission des Antiquités , » p. 264.
(4) « Journal de Rouen, » du 2 juillet 1842.
(5 De la Quérière , « Description hîst. des Maisons de Rouen, » t. n, p. 137.
(6) De la Quérière, « Description hist. des Maisons de Rouen, » t. ii, p. 137.
— iOl —
Parcourant l'espace recouvert aujourd'hui par la ville et qui entoura autrefois la Cité du
nord à l'ouest, la civilisation romaine ne nous fait pas défaut.
Au n® 27 de la rue Saint-Patrice , nous avons un mur en petit appareil chaîné de
briques. Près de l'ancienne église mérovingienne de Saint-Martin , sur son emplacement
même, on a recueilli une meule, des poteries et des tuiles romaines. En 4864, j'y ai vu
moi-même des monnaies de bronze , des tuiles à rebords et des poteries rouges. Le quar-
tier de la rue des Bons-Enfants, voisin de la rue de l'Impératrice, a montré, en 4861 et
en 4862, des constructions romaines. On a reconnu trois puits entre les rues Perdère et
de la Renelle. En face de la ru£ Dinanderie , c'étaient des meules à broyer, des poteries et
des monnaies antiques, notamment deux bronzes de Vespasien. En face Y hôtel Fromentin,
près l'ancienne Renelle, on a remarqué un pilotis en bois de chêne, environné de débris
romains. Aux approches de la rue Saint-Lô est apparu , à 3 mètres de profondeur, un
mur tout ento\u*é de poteries romaines.
Nous appellerons l'attention particulière du lecteur sur l'église Saint-Jean et ses envi-
rons. Là, les épaves antiques étaient plus nombreuses encore. Beaucoup de découvertes
ont été faites dans la partie prolongée de la rue aux Juifs. Une voie antique est apparue
dans le voisinage de la ru£ Massacre , ainsi qu'une pièce de Trajan-Dèce. Au Marché-Neuf,
on a recueilli, en 4862, des poteries à reliefs en terre de Samos, et une lampe portant en
saillie le nom de cresces (4). Le sol, sous l'église Saint-Jean, était semé de monnaies en
bronze, et le cimetière était plein de poteries de toute couleur; il s'y est rencontré des
boules de verre, des épingles en métal, des lampes et surtout une belle boucle d'oreille
en or, imitant un poisson, et que je crois du rv* ou du v^ siècle. En 4864, lors de fouilles
faites pour fonder des maisons de la rue de l'Impératrice , situées entre les rues Rollon et
Guillaume-le-Conquérant , on a rencontré des masses de débris antiques , un hypocauste
et une salle romaine. En 4865, un nouvel hypocauste s'est fait jour là où fut autrefois
Vkôtel de la Pomme de Pin. Dans la direction de la rue de la Grosse-Horloge^ on a vu
sortir, au milieu de monnaies, de poteries et d'épingles antiques, une belle lampe avec un
nom et un sujet en relief. Cette lampe a été acquise par M. Thaurin.
Puisque nous sommes sur le tracé de la rue de l'Impératrice, suivons-le encore un mo-
ment dans sa descente vers la Seine. Dans la traverse de la rue de la Grosse-Horloge ,
nous reconnaissons plusieurs couches de la voie antique, composées de mâchefer (2). Le
long de la route gallo-romaine , on a constaté , à 3 mètres du sol , des murs romains avecf
leurs crépis coloriés de rouge et de bleu, des conduits de chaleur et des fragments de
poterie. En juin 4862, M. Thaurin a recueilli dans cette rue une statuette en terre cuite
(1) Thaurin, « Journal de Rouen, » du 22 décembre 1862.
(2) Paul Baudry, « Nouvelliste de Rouen, » du 1" août 1862. — Thaurin, « Journal de Rouen, • du 2 août
1862.
— 402 —
représentant l'Abondance. Le 49 juillet de la môme année, il y a été trouvé un grand vase
de bronze de la capacité de 5 à 6 décilitres. Les monnaies reconnues dans ces débris sont
de Néron, de Vespasien, de Titus, de Domitien et des Antonins (1).
Entre la rue de la Grosse-Horloge et la rue aux Ours se sont présentés des piliers
dTiypocauste, avec de la poterie romaine et une monnaie gauloise. Devant la tour Saint-
André-aux-Fêvres, on a recueilli des peintures murales et des conduits de chaleur. Enfin,
à l'angle de la rue aux Ours, ont apparu des assises de chemin , des médailles , des poteries
rouges et des meules à broyer, logées à 5 ou 6 mètres du sol.
A l'encoignure de la rue Saint-Vincent , autrefois surnommé sur Rive , on a
ramassé , en 1862 , un fragment de poterie rouge avec nom de fabricant , et en
1863, un moyen bronze de Maximien. Près l'église, M. Thaurin a recueilli, au milieu
d'une foule de débris antiques, un fond de barillet avec la marque (p) romeoevs f
(rontin?) (2).
n n'est pas jusqu'à la rue Saint-Eloi, que l'on croit avoir été sous l'eau à cette époque,
qui n'ait donné une petite tête de femme en marbre blanc , aujourd'hui déposée au Musée
d'antiquités.
Remontant de l'ile Saint-Eloi , point où nous sommes , vers le quartier Cauchoise , où
d'autres richesses nous attendent, nous traversons le Vieux-Marché , à l'angle duquel
M. Lévy et surtout M. Thaurin ont recueilli une bien riche moisson de vases samiens à
reliefs. Cette belle découverte eut lieu , en 1 861 , à l'entrée de la ru£ Sainte-Croix^-des-
Pelletiers. Là, près d'un tronçon de voie antique, étaient des tuiles à rebords, des stucs
coloriés , un chapiteau de colonne en pierre et des poteries de toute sorte. On y remarquait
surtout de beaux restes de vases rouges à reliefs qui, outre une grande variété de sujets, ont
fourni à M. Thaurin les noms de trente-cinq à quarante potiers romains. Des bronzes de
Domitien, de Trajan, d'Adrien, d'Antonin, de Marc-Aurèle, de Vérus et de Commode,
étaient mêlés à ces épaves antiques (3).
Une des plus belles antiquités qu'ait données le sol de Rouen est un médaillon en or de
l'empereur Vérus, recueilli dans la rue de Lémery en 1840.
Nous arrivons au faubourg Cauchoise ou quartier Saint-Gervais. C'est la grande nécro-
pole de Rotomagus; mais les morts n'y étaient peut-être pas seuls, et les vivants ne les
quittaient probablement pas de bien loin.
• En 1848, lors de la fondation d'une maison du boulevard Cauchoise, au nord du jardin
de la Préfecture , on trouva des vases de terre et de verre , que tout porte à supposer des
sépultures (4).
(1) « Journal de Rouen, » du 27 juin 1862.
(2) « Journal de Rouen , » du 28 décembre 1863.
(3) Thaurin, « Journal de Rouen, « du 2 août 1862.
(4) « Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, » p. 284-85.
— 103 —
On serait tenté d'attribuer également à des incinérations les froments de vases en terre
cuite reconnus sur l'emplacement de l'ancienne poj-ïfl Cauchoise. Nous ne savons {s'il fau-
drait donner la même origine à des monnaies impé-
riales et à une statuette d'Hercule en bronze trou-
vées, en 1838, en creusant une fosse dans la rue
Stanislas-Girardin.
Nous avons classé au chapitre des sépultures
toutes les découvertes de vases et de monnaies faites,
avec des corps et des cercueils, dans les rues Saint-
Maur, Saint-André-hors- Ville , Roulland , Louis-
Auber et du Renard. Mais nous ne savons s'il faut
attribuer une destination sépulcrale aux voûtes et
aux caves entières reconnues, dès le svn* siècle,
dans le cimetière Saint-Gervais , dont Farin et
Lebrun Desmarettes nous ont gardé le souvenir.
Vers 1837, lorsque l'on construisit l'aile septen-
trionale de l'église Saint-Gervais , on rencontra des
fondations (1) qui pourraient se rattacher à des
édifices antiques, autant qu'à l'ancien prieuré de
Saint-Gervais, où mourut Guillaume-le-Conqué-
rant, le 9 septembre 1087.
Le Musée conserve un chapiteau de cette fouille.
Je le crois gallo-romain. Il m'est difficile d'attribuer ">*•*-'*
à autre chose qu'à l'égUse primitive, bâtie par saint „^^^^^ ^^ „„„„2^ („„„^„_ ,838,.
Victrice , les murs en petit appareil chaîné de
briques reconnus, en 1846, par M. Deville et par moi , au bas de l'église Saint-Gervais (2).
L'assise de ces murailles , sur des tombeaux antiques , semble démontrer leur origine
religieuse.
Nous touchons enfin au terme de notre pèlerinage romain , et tout sera dit quand nous
aurons mentionné , au faubourg Saint-Sever, les deux seules découvertes que nous y
connaissions. La première est une monnaie d'or de Justin, recueilUe aux Chartreux,
commune du Petit-Querilly. La seconde est une chaussée reconnue, en 1840, dans le
jardin de M. À. Pottier. Il a recueilli , dans la même tranchée , des monnaies de Constance
et divers débris antiques.
(1) 11. Thleury, • Saint-Gervais de Rouea, » p. 75.
(1) Deville,* Revue de Rouen, > sanée 1846, 1" sem., p. 359.— n La Normandie soulerraine, «
2' *dil., p. 45. — Thieury, ■ Sainl-Geiraîs de Rouen, • p. 15,
— 404 —
Les Voies romaines. — Quoique nous ayons déjà indiqué ailleurs (4) les voies antiques
qui traversaient la Cité de Rouen ou qui en sortaient pour gagner les villes du voisinage ,
nous allons cependant esquisser une fois de plus le réseau romain qui rayonnait autour de
la métropole de la seconde Lyonnaise.
Le premier de tous ces chemins était celui de Rome , qui se rendait à la capitale du
monde par Ritumagus (Radepont), Petromantalum (Magny), Lutetia (Paris), Agedicum
(Sens), Augustobona (Troyes) et Lugdunum (Lyon). Il quittait Rouen par \di porte orientale
ou de Robec, longeait la chaussée devenue la rue Martainville, passait par le Nid-de-Ckien,
Car ville et le Mont-Main.
Le second, une suite du -premier, conduisait à Fembouchure de la Seine et au bord de
l'océan, par Lotum (Caudebec-en-Caux), Juliobona (Lillebonne) et Caracotinum (Harfleur).
Après avoir traversé Rouen par la Grande-Rue, nom qui se retrouve dans presque toutes
les anciennes villes , il en sortait par la porte Massacre ou Cauchoise, continuait par la
rue de la Grosse-Horloge, où on Ta récemment retrouvé (2), traversait le Vieux-Marché,
longeait les rues Cauchoise et Saint-Gervais, toutes bordées de sépultures, pour gravir
enfin la côte du Mont-aux-Malades , où les cercueils se montrent tous les jours (3).
Le troisième , qui conduisait aussi à Rome par Paris, suivait la rive gauche de la Seine
et passait par Uggatç (Caudebec-lès-Elbeuf) et Mediolanum (Évreux). Il sortait de Rouen
par la rue Grand-Pont, la porte de la Roquette, traversait la Seine sur le pont de bois qui
précéda le pont de pierre du xii^ siècle , et dont l'existence , révélée par les auteurs carlo-
\ingiens (4), ne saurait être révoquée en doute pour l'époque romaine.
Un quatrième chemin , que nous n'avons pas encore tracé , sortait aussi de Rouen par
le pont de la Seine et le faubourg d'Émendreville , aujourd'hui Saint-Sever. C'était la route
de ce que nous appelons la Basse-Normandie. Par elle , la métropole communiquait avec
les cités de Crociatonum et A'Alauna, par Augustodurum (Bayeux), Araegenus (Vieux),
Noviomagus (Lisieux) et Breviodurum (Brionne ou Pont-Audemer). Cette voie, qui nous
(1) « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xiv, p. 151-156, et t. xxiv, p. 320-350. — « La Seine-Inf., hisl.
et archéologique, » p. 41-76.
(2) Paul Baudry, « Nouvelliste de Rouen, » du 2 août 1862. — Thaurin, « Journal de Rouen , du 2 août 1862. —
Ces deux observateurs s'accordent à nous montrer le macadamisage antique des rues de Rouen comme un véritable
béton composé de cailloux cassés comme de grosses noix , et enveloppés de laitier ou mâchefer mêlé à des parcelles
de cuivre et à des os d'animal. Ce mélange , broyé par les siècles, forme un mastic plus dur qu'une maçonnerie : la
pioche ne peut l'entamer.
(3) « Journal de Rouen » du 9 février 1861.
(4) Au IX' siècle , Lothaire-le-Germanique , dans ses luttes contre Gharles-le-Ghauve , donne ordre au comte
Gérard de couper tous les ponts de la Seine , en aval de Paris. « Girardus quoque pontes quoscunque reperit
destruxit. » (Nith. lib. ii , ad annum 841. — Fallue , t. i«', p. 110 et 192.) — Ce fut sur le pont de bois de Rouen que
Rollon reçut l'hommage du duc de Bretagne. (Rondeaux de Sétry, « Notices et extraits des Manuscrits de la
Bibliothèque du roi , « t. m , p. 593.) — En 1025, Richard II donne aux moines de Jumiéges le droit de pèche depuis
le Pont-de-l'Arche jusqu'à celui de Rouen. « A Ponte Archas usque ad pontem Civitatis. »
— 105 —
est surtout révélée par la Commission topographique des Gaules (i) et que nous rer
grettons d'avoir omise dans notre réseau, bifurquait près Téglise de Saint-Sever et
passait par le Grand-Couronne et Moulineaux, où les anciennes sépultures ne man-
quent pas.
Une voie que nous avons déjà retracée , mais dont nous croyons avoir mal indiqué la
sortie de Rouen , est celle qui conduisait à Beauvais, par Ry et Neufmarché. Nous avons
supposé qu'elle sortait de Rouen par la porte Beauvoisine, à cause même du nom de la
rue ; mais aujourd'hui nous pensons qu'elle devait quitter la cité antique par la porte
Saint-Léonard ou de Saint-Ouen , qu'elle longeait la rue des Fauh, la riœ Saint-Hilaire,
où l'on trouve des incinérations romaines, et enfin le bourg de Damétal ou de Longpaon.
C'est la route que dut suivre le corps de saint Ouen quand il rentra à Rouen sous nos
premiers ducs.
Yol porte de Sainte-Apolline au carrefour de la Crosse servait pour la Picardie et pour
cette portion du Beauvoisis qui prit le nom de pays de Bray. Connue sous le nom â^ Aube-
Voie (Alba-Via) dans toute la traverse du faubourg romain , l'antique suburbium, elle était
alors bordée d'incinérations et d'inhumations que nous retrouvons aujourd'hui (2). Elle
montait la côte par Bihorel pour se diriger tout d'abord sur la station romaine de Cailly
et de Saint" André , par le Boisguillaume , Isneau ville et Quincampoix. Arrivée à la hauteur
des édifices romains que nous retrouvons sur la plaine et dans la vallée de Cailly, elle
devait bifurquer pour se diriger vers Dieppe et la mer par le chemin des Fées, vers Amiens
et Boulogne par Neufchâtel et la station romaine d'Épinay.
Nous ne regardons pas comme impossible que des chemins secondaires aient conduit
alors : l'un à Paris, par Gany et les Andelys, la route de Saint-Nicaise ; l'autre à Oissel , par
Saint-Étienne, Quatre-Mares et Sotteville, localités remplies de sépultures; un troisième
enfin put mener à Duroclarum (Duclair) et Gemeticum (Jumiéges), par la rue du Renard,
toute bordée de tombeaux romains, par Bapeaume , Canteleu et la forêt de Roumare. Mais
ici nous sommes réduit à des conjectures.
§ IV. — L'Enceinte romaine de la Cité-
Tous ceux qui se sont occupés de Rouen ont cherché à retracer sa primitive
enceinte. Farin et du Souillet, son continuateur, ont tenté un premier essai que,
cinquante ans plus tard , Duplessis me semble avoir assez bien réussi , pour le temps de
nos premiers ducs. A la fin du xvni® siècle (1781-90), M. Rondeaux de Sétry a dressé
(1) A Bertrand, « Les Voies Romaines des Gaules, » p. 7.
(2) « Journal de Rouen » des 7 octobre 1856, 3 avril 1858 et 9 février 1861.
14
un plan que les découvertes récentes n'ont lait que justifier. La critique du xixe siècle,
PLAN DE ROUEN EOUS lES DUCS DE NORMANDIE
AhxX*> el xr. olêeiet.
r^résentée par M. Gosseaume, vint en 4819 donner son approbation à un travail que
le bruit de la Révolution avait étouffé dès sa naissance. Enfin , l'archéologie est venue
enr^strer patiemment des découvertes qui, aujourd'hui, ont converti en certitude les
assertions d'une critique uniquement basée sur l'histoire. C'est pour cela que nous croyons
pouvoir présenter avec confiance le plan publié par M. de Caumont, comme le fruit des
recherches anciennes et modernes. .
Accordons quelques lignes à chacune des tentatives faites pour la reconstruclion de la
Gté de Rouen.
Déjà Taillepied , à la fin du xvi* siècle , avait parlé du Port-Morand , placé au-dessous
du parvis de la Galende , et de ces fabuleux anneaux , faits pour attacher tes galères (4),
^1) Taillepied raconta dans son • Hecueil des Aatiquitei et BÎDgularilei de la ville de Rouen » qne les navires et
bateaux accédaient près de Vaislre Notre-Dame , au lieu dit le Pori Espy ou Port-Morand. ■ Aussi voit<rD dedass
les caves des maisons du cartier les anneaux oîi on attachoit les galâres et basleaux. * Il ajoute que vers la porte
Hartainville , au lieu dit le Ponchel, ■ se voyent pareillement les anneaux où on attachoit les bateaux de Seine. ■
Edit. de 158S, p. 31; èdit. de 1610 et de 1634, p. 17. - Chose plus Étrange, deux auteurs modernes {VU. Delà
Quârière et Gosseaume] paraissent avoir accordé créance à cette tradition d'anneaux un peu générale parloat.
- 407 ^
que Toû dit avoir vus partout et que Ton ne retrouve plus nulle part. Farin, qui écrivait au
milieu du xwfi siècle, reproduit, pourla;?^a^^ de ta Calende, les assertions de son devan-
cier. Il raentionne les terres neuves , qui , asséchées au temps des ducs , permirent à la
ville de s'annexer les îles de la Roquette, de Saint-Clément et de Saint-Eloi (!)• Farin parle
eoicoTe des portes romaines de Sainte-Apolline et des Boucheries-Saint-Ouen , détruites
seulement en 4539 (2).
En 4740, Duplessis nous représente le Rouen primitif comme un carré long allant , au
nord, du pont deRobec à la porte de la Poterne, par la rue de V Aumône; à Touest, ob
longeait le Marché-Neuf et la rue Massacre jusqu'à la rv£ aux Ours; la ligne du sud ,
formée par la rue aux Ouvs, traversait l'Hôtel-Dieu de la Madeleine jusqu'à la rivière de
Robec; le cours de cette rivière formait, à l'est, la quatrième face de Rouen. A cette chaîne
de murailles, Duplessis accorde six portes, qui étaient h porte de Robec ou de Martainville
^M carrefour des Savetiers; \di porte Saint-Léonard au coin de la rue de F Aumône, près
Saint'Amand; la porte Beauvoisine ou Sainte- Apolline ^ au carrefour des Carmes; la
porte de la Poterne ; la porte Massacre ou de la Grosse-Horloge , qui était aussi la porte
Cauchoise; enfin h porte aux Fêvres, qui se trouvait près de la Seine, à Fangle de la rue
aux Ours et de celle des Vergetiers; on la nommait aussi h porte du Qiuiy (3).
Nous souscrivons à cette division , que M. Rondeaux vient confirmer quarante ans plus
tard. Le plan de ce dernier, composé en 4784, ne vit le jour qu'en 4790, dans une publi-
cation éditée aux firais de l'État (4). Il est intitulé : Plan de la ville de Rouen, dans sa
première enceinte, aux X^ et XI^ siècles. L'enceinte, de forme à peu près carrée, est
chsdnée de douze tours ou tourelles et percée de six portes flanquées chacune de deux
tours rondes. Vers la Seine , le mur suit à peu près la ligne de la rue aux Ours et de la
Dans sa Vescriplion hisiorique des Maisons de Rouen (t !•', p. 124-25), M. De la Quôrière , après avoir perlé àe la
maison de la rue Grand-Pont qui porte le n» 81, ajoute : • Cette maison nous fournit Toccasion de citer un passage
du mémoire de M. Gosseaume, intitulé : « Recherches sur la topographie de la ville de Rouen et ses accroisse-
ments successif, » qui se trouve dans le « Précis analytique des trav. de TAcad. des Scienc, Bell.-Lett et Arts de
Rouen » pour l'année 1819 (p. 151-166). « En creusant la terre, il y a une quarantaine d'années (vers iTSlX ptw
établir les fondements de la maison de M. Lebnm, fourreur (c'est la seconde à droite en descendant de la rue du
PetU'Salut à la rivière), on trouva, à 20 pieds de profondeur, un mur de parapet encore muni de sa tablette aux
bords arrondis et portant de gros anneaux pour y amarrer des barques. «
Je ne parlerai pas seulement des châteaux de Graville et de Tancarville, où vit \me tradition analogue. On la
retrouve même en Grèce, et M. Léon Heuzey l'a constatée dans une ville de TAcamanie. Après avoir décrit le petit
port d*GBmades et une gare à vaisseaux taillée dans le roc, il ajoute : « Les paysans m'ont parlé môme de grands
anneaux de bronze qu'on y trouvait autrefois attachés au roc : l'endroit s'appelle encore E/^ T*f Kp)rf XAcer. »
(L. Heuzey, « le Mont-Olympe et l'Acarnanie , » p. 449). Le môme M. Heuzy nous a assuré qu'en Thessalie, dans la
chaîne du Pinde , il existe un pic très élevé appelé Karava , ce qui veut dire le grand-bateau. Les habitants
prétendent que là s'est arrêtée l'Arche de Noé , et que l'anneau en bronze auquel elle a été attachée se voit au
couchant de la montagne.
(1) Farin, « Histoire de la ville de Rouen, » !'• édit., p. 18-19; Z* édit,, t. !•', p. 7-8.
(2) Id., id., 1" édit., p. 19; 3- édit, p. 8.
(8) Duplessis, « Description géographique et historique de la Haute-Normandie, » t. ii, p. 6-7.
(4) « Notices et extraits des Manuscrits de la Bibliothèque du Roi , « t. m , p. 561-94 et plan.
— 408 ^
rue de la Madeleine jusqu'à la rue Saint-Denû. Dans le fleuve flottent les trois îles de la
Roquette, de Saint-Clément et de Saint-Éloi. Vers l'orient , le ruisseau de Robec limite
la ville jusqu'au-delà de Saint-Âmand , à la hauteur des Baucheries^Saint-^Ouen. Vers lé
nord , les murs s'allongent par la rue de l' Aumône et V Abbaye de SaifU^Lô, jusqu'à
la Poterne et XdiRenelle. Le ruisseau de Gaalor ou de la Renelle, limitant la ville à l'occi-
dent , passait par le Marché-Neuf, la rue Massacre, la rue des Vergetiers et le Châtel bâti
par Rollon vers 910 (4).
M. le docteur Gosseaume, dans ses Rechef ches sur la Topographie de la ville de Rouen
et sur ses accroissements successifs, publiées en 4819 (2), reproduit entièrement la démar-
cation donnée par M. Rondeaux , qu'il ne cite pas , peut-être parce qu'il ne l'avait pas
connue. Ce travail de M. Gosseaume, fait en dehors de l'archéologie et au berceau môme de
cette science , se ressent de l'absence de documents positifs. C'est un essai , plein d'hési-
tation , tenté à l'aide de textes et dont les conclusions sont loin d'être pressantes.
En 1844, M. Chéruel , dans les prolégomènes de son Histoire de Rouen pendant l'époque
communale, esquissa une enceinte de la cité antique , conforme , en tout point , à celle de
ses prédécesseurs (3).
En 1846, M. Fallue publia dans la Revue de Rouen, après l'avoir lu à l'Académie de
cette ville, un Essai sur l'époque de la construction des diverses Enceintes militaires
de notre Cité (4). Il n'apporta sur la question aucune lumière nouvelle , et, comme le dit
fort bien M. Ch. Richarci dans une Réponse également lue à l'Académie et publiée dans
la Revue, « Il ne fait que tracer un croquis rapide , d'après les données qui se trouvât
partout , de la première enceinte fondée par les Romains et conservée par nos premiers
ducs (5). »
L'archéologie , dont nous avons déjà parlé , est venue à son tour contrôler les assertions
de l'histoire , et , chose bien digne de remarque , la série des découvertes enregistrées depuis
cinquante ans ne sert qu'à démontrer le bien jugé des premiers chroniqueurs.
La plus ancienne observation souterraine dont on ait gardé mémoire date de 1 789,
mais n'a reçu de publicité qu'en 1 81 8 , grâce à M. A. Le Prévost et à l'Académie de Rouen.
Nous voulons parler du Mémoire rédigé par M. Torcy, architecte , sur des découvertes faites
dans la rue des Carmes, à la hauteur de la rue de la Chaîne (aujourd'hui place des Carmes),
lorsqu'on y fondait une raffinerie de sucre. Là, on trouva , jusqu'à la profondeur de 6 à
7 mètres, d'importantes murailles en petit appareil chaîné de briques rouges. Quelques-
unes se dirigeaient vers Saint-Lô, d'autres vers Vhôtel de France. L'épaisseur de ces murs
(t) « Notices et extraits des Manuscrits de la Bibliothèque du Roi, » t. m, p. 561-94 et plan.
(2) « Précis analytique des Travaux de l'Académie de Rouen, » année 819, p. 150-166.
(3) Chéruel, m Histoire de Rouen pendant l'époque communale, » t. i^, p. 6-7.
(4) * Revue de Rouen , » année 1846, !•' sem., p. 82-91.
(5) « Revue de Rouen, » année 1846, !•' sem., p. 156-177, 201-215.
— 109 —
fit juger qu'ils appartenaient à des constructions publiques, plutôt qu'à des édifices
privés (1). '
En 1826, M. Licquet, retraçant, d'après ses prédécesseurs, les enceintes.de Rouen,
s'autorisa de cette découverte et de murailles rencontrées à Saint-Lô, vers 1822, et aussi,
en 1818, dans la rue de la Chaîne, chez M. Noury (2). Il en fit autant, en 1835, dans son
Histoire de Normandie (3).
Depuis la publication des Recherches de M. Licquet, en 1826, il a été tenté, sur les
enceintes de Rouen , divers essais que nous avons déjà cités ; mais aucun d'eux n'a tenu
compte des découvertes de l'archéologie. Toutefois, les observations n'en ont pas moins
continué d'être faites, par MM. De la Quérière , Pottier, Deville et Thaurin. C'est ainsi que
MM. De la Quérière et Deville racontent avoir vu , en 1 839, la muraille militaire de Rouen
du côté de la ru£ des Arsins et dans la direction de la nie de r Aumône (4). « A l'angle
nord-est de la /?/tf^î^ des Carmes et de \arue de r Aumône, à 4 mètres du sol, dit M. Deville,
on a rencontré un pan de muraille antique en petit appareil avec chaînes de briques. Ce
raur avait été posé sur une assise de fortes pierres mises à sec , dont quelques-unes, cou-
vertes de sépultures, avaient fait partie d'édifices plus anciens ou même de tombeaux. Des
débris de tuiles , de briques , de poteries , des médailles dont la plus récente était de
Constantin-le-Grand , une statuette en bronze de Mercure , étaient mêlés à ces débris.
C'est là aussi qu'ont été trouvés un fragmeùt de colonnes squamée et le cippe tumulaire
de Cassiola (5). » Presque tous ces objets sont entrés au Musée, et les dessins font partie
des archives de la Commission des Antiquités.
En 1 846 , M. Deville exposait dans la Revue de Rouen que les travaux de la rue Royale
lui avaient fait voir, à l'extrémité de la rue des Bonnetiers, un mur romain qui suivait le
cours de la rivière de Robec. L'importance de ce mur, enseveli à 4 mètres sous le sol , lui
avait fait penser que c'était un tronçon de l'enceinte primitive (6). Le même M. Deville,
dont la critique est si saine et presque toujours sûre , attribue aussi à l'enceinte romaine ,
et même à une des portes de la Cité, des claveaux de pierre rencontrés, en 1834, dans la
rue des Boucheries-Saint-Ouen (7).
En février 1848, notre zélé confrère crut reconnaître la présence du mur romain
(1) « Précis analytique des Travaux de l'Acadômie de Rouen, » année 1818, p. 177-82. — De la Quérière,
« Description historique des Maisons de Rouen , » 1. 1*', p. 83-87.
(2) Licquet, « Recherches sur l'histoire religieuse , morale et littéraire de Rouen, « p. 6-7.
(3) Id., « Histoire de Normandie, » t. i»', p. 0-7.
(4) At^urd'hui rue Géricaxdt.
(5) Note Mss. de M. Deville. — « Catalogue du Musée d'Antiquités, » année 1845, p. 14, n» 31. — De la Quérière,
• Description historique des Maisons de Rouen , v t. ii , p. 127-28. — L'abbé Cochet, « La Normandie souterraine, »
!'• édit., p. 139-140; 2* édit., p. 158-159.
(6) Deville, « Revue de Rouen, » année 1846, 1*' semestre, p. 323.
(7) Deville, « Catalogue du Musée départemental des Antiquités, vannée 1845, p. 21, n* 43. ^ De la Quérière,
« Description historique des Maisons de Rouen , » t. n , p. 126.
— 410 ^
sur deux points différents : d'abord dans le quartier Saint-Lô , aux approches de la rm
Boudin; ensuite à Saint-Amand, près de la rue de ce nom. Là, à 4 mètres du sol, il vit
une épaisse muraille courant de Test à Touest. Elle était en pierre avec assises de briques.
Sa base était à 5 mètres du sol actuel. Pour le premier de ces murs, on peut voir les dessins
qu'il nous en a laissés dans les cartons de la Commission des Antiquités.
En 4851 , à la suite des fouilles faites dans la rue des Fossés-Louis VIII, M. Pottier crut
reconnaître, avec plus de raison selon nous, l'enceinte romaine dans de solides et épaisses
murailles qui se dirigeaient vers la place Eavrde-Robec par la place des Carmes et Xhôtel
de Finance (4).
Dans des notes insérées par M. Thaurin au Journal de Rouen, à la date des 12 mai et
16 septembre 1 863 , j'apprends que cet observateur a reconnu la présence delà muraille
militaire à différentes reprises, notamment en 1854, dans l'hôtel Bimorel, près la rue
Géricault (ancienne rue de r Aumône); en 1860, à l'encoignure des rues des Carmes et
des FçsséS'Louis VIII et dans l'enclave de V hôtel de France. Il a constaté, à la base de ces
divers tronçons, la présence de pierres couvertes de sculptures. En avril 1863, dans le
jardin d'une maison de la rue Socrate, no 56, il a également \n un mur à base de pierre
chaînée de briques romaines. Enfin, dans une tranchée de la rue Géricault (2), proche la
rue des Arsins , il a vérifié une fois de plus l'assiette de l'enceinte romaine (3).
Nous croyons avoir épuisé la série des documents rassemblés par nos prédécesseurs.
Nous allons, profitant de leurs travaux et de leurs découvertes, essayer de résumer ce que
nous savons sur cette matière, et tenter de reconstituer les limites de la Cité de Rotomagus
telle qu'elle exista du iv^ au x^ siècle (4).
La ville alors formait un carré long, comme presque toutes les cités romaines de la
Gaule qui ont conservé leurs murs ou dont l'archéologie a pu reconstituer l'enceinte (5).
(1) Pottier, « Revue de Rouen, » année 1851 r
(2) Ancienne me de VAumône.
(3) Thaurin, « Journal de Rouen, » des 12 mai et 16 septembre 1863.
(4) C'est un fait généralement reçu que Tenceinte ducale était absolument la môme que celle des Romains et
des Francs. Rollon songea si peu à la changer qu'il en fit réparer toutes les brèches causées par le temps et les
invasions danoises. « Destructum relevât murum, réparât propugnacula fossaque et turribus ejus ambit mœnia. »
Dudon de Saint-Quentin, Apud Duchesne , p. 85. — Ghéruel, « Histoire de Rouen pendant Tépoque communale,»
t. I", p. XL.
(5) Nous croyons pouvoir affirmer que , d'après l'opinion générale des archéologues , les villes romaines étaient
carrées. Nous pensons même que le lecteur partagera notre opinion quand il aura parcouru la série d'analogues
que nous allons citer. — Nous dirons, tout d'abord, que M. Tailliar, conseiller à Douai, qui a fait une étude toute
particulière des institutions et de la civilisation romaine dans le nord de la Gaule , croit que les villes «étaient
carrées. (« Bulletin monumental,» t. xxiii, p. 303). — Dès le xvn' siècle, le jurisconsulte Loysel, l'un des premiers
historiens du Beauvoisis, écrivait que « la CUé qui reste dans la ville (de Beauvais) étoit très ancienne et vraiment
carrée et quasi en forme de trapèze. » (Loysel, « Mém. de Beauvais et Beauvoisis, » dans les « Mém. de la Soc.
acad. de l'Oise, » t, ii, p. 12). Les antiquaires de Beauvais, qui ont écrit de nos jours, non contents de répéter la
même assertion (« Bull, mon., » t. xxv, p. 16), ont encore reproduit le plan vraiment carré de la ville antique).
« Bull, mon., » t. xxvii, p. 59). — « La vieille Cité d'Argentorat (Strasbourg), écrivait, en 1775, l'antiquaire Silbet-
— 414 —
Au raidi , elle étmt fermée par le fleuve de la Seine ; à Test , par la rivière de Robec , à
Touest, par le ruisseau de la Renelle, au nord était un fossé profond et une dépression de
terrain cpii permettait aux eaux d'inonder le sot et d'entourer la ville. — Entrons mainte-
nant dans les détails.
r
Du côté de l'orient, la rivière de Robec coulait alors à découvert dans le lit où elle est
encaissée maintenant. Elle commençait à fermer la Cité et à en baigner les murs au point
nommé la place Eau-de-Robec. A cet endroit existait la porte dite de Saint-Léonard, dont
on croit avoir retrouvé les claveaux de pierre, en 4834, dans la rue des Boucheries-Saint'
Ouen (4). De là, le mur suivait la ru^ du Père- Adam et passait à l'extrémité de la rue de
la Chaîne et de la rue Saint-Nicolas. Entre ces deux rues, j'ai cru reconnaître encore un
ancien mur de clôture, présentant en saillie une tour carrée comme celles que l'on voit
dans les enceintes antiques (2).
A partir de la rue Saint-Nicolas, l'enceinte suivait jusqu'à la Seine la direction de la
rue des Prêtresses et du carrefour des Cordonniers, où était une porte qui porta plus tard
les noms de l'Orient (3), de Robec (4), de Malpalu et de Martainville. Aujourd'hui , cette
direction est assez bien indiquée par la rue Impériale, durant la confection de laquelle on
mann, formait un quadrilatère peu considérable eu égard à la ville actuelle. » (« Hist. topogr. de la ville de
Strasbourg, 1775, • cité par « TUnivers » du 15 août 1859). Cette assertion est justifiée par le plan de la Cité romaine
é'Argenioralum y publié par M. de Caïunont en 1859, et qui reproduit un carré parfait. (« Congrès archéol. de
France, séances gén. ten. en 1859, » t. xxiii, p. 500). — « Le plan de la ville de Bordeaux, bâtie par les Holnains
l'on de J.-C.260, » publié en 1792 par M. Billardon-Sauvigny dans la traduction des «CEuvres de C. 8. Sidonius
Apoilinaris , év. de Clermont >» (t. ii), offre un carré tout entouré de murailles bosselées de tours aux portes et aux
angles. — Dans sa « Statistique monumentale du Calvados, » M. de Caumont n'hésite pas à déclarer qu'à Bayeux
la vUle romaine d'Augustodurum était carrée. (T. m, p. 151-52). — a La Cité romaine de Maux avait la forme d'un
carré long dont les angles étaient arrondis vers le nord. » Le plan présente une chaîne de murs flanquée de tours.
(« Bull, mon., o t. xxv, p. 18-20). — M. l'abbé Voisin et M. Hucher, archéologues manceaux , nous assurent que la
Cité romaine du Mans (Suindinum) présentait aussi un carré long échelonné de tours rondes et traversé par im
grand chemin : « Magnus viens, via magni vici civitalis, viens de veteri Rom&. » (L'abbé Voisin, « Bulletin
mon., » t. xxv, p. 597-603; Hucher, «Etudes sur l'hist. des Mon. de la Sarthe, » plan et p. 18-19). — La ville
romaine d'Evreux, dit M. de Caumont, offre la forme d'un carré allongé irrégulier ; l'enceinte murée est égale-
ment échelonnée de tours et entourée d'eau courante. (« Bulletin mon., » t. xxiv, p. 41-42; « Courrier de l'Eure, »
dn 14 juin 1858). — M. Dupuis, d'Orléans, parlant de l'ancien Genabum, détruit par César et rebâti par Aurélien
(270-75), dit que l'enceinte d'Aurélien formait un carré presque parfait, (a Bulletin de la Boc. archéol. d'Orléans, »
année 1859, n» 32, p. 87). — D'après le plan restitué de la ville de Tours, on voit que l'enceinte de CxsarodUmum
était carrée et munie de tours comme Dax et Londres. ( a Bull, mon., » t. xxii, p. 493). — Enfin la ville romaine
de Dax (Aquœ-Tarbellicœ), dont la clôture murale est arrivée jusqu'à nous telle que l'a produite le iv siècle , a
gardé la forme quadrangulaire ainsi qu'on peut la voir sur -le plan publié par M. de Caimiont. (« Bull, mon., »
t. xxu, p. 585). — Dans son « Dictionnaire archéol. du canton de Boissons, » M. Leclercq de la Prairie dit que
l'enceinte romaine (d'Augusta Buessionum) formait un rectangle régulier dont les grands côtés avaient 400 mètres
elles petits 300 environ. (« Bull, de la Soc. archéol., hist. et scientif. de Boissons, » t. xv, p. 165.
(1) Deville, « Catalogue du Musée départemental des Antiquités, » p. 21, n» 43. — De la Quérière, « Description
biBlfirique des Maisons de Rouen , » t. ii , p. 126.
(2) But du Père-Adam, 19.
(^ « Dux ftigiens... per orientalem portam egressus est. » Ord. Vital.
(4) « Cepit Rothomagi ignis juxta portam Rodobeccse. » Chronicon triplex et unum.
— 112 —
a rencontré bon nombre de constructions romaines. La Cité d*alors s*arrêtait probable-
ment à la hauteur de V église Saint-Denis, près de laquelle venait battre la Seine.
Le fleuve formait la limite au midi. On varie beaucoup sur l'étendue de son lit aux temps
anciens. Les plus vieux chroniqueurs parlent de trois îles qui flottaient devant Rouen :
Vile de la Roquette, où fut construite plus tard Téglise Saint-Martin-du-Ponl ; Vîle de
Saint-Clément, qu'occupa l'établissement des Cordeliers, et enfin Vile Saint-Éloi, où s*est
élevée l'église de ce nom.
Au xe siècle , à l'époque de nos ducs, il est certain que la Seine s'étendait jusqu'au
Châtel bâti par Rollon en 910, dont l'église Saint-Pierre conserve le nom, et jusqu'à la
Vieille-Tour élevée par Richard I^r vers 940.
Malgré les découvertes romaines faites à Saint-Étienne-des-Tonneliers , nous voulons
bien cependant souscrire à l'opinion générale qui place le mur d'enceinte un peu au-
dessous des rues Saint-Denis, des Fourchettes et de la Madeleine. La clôture traversait la
rue Grand-Pont, qui était fermée par la porte de la Roquette, par laquelle entra Rollon
avec ses Normands (1). Cette ouverture était voisine de l'église Saint-Martin-de-la-
Roquette ou du Pont. De là , toujours échelonnée de tours , la muraille passait un peu
au-dessous de la rue aux Ours, se rendant au point où la Renelle se déchargeait dans le
fleuve. Là était une ouverture nommée la porte Saint-Clément (2) ou aux Fêvres, près
de laquelle s'éleva l'église Saint-André , et où Rollon construisit son châtel quand il se
sentit maître de Rouen et du cours de la Seine.
A l'occident , le ruisseau de la Renelle, qui n'était autre chose que la fontaine Gaalor,
ceignait les murs de la Cité. Ce ruisseau , que nous avons toujours connu fermé , se jetait
à la Seine vers l'île de Saint-Clément ou des Cordeliers , après avoir longé la rue des
Relies-Femmes , passé devant la porte Cauchoise (3) ou porte Massacre, là où est
aujourd'hui la Grosse-Horloge , qui a encore gardé la forme d'une porte. La Renelle arro-
sait soit la rue Massacre , soit plutôt celle du Tambour, où son lit est encore marqué ;
traversait le Marché-Neuf; puis , à travers le pâté de maisons qui sépare la rue de la
Poterne de la rue Percière, rejoignait la Poterne elle-même située au bout de la rue des
Fosêés-Louis VIII et près de l'église Saint-Martin-sur-Renelle , que Grégoire de Tours
place sur les murs de la Cité (4). Cette Poterne était aussi une des six portes de la Citéj
et elle correspondait parfaitement aux portes dites au^ Fêvres et de Saint-Léonard. Là se •
(1) * Porta cui innixaest ecclesiaSti Martini. »— Dudon, apud Duchesne, «Script. Rer. Nom. vet., » p. 75. —
Chéruel, « Hiçtoire de Rouen , » t. !•', p. xxxvi. — Licquet, a Histoire de Normandie, » t. !•', p. 56.
(2) « Portam Sancti Clementis, » dit une charte de Richard citée par le « Gallia Christ., » t. xi, « Instrum., » p. 227.
(3) RaynaldusdeGarennft... ad Galcegiensem portam properavit. Ord. Vital.
(4) n Basilica Sti Martini... quœ super muros civitatis ligneis. tabulis fabricata est. •» Greg. Turon , « Hist
Franc, » lib. v, c. 5. — Dom Bouquet, « Recueil, » t. ii, p. 233. Licquet, « Recherches sur l'histoire de Rouen^ »
p. 29. — Chéniel, « Histolr» de Rouen, » t. !•% p. xrv. — Fallue, «Revue de Rouen, » année 1847, p. 83. —
Licquet, « Histoire de Normandie, »t. i*', p. 15-16.
— 448 —
trouvait une tour où saint-Philibert fut enfermé en 674 (4) et qui prit, auxT siècle, le nom
d'Alvérède, du frère d'Edouard-le-Confesseur (2).
C'est au septentrion que le mur de la ville est le mieux connu et qu'il s'est révélé le
plus souvent. Comme nous l'avons dit, il s'est montré, en 4851 , dans la rue des Fossés^
Louis VIII, qu'il suivait dans toute sa longueur. On l'a reconnu, en 4858, au no 26 de la
rue Socrate; de 4848 à 4833, dans l'enclavedeSaint-Lô ;en 4 839, dans la rue Géricault et
à cet angle de la place des Carmes qui porte à présentie nom de rue des Arsins. M. Thaurin
croit également en. avoir recueilli des débris, en 4859, lorsqu'il ramassa une base de
colonne antique à l'angle des rues des Carmes et des Fossés-Louis VIII . N'oublions pas de
dire qu'au carrefour formé par les russ des Carmes, Géricault et des Fossés^Louis VIII,
se trouvait h porte Beauvoisine ou de Sainte-Appolline. De la rue Géricault, la clôture
suivait la rwtf du Petit-Mouton pour rejoindre la joorf^ Saint-Léonard.
Cette partie de l'enceinte, moins favorisée du côté des eaux , fut munie à une époque d'un
triple fossé dont le moyen-âge avait gardé le souvenir dans le fossé de l' Aumône (3) et le
fossé aux Gantiers (4), devenus plus tard deux rues de la ville moderne. C'est cette enceinte
qu'elle présenta au futur vainqueur de Bouvines, quand il voulut réunir à la couronne de
France cette commune de Rouai au cœur superbe et accoutumée à commander : c Duplices
mûri , fossataque tripla profundo dilatala sinu (5). >
Nous espérons avoir retracé , d'après l'histoire et l'archéologie , l'enceinte de la Cité de
Rouen, tant qu'elle fut la métropole de la seconde Lyonnaise, le boulevard de la Neustrie
et la ville des Danois par excellence. Pendant près de mille ans , elle vécut resserrée dans
ces étroites limites ; mais , après les avoir franchies sous l'égide de nos rois , et avoir gardé
cinq ou six siècles encore une chaîne de tours , tristes témoins de la guerrre, elle s'est enfin
émancipée de toute clôture et n'a pris pour limites que les collines qui l'environnent.
Seulement, elle garde encore , comme des jalons de son histoire , quelques murs ébréchés
qui racontent le moyen-âge.
§ V. — Le Rouen épigraphique.
Parmi les divers monuments antiques sortis du sol de Rotomagus ou des environs, nous
devons mentionner particulièrement les inscriptions. Malheureusement, elles sont rares,
(1) f Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Pierre de Jumiéges, » p. 24-27. Mss. de 1762.
(2) On croit reconnaître les restes de la tour d'Alvérède et de la prison de saint Philibert dans une maison qui
porte le n» 26 de la rue de la Poienie , laquelle , avant la Révolution , était V hôtel de Jumiéges.
(3) Donné en 1224 par le roi Louis YIIl, et plus tard par la reine Blanche, à Guillaume de Saàne pour en faire
la demeure des pauvres de Rouen. — Farin, «Histoire de Rouen, » t. !•% p. 9, édit, in-4«. —P. Périaux, « Dic-
tionnaire indicateur des rues de Rouen, » p. 9, 98-100. — « Journal de Rouen, » du 15 décembre 1817.
<4) Farin • Histoire de la ville de Rouen, » 3* édit. in-4'* , p. 9. — Chôruel, « Histoire de Rouen, »• t. !•'.
(5) Willelm. Brito, « Philippidos. »
45
— iU —
et il y a peu d'espoir de les voir se multiplier. Depuis longtemps^ elles ûe twouvreait {lus
les monuments qu'elles devaient indiquer, et les murailles qui les renferment encore sont
aujourd'hui cachées sous les constructions de la ville moderne. Nous allons dter quelques
épaves sorties des entrailles du Rouen gallo-romain.
Le plus ancien monument épignaphique connu et reperdu de nouveau est une borne
jniUiaire qui , en 1668 , était conservée chez M. Bigot , doyen de la^Gour des Aides, « honunê
curieux et intelligent de l'antiquité, » au rapport de Farin. Elle avait été trouvée envirea
trente ans auparavant (vers 1640) et envoyée à Rouen. Mais aucun auteur contemporain
n'indique sa provenance , que M. Lambert revendique aujourd'hui pour Bayeux ou les
environs. Cette pierre, qui était ronde comme toutes celles de son espèce, avait de trois à
quatre pieds de haut. Ce n'était pas le piédestal d'une statue , comme on le croyait à Rouen
au xviie siècle , mais une simple borne milliaire drpssée au temps de Télricus. La forme
de la pierre et le Ubellé de l'inscription le démontrent suffisamment. Elle était ainsi conçue :
« c. PESVBio TETRico NOBiLissiMO CiES. P. F. A. L, I ; » c'est-à-dire : • Caïo Pesubio Tetrico,
nobilissimo Caesari, Pio, Felici, Âugusto; Leuca prima (1); • ou, comme le veut M. E.
Lambert : « Augustoduro (Bayeux) , Leuca prima. »
Au commencement du dernier siècle , le liturgiste Lebrun Desmarettes, fils et frère de
libraires de Rouen, disait, en parlant du cimetière de Saint-Gervais, que vers 1660, lors(gie
l'on construisit les murs qui le ferment au nord , on trouva trois cercueils de pierre. Sur Fun
de ces sarcopliages, qu'il avait vus, • il y avait une inscription de quatre à cinq mots latins
en lettres onciales environ de la même grandeur que celles de l'inscription qui est dans le
cimetière d'Angers (2) » .
A la fin du même siècle, Servin mentionnait, dans son Histoire de Rouen, des t inscrip-
tions trouvées dans cette ville , où existaient des vestiges de la domination romaine (3) » .
En dehors de ces données déjà trop éloignées* pour être contrôlées par nous, il ne nous
reste guère que deux inscriptions sépulcrales, dont l'une a été trouvée en place, tandis que
l'autre était déjà déplacée depuis des siècles.
La première est sur un cercueil de pierre rencontré, en 4833, dans la rue Roulland,
au sein de ce quartier Saint-Gervais qui fut le grand cimetière antique de Rotomagus. Ce
sarcophage, long de 2 mètres 44 centimètres, large de 68 centimètres et haut de 65, ne
présente aucune décoration. Seulement, sur la façade extérieure, que nous reproduisons,
il donne ces quelques mots malheureusement incomplets : « everini eyeri filï, > ce
que M. Devîlle complète et traduit ainsi : « Aux dieux mânes d'Everinus, fils d'Everus (4) » .
(1) Farin, « Hist. de la ville de Rouen, » édit. de 1668, t !•% p. 10; édit. de 1710, t. i-', p. 10; ôdit. de 1731,
t. !•% p. 5.
(2> Lebrun Desmarettes, « Voyages liturgique» de France, » p. 417.
. (3) Serviû, « Histoire de la ville de Rouen, » p. 50.
(4) Deville, « Catalogue du Musée départemental d'Antiquités, » année 1845, p. 7. — De la Quérière, « Description
historique des Maisons de Rouen , » t. ii , p. 238. — « La Normandie souterraine, • l'« ôdit, p. 38; 2* édit., p. 46.
DM. M
CASSIOLiË
PATiERNVS
MAR, POSVIT,
--ils —
- 'fc'aîtttreîtiscription ésttjeïle de Gassiola, fetnme du gallo-romain Pataernus: Ce monu-
inent ftméraire consiste en un cippe carré, haut dé 2 mètres et large de 77 centimètres.
Cette pierre du n« siècle était entrée, au rve, dans la muraille militaire de Rotomagm. C'est
là qu'eUe a été retrouvée, en 4839, sur la place des Carmes, à l'angle de la rue Géricault,
éxùB cette partie qui a pris le nom de rue des Arsins. Transportée au Musée, elle en décore
te cour principale : sur un côté est figurée Vascia; sur l'autre est tracée l'inscription sui-
vante en beaux caractères (du reste, nous reproduisons le cippe lui-même) :
Les cendres de la défunte étaient enfermées dans une niche carrée,
creusée à même la pierre et au-dessous de l'inscription. On voit
encore les crampons de Ifer qui servirent à sceller la dalle qui fermait
la loge de l'urne (1).
On nous trouvera peut-être bien hardi et bien méticuleux de rat-
tacher à l'épigraphie rouennaise deux inscriptions antiques trouvées
à Lyon et dont une seule est conservée au Musée de cette métropole
des Gaules. Toutes deux citent les Vélocasses ou leur Cité. L'une est
relative , à ce que l'on pense , à l'un de ces prêtres que la tribu des
Vélocasses entretenait auprès du temple de Rome et d'Auguste (2).
L'autre concernait un des colons de Lyon , membre du collège des
utriculaires et originaire de la cité des Vélocasses (3).
A défaut de documents plus importants, peut-être nous sera-t-il
permis de ranger parmi les monuments épigraphiques du Rouen
gallo-romain ces deux mots : ave et misce, qu'on lit sur deux
vases antiques trouvés, en 1826, dans un tombeau de la rue du
Renard (4).
Nous voudrions pouvoir donner ici la liste des potiers romains
sortis des entrailles de Rouen depuis que l'on observe ces frêles
monuments. Mais M. Thaurin n'ayant pas encore publié sa collection, qu'il estime à
environ deux cents noms, nous avons le regret de ne pouvoir donner que les marques
de : cjaraAN... — vmiF — clivailao — mocxino (5) — parni — cacabiof — mascitom —
CINNATIM — PRIMVSF. — OF. MICA OU MIGAR. — CV... — OF. SEVERPVD. — ...R
CIPPB ROMAIN
ROUBIf (1839).
(1) Deville , « Catalogue du Musée départemental d'Antiquités, » année 1845, p. 4. — a La Normandie sou-
terraine, • 1'* édit., p. 140 ; 2« édit., p. 158-59. — De la Quériére, « Description historique des Maisons de Rouen, »
t. u, p. 328.
(2) A. Bernard, « Le Temple d'Auguste et de la nationalité gauloise, » p. 5-6, in-4% Lyon , Perrin, 1863.
(3) Gbmarmond , « Descript. du Musée lapidaire de la ville de Lyon, » p. 293, pi. v.
(4) H. Langlois, « Mém. sur des tombeaux gallo-romains trouvés à Rouen , » dans les t Mém. de la Société des
Antiquaires de Normandie, » année 1827-28, p. 238, et dans le « Bulletin de la Société d'Émulation, » année 1828 .
p. 160 et pi., fig. B. — Deville, « Catalogue du Musée départemental des Antiquités de Rouen, n année 1845, p. 19.
' — *La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 159.
(5) « La Normandie souterraine, » l'*édit., p. 159.
— «6 —
RICCOI. M. — : CRACÎSAF — LUPPAF — OFMACCAR — IIVIN — SA... — MOX... (1). ' — '
NATiN (2). — MOxivs (3). — PATERCLiNi OF (4l — BYRDO, les seuls qui soient parvenus à
notre connaissance.
Nous regrettons également de ne pouvoir publier les inscriptions gravées sur un cachet
d'oculiste romain, recueilli, en 1863, par M. Thaurin, dans les grands travaux de
Rouen (5).
Le Musée départemental possède trois anses d'amphore que l'on croit provenir de Rouen,
et sur lesquels on remarque une inscription moulée en relief, mais malheureusement
effacée. Nous avons cru lire sur c^s trois débris : c. imil ? — c. m...ss. ? p mis. Svp.? — Sur
une anse d'amphore, que possède M. Paul Baudry, on Ut : m...ssi dior? — Ces marques
rappellent les estampilles analogues que l'on trouve sur les anses d'amphore par tout le
monde romain.
§ VI. — Le Rouen sépulcral.
Comme toutes les cités, comme toutçs les métropoles de la Gaule, Rouen eut ses cime-
tières placés en dehors de la ville et sur le bord des grands chemins. Trois des principales
voies nous fourniront la prciuve de cette assertion. Mais, en dehors dégroupes isolés, nous
pouvons citer à Rouen une vaste nécropole qui couvre toute la base d'une colline et qui
borde le grand chemin militaire qui conduisait à la mer, à travers le pays de Caux.
A Rouen, comme dans toutes les villes romaines, on se trouve en présence de deux systèmes
appliqués à la sépulture de l'homme : la crémation et l'inhumation. La crémation paraît
avoir duré ici, comme ailleurs, environ trois siècles ; l'inhumation romaine persévéra deux
siècles, et fut continuée par les Francs, dans les mêmes heux, au moins jusqu'au ix« siècle.
Malheureusement, l'inhumation franque, si féconde pour l'archéologie, a laissé peu de
traces à Rouen, et, jusqu'à présent, nous ne connaissons d'elle que d'assez rares débris.
Avant d'entrer dans les détails, on nous permettra une remarque qui ressort de nos ob-
servations. A Rouen, la sépulture humaine a reculé avec la ville. Les incinérations ro-
maines étaient aux portas de la Cité, et, pour ainsi dire, contiguës aux demeures. C'est
ainsi que nous les retrouvons dans la rue Saint-Hilaire, dans la rue Beativoisine, à la
Rougemare et dans tout le quartier Saint-Louis, à la porte Cauchoise et aux abords de la
Préfecture. Ce mode, d'a'.Ueurs, demandait peu de place, et n'était sujet à aucun inconvé-
nient hygiénique. L'inhumation, au contraire, surtout à une époque où elle n'était pas
successive, exigeait un très grand espace. Aussi, voyons-nous les cercueils couvrir de leurs
(1) Recueillis par M. Paul Baudry.
(2) Chez M. Edmond Lévy.
(Z) « Journal de Pouen , » du 22 décembre 1862.
(4) Recueilli par M. Pottier.
. (5) « Revue de la Normandie, » 3« année , p. 5-6, numéro de janvier 1864.
— 417 ~
iBfiombrablee légions la base de nos collines. Tout le quartier Saint-Gervais en est rempli;
On tn rencontre dans le cimetière actuel, dans les mes RoMand, du Renard, Louis-
Auber, Tabouret, Saint-André-hors-Ville ; on en trouve dans la rue Saint-Maur et au
elos de Campuley, dans le couvent d'Emeraont comme au Champ^u-Pardon. Nous pour-
rions étendre notre thèse jusqu'au-delà de la Seine et montrer des habitants de Rotomagus
dans les sarcophages de bois, de pierre ou de plomb, de Sotteville et de Quatre-Mares.
Mais il est temps de passer à Tordre des faits.
Epoque gauloise. — D'heureuses tranchées, pratiquées en 4856, pour l'établissement
tfHn hôtel de la Gendarmerie impériale, et, en 4864, pour les fondations de la Caisse
d'Epai^ne, ont révélé, dans la rue Impériale et par tout le quartier Saint-Louis, un cime-
tièrft gaulois, probabl^nent contemporain de César et de J.-C. Les épaves qui en sont
sorties, et qui ont été gardées par M. Thaurin, consistent surtout en des urnes de terre
grossière, d'une pâte pierreuse et d'une teinte enfumée. Les deux vases les mieux conser-
vés, que nous avons donnés, page 89, sont semblables aux urnes du Vaudreuil, de
Moulineaux et de Sainte-Beuve-en-Rivière. Beaucoup d'autres vases accompagnaient
ceux-ci ; mais ils ne sont venus qu'à l'état de fragments.
Outre ces vases, M. Thaurin assure avoir recueilli dans ce cimedère une hachette et des
monnaies gauloises (4).
Epoque romaine. — On sait que la sépulture romaine se partage en deux modes : l'in-
cinération et l'inhuniation. Nous avons dit que les incinérations se trouvaient aux portes
de Rouen, tandis que les inhumations étaient reculées jusqu'au pied des collines. C'est ce
que nous avons hâte de montrer.
La rue Saint-Hilaire était une grande voie qui conduisait dans la vallée de Bray, à
Groumay, à Beau vais et à Amiens. Il n'est donc pas surprenant qu'en 4823 le sieur
Thiélocque, aubergiste à l'image de Saint-François, aujourd'hui le n*" 402, ait trouvé, en
creusant une cave, plusieurs vases en terre et en verre, deux monnaies romaines et des
ossements (2). De toute cette découverte, il reste encore au Musée départemental un flacon
de verre parfaitement conservé. En mars et avril 4865, une trouvaille plus importante a
été faite entre la rue Saint-Hilaire et Yimpasse Sainte-Claire. M. Thaurin a recueilli dans
la tranchée une urne en terre jaune, en forme de pot-au-feu, renfermant un barillet de
verre tout rempli d'os brûlés. Sous ce barillet , tout entouré de clous provenant de la caisse
funèbre , était un grand bronze d'Ântonin. Le barillet présentait au fond la marque
frontinienne Froni proti (3).
Outre les incinérations des Yélocasses, faites à la façon des indigènes, le grand cime-
(1) Thaurin, « Journcil de Rouen » du 12 décembre 1861.
(2) « Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, » p. 66. — De la Quériôre, « Notice sur diverses anti-
quités de la ville de Rouen, » t. i*', p. 5. — Id., f Description historique des Maisons de Rouen, > t u, p. 248.
(3) a Revue de la Normandie, » de mai 1865, p. 317-318. — Thaurin, « Journal de Rouen, » du 11 mai 1865.
tière du quartier Saint-Louis, placé à quelques pas de TAube-Vofe qui côndufedtà'Câflly;
à Dieppe, à Epinay, et peut-être en Beauvaisis, contenait encore des incinérations pwe*-
inent romaines. M. Thaurin a recueilli là des urnes de plusieurs sortes. Il y atait mèasé
des os brûlés jusque dans les cruches, circonstance que nous avons surtout remarquée auî
Loges et à Barentin. (Nous donnons ici une de ces cruches).
Quand nous avons dit que ce cimetière pouvait et dex^it s'étendre
jusqu'à la rue Beauvoisine , à travers la place de la Rougemare ,
nous avions pour garantie de notre assertion une découverte faite
au no 50 de cette rue. Au mois de septembre 4840, en creusant
une fondation, on rencontra des vases de terre et de verre. Il s'y
trouvait également des monnaies romaines, notamment un Hélio-
gabale. Dès cette époque, M. Deville pressentait déjà un cime-
tière (1).
Nous croyons pouvoir attribuer à la même source sépulcrale cbuche awoc
, . . • , . . , j . j CONTENANT DES OS
des poteries et des verrenes rencontrées avec des monnaies du brûlés.
Haut-Empire. Un flacon de verre contenait encore du liquide.
La voie Blanche, qui est devenue plus lard la rue Beauvoisine, était bordée de sépul-
tures jusqu'au bas de la colline. En 1852, on a trouvé, rue d*Ernemont, dans l'enclos du
couvent de ce nom, un cimetière romain des iv^ et v« siècles. A 50 ou 60 centimètres du
sol, on a reconnu, au milieu de tuiles à rebords et de moyens bronzes romains, douze du
quinze squelettes sans sépulture, puis huit cercueils en plomb, dont trois grands, deux
moyens et trois petits. Ils contenaient des hommes, des femmes et des enfants. Ils étaient
orientés est et ouest et les coffres de plomb avaient été enfermés dans des bières de bois
dont on retrouvait les clous. Dans notre Normandie souterraine, nous avons décrit ces
sarcophages de plomb dont les fragments sont au Musée. Un de ces cercueils offrait cinq
médaillons en plomb et l'autre treize ; tous représentaient des tètes de Méduse'. Une croix
de Saint-André était tracée à la pointe vers la tête de l'un des trois enfants (2)«
Le grand cimetière gallo-romain du quartier Saint^Louis contenait aussi des inhuma-
tions. En août 1860, il a été trouvé, rue Impériale, au nord de la Gendarmerie, un sque-
lette humain inhumé dans un coffre de bois. Près de la tète, il présentait une fiole de
verre qui contenait un petit bronze de Tétricus ou de Victorinus (3).
Pour mémoire, nous rangerons parmi les sépultures, quoiqu'il figure mieux avec les
inscriptions, le cippe de Gassiola, recueilli, en 1839, sur Isl place des Carmes. Gassiola
était une dame romaine qui habitait Rouen au u** ou au nr siècle de notre ère. Mise sur
1) « Procès- verbaux de la Commission des Antiquités, » 1. 1*^ p. 287. — De la Quériôre, « Description histo-
rique des Maisons de Rouen, » t. u, p. 120.
(2) « La Normandie souterraine, » 1'* édit., p. 30 ; 2* édit., p. 47-48.
(3) o Journal de Rouen, » du 12 décembre 1801.
— MQ —
)e!t>âoher m\oï\ la coutume de ce temps, ses cendres furent recueillies par Palaeinus, t^oit
oradi V^ tea déposa dans une urne qu'il enferma dans l'ouverture carrée d'un pilier tumu-
Ia0%i^que noos avons reproduit page 115. Elleâ restèrent là, un siècle ou deux, sous la pro-
teotiofi de YAscia, puis, un jour du iv^ siècle, la pierre fut enlevée pour les besoins sacrés
de la défense, et placée dans la muraille militaire derrière laquelle s'enfermait Rotomagus.
Mais, longtemps auparavant, elle avait orné une des collines sépulcrales de Rouen, comme
les tombeaux de Lillebonne, de Paris, de Sens, d'Autun, de Bayeux, de Mayence et de
toutes les villes de la Gaule (1).
•^Nous ne devons pas oublier des cercueils de bois et de plomb trouvés rue Saint-Uilaire,
à côté d'incinérations du Haut-Empire. Ces cercueils, accompagnés de vases en terre et en
ver*^^iaème d'une statuette de Vénus, ont été aperçus en 1828, en 1839 et en 1865 (2).
Mais la voie la plus riche en sépultures, c'était la route du pays de Caux, cette rue Cau-
choise qui a donné son nom à tout un quartier qui n'est autre que la grande nécropole de
Rotoni9gus. C'est là que, pendant plusieiœs siècles, les habitants de la vieille cité romaine
ou franque sont venus se reposer. Cette coutume, qui dure encore, paraît avoir commencé
avec la domination romaine, jusqu'ici aucune sépulture gauloise n'ayant été reconnue dans
ce quartier.
: Les incinérations étaient plus rapprochées de la ville ; les inhumations s en éloignaient
davantage. C'est ainsi que nous croyons pouvoir attribuer à l'ustion romaine les poteries
et les verreries rencontrées, en 1 840, sur le boulevard Cauc/toise, au nord de la Préfec-
ture (3). On y remarqua un vase de verre en forme de barillet. Sur l'emplacement de la
porte Cauchoise, on a trouvé des fragments de vases en terre cuite.
Il ne serait pas impossible de revendiquer pour une incinération romaine une olla en
terre grise, rencontrée rue Porte-^uayRats, en décembre 1862. Ce vase, conservé par
IL Thaurin, nous parsut le vrai pot-^thfeu cinéraire des Calètes et des Vélocasses.
; Dès la fm du xyii® siècle et au commencement du xyiu^, les habitants de Rouen étaient
frappés du grand nombreetdel'importancedes sépultures antiques que renfermait le quartier
Saînt^Gervais. Farin en parle dans son Histoire de Rouen{4f), et le liturgiste Lebrun Desma-
rettes a cru devoir leur consacrer une mention dans ses Voyages liturgiques de France (5).
Tous deux meotîonnent de la découverte de cercueils de pierre dont ils furent les témoins.
(1) Deville « Catalogue du Musée de Rouen, » année 1845, p. 14. - • La Normandie souterraine, » 1" édil.,
'p. 140 ; 2* édit, p. 158-59. — « Bulletin monumental, » t. vni, p. 444.
^ <3) « Revue de la Normandie, » de mai 1865, p. S17, 318. '
(3) • Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, » t. l**", p. 280*9<h
(4) Farin, « Histoire de la ville de Rouen, » édit. du Souillet, t. ii, v* partie, p. 2.
(5) Lebrun Desmarettes raconte que vers 1660, en fouillant derrière l'église de Saint-Gervais, du côté de la mon-
lagiie, pcnK faire au cimetière un mur de clôture, « on trouva sous terre des voûtes et des caves entières ; et qu'en
faisant des fosses pour enterrer des morts on y trouva trois cercueils de pierre anciens qu'il y a vus; à l'un des-
quels il y avoit une inscription de quatre à cinq mots latins en lettres onciales, environ de la même grandeinr que
celles de l'urne du cimetière de Saint- Julien d'Angers. » « Voyages liturgiques de France, » p. 417.
' _ 120 —
En 1781, lorsque, par suite de la déclaration de Louis XVI, on commença à inhumer
en dehors des villes, les contemporains racontent que l'on trouva à Saint-Gervais
des cercueils sous forme d'auge. Ils étaient vides, quoique fermés d'un couvercle
aplati (1).
Mais c'est dans notre siècle surtout que les découvertes ont été, sinon plus nombreuses,
du moins mieux observées, mieux enregistrées et aussi mieux critiquées. Dès 1806, époque
de la réouverture de l'Académie, M. Périaux crut devoir attirer l'attention de ce
corps savant sur des tombeaux de pierre découverts près le cimetière Saint-Gervais (2).
En 1813, au début même de sa carrière administrative et archéologique, M. Auguste
Le Prévost eut la bonne idée de signaler les nombreux tombeaux de pierre qui se
voyaient autour de la crypte de Saint-Gervais et de l'emplacement du château des
ducs (3).
Le développement pris par le faubourg Cauchoise, depuis 1815, a multiplié ces trou-
vailles, et la création de la Commission des Antiquités, en 1818, a singulièrement servi à
nous les conserver. La paix a fait marcher de pah' l'industrie et la science.
En 1825 , dit M. De la Quérière , M. Journeaux , fabricant, rue Saint- André-hors-Ville,
près la rue Saint-Maur, jetant les fondements de sa maison, trouva, à 3 mètres du sol,
un squelette aux pieds duquel était un vase blanc très mince. Dans les jambes du mort
était une pile de 27 quinaires en bronze , très minces et encore agglomérés. Ces pièces
étaient du Bas-Empire , et presque toutes de Constaniin-le-Jeune ; quelques-unes portaient
le nom de Constantinopolis . » Il est probable que la sépulture était du iv^ siècle (4).
M. H. Langlois raconte qu'en 1826, auprès d'une maison de la rue du Renard, qui
porte le n° 20 , on trouva plusieurs cercueils dont un renfermait un squelette qui, parmi
les ossements de ses mâchoires, possédait cinquante quinaires en bronze, dont deux de
Tétricus(5).
En 1827 et en 1828, lors de la construction de la maison qui, dans cette même rue
du Renard, est voisine du n© 20, on découvt*it des cercueils en plomb qui furent jugés,
avec raison, appartenir au iv^ siècle de notre ère. L'un deux, qui a été conservé au
Musée de Rouen, était le tombeau d'un enfant, renfermant des vases, des perles, des
colliers, des bracelets, des monnaies de Julie Mammée, des deux Posthume et de Tétricus.
(1) p. Périaux, « Observation relative à* d'anciens Tombeaux de pierre découverts près le cimetière Saint-
Gervais, 0 dans le « Précis analytique des trav. de TAcadémie de Rouen, » année 1806, p. 8-9.
(2) A. Le Prévost, « Précis analytique des Travaux de l'Académie de Rouen, » année 1813, p. 100.
(3) Périaux, « Dictionnaire indicateur des Rues et Places de Rouen, » p. 105, 275.
(4) De la Quérière, « Notice sur diverses Antiquités de la ville de Rouen, » p. 5 et 6. — Id., « Description histo-
rique des Maisons de Rouen , « t. ii, p. 239-40.
(5) H. Langlois, « Mémoire sur des tombeaux gallo-romains découverts à Rouen dans le cours des années 1827
et 1828, « p. 4-6. — De la Quérière, « Description historique des Maisons de Rouen , » t. ii, p. 236. — « Mémoiresde
la Société des Antiquaires de Normandie, » années 1827-2B, p. 240.
9•^»•9^m^9—m^ml9m^mt•'
— 121 —
M. Langlois a très bien décrit ces sépultures et a parfaitement reproduit ce qu'elles
contenaient (1).
« Vers 1830, dit M. De la Quérière, on trouva, dans la cour de l'ancien presbytère de
Saint-Gervais , aliéné à la Révolution , des cercueils de pierre et un cercueil en plomb ,
contenant des ossements (2). »
Le 3 juin 1831, on découvrit, dans la rue Saint-Gervais, un cercueil en plomb renfer-
mant les ossements d'une femme , avec deux vases de verre et des monnaies de Tétricus.
Un des vases était à la tête et l'autre aux pieds (3).
En 1833, dans la rue Roulland, à la maison qui porte le n<* 12, apparurent deux tom-
beaux en pierre avec couvercle circulaire. La face de l'un était décorée de deux têtes, de
boucliers et d'enseignes entrelacées. L'autre porte seulement cette inscription incomplète :
« ... EVERINI EVERI FILI. »
Ces deux grandes auges, longues de 2 mètres 11 centimè-
tres à 2 mètres 44 centimètres , sont larges de 68 à 74 cen-
timètres et hautes de 60 à 65 centimètres (4). ( Nous repro-
duisons le tombeau d'Everinus. )
CERCUEIL BOMAiN EN piEBRB Eu^août 1837, toujours daus cette même rue Roulland,
(BouEN, 1833). récemment ouverte , et près du n» 12, on rencontra encore
deux sarcophages placés l'un à côté de l'autre. L'un était en
marbre rouge , l'autre en pierre de Vergelé ; tous deux étaient d'un seul morceau et creusés
en auge. Le cercueil de marbre, long de 2 mètres et large de 72 centimètres, provient
des carrières de Thorigny (Calvados), comme celui de saint Romain, évêque de Rouen
au vn© siècle. Les couvercles de ces deux cercueils se composaient de dalles plates. L'un
d'eux contenait une femme ayant des fioles de verre à chaque côté de la tête ; au-dessous
du crâne et près des hanches étaient des gobelets blancs et fins. Le cercueil de pierre en
renfermait un autre en plomb orné de nœuds et de bâtons brisés. Ce sarcophage, qui
contenait le corps d'un enfant , n'a qu'un mètre de long et est recouvert de dessins.
M. Deville, et nous partageons son avis, attribue ces sépultures au ive ou au v« siècle (5).
(1) H. Langlois, « Mémoire sur des Tombeaux gallo-romains découverts à Rouen en t827 et 1828, » in-8 de 28 p.
et pi. — Id., « Séance publique de la Société d'Émulation, » année 1828, p. 158-180 et 2 pi. -- « Mémoires de la
Société des Antiquaires de Normandie, • t. iv, p. 236-52 et pi.— De la Quérière, « Description historique des Maisons
de Rouen, » t. n, p. 235-36. — « La Normandie souterraine, » i" édition, p. 37 ; 2^ édition, p. 45.
(2) De la Quérière, « Description historique des Maisons de Rouen, » t n, p. 247.
(3) « Catalogue du Musée départemental d'Antiquités, » année 1845, p. 41. — De la Quérière, « Description histo-
rique des Maisons de Rouen, » t.n, p. 246. — a La Normandie souterraine, » 1'* édit., p. 38; 2* édit., p. 46.
(4) « Catalogue du Musée départemental d'Antiquités, » année 1845, p. 6 et 7. — De la Quérière, « Description
historique des Maisons de Rouen, » t. ii, p. 238-39. — « La Normandie souterraine, » 1'* édit., p. 38 ; 2* édit., p. 46.
— a Épigraphie de la Seine-Inférieure, » p. 31.
(5) Deville, • Précis analytique des Travaux de l'Académie de Rouen, » année 1839, p. 191-93. — Id., » Cata-
logue du Musée départemental, » année 1845, p. 30-31.— De la Quérière. « Description historique des Maisons de
Rouen, » t. n, p. 237-38.
16
— 422 —
Près de là ont été recueillis un flacon de verre à cou de cygne et des épingles
en os.
Nous sommes persuadé que ce savant antiquaire, qui a si bien décrit et sauvegardé ces
reliques du passé, attribuait à la même époque le sarcophagede pierre qui, en juillet 1 84i,
fut trouvé, à 2 mètres de profondeur, dans la rue Louis~Aiiber. ïl contenait le squelette
d'un homme, accompagné d'une fiole de verre dite lacrymatoire. A côté de lui étaient deux
sarcophages en plomb entourés de clous en fer. Comme le précédent, ils étaient orientés
est et ouest fi). Le dessin du cercueil de pierre est déposé aux archives de la Commission
des Antiquités.
En 1 846, lorsque l'on creusa les fondations de l'extrémité occidentale de l'aile droite de
l'église Saint-Gervais, on trouva tout un mur romain, probablement du temps de saint
Victrice, fondé sur des sarcophages de pierre (2). Cette particularité s'est souvent renouvelée
ailleurs.
Eu \ 863, lors de l'installation du gaz devant la même ^Use, on coupa des cercueils de
pierre aux abords de l'édifice.
Enfin, dans la rue Tabouret, contiguë à la rampe Saint-Gervais, on voit depuis long-
temps, lé long de la chaussée, deux cercueils
de pierre qui paraissent antiques et qui an-
noncent que la nécropole s'étendait de ce
côté. Au printemps de 1864, en creusant
dans cette même rue une citerne et une cave,
un menuisier a trouvé deux sarcophages de
pierre entièrement rides (3).
Nous sommes assez embarrassé de dater
les sépultures trouvées, de 1861 à 1864,
pendant les travaux de déblai opérés dans le
clos de Campuley, près la rue Maladrerie.
Là, les corps avaient été mis en terre dans
des cercueils de bois dont on retrouve les
longs clous, les pentures et les couplets des
couvercles. Nous reproduisons un de ces
Ci' - ...
dans les sépultures de Tourville-la-Rivière (4). «Jo» ^e Campuiey. )
(1) Devilte, • Catalogue du Husée départemental, <> année 1845, p. 1&.
(2) . Resnie de Rouen , . année 1844 , 1" sem. , p. 259. - . La Nonnandie souterraine , » 1" édit. , 2" édit ,
p. 45.
(3) ■ Journal de Bouen , s du S septembre 1864.
(4) e Notice sur des Sépultures gallo-romaines, des iv et v siècles, trouvées à Tourville-la-IUviâre, ■ p. 10. -
• Revue de la Normandie, ■ 2< année, p. 251.
123
Ce qui nous ferait incliner très fort^ers l'époque antique de ces bières, c'est que
M. Thaurin assure qu'auprès d'elles on a trouvé récemment un sarcophage en pierre et
une monnaie d'argent de Garacalla (1).
Nous croyons devoir également rattacher au centre rouennais du rv© et du y« siècle les
cercueils en bois, en pierre et en plomb, trouvés, en 4842 et en 1843, à Sotteville (2) et
à Quatre-Mares. Ces tombeaux bordaient aussi une ancienne voie. Pour la description de
ces sépultures, nous renvoyons à notrearticlesur Sotteville, à \di Normandie souterraine (3),
h la Revue de Rouen (4) et aux Notices de M. Deville (5).
Époque franque. — Jusqu'à présent, Rouen nous a donné peu de sépultures que Ton
puisse attribuer avec certitude au temps des Francs , surtout à la période mérovingienne.
Cela tient sans doute à ce que les cimetières de cette époque ont été déjà fouillés ou bien
nous sont restés inconnus. Nous allons exposer en peu de mots ce que nous connaissons
sur cette matière.
En 1847, des fouilles faites dans l'enceinte de l'École normale, enclave de l'ancienne
abbaye de Saint-Lô, firent voir, à 1 mètre du sol, un cercueil de pierre qui contenait le
corps d'un homme et celui d'un enfant Aux alentours on a rencontré des ossements
humains et des tombeaux en plâtre. M. Deville a dessiné , pour la Commission des Anti-
quités, le sarcophage de Saint-Lô. Nous sommes tenté de croire qu'il est mérovingien-
Saint-Lô est une très ancienne église : on va
même jusqu'à dire qu'elle fut bâtie par saint
Mellon , sur l'emplacement d'un temple àe
Rolh.
Nous croyons très fort que , dans le cime-
tière qui entoure l'église Saint-Gervais, il doit
se rencontrer bien des cercueils francs. Nous
serions porté à attribuer à cette époque les
tombes de pierre que l'on aperçoit dans la rue
Tabouret. Mais ce que nous pouvons affirmer,
c'est que les fossoyeurs de Saint-Gervais
ont parfois vidé des tombes franques. Nous
n'en voulons d'autre preuve qu'une boucle
wccLBBNBmoNEE,ÉPÉEETHACHBENFBR(wOTii). cu brouzc , uuc hachc dc fcr et une épée
(1) « Journal de Rouen, » du 12 décembre 1861.
(2) a Procès-verbaux de la Commission des Antiquités , » année 1842. — Thaurin , « Journal de Rouen , » du
22 décembre 1862.
(3) « La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 40-41 ; 2* édit., p. 48-50.
(4) « Revue de Rouen, » année 1843, !•' semestre, p. 124-30, 158-67, et pi.
(5) Deville, « Découvertes de Sépultures antiques à Quatre-Mares, » in-8 de 19 p. et 2 pi., Rouen , 1843.
— 424 —
longue de 90 centimètres , possédées par M. Louis Leclerc et reproduites par M. Jules
Thieury (1). Ces objets, qui proviennent du cimetière Saint-Gervais , sont nécessairement
mérovingiens. Le lecteur en jugera par les dessins que M. Thieury nous permet de
reproduire.
M. Thaurin raconte qu'en juin 1861 , en creusant les caves d'une filature de la rue
d'Elbeuf^ près la rue de la Mare-du-Parc , M. Julien trouva beaucoup de cercueils en
pierre de Vergeté ; ils contenaient des squelettes accompagnés de vases , de sabres , de
couteaux et de haches de fer. Il y avait aussi des boucles et des fibules en bronze;
malheureusement, le tout à été perdu et dispersé. M. Thaurin n'a pu recueillir qu'une
plaque de ceinturon en bronze (2).
Mais la sépulture mérovingienne par excellence est le sarcophage de saint Romain ,
mort évêque de Rouen , le 23 octobre 639. Ce tombeau, devenu aujourd'hui une relique,
était primitivement dans la crypte de Saint-Godard, où le bienheureux fut inhumé. A pré-
sent, il forme le maître-autel de l'église qui lui est dédiée depuis 1802. C'est ime auge de
marbre rouge, probablement tirée des carrières de Thorigny, dans le Calvados. Malheu-
reusement , il est trop engagé pour que nous ayons pu le décrire et le dessiner ; mais autant
qu'il nous est permis d'en juger, nous pensons qu'il a tous les caractères de son époque.
Cependant il se pourrait que ce fût un cercueil antique dans lequel on aurait enfermé le
saint évêque (3).
Epoque mcERTAiNE ou inconnue. — Nous rangerons dans cette catégorie toutes les
sépultures qui ne nous ont pas offert les éléments suffisants de classification. Nous place-
rons en tête celle qui fut trouvée, en 1509, près la porte Cauchoise, du côté des Domini-
cains. Farin (4), du Souillet (5) et autres l'attribuent à Ricon de Valmont, sur la foi d'une
inscription qui peut-être n'a pas été bien lue. Ils disent que le fémur du squelette allait
jusqu'à la ceinture d'un homme ordinaire et que le crâne pouvait contenir un boisseau
de blé.
C'est encore une sépulture mystérieuse que celle qui, vers 1822, fut trouvée dans la
rue Socrate, en creusant les fondations des maisons nos 13 et 15. D'après M. De la Quérière,
on aurait rencontré, dans la tranchée, les squelettes d'un cerf, d'un cheval et d'un homme,
avec casque et fer de lance (6).
Vers 1842 , dans la rue d'Ecosse, en démolissant un ancien mur de la ville, on aperçut
un tombeau qui ne fut pas violé , mais refermé par les visiteurs.
(1) J. Thieury, « Saint-Gervais de Rouen, » p. 20-21.
(2) « Journal de Rouen, 9 du 2 mai 1865.
(3) Deville, c Précis analytique des Travaux de l'Académie de Rouen, » année 1839, p. 91-92. -r- « La Nonnandle
souterraine, » 2* édit., p. 46.
(4) Farin, « Histoire de la ville de Rouen, » !'• édit., 1. 1*% p. 27.
(5) Du Souillet, « Hist. de la ville de Rouen, » 1. 1*', p. 11.
(6) De la Quérière, « Description historique des Maisons de Rouen, » t. n, p. 268-C9.
— 125 —
§ VII. — Rouen numismatique ou monétaire.
Dans ce chapitre , nous considérons Rouen sous un aspect tout nouveau. Jusqu'à pré-
sent, plusieurs ont parlé soit des monnaies frappées à Rouen , soit des monnaies recueillies
dans cette ville ; mais personne , à ce que nous sachions , n'a songé à réunir en un seul
tableau tous les éléments de l'histoire numismatique de Rouen aux temps anciens. Nous
allons essayer d'esquisser rapidement et en quelques traits ce que nous avons appris des
monnaies trouvées ou frappées à Rouen. Cette grande ville nous paraît avoir eu son atelier
monétaire, depuis les temps gaulois jusqu'à nos jours. Seulement, pour ne pas sortir du
cadre de cet ouvrage , nous nous arrêterons au xi® siècle , qui nous semble la limite d'une
civilisation nouvelle.
Epoque gauloise. — Rouen , capitale des Vélocasses , a frappé les monnaies de ce
peuple dès le temps de son indépendance. Toutefois , nous ne pouvons lui attribuer avec
certitude que les pièces épigraphiques. Nous lui en donnerons de deux sortes : celles qui
portent le nom de Ratvmacos , et celles qui n'offrent que le nom d'EuocATi ou Veliocati,
qui est celui de la tribu.
Mionnet(4), Conbrouse(2), el de
La Goy (3), MM. de La Saussaye(4),
Lambert (5) et Deville (6), sont d'ac-
cord pour attribuer à Rouen les
pièces de bronze sur lesquelles on
MOÎ.NAIE8 GAULOISES DE ROUEN. ^^^ à p^VCrS UUC têtC jCUnC Ct dla»
démée, présentant autour le nom de Svticos, qui doit être celui du chef des Vélocasses.
Au revers, on voit une bige lancée, et, sous un S, on lit : Ratvma ou Ratvmacos. La Biblio-
thèque impériale possède une autre variété du genre. Là le nom de Ratvmacos se lit autour
d'une tête de femme, et au revers figure un cavalier en course.
Nous attribuons encore à Rouen une troisième variété
monétaire. Autour d'une tête juvénile , on lit : Svticos , et ,
au-dessus d'un cheval, le mot Eliocati ou Veliocati. C'est
toujours le nom du chef des Vélocasses avec le nom du
peuple substitué à celui de la cité.
MOIflf AIE DES VÉLOCASSES.
(1) Mionnet, « Description des Médailles antiques, » t. i«% p. 82, n- 219, 220 et 221. - Id., « Supplément, • 1. 1*',
p. 149, n» 154.
(2) G. Conbrouse , « Catalogue raisonné des Monnaies nationales de France , » p. 39.
(3) De La Goy, «Notice sur l'attribution de quelques Médailles des Gaules, » p. 46.
(4) De La Saussaye, « Revue numismatique, » année 1838, p. 307, et année 1840, p. 256.
(5) Lambert , « Essai sur la Numismatique gauloise du nord-ouest de la France , » et « Mémoires de la Société
des Antiquaires de Normandie, » t. xin, p. 144, 241, pi. ix, flg. 5, 6, 7 et 8.
(6) Devillè, « Essai sur les Médailles gauloises de Rouen, • in-4 de 10 p. et pi. — id., « Mémoires de la Société dos
Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 61-69. — « Précis analytique des Trav. de l'Acad. de Rouen, » annéel839, p. 183.
Les monnaies gauloises trouvées à Rouen sont jusqu'ici en bien petit nombre.
Nous ne connaissons même avec certitude que celles qui ont été recueillies par.
M. Thaurin, dans les derniers travaux entrepris à Rouen, de i855 à 4864.
M. Thaurin nous ayant permis de visiter sa collection , nous y avons vu de huit
à dix pièces gauloises recueillies sur plusieurs points, notamment dans le quartier
Saint-Louis et près de la Grosse-Horloge. Une de ces pièces est en élecUiim , trois
sont en potin et le reste est en bronze. Plusieurs
sont frustes, et les seules que nous ayons pu lire
portent ïa légende bien connue de Germanv In-
DVTiLui , attribuée par Conbrouse à Induciomar ,
chef des Trévires. ( Nous reproduisons ici cette
MoiiitAiE GArLonB. pièce).
Epoque romaine. — Nous ne saurions douter un seul instant que Rouen n'ait possédé
son atelier monétaire à l'époque romaine , surtout pendant les trois derniers siècles que
cette cité était érigée en métropole; mais , jusqu'à présent, nous ne connaissons aucune
pièce portant le difTérent de Rouen. Nous attendrons donc que la science numismatique
soit plus avancée et qu'elle puisse distinguer, parmi les innombrables médailles impériales,
celles qu'elle peut revendiquer pour la seconde Lyonnaise.
En attendant ce triage scientifique, nous allons donner la liste, bien incomplète, des
monnaies romaines sorties du sol de Rouen. Pour nous guider dans cette tentative, nous
n'aurons guère que les observations faites dans ce siècle , notamment par M. Deville , qui a
bien voulu nous léguer les siennes, et celles de MM. Thaurin, De la Quérière et P. Baudry,
qui les ont livrées au public.
Donnons d'abord, par ordre cbronolc^que, les noms des empereurs et des im-
pératrices sortis du sol de Rouen; nous ferons ensuite quelques observations sur la
matière.
Ces Césars sont : Auguste, — Claude, — Néron, — Vespasien, — Domitien, — Trajan,
— Plotine, — Hadrien, — Antonin, — Faustine, — Lucius Verus (un médaillon en or),
— Marc-Aurèle, — Commode, — Septime Sévère, — JuUa Domna, — Géta, — Caracalla,
— Hélic^abale ou Elagabale, — Alexandre Sévère, — Sallustia Orbiana, — Gordien UI ,
— Philippe père et fils, — Otacille, — Trajan-Dèce, — Elruscille, — Herennius Etruscus,
— Trébonien-Galle, — Volusien, — Valérien, — Gallien, — Posthume, — Victorin, —
Tétricus père et fils, — Quintillus, — Aurélien, — Dioctétien, — Maximien, — Garausius
(287-293), — Constance-Chlore, — Constantin-le-Grand, — Crispus, — Gratien, — Justin
(518-527, sol d'or aux Chartireux).
Comme partout, les monnaies de bronze sont les plus communes à Rouen. Celles d'ar-
gent y sont assez fréquentes, surtout les pièces altérées et à bas titre des tyrans gaulois du
uP siècle. L'or y est fort rare. Quant au bronze, il se rencontre sous toutes les formes :
— 127 —
grand, moyen ou petit module. Les quinaires sont également abondants : il s'en est pré-
senté plusieurs dépôts, notamment dans les sépultures.
Les empereurs dont les noms reviennent le plus souvent sont les mêmes que par-
tout ailleurs. Ce sont, pour le très Haut-Empire, Hadrien, Trajan, Antonin, Faus-
line et Marc-Aurèle; ensuite, pour le temps des guerres intestines du me siècle, les
Gordien , les Gallien , les Volusien et les Valérien ; mais , comme dans le reste de la
Gaule, aucune image n'est plus prodiguée que celles des Posthume , des Philippe et des
Tétricus.
Les Posthume et les Tétricus, nous le savons, parsèment le sol de la Normandie, de la
Belgique, de la France et de l'Angleterre. Mais nous croyons avoir une raison particulière
de les posséder à Rouen. Nous supposons avec quelques écrivains modernes que ces
tyrans gaulois ont habité notre ville et qu'ils y ont possédé un important atelier moné-
taire (1).
Les monnaies de Constantin, de ses fils et de leurs successeurs du iv^ siècle sont éga-
lement communes à Rouen. Mais il est, au beau milieu de l'empire romain, une période
assez éclaircie qui fournit peu ou point de monnaies. C'est celle qui va de Commode (192)
à Gordien (238). Il y a là une lacune d'un demi-siècle assez difficile à expliquer. Comme
dans toute la Gaule occidentale, notamment dans la seconde Lyonnaise, la série impériale
s'arrête à Gralien. Les Césars qui suivent ayant à peine régné sur nos contrées, leurs mon-
naies de bronze ne s'y trouvent plus. Nous y rencontrons encore leur or; mais l'or était
moins une monnaie qu'une marchandise : dans les transactions, il se prenait au poids,
sans égard pour l'image.
Il est une monnaie rare ou presque inconnue ailleurs, et dont on a trouvé à Rouen
plusieurs dépôts. Nous voulons parler de Carausius, cet usurpateur gaulois qui, en 287,
revêtit la pourpre dans la Bretagne, et régna quelques années sur les deux rives de la
Manche (2). Nous ne doutons pas que Carausius ne soit venu à Rouen, qu'il ait occupé
cette ville et qu'il y ait battu monnaie. Pour renverser sa puissance, ou plutôt celle d'Al-
lectus, son successeur, il fallut tout une expédition maritime préparée par Asclepiodote (3),
préfet du prétoire des Gaules, et commandée par l'empereur Constance-Chlore. Au
rapport d'Eumène (4), ce fut dans la Seine, en 296, que se réunit la flotte destinée à trans-
porter l'armée expéditionnaire de la Bretagne. Elle était campée dans les fameux Castra
(1) Houel, « Annales des Cauchois, » t. !•', p. 233,235. — Thieury, « Saint-Gervais de Rouen, » p. 15-16.
(2) Des monnaies de Carausius ont été trouvées en 1789 dans la me des Carmes^ au n" 85, et en 1846 dans
Tabbaye de Baint-Amand, où il s*en rencontra plus de deux cents dans un vase de terre.
(3) Le nom d'Asclepiodotus figure comme décurion sur une inscription de Septime Sévère, trouvée en 1861 dans
un Camp de César, voisin d'Alexandrie, en Egypte. « Revue archéolog., » de septembre 1864, p. 213, nouvelle série,
deuxième année.
(4) « Exercitus quem Bequana in fluctus invexerat. » Eumen. in Constantium , apud Bouquet , « Recueil
des Historiens des Gaules et de la France , » t. i" , p. 714. — Houel , « Annales des Cauchois , » t. i",
p. 250, 258.
— 128 —
•
Constantia dont parle Ammien Marcellin (1), et dont quelques-uns croient retrouter les
traces dans les grandes enceintes de Boudeville et de Sandouville (2).
Les points de Rouen sur lesquels ont été recueillis les principaux groupes monétaires de
la période romaine sont : la rue des Carmes, où Ton en compta quatre-vingts en 1789; —
la rue Saint- André-hors-Ville, où Ton remua une pile de vingt-sept quinaires de bronze
en 1825; — la rue du Renard, où des tombeaux présentèrent, en 1827 et en 1828,
des monnaies éparses et des bronzes percés ; — la ru^ Beauvoisine, en 1840 et en 1848 ;
— V abbaye de Saint- Amand, qui montra, en 1858, trente-six pièces d'argent, des bronzes
en 1856 et trois cents bronzes en 1846; — là, rue de V Ecole, ai 1847; — la place de
VEôtel-de-Ville, en 1853 et en 1861 (3), — et le Virnoo-Marché, en 1861. En 1864,
dans la fondation d'une maison voisine, à ce que nous pensons, de la rue de V Impératrice,
il a été trouvé un vase de métal contenant quarante-trois belles monnaies romaines ;
quatre étaient en bronze et trente-neuf en argent. Toutes étaient parfaitement conservées.
La série commençait à Trajan (117) pour finir à Volusien (254), époque probable de
l'enfouissement du trésor. Plusieurs de ces jrièces appartenaient à des impératrices et
quelques-unes d'entre elles étaient rares, telles que Plotine et Sallustia Barbia Orbiana.
Avec ce trésor monétaire se trouvait un joli miroir en argent encore poli et muni d'une
anse fort élégante.
Epoque mérovingeenne. — Les ateliers monétaires qui existaient à Rouen sous les
Romains continuèrent à fonctionner au temps des Francs. Sur ce dernier point , le
doute n'est pas possible. Nous avons des témoins parlants et solennels. Nous allons
d'abord recueillir les aveux des numismates ; nous ferons ensuite parler les monnaies
elles-mêmes.
Dès 1666, Claude Bouteroue, dans ses Recherches cvrievses des Monnayes de France,
nous fait connaître six triens de francs portant le nom de Rouen. Le premier qu'il donne
présente, autour d'une tête, Rotomo, et, au revers, le nom de Melewo, entourant une
croix sortant d'un vase et surmontée d'un monogramme du Christ Bouteroue croit que
Melrito était un comte ou monétaire de Rouen. Le second triens présente , autour d'une
tête, RoTOMOio, et, au revers, autour d'une croix pattée, le nom du monétaire Peccane m.
Sur le troisième triens, on lit d'un côté, autour d'une tête, Rodomi-t-tvs, et de l'autre,
autour d'une figure assise tenant une colonne, Wizolenvs. Le quatrième oflre, autour
d'une tête diadémée, Rotomoci, et, au revers, autour d'une croix encadrée d'un grenetis,
CiNOALD. Sur le cinquième, une tête royale est entourée de Rotomvs, et une croix,
posée sur les degrés, est environnée de a...ne m. (peut-être Allone Monetario).
(1) Ammien Marcellin, «< De Gallis, » lib. xv, c. ir, apud Bouquet, « Recueil, » t. i", p. 546.
(2) E. Gaillard. « Recherches archéologiques, p. 6-7, et « Précis analytique de l'Académie, » année 1832, p. 164.
— Fallue, t Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. ix, p. 300.
(3) a Journal de Rouen, » du U mars 1861.
— 129 —
Enfin , le sixième montre , autour d'une tête perlée , ... otomvs , et, au revers ,
T MISDVSSVDIT (1).
Après Bouteroue, Leblanc, numismate du dernier siècle , parle aussi de l'atelier moné-
taire qui fonctionnait à Rouen sous la première race (2) ; mais il ne reproduit qu'une seule
pièce qui en soit sortie , quoiqu'il en ait certainement connu d'autres. Cette monnaie n'est
autre que le triens de Melrito (3), déjà donné par Bouteroue, et que ce dernier attribuait
à l'an 585 , au règne de Chilpéric I^p (4).
Mais notre siècle me paraît avoir découvert beaucoup plus de^ monétaires rouennais que
les deux précédents. Le temps et l'observation devaient amener ce résultat. Un Catalogne
de Légendes de Monnaies mérovingiennes, publié, en 1840, par M. Cartier, d'Amboise,
nous fournit la liste suivante, dont la richesse dépasse tout ce qui précède (5). Nous
y voyons figurer les monétaires Anoaldus ou Aigualdus, Baudacharius, Bertchramnus,
Chagnoaldus, Cniloacus, Desiderius, Emebertus, Sillon , Savelone, Tauldolinus, Vizoleus
et Vulzolenus. C'est un mélange de noms romains et barbares, comme la société d'alors :
ANOALDO ou AIGUÀLDO f ROTOMO, — BAVDACHARIVS f ROTOMO CIV. MO., — BERTCHUAMNO
MO f ROTOMO CIV., — CHAGNOALDO MON f ROTOMO CIVITATI , — CNILOAC f ROTOMO CI , —
DESroERIO -|- ROTOMO , — ERNEBERTO M f ROTOMO CI , — SILLON M f RODOMO CI , —
SAVELONE MONETA f BCATOMAGO, — TAVLDOLINO f R. TOMO CI , VIZOLEVS f ROTOMO CI , — et
VVLZOLENYS.
La belle collection de monnaies françaises recueillie par M. Lecarpentier, d'Honfleur,
et que sa veuve vient de donner à la ville de Rouen , renferme huit triens méroringiens
sortis des ateliers monétaires de Rouen. L'un d'eux nous paraît avoir ceci de remarquable,
qu'il semble prouver que l'église cathédrale de Rouen possédait aussi son hôtel des
monnaies ; la seule légende est celle-ci : Ecl. Rot. (Ecclesia Rotomagensis). Sur les sept
autres noms, deux ou trois semblent déjà connus, comme Ancoaldus, Peccane et peut-être
Neletus.Mais les noms de Macoaldus,Verrichila,Bertherilus etPonaritoaldus,me paraissent
nouveaux. Voici, du reste, ces légendes : neleto f rotom , — pecane m f rotomo, —
ANCOALDO f ROTOMO CI , — PONAIOTOAL f ROTOMO C , — M ACOALDOMO f RODOMO CIVATE ,
— VERRIGHILA MO — ROTOMO CI (6).
En dehors des documents légués par les livres ou les collections numismatiques, notre
Musée d'antiquités possède , sur les ateliers mérovingiens de Rouen , deux documents d'un
prix inestimable. Ce sont deux tiers de sol d'or, trouvés à Rouen, en 1846, et portant le
(!) Cl. Bovterove, c Recherches cvrievses svr les Monnoyes de France depvis l'établissement de la monarchie, »
p. 262-264, 361 , n- 159, 160, pi. v, n« 5, 6, 10.
(2) Leblanc, « Traité historique des Monnaies de France, » p. 64.
(3) Id., ibid , 1 2* planche des Monnaies mérovingiennes, t n» 46.
(4) Bovterove, • Recherches cvrievses svr les Monnoyes de France, » p. 262-264.
(5) Cartier, « Revue numismatique, » année 1840, p. 214-242.
(6) « Catalogue de la Collection Lecarpentier, » dressé par M. Rousseau, p. 6, Mss.
17
— 130 —
nom de cette ville. On lit, sur l'un et sur l'autre,
RoTOMo CI. (Nous reproduisons ici ces pièces
curieuses.) Mais l'un des deux donne le nom
du monétaire qui l'a frappé : Bert(cha)mnio (1).
Il nous semble que ce nom de Bertchamnius, que tbiens MÉRovirrcunis (mouBN, isifi).
l'on peut traduire par Berthram ou Berthrand , a
la plus grande analogie avec Bertchramnus , déjà cité par M. Cartier, d'Amboise (2).
On est tenté de rapprocher ce même personnage mérovingien avec le leude qui pos-
sédait et habitait Cailly à la fin du vii^ siècle , lorsque saint Leufroi y fit son appa-
rition (3).
Une dernière trace de ce seigneur monétaire du pays de Rouen est peut-ôtre le Iriens
que renferme le cabinet des médailles de notre Bibliothèque impériale. Au milieu de
plusieurs tiers de sol frappés à Rouen , que nous n'avons pu copiei', il nous a été du moins
donné d'en voir un sur lequel on lit, autour d'un buste, Rotomo, et autour d'une croix
pattée , Bertom (4).
Epoque carlovingienne. — Enfin, nous arrivons à l'époque carlovingienne. Là, l'hôtel
des monnaies de Rouen nous apparaît non-seulement dans le fait, mais aussi dans le
droit. Le célèbre édit de Pitres, qui pendant tant de siècles régla la matière monétaire dans
l'Europe occidentale , indique Rouen comme un des ateliers monétaires que Charles-le-
Chauve maintenait dans son empire par un essai de centralisation qui n'a pas réussi. Cet
édit, ou, si l'on veut, ce capitulaire, daté de 864 , semble insinuer pourtant que l'hôtel de
Rouen était une dépendance ou une succursale de celui de Quentowic (5).
M. de Fré ville assure , d'après Leblanc, que les pièces carlovingiennes frappées à Rouen
et à Quentowic avaient pour symbole un navire (6), sans doute pour indiquer que ces deux
ateliers étaient dans des ports de mer, comme le proclamait si bien le diplôme de
Dagobert 1er à l'abbaye de Saint-Denis. Toutefois , nous devons dire que de toutes les
monnaies connues de la ville de Rouen, aucune, jusqu'à présent, n'a présenté le mystérieux
navire.
De la lignée carlovingienne, nous possédons des monnaies frappées à Rouen par
Charlemagne, Louis-le-Débonnaife et Charles-le-Chauve. Jusqu'à ce jour, toutes ,ces
pièces sont en argent. Conbrouse cite un denier de Charlemagne, portant le nom de
(1) Deville , « Revue de Rouen, » année 1847, p. 379.
(2) Cartier, a Revue numismatique, » année 1840, p. 214-242.
(3) Dom Bouquet, o Recueil des Historiens de France, » t. m, p. 644. — • Acta sanct. ord. 8. Benedict., » sœc. m,
part. 1, p. 583.
(4) « Epigraphie de la Seine-Inférieure, » p. 34, et « Bulletin monumental, » t. xxi, p. 314-15.
<5) « Moneta fiât... in Quentowico ac Rotomago (quse moneta ad Quentowicum exantiquA consuetadioe pertinel).»
Baluze, a Capitulaires, » t ii, p. 178. — Dom Bouquet, « Recueil des Historiens de France, » t. vu, p. 657.
(6) De Fréville, « Mémoire sur le Commerce maritime de Rouen, » 1. 1", p. 34.
— 131 —
RoTOHAGVN (l). La Bibliothèque de Rouen , plus heureuse, renferme, dans ta collection
Lecarpentier, un denier d'argent frappé à Rotomacvm et portant ta légende impériale :
Caholvs imp. Avg. (2). Le même Conbrouse donne, pour Louîs-Ie-Débonnaire, les trois
versions suivantes : Rotv-macvs, — Rotv-hagvs, — vel Rotvi-igvs (S). Nous savons
d'ailleurs que le Musée de Boulogne possède un denier de Louis-le-Débonnaire, sur
lequel ont lit très visiblement: Rotomagvs (4). Leblanc en reproduit encore deux autres
du même souverain. Sur une pièce, on voit dans le champ : Rov ] macvs; sur l'autre',
OD lit à l'exei^e : Rotvacts (5). La collection Lecarpentier offre la devise impériale :
Ltdovicvs imp., sortie des ateliers de Rotv-macvs.
Des deniers de Louis-le-Débonnaire ont été trouvés à Rouen, dans la rue de l'Impéra-
trice, en d864 et en 4863 (6). Malheureusement, on ignore s'ils avaient été frappés dans
cette ville.
Charles-le-Chauve est plus nombreux et plus varié que ses prédécesseurs. Voici les
différentes légendes données par Conbrouse : Rotvhacvs civii , — Rotvhacvs civk vel
ROTVHACVS DIVl , — ROTILHACVS vel RCTVACVS , — RoTVNCVS C1\I (7).
Le Musée de Rouen possède un joH denier d'argent de Charles-le-Chauve , qui a le rare
mérite d'avoir été trouvé, en 1837, dans celle même ville, où il avait été frappé mille ans
auparavant. Autour d'un monogramme de Charles, on lit: Gratia dei REX,et au revers.
OINIERS CABLOVIFfGIGNS (ROUIn).
autour d'une croix pattée : f Rotvnacvs civn. Sur une autre pièce toute semblable , on lit
Ro'HMACVS civil ; nous ignorons la provenance de cette dernière. Nous avons vu chez un '
marchand d'antiquités de Rouen (8) un denier d'ai^ent au monogramme de Cliarles, sur
lequel on lit : Gratia di rex — Rotvmacvs civn.
En ■1846, on trouva à Imbleville (canton de Tôtes) , un groupe de soixante-cinq deniers
oboles en aident, à l'effigie de Charles-le-Chauve, presque tous sortis des ateliers de
(1) G. Conbrouse, ' Catalogue raisouné des Monnaies nationales de France : Carlovinglens , • p. 36,
(?) ■ Catalogue de la collection Lecarpentier, > dres^ par M. Rousseau.
(3) G. Conbrouse, • Catalogue raisonné des Monnaies nationales de France : Carlovingiens , • p. M.
(4) * Epigrapbie de la ëeine-Inrérieuro , •> p. 34.
(5) Leblanc, < Traité historique des Monnaies de France, ■ p. 102, 133, n" 34.
(6j Tbaurin, ■ Journal de Rouen, " du 16 décembre 1863.
(7) G. Conbrouse , i Catalogue raisonné des Monnaies nalionalea de Fronce : Carlovingiens, ■> p. 3ti.
(8) U. Billiard , rue Ganterie ,26.
— 132 —
Rouen. Il est probable que ceux que nous produisons ici proviennent de cette cacbeiie ,
dont une partie est entrée dans notre musée.
Enfin, la collection léguée à la ville de Rouen par M. Lecarpentier contient neuf deniers
ou oboles d'argent de Charles-le-Chauve. Sur toutes ces pièces, on lit d'un côté: Gratu
D I REX , entourant le monogramme de Charles. Mais le nom de Rouen y est orthographié
de trois manières différentes: une fois on lit Rotvhacvs civi; deux fois, Rotmacvs civii,
et six fois , RoTvNACvs civii.
Période normande. — Il est clair que , pendant la période ducale de la dynastie
de Rollon, Rouen fut le grand hôtel monétaire des Normands. On ne lui donne guère
d*autre succursale que la ville de Bayeux(l). Un instant nous avions cru, d'après
quelques auteurs du dernier siècle (2), que le bourg royal de Lillebonne (vicus regalis)
avait aussi possédé un hôtel des monnaies au ix^ siècle. On croyait avoir lu son nom
sur un denier du Conquérant; mais cette prétention sjest évanouie à la lumière et à la
critique des numismates du xix^ siècle (3). Si nous regrettons cette découverte pour
l'honneur de notre pays, nous nous en réjouissons dans l'intérêt de la vérité, que nous
cherchons-^
Notre numismatique normande, baronale pendant un siècle et demi (de 912 à 1066),
devint royale pendant les cent quarante années que notre province posséda l'Angleterre et
se posséda elle-même (1066-1204).
Jusqu'à présent, on ne cite pas de monnaies de RoUon, qui pourtant a dû en frapper.
La plus ancienne monnaie normande connue est revendiquée pour Guillaume-Longue-
Epée. M. de Longpérier l'a critiquée, et M. Deville accepte son jugement. On sent de quel
poids est l'opinion de pareils hommes. On lit sur ce denier d'argent, qui se ti'ouve à la
Bibliothèque impériale : Willelmvs — Rotomacvs (4).
Les autres monnaies , toujours en argent, sont des trois premiers Richard. On éprouve
bien quelques difficultés à les classer chronologiquement ; cependant , les habiles numis-
mates de notre époque ne renoncent pas à cette tâche , devant laquelle reculaient leurs
prédécesseurs.
C'est ainsi que M. Lecointi^e-Dupont n'hésite pas, d'après MM. Lelewel (5) et de Long-
périer (6), à attribuer au duc Richard I^r un denier que Tobiésen-Duby donnait à Richard-
(1) Le concile ou plutôt la diète tenue, à Lillebonne, en lOSO, sous la primauté d'honneur du Conquérant, ne
parle que de deux maisons monétaires de Rouen et de Bayeux. <« Monetarias domos Rotho'magenses et Bajo-
censés. « Martenne, « Thésaurus Anecdotorum, » t. iv, col. 119.
(2) Tobiésen-Duby, « Traité des Monnaies des Barons, » t. i*', p. 182, pi. lxix, fig. 6. — Ducarel, « Anglo-
Norman antiquities. »
(3) M. Lecointre-Ehipont, de Poitiers, d'après M. de Longpérier, de Paris. Voyez « Lettres sur l'Histoire
monétaire de la Normandie, » p. 28-29.
(4) Deville , « Revue de Rouen , » année 1846 , p. 359-64.
(5) Lelewel, a Numismatique du Moyen- Age, » 1. 1", p. 142.
(6) De Longpérier, «Revue numismatique, » année 1843, p. 60.
- 133 —
Cœui*-de-Lion (1). Cette pièce, qui se trouve à Paris, présente le temple carlovingien avec
ces noms : Richardvs — Rotomacvs (2). ^
m
En 1842, M. Deville acheta, pour le Musée de Rouen, un denier d'argent qui venait
d'elfe trouvé à Sotteville-lès-Rouen. Il ne balance pas à Tattribuer à notre Richard I^r (3).
M. Lecointre-Dupont réclame pour Richard II une monnaie d'argent qui se trouve à
Saint-Pétersbourg et sur laquelle on lit d'un côté : Rcard : Marchis (Marchio) ; de
l'autre: Rotoma Romans , et dans le champ: Eps.; comme s'il y avait: Sanctus Romanus
Episcopus (4). Nous trouvons un plus grand intérêt à citer un denier d'argent que le Musée
de Rouen possède depuis 1845 et qui provient de Lîllebonne. M. Deville attribue à
Richard II cette pièce, sur laquelle on lit d'un côté : Richardvs c (Comes) et de l'autre :
RoTOM. civriAs (5).
On donne encore à nos ducs Richard, sans désignation de numéro, les pièces suivantes :
un denier possédé par M. de Saulcy , dont l'analogue a déjà été édité par de Roze et
Tobiésen-Duby : Rihardv — Domocori ; un autre denier déposé au cabinet des médailles de
Paris Rhardvs — Roudeco (6); enfin, les deux pièces données, par Tobiésen-Duby, comme
des trois premiers Richard : Richardvs — otomacatvs et Richardvs — dioogmco (7).
Deux savants distingués , MM. Deville et Lecointre-Dupont n'hésitent pas à donner à
Robert 1©^, père du Conquérant, la monnaie normande qui porte le nom de saint Romain.
Cette pièce baronale , qui semble plutôt appartenir à un évêque qu'à un duc , présente d'un
côté une croix archiépiscopale et Se. Roman. (Sanctus Romanus) ; de l'autre , un portail
d'église avec la légende : Rotomag (8).
Nous sommes en plein xi^ siècle, et il nous tarde de parler du Conquérant. Des monnaies
de Guillaume, sorties des ateliers de Rouen, nous sont signalées par Ducarel, Tobiésen-
Duby et M. Lecointre-Dupont. Ducarel en donne deux qui se trouvaient alors en Angleterre :
WiLELMVS -^ RoTOMALis et WiLELMVS — RoTOMAEiL (9). Tobiéscn-Duby en donne une
possédée par M. de Roze et qui porte les légendes : Wilelmvs — Rotomacis(10). Enfin,
M. Lecointre-Dupont en cite une seule tirée de notre cabinet des médailles ; elle porte :
WiLELMYS — ROTOMCS (11).
(1) Tobiésen-Duby, «Traité des Monnaies des Barons, » t. i", p. 180-83, pi. lxix, flg. 1,2, 3, 4, 5.
(2) Lecointre-Dupont , « Lettres sur l'Histoire monétaire de la Normandie, » p. 23, pi. i, fig. !'•.
(3) Deville , « Procès- verbaux de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure , » p. 332-334.
(4) Lecointre-Dupont, « Lettres sur l'Histoire monétaire de la Normandie, » p. 24, pi. i, fig. 2.
(5) Deville, « Revue de Rouen, » année 1847, p. 379.
(6) Lecointre-Dupont, «Lettres sur l'Histoire monétaire de la Ndrmandie, » p. 25, pi. i, fig. 4, 5, 6.
(7) Tobiésen-Duby , « Traité des Monnaies des Barons , » t. i", p. 180-83, pi. lxix, flg. 1, 2, 3, 4, 7, 10 et 11.
(8) Lecointre-Dupont, a Lettres sur l'Histoire monétaire de la Normandie , » p. 24, pi. i, fig. 3. — Deville ,
« Revue de Rouen, » année 1846, p. 359-64.
(9) Ducarel , a Anglo-Norman antiquities, » pi. m, fig. 1 et 2.
(10) Tobiésen-Duby, «Traité des Monnaies des Barons, » 1. 1", p. 183, pi. lxix, fig. 7, 8 et 9.
(11) Lecointre-Dupont, «Lettres sur l'Histoire monétaire de la Normandie, » p. 24-25, pi. i, fig.
— 434 —
Les découvertes de monnaies normandes sont rares à Rouen comme partout aiUeiurs.
]W. Thaurin en cite deux : Tune au Vieux-Marché en 1854, et l'autre au Lycée en 4859.
Ces deux pièces d'argent appartenaient à la première moitié du xi^ siècle (1).
Il ne nous est pas possible de terminer ce travail sur le Rouen monétaire , sans citer
une précieuse découverte de monnaies normandes, faite, vers 1847, dans l'enceinte de
l'ancienne abbaye de Saint-Lô. La pile de monnaies d'argent qui se montra dlovs fiit
recueillie par M. Thomas, avocat et numismate distingué de notre ville. Ce savant collecteur
considérait ces pièces comme des premiers temps de la domination normande.
Il est probable que ces rares et curieuses pièces, qui du reste sont entréçes dans notre
collection publique, ressemblaient beaucoup aux cinquante-deux deniers normands anépi-
graphiques et barbares que possède aujourd'hui la ville de Rouen, dans la belle collection
Lecarpentier. Les monnaies rudimentaires de cette civilisation Scandinave, d'où nous
sommes issus , rappellent beaucoup les premiers essais nunaismatiques de la Gaule elle-
même. Elles montrent, bien mieux que ne pourraient nous le dire les historiens d'alors, à
quel degré d'abaissement et d'oubli tout art était tombé parmi nous. A leur aspect , on com-
prend de suite quelle tâche ont accomplie nos premiers ducs normands, quand ils ont fait
reculer de ce sol la barbarie que leurs pères y avaient implantée. Un archéologue couronné
disait naguère aux représentants de l'industrie française qu'un fragment d'art, échappé à la
main du temps, pouvait aisément démontrer toute la civilisation d'une période. Nous ferons
à nos monnaies l'application de cette parole, qui équivaut à dire que les arts sont frères, et
nous nous écrierons, en voyant les beaux travaux du xi^ et du xn^ siècle : « Recolile quam
magna Northmanni fecôre I »
§ VIII. — Rouen historique et chrétien.
Sous ce titre , nous voulons réunir en im seul chapitre tout ce que nous savons du
mouvement chrétien à Rouen, depuis le commencement de cette sainte religion jusqu'au
xie siècle. Malheureusement, sur ce sujet en général, et sur les temps anciens en par-
ticulier, l'Histoire dit peu et les monuments encore moins. Nous nous efforcerons pourtant
de faire marcher de pair les uns et les autres.
La cité des Vélocasses nous paraît avoir reçu le christianisme au im siècle , très peu de
temps avant de devenir la métropole de la seconde Lyonnaise. Saint Mellon est considéré
à la fois comme son premier apôtre et son premier évoque , saint Nicaise n'ayant jamais
pénétré dans cette ville, vers laquelle il se dirigeait.
Mellon, né à Cardiff, dans la Bretagne, arriva à Rouen vers 260, envoyé par le pape
Etienne I«r. On ne sait presque rien de sa mission , et les actes de sa vie , écrits longtemps
après sa mort, semblent plutôt un recueil de traditions que les faits critiqués d'une histoire
(l) Thaurin, « Journal de Rouen, » du 27 octobre 1859.
— 135 —
contemporaine. Ce qui résulte de plus clair de son apostolat , c'eçt que , pendant cinquante
ans, il combattit énergiqnement l'idolâtrie. Il passe pour avoir détruit les temples les plus
renommés, notamment ceux de Diane et de Vénus, et celui de Roth, la grande divinité
topique de Rotomagiis (i). Il construisit parmi nous le premier oratoire chrétien, là où
s'élève aujourd'hui l'église Notre-Dame, sur un terrain que lui aurait concédé le Romain
Praecordius, qu'il avait guéri ou ressuscité (2).
Vers la fin de sa carrière, saint Mellon étant allé évangéliser la station antique de
Gravinum, mourut dans ce pays idolâtrique, le 22 octobre de l'an 344. Nous avons cru
retrouver à Héricourt la crypte chrétienne qui fut peut-être le premier asile de cette église
naissante. Plus tard , le corps de saint Mellon fut levé de terre et rapporté à Rouen pour
être placé dans l'église souterraine de Saint-Gervais, dont nous parlerons tout à l'heure.
n paraîtrait cependant que des germes du christianisme avaient été semés à Rouen , au
temps de saint Denis de Paris, dont nous ne saurions fixer l'épiscopat, mais qui doit être
antérieure celui de saint Mellon. Un ancien historien raconte que, quand sainte Clotilde
fit restaurer, de 526 à 530, l'abbaye des Saints-Apôtres, qui semblait avoir été un de ces
monastères fondés par saint Victrice , dont parle saint Paulin de Noie, on trouva, dans les
fondations même de Tautel, une inscription attestant qu'il avait été consacré par le
bienheureux Denis de Paris (3). Ce même monastère devint plus tard la grande abbaye
de Saînt-Ouen.
Vers 342, saint Avitien ou saint Avidien succéda à saint Mellon et paraît avoir occupé
le siège pendant dix années. A la prière de Constantin-le-Grand, il se rendit à Arles, en 344,
avec son diacre Nicétius, afin d'assister à ce premier grand concile des Gaules et de l'Occi-
dent Il souscrivit les actes de cette auguste assemblée (4). Après sa mort , il fut inhumé
(1) Tout le monde a parlé de l'idole et du temple de Roth que les uns font détruire par saint Mellon, d'autres
par saint Romain. Sans pouvoir donner de motifs déterminants, nous penchons pour le premier. On est allé
jusqu'à indiquer Id place du temple de ce dieu gallo-romain. On désigne ordinairement le terrain occupé, au
moyen-Age , par Téglise et Tabbaye de Saiut-LÔ. Ce point, en effet, est couvert de débris antiques d'une haute
importance et d'une grande profondeur. Parmi ceux qui tiennent pour cette tradition, nous citerons : M. Ron-
deaux, « Notices et extraits des manuscrits do la Bibliothèque du Roi, » t. m, p. 591-92. — Ser\'in, « Histoire de la
ville de Rouen, ■ 1. 1", p. 42-47. — P^riaux, « Dictionnaire indicateur des rues et des places de Rouen, » p. xiv-xv,
141, 275. — Lever, « Dissertation sur l'abolition du culte de Roth, » in-S" de 52 p., Paris 1829. — Il y avait à
Sainl-Lô, avant l'abbaye de ce nom, une église de Saint-Sauveur ou de la Trinité.
(2) Servin, I Histoire de la ville de Rouen, » p. 45, 52. — Duplessis, « Description géogr. et hist., v t. ii, p. 23.
— Rondeaux de Bétry, « Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, t. m, p. 591.
(3) On lit, en effet, dans une vie de sainte Clotilde, écrite par un contemporain et publiée par Mabillon et dom
Bouquet, qu'en 526, lorsque cette pieuse reine voulut reconstruire, dans un faubourg de Rouen, un ancien
monastère détruit par le malheur des temps, on trouva, dans les fondations de l'autel, une inscription gravée sur
pierre attestant que l'oratoire avait été dédié aux douze apôtres par saint Denis, de Paris. — Dom Bouquet,
« Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » t. m, p. 401. — Trigan, « Histoire ecclésiastique de Nor-
mandie, » t. i*^ p. 11.
(4) m Avitianus, episcopus : Nicétius, diaconus, de Civitate Rotom'agensium. » Labbe et Copsart, « Sacro-Sanct.
Concil., » t. I*', p. 14-29. ♦
— 136 —
dans le cimetière public, d'où son corps fut plus tard transféré dans la crypte de Saint-
Gervais, qui montre encore son tombeau.
Nous avons peu à dire de ses successeurs : saint Sever (325-340) ; Eusèbe (340-365)
qui , en 346, assista au concile de Cologne, dont il avait provoqué la réunion (1) ; Marcellin
(365-385), et Pierre (385-393).
Mais une grande lumière se fait autour de l'épiscopat de saint Victrice. Soldat d'abord ,
puis évoque,. absolument comme saint Martin de Tours, son ami et son contemporain, ce
grand pontife occupa le siège de Rouen pendant vingt-quatre ans, de 393 à 447, Lié
d'amitié avec le thaumaturge des Gaules et avec saint Paulin de Noie , il eut le bonheur
de se rencontrer avec ces deux grands hommes dans la métropole de Vienne, au pays des
Allobroges (2). Il était connu de saint Ambroise qui, en 396, lui adressa une caisse con-
tenant des reliques, notamment celles de saint Gervais (3) et de saint Protais, que
l'illustre docteur avait découvertes lui-même et de ses propres mains, en 386 (4).
De l'épiscopat de saint Victrice, il nous reste de nombreux vestiges dans l'Histoire et
dans les monuments. Le 45 février 404, le pape Innocent l^^ lui adressa unedécrétale qui
figive en tête des actes de l'église de Rouen (5). Saint Paulin lui envoya deux lettres, la
xvm* et la xxxvm^ de sa collection (6). Là , nous trouvons sur notre métropole des détails
précieux pour ces temps reculés. On peut dire que c'est bien la Genèse chrétienne de
Rouen. Victrice avait envoyé à l'évêque de Noie, par le diacre Paschase et le catéchumène
Urson, une première lettre que nous n'avons plus. Paulin, à son tour, lui adressa la sienne,
en 399, par le prêtre Candidianus, qui, de Rome, était allé à Noie et repartait pour Rouen.
Dans ce monument épistolaire des temps héroïques de l'égUse chrétienne, Paulin loue
Victrice d'avoir fait de Rouen une Jérusalem nouvelle parles temples qu'il a élevés, par
les monastères qu'il a fondés, par les chœurs qu'il a organisés. C'est tout un nouveau
monde que sa parole a fait sortir du sol sauvage et reculé des Gaules. • Grâce à vous, lui
dit-il, le nom de Rouen, à peine connu jusqu'alors des chrétientés du voisinage, est
parvenu jusqu'à nous et est cité avec respect dans les régions les plus éloignées (7). •
La seconde lettre , datée de l'an 404 , nous apprend que saint Victrice avait fait à son
(t) « Eusebio, episcopo Rothomagensium... consentiente et mandante, » Labbe etCossart, t. ii, p. 6-15.
(2} « Meminisse enim credo dignaris, quia sanctitatem tuam olim ViennaB apud beatum patrem nostrum Mar-
tinum viderim. » Delorme, « Description du Musée de Vienne (Isère), » p. 272.
(3) D'après un inventaire du xv* siècle, cité par le « Flambeau astronomique, » de 1724, l'église Saint-Gervais de
Rouen possédait encore de son patron « un petit os du chef avec sang caillé enfermé dans un petit cofiDret de
cristal. » Thieury, « Saint-Gervais de Rouen, » p. 7.
(4) t Sancti Ambrosii, opéra, » epist. lxxxv, p. 885, édit. de 1549, et t. ii, col. 874, epist. xxu, ad sororem suam,
édit. des Bénédict., 1690. — Licquet, * Recherches sur l'Histoire de Rouen, » p. 17-18. — Thieury, « Saint-Gervais
de Rouen, » p. 1-7.
(5) Voir les « 8. Rot. E. Concilia, » de Pommeraye, p. 2 à 6, in-4". — Id., a Histoire des Arch. de Rouen, •
p. 50. — Bôssin, « Concilia Rotomag. provinciœ, » p. 3-6.
(6) « Sancti Paulini, opéra, ■ p. 98-105, 226-230.
(7) « Sancti Paulini, opéra, • p. 101-102, in-4% Parisiis, 1685. — Licquet, « Recherches sur Rouen, » p. 15-16.
— i37 —
tour le pèlerinage des Saints-Apôtres, mais que de Rome il n*avait pu se rendre à Noie, ce
que lui reproche affectueusement son ami'(i).
Cependant, si nous avons perdu les lettres de saint Victrice, nous avons de lui un
traité de la Gloire des Saints {De laude Sanctorum) (2). Ces saints étaient surtout ceux
dont saint Ambroise lui avait envoyé les reliques (3). C'est là qu'il nous raconte lui-même
la construction de l'oratoire et du martyrium des saints Gervais et Protais, qui furent son
œuvre. Dans un enthousiasme chrétien, dont nous n'avons plus d'exemple qu'au xu^
siècle^ Victrice ne se contente pas de prêcher et de quêter pour la construction du saint
édifice : il met lui-même la main à l'œuvre. De ses doigts sacrés il roule des rochers et il
chaîne des pierres sur ses épaules vénérables ; il arrose de ses sueurs le sol et les assises
du temple : « Juvat manibus volvere et grandia humeris saxa portare. Sudorem meum
terra bibat, utinàm sanguinem biberet (4). "•
Nous croyons avoir revu, en 1846, les fondements et une partie des assises de l'éghse
élevée par saint Victrice. Ce fut lorsque l'on éleva, au portail actuel, l'extrémité
occidentale du bas-côté sud de l'église Saint-Gervais ; on rencontra alors des murs
romains construits en petit appareil et chaînés de briques rouges. Comme pour mieux
répondre à leur destination et pour symboliser leur usage, ces fondations reposaient sur
des cercueils de pierre, entassés et accumulés dans le sol. M. Deville et moi n'avons pas
hésité alors à regarder ces constructions, entièrement romaines, comme pouvant appar-
tenir à l'éghse bâtie par saint Victrice (5).
Je suis également disposé à attribuer à ce grand saint la crypte de Saint-Gervais, le
plus ancien monument chrétien de Rouen et du diocèse, probablement même de la
Normandie. Cette crypte, longue de 11 mètres 40, large de 5 mètres 25, et haute de
5 mètres 30 , fut construite en un petit appareil qui, en grande partie, disparut au moyen-
àge. Des briques romaines sont entrées dans sa construction. La voûte est un berceau et
le chevet se termine en abside circulaire. A droite et à gauche du. presbyterium sont des
ouvertures carrées, espèces d'armoires ou sacraires qui se voient dans tous les martyrium.
A l'entrée, et comme les gardiens de cette maison de martyrs , sont les tombeaux de saint
Mellon et de saint Avitien, premiers évoques de Rouen, transportés ici et déposés sous des
arcosolia de forme essentiellement romaine. On pénétrait autrefois dans cette crypte par un
passage voûté en tuf qui venait du chœur. Cette entrée a été bouchée et détournée en 1680.
(1) « Qui ad Urbem per tanta terrœ spatia perveneras, » epist. xxxviii, p. 226.
(2) L'abbé Lebeuf, « Recueil de divers Ecrits pour servir d'éclaircissements à l'Histoire de France, t. u, p. xiv-
Ln, m-12, Paris, 1788. — « Discours de saint Victrice à la louange des Saints, » in-12, Auxerre, 1768, traduction
par l'abbé Morel. — Licquet, « Recherches sur l'Histoire de Rouen, » p. 17-18. — Thieury, « Saint-Gervais de
Rouen, » p. 6-9.
(3) Ils étaient au nombre de quatorze, tous extraits de l'église de Milan.
(4) « De Laude Sanctorum, • c. xn, p. lu, édit. de Lebeuf.
(5) « Revue de Rouen, » année 1846, l" sem., p. 259. — « La Normandie souterr., » 1" édit., p. 37 ; V édil.,
p. 45.
18
— 438 —
Jusqu'é plus ample infomié, je suis disposé à attribuer à saint Victrice ou à son temps
cette confession, dont la bienveillance de M. Thieury me permet de donner le plan géomé-
trique et une vue intérieure qui a tous les caractères de cette époque.
FLAn OÉOMÊTBIQL'E.
CBTPTK DI
Je n'hésite pas non plus à rapporter au siècle de saint Victrice, et à l'art romain des
derniers temps, les trois chapiteaux de pierre qui décorent l'abside eitérieure de Téglise.
Ces chapiteaux , qui ne sont plus k leur place , proviennent évidemment d'un édifice plus
ancien que l'église actuelle. L'un d'eux est corinthien, D, l'autre représente des fleurs, F,
le troisième figure des aigles, G. Par la matière et par la forme, ils appartiennent é\idem-
S~%iû£urjf ■*• ^,€Au^
CBAPITKAUX mtHfUna D1 L'AHIDB DK BAim-OBkTAlS DB BOOBN.
ment à l'art gallo-romain, comme ceux de Duclair, de Lillebonne et du Musée de
Rouen (1). Quant à l'abside pentagone et aux colonnes rondes qui en décorent les angles,
je ne puis leur assigner aucune date ; mais, au premier coup d'œil, on est tenté de croire
qu'elle est le reste d'une construction circulaire.
Retournons maintenant à saint Victrice et aux évoques de Rouen.
Le zèle de notre pontife était si grand, que sa vaste province lyonnaise ne lui suffîsait
pas. n porta l'Évangile chez les Gaulois les plus reculés et les plus sauvages, les Horins et
les Nerviens, qui le considèrent comme un de leurs apôtres (2). Sa renommée de savoir
et de vertu était si haute , que les évêques de la Grande-Bretagne l'appelèrent dans leur lie
(1) J'ai déjà développé cette idée dans une note, publiée en 1S59, dans l'ouvrage de M. J. Tbieury, intitulé :
« Saiat-Gervdis de Rouen ; église et paroisse, . p. 1 1*14, note qui a été reproduit» ta même année dans la i Revue
de l'Art cbrètien, ■ (t. ui, p. 231-34} et tirée à part, à Dieppe et à Amiens, à cinquante exemplaires.
(S>AprèB avoir loué saint Victrice d'avoir quitté la miliea terrestre pour la milice céleste, saint Paulin le ro-
mercie d'avoir évangélisé les Morins et les Nerviens, ■ tarra Morinorum situ extrema, • et d'avoir liit des mis»
slonn, ■ in remotisstmo Nervici litloris tnctu. ■ Ponuneraye otCodln, ■ S. R. E. Concilia, ■ p. 11.
— 140 —
pour y trancher une difficulté qui divisait Tépiscopat romano-breton (1), à la veille d'être
envahi par les hordes saxonnes d'Hengist et de Horsa , d'Ella et de Cissa.
Pendant le reste du v* siècle, l'histoire de l'église de Rouen ne se compose guère que du
nom de six évêques : saint Innocent (417-426), Sylvestre (426-442), Melson (442-451),
Germain (451-462), Crescence (462-488), et saint Godard (488-525). Nous savons qu'en
461 , Germain signa les actes du premier concile de Tours, en qualité d'évêque métropo-
litain de Rouen (2), et qu'en 511 saint Godard souscrivit ceux du premier concile d'Or-
léans (3), convoqué par Clovis, au baptême duquel il avait assisté (4).
Personne n'ignore que ce dernier fut inhumé dans une église des faubourgs {ecclesia
suburbana\ alors appelée l'église de Sainte-Marie , et qui plus tard porta son nom (5). Un
des actes les plus remarquables de son pontificat fut l'ordination et la consécration de
saint Lô, élu évêque de Coutances dès l'âge de douze ans (6).
Au vi*^ siècle, de grands événements politico-ecclésiastiques attirèrent sur l'église de
Rouen une attention générale , ravivée de nos jours par de palpitants récits mérovingiens.
Nous voulons parler du grand drame de Prétextât avec Chilpéric, Frédégonde, Mérovée,
Brunehaut et l'épiscopat mérovingien. Prétextât avait été précédé par saint Flavius ou
Filleul , qui assista successivement à trois conciles d'Orléans, tenus en 533 (7), (538 (8)
et 541 (9). Nous pensons qu'à l'exemple de saint Godard, il combattit énerçiquement
l'idolâtrie et propagea le christianisme. Nous regardons comme une preuve de son zèle
à baptiser les infidèles, la fontaine de Saint-Filleul, qui existe encore dans un fauboui^ de
Rouen (10). C'était sans doute un de ces derniers boulevards où le paganisme s'était re-
tranché avec le culte des eaux et des fontaines et dont notre pieux évêque aura fait un
baptistère.
Ce fut évidemment sous le long épiscopat de saint Filleul, qui fut aussi trésorier de
(1) Licquet, «Recherches sur l'Histoire de Rouen, » p. 17. — « NamquodadBritannias profectus sum, quod ibi
moratus sum, ■ diuil, lui-môme, dans son Traité « De Laude Sanctorum, » c. i ; Lebeuf, t. ii, p. xv.
(2) « Germanus, episcopus Rothomagensis civitatis, interAii et subscripsi. » Labbe et Cossart, • Sacro-Sancta
Concil., » t. IV, p. 1653.
(3) « Gildaredus, episcopus ecclesiî© Rotomagensis metrop., subscripsi. » Labbe et Cossart, « 8acro*Sancta
Concilia, » t. iv, p. U09. — Dom Bouquet, a Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » t. iv, p. 103. -
Licquet, « Recherches sur l'Histoire de Rouen, » p. 24-25.
(4) Pommeraye, « Histoire des Archevêques de Rouen, » p. 85.
(5) Licquet, « Recherches sur l'Histoire de Rouen, » p. 25. — » Normanniœ nova Chronica, » p. 1 et 2. — Boll.,
« ActaSanctor..., » mens, junii, t. ii, p. 68. — Thieury, « Armoriai des Archevêques de Rouen, » n* 14. -- Périaux,
« Dictionnaire des Rues de Rouen, » p. 275.
(6) • Nonnanniœ nova Chronica, » p. 1. — Fallue, a Histoire de l'Eglise métropolitaine de Rouen, » 1. 1", p. 41.
— Pommeraye, « Histoire des Archevêques de Rouen, » p. 86.
(7) « Flavius, episcopus Rothomagensis, subscripsi. » Labbe et Cossart, « Sacro-Sancta Concilia, » t. iv, p. 1783.
(8) « Flavius, episcopus ecclesiœ Rothomagensis, subscripsi. » ttid., t. v, p. 503.
C9) a Flavius, in Christi nomine Rothomagensis ecclesiœ episcopus, consensi et subscripsi. » n)id., t. v, p. 588.
(10) La rue Saint-Filleul, dans le faubourg Cauchoise et l'ancienne rue deBasiême, Périaux, « Dictionnaire indi-
cateur des Rues et Places de Rouen, p. xxx et 94. — Thieury, « Saint-Gervais de Rouen , » p. 90-92.
— 144 —
Clotaire ler, de 524 à 530, cpie sainte Clotilde fonda ou releva^ dans un faubourg de Rouen ,
le monastère des Saints-Apôtres, qui devint plus tard l'abbaye de Saint-Ouen. C'est alors,
suivant un auteur contemporain , que l'on aurait trouvé, dans les fondations du vieil ora-
toire, une inscription attestant une dédicace déjà faite par saint Denis de Paris (4).
Entre saint Filleul et saint Prétextât , plusieurs placent saint Evode ou Yved (542-550),
que quelques-uns mettent au v^ siècle, entre saint Innocent et saint Sylvestre (2). L'épis-
copat d'Evode n^a laissé d'autres souvenirs que celui de son zèle à combattre le paganisme,
cette grande plaie des temps barbares. C'est pendant une de ses courses apostoliques contre
l'idolâtrie qu'il est mort aux Andelys, le 8 octobre 550, d'où il fut rapporté à Rouen.
Prétextât paraît avoir occupé longtemps la chaire de Rouen , de 550 à 586 selon les
uns, de 542 à 586 selon les autres. Quoi qu'il en soit , il est resté le héros d'un drame
sanglant qui jette un reflet de terreur sur la ville des temps mérovingiens.
Parrain de Mérovée, le fils de Chilpéric V\ roi de Soissons, il maria solennellement dans
sa cathédrale, en 576, son jeune filleul avec la célèbre Brunehaut, exilée à Rouen et déjà
veuve d'un roi austrasien. Chilpéric, furieux, accourt à Rouen pour saisir les deux époux
qui , recourant au droit d'asile , se réfugient dans la basilique de Saint-Martin , construite
en bois sur les murs mêmes de la ville : « Basilicam Sancti Martini, quœ super muros
Civitatis ligneis tabulis fabricata est, » dit Grégoire de Tours.
Cité devaût ses pairs les évoques de France., réunis à Paris en 577, Prétextât ne put se
disculper complètement, et il fut envoyé en exil à Jersey, où il resta jusqu'à la mort de
Chilpéric. L'année même de son décès, en 584, ce roi avait tenu et présidé à Rouen une
diète ou assemblée générale (3). Revenu triomphant dans sa ville épiscopale. Prétextât en
sortit en 585 pour se rendre au deuxième concile de Mâcon (4), comme il avait assisté au
troisième concile de Paris en 557 (5) et au deuxième de Tours en 567 (6).
A son retour de Bourgogne , il eut à endurer les assauts de Frédégonde , cette terrible
exilée du Vaudreuil , qui vint exprès à Rouen pour lui faire une scène. N'ayant pu abattre
(1) Dans une vie de sainte Clotilde, écrite au vi* siècle, publiée par Mabillon et reproduite par dom Bouquet,
on Ut & Tannée 526, que cette reine : « Renovavit ab ipsis fundamentis quoddam mirse magnitudinis monasterium
quod in suburbio Rotomagensis civitatis, propè muros ejusdem urbis, tempore beati Dionysii aedificatum ftiit et
tb eodem apostolico viro dedicatum in nomine duodecim Apostolorum, die kalendarum septembris, sicut in quâdam
petrà, quae erat in fundamentis al taris reposita, sculptum erat. Ibi etiam adgregavit non modicam congregationem
Clericorum Deo servientium. » Recueil des Historiens des Gaules et delà France, » t. m, p. 401.
(2) Lecointe, « Annal. Eccles. Francor., » 1. 1*', p. 680.— « Gallia Christiana, » t. xi, p. 9.— Licquet, « Recherches
8ur l'Histoire de Rouen , » p. 23. — Farin, « Histoire de Rouen, » 3' partie, p. 134, in-4. — L'abbé tfalais, « Calen-
drier normand, v p. 65.
(3) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens, » t. iv, p. 625. — Bessin, « Concilia Rotomag. prov., » p. 7. — Licquet,
« Recherches sur l'Histoire de Rouen, » p. 30. — Gregor. Turon, « Hist. Franc. »
(4) Là saint Prétextât récita les prières et signa ainsi les actes : « Prœtextatus, episcopus ecclesise Hothoma-
gensis, subscripsi. vLabbeet Cossart, « Sacro-Sancta Concilia, » t. v., p. 987.
(5) « Prsetextatus, in Christi nomine epic. eccles. Rothomag. consensi et subscripsi. » ttid., t. v., anno 557.
(6} Plrœtextatus, etsi peccator, in Christi nomine epic. eccles. Rothomag., secundum patrum instituta relegi
consens! et subscripsi , die xx kalendas decembris, Turonas, » Ibid., t. v., p. 865.
— 142 —
son courage, elle se concerta avec Mélance , l'évoque intrus de Rouen et Tennemi juré de
Prétextât. Elle offrit alors deux cents sous d'or à l'un de ses esclaves pour la délivrer de son
ennemi. Le malheureux sicaire ne se montra que trop docile, et le jour de Pâques de
l'an 586 , pendant que l'évoque entonnait dans sa cathédrale une antienne de l'office du
matin , il le perça au cœur avec un de ces grands couteaux de fer que nous rend partout
la ceinture des Francs : « Homicida qui, extracto balthei cidtro, sub ascello episcopum
percussit (1). »
Du reste , l'intrus Mélance paraît avoir occupé légitimement un siège récemment tmt
du sang d'un martyr, car l'histoire de l'Eglise d'Angleterre a conservé le souvenir d'une
lettre que lui avait adressée , en 604 , le grand pape saint Gr^oire pour lui recommander
les missionnaires de la Grande-Bretagne (2).
N'oublions pas de dire que pendant cet épiscopat , demeuré célèbre dans l'histoire de
France comme dans celle de l'EgUse , Rouen , alors gouverné par un comte (3) , reçut la
visite de deux rois mérovingiens, de Sigebert, d'Austrasie, en 575, et de Chilpéric, de
Soissons (4).
Le vne siècle , l'âge d'or de l'Eghse de France, est aussi la grande auréole de l'Eglise de
Rouen. C'est alors qu'elle vit apparaître sur son siège trois grands hommes et trois grands
saints , Romain , Dadon et Ansbert. Romain , le plus pieux de tous nos pontifes , lutta
énei^quement contre l'idolâtrie, et paraît en être demeuré vainqueur, puisqu'il traîne der-
rière lui un dragon enchaîné comme trophée de sa victoire (5). Ce ne fut pas seulement
chez les Calètes reculés (6), mais aussi au sein même de sa métropole, qu'il détruisit les
temples et autres lieux idolâtriques. C'est à lui que l'on doit la fermeture et peut-être la
destruction des autels consacrés à Vénus (7), à Apollon et à Mercure, dont le sol nous
rend les images. Son plus beau triomphe fut la démolition du grand amphithéâtre romain
(1) Gregor. Turon., « Hist. Franc, » lib. vni , c. 3. — Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t u ,
p. 226-27, 233, 331, 399; t. ni, p. 72, 73, 77-78. — a Les grans Chroniques de Saint-Denis, » ibid., t. m, p. Î15,
221.— Le Pore Binius prétend que saint Prétextât, de Rouen, assista au cinquiôme concile d'Orléans, en 549.
« Sacro-Sancta Concilia , « t. v., p. 813.
(2) L'abbé Malais, « Calendrier normand, » p. 57.
(3) « Comitem Rothomagensem, « dit Grégoire de Tours, apud Bouquet, t. ii, p. 282. — Chéruel, « Hist de Rouen, •
t. !•% p. IX.
(4) Gregor. Turon., lib. iv, c. 52, apud dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules et de la France, » t ii,
p. 230.
(5) Ce dragon symbolique, que le moyen-&ge reconnaissant a donné aux conquérants chrétiens, est connu à
Rouen sous le nom gargouille. On en trouve d'analogues aux pieds de saint Waast d'Arras, de saint Marcel de
Paris» de saint Amould de Metz, etc«
(6) « Maxime apud ultimes Gaietés, » dit la légende de l'ancien bréviaire de Rouen.
(7) Une tradition, consignée par plusieurs auteurs, prétend qu'un temple de Vénus a existé sur l'emplacement
occupé plus tard par l'abbaye Saint- Amand. Une autre tradition affirme également qu'avant ce monastère, élevé
en 1030, par Gosselin et Emmeline, il existait un établissement monastique construit par Clovis II et dont Tautel
aurait été consacré par Saint-Amand. (Monialibus ibidem Deo deservientibus). H. Langlois, « Revue de Rouen, •
année 1834, t. m, p. 345.
— 143 —
qui dans la guerre avait servi de Castrum pour la défense , dans la paix avait été témoin
des jeux de la scène, et qui n'était plus alors que le repaire des superstitions et le réceptacle
des plus grossiers plaisirs.
Ce colossal débris de la puissance et de la religion romaines , assez bien décrit dans les
manuscrits du moyen-age, est invariablement placé par eux dans un faubourg et au nord
de la Cité : « Juxtà urbem ipsam a septentrionali latere , » « penès urbis maenia, » « penès
murorum Civitatis confinia. s II était construit en pierre de taille, renfermait dans son
enceinte un temple de Vénus, et, dans les parties basses de l'édifice, des fornices'et des
lupanars : « Lapideo opère constructa in modum amphitheatri muralis machinae altitude,
in quâ subterranaeum spelaeum angustum iter introeuntibus praebebat. » « Domus illa
subterranea latebrosis fornicibus cingebatur. Hanc domicilium Veneris propter scortantium
usus appellabant. Verum desuper intra ambitum mûri exterioris spatiosa patebat arèa , in
cujus medio fanum artifici opère constructum eminebat, in quo ara editiori loco stabat et
desuper titulus Veneris. »
Nous en répétons la description en vers latins :
c Est ibi nam castrum murali robore firmum, Vel quos impur! juvat ingluvies Epicuri
In quo fœdarum domus atra latet meretricum, Sorde lupanari semper sitiunt maculari.
Fornicibus variis cœcis obstrusa latebris. In medio castri palet area more theatri,
niic obscœni rivales , seu parasiti , Quo fanum Veneris titulus spurcae mulieris (!)• >
« Extat à prisco tempore énorme aedificium templumque quod constat in vèneratione
profanae Veneris. Est autem ibi et lupanar in quo meretricum deget phalanga non modica ,
inlecebrosam adprimè exercentes vitam. j>
Ce théâtre , ou peut-être cet amphithéâtre, était situé au nord de la ville, sous les murs
de la Cité. Ce devait être quelque chose comme le grand théâtre circulaire de Tours , qui
était enchâssé dans l'enceinte même des murs, dont il rompait la Ugne. Ce temple des
plaisirs devenait au besoin un Capitole pour la défense. Cette circonstance nous avait fait
penser d'abord que le théâtre de Rouen aurait bien pu être placé dans le voisinage de la
place des Carmes et de l'église Saint-Lô , là où tant et de si épaisses murailles ont été ren-
contrées depuis soixante ans. C'était d'ailleurs vers ce quartier que saint Romain avait fixé
<1) Noos devons la meilleure version de tous ces textes latins à M. Auguste Lévy, membre de l'Académie de
Rouen, qui depuis cinq années a publié sur Rouen quatre brochures que Ton consultera utilement et dont nous
nous faisons un devoir de donner ici les titres : 1« « Etude scientifique et archéologique sur le territoire de la ville
de Rouen dans les temps les plus reculés, » in-S** de 49 p., Rouen, Péron, 1860. Extrait du «Précis analytique de
l'Académie, » année 1859-60. — 2'' « Deuxième Etude scientifique e^ archéologique sur la ville de Rouen et les
rives de la Seine, » in-8* de 19 p., Rouen, Boissel, 1861. « Précis analyt. de l'Académie, » année 1860-61.—
3* « Troisième Etude scientifique et archéologique sur les rives et l'embouchure de la 8eine, » in-S" de 27 p.,
Rouen, Boissel, 1862. « Précis analyt. de l'Académie, » 1861-62. — â*' « Quatrième Etude scientifique et archéologique
sur les rives de la Seine et les côtes de la Manche , » in-8« de 29 p., Rouen, Boissel, 1863. Extrait des « Bulletins
de la Soc. d'Emul. de Rouen, > année 1863.
•.
— 144 —
sa demeure (i), et c'est là qu'il trouva son tombeau, dans la crypte de Sainte-Marie, qyi
possédait déjà le cercueil de saint Godard.
Mais des observations nouvelles nous font penser que le temple-colysée détruit par saint
Romain devait être dans le quartier Bouvreuil, entre la rue du Cordier et la rue Morand,
mais préférablement près de cette dernière. Nous ne serions nullement surpris qu'il eût
occupé l'emplacement qui devint, en i 204, le château de Philippe-Auguste. Le nombre et
l'importance des murailles antiques rencontrées dedans et autour de la maison des Dames-
Ursulines , nous font grandement pencher de ce côté.
Saint Ouen, fils et frère de saints (2), béni dès son enfance parle grand saint Colom-
ban (3), nous a laissé de son passage de curieux documents dans sa Vie du bienheureux
Eloi , de Noyon , qui est toute une peinture de l'époque. On voit dans ce livre quels auteurs
on lisait à Rouen , quelles habitudes païennes se perpétuaient au sein des classes popu-
laires. Les noms de Neptune, de Pluton, de Diane, de Minerve et des Génies, étaient loin
d'être oubliés par les populations grossières de jios campagnes. Ces sermons de l'évêque
missionnaire sont le miroir d'une époque de transition où le christianisme était au haut de
la société et le paganisme au bas. Ces deux hommes illustres maintenant unis dans le ciel
et sur nos autels , étaient étroitement liés sur la terre. Elus évêqueç en même temps , tous
deux furent sacrés à Rouen le 21 mai 640, et probablement dans la même église (4). Il
n'est pas impossible que le nom de saint Eloi , laissé à Tune de nos anciennes églises, ne
soit un témoignage de ce grand événement.
Après saint Victrice , saint Ouen passe pour le plus lettré de nos évoques. Il assista au
premier concile de Chalon-sur-Saône en 656 (5), et il tint lui-même une assemblée dans
la ville de Rouen. D'après les PP. Labbe et Cossart, il aurait déjà assisté, conune évêque
de Rouen, au concile de Clichy , dès 633 (6), et à celui de Paris , en 638 (7).
Ministre de Dagobert I^r, comme saint Romain l'avait été de Clotaire II , il ne fut peut-
être pas étranger à la rédaction du diplôme du premier de ces rois , qui donna à l'abbaye
de Saint-Denis les droits que le fisc prélevait au port de Rouen sur les vins , la garance et
le miel , les grandes marchandises de l'époque (8).
(1) « Vhôtel de saint Romain était vis-à-vis le bout (de Téglise) au couchant du cimetière Saint-Godard. On voit
même les armes de sa famille à un pignon, semblables à celles qui existaient encore il n*y a pas longtemps dans
le Vexin. ■ Rondeaux de Sétry (en 1781), « Notices et Extraits, » t. m, p. 593.
(2) L'abbé Malais, « Calendrier normand, » p. 29.
(3) L'abbé Malais, « Calendrier normand, » p. 76.
(4) L'abbé Malais , a Calendrier normand , » p. 29, 36, 78.
(5) « Audoênus, episcopus ecclesiae Rothomagensis, his constitutionibus subscripsi. u Labbe et Cossart, « Saero-
Sancta Concilia, » t. vi, p. 392.
(6) ft Dado , episcopus Rothomagensis ecclesias , cons. et subscripsi. » « Sacro-Sancta Concilia , • t. v,
p. 1855.
(7) « Dado obtulit, » Id., ibid., t. v, p. 1856.
(8) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t. iv, p. 627. — De Frôville, « Mémoire sur le comment
maritime de Rouen, » 1. 1", p. 26.
— 145 —
Décédé à Çlichy, près Paris, le pontife-chancelier fut ramené à Rouen et inhumé dans
Tabbaye de Saint-Pierre et de Saint-Paul , qu'il avait restaurée et qui prit son nom au
x« siècle. De toutes les créations du vii^ siècle , celle qui a le plus duré et qui a doté
Rouen de son plus riche monument, c'est bien la fondation bénédictine qui perpétue parmi
nous le nom de saint Ouen. Du reste, plus de quatre-vingt-dix églises paroissiales de la
Normandie conservent aussi le nom de ce grand pontife (4),
Trompé par Ebroïn, Tévêque-ministre fit enfermer, en 674, dans la prison voisine de
la Poterne, saint Philbert, abbé de Jumiéges, dont l'innocence fut bientôt reconnue. Aussi,
plus tard , ce cachot devint-il un oratoire dédié au patriarche des bords de la Seine et
l'hôtel des moines de Jumiéges. On y montre encore un reste de la Gaule mérovin-
gienne (2).
Ansbert, moine et abbé de Fontenelle, gouverna l'Eglise de Rouen de 683 à 695.
Réunissant des artistes habiles, il fit faire à saint Ouen une magnifique châsse, le 5 mai
686. Il soulagea la famine de son diocèse , ouvrit le troisième concile de Rouen en 689 ou
en 693 (3), et mourut exilé à Aumont, dans le Hainaut, d'où il fuf triomphalement rap-
porté à Fontenelle.
Ne terminons pas ce qui regarde le vii« siècle sans mentionner la visite que firent
à Rouen , en 690 , deux hommes modestes alors devant le monde , mais depuis
grands devant Dieu et devant les hommes. Nous vqulons parler de saint Saëns et
de saint Leufroi, ces deux civilisateurs de nos contrées, alors sauvages, et dont les
noms doivent être écrits en lettres d'or dans nos cœurs comme ils le sont dans le
ciel (4).
Le vm« siècle est une époque de décadence et de mutisme. L'histoire nous fait à peine
connaître les noms barbares de nos archevêques , car, à partir de cette époque , le titre
d'évêque cesse à peu près complètement et celui d'archevêque s'établit régulièrement. Nous
n'avons guère que les noms de Grippon (695-743), de Roland (743-722), de saint Hugues,
de Jumiéges, cousin de Pépin (722-730), et de Radbert (730-742). Le passage des saints
nous console de ce silence. En 722 , saint Guilbaud (^Willibaldus) s'approcha de Rouen et
campa sur la Seine aux environs de cette ville (5). l\ était accompagné de saint Richard ,
(1) L*abbé Malais , « Calendrier normand, » p. 76. •
(2) a Histoire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumiéges, » Mss., p. 24-27. — Cet ancien hôtel de Jumiéges
forme aujourd'hui la maison n" 26 de la rue de la Poterne. On y voit un reste de mur antique.
(3) En 689, d'après dom Bouquet, « Recueil, » t. m, p. 618.- Licquet, « Recherches sur l'Histoire de Rpuen, »
p. 44, 45, 46. — En 692 , d'aprè^ Labbe et Cossart , « Sacro-Sancta Concilia , »» t. vi , p. 1240-42. — En 693 , d'après
Pommeraye et Bessin , qui assurent qu'il s'y trouva quinze évêques et quatre abbés ; « 8. R. E. Concilia ac
décréta, • p. 18-19. — Bessin, a Concilia Rotom. provinc, » p. 12-13. — Saint Ansbert souscrit ainsi : « Ansbertus,
archlepiscopus, subscripsi. »
(4) Ghéruel , « Histoire de Rouen pendant l'époque communale , » t. !•', p. xxxiii.
(5) De Fréville , o Mémoire sur le commerce maritime de Rouen , » t. i*', p. 29-30. — Ducange , « Glossarium »
verbe « mèrcimonium. *
d9
— 446 —
son père, et de saint Winebaïul, son frère. Lui-méine avait été le compagnon de Tapôtre
des Germains (1).
Grimon» nommé pai* Charles-Martel, fut institué et reçut le pallium des mains de saint
Boniface , légat du pape Zacharie , pour la Gaule et la Germanie {î2). Rainfroy , élu en 748,
gouverna si mal son Eglise , qu'il fut déposé en 753, pour faire place à saint Remy, frère de
Pepin-le-Bref et oncle de Charlemagne (3). Nous savons que celui-ci envoya à Rome des
moines de Rouen pour y puiser le chant romain, celui des Gaules étant devenu un chaos.
Une lettre du pape Paul I^ à Pepin-le-Bref nous révèle ce curieux détail (4).
Remy fut remplacé par Hugues (762-769), fils naturel de Charles-Martel ou de Pejrin, Ce
fut sous lui que Pepin-le-Bref vint à Rouen pour y célébrer la Pâques de768(5).Magenard
ou Ménard, fils naturel de Charlemagne, fut un de ses missi dominici (6). En 779, il reçut
dms sa métropole son illustre père, qui parcourait alors les villes et les cité$ de son
royaume (7). Le concile de Francfort, tenu en 794, le chargea, en sa qualité « d'évêque
métropolitain , » de la délicate mission de remplacer Gerbod , qui avait usurpé le si^e
d'Evreux (8).
Vers Tan 800 , il fut remplacé dans ses fonctions de pontife par Willibert, qm , dès 795 ,
remplissait déjà celles de missus dominicus(9). Willibert, gouverneur de Louis-le-Débon-
naire et institué son tuteur par le testament de Charlemagne , reçut ce grand monarque à
Rouen, en 800, lorsqu'il parcourait les rivages de l'Océan et des fleuves, menacés par les
Normands (10). C'est dans cette ville qu'un envoyé de son fils Louis-le-Débonnaire(41)
put rejoindre le roi des Francs.
Le ixe siècle, cet âge de troubles et d'agitations par excellence, s'inaugure pour nous
par un legs de Charlemagne. Dans le testament de cet empereur, rédigé en 8H, l'Eglise de
Rouen figure parmi les vingt-deux métropoles de son empire, qui eurent part à ses libéra-
Ktés(12). En 8i8,Louis-le-Débonnaire vint à Rouen visiter l'archevêque Willibert, qui avait
été son tuteur et son gouverneur (43). D est probable que ce fut ce même pontife qui tint à
(1) L'abbé Malais, « Calendrier normand , » p. 43, 81.
(2) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » t. iv, p. 95. — Chéruel , « Histoire de
Rouen , » 1. 1", p. xxx.
(3) Id., ibid., t. v, p. 384.
(4) Bessin, <i Concilia Rot. provincise, » p. 14. ^
(5) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » t. v, p. 8, 18, 36, 200.
* (6) Id., ibid., t. v, p. 142 ou 742.
(7) Id., ibid., t. v, p. 142.
(8) « Magenardo, metropolitano episcopo. » Labbe et Gossart; « Sacro-Sancta Concilia, » t vu, p. 1067.
(9) « Willibertus, Rotomagensis archiepiscopus , missus dominicus. » Dom Bouquet, « Recueil des Historien»
des Gaules et de la France, » t. vi, p. 90-91. — Baluzo, « Capitul. Reg. Franc, » t i", p. 3, 78. — Licquet, « Ri*
cherches sur THistoire de Rouen , » p. 49-50.
(10) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t. v, p. 52, 214, 349.
(il) Chéruel , « Histoire de Rouen pendant l'époque communale , » t. r% p. xxxi.
(12) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t. v, p. 102, 370, 372, 379.
(13) Id., ibid., t. v, p. 143, 178.
i
— U7 —
Rouen le synode général , dont les actes nous restent et que nos historiens placent au temps
de Louis-le-Débonnaire (i). Ce fut probablement lui aussi qui reçut Béra, comte de Barce-
lone, envoyé à Rouen comme prisonnier de guerre (2). En 824, l'empereur revient une
seconde fois à Rouen et y reçoit le patriarche Grado, ambassadeur de Michel, empereur de
Gonstantinople. Pendant les conférences qui eurent lieu dans cette \ille, on traita du culte
des saints et des images (3).
Si Willibert était dévoué à Louis-le-Débonnaire, Ragnoard, son successeur, ne le fut pas
moins. Après avoir siégé au sixième concile de Paris, en 829 (4), et à celui de Worms, en
833 (5), nous voyons ce pontife, à la diète générale de Thionville? (Theodonis villa), réha-
biliter et restaurer l'inforttmé Louis-le-Pieux, que le fougueux Âbbon, de Reims, avait fait
déposer par la factieuse assemblée de Compiègne (6). Ragnoard, estimé des grands hommes
de son temps , figure pour dix livres sur le célèbre testament d'Anségise , abbé de Fonte-
nelle (7).
Après le vénérable Gombaud, conseiller et ami du roi Louis, nous voyons Paul !«*, un
des nUssi deminid , assister au second concile de Soissons , en 853 (8). Mais il nous faut
revenir un moment sur nos pas.
En 840, Charles-le-Chauve, poursuivant Lothaire, son ambitieux frère, qui avait fait
couper les ponts de la Seine , trouva moyai de franchir le fleuve sur vingt-huit navires de
commerce, réunis aux environs de la ville (9). Ce fut vers cette époque (875) que ce même
roi donna aux moines de Saint-Ouen , pour le luminaire de leur église, la moitié du revenu
du port de Rouen (10).
Le 14 mai 841 apparaissent les Normands, conduits par Ogier-le-Danois , qui pillent et
brûlent la ville , après avoir égorgé les prêtres et les habitants (11). Heureusement qu'avant
(1) Dom Pommeraye, « S. R. E. Concilia ac syn., • p. 33-37. Dom Bessin, « Concilia Rotomag. provinci®, »
p. 8-11.
(2) Dom Bouquet, « Recueil, » t. vi, p. 145, 178. — Chéruel, « Histoire de Rouen, » l. !•', p. xxxm.
(3) Dom Bouquet, « Recueil, » t. vi, p. 435. — Chéruel, « Histoire de Rouen, t. !•', p. xxxm.
(4) « Ragnoardus Rothomagensis. » Labbe et Cossart, « Sacro-Sancta Concilia, » t. vn, p. 1592-1668.
(5) « Ego Ragnoardus, Rothomagensis episcopus, subscripsi. ■ Id., ibid., t. vu, p. 1681.
(6; « Ragnoardus, archiepiscopus. » n)id., t. vii, p. 1697.
(7) Fallue, « Histoire de l'Eglise métropolitaine de Rouen, » t. i*', p. 240. — Thieury, « Armoriai, » n» 33.
(8) « Paulus, Rothomagensis sanctse «oclesise archiepiscopus, relegi et subscripsi, » Labbe et Cossart, « Sacro-
Sancta Concilia, » t. vm, p. 91.
(9) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t. ii, p. 19. — Quoi qu'en ait dit M. Deville dans ses
« Recherches sur l'ancien pont de Rouen, » ( « Précis analyt. de l'Acad., » année 1831, p. 166-73), nous croyons,
avec M. Le Prévost ( « Le Roman de Rou, ■ t. !•', p. 210) et M. Fallue ( « Histoire de l*Bglise de Rouen, » t. !•%
p. 110 et 192), que Rouen possédait un pont de bois à l'époque carlovingienne, avant l'arrivée des Normands. C'est
ce môme pont qui est mentionné par Richard II, en 1025, et par Gossetin, le vicomte, en 1035. c A ponte Archas
ua^e ad pontem civitatis. »
(10) « Neustria pia, » p. 7. — De Fréville, « Mémoire sur le commerce maritime de Rouen, » 1. 1", p. 45-46.
(11) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t. vii, p. 59, 68, 152, 372, 401. — Licquet, « Recherches
sur, l'Histoire de Rouen, » p. 67-68. — Depping, « Histoire des Expéditions maritimes des Normands, • p. 70, édit.
1843.
— 148 —
leur arrivée , la terreur et la piété des peuples avaient sauvé les reliques de saint Ouen tt
les autres corps saints de la ville (4 ). Les pirates reviennent en 845 (2), en 852 (3) , en
855 (4) et en 861 (5). En 864, Charles-le-Chauve tient à Pitres trois diètes générales pour
aviser un moyen de combattre le fléau du nord. Nous y voyons figurer Wénilon (6) qui ,
dès 859 , avait siégé parmi les juges d'un autre Wénilon , archevêque de Sens, accusé du
crime de haute trahison (7).
En 875 , le même pontife rouennais souscrit au concile de Soissons (8), et en 876, il
assiste à celui de Troyes, tenu contre le célèbre Hincmar, de Reims (9). A une autre
époque, vers 868, Wénilon et Hincmar, réunis, avaient courageusement présenté à Louis,
de Germanie, les remontrances de Tépiscopat , rassemblé au palais de Kiersy, sur sa con-
duite envers Charles-le-Chauve (10).
De 855 à 868, Tévêque Luitade écrivit à Wénilon à propos du diacre Wulfade (11).
Une nouvelle apparition de pirates , mais plus salutaire que toutes les précédentes, a lieu
en 876. Cette fois, c'est le Norwégien RoUon , le futur maître de la cité et de la province,
qui attache ses barques à la porte de la Roquette, près de l'église Saint-Martin (12). On
parle encore d'une dernière invasion de Danois en juillet 885 ; mais alors Rouen dut avoir
moins à souflrir, car il était devenu le quartier général des Normands. C'était la ville la
plus Scandinave de l'occident. Aussi , les auteurs contemporains l'appellent la ville des
Danois par excellence (Rothum, Danorum urbem ) (13). Nous touchons ici au début de
leur empire et à un changement de maître.
Pour terminer l'esquisse de ce malheureux siècle, nous signalerons la présence de notre
archevêque Jean au concile de Pontigny, en 876 (14), au moment même où le païen Rollon
envahissait sa ville et son diocèse ; puis nous citerons un illustre exilé , saint Léon , de
(1) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t. vu, p. 271. •*
(2) Id., ibid., p. 731, 348. — Licquet, «t Recherches, » p. 69.
(3) Id., ibid., p. 343. — Conduits par Sidroc etGodefroy.
(4) Dom Bouquet, « Recueil, » t. vn, p. 43. — Conduits p^SidçQç.et Bernon. — Licquet, « Recherches, » p. 71.
(5) Dom Bouquet, « Recueil, » t. vu, p. 27.
(6) « Wanilo, humilis Rotomagonim episcopus, subscripsi. ■ Labbe et Cossart, « Sacro-Sancta Concilia, » t viu.
p. 755-760. — « Wenilo, Sanctae metropolis ecclesiœ Rothomagensis episcopus, subscripsi. » Id., ibid., p. 783-785.
— Dom Bouquet, « Recueil, » t. vu, p. 657. — Pommeraye , « 8. R. E. Concilia, » p. 24-32.
(7) Dom Bouquet, « Recueil, » t. vu, p. 639.
(8) « W^enilo , Rotomagensium archiepiscopus, subscripsi. » Labbe et Cossard, t. ix , p. 279.
(9) Dom Bouquet , « Recueil , » t. vu , p. 96 , 214.
(10) Lettres d'Hincmar, dans Dom Bouquet , « Recueil des Historiens des Gaules , » t. vu , p. 519. — Labbe et
Cossart, « Sacro-Sancta Concilia, » t. vin, p. 1939.
(11) Pommeraye, « S. R. E. Concilia, » p. 22-23.
(12) Servin , « Histoire de la ville de Rouen , » 1. 1", p. 93-96. - Depping, « Histoire des Expéditions maritimes
des Normands, • lib. m, c. 3, p. 268-70.
(13) Wit. Chind., apud Bouquet, « Recueil des Historiens, » t. viu, p. 216.
(14) « Joannes, Rothomagensis ecclesiœ archiepiscopus, subscripsi. » Labbe et Cossart , « Sacro-Sancta ConciU» »
t. IX , p. 289.
— i49 —
Carentan, archevêque de Rouen en 888 et en 889. Ce prélat, obligé de fuir son siège, se
réftigia chez les Basques pour leur porter l'Evangile , et il y retrouva la palme du martyre.
Le x« siècle, comme le commencement duxi^, est dans l'histoire de Rouen plus mili-
taire que monastique. Le x« siècle est rempli par cinq pontifes, dont deux ont laissé un
nom : le premier est Francon qui, en 942, baptisa RoUon sous le nom de Robert et qui ,
en 94 8 , réintégra avec une pompe solennelle le corps de saint Ouen dans l'église des
Saints-Apôtres qui bientôt lui empruntera son nom (4); le second est Robert de Normandie,
qui fonda la cathédrale et baptisa saint Olave , le premier roi chrétien de la Norwége (2).
Nous ne devons pas non plus oublier Witon qui , de concert avec l'archevêque Hervé de
Reims, travailla à la conversion des Normands. Des documents qui nous sont restés
attestent ce zèle commun (3). Ce fut aussi ce pontife qui , vers l'an 900 , tint à Rouen le
cinquième concile , dont les actes sont parvenus jusqu'à nous (4).
Fait assez étrange, le Cotentin fut si paganisé par l'invasion Scandinave, qu'en 944
l'évêque Théodoric apporta à Rouen le corps de saint Lô , et fixa dans cette ville son siège
épîscopal, qui y demeura Jusqu'en 4056 (5).
Mon sujet m'oblige à ne mentionner qu'au pas de course le sanglant combat livré par
Guillaume-Longue-Epée contre Riulf, comte du Cotentin, dans un champ qui a conservé
le nom de pré de la Bataille (6). J'en dis autant de la bataille acharnée que gagna, en 953,
sous les murs mêmes de la Cité, Richard-sans-Peur sur Othon, empereur d'Allemagne.
Le lieu en est encore connu aujourd'hui sous le nom de Rougemare (7). Inscrivons égale-
ment au tableau de l'histoire politique l'arrivée de Harold , premier roi chrétien de Dane-
marck, se réfugiant à Rouen contre les embûches de Suénon , son fils (8) , et la captivité
dans nos murs du roi Louis d'Outre-Mer, en 945 (9). Cet événement était la suite d'une
intervention tentée dans un but semi-politique et semi-religieux.
En 943, après la mort de l'archevêque Gontard(40), et sous la minorité du premier des
Richard, une nouvelle invasion Scandinave et un mouvement païen s'étaient manifestés à
Rouen et dans le pays de Caux. Cette réactipn était conduite par Turmod , grand seigneur
(1) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules, » t. ix, p. 139.
(2) Dom Bouquet, a Recueil des Historiens, >» t. x, p. 188, 213 et 368.
(3) Id., ibid., t. vin, p. 163.
(4) Pommeraye, « 8. R. E. Concilia , v p. 44-47.
(5) Pénaux, « Dictionnaire indicateur des Rues et Places de Rouen, • p. lxxiv, lxxvi et 141. — L'abbé Malais,
« Calendr. norm., • p. 62.
(6) Périaux, « Dictionnaire indicateur des Rues et Places de Rouen , » p. 126. — Servin, « Histoire de la ville
de Rouen, » t !•', p. 108-110.
(7) Dom Bouquet, « Recueil, » t. ix, p. 53. — Servin , « Histoire de la ville dt Rouen , • 1. 1^, p. 133. — Périaux ,
* Dictionnaire indicateur des Rues et Places de Rouen, » p. lxxv et 230.'
(8) Servin, «Histoire de la ville de Rouen. » t. i*', p. 116.
(9) Dom Bouquet, « Recueil, » t. viii, p. 168, 293, 320-21 ; t. ix, p. 12 , 92. — Servin , « Histoire de la ville de
Rouen , » t. !•», p. 122, 129.
(10) Dom Bouquet , « Recueil , » t. ix , p. 12.
- 450 —
normand, qui, un moment, força les jeunes ducs et les Rouennais eux-mêmes à sacn£er
aux idoles (1).
Mais nous n'aurons garde d'oublier les lettres de Fulbert, de Chartres, adressées à notre
archevêque Robert (2); le quatrième concile de Rouen, tenu par ce pontife (3), et les deux
assemblées ouvertes à Fécamp en 990 (4) et en 4027 (5), et enfin l'arrivée à Rouen, en
990, du cofps de saint Sever d'Avranches qui, s'arrêtant à Emendreville (6), imposa bi^tôt
son nom à ce faubourg.
Nous enregistrerons , comme un fait honorable pour notre ville , les visites que firent
deux rois Scandinaves. Le premier est Harald ou Hériol, roi de Danemarck; le second
est Lacman ou Lancina , roi de Suède (7).
Mais nous regarderons comme plus p^récieux encore , par ses conséquences religieuses ,
le passage des trois visiteurs suivants :
Le premier est Etheked II, roi saxon de l'Angleterre, le même qui, vers 979, avait
exempté des droits de coutume les bateaux de Rouen qui portaient des marsouins au
marché de Londres (8). Il arriva, en 1013, accompagné de ses deux fils , Al verède et
Edouard (9). Il n'est pas impossible qu'Alverède ou plutôt Alfred ait donné son nom à la
célèbre tour que possédait à la Poterne l'abbaye de Jumiéges(lO). Edouard-le-Confesseur,
élevé en Normandie et normand par le cœur, adopta plus tard son neveu Guillaume, fils
de Robert, et fut ainsi le principe de la conquête de l'Angleterre.
La même année était venu à Rouen , avec une escadre victorieuse de la Bretagne ,
Olaûs, Olaf ou Olave , roi de Norwége, qui, pris de dégoût pour les idoles, et ayant goûté les
instructions de Robert, fut baptisé par cet archevêque. Revenu en Norwége, il y implanta
le christianisme et mourut martyr pour la foi (11).
(1) Dom Bouquet, « Recueil » (d'après Frodoard), p. 196-97. — Chéruel , « Histoire de la ville de Rouen, » t. i*%
p. XLvn. — Depping, « Histoire des Expéditions maritimes des Normands, » p. a08«309.
(2) Pommeraye, « 8. R. E. Concilia, » p. 64-65.
(3) Id., ibid., p. 61-62. — Bessln, « Concilia Rot. prov. »
(4) Pommeraye, « S. R. E. Concilia, » p. 59-61.
(5) Id., ibid., p. 62-63.
(6) « Hementrudisvilla, Bemeltrudisvilla ou Hermeltrudœvilla. » Duplessis , « Description géographique et his-
torique de la Haute-Normandie , » t. u , p. 20.
(7) Willel. Gemet., « Hist. Norman., » lib. v, c. xi, apud Ducbesne , p. 254. — Depping, « Histoire des Expédi-
ions maritimes des Normands, » p. 432-443. — Dom Bouquet, a Recueil des Hist. des Gaules, » t x, p. 187-88 ,
213, 308. — Si M. Chéruel affirme (« Histoire de la ville de Rouen , » t. i*% p. lxi), M. de Fréville émet des doutes
sur ces visites. (» Mémoire sur le Commerce maritime de Rouen , » t. i*', p. 88.)
(8) Noël de la Morinière , « Hist. gén. des pèches, » 1. 1*% p. 377.
(9) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » t. x, p. 187. — Périaux, c Dictionnaire
indicateur des Rues et Places de Rouen, » p. 236-37.
(10) Périaux, « Dictionnaire indicateur des Rues et Places de Rouen, » p. 208. ^ L*auteur dit que dans une cave
de la rue de la Poterne on voit encore des vestiges de cette tour, où saint Philibert avaii été enfermé.
(11) Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » t. x, p. 188. — Depping, c Histoire des
Expéditions maritimes des Normands, » p. 327, édit. 1843. D'après Depping, ce chefbarbare se serait fait baptieer
trois fois, à Londres, aux Sorlingues et à Rouen.
— 451 —
Les derniers visiteurs , quoique plus modestes , durent exercer une grande influence
monastique. Nous voulons parler des moines de l'Orient, et surtout du Sinaï, qui , de 1006
à 1030, ne cessèrent de visiter Rouen, qu'ils appelaient « Civitas Normannorum nobilis-
sima, > et nos ducs, dont ils avaient entendu loiier la piété et la munificence (1) Le plus
câèbre de tous ces émigrants fdt saint Siméon, mort reclus à Trêves le l«r juin 1035, et
qui apporta à Rouen les reliques de la grande martyre d'Alexandrie. Rachetés par Gosselin,
vicomte d'Arqués et de Rouen, ces restes précieux furent déposés , en 1030, au monastère
de la Trinité, dont le mont prit bientôt le nom de Sainte-Catherine (2).
CANTON DU GRAND-COURONNE.
LE GRAND-COURONNE.
Epoque romaine. — On a signalé sur le Grand-Couronne des restes de voie antique.
Epoque pranque. — En 1832, M. Pinard de Bois-Hébert remit à la Commission des
Antiquités, pour le Musée départemental récemment fondé, un style en bronze, trouvé
dans un cercueil de pierre découvert, en 1815, sur un terrain placé le long de la grande
route et en face de l'église. Cette sépulture contenait de plus un fer de lance , ce qui nous
la fait croire franque plutôt que romaine. Toutefois, dès 1815, TAcâdémie de Rouen,
saisie de cette découverte par M. de Bois-Hébert, son secrétaire , se préoccupa du style
antique. L'objet fut dessiné par M. Marquis et analysé par M. Vitalis , qui le trouva com-
posé de zinc et de cuivre rouge. Beaucoup d'autres cercueils de pierre accompagnaient le
sarcophs^e qui contenait le style.
PERIODE NORMANDE. — Daus dcs actcs normands du xi^ siècle, Couronne est appelé
t Corolm » et t Torhulmum. »
«Préc.analdesTrav.del'Acad.deHouen,»an.l815,p.88. | « Procès-verb. de laCom. dép. des Antiq., » 1. 1*', p. 164.
«Cartal.derAb.delaTrinitédnHont-de-Rouen,» p. 422. I LePrevost,ftMéin,delaSoc.desAntdeNor.,»tzi,p.20.
MOULINEAUX.
Epoque gauloise. — Au mois de septembre 1855, le propriétaire du château de
Robert-le-Diable , faisant combler les énormes fossés de la vieille forteresse normande ,
rencontra un cimetière gaulois que je crois contemporain de César et de Jésus-Christ.
(1) Dam Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et de la France, » p. 10. — « Normannia Nova Chro-
nica, » p. 3 et 4.
(2) Id., ibid., p. 372. — Périaux, a Dictionnaire indicateur des Rues et Places de Rouen, » p. 43. - L'abbé
Malais, «Calendr. nonn., v p. 37.
— 152 —
Malheureusement, je n'ai pu assister à l'extraction des objets, ce qui me prive de toute
observation sur un point précieux d'archéologie nationale. Je suis arrivé juste à temps
pour récolter, soit sur place , soit chez quelques habitants du pays , les vases et autres
objets de fer échappés à la pioche et à l'incurie des terrassiers. Sur une trentaine de
vases sortis de Moulineaux , j'en ai pu sauver environ quatorze, tant entiers qu'en morceaux.
Douze de ces vases étaient assurément celtiques, d'une forme simple et d'une terre
grossière. Presque tous imitent le pol-à~/leur de nos jardins : l'un d'eux est couvert de
cercles en relief; un dernier ressemble à une coupe à boire. — Nous reproduisons ici
huit de ces vases, que nous avons so^neusement et minutieusement décrits dans nos
4/.
r/r
r&SK8 CIHÉKAIRES G
— 153 —
SéptUtwe$ gauloises, romaines, frangues et normandes. Là, nous avons donné une mono-
graphie du cimetière celtique de Moulineaux.
Par le type, par la cuisson, par la teinte, par la pâte grossière et pierreuse, la céra-
mique de Moulineaux est entièrement semblable à la plus ancienne que Ton trouve en
France, eo Allemagne et en Angleterre.
Ces vases contenaient des os brûlés d'adultes, et quelques-uns en contiennent encore.
Dans les urnes se sont rencontrées des Cbules en fer comme au Vaudreuil. Les autres
objets de métal étaient un
^' fer de lance , dont on peut ici
apprécier la forme, et une
épée brisée en plusieurs mor-
ceaux, mais qui reposait
dans un étui de fer. Cette épée
avait été ployée au moment
TABES, trtE ET L&NCB BIf rBH (moclirk&uz , I85i). ^ ■'
de son mnumation , absolu-
ment comme celle de Bouelles. Le dernier objet de fer était un cercle grossier qui ceignait
l'ouverture de l'une des urnes.
Une personne du pays, qui a saivi le travail des ouvriers, m'a assuré que les urnes
étaient par groupes, à 2 mètres de profondeur, et qu'elles ét^ent entourées d'un mur sans
mortier, composé de moellons et de silex.
Époque romaine. — Le cimetière gaulois de Moulineaux dut servir également aux
Vélocasses devenus Romains. C'est ainsi que nous pouvons expliquer la présence d'une
urne en terre grise, en forme àe pot-au-feu, absolument semblable aux lu-nesdesCalètes.
Cette oWfl, encore pleine d'os brûlés, avait ceci de particulier que son col était ceint d'un
petit cercle de fer, qu'elle a conservé jusqu'aujourd'hui. Nous attribuons aussi à l'art ro-
main la petite tétine rougeâtre ou gottetfe, sortie de ce champ de repos, où il a été trouvé
des os d'enfants non incinérés.
Époque feanque. — Un cimetière franc dut exister à Moulineaux. Nous avons vu à
Elbeuf , dans la collection de M. Gustave Grandin , des vases de terre et des armes de fer
provenant de Moulineaux, auxquels on ne peut donner d'autre attribution qu'one origine
mérovingienne.
Période normande. — Moulineaux possède une forteresse célèbre sous le nom de châ-
teau de Rohert-le-Diable. Nous avons connu les ruines de ce vieux castel, qui affectait la
forme d'un carré long, flanqué d'une tour ronde à chacun de ses angles. Toutes les ma-
çomieries que nous y avons connues avaient la physionomie du moyen-âge. Des fossés
profonds entouraient ce fort quadrangulaire. Ils sont ai grande partie comblés depuis \ 855.
Des légendes , des traditions , des histoires , se rattachent à ce château posé sur le haut
de la colUne, adossé à une forêt et dominant te cours de la. Seine. Les historiens d'au-
— 454 -
jourdliuî Tattribuent au fils dénaturé de' GuUlaume-le-Conquérant, Robert-Courte-Heuse,
qui fut duc de Normandie, de 1087 à 1096, et qui mourut en 1134.
Ce qui est certain, c'est que le duc-roi Jean-Sans-Terre créa ou agrandit cette forte-
resse, de 1200 à 1203. C'est de Moulineaux qu'il partit pour assassiner, dans la tour de
Rouen, son neveu Arthur de Bretagne. On sait aussi qu'il renversa cette citadelle plutôt
que de la laisser prendre par Philippe-Auguste.
L'abbé Ck)chet, « Sépultures gauloises , romaines ,
franques et normandes , » p. 1 à 38.
Id., a Notice hist. et descript. sur l'église de Mouli-
neaux, » in-8" de 8. p. et 2 pi., Rouen, Pérou, 1845.
L*abbé Cochet, « Revue de Rouen, » année 1845, 2*
sem., p. 161-169.
Deville, « Notice hist. sur Robert-le -Diable, fils du
duc de Normandie, » in-4% Rouen, Baudry, 1836.
LA BOUILLE-
EPOQUE GAULOISE OU ROMAINE. — En janvier 1862, le pêcheur Carlet, de Moulineaux,
tira du fond de la Seine, à peu près en face de Caumont, une belle épée en bronze, qui fiit
immédiatement acquise par
le Musée de Rouen. Cette i
belle lame, épaisse d'un
centimètre, est large de trois
et longue de soixante-cinq.
Elle est reproduite ici sous
le no 3. Le métal se compose
de 3 parties d'étain sur 97
de cuivre. — Montfaucon en
figure une pareille dans son
Antiquité expliquée, à la fin
du tome rv.
ÉPéES BN BRONZE TROUVÉES DANS LA SBIPIE, A ROUEN (iV" I),
A OI88BL (Pf^ 2), A LA BOUILLE (N^ 3).
SAHURS.
Période normande. — Dans une charte donnée vers 4060, le duc Guillaume de Nor-
mandie désigne ainsi Sahurs : « In territorio Roloraagensi... super Sequanam in loco qui
dicitur Salhus. »
« Mémoires des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 20.
VAL-DE-LA-HAYE.
ÉPOQUE GAULOISE. — Dans la forêt de Roumare, au lieu dit la Cavée-de-Biesaard , on
a trouvé des hachettes en bronze dont un spécimen est déposé au Musée de Rouen.
Époque incertaine. — Le même Musée de Rouen possède aussi une marmite en
bronze à trois pieds, trouvée au Val-de-la-Haye en 1847. Elle ressemble à celles de Vatte-
— 155 —
ville, de Tourvaie4a-Chapelle, de Lfllebonne, des Loges , d'Ancretteville-sur-Mer et de
Caudebec-lès-EIbeuf. (Voir ces diverses localités.)
LE PETIT-COURONNE.
Époque gauloise. — Des pien'es druidiques couchées existent sur la portion de la forêt
de Rouvrày qui dépend de cette commune.
Peut-être faut il classer dans ce triége le menhir nommé la pierre d'Etat, qui, en 1840,
fut enlevé de la forêt pour être transporté au cimetière monumental de Rouen , afin d'y
décorer la tombe de l'antiquaire normand M. Hyacinthe Langlois.
&OQUE EOHÂINE. — Noël raconte , dans ses Essais, qu'en 1760 une fouille faite dans
la forêt de Rouvray ramena à la surface des instruments aratoires et des monnaies de
Trajaiijâ'Adrien, d'Antonin et de Marc-Aurèle.
Noèl, «Beûond Essai sur le département de la Seine-Iiiférieure , » p« 180.
OISSEL.
Epoque gauloise ou romaine. — Le Musée de Rouen contient une belle épée en bronze,
qui , en 1853, a été pêchée dans la Seine, en face d'Oissel (1). [Voir l'épée reproduite sous
le no 2, p. 154].
Époque franque. — Le sol d'Oissel s'est montré surtout fertile en sépultures que je
crois devoir attribuer à l'époque franque. Des sarcophages se sont révélés sur plusieurs
points et à diverses époques.
La portion du territoire d'Oissel qui s'est spécialement montrée féconde s'appelait autre-
fois V abbaye de Saint-Wandrille ; elle portait naguère le nom de rue des Wandrilles et
aujourd'hui elle porte celui de Sainte-Wandrille (sic) (2). Il est probable que c'est là un
reste du prieuré que possédait ici le grand monastère mérovingien de Fontenelle. Déjà au
siècle dernier, cette terre était devenue la propriété du célèbre d'Amboumay, qui, en 1774,
y découvrit plusieurs cercueils en plâtre et en pierre. M. Rondeaux de Sétry rédigea sur cette
trouvaille une notice intitulée : Mémoires sur les Tombeaux qui se trouvent sur la paroisse
d'Oissel. Cette note manuscrite a été déposée de nos jours, par M. Jean Rondeaux, aux
archives de la Commission des Antiquités. Il y parle de cercueils de plâtre contenant
chacim un corps bien orienté, la tête posée sur un caillou et les mains jointes sur la poi-
trine. Aucun objet d'art n'étant signalé, nous sommes tenté de penser au moyen-âge.
n est vraisemble que de nouveaux cercueils se sont fait jour au même endroit , quel-
(1) Des épées en bronze, semblables à celles de Rouen , de La Bouille et d'Oissel, sont conservées dans les
divers musées de TAllemagne. Ils viennent d*étre publiés par M* Lindenschmit dans son « Die alteplhûmer
unserer heidnischen vorzeit , » U, band, erstes hefl, tafel 3 et 5.
(2) Dans une fondation faite en 1754 par M. Tabbé Horcbolle, pour Técole des filles d'Oissel , on dit : le triége
de Saint'WandriUe , la rue Saint- Wandrille, et triége des jardins des Trois-Comets de Saint- Wandrille.
— 456 —
•
ques années plus tard , car Noël de LaMorinière parle de sépultures reconnues en 1785
et attribuées par lui au ixe siècle. En 1820, de nouveaux tombeaux se montrèrent Os
furent visités par M. Hyacinthe Langlois, et ils sont cités plus tard par M. Guilmeth.
Enfin , la dernière découverte de la rue des WandriUes date de 1854. Mise au jour par
le cantonnier communal, elle a été enr^istrée par les feuilles publiques.
D'autres points du territoire d'Oissel ont encore donné d'anciennes sépultures ; mais
celles-là , nous avons tout lieu de les croire franques. Les premières furent tax)uvée6 , en
1832, dans le quartier des Roches. On tira de terre deux cercueils de plâtre demeurés en
bon état. L'un d'eux contenait une arme , sabre ou épée , placée à côté des squelettes ,
dans un auget taillé à même la pierre.
En 1862, au lieu dit le Bosquet, on a extrait du sol cinq
ou six sarcophages en plâtre gâché, renfermant des osse-
ments, qui probablement avaient déjà été dérangés. Une
coupe de verre , un fragment de scramasaxe et un morceau
d'alêne en fer recueillis par M. de Girancourt, me font sup-
poser que c'est là un cimetière franc. coupe en vb«rb(ois8bl,i86î).
Au siècle dernier, une discussion scientifique s'est élevée au sein de l'Académie des
Inscriptions et Belles-Lettres , entre deux de ses Membres les plus érudits , à propos du
mot Oscellus, que beaucoup d'écrivains traduisent par Oissel. En février 1 744, l'abbé Le-
beuf lut à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres un travail intitulé : Mémoire sur la
situation de Vlsle d'Oscelle, connue sous le nom d'Oscellus dans les Monuments historiques
du IX^ siècle. L'auteur concluait contre Oissel , en faveur à'Oscel , près Paris. Cette con-
clusion ne passa pas sans réclamation. Au moins d'avril suivant , M. Bonamy, également
de l'Académie des Inscriptions, lut. à la Compagnie un Mémoire sur Vlsle d'Oscelle ou
d'Oissel, où il se prononce en faveur de l'île normande. Peu de temps après , le savant
chanoine d'Auxerre répondit par une dissertation intitulée : Supplément au Mémoire sur
la situation de Vlsle d'Oscelle, connue sous le nom d'Oscellus dans les Monuments histo-
riques du IX* siècle. •
En présence des pièces produites par de pareils adversaires, nous n'oserions nous pro-
noncer, et nous laissons ce soin à plus habiles que nous. Toutefois, nous ne voulons pas
négliger une remarque qui peut parfois aider à l'éclaircissement de la question.
En parcourant le tome vn du Recueil de nos historiens , commencé par dom Bouquet,
nous avons vu plusieurs fois mentionnée l'isle d'OsceUus , comme campement et hivernage
des Danois, des pirates ou des païens. Ces événements eurent lieu surtout en 851 , en 858
et en 861. En 858, Charles-le-Chauve les attaqua et tomba malade au siège de l'ile. En
863 , il se débarrassa des pirates au moyen d'xme rançon de cinq mille livres d'ai^ent
Toujours ce lieu est indiqué : < Insulam loci qui Oscellus dicitur — insulam Sequanae
dictam Oscellum. » Ainsi parlent les Annales de Saint-Bertin et Charles-le-Chauve lui-
— 457 —
TâèAL C'est pourquoi les Bénédictins supposent toujours quil s'agit d'Oissel. Mais Loup
de iFerrières , contemporain , précise mieux les lieux : il place l'isle d' « Oscellus sub Me-
lodoni oppidOy » que nous supposons être non pas Melun , mais Meudon.
La question est revenue de nos jours. C'est M. Auguste Le Prévost qui Ta réveillée ,
soit dans ses travaux sur le département de TEure , soit dans un Mémoire adressé à la
Société des Antiquaires de Normandie. En 48124, notre savant confrère publia un Mémoire
sur la position de l'Ile nommée Oscellus dans les Récits relatifs à l'invasion des Normands.
Après avoir résumé les travaux de ses deux devanciers , M. Le Prévost examina les lieux
d'hivernage des Normands pendant les années 856, 857, 858 et 859. Il indique tour à
tour Jumi^es , Rouen , Pitres et Jeufosse; puis , arrivant à Oscellus ^ il se prononce pour
Oscel, près Bougival (Seine-et-Oise).
Dans son Histoire des Expéditions maritimes des Normands, publiée en 4826 et
rééditée en 4844 ( p. 448-20), M. Depping arrive tout naturellement à la question de ttle
i'OscelluSy et il se prononce pour Oissel. Les raisons qu'il donne de sa détermination ,
c'est qu'il n'existe pas près Paris d'île d'Oscelle ou d'Osselle; ensuite , que le nom
d'Oissel lui paraît d'origine Scandinave, parce qu'il y a en Danemark un lieu nommé
Oessel , et, dans le golfe de Finlande, un île d'Oessel. U incline encore en faveur d'Oissel
à cause d'une expédition des Normands sur Paris , racontée par Aïmoin , et du siège
maritime que Charles-le-Chauve fit de l'île à' Oscellus.
Pour nous qui sommes contraint de laisser la chose incertaine, nous croyons que le
secret de cette question est au sein de la terre , et que des fouilles bien pratiquées dans
l'île d'Oissel aideraient beaucoup à décider la question.
PraiODE NORMANDE. — En 4030, dans la charte de fondation du monastère de Sainte-
Trinité du Mont-de-Rouen, il est question d'une île du nom d'Oscellus, que nous croyons
très fort être celle d'Oissel : « In pago Rotomagensi insulam super alveum Sequanae
quam dicunt nomine Torholmum, alio quidem vocabulo Oscellum » . En 4080, im plaid
lut tenu dans la cour de Guillaume-le-Conquérant à propos de la possession de cette
même ile d'Oissel : c Quae insula Oscelli vel Turhokni dicitur » . Elle fut adjugée de
nouveau au monastère de la Trinité-du-Mont.
Le 25 juin 408i, ce même Conquérant date une charte d'Oissel. Nous croyons que
c'est à cette époque qu'il faut placer le concile tenu par Guillaume et les évêques de Nor-
mandie, pour décider une question relative au fer rouge et à l'épreuve du feu , pendante
entre l'abbé de Fontenelle et l'archevêque de Rouen.
Nos ducs eurent probablement un château à Oissel. On en montre les restes dans la pro-
priété de M. Turgis. En 4432, le manoir d'Oissel s'appelait « la prison et le parc du roi
nostre sire. » Au xvm© siècle , il y avait encore parc et geôle. Le fermier du château actuel
trouve dans sa cour des buttes, des terrassements et des constructions. Les noms de vigne,
d'allées et de garenne semblent conserver trace de cette splendeur passée.
— 168
^
BIBLIOGBAFHIE.
Dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules et de la
France, » t. vti, p. 73, 77, 154,215, 351, 517, 640.
Had. Vales«, «Notitia Galliarum, » p. 394.
Frère, « Manuel du Bibliographe normand, t. ii , p. 482.
L'abbé Lebeuf, « Mém. sur la situation de llsle d'Os-
celle, connue sous le nom d'Osoellus dans les Mon. hist
du n* siècle , » dans les « Mém. de TAcad. des Inscript,
et Belles-Lettres, » t. xx, p. 91-108.
Id. , a Supplément au Mém. sur la situation de Tlsle
d'Oscelle , connue sous le nom d'Oscellus dans les Mon.
hist. du IX* siècle, • dans les « Mém. de TAcad. des Insc.
et Belles-Lettres, » t. xx, p. 134-149.
Bonamy, « Mém. sur llsle d'Oscelle ou d'Oissel, » dans
les o Mém. de TAcad. des Inscript, et Belles-Lettres , »
t. XX, p. 109-133.
Duplessis, a Desc. géog. et hist. de la H.-N. , » t. u ,p. 273.
Noël de la Morinière , « Essais sur le département de
la Seine-Inférieure, t. n,p. 183.
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Nonn., »
t. {•% V partie, année 1824, p. 510-534.
De Caumont, « Ibid., » t. i«, p. xcvi,
fl Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi. p. 19.
« Procès-verbaux de la Commission départementale
des Antiquités de la Seine-Inférietire, » p. 185-86.
Guilmeth , « HisU de la ville et du canton d*Elbeaf , «
p. 182.
«La Nonn. Bout., » 1« ôdit.,p. 348; 2* ôdit> p. 431.
« La Normandie » (de Rouen), du 21 septembre 1854.
« Notice sur des Sépultures romaines du iv et du v
siècle, trouvées à Tourville-Ia-Riviôre , » p. 4.
« Revue de la Normandie, » 2* année, p. 244.
« Essai historique et descriptif sur l'église d'Oissel , »
in-12de4p., Elbeuf, 1852.
Deville, « Hist. du château d'Arqués, » p. 376-81.
Depping, « Hist des Expéd. marit des Norm., » édit
de 1844, p. 418-420.
LE GRAND-QUEVILLY.
Période normande. — Au milieu du xi® siècle, ce lieu est nommé Ckevillei dans tous
les actes publics.
« Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, • t. xi, p. 20.
LE PETIT-QUEVILLY.
Époque romaine. — Le territoire du Petit-Quevilly offre parfois des monnaies romaines.
En 1836 , on y a recueilli un grand bronze d'Alexandre Sévère, et, en 1862 , un denier
d'argent de l'empereur Titus. Dès 1828 , M. Houel avait rencontré, dans le parc des Char-
treux, une monnaie de Philippe, et plus tard^ dans le grand enclos des Chartreux, on a
trouvé un aurem de Justin.
Thaitrin, « Journal de Rouen, » du 22 décembre 1862. | « Procès-verbaux de la Gommiss. des Antiq^ » p. 128.
SAINT-ÉTIENNE-DU-ROUVRAY.
Époque gauloise. — Menhirs de la forêt de Rouvray. (Voir l'article de Petit-Couronné).
Époque romaine. — Sur le territoire de Saint-Etienne, on trouve parfois des monnaies
romaines. On m'en a cité plusieurs recueillies, en 1862, dans le quartier dit de la Chapelle.
Vers l'ancien manoir des Hannivel , on a recueilli plusieurs bronzes antiques qui m'ont été
présentés. Malgré l'état fruste de quelques-unes , j'ai cru reconnaître un Auguste au revers
de l'autel de Lyon , un Claude I^^^ un Dioclétien et un Posthume. Il y avait aussi une
monnaie d'argent qui m'a paru consulaire et sur laquelle j'ai cru lire, autour d'une tète de
femme: ...oletvs lariscolvs.
— 159 —
En 1864, on a trouvé près de rétablissement industriel de MM. Scheppers , un squelette
dont la tête, était accompagnée de deux épingles à cheveux en bronze. Ces épingles parais-
sent antiques.
Une voie antique dut passer par Saint-Etienne. M. Rondeaux en parle dans sa notice
manuscrite sur ce village. Des chartes de il 37 à 1150 citent, à Saint-Etienne, via
publica; en 125^, on dit a vico Sancti Stephani ; en 1285, quemimim domini Régis, et
en 1288, le chemin du Roy.
Époque franqub. — Le cimetière qui entoure l'église de Saint-Etienne et les terrains
adjacents paraissent avoir été un lieu de sépulture à l'époque franque. Dès 1817, M. JaUn,
en creusant la citerne de sa maison, qui était l'ancien vicariat, trouva des ossements et des
sarcophages. Deux cercueils de pierre apparurent également en 1850, en creusant les fon-
dements de la mairie.
Depuis longtemps, le fossoyeur en rencontrait dans le cimetière, surtout aux environs
du portail. En août 1 863 , un nouveau cercueil ayant été aperçu et les journaux du dépar-
tement en ayant parlé , je me transportai à Saint-Etienne , où , au moyen de quelques
fouilles, je constatai la présence de quatre cercueils en pierre de Vergelé ou de Saint-Leu.
Une fois , le couvercle était en place et il avait la forme d'un toit très aplati. Ces sarco-
phages, plus étroits aux pieds qu'à la tête, avaient tous les caractères de la période
mérovingienne. L'un d'eux possédait au fond et vers les pieds un trou en forme d'enton-
noir. Souvent réoccupés au moyen-âge, ils ne contenaient plus rien des corps ni des
objets qui leur avaient été primitivement confiés. Les déblais nous ont donné seulement
un fragment de vase mérovingien. J'ai mesuré un des cercueils que nous avons laissés , et
il m'adonne, pour l'intérieur, 2 mètres de longueur, 8 centimètres d'épaisseur, 30 centi-
mètres aux pieds , 55 à la tête , et 48 centimètres de profondeur ; le trou était à 60 centi-
mètres des pieds. Celui que nous avons tiré de terre pour le Musée de Rouen, mesuré au
dehors, nous a donné 2 mètres; à la tête, 72 centimètres; aux pieds, 41 ; hauteur, 55 centi-
mètres; épaisseur, 8. Orientés est et ouest, tous sont à 1 mètre 30 centimètres du sol.
En mars 1865, en creusant la cave de la maison d'un boulanger située au bord du grand
chemin, en face de la propriété de M. de Guercheville, on a trouvé deux nouveaux cer-
cueils en pierre, l'un en roche d'Orival, l'autre venant du bassin de Paris. Tous deux, plus
étroits aux pieds qu'à la tête, appartenaient aussi à l'époque franque ; ils avaient été visités
et ne renfermaient plus que des ossements épars ou inhumés plus récemment.
La même fouille a mis au jour un cercueil de plâtre coulé contenant un squelette aux
pieds duquel on a recueilli deux vases noirs ornés de dessins mérovingiens , une plaque de
ceinturon en bronze , une pince à épiler, et trois objets de bronze découpés à jour, que je
prends pour les terminaisons ou les ornements d'un ceinturon.
Dans d'autres parties de la tranchée , on a constaté la présence de cinq ou six inhuma-
tions sans cercueil : l'une d'elles a donné une plaque de ceinturon de forme ronde.
— i60 —
Pour les preuves écrites de l'existence de Saint-Etienne, les antiquaires croient en
trouver trace dans un diplôme de Charles-le-Chauve, où figure une localité du nom de
Stritellam, €tratellam ou Strutellam, suivi des mots Sancti Stephani. Si l'on est tenté
d'attribuer à Saint-Etienne ce texte de 851, relatif à une donation faite à l'abbaye de
Fontenelle , c'est que ce monastère posséda toujours un fief et un patronage à Saint-
Etienne.
Période N0RMAia)E. — Dans une charte délivrée par Richard, en 1031 ou en 1035, on
voit la donation ou la restitution de la villa de Saint-Etienne à Saint-Wandrille.
Époque NOjiBiANDE ou incertaine. — On est tenté de rapporter à l'époque normande
des fossés et terrassements connus sous le nom de fossé Guillaume et de fossé Roger. Ces
noms ont toute la forme Scandinave ; mais ils peuvent baptiser quelque chose de plus
ancien qu'eux.
« Journal de Rouen, » des 6 et 18 août 1863, et des i « Le Pays de Gaux, » du 8 août 1863.
13 février et 2 mai 1865. I « Revue de la Normandie, » t. v, p. 185.
SOTTEVILLE-LÈS-ROUEN.
Temps PRÉmsTORiQUES. — Le Musée d'Antiquités de Rouen renferme deux hachettes
en silex de la famille de celles que nous nommons diluviennes. On assure qu'elles provien-
nent des sablières de Sotteville où elles auraient été ùrouvées en i860.
Époque gauloise. — M. le docteur Dumesnil, directeur de l'asile de Quaùre-Mares ,
possède une hachette de pierre trouvée dans cet établissement vers 1853.
Époque ROMAINE. — En novembre 1842, les travaux du chemin de fer firent décou-
vrir, dans le voisinage du cimetière de Sotteville , un cercueil de plomb , entouré de tuiles
à rebords. Il renfermait un squelette possédant sur lui deux bracelets en jais et des anneaux
de bronze.
En 1852, on rencontra à Sotteville des constructions romaines , et , au centre de l'une
des murailles , une monnaie de plomb à l'effigie de Flavius Vespasianus , père de Titus et
de Domitien. Au milieu des poteries qui entouraient ces ruines , on recueillit également
des bronzes de Trajan , d'Adrien et d'Antonin-le-Pieux.
Ce qui peut aider à expUquer la présence de ces restes antiques , ainsi que ceux de
. Quatre-Mares , c'est le passage de la voie romaine qui allait de Rotomagus ( Rouen ) à
Lutetia (Paris) par r/jjr^af^ ( Caudebec-lès-Elbeuf ).
Mais c'est au hameau de Quatre-Mares qu'ont été faites les plus belles découvertes. En
mars et en avril 1843, les ouvriers occupés à chercher du remblai, pour le service du
chemin de fer, trouvèrent , à deux ou trois meures de profondeur, trois cercueils romains,
dont deux étaient en pierre , et le troisième en plomb , enveloppé dans un cercueil
de bois.
— 161 —
Les deux cercueils de pierre étaient d'une seule pièce , en forme de carré long avec
couvercle bombé. L'un contenait un homme ; l'autre , une femme. Le sarcophage de la
femme enveloppait un cercueil de plomb. Le coffre de l'homme a présenté des vases de
verre qui ftœent brisés par les terrassiers. Le cercueil de la femme , parfaitement intact , a
donné six vases placés aux pieds : un était en terre, quatre en verre et le sixième en
cristal; il y avait de plus deux monnaies romaines , dont une de Constantin-le-Grand. La
tête de la femme a donné trois épingles à cheveux en ivoire et une en jais ; aux pieds
étaient un fuseau en ivoire et une fiole de verre bleu. La plupart des objets avaient été
renfermés dans une caisse de bois , recouverte d'osier revêtu de cuir. Celte boîte fermait
au moyen d'une serrure dont on a retrouvé la clef. Outre les objets déjà mentionnés, le
cofifre contenait un bracelet en jais et une semelle de cuir provenant d'une sandale dorée.
Le dernier cercueil trouvé à Quatre-Mares était en plomb , enveloppé de planches de
bois. A la tête du corps était une fiole de verre ; aux mains, un bracelet en jai3, et enfin
une monnaie de Tétricus.
Ces sépultures ont été soigneusement décrites par M. Deville dans la Revue de Rouen,
et par nous dans la Normandie souterraine. Presque tous les objets sont entrés dans notre
Musée départemental.
Ces monuments ne sont pas les seuls que Quatre-Mares nous ait donnés. En 1852, dans
le jardin de l'asile des aliénés, on a recueilli des débris antiques, parmi lesquels nous cite-
rons une meule à broyer, conservée par le docteur Dumesnil , et un fragment de poterie
rouge , où M. Thaurin a lu le nom du potier moxivs.
Epoque franque. — En 1846, le Musée de Rouen fit l'acquisition d'un scramasaxe ou
sabre franc , recueilli à Quatre-Mares, dans des sépultures en pleine terre.
Période normande. — En 1842, on a trouvé à Sotteville un denier d'argent de Ri-
chard 1er, duc de Normandie. Cette pièce rare a été acquise par le Musée de Rouen.
N'omettons pas de dire que ce tut sous nos ducs du xi^ siècle que naquit à Sotteville
saint Gontard , d'abord moine et prieur de Fontenelle , puis 30^ abbé de Jumiéges , où il
est mort le 24 novembre 1095.
bibliographie.
Deville, « Répert. du Musée d'antiq. de Rouen, » t. ii,
p. 22, n* 613, Mss.
Id., « Découvertes de Sépultures antiques à Quatre-
Blares, » in-8* de 19 p. et 2 pi., Rouen, 1843.
Id., • Revue de Rouen, année 1843, 1«' sem., p. 124-
130, 158-167.
Deville, « Catal. du Musée départ., •» année 1845, p. 16.
Girardin, c Bulletin monumental , » t. xiii, p. 180-81.
a La Norm. sout., » l'^édit., p. 40, 2* édit., p. 48.
Thaurin, « Journal de Rouen, » du 22 décembre
1862.
« Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, »
t. !•', p. 333-334.
Uabbé Malais, a Calendrier normand, » p. 77.
21
— 162 —
CANTON DE DUGLAIR.
DUCLAIR.
Epoque gauloise. — Des armes de pierre ont été trouvées à Duclair. M. Cavoret, mé-
decin , possède une hache en silex , et M. Delahaye , ancien conseiller, a recueilli dans son
jardin une hache en serpentine.
Epoque romaine. — A diverses reprises , il a été rencontré à Duclair des monnaies
romaines. Les environs de l'église sont surtout féconds dans ce genre de découvertes.
M. Deville a reçu, pour le Musée, un grand bronze de Commode trouvé derrière l'église.
Nous ne craignons pas d'attribuer à l'époque romaine de la décadence , ou tout au
moins au début de la période mérovingienne, des chapiteaux de marbre qui décorent les
deux colonnes du clocher adossées au chœur. Ces chapiteaux, en style corinthien , sont
décorés au sommet d'une croix grecque, signe chrétien des premiers temps. Un de ces
chapiteaux est entier, mais l'autre a été mutilé; l'un d'eux surmonte une colonne de
pierre du xi^ siècle , mais l'autre est greffé sur une colonne de marbre rouge provenant
probablement de quelque édifice antique. Nous reproduisons ici le mieux conservé de ces
deux chapiteaux. ) Quatre ou cinq colonnes monolithes en
marbre rouge et gris supportent des portions romanes de
l'édifice. Leur hauteur varie de. 4 mètre 80 centi-
mètres à 2 mètres 10 centimètres ; leur diamètre est
de 35 centimètres. Ce sont de belles pièces antiques
que l'on est étonné de trouver ici, mais dont il serait diffi-
cile de préciser la date, parce que les chapiteaux manquent.
Encore moins saurait-on en indiquer la provenance pri-
• .• CHAPITEAU MEBOVINGIEN
millVe. (ÉGLISE DE duclair).
Quelques-unes de ces pièces, dessinées par 51. A. Darcel, lors de la visite de la Société
française en 1860, ont été gravées et publiées par M. de Caumont.
Epoque franque. — A la rigueur, il ne serait pas impossible que chapiteaux et colonnes
provinssent de l'ancienne abbaye de Duclair , fondée peut-être dès le siècle de saint
Victrice , prospère au temps de saint Ouen , de saint Wandrille et de saint Philbert, et
irrévocablement détruite par les Normands.
L'église de Duclair, dédiée à saint Denis et heureuse sous le gouvernement de Lidoald ,
dépendait alors de l'abbaye de Fontenelle. Cette maison , qui a laissé peu de traces dans
l'histoire , est surtout connue par un acte de partage qui faillit diviser un moment les
deux plus saints personnages de Jumiéges et de Fontenelle. Voici le fait :
En 671, saint Ouen , de Rouen, ayant été chargé, par Childéric II, de partager la forêt
— 163 —
de Jumiéges entre saint Lambert, abbé de Fontenelle, et saint Philbert , abbé de Jumiéges,
ûe put cependant faire si bien les parts égales que quelqu'un des intéressés ne crût avoir
à se plaindre. Saint Lambert se trouva lésé et protesta. La question , remise à l'étude par
ordre du roi , fut tranchée par saint Ouen de cette manière : la portion contestée fut
abandonnée au monastère de Duclair. t Sancti martyris Dionysii basilicae apud Duro-
clarum ad Sequanam, cui Lidoaldus praeerat, assignavit partem abundantem. »
Un événement intéressant s'est passé à Duclair au ix^ siècle. Un jeune enfant nommé
Dodiger, fils de Hildebold , fut miraculeusement guéri par les reliques de saint Riquier de
Centule : « Parvulus nomine Dodigerus cujus pater vocatur Hildeboldus in pago Rodo-
mago, de praedio Durclaro, subjacens ministerio Gemmeticensi. »
L'archéologie mérovingienne vient de faire son apparition à Duclair, et nous croyons
être sur la voie de la découverte du cimetière de « Duroclarum , » au temps de Lidoald ,
d'Hildebold et de Dodiger. Dans les premiers jours de mai 1864, des terrassiers, élai^s-
sant un chemin dans le taillid de M. À. Martin , voisin de la rivière et du bourg, ont trouvé,
à 40 centimètres du sol , un soldat franc avec son couteau , son scramasaxe , une
boucle et une vrille , le tout en fer. Nous avons vu ces objets à la préfecture de Rouen.
Epoque incertaine. — Nous ignorons à quelle époque nous devons rapporter l'établis-
sement qui occupa autrefois la côte de Duclair qui porte à présent le nom de Câtel. Cette
côte, où est aujourd'hui le cimetière, présente encore la trace d'anciens terrassements
qui peuvent remonter à un Castellum romain, comme à un Cewfrwm des Francs, réoccupé
par les Normands.
BIBUOGRAPHIE.
Had. Vales., « Notitia Galliarum, » p. 482.
HabilloD, « Annales ord. S. Benedict, » 1. 1", p. 506.
Id., «ActaSS. ord. s. Benedict., » sœc. ii, p. 226.
« Hist. de l'abbaye royale de St-Pierre de Jumiéges, »
p.24,Mss. de 1762, chez M. Lepel-Gointet, à Jumiéges.
« Gallia Christiana, » t. xi, p. 121.
Duplessis, « Desc. géogr. et hist. de laHaute-Norm., »
t. i^, p. 266.
Le Prévost, a Mém, de la Soc. des Ant. de Norm., »
t. XI, p. 17.
A Bosquet, « La Normandie roman, et merveil. »
Fallue, tt Mém. de la Société des Antiq. de Norm., *
t ;l, p. 198-98.
Thaurin , « Journal de Rouen , » du 27 juillet 1863
et du 13 mai 1864.
De Duranville, « Duclair, » in-8' de 12 p., Rouen,
Pérou , 1850.
Id., « Revue de Rouen, » année 1850.
«Congrès archéolog. de France, séances générales de
1860, » p. 602 et 603.
SAINT-MARTIN-DE-BOSCHERVILLE.
Epoque romaine. — Vers 1850, M. Curmer, faisant creuser profondément dans sa pro-
priété de Boscherville, trouva des vases antiques renfermant des os brûlés, et, à côté de
ces urnes , était un fer de javelot.
Epoque franque. — Saint-Georges-de-Boscherville était le titre d'un des huit doyennés
du Grand-Archidiaconé.
Période normande. •- Au plus bel épanouissement de la puissance normande , à la
veille de cette phénoménale conquête de l'Angleterre, expédition aussi hardie mais plus
heureuse que les croisades , nous voyons apparaître sur les rives de notre Seine une su-
perbe basilique, aujourd'hui le plus beau fleuron de l'architecture ducale de la Norman-
die. Nous voulons parler de la magni- ^
fique abbaye de Saint-Georges , église
pure et monostyle, dont nous donnons
la représentation d'après l'artiste-anti-
quaire qui s'est fait son Hérodote.
Cette belle conception romane, que
notre Midi envie à la France septen-
trionîde, a vu le jour entre 1050 et
106(>. Raoul de Tancarville, chambellan
et gouverneur du futur conquérant de la
Grande-Bretagne, la fonda sur la roche
native et lui donna la forme d'une croix :
« Id verà petrâ.... in modum crucis. •
Cette grande église est arrivée jusqu'à
noiis toujours vivante et toujours admi-
rable, et nous espérons qu'elle parvien-
dra jusqu'à nos dernière neveux. Notre
siècle se fait un devoir et presque une
religion de transmettre intact aux gé-
nérations à venir ce fier témoin de la
grandeur normande. *"""* "" 8A.NT.cE<»RGEfl.DE.BosciitnviixE.
BIBUOCKAPHIE.
■ La Nonn. sout., » 1" édit., p. \3à; }• édit., p. 154.
■ Neustriapia, > p. 601-693.
> Gallia ChriEliana, » l. xi, p. 567-270.
Duplessis, «Desc. gêog. ethist. de laHaule-Norm., >
l. Il, p. 295-297.
Deville, « Essai hist. et descr. sur ! "église et l'abbaye de
Si George3-de-Bo6cherville,»iii-4'',avecpl., Rouen, 1827.
Id., «Notice sur deux chapiteaux delabbayede Saint-
Georges, » in-S- de 4 p. et 2 pi., Rouen, 1826, et
n Bull, de la Société d'Emulation , année 1826 , > p.
74-76.
Nodier, Taylor , etc., n Voyages pittor- et romant.
dans l'anc. Frapco,> H.-Norm-, » t. l", p. 43-45, pi,
109-122.
QUEVILLON.
Epoque j-ranque (?). — En 1858 , en plantant des arbres à la cô/e du Moulin , on a
trouvé une vingtaine de squelettes. — En 1851 , en creusant les fondations de l'école des
filles, on a rencontré également des sépultures. — Vers 1830, j'ai entendu dire à M. Pi-
quefeu qu'au lieu dit la Haie-de-Soquence on avait trouvé, vers 1820, une suite de
sépultures logées dans la craie d'un coteau.
- 165 -
EroQUE INCERTAINE. — Dans le vallon qui va du château de la Rivière-Bourdet à Can-
teleu , on cite le Puits-aiix-Anglais ^ et, dans la forêt de Roumare, le Puits-Eperon.
A la côte du Moulin , on remarque des murs arasés qui semblent les restes d'un parc
ou d'une garenne.
Au lieu connu sous le nom de Bellaitre, on a trouvé des ossements humains en 1854.
HÉNOUVILLE.
Epoque gauloise. — En 1860, un cantonnier, cassant du caillou sur la propriété de
M. Langlois du Plichon, avocat à Rouen, trouva dix monnaies gauloises en or, enfermées
Aans une tirelire en silex (1). Chose étonnante et qui semblerait prouver que ce dépôt est
gaulois et simultané , c'est que toutes étaient semblables. Elles étaient bombées, présen-
\aiit une face lisse au côté convexe et un cheval au côté concave. Deux de ces monnaies
ont été offertes par le propriétaire au Musée de Rouen.
Epoque romaine. — Au bord de la route départementale no 4, au lieu dit la Caboteriez
on m'a signalé et je l'ai vu moi-même , en 1862 , des murs romains chaînés de briques. —
Le Musée de Rouen possède des fragments de meules à broyer en poudingue, trouvés, en
1862, au hameau de La Fontaine.
Epoque mcERTAiNE : romaine ou franque (?). — Sous Louis XVI , un tombeau antique
a été trouvé à Hénouville. En 1775, une note sur ce sujet a été communiquée à TAca-
démie royale de Rouen. Elle est restée manuscrite dans les archives de cette Compagnie.
» Précis analytique de l'Académie de Rouen , » t. m , p. 29.
SAINT-PIERRE-DE-VARENGEVILLE.
Cette commune se compose des deux anciennes paroisses de Notre-Dame et de Saint-
Pierre-de-Varengeville. C'est le nom de la dernière qui l'a emporté , depuis la suppression
de Notre-Dame en 1823. Autrefois, l'agglomération totale était connue tantôt sous le nom
de Varengeville-sur-Seine ou sur-Duclair, tantôt sous le nom de Varengeville-la-Chaussée.
Du reste , ce point géographique nous présente des antiquités de plusieurs époques.
Epoque gauloise. — A la période gauloise , nous croyons pouvoir rapporter la roche
célèbre connue sur tous les bords de la Seine sous le nom de chaire ou chaise de Gar-
gantua. Cette roche naturelle , placée sur le penchant de la colline qui regarde le fleuve ,
(l) Les cachettes de monnaies antiques dans des silex creux ne sont pas sans exemple. Nous savons qu'au Grand-
Aûdely,enl837, on a trouvé soixante monnaies gauloises en argent cachées dans ime pierre percée à dessein.Vingtp
huit de ces pièces ont été vendues à la Monnaie de Rouen, qui en a cédé vingt-septau Musée d'antiquités.— M. A.
^ Prévost cite vingt-six médailles gauloises en alliage composé d'or et d'argent, trouvées dans un caillou troué
conime une grossière tirelire, au bord de la forêt du Long-Boël , près le Bourg-Baudouin. ( « Mém. de la Société
•i'Agric. de l'Eure, » t. m, p. 259. ) A Saint- André-sur-Cailly, plusieurs monnaies romaines, en argent, sont sorties
d'oii caillou creusé comme un tronc. — En 1830, on a également trouvé un silex rempli d'anciennes monnaies à
It NeutiUe-Champ-d'Oisel.
— 166 —
borde et domine la route départementale qui conduit de Rouen à Duclair. De bizarres
traditions s'y rattachent. Elles ont été recueillies pai- M"® Bosquet et consignées par elle
dans les pages de sa Normandie romanesque et merveilleuse.
Ce curieux monument naturel, connu dès le xii* siècle, portait déjà un nom mervdlleux
et il était appelé e: Curia gigantis (1). »
Nous croyons pouvoir reporter à la civilisation gauloise la vaste enceinte fortifiée qui
borde la Seine et que cachent les bois de Varengeville. Ce camp est défendu du côté de la
plaine par un triple fossé. L'un des vallum est très profond et le fossé principal est d'une
grande hauteur. Au Midi, la vallée de la Seine est l'unique défense, et, vers l'Ouest, un
seul retranchement borde le vallon de VAsnerie.
M. Fallue, qui a décrit ce camp, lui donne une surface de 200 acres. Il l'appelle la VUle-
deS'Câteliers. Pour nous, qui l'avons visité en 1862, nous l'avons entendu nommer le
Câtelier et les Portes^de-la-Ville.
Nous croyons qu'à diverses reprises on a trouvé , dans cette enceinte , des monnaies
romaines.
Epoque romaine. — Une voie antique traverse le village de Varengeville , et c'était
sur ses bords qu'étaient assises les deux églises de Saint-Pierre et de Notre-Dame. Aussi
appelait-on parfois ce groupe de population Varengeville-la-Chaussée. Cette chaussée n'é-
tait autre que la voie romaine allant de Rotomagus ( Rouen ) à Juliobona ( Lillebonne ).
Sortant des Vieux, elle montait la côte par la chapelle Saint-Gilles et se rendait ensuite à
Saint-Thomas-la-Chaussée. Les portions qui restent sont encore pavées en silex rouges.
Très fréquemment on trouve des monnaies romaines sur le territoire de Varengeville.
J'ai connu , chez M. le curé de Pissy, un moyen bronze d'Antonin trouvé à Varengeville
en 1860. En 1862, lors du défrichement d'un bois, on a rencontré, au milieu de poteries
et de murs antiques, plusieurs monnaies de bronze , parmi lesquelles on a reconnu un
Néron. Le Musée de Rouen possède une meule à broyer provenant de Varengeville, et
une autre trouvée au hameau de La Fontaine.
Duplessis, « Desc. géogr. et hist. de la H.-Norm., »
p. 806-807.
Fallue , a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t x,
p. 199-201 et 290.
/
Deville , « Cat. du Musée départ. d'Antiq., » année
1845, p. 20.
Thaurïn, « Journal de Rouen, » du 29 juillet 1863.
A. Bosquet, « La Norm. roman, et merveill., » p. 193.
VILLERS-CHAMBELLAN ( section de villers-écales ).
Epoque incertaine. — Vers 1836, lorsque l'on fit la route départementale no 31 , de
Duclair à Barentin , on traversa le chœur de l'ancienne église de Villers. On rencontra
(1) On trouve , en effet, aux Archives départementales de la Seine-Inférieure , une charte de l'abbaye de Ju-
miéges, délivrée par Guillaume Garlande, en 1188, par laquelle celui-ci donne aux moines , pour être défrichés,
Lxi arpents du bois GoUebost et la moitié du bois de Gennevilie. Cette moitié « à Cutid gigcmtis incipit usque ad
fossam Caterinam, »
— 1ft7 —
îdors, Eoit dans l'église , soit dans le cimetière , une douzaine de cercueils de pierre dont
il est malaisé de donner la date.
Période normande. — C'est à cette époque au moins que nous devons faire remonter
l'origine du vieux château de Villers-Chambellan. Nous croyons que son surnom lui
vient d'un sire de Tancarville, chambellan des ducs de Normandie- L'un d'entre eux fut
assiégé dans cechâteau par Etienne de BloiSienll^?. La forteresse normande occupait la
pointe de la colline , et sa redoutable assise se dresse encore imposante sur une des cou-
pures du coteau. Les fossés profonds n'ont pas été comblés, et d'énormes murs sortent
encore de dessous Therbe.
Cette majestueuse forteresse était complète sous Louis XIV : c'est mnsi qu'elle figure
dans la collection des dessins de Gaignières. De nos jours, ce dessin a été édité par M. de
GflATBAn DE TILLEAB-CHAMiltLLAN (d'APRÈS LA COLLECTION CAICNIÉUBS).
Glan\Fille, et c'est par sa bienveillance que nous le reproduisons. C'est à peu près tout'ce
qui reste de ce géant féodal.
DeGlanviUe,«Prom.archéoI.deRouenÈFéc.,«p.33-36. | Orderic Vital, « Hist. eoclêsiasl,, ■ lib. sm.
LES VIEUX (section de saint-paer).
Époque romaine. — La voie romaine de Rouen à Lillebonne passait par Les Vieux, oiS
^e traversait à gué la rivière aujourd'hui nommée l' Austreberte. II nous paraît hors de
doute que la localité elle-même ait tiré son nom de ce passage antique, car, dans tous les
— 168 —
anciens titres, Les Vieux sont appelés Les Wées, Les Weez, Les Wis, Les Wifs, tous
dérivés du latin Vada.
Époque incertaine. — Dans les Annales des Cauchois, M. Houel signale aux Vieux
l'existence d'un chêne énorme appelé V arbre des Fées.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xiv, p. 151 . | Houel , « Annales des Cauchois, » t. i*', p. 37.
m
SAINTE-MARGUEMTE-SUR-DUCLAIR.
Époque gauloise. — En 4852, on a trouvé à Sainte-Marguerite une hache en silex , à
présent chez M. le docteur Gueroult, à Caudebec.
LE TRAIT.
Époque romaine. — La collection de M. Lepel-Cointet, de Jumiéges, contient les débris
d'un vase noir, sur lesquels ont lit : t Fragments d'un vase contenant les 546 médailles. »
Ces morceaux ont une physionomie romaine des derniers temps. Le vase a été trouvé en
1827 ou en 1828, en déracinant un arbre de la forêt du Trait, à peu près vis-à-vis le
passage de La Mailleraye. Les monnaies qu'il contenait étaient en bronze et en billon
saucé. Il y en avait du n^ et surtout du me siècle. M. Cointet possède plusieurs de ces
pièces.
Période normande. — En face de l'église du Trait, au delà de la route départementale
et au bord de l'ancienne rive de la Seine , on voit les ruines d'un vieii^ château qui fut
construit sur un tertre , et dont les murs ont encore de 3 à 4 mètres de hauteur. On y a
trouvé récemment une cave voûtée en petit appareil, qui paraît fort ancienne.
Ce qui nous autorise à reporter le manoir du Trait à l'époque normande , c'est qu'il est
mentionné dans une charte de Guillaume Longue-Epée, délivrée en 930.
En 1150, l'église de Saint-Martin du Trait fut donnée à l'abbaye de Jumiéges par
Simon, comte d'Evreux, et Mathilde, sa femme. Cette église, alors, n'était qu'une chapelle
dépendant de l'église-mère qui était à Jumiéges. C'était là qu'il fallait présenter les enfants
au baptême et faire ses Pâques : « Ita ut in mabre ecclesia accipiant Christianitatem et
per rv festivitates in anno ad matrem ecclesiam conveniant scilicet, in Pascha, etc. »
« Cartulaire de Jumiéges, » aux archives départ. j p. 60, Mss. in-folio, de 1762, conservé à Jumiéges chez
« Hist. de l'abbaye royale de St-Pierre de Jumiéges , » | M. Lepel-Cointet.
YAINVILLE.
Époque mcERTAiNE. — L'église d'Yainville , qui date du xi« siècle, est assise sur un
terrassement fort antique, nommé le fossé de Saint-Philbert. Ce fossé, qui se compose
d'un vallum et d'un retranchement, isole, par sa base, toute la presqu'île gémétique»
— 169 —
C'est dire qu'il va dTainville à Saint-Paul ou au Taillis. En 1862, en traçant la route
départementale no 10, du Lendin à Duclair, on a coupé une partie de cet ancien fossé.
J'ai remarqué dans la tranchée une masse de terre noire , cendrée et charbonnée. Précé-
demment, ou avait trouvé dans ce fossé une hache en fer.
M- Fallue cite des ossements et des vases trouvés auprès de l'église dTainville. Il nous
est impossible de déterminer ce dépôt.
FalIue, • Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. ix, p. 2d2.
JUMIÉGES.
Époque gauloise. — Nous ne savons s'il faut attribuer à l'époque gauloise des fosses
nombreuses que l'on voit dans le bois de Jumiéges , surtout du côté du Mesnil. Il en
est une que l'on nomme la Fosse-Piquet, dans laquelle on dit que sont cachées des
cloches. Nous en dirons autant de ces excavations de la côte qui bordent la presqu'île
et que les habitants appellent des trous fumeux, à cause des vapeurs qui paraissent en
sortir.
Nous ignorons également s'il faut faire remonter aux âges reculés les pratiques supers-
titieuses dont cette terre abonde. Nous sommes assez disposé à le faire. C'est ainsi que ,
pour nous, doit dater d'un temps de grande ignorance et de grande simplicité la coutume
de nouer les fièvres à des branches de genêts. Par suite de cette croyance, nous avons
remarqué dans le bois de Jumiéges , sur la route qui conduit à Saint-Paul et à Duclair,
dans le voisinage d'une chapelle consacrée à la Mère de Dieu , une série de genêts dont les
branches avaient été nouées par des pèlerins. Les arbres d'alentour renferment également
dans leurs rameaux des images de saints, manière chrétienne de sanctifier des arbres jadis
honorés d'un culte profane.
Époque romaine. — Vers 1857, un bûcheron, en abattant un chêne dans le bois de
Jumiéges, trouva un vase contenant des monnaies romaines en bronze, dont M. le curé
offrit quelques-unes à M. Lepel-Cointet.
On nous a assuré que dans le bois de Jumiéges il existe un camp. Nous n'avons pas
vérifié le fait; mais ce que nous savons, c'est que, dans la Vie de saint Philbert, il est
rapporté que ce saint abbé fonda son monastère dans un lieu où les anciens avaient établi
un castrum ou un camp : c Ibidem, castrum condiderant antiqui. > Par anciens» le
vn« siècle entendait bien certainement les Romains.
Époque franque. — § 1er. Le Nom. — L'époque franque est la grande épopée de Ju-
miéges. C'est là que son existence brille et que son nom apparaît. Mabillon, dans ses
Annales (t. ler, p. 432)^ et dans les Actes des Saints de TOrdre de Saint-Benoit (t. n,
p, 816-25), tous documents puisés à d'anciennes sources, l'appelle c Gemeticum, in pago
Rotomagensi. > Des trions et des deniers mérovingiens , frappés à Jumiéges même por-
23
— 170 —
tent GEMEDico et gemeliaco. (Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. ix,
p. 102-12). — Une donation de Charles-le-Chauve à l'église de Rouen porte Geminiato.
(Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. xi, p. 18). — Dudon de Saint-
Quentin, le premier historien normand, écrit Gimeias et Gemegias. (Dudo, De Mor. et Act.
Norman., lib. n et m, apud Duchesne , p. 75, 84 et 101. — Had Vales., Notitia Galliar.,
p. 241). — Guillaume Calcul, qui écrivait à Jumiéges même, revient à Vorthographe
primitive, qui est Gemmeticum. (Wilhelm. Calcul, Gemet., Hist.^ lib. ii, apud Duchesne ^
p. 219,227, 236). — Enfin, Orderic Vital, le dernier de nos historiens nationaux,
donne également Gemmeticum. (Apud Duchesne, p. 507).
§ IL L'HiSTomE et les Monuments. — D'après les Bénédictins eux-mêmes , la fonda-
tion de l'abbaye de Jumiéges fut attribuée, par les écrivains du moyen-âge, d'abord à
Dagobert 1er, en 638 , puis à Clovis II et à sainte Bathilde , en 654 et en 655 , et enfin à
Clotaire III , en 660. Nous nous prononcerons volontiers pour 664 avec la majorité des
auteurs bénédictins, notamment avec les savants religieux qui, en 1762, rédigèrent Y His-
toire rnsniiscnle de l'Abbaye royale de Saint-Pierre de Jumiéges, laquelle est arrivée
jusqu'à nous. Ce fut sur les ruines d'un établissement romain , qu'à l'exemple de saint
Colomban de Luxeuil et de saint WandrégiwSile de Fontenelle, saint Philbert établit
sa sainte maison, sans doute afin de purifier une terre longtemps profanée par
l'idolâtrie.
A l'imitation des saints fondateurs de ce temps, il éleva trois églises: il dédia celle-
du milieu, à Notre-Dame; celle du nord, à saint Denis et à saint Germain; celle du midi,
à saint Pierre, avec une chapelle consacrée à saint Martin (1). Il éleva ensuite une masse de
bâtiments monastiques où l'on remarquait deux dortoirs longs de 290 pieds et laides de 50.
Afin de parer aux nécessités d'un âge de barbarie et de violence, où la force régnait en
reine , il entoura l'ensemble de ses constructions d'une ceinture de murailles flanquées de
petites tours carrées, à l'instar des cités et des forteresses romaines. (Monasterium maenibus
quadratis turritisque cinctum).
La maison prospéra tellement, qu'on raconte que sous saint Aicadre, successeur de
saint Philbert, on y compta jusqu'à quinze cents religieux. Une pieuse légende assure
qu'il en périt quatre cent soixante-deux en trois jours ou en un seul seulement. Le pre-
mier cent succomba à l'heure de prime ; le second, à l'heure de tierce ; le troisième , à
l'heure de sexte; le quatrième, à l'heure de none; le reste, à l'heure des vêpres. Le même
chroniqueur ajoute qu'ils furent inhumés dans des cercueils de pierre, trait caractéristique
du temps.
Après saint Aicadre ou saint Aicaire, les plus illustres abbés furent saint Thierry, saint
(1) Mabillon donne quatre églises ou oratoires à Jumiéges ; Adrien Valois , sans doute sur la foi d'auteurs
anciens, lui en accorde cinq et quatre à Fontenelle. Toutefois, sainte Austreberte n'en éleva que trois à Pavil 1
comme saint Condé à Beloinac.
— 171 —
Gontard, saint Eucher, évêque d'Orléans, et saint Hugues, archevêque de Rouen, qui
mourut dans ce monastère le 9 avril 730. Les hôtes les plus célèbres furent saint Saëns et
sainte Austreberte.
L'histoire nous a conservé mémoire de deux personnages illustres exilés à Jumiéges-
L'un fut saint Sturme, abbé de Fulde en Allemagne, en 759; l'autre fut Tassillon,
duc de Bavière, envoyé par Charlemagne en 794, avec Théodore, son fils. On pré-
tend qu'ils y moururent et que leur double tombeau donna naissance à la fable des
Énervés.
Dans le cours du xi^ siècle, Jumiéges fut pris, saccagé et brûlé par les Normands con-
duits par Ogier-le-Danois, par Hastings ou par RoUon. A partir d'Ogier, en 841 , les visites
et les incendies se succèdent en 851, 856, 862, 876 et 884. On raconte qu'en 876 Rollon
y déposa un instant le corps de sainte Ermentrude ou Amaltrude. Cette grande demeure
n'était plus qu'un monceau de ruines quand Guillaume Longue-Epée la releva, en 928,
avec une piété extraordinaire.
De nos jours , on croit reconnaître encore une partie des constructions de cette époque.
Quelques portions de l'église Saintr-Pierre, notamment des chapiteaux^ des colonnes , des
arcades et des médaillons, reproduits récemment par M. de Caumont, sont estimés du
x^ siècle par quelques archéologues. Il en est même qui vont jusqu'à attribuer à la Res-
tauration normande les deux grandes tours romanes du portail , les plus anciennes assuré-
ment de la Normandie; nous ne pouvons les suivre sur ce terrain.
Mais, parmi les monuments de l'existence mérovingienne ou carlovingienne de Ju-
miéges, nous ne devons pas oublier les monnaies d'or ou d'argent frappées à Jumiéges,
avec le nom de saint Philbert. La Bibliothèque impériale pos-
sède quelques-unes de ces monnaies, et nos plus célèbres
numismates, tels que Bouteroue, Cartier, Conbrouse et de
Longpérier, n'ont pas oublié de nous les faire connaître. Les
deux pièces plus connues jusqu'à présent, comme sorties de
TIERS DE SOL D'OR (jUMlÊGES). ,. , r ■ i» i i • i i j>
notre atelier gémétique, sont d abord un tiers de sol d or ap-
partenant à M. Cartier, et présentant d'un côté : f gemedico cal. (Gemedicum Caletorum);
de l'autre : f sco filber (Sancto Philiberto); — puis un denier d'argent , ayant encore
d'un côté un vase avec cette légende: gem... m., et, de l'autre, on lit autour d'une tête
ceinte d'un diadème : gwmber. v m. (Grimbertus monetarius). M. Cartier cite une troi-
sième monnaie portant d'un côté: +gemeliaco, et, de l'autre: avsonfvs mon. (Moneta-
rius); et une quatrième, sur laquelle on lit : nectarivs m — gemeliaco f.
§ in. Traditions et Légendes. — Peu de terres sont plus légendaires que Jumiéges.
Cela se comprend: une presqu'île reculée et sauvage, devenue en un moment le centre
d'un grand mouvement religieux et social , dut nécessairement conserver longtemps le
souvenir des grands événements qui s'accomplirent autrefois dans son sein.
__ 172 —
La plus ancienne de toutes ces légendes est celle du Loujh-Vert, dant la procession, la
complainte et la croix vivaient encore il y a quelques années , comme le Chêne-àr-V Ane
dure encore aujourd'hui. Elle remontait probablement jusqu^auvra^ siècle, puisqu'elle se
rattache aux origines mêmes du monastère. Il y est question , en effet, de saint Philbert
et de sainte Austreberte. On raconte que l'âne de Jumiéges, qui portait les messages
à Pavilly, ayant été dévoré par un loup auprès d'un chêne encore connu sous le nom
de chêne à l'àne , l'assassin fut condamné par les saints à faire le service jusque sa
mort.
Nous ne savons si l'on doit attribuer à la même époque le feu de Saint-Jean qu'on allu-
mait à Jumiéges lors de la procession du Loup-Vert.
Nous avons dit un mot de saint Aicadre et de sa vision , de la mort instantanée et de
l'inhumation de ses quatre cents religieux. Mais la légende la plus célèbre est celle des
Énervés et de leur tombeau. Une histoire étrange, dont l'origine ne remonte guère qu'au
xu^ ou au xnie siècle , comme les statues qui l'appuient , prétend que les deux fils de
Glovis II et de Bathilde , suppliciés par un énervement affreux , furent jetés à la Seine dans
un esquif et abordèrent, mourants ou morts, à l'abbaye dotée par leur père. Là, en leur
qualité de fondateurs, ils auraient été inhumés dans le chœur de la grande église, où des
statues sépulcrales marquèrent longtemps le lieu de leur repos. Mais , hélas ! ces images
sont du xiii* siècle, comme l'histoire elle-même.
Ce fait des Énervés ne tient pas devant la critique moderne. Mabillon l'avait déjà rejeté
il y a deux siècles , et il avait cru reconnaître dans cette tradition l'histoire poétisée de
Tassillon, duc de Bavière, et de Théodon, son fils, morts et inhumés à Jumiéges au temps
de Charlemagne.
Ce n'est pas seulement le cycle mérovingien ou carlovingien qui possède des légendes
à Jumiéges : l'âge normand n'en est pas dépourvu. La restauration du monastère n'est pas
moins entourée de mystères que sa fondation. On raconte qu'en 928, Guillaume Longue-
Epée, étant à chasser dans la forêt de Jumiéges, rencontra deux vieux cénobites qui res-
semblaient à des fantômes errant sur les ruines. Ce duc dédaigna l'hospitalité qu'ils lui
ofi&*aient; mais quelques instants après, ayant manqué de périr sous la dent d'un sanglier,
il vmt lui-même demander une hospitalité chrétienne qui se termina par la reconstruction
de l'abbaye.
Au xie siècle, lorsque la presqu'île de Jumiéges était ravagée par les rats et les mulots ,
on invoqua saint Valentin, évêque de Terni, en Italie, qui poussa tous les mulots à la
Seine. On montre encore la route et l'abîme où ces rongeurs allèrent se noyer. On appelle
l'un le chemin et l'autre le trou des Iles.
Période normande. — Nous aurions trop à dire, s'il nous fallait décrire ici la grande
basilique gémétique construite par les Normands du xi« siècle et consacrée par le bien-
heureux Maurille le l^r juillet de l'an 1067. Cette abbatiale romane n'est plus qu'une ruine
— 173 -
que notre siècle salue avec le plus profond respect : nous en donnons ici une l^ëre es-
quisse. Pour sa description, nous
renvoyons au moyen-âge, auquel
l'œuvre apparlienl. Cependant, nous
croyons devoir une mention histo-
rique et monumentale à Robert
Champart, vingt-huitième abbé. Ce
moine de Juraiéges, après avoir été
évêque de Londres, archevêque de
Cantorbéry et ministre d'Edouard-
le-Confesseur, revint mourir dans
son ancien monastère en 1052.
BviNEs DE ..'ABBAYE «E jrM«o« (I8Î5]. In^umé daus le chœur de l'église
qu'il avait bâtie, il a été retrouvé de
nos jours dans son cercueil de pierre qui trône encore au milieu des ruines. C'est une
auge plus étroite aux pieds qu'à la tête, et qui présente , pour le chef, l'entaille carrée
de cette époque.
Le même Robert , revenant mourir en Normandie , rapporta avec lui deux précieux
manuscrits anglo-saxons, qu'il donna probablement à sa chère abbaye de Jumiéges.
L'an est un Missel, et l'autre un Bénédictionnaire ou Ponti/icaL Ce sont deux ma-
noscrits à miniatures, composés, de 980 à 990, dans l'abbaye de New-Minster, à
Winchester. Le Missel fut fait pour le monastère de Sainte-^thredryte, à Ely; le Béné-
dictionnaire fut composé pour iflthelgard, archevêque de Cantorbéry, et il renferme
la formule du couronnement des rois anglo-saxons : il a dû servir au sacre d'Edouard-le-
Confesseur. Mais si le Missel est resté à Jumiéges jusqu'à la révolution , le Bénédiction-
naire en fut distrait de très bonne heure, peut-être même dès le xi^ siècle, car, au
xiie, il figure parmi les livres de la Cathédrale de Rouen. Réunis de nouveau par suite
du grand cataclysme de 4789, ils enrichissent à présent la Bibliothèque publique de
Rouen.
Epoque incertaimb. — Je ne sais à quelle époque on peut attribuer le long terrasse-
ment qui isole de la terre ferme toute la presqu'île de Jumi^es. Ce retranchement se
compose d'un creux et d'un rejet de terre, que le temps n'a pu combler ni abattre. Cette
ligne fortifiée, qui va d'Yainville à Sainl-Paul, est nommée dans le pays le fossé de Saint-
Philbert. Est-ce un système de défense? est-ce une hmile territoriale? C'est ce que nous
ne saurions dire.
H. Deshayes, dans son Histoire de l'Abbaye de Jumiéges (p. 220], assure que la terre
éboulée recouvre des pierres taillées et des silex sous mortier. Il ajoute que de nombreux
charbons indiquentque ce mur a été attaqué par le feu. De son côté, M. Fallue, dans ses
— 174 —
Camps de la Seine et de la Rive saxonique, dit que Ton a trouvé , dans ce vallum gémé-
tique , des squelettes humains , des vases et une hache de fer.
Je suis également très peu renseigné sur l'attribution à donner à des crevasses que Ton
rencontre çà et là dans le bois qui couvre la colline de Jumiéges. Le peuple appelle les
unes des /r(m5 /wm^iT , et les autres des trous de fer. Quelques-unes sont entourées du
prestige de cacher des trésors.
Enfin, il serait également malaisé de dater un bateau chargé de bois, que Ton a ren-
contré au hameau de Conihout , à 5 mètres de profondeur.
BIBLIOGftAnua.
M Vita s. Filiberti , abb. , « apud Mabillon , a Àcta
Sanct. ord. S. Benedict., » t. ii, p. 816-825*
Mabillon, « Annales ord. S. Bencdict., » lib. iv, 1. 1*',
p. 200, 400, 432-33, 469, 506, 520, 583.
Will. Cale. , Gemetic. mon., « Hist. norm., » lib. i,
c. V, et lib. II, p. 916-17,— apud Duchesne,« Hist. norm.
script, antiq., » édit. de 1619.
Had. Vales., « Notitia Galliarum, » p. 224.
« Neustria pia, » p. 259-325.
« Gallia Christiana, « t. xi, p. 185-301.
Duplessis, « Desc. géogr. et hist de la Haute-Norm.,»
t. u, p. 255 266.
« Hist. de Tab. roy. de Saint-Pierre-de-Jumiéges, »
mss. in-folio, de 1762, chez M. Lepel-Cointet.
Leblanc, «Traité historique des Monnaies de France,»
monétaires, pi. iv, fig. 18.
Tobiésen-Duby, « Traité des Monnaies des Barons , »
t. Il, p. 242.
H. Langlois, « Notice sur le Tombeau des Énervés de
Jumiéges], » in-8*' de 46 p. et grav. , Rouen , Baudry,
1825 et 1838, et a Bulletin de la Société d*Emul.,» année
1824.
Id., a Essai sur les Énervés de Jumiéges, » in-8* de
96 p. et grav., Rouen, 1838.
Noôl de la Morinière, • BsMis rar le département de
la Seins-Inférieure, » t. u,p. 164-72.
Nodier, etc., « Voyages pittor. etromant. dans Fane.
France : Haute-Norm., » t. !•% p. 39 à 53, et pi. 6 à 18.
Fallue, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., »
t. IX, p. 196-98,281, 262.
o Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., >• t. ix, p. 102-
112; t. XI, p. 16 et 18.
De Longpérier, « Annuaire hist. de la Soc. de THisfl.
de France, « année 1841, p. 122.
G. Conbrouse, a Catalogue raison, des Mon. nation,
de France, » mérovingiens, p. 79, pi. 26, fig. 8.
Cartier, «Revue numismatique, «année 1840, p. 2 14-42.
Deshayes, u Hist. de l'Abbaye royale de Jumiéges , »
in-8" de 288 p. avec pi. et grav., Rauen, 1829.
Canel, « Revue de l'Eure, » année 1836, p. 353-366.
A. Bosquet, » La Norm. rom. et merveill., « p. 349-
360.
Frère et Pottier, a Manuel du Bibliographe nor-
mand, » t.i»% p. 91-92; 1. 11, p. 310-312.
« Congrès archéol. de France : séances gén. ten. en
1860, » p. 606-611.
L'abbé Prévost , « Vie et Miracles de saint Valen-
tin, » in-18 de 28 p., Rouen, 1860.
HARTEAUVILLE ou HEURTEAUVILLE ( section de jumiéges )•
Le village de Heurteauville, placé sur la rive gauche de la Seine , est adossé à la forêt
de Brotoone. C'est un ancien marais dépendant de Jumiéges , que le fleuve sépare du
centre principal. Quoique profondément isolé , ce village a présenté des monuments d'une
haute antiquité.
Epoque gauloise. — En 1830, on a trouvé dans la tourbe, à 3 mètres de pro-
fondeur, onze hachettes en bronze, dont quelques-unes furent offertes au Musée de
Rouen. — En 1835, la même collection départementale reçut de M. Doucet, maire du
Trait , plusieurs objets provenant de la Harelle de Heurteauville. Les pièces principales
consistaient en une hache de bronze , en im vase de bronze de forme ronde , en un bout
175 -
de lame d'épée aussi en bronze, enfin en un javelot bien conservé et du- même métal.
Tous ces objets étaient profondément ensevelis dans Talluvion.
Époque romaine. — Le Musée de Rouen possède également une plaque en plomb ,
découverte à Heurteauville , et qui sem-
ble avoir affecté autrefois la forme d'un
hausse-col. Cette pièce présente en relief
trois poissons qui ressemblent à des dau-
phins. Ce type se rencontre parfois à
Tépoque franque ; cependant , M. Deville
a rangé cet objet dans ime montre gallo-
romaÎTiA fi\ objet en plomb (heurte autille , 1835).
« Procès-verbaux de la Commission départementale Fallue, « Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., t. x, p. 143.
des Antiquités de la Seine-Inférieure, ■ p. 214 et « Harelle de Harteauville , » in-8 de 54 p. Paris,
217. Crapelet, 1845.
YVILLE.
Époque romaine (?). — En 4833, M. E. Gaillard a reconnu à Yville une enceinte for-
tifiée, qu'il appelle un camp romain. Pour se fonder dans cette attribution , le zélé archéo-
logue cite une soixantaine de monnaies romaines trouvées sur cet emplacement et achetées
par M. le marquis de Gasville, qui avait promis d'en offrir quelques-unes au Musée
départemental.
•• Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, » p. 218.
ANNEVILLE-SUR-SEINE.
Époque romaine. — Vers 4 848 , lorsque l'on exécuta le chemin de grande communi-
cation no 45 , de Duclair à Bourg-Achard , on trouva , dans la traverse d'Anneville , des
substructions et des tuiles à rebords. En face de ces débris antiques, on voit, dans la
prairie, un tertre qui a une certaine élévation. En 4860, en travaillant à ce tertre, on a
recentré, au milieu de tuiles et de débris antiques, une monnaie d'or de Trébonien
Galle, qui fat estimée 500 fr.
MAUNY.
Époque romaine. — M. Gaillard mentionne une maison romaine au triége du Câtelier.
Époque franque. — Yers 4854 , le fermier de M. Decamps, au Val-des-Letuc , trouva,
en défrichant un coteau qui borde la Seine , une vingtaine de cercueils en pierre. Ces
(l) Sur un sarcophage romain trouvé à Lambèse (Algérie), on voit aussi figurer deux poissons ou dauphins dans
^^ attitude» «Recherches sur Lambèse, » par le coloneljDelamare , dans les « Mém. de la Soc. des Antiq. de
France, » t. xxi, p. 23, pi. 1, fîg. 16. — Des dauphins semblables décorent le joli plateau d'arg«5nt trouvé à Lille-
txmne, le 26 octobre 1864.
— 176 —
cercueils contenaient des corps et probablement des objets d'art. Sur ce dernier point , on
est réduit à des conjectures ; mais on assure dans le pays que Texplorateur recueillit des
objets précieux, parce que, dit-on, il s'est enrichi.
Époque incertaine. — M. Gaillard mentionne d'anciens puits existant dans les forêts
de Mauny et du Trait.
E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 5.
CANTON DE PA\TX.LY.
PAVILLY.
Époque gauloise. — M. Tabbé Jacquemet, curé de Limésy, possède deux hachette» de
pierre trouvées sur Limésy en 1861. — Le Musée de Rouen renferme des monnaies en
argent, en bronze et en potin, trouvées dans la même localité.
Époque romaine. — M. Deville a connu des monnaies du Haut et du Bas-Empire ,
provenant de Pavilly.
Des voies antiques durent traverser Pavilly, venant : les unes, de Rouen et se dirigeant
vers Lillebonne et Fécamp; les autres, sortant de Duclair et s'avançant vers Saint-Saëns
et Arques-Dieppe.
Époque franque. — Yers 662 ou 664, saint Philbert, de Jumiéges, fonda à Pavilly,
appelé alors Pauliacum ou Pauliacus, un monastère de femmes, sur im terrain cédé par un
seigneur franc nommé Âmalbert. La fîUe de ce leude, nommée Âure ou Âurée, y fit pro-
fession vers 663 et y mourut plus tard en odeur de sainteté. La première abbesse de cette
maison fut sainte Âustreberte, fille de sainte Framechilde, qui, après avoir reçu le voile des
mains de saint Omer, de Thérouenne , gouvernait en paix le monastère de Port-le-Grand,
sur les bords delà Somme. Gonmie toujours, elle établit à Pavilly trois églises dont Tune
fut dédiée à la Sainte-Vierge , l'autre à saint Pierre et la troisième à saint Martin. La sainte
abbesse mourut le 10 février 703 ou 704 et fut inhumée dans Téglise Saint-Pierre. Son
tombeau fut levé par saint Hugues, archevêque de Rouen au vm^ siècle, un ange ayant
appris que la pierre du cercueil se détériorait.
La seconde abbesse fut sainte Bénédicte, sous laquelle vécut sainte Jutienne» YxmA des
vierges les plus célèbres de ce monastère.
Cette première abbaye ayant été détruite par les Normands du ix^ siècle , on en cons-
truisit une seconde, en i090, pour quatre religieux bénédictins. Celle-ci dura jus-
qu'en 1717.
— 477 —
Nous ignorons la véritable place où fut bâtie la maison de sainte Austreberte. L'église
prieurale, qui porte son nom, est un curieux édifice roman qui doit dater de la fin du
w siècle. C'est la chapelle des anciens Bénédictins.
Une des preuves de l'importance mérovingienne de Pavilly , c'est le titre de doyenné
qu'a toujours porté cette localité , placée dans le Grand-Ârchidiaconé de Rouen.
En 1850, l'établissement de conduits à gaz fit découvrir, devant le portail de l'église
j>aroissiale , trois cercueils de pierre que je visitai. Ils étaient entiers , d'un seul morceau,
et plus étroits aux pieds qu'à la tête; longs de 1 mètre 72, ils mesuraient 30 centimètres
au bas et 55 au sommet ; ils étaient percés d'un trou au fond et à la hauteur du genou.
La pierre qui les composait venait de Yergelé ou de Saint-Leu. Je les jugeai de l'époque
firanque. L'un d'eux était placé sous les fondations de l'église, dont quelques parties re-
montent très haut. J'avais remarqué la même particularité à Saint-Gervais de Rouen.
BIBLIOGRAPHIE.
MabilloD, « Annales ord. 8. Benedit i 1. 1*% p. 469.
Surins, a De probatis sanctorum historiis, » t. 1*%
p. 949-955.
Had. Vales., « Notitia Gallianim, i p. 441-42.
« La Vie parfaicte et immaculée de saincte Austre-
herte, • par le père Martin, p. 437.
« Neustria Pia, i p. 326-28.
« Gallia Ghristiana, » t. xi, p. 132.
Duplessis, « Dese. géogr. et hist. de la Haute-Nonn.,»
t. II, p. 267-70.
« Histoire de Tabbaye royale de Saint-Pierre de Ju*
miéges, » p. 16-17, Mss. de 1762, chez M. Lepel-Gointet
. L*abbé Malais, « Calendrier normand, » p. 13, 35, 53,
59, 66.
« Revue de Rouen, » année 1850, p. 653.
a Revue de la Normandie, » année 1863, p. 495.
SAINTE-AUSTREBERTE.
Époque incertaine. — Dans ce village, au-dessous de l'église paroissiale, il existe une
fontaine vénérée qui porte le nom de Sainte-Austreberte, abbesse de Pavilly au vm siècle.
On y vient en pèlerinage toute Tannée , mais surtout le lundi de la Pentecôte. Ce jour-là
on y allume un feu de joie. — Une tradition prétend que c'est là que sainte Austreberte
et ses religieuses lavaient le linge des moines de Jumiéges.
BUTOT.
Époque romaine. — Il a été trouvé à Butot une monnaie romaine en or.
BEAUTOT.
Époque incertaine. — Par Beautot passe le chemin des Fées.
SAINT-OUEN-DU-BREDIL.
Epoque incertaine. — On m'a assuré que , dans le bois du Breuil , on voit des terras-
sements qui ressemblent à un ancien camp.
23
^ 478 —
Périodr normande (?) — Au côté nord de la nef de Saint-Ouen-du-Breuil , le fos-
soyeur a trouvé, en 1850, des cercueils de pierre. Un nouveau sarcophage a été vu en
4860. Il est possible que ces sépultures soient franques; mais nous les croyons plus vrai-
semblablement normandes des xi^ et xn^ siècles.
GUEUTTEVILLE.
Éboque romaine (?) — En terrassant dans le parc du château de GueutteviUe , M. de
Montaignac a rencontré une lampe en terre cuite qu'il croit romaine.
FRÉVILLË.
Époque romaine. — En 4884, M. Duboc, maire de Fréville, signala à la Commis-
sion des Antiquités les anciens chemins de ce pays où il croyait reconnaître des voies
romaines.
« Procès- vei:baux de la Ck>mmission des Antiquités de la Seine-Inférieure, » p. 204.
LIMÉSY.
Époque gauloise. — M. l'abbé Jacquemet, curé de cette paroisse, possède une inté-
ressante collection archéologique dans laquelle on voit deux hachettes en silex trouvées à
Limésy même : Tune, en 1859; l'autre, en 4861. Déjà on en avait trouvé deux autres
dès 1852.
Mais la plus belle et la plus célèbre découverte gauloise de Limésy eut lieu en IMO,
dans un terrain connu depuis longtemps sous le nom de Chamjhdu-Trésor (1). Là, on dé-
couvrit un grand nombre de monnaies celtiques en argent. Deux de ces pièces sont entrées
au Musée de Rouen; mais trente-quatre ont été achetées par M. A. Le Prévost, qui les a
offertes à M. Lambert, de Bayeux. Ce dernier les a décrites dans son remarquable Essai
sur la Numismatique gauloise dans l'Ouest de la France. Sur ces curieuses pièces, dont
nous reproduisons plusieurs spécimens à la page 179, on lit les noms d'ATEVLA vlatos, —
de SOLIMA, — de togirix et de santonos togirix.
Époque romaine. — Il existe à Limésy la tradition d'une ancienne ville qui aurait
porté le nom de Limoux ou Limouse. Une autre tradition , encore plus étrange , prétend
que dans le Champ-du-Trésor est caché le trésor de quatre rois.
(1) Il existe un Champ-du- Trésor prés le pont d'Ouilly (Calvados). En^l845 , on y a trouvé un statôre gau-
lois en or. (Lambert, ■ Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xxv, p. 476. ) — Aux environs de Vendôme,
M. de Pétigny signale un Champ-du-Trésor qu'il croit un point celtique. ( « Hist. archéol. du Vendômois, »
p. 22. )
— m —
Ce que nous pouvons assurer,
c'est que le terrain labouré qui
porte un nom aussi ambitieux est
rempli de débris romains. Une
fouille, pratiquée en 1863, nous y
a révélé une muraille antique d'une
grande épaisseur. Les travaux faits,
vers 4848, pour la confection de
la route départementale n" 13,
qui va de Barentin à Veules ,
ont montré dans ce champ des
tuiles à rebords et des cons-
tructions en pierre tuffeuse.
Quand un sol antique est
' bien étudié, il produit toujours
beaucoup pour la science. C'est
ainsi que la terre de Limésy
s'est montrée féconde par l'at-
tention de ses habitants.
Les procès-verbaux de ta
Commission départementale des
i Ântiquitésnousapprennentqu'en
Il823 M. Legrelle, de Limésy,
fit connaître que quatorze mon-
-„ ^ naies d'argent avaient été trou-
f^^d}}) vées dans sa commune , sur la
propriété de M. Vincent Duclos.
La Commission ne spécifia pas
les pièces.
M. l'abbé Jacquemet, curé de
Limésy, a recueilli dans sa pa-
roisse plusieurs monnaies ro-
maines , notamment une consu-
' laire en argent, sur laquelle on
lit : Q ATORAS j lA. Un denier de Trajan est entré au Musée départemental. — Vers 4860,
une meule à broyer en poudingue a été recueillie chez M. Ballue.
Epoque franque. — Pendant le tracé de la route dont nous venons de parler, on trouva,
dans la ferme de M- Leclerc, plusieurs cercueils de pierre. Ils étaient à 50 centimètres du
MOnNAlU GACLOIBBB (CIHÉaT El CAILLV, 18!10-3I).
— 480 —
sol , orientés est et ouest. Ils contenaient des ossements humains et quelques objets de
fer. La forme de dos-d'âne qu'affectait leur couvercle nous fait penser à l'époque
franque.
Une tradition d'abbaye ou d'église transférée s'attache à cette terre ; mais c'est là un
accompagnement presque obligé des ruines franques ou romaines.
Période normande. — Au hameau de Brunville existe la tradition d'un vieux château.
Les terrassements en sont encore visibles.
« Revue de la Normandie, » année 1863 , p. 495.
« Procès- verbaux de la Commission départementale
des Antiquités de la Seine-Inférieure , « p. 68.
Ed. Lambert, uMémoires de la Société des Antiquaires
de Normandie, » t. xui, p. Î5Î, pi. ix, ig. 9, 11, 23; pi. x,
fig. 1, 12-17, 23-27; pi. xi , fig. 2, 4-7, 16.
BARENTIN.
Barentin est un point où les antiquités ne sont pas rares. Nous y connaissons deux
cimetières romains à incinération; nous y avons connu des constructions antiques, et nous
avons tout lieu d'y soupçonner un cimetière franc.
Époque romaine. — Le premier cimetière romain découvert à Barentin a été aperçu ,
en 1838, sur la côte même de Téglise, dans la direction de l'ouest. En tirant du caillou,
des ouvriers rencontrèrent des vases de terre et" de verre , des fibules en bronze et en ar-
gent et quelques autres objets. Le Musée de Rouen fut assez heureux pour obtenir quel-
ques-unes de ces épaves qui avaient été dispersées, mais dont M. Lalizel, maire du lieu,
avait recueilli une portion. Dans les montres de notre collection départementale, j'ai
compté une dizaine d'objets provenant de ce premier cimetière de Barentin; ce sont trois
vases de verre et six vases de terre , parmi lesquels se voient des urnes et des vases aux
offrandes et aux libations. La pièce la plus curieuse est une petite tablette à écrire , en
marbre, semblable à celles que nous avons trouvées à Lillebonne, à Fécamp et à Epinay,
près Mortemer. Encouragé par cette découverte , M. Deville tenta quelques fouilles sur la
côte même de l'église de Barentin. Nous savons qu'elles ne furent pas sans fruit; mais
nous ne saurions donner aucun détail, notre confrère n'ayant pas publié le résultat de son
exploration.
Un second cimetière romain, beaucoup plus important, apparut en 4857. Du 5 janvier
au 10 mai de cette année, M. Lame, avocat et propriétaire à Bondeville, fit défricher un
bois connu sous le nom assez significatif de la For telle ou de la For ter elle (1). Ce bois est
•
(l) Nous ne savons au juste ce que signifie le nom de Fortelle ou de ForiereUe ; mais nous ne serions nullement
surpris qu'il s'y rattachât l'idée d'une ancienne fortification quelconque. En attendant le mot de l'énigme , nous
allons dire tout ce que nos lecteurs nous ont fourni de rapprochements sur ce sujet Nous savons qu'à Aeilly
(Oise) il existe un lieu dit la ForiereUe. (Frion, « Nouveau Précis de Statistique sur le canton de Ghaumont en
Vexin, > p. 178). — A Morienval, dans le même département, au lieu dit la Fortelle ^ on a trouvé des débris
romains. (Woillez, « Répertoire archéologique de l'Oise, » p. 177). — A Houlbec-Cocherel,. canton de Vemon
— 18j,—
situé dans un vallon solitaire, à deux kilomètres du boui|[, dans la direction de Fres-
quiennes et de Pissy-Poville. Il est au bas de la côte du Câtillon et au bord du chemin de
fer de Rouen au Havre. Chose étonnante ! ce bois perdu est tout parsemé de buis , planta-
tion que plusieurs personnes attribuent à l'époque romaine (i). Très longtemps les ouvriers
n'ont cessé de rencontrer soit des constructions, soit des incinérations. Je n'estime pas à
moins de plusieurs centaines le nombre des vases funéraires qu'ils ont rencontrés et
détruits. De cette masse énorme d'objets céramiques , il n'est guère échappé que sept à
huit vases de terre enfermés dans un doHum , que M. Lame a conservés chez lui et dont
il m'a permis de prendre le dessin. (Je les reproduis ici). Parmi eux se trouvait un joli
petit flacon de verre à deux anses en cou de cigne.
BABlil^TIN, I8S7,
COUFBB EN TBnilB BOUGE. — VASR HUMAIN. — FLACON EN VBRRE.
^ure), est un Heu dit la Grande-Fortelle. Od sait qu'à Gocherel, on a (rouvf des antiquités en 1685, ■ Notes et
lléiD. de H. Aug. Le Prévost , ■ t. ii, p. 269. — M. Darbois de Jubaiuville cite à Lusigny (Aube) une enceinte
«oUque et CArrëe qui porte le nom da la Forteik. (« Répertoire archiiologiquc de l'Aubo, » p. 115). — Sur la
roala de Beauvais, dans la direction de Pontoise, M. Graves indique un point nommé la Fortelie. (« Notice arcbéo-
logique sur le département de l'Oise , ■ 3* ^dit.^p. 309). — Dans l'église de Neufmoutier (Seine-et'Marne), on voit
l'épitaphe de Marie Lepieard , femme de Gralien Lepronier, seigneur de la Korlelle, en 1661. (■ Bulletin du Comité
de la langue, de l'Histoire et des Arls de lu France, n t. iv, p. 72). — Pi. la Forldle de Pierrefonds (Oise), on a
trouvé une voie anUque et des débris romains. (- Répertoire archéologique de l'Oise, «p. ILS). — EnllnùCouvron,
dans l'Aisne , on a dérricbé, en 1855 , un bois nommé la Forlelle , où se trouvaient des retranchements. On y a
découvert des poteries à relief, des amphores et des tuiles à rebords. (Pietle , < Bulletin de la Société académique
de Laon,.t. \i, p. 292).
(I) On considère généralement la présence de la vigne et du buis dans nos taillis comme un vestige de la civili-
sation romaine. Beaucoup d'archéologues ayant insisté sur cette remarque, nous avons cru devoir en Taire l'obser-
vation & propos du bois de la Fartrrelle dont le coteau Tunébre est tout couvert de buis sauvage. — En 1864, allant
visiter les débris romains trouvés k Liilebonne, sous les bois de Folleville, lors du tracé de la route des bords de la
Seine en 1863 , j'ai remarqué des haies de jardins et des clôtures de masures Imites avec des buis à haute tige
Averti de cette découverte dans les journaux, muni de la permission du propriétaire et
d'une allocation de M. le Préfet, j'ai fouillé le bois de la Forterelle, du 9 au 23 juin
1858. J'ai défriché un terrain d'environ 30 mètres de long sur 20 de large, et, dans «et
espace , j'ai renconlré , à la profondeur de 50 à 60 centimètres , deuK cent quarante vaaes
romains partagés en quatre-vingt-huit groupes de sépultures. Malheoreusement, presque
tous ces objets étaient brisés par les racines des arbres : le Musée de Rouen n'eo a guère
recueilli que vingt à vingVcinq entiers.
Dans ce mobilier funèbre se trouvaient des urnes contenant des os brûlés entourés de
vases aux libations. Les urnes étaient de toute forme. Il y en avait de très belles en verre
dont quelques-unes affectaient la forme de plateau. (Nous les reproduisons ici). Le genre
PLATBAUX ROHAIKS FCN^AIHBS (B&BBKTIK, 1868).
dominant était Voila rus^ue ou pot-au-feu en terre grise si commun dans le pays de
Caux. Le dolium renfermant des urnes et autres vases funèbres ont été plus fréquents
qu'ailleurs, car nous n'en avons pas compté moins de treize, tant entiers que fracturés.
Les sépultures de la Forterelle m'ont paru former deux catégories : les sépultures sim-
ples et les sépultures de marque. Les premières ne se composaient guère que de deux ou
pouBsés sans culture. Nulle part en Normandie, Je n'avais vu pareille chose. Le bois qui sunnonte la roule est tout
rempli de buis qui y croit nalurellemant. — Dans sa « Notice historique et archéologique sur le département de
l'Eure,» H. A. Le Provost dit que danslarorët de Beaumout-le-Roger les lieux où se trouvent des débris romaioE
sont très reconnaissables par les buis qui y croissent. (■ Recueil de la Société d'Agric, etc., da l'Eure, ■ t. ni,
p. 27i). —M. de Btabenrath confirme cette assertion en disant qu'auteur de la BuUe-rfu-fioiï.quieat danslaforit
de Beaumont, on a trouvé, en lft3D, des mines romaines, (s Notice sur les Pouillea récemment tailes dans une
partie de la Torét de Beaumont- la- Roger (Eure), i> p. 3 et 5, et dans le • Recueil de la Bocièti d'Agriculture, etc.,
de l'Eure , > numéro de juillet I830j. — Dans son < Mémoire sur les Camps de la Beine et de la Rive sa»a-
nique, ■ M. Pallue, parlant de la motte appelée la Gite, qui se trouve à la cAte de Rançon , près Saint-Wandrille,
assure qu'elle est toute couverte de buis. («Mém. de la Soc. des Antiq. deNorm., ■ t. ix, p. 276). — M.deCaumoat
abonde beaucoup dans ce sens , et dans son « Cours d'Antiquités monumentales ■ ( 3* partie , t. in , p. IIB ) , il
affirme que les Jardins romains étaient plantés de buis taillés et découpés avec beaucoup d'art. Il cite Pline-le-
Jeune qui , décrivant sa villa, assure que le buis décore le Ju^in soub toutes les formes : ■ Xy^us dlstinctus
buxo... Bestiarum etOgies buxus inscripslt... buxus in formas mille descripta. • (Pline, ■ Bpist, ■• lib. v.^tt. vi).
— 18S —
bws vases, une urne, une cruche et un petit vase; les secondes formaient un groupe de
quatre ou ciiaq vases protégés par un dolium, du bois, de la tuile ou des silex.
Les vases aux ofh'andes et aux libations, dont nous reproduisons ici quelques-uns,
étaient généralement élégants. Une coupe rouge nous a donné le nom du potier
LiQKBiii. Des urnes de verres nous ont montré au fond, au milieu des cercles concentriques
un U et une f.
UariKS KT FLAGOm DB VBnKE [BABCHTIN, ISSS').
Les objets métalliques n'ont pas fait défaut à Barentin. Les plus nombreux étaient les
clous en fer provenant des caisses de bois qui renfermaient les urnes et, le mobilier fu-
nèbre. Quelques clous avaient fait partie du bâtis sur lequel on avait brûlé le corps. Ceux-
là étaient dans les urnes, taudis que les autres étaient autour.
J'ai également recueilli à côté d'une urne une fibule de bronze recouverte d'émail , un
anneau de cuivre propre au doigt d'un jeune sujet, une petite clochette en fer placée au
fond d'un vase de terre et sous une urne de verre (on attribue généralement ces clochettes
à des troupeaux). Du fond d'une urne, j'ai aussi extrait deux grands bronzes , l'un fruste
et l'autre d*Ântonin-le-Pieux, et deux beaux miroirs en bronze étamé : l'un était carré et '
l'autre circulaire.
Le cimetière de la Forterelle est une mine riche et féconde que des circonstances fâ-
cheuses ne nous ont pas peimis d'explorer dans son entier. Nous savons que M. Lemarié ,
avocat de Houen, qui a été autorisé à continuer les fouilles, a encore rencontré dans ce
— 484 —
bois bon nombre de vases romains dont il n'a pu sauver que quelques échantillons en
teiTe et en verre. En 1 863, nous avons remarqué dans sa petite collection quelques an-
neaux de bronze et deux statuettes en terre blanche malheureusement brisées par les
ouvriers. L'une est une Latone assise, et l'autre une Vénus Anadyomène.
Nous sommes tenté d'attribuer à l'époque romaine, et peut-être à ce cimetière isolé ,
les hameaux du Grand et du Petit-Câtillon , placés au-dessus du bois de la Farterelle,
Ces deux cimetières, si importants qu'ils soient, ne sont pas les seuls témoins du Ba-
rentin des Gallo-Romains. En 4863 , lors de la rectification de la côte qui conduit vers
Rouen , les ouvriers ont trouvé de beaux murs en tuf entourés de tuiles à rebords rouges
et blanches.
Époque franque. — Sous le viaduc et à la côte qui avoisine la chapelle de Saint-Hellier,
on a trouvé, vers 4847, plusieurs sépultures franques. De tout leur mobilier, il n'a été
recueilli qu'un beau scramasaxe qui m'a été remis, en 4858, par M. Neveu, propriétaire
du terrain.
Période normande. — Dans une charte de Richard II , délivrée à l'abbaye de Fécamp
en 4006, ce duc donne au monastère : « Ecclesiam Barentini villae... sitamin territorio
Rotomagensi. >
Le Prévost, • Mém. de- la Soc. des Arit. de Norm,, ■
t. u, p. 19.
9 Procès- verbaux de la Gomm. des Antiq., »p. 260-61.
Devllle, « Gat. du Musée dép. d'Ant, » année 1845, p. 28.
« La Normandie souterr., » Inédit, p. 135; 2*édit.,
p. 154.
« Journal de Fécamp, » du 16 mai 1857.
« Journal de Rouen, » des 13 et 18 juillet 1858.
CANTON DE MAROMME.
MAROMME.
Epoque romaine. — La voie romaine de Rouen à Lillebonne traversait Haromme dans
sa largeur , depuis la côte de Saint-Aignan jusqu'à celle de la Mayne conduisant à La
Vaupalière.
De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen 1 L'abbé Gochet, c Mémoires de la Société des Ânti-
à Fécamp, » p. 25. | quaires de Norm., » t. xiv, p. 151, et t. xxiv, p. 325.
CANTELEU.
Epoque romaine. — Au sommet de la colline boisée qui domine Bapeaume et Déville ,
dans un taillis voisin d'une ferme appartenant à M. H. Barbet , de Rouen, M. de Glanville
a pratiqué, en 1853, une fouille archéologique. Sur une butte couverte de halliers, il a
— 185 —
trouvé une construction carrée mesurant 40 mètres sur chaque face. Les murs , épais
de 1 mètre 60 centimètres , étaient en silex et avaient été recouverts de crépis coloriés.
Dans l'intérieur de ce petit monument, que l'on est porté à supposer romain, M. de Glan-
viUe a recueilli deux monnaies en argent de Maximien et de Constantin.
Époque franque. — Tout semble indiquer que ce petit édifice a servi de sépulture à
l'époque franque , car il a été trouvé dans son enceinte deux crânes accompagnés d'osse-
ments bouleversés. Parmi ces débris humains se trouvait un pot noir évidemment
mérovingien.
En 1863 , sur le versant de la Seine et dans la propriété de M. Prat , en fondant un
mur et en établissant im chemin d'accès, des ouvriers aperçurent plusieurs cercueils de
pierre dont ils laissèrent au moins deux sans les visiter. Ils assurent que celui qu'ils
vidèrent ne contenait que des ossements humains encore en place. Ce sarcophage, long de
1 mètre 80 à l'intérieur, est large de 68 centimètres à la tête et de 30 aux pieds. Le cou-
vercle a la forme d'un toit. Tout annonce un cercueil franc.
DÉVILLE.
Époque FRANQUE. — En 1843 ou en 1844, lors des tranchées creusées pour le
chemin de fer du Havre, on trouva, sur une des collines de Déville, un cercueil
de pierre long de 1 mètre 75 et dont le couvercle était en dos-d'âne. Ce sarcophage
contenait un squelette. La forme du couvercle nous engage à l'attribuer à l'époque
franque.
Nous n'hésitons pas à reporter à la même période le vivier, en partie desséché
aujourd'hui, qui porte le nom de mare de Saiiit-Romain. On dit que les grenouilles
ne peuvent y vivre. Cette mare était dans l'enceinte même du manoir de nos ar-
chevêques, manoir qui doit remonter aux temps mérovingiens, peut-être même aux
temps gallo-romains. Ce qui prouve la haute antiquité de cette propriété pontificale,
aliénée seulement à la Révolution de 1789, c'est que le taillis qui la surmonte se
nomme encore le Bois-V Evêque. Il est évident que ce bosquet a pris son nom à
l'époque où nos métropolitains ne portaient que le titre d'évêque, c'est-à-dire avant le
vm® siècle.
n existe encore à Déville une eau merveilleuse connue sous le nom de fontaine de
Saint'Siméon. Cette source est l'occasion d'un pèlerinage très fréquenté. Nous sommes
porté à supposer que le nom de Saint-Siméon lui vient du célèbre solitaire de ce nom
qui , au xie siècle , apporta , du Smaï à Rouen , les reliques de la grande sainte Catherine
d'Alexandrie. Mais , «i ce vocable appartient à l'époque normande , il est probable que la
vénération de la source remonte plus haut.
De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen à Fécamp, » p. 12-23.
24
— 186
LE MONT-AUX-MALADES (section du mont-saint-aignan ).
Époque gauloise. — En 1861, deux hachettes en silex ont été recueillies au hameau
du Bosc : elles sont entrées au Musée de Rouen.
Époque romaine. — La voie antique qui allait de Rotamagus (Rouen) à Juliobona (Lil-
lebonne ) et à Caracotinum ( Harfleur ) traversait le plateau et le village du Hont-aux-
Malades. Dans les actes du xm^ siècle relatifs au prieuré et à la léproserie de Saint-
Thomas-le-Martyr, la route est appelée le Chemin du Roi, Quentin le Roy (1236),
Cheminum Régis et Keminum domini Régis (1278). Des monnaies romaines du Haut et
du Bas-Empire ont été recueillies au Mont-aux-Malades.
M. Thaurin assure qu'en fouillant au Mont-aux-Malades , on a trouvé , sur divers points
et à diverses reprises , des restes de construction , des tuiles à rebords et des monnaies de
bronze d'Adrien et des Antonins.
De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen
à Fécamp, » p. 315-316.
« Journal de Rouen , » du 8 septembre 1864.
« Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie,*
t. xiy, p. 150, et t. xxiv, p. 325.
Thaiu*in, « Arch. rouenn., » p. 3, Rouen, Brière, 1862.
BONDEVILLE.
Époqub gauloise. — Vers 1850, il a été recueilli à Bondeville une hachette de pierre
que conserve M. de Girancourt, conseiller général de Blangy.
HOUPPEVILLE.
Époque incertaine. — En mars 1822 , M. Arsène Maille écrivit à la Commission des
Antiquités une lettre relative à des tombeaux trouvés dans la forêt Verte. Comme nous
pensons que la forêt Verte dépend d'Houppeville , nous classons ici ce renseignement fort
incomplet.
Dans cette même forêt Verte , on trouve çà et là des puits et des restes de mursûlles.
On en connsdt notamment au lieu dit la Barette. H y aussi des puits, des vieux murs et
des terrassements au triége de la Grosse-Butte. On croit volontiers que ce sont les restes
d*un vieux château.
« Procès- verbaux de la Ck)mmission départementale des Antiquités, » p. 44.
LA VAUPALIÈRE.
Époque roicaine. — La Vaupalière était traversée par la voie romaine qui allait de
Rouen à Lillebonne et à Harfleur.
Époque franque. — Nous sommes assez disposé à voir le village de La Vaupalière
dans le Paldriacus du vn^ siècle , où s'arrêtèrent , en revenant du Hainaut à Fontenelle ,
487
les restes mortels de saint Ansbert , évêque de Rouen : • Venerunt in Rotomagense ter-
ritorium in locum qui dicitur Paldriacus... distans à caenobio Fontanellensi millibus iv...
in via publicâ et dilapidatâ quse... Rotomagensem deducit ad urbem. » Là , les reliques
guérirent une femme possédée du démon, et, comme elles ne voulaient pas quitter l'en-
droit, Berthald et Radamaste, seigneurs du lieu, se firent moines de Fontenelle et
y portèrent leurs biens. En souvenir de ces prodiges , on éleva une croix sur le bord
du chemin.
Boll. « Acta Sanct., » mens, februar., t. ii, p. 356.
L'abbé Belley , « Mém. de TAcad. des Inscript, et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 635.
LePrevostyftMém. de laSoc. des Ant.deNor.jwt. xi,p.l7.
L'abbé Cochet, «Mém. de la Soc.desAntiq.de Norm.,»
t. xrv, p. 150, et t. xxiv, p. 325.
ROUMARE.
Époque gauloise. — Le Bulletin monumental nous apprend qu'en 1845 on trouva,
dans la forêt de Roumare, un dépôt de ces hachettes en bronze qui sont communément
attribuées aux Gaulois. Analysées par M. Girardin, de Rouen, elles ont présenté 78 par-
ties de cuivre sur 20 d'étain et 2 de zinc ou plomb.
Époque romaine. — Le Musée de Rouen possède une statuette de Mercure en terre
cuite venant de la forêt de Roumare.
Époque franque. — Il est vraisemblable que le nom de cette localité , comme celui
de la forêt, a été emprunté au seigneur franc Rotmarus ou Rothmarîis, qui vivait au
vne siècle et qui possédait Fontenelle au temps où Wandrégisile vint de Luxeuil fonder,
dans nos contrées, sa célèbre colonie bénédictine. Ce qui me paraît appuyer cette
conjecture, c'est que ce lieu portait, au xi^ siècle, le nom de Rotmensk m^ara et de
Rôtmensis pagus. M. Le Prévost inclinait également à voir dans le nom de Rotmarus le
radical de Roumare.
Période normande, — Nous ne devons pas dissimuler que Dumoulin et quelques autres
encore prétendent que Roumare vient de RoUon. Nous laissons le lecteur libre de choisir,
mais nous ne pouvons nous empêcher de placer, au nom de cette commune, un fait célèbre
dans l'histoire de la Normandie. Ce fut, dit-on, à un chêne de la forêt de Roumare que
Rollon suspendit des bracelets et des chaînes d'or auxquels n'osa toucher aucun de ces
Normands renommés pour leur esprit de brigandage et de piraterie.
A. Le Prévost, aMém.de la Soc. des Antiq.de Norm.,»
t. XI, p. 26 et 27.
Dumoulin, « Hist. gôn. de la Normandie, » p. 29.
Girardin , « Bulletin monumentcd, » t. xii, p. 187.
SAINT-THOMAS-LA-CHAUSSÉE (section de roumare).
Époque robiaine. — Au xm* siècle, cette localité s'appelait La Chauchée et Calcia. Il
— 488 —
est évident, dit avec raison Tabbé Belley, que le nom et le surnom de cette paroisse pro-
venaient de Yagger publicus du chemin romain.
Kabbé Belley, « Mém. de TAcad. des Inscript, et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 635.
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de
Norm.,» t. XI, p. 17.
De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen
à Fécamp, » p. 33.
L*abbé Cochet, t Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., »
t. XIV, p. 150-51, et t. XXIV, p. 325.
PISSY-POVILLE.
Période nor>iande. — En 4006, l'église de Pissy est appelée • Ecclesiam de Piscei. »
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 19.
PO VILLE (section de pissy-poville).
Époque romaine. — Il est évident qu'à Poville il y eut autrefois une villa romaine
d'une grande importance. Elle était placée derrière l'ancien presbytère qui, depuis la Ré-
volution , est devenu une ferme. Dans le champ labouré , la charrue rencontre des murs
que l'on détruit de temps à autre. Parmi les débris qui en ont été extraits , j'ai reconnu
des tufs de petit appareil , des tuiles à rebords et des plaques de ciment rouge d'une
grande épaisseur. On m'a assuré que l'on trouvait également des poteries et des monnaies
de bronze.
Dès 4837, M. Deville avait connu à Poville des fragments de tuiles et de briques ro-
maines, des meules et des poteries antiques. Il m'a parlé de vases extraits du sol à la
profondeur d'un mètre. Il est probable qu'ils proviennent d'incinérations.
CANTON DE CLÈRES.
GLERES»
Époque gauloise. — M. Deville nous signale une hachette en silex, trouvée, en 1831 ,
à Clères ou aux environs.
Époque romaine. — Malheureusement, il ne spécifie pas mieux le lieu de provenance
d^une meule à broyer, de figurines en terre cuite et de monnaies romaines en argent et en
bronze.
— 189 —
Époque franque. — En 1838, M. César Marette priait la Commission des Antiquités
de faire pratiquer des fouilles à Clères , à la côte du Gibet , où avaient été trouvés des
cercueils.
FONTAINE-LE-BOURG.
Époque romaine. — Un article de M. César Marette, inséré dans le Journal de Rouen ^
du 17 juin 1838, parle de débris romains trouvés à Fontaine-le-Bourç , et d'une voie
antique qui allait de Rouen à Arques. — Il serait difficile de classer les tombeaux en pierre
calcaire dont parle M. César Marette. — Ce que nous savons d'autre part, c'est que le
Musée de Rouen possède une meule à broyer en poudingue, trouvée à Fontaine-le-
Bourg,
Époque franque probablement (?) — Vers 1855, on transféra le cimetière communale
la côte que longe la route départementale no 33, qui va d'Isneauville à Bellencombre. En
creusant ime fosse , on y découvrit un corps avec un couteau et deux quinaires d'ai^ent.
Ces monnaies ont été remises à M. Delamare-Deboutteville.
Période normande. — L'église et la baronie de Fontaine furent toujours possédées
par l'abbaye de Fécamp. Au xi^ siècle Fontaine s'appelait Wast. Une charte de Richard III,
dit: « Ecclesiam Sanctae Mariae quae dicitur Wastus. » De ce nom il reste encore le hameau
de la Wastine.
Dans la vallée arrosée par la Cailly, on montre les restes d'un vieux château normand
qui fût le siège d'une baronie relevant de l'abbaye de Fécamp.
L'église de Fontaine renferme, dans son abside circulaire, des colonnes de pierre dont
les curieux chapiteaux appartiennent au style roman primitif.
Époque incertaine. — On m'a assuré que lorsque l'on a creusé dans le cime-
tière les fondations des chapelles neuves, on trouvé des frises de colonnes et des
mosaïques.
CLAVILLE-MOTTEVILLE.
Époque gauloise. — Vers 1830, M. César Marette trouva à Claville une hachette en
silex qu'il offrit au Musée de Rouen.
« Procès-verbaux de la Commission départementale des Antiquités , » p. 162.
GOUVILLE (section de claville-motteville).
Époque franque. — Au printemps de 1861, M. A. de Germiny^ receveur général de
la Seine-Inférieure , faisait labourer un champ inculte situé au-dessus de l'église démolie
— 190 —
de Gouvilley et sur le penchant d'une colline appelée la Côte-aux^Prêtres. A 25 centimètres
du sol , la charrue rencontra deux cercueils de pierre rangés côte à côte, puis un troisième
placé en pointe à 70 centimètres de la surface; tous trois étaient entiers, d'un seul
morceau , et fermés avec des couvercles tectiformes. Plus étroits aux pieds qu'à la tête ,
ils présentent au fond un trou percé avec intention. Ces sarcophages , épais de 6 centi-
mètres , ont 2 mètres de long sur 37 centimètres de profondeur, 35 centimètres de lar-
geur aux pieds et 73 à la tête. Chacun d'eux contenait trois corps , dont deux étaient
orientés est et ouest comme les auges elles-mêmes , tandis que le troisième était dans
le sens opposé. Chacune des auges contenait un pot en terre noire décoré d'ornements à
l'estampille.
Les seuls objets recueillis avec ces vases sont six perles d'ambre , deux perles en pâte
de verre, et un anneau de bronze auquel sont attachées deux chaînettes de cuivre longues
de 12 et 15 centimètres chacune. (Nous reproduisons ici la chaînette et l'un des vases de
Gouville).
ANNBAU BT CSAINBTTB »B CUIVmB. — (GOUTILLB, I86t). — ¥A8B DB TBBRB.
Nous attribuons ces sépultures à l'époque franque, et nous en avons longuement déduit
les motifs dans une Noie pubUée, en 1863, par la Revue de la Normandie. Nous y ren-
voyons le lecteur.
a Revue de la Nonnandie, • 1" année, p. 5-18. i ville, entre Cailly et Fontaîne-le-Bourg, en 18ôl, » in-8*
« Note sur trois Cercueils de pierre trouvés à Gou- | de 16 p., Rouen, Gagniard, 1862.
LES AUTHIEUX-RATIÉVILLE.
Epoque eranque. — Vers 1857, un propriétaire du hameau de Cressieusemare, défri-
chant la côte des Fredeaux qui fait face à l'élise des Âuthieux, trouva, à peu de pr oibndeur
du sol, quatre cercueils en pierre de Saint-Leu, qui contenaient chacun deux corps. Ces
— 191 —
ssffcophages, longs de 1 mètre 90 et larges de 35 à 70 centimètres, possédaient un trou au
fond. Leur couvercle avait la forme d'un toit.
 la même époque , dans un champ labouré de Cressieusemare , la charrue rencontra
encore trois ou quatre cercueils semblables et dans les mêmes conditions.
LA HOUSSAYE-BÉRENGER.
Époque romaine (?). — Les bois voisins de La Houssaye renferment des puits , des
mares, des meules à broyer et divers objets d'antiquité.
César Marette, « Le Camp de la Bouteillerie, » p. 13. | « Les Églises de l'arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 516.
LE VAL-MARTIN (section du bocasse).
Époque romaine. — Il a été recueilli au Val-Martin une monnaie de Romulus, fils de
Maxence. — M. C. Marette, de Clères, parle d'un chemin ferré qu'il a connu au Val-Martin ,
et d'un chemin des Fées dont il a entendu parler. (C. Marette , le Val-Martin-sur-Clères :
Recherches sur cette ancienne commune, in-8o de 8 p., Rouen, Pénaux, 1838).
ANCEADMEVILLE.
Époque franque. — Anceaumeville , nommé à la période normande t Anselmivilla, t
a donné, en 4851 , deux cercueils de pierre placés sur la colline, au bord de la tranchée
du chemin de fer de Dieppe. Averti de cette découverte , j'ai visité ces sarcophages en
pierre de Saint-Leu et fait transporter l'un d'eux au Musée de Rouen. Ils ne contenaient
que des ossements; mais, autour d'eux, j'ai reconnu des débris de vases et des objets en
fer et en bronze. Je les attribue à la période carlovingienne.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 19.
« Revue de Rouen, > année 1851, p. 191-92.
« La Normandie souterraine, » 1'* édition, p. 341;
2* édition, p. 429.
MONT-CAUVAIRE.
Époque romaine. — M. César Marette a donné au Musée de Rouen un fragment de
meule à broyer, trouvé au Mont-Cauvaire , vers 1830. Le Musée de Rouen possède aussi
ime monnaie de Néron provenant du même village.
Époque franque. — En 1846, M. Feret de Neuville, propriétaire à Rouen, fit prati-
quer, à la côte du Tôt, quelques fouilles dans une terre inculte, et il y découvrit tout un
dmetière franc. Plusieurs cercueils de pierre apparurent à la surface ; d'autres sépultures
^ montrèrent sans cercueil. M. Feret rassembla toute une petite collection qui passa
plii& tard entre les mains de M. G. Gaumont, de Jumiéges. Elle fait aujourd'hui partie
— 192 —
du Musée gémétique fondé par M. Cointet. Voici l'inventaire des objets que nous ;
avons vus en 1861 : douze vases en terre noire ou blanche, trois scramasaxes longs dé
35 à 45 centimètres, sept couteaux de fer, huit boucles de ceinturon en fer, trois boucles
de ceinturon en bronze et trois agrafes avec plaques ciselées, deux ornements de ceinturon
découpés à jour, deux ûbules de bronze, une terminaison de ceinturon, et enfm des perles
de verre et de pâte de verre pour collier et bracelet
Epoque incertaine. ^ A la côte dite des Châteaux, située en face de la petite église
du Tôt, on trouve une enceinte fossoyée, de forme oblongue, que les gens du pays
croient un camp romain. On lui donne communément le nom de Ckâtel ou de Câlet.
« Procès-verbaux de la Commis, des Antiq., ■ p. 162. i « La Nonoandie BDUterraine , ■ 1" édition , p. 341 ;
CësarMarelte,sLeCainpdelaBouteillerie,>,p.lGetl9. | S* édition, p. 4S9.
MONVILLE.
Depuis cinquante ans, Monville a présenté sur plusieurs points des monuments antiques
, de toutes les époques. Mais ces différentes découvertes ayant eu lieu par hasard et sans
le concours de la science, il devient assez difficile de leur donner une attribution quelque
peu certaine.
Époque romaine. — En 1822, la Commission des Antiquités reçut de M. le baron de
Monville une lettre qui l'informait qu'à Monville on avait trouvé, en 1817, des médailles
romaines, des tessons de poterie rouge, des froments de
marbre et un vase en cuivre rouge contenant des os brûlés
et des anneaux de cuivre et de silex. Fort heureusement ,
ce vase de métal a été conservé et est parvenu jusqu'à
nous. Nous l'avons retrouvé , en 4863, dans le cabinet de
M. Jean Rondeaux, à Saint-Etienne. Notre honorable con-
frère a bien voulu nous en communiquer un dessin que
nous reproduisons. Ce vase étrange a dû posséder deux
oreillons et une anse, comme un sceau à l'eau bénite. Des
vases semblables ont été trouvés en Allemagne.
Époque franque. — En 1822, M. le baron de Monville signalait également à la Com-
mission des Antiquités la découverte de plusieurs tombeaux d'une seule pièce, dont un
contenait trois corps.
M. Dubuc, médecin à Monville, m'a assuré que vers 1838, à la côte du Bosguerard, on
avait trouvé , à deux reprises différentes , des cercueils de pierre. La première fois , ce
fut dans un bois ; la seconde , au bord de la vieille route du Bosguerard.
L'ancien cimetière qui entoure l'église de Monville était un lieu de sépulture dès
l'époque franque. En 1858 , lorsqu'on creusa les fondations de la nouvelle nef, on
trouva plusieurs cercueils en pierre de Vei^elé ou de Saint^Leu. Ces sarcophages.
— 193 —
orientés est et ouest, étaient plus étroits aux pieds qu'à la tête. Quelques-uns conte-
naient des vases en terre noire ou rougeâtre,
À. ^fl^^H^^^^^^ que j'ai facilement reconnus pour appartenir
^ ^l^^^^H^^^^ Qjj^ temps mérovingiens. ( Nous reprodui-
sons ici un de ces vases.) Outre ces vases,
on a recueilli des boucles en fer et en
bronze, des haches, des sabres et des cou-
teaux en fer.
A la côte de Cardonville , sur le versant de
la Cailly , M. Feret de Neuville a trouvé , vers
1846, des cercueils de pierre et des ornements
YASE EN TEBRE NOIBE (M0?<VII.LK, 1858). mérOvingiCUS.
« Procès- verbaux de la Gommiss. des Antiq., » p. 47. I «• Bulletin monumental, » t. xxvi, p. 808.
« La Normandie souterr., » 1" édit., p. 136, 340, 341 ; I Thaurin, « Journal de Rouen, » du 4 juillet 1859 et
î' édit., p. 155, 428, 429. * du 15 juillet 1860.
Oui
,i
S
h
n
i
«
H
E"
H
H
%
S
II
■Il
l
ESLETTES.
Époque romaine. — A la côte des Alleurs^ on a trouvé , dans
le premier tiers de ce siècle , une pierre gravée antique , sur
laquelle on lisait : mar. vie. (Marti Victori).
Au Heu dit le Bout-de-la-Ville , on a recueilli, en 1846 , un
petit godet de verre irisé.
En i 847, la confection du chemin de fer de Dieppe fut l'occa-
sion de la découverte d'un cimetière antique. Ce champ de repos
dut servir à l'époque romaine et à l'époque franque. Nous ne
l'avons pas fouillé ; mais nous reconnaissons aisément ces deux
périodes dans les monuments qui en sont sortis. Ces monuments,
entrés au Musée de Rouen , ont été de plus dessinés avec le plus
grand soin pour les cartons de la Commission des Antiquités.
Voici, dans cet inventaire, ce que nous réclamons pour les Ro-
mains : d'abord , l'anse de fer d'un coffret , un sifflet en os, un
barillet de verre marqué fro, un autre marqué front, s. c, une
urne de verre pomiforme , un vase carré en verre , des mon-
naies de bronze d'Adrien et de Maximien , et enfin une épée
ployée dans son fourreau de fer. (Nous la reproduisons ici.)
Époque franque. — Nous devons attribuer à la période franque
la partie la plus riche de ce cimetière. Ces épaves consistaient
surtout en douze cercueils en pierre de Saint-Leu, dont les pieds
25
— 194 —
étaient tournés vers le sud-est. Chacun d'eux contenait un et quelquefois deux squelettes.
Ces cercueils renfermaient des vases de terre placés aux pieds , une coupe de verre , une
hache, deux sabres, trois lances, des couteaux, des boucles et deS plaques de ceinturon en
fer. Ces dernières étaient damasquinées. Il y avait aussi des boucles et des fibules en bronze.
Nous regrettons beaucoup de n'avoir pu faire graver le petit Musée d'Eslettes , si soi-
gneusement recueilli et si habilement dessiné par M. Deville.
Deville, « Revue de Rouen, » année 1847, p. 770. 1 «La Norm. sout.,» !'• édit., p. 35-36 ; 2' édit.,p. 41-44.
« Le Tombeau de Childéric I*% » p. 77-78. | « Sépultures gaul., rom., franq. et norm., i» p. 407.
BOSGUERARD-SAINT-ADRIEN.
Époque romaine. — Au hameau du Capsart ou Campsart, au lieu dit le CamineaUy
on a trouvé, dans des défrichements pratiqués en 1854, une quantité de tuiles à rebords.
On m'a parlé aussi de terrassements existant au même endroit.
Le Musée de Neufchâtel possède une jolie clef en bronze venant du Bosguerard. Nous
ne saurions dire si elle est romaine ou franque ; mais elle est assurément fort ancienne.
YQUEBEUF.
Époque gauloise. — Dans une note qu'il a bien voulu me laisser, M. Deville assure
qu'on a trouvé à Yquebeuf des monnaies gauloises.
Époque romaine. — Le même antiquaire affirme qu'on y a également rencontré un
bracelet en or et des monnaies d'or d'Adrien.
CAILLY.
C'est un point antique que Cailly, une véritable station romaine, surtout si nous y re-
lions le village de Saint-André , son annexe et sa dépendance naturelles. Dans l'antiquité^
ces deux localités n'en firent certainement qu'une seule, et cette ancienne mansion n'eut pas
moins de développement que les autres stations gallo-romaines de nos contrées. Du reste,
aujourd'hui même , chez les archéologues et dans les renseignements qu'on obtient, la
confiision est constante et perpétuelle. Aussi, nous n'hésitons pas à dire au lecteur qu'il
doit lire les deux articles de Saint-André et de Cailly, parce qu'ils se complètent l'un
par l'autre.
ÉPOQUE gauloise. — En 1821, un groupe de monnaies gauloises fut trouvé à Cailly.
Huit d'entre elles, étant arrivées dans les mains de M. Lambert , de Bayeux , ont été re-
produites et interprétées par lui. — A la page suivante, nous en reproduisons cinq qui
portent le nom de togirix.
195
MONNAIES GAULOISES (CAILLY ET LIMÉST, 1820-21).
En 1836, le Musée de Rouen
fit l'acquisition de deux pièces
gauloises sorties de Gailly. L'une
était en potin et l'autre en bronze.
En i838, il reçut encore sept
monnaies de bronze, dont cinq
représentaient des sangliers.
Époque romaine. — Ce qui a
surtout attiré l'attention publique
sur Gailly , ce fut une découverte
faite en octobre i 82i , et qui fut
racontée et décrite par M. Lévy
dans une séance publique de la
Société d'Emulation, en 1822, et insérée dans les Bulletins de cette Compagnie. On avait
trouvé à Cailly 27 monnaies romaines en or, toutes du Haut-Empire et fleur de coin.
Le célèbre Mionnet , à qui elles furent remises, estima, comme les plus intéressantes , un
Vespasien , un iElius César et un Commode dont le revers était rare.
Les autres pièces étaient aux effigies de Domitien, d'Antonin-le-Pieux ,
de Lucius Verus, de Marc-Aurèle et de Faustine la mère. Quinze d'entre
elles ont été gravées par les soins de la Société d'Emulation.
Le même terrain avait donné plusieurs médailles frustes en bronze et
de divers modules. Elles étaient d'Auguste, de Nerva, d'Adrien et de
plusieurs autres empereurs du second siècle. Avec ces monnaies se trou-
vait un collier d'or, long de dix pouces et deux lignes, composé de
36 amandes d'or bombées sur le devant , tandis que sur les parties
plates passaient des agrafes qui enchâssaient ce joyau. — Nous repro-
duisons ici cet objet précieux que nous croyons égaré. — A côté de cet
écrin étaient un fragment de vase rouge à reliefs , une figurine de cheval
en terre blanche , absolument semblable à celles que l'on a trouvées à
Caudebec-lès-Elbeuf et à Toulon-sur-Allier. On a recueilli également un
morceau d'os carré, orné de cercles concentriques, et un petit vase de
bronze de forme quadrangulaire , porté par quatre pieds imitant des
pattes de lion. — Enfin , un dernier objet plus curieux encore que les
précédents accompagnait ce groupe précieux. Nous voulons parler d'une
balance ou romaine en bronze longue de 20 centimètres , composée
d'un tube creux foré par un bout , tandis que de l'autre est un anneau
dans lequel passe un double crochet. Deux crochets sont soudés sur le
levier : l'un pour porter le poids de la balance , l'autre pour le soulever.
x3f
<
o
m
m
o
faS
S
MALAncBnoMAixe
Cette romaine, dans son tube actuel , possède vingt-deux marques, et pouvait peser des
.objets de vingt-deux onces. Une queue s'y adaptait
pour compléter le système (i). — Nous donnoDs
ici cette pièce au quart de sa grandeur.
La découverte que nous venons de raconter est
la plus brillante de toutes et celle qui eut le plus de
retentissement; mais, vers 1858, en traçant le che-
min de grande communication n" 44 , qui va de
Pavillyà Cailly, on trouva, dans la direction de Saint-
Germain , un cimetière à incinération des trois pre-
miers siècles. Cette renconU^ eut lieu à la sortie
même du boui^, dans une tranchée profonde pra-
tiquée à U-avers un verger. Malheureusement, personne ne présida à l'extraction ni à la con-
servation des vases. Chacun en prit ce qu'il voulut. En 1861 , nous avons racheté à Cailly, soit
au cantonnier, soit à des brocanteurs , de six à huit vases provenant de ce cimetière. Ce
sont des urnes grises pour les os brûlés et de petits pots pour les libations et les offrandes.
Quant aux monnaies antiques, elles sont si nombreuses à Cailly et à Saint-André qu'on
en trouve chaque année et que tout le monde en possède.
Outre les constructions nombreuses que Ton rencontre à chaque pas, nous devons
s^aler d'une manière particulière le tertre encore couvert de ruines et qui servait de châ-
teau au moyen-âge. Ce tertre s'appelle le Capitale, nom particulier et très significatif.
(i) Cette romaine n'est pas la seule qui ait élÉ trouvée daDS le département. Une s'est montrée , en 1862 , dans
la rve de l'Impératrice pendant les grands travaux de Rouen. Elle a été recueillie par M. Thaurirr; elle était entre
la rue de la Grosse-Horloge et le Marché-Neuf, avec des monnaies romaines. En mai 1863 nous en avons rencontré
une troisième dans un édifice ^ -^^N o«*0 "*
anUque situé à Arclielles, près
Arques, Cettedemière.qui a été
minutieusement et savamment
décrite parM,Pottier,bibliotbé-
caire de Rouen, dans la • Revue
de la Normandie, • numéro de
juin 1863, est beaucoup plus belle
et plus complète que la balance
de Cailly, Du reste, nous met-
tons le lecteur à marne de juger
et de comparer , puisque nous
reproduisons ici la romaine
d'Archelles. — Deux ou trois
balancesde ce genre, également
en bronze, existent aussi auMu- |
gée de Rouen; mais nous igno-
rons le lieu de leur provenance :
noua croyons même qu'aucune
na SIS IfTOS. ci™, c. dSpar- „^„ „ „„„„ i.oovB. A .mklw "i. «W». «« ■•".
temenl.
.^
3
_ 197 ~
Nous rappellerons pour mémoire qu'à l'époque romaine beaucoup de cités avaient donné,
par flatterie, à leur point principal, le nom de Capitole. On cite de ce nombre: Constan-
tinople, Milan, Autun, Nîmes, Besançon, Toulouse, Reims, Angers (1), Cologne, etc.
Des voies romaines traversaient et desservaient Cailly. L'une d'elles devait conduire à
Rouen. Une seconde venait de Ritumagus (Radepont) , et de là se rendait à Dieppe. Nous
l'avons retracée en tête de cet ouvrage.
Époque franque. — Ce qui prouve l'importance du bourg de Cailly aux temps méro-
vingiens, c'est qu'il était un des huit doyennés du Grand-Archidiaconé dont Rouen était
Iç chef-lieu. (Decanatus de Calliaco).
Outre ce titre , nous possédons un document plus précieux encore. Nous savons qu'à la
fin du vn* siècle ou au commencement du vm®, Cailly fut visité par saint Leufroy, qui
devint plus tard le fondateur du monastère de la Croix au diocèse d'Evreux. Ce bien-
heureux disciple de saint Saens, ayant quitté le monastère de Varenne (Varinna) que nous
plaçons à Saint-Saëns ou à Montérollier, cherchait à gagner la ville de Rouen. Chemin
feisant, il passa par Cailly et y séjourna quelque temps chez un homme de Dieu, appelé
fi^rtran : t Egressus petivit locum qui dicitur Calliacus ubi Dei hominem Bertramnum
uivenit. » — On peut consulter, à ce sujet, la Vie de saint Leufroy, par un auteur du
^^ siècle, éditée par Mabillon et par dom Bouquet.
-^t7us sommes assez disposé à attribuer au bourg de Cailly un triens mérovingien dont
M Cartier nous donne ainsi la légende: colleno — colliaco vico.
Éi^OQUE INCERTAINE. — A la côte du Floquet, on a trouvé des monnaies d'argent dont
on n'a pu me donner la date. On parle à Cailly d'un souterrain nommé la Cave-au-Diable;
^Q assure qu'il a 1 kilomètre de longueur et qu'il va jusqu'au Boh-Blanc.
Outre le château de Cailly bâti sur un tertre élevé dont nous venons de parler, on m'a
tr-etetiu aussi d'un autre castel de prairie du coté de Saint-Germain. La motte est moins
^ . mais on y voit également des murs arasés.
8oc.
21
Do
des
BIBLIOGBAPHIE.
des
X>.
Lévy, « Bulletin de la Société libre d'Émulation , *
année 1822, p. 35-51 et 2 pi.
De Glanville, « Note sur quelques Médailles gauloises
inédites, lue dans une séance de la Société française , »
in-8» de 4 p. et pL, Rouen, 1848.
Id., o Bulletin monumental, » t. xiv, p. 637-40.
a Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie,»
t. XXIV.
Dom Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et
de la France,» t. in, p. 644.
Mabillon , « Acta sanct. ord. S. Benedict., » t. m ,
p. 583.
N \ ^o^ard Faultrier, « Congrès archéol. de France, » t. xxvi, p. 32-33. — Au vur siècle, le Capitole était le
Y7^^ <^4s Comtes ou Consuls d'Angers. Au ix*, l'évoque en prit possession. Ce devint plus tard l'évèché. Les anciens
•CW^H l*appellent « Capitolium sancti Maurici. » Voir aussi E. Breton, « Introduct. à l'Hist. de France, » p. 103.
ert, a Essai sur la Numismatique gauloise
^^ord-Ouest de la France, » dans les « Mém. de la
^ J^ntiq. de Norm., » t. xiii, p. 252, pi. ix, fig. 20,
PU. x, fig. 18-22.
i^Tanville, «Notice historique sur Cailly, » in-8''
Houen, Pérou, 1848.
^evue de Rouen, » année 1848, p. 387-88.
^ès-verbaux de la Commission départementale
t<iuités de la Seine-Inférieure, » p. 36, 39, 41.
(Sevti - » « Notice sur les Antiquités trouvées à Cailly
^ ^ T^^^*if)>» iiï-8" de 20 p. et2 pl.,Rouen, Baudry, 1822.
e Numismatique, » année 1840.
— 198 —
SAINT-ANDRÉ-SUR-CAILLY.
Saint-André-sur-Cailly dut être anciennement une dépendance de Cailly, et il dut former
avec ce bourg une station romaine d'une assez grande importance. Ce qui en prouve
chaque jour la valeur, ce sont les découvertes faites, depuis soixante ans, soit à Cailly,
soit à Saint-André. Nous allons essayer d'en donner un résumé.
Époque gauloise. — Nous rapportons naturellement à l'époque gauloise toutes les
monnaies celtiques, et il en a été trouvé un certain nombre à Saint-André. M. Deville a
recueilli poiir le Musée une monnaie gauloise en bronze anciennement trouvée. H en a
également moissonné plusieurs en argent portant la légende bien connue : atevla-vlatos.
Mais le dépôt principal paraît avoir été rencontré en 1848. Cette année-là 120 pièces
gauloises sont sorties de terre. Généralement, elles étaient en bronze; une seule était en
potin. Certaines pièces de bronze pesaient de 67 à 72 grammes, une atteignait 75, une autre
78. Analysées par M. Girardin, leur composition a été trouvée de 87, 5 de cuivre sur 12,5
d'étain. Ces monnaies, achetées en grande partie parM, de Glanville, de Rouen , ont été
décrites par lui dans un mémoire spécial lu à la Société française d'Archéologie, réunie à
Trouville le 5 septembre 1848. M. Lambert pense que ces monnaies, sur lesquelles on
voyait des têtes humaines, le cheval , le sanglier et le coq, appartenaient aux Gallo-Belges.
Une pourtant avait été frappée à Lisieux. Le savant numismate normand vient de publier
14 de ces pièces dans la seconde partie de son Essai sur la Numismatique gauloise du
Nord-Ouest de la France.
D'autres dépôts gaulois doivent avoir été rencontrés à Saint-André, car, en 1861, j'aî
recueilli, chez un forgeron de Cailly, plusieurs pièces en potin provenant du même sol.
En 1863, j'ai vu chez M. l'abbé Jacquemet , curé de Limésy, 40 pièces gauloises en potin
provenant aussi de Saint- André; 36 d'entre elles offraient un sanglier.
Ce que je sais encore, c'est que, en 1850, le Musée de Rouen acheta 25 monnaies gau-
loises provenant de Saint-André-sur-Cailly.
Epoque romaine. — La grande richesse de Saint-André, c'est la domination romaine,
qui paraît avoir établi ici une de ses florissantes stations. Les débris de ce grand établis-
sement , ensevelis pendant douze à quinze siècles, se font jour depuis cinquante ans. Les
premières manifestations ont été observées au commencement de ce siècle par M. l'abbé
Bas ton, célèbre théologien de Rouen. En 1810, ce savant chanoine lisait à l'Académie de
Rouen un mémoire sur les découvertes faites à Saint-André-sur-Cailly, ville autrefois flo-
rissante, disait le secrétaire de la Compagnie. M. l'abbé Baston avait trouvé, sous quelques
pouces de terre , un pavé-mosaïque , puis il avait rencontré des cercueils de pierre et en
avait ouvert quelques-uns. Dans ces sarcophages, il avait aperçu jusqu'à trois têtes réunies
et de petits vases en terre grise. Nous croyons ces cercueils plutôt francs que romains.
\
— 199
L'Académie terminait par un vœu adressé à M. le Préfet pour fouiller ces antiques mo-
numents. Ce vœu fut sans doute entendu par M. le comte de Kergariou, préfet de 1815 à
1819, car, en 1817, M. Auguste Le Prévost lisait à la même Académie un second mé-
moire sur des fouilles qui furent presque immédiatement suspendues. M. Le Prévost
parlait alors de Cailly comme d'une station et non plus simplement comme d'une villa
romaine.
De cette fouille de 1 81 7, pratiquée au hameau du Boulvet, Boulevey ou Boutlevé, il nous
est resté, soit chez M. Jean Rondeaux, soit aux archives ^e la Commission des Antiquités,
un plan de constructions antiques d'une haute importance. Au milieu de murs dont le dé-
veloppement sur une seule face n'était pas moindre de 200 mètres, on remarque un pavé-
mosaïque grossièrement reproduit et dont nous donnons ici une légère esquisse.
A côté de là se trouvaient des cercueils de pierre
sur lesquels nous aurons à revenir.
En 1835, M. Gaillard entretint la Commission
des Antiquités de plaques d'airain , couvertes d'ins-
criptions , qui auraient été trouvées à Saint-André-
sur-Cailly et vendues à un chaudronnier de Rouen.
Information prise, il n'a pas été possible de s'as-
surer du fait.
M. Deville a recueilli pour le musée un certain
nombre d'objets romains provenant de Saint-André.
Il nous a cité notamment des cubes de mosaïque ,
des tablettes en marbre blanc et violet, un peson
en bronze et une bulle en verre avec bande d'émail
en spirale.
Après cela, on ne sera pas surpris d'apprendre
que les monnaies antiques abondent sur un sol aussi
romain. La principale découverte qui m'a été citée
est celle de deniers d'argent qui étaient renfermés
dans une tirelire en silex.
Cailly et Saint-André-sur-Cailly, étant deux loca-
lités riches en monuments antiques, il ne serait
peut-être pas trop téméraire de leur attribuer une
découverte de monnaies romaines qui fut faite au
commencement du siècle dernier. Nous connais-
sons ce fait par une lettre du R. P. de Grainville,
de la Compagnie de Jésus , insérée dans les Mémoires de Trévoux du mois de juillet 1714
(p. 1249-1268). Ce père y raconte que « l'on a déterré par hazard, à quelques lieues de
MOfiAlgUE ROMAINE (SAINT-ANDRÉ-
SUR-CAILLY, t8l7).
y
^ 200 —
Rouen, un gros pot de fer où il y avoit près de six-vingts marcs de médailles d'argent,
toutes fort curieuses et quantité pleines de terre. Elles allaient de Septime Sévère à
Posthume et à Gallien. i Le Père Jésuite donne ensuite une description des plus intéres-
santes.
M. de Duran ville possède 42 monnaies romaines dont 10 en bronze et 2 en argent. Une
pièce d'argent est de Marc-Aurèle, et l'autre de Claudius Albinus. Les bronzes sont d'An-
tonin, de Faustine et de Marc-Aurèle.
En 1847, on trouva à Saint-André un lot de monnaies antiques bien conservées. La
plupart d'entre elles furent acquises par M. Deville pour le Musée départemental. Sur le
nombre , 7 furent détachées pour être analysées par M. Girardin. Voici quelle était la
composition du métal , d'après notre habile chimiste : une pièce d'Antonia Augusta était
un véritable laiton, offrant 84 parties de cuivre contre 19 de zinc ; Domitien présentait
89 de cuivre contre 9 d'étain et de plomb; Trajan donnait 85 de cuivre , 12 d'étain et
5 de plomb ; Marc-Aurèle offrait 85 de cuivre , 9 d'étain et 5 de plomb ; Commode don-
nait 89 de cuivre, 10 d'étain et 1 de plomb ; Alexandre Sévère était composé à peu
près de la même manière; mais Philippe père avait 89 de cuivre, 8 d'étain et 3 de
plomb.
Outre la tradition de ville détruite qui existe à Saint-André , je ne dois pas
omettre le théâtre antique que l'on reconnaît très bien au hameau du Bouleveyj
et qui déjà a été signalé par M. de Duranville à l'attention dès archéologues. Ce
théâtre, que nous avons vu et reconnu en 1863, est adossé au nord-est et devait
mesurer 100 à 120 mètres de pourtour. L'ouverture, au midi, n'est pas moindre de
50 mètres.
Dans cette même manifestation, M. de Duranville nous apprend que des fouilles faites
sur une butte, en 1842, ont amené la découverte de pavés blancs et- de canaux en terre
cuite.
M. G. de Valory ayant continué ses fouilles jusqu'en 1848, M. de Glanville raconte
qu'il trouva d'abord deux bases de colonnes en pierre dont la hauteur totale devait
être de 4 mètres 32 centimètres. Elles formaient le péristyle d'un édifice, car l'entre-
colonnement était en pierre. Venait ensuite une grande salle pavée de dalles épaisses de
4 centimètres et larges de 68 ; puis suivait une série de petits appartements dont les murs
étaient peints en rouge et en bleu. Il s'est rencontré un hypocauste avec son fourneau. Au
milieu des tuiles et des poteries, on a recueilli un fragment d'inscription illisible. Sous le
pavage régnait un canal pour l'écoulement des eaux.
En décembre 1863, nous avons visité le résultat de cette exploration, pratiquée dans
un bosquet du château de Saint-André. Nous avons encore trouvé le sol jonché de débris
de colonnes , chapiteaux , fûts et bases. Des murs en petit appareil , chaînés de briques
romaines , se montraient aussi à la hauteur de plus de 2 mètres. Il y a dans les bosquets
— 201 — .
du château les restes d'une très importante construction romaine qui mériterait d'être ex-
plorée scientifiquement et avec méthode.
Dans notre inspection de décembre, nous avons appris avec douleur que, pendant l'hiver
de 1862, des terrassiers sans ouvrage avaient fouillé dans le champ de la Butte ^ situé au
Boutlevé , le long de l'ancienne route de Dieppe , et y avaient découvert un magnifique
hypocauste parfaitement conservé. Désireux de n'obtenir que des briques pour en faire du
ciment, ils démolirent les murs, le pavage et les piliers. Les piliers étaient à 60 centimètres
l'un de l'autre ; le pavage, en pierre de liais, était à 70 centimètres du fond. Une couche
de démolitions, épaisse de 45 centimètres, séparait le dallage du sol arable, qui n'avait
guère que 25 centimètres. Dans les déblais, ils trouvèrent des masses de tuyaux de cha-
leur, dont quelques-uns étaient encore accompagnés de crampons , des tuiles convexes ,
des tuiles à rebords , des écailles d'huîtres, du charbon
et autres débris. M. Tulle , instituteur à Saint-André ,
a bien voulu conserver une note et un dessin de ces
découvertes. Nous ne saurions assez le remercier de
cette attention.
En 1 864 , il a été recueilli , dans un labour de
Saint- André, un pavé de marbre de 10 centimè-
tres en carré, présentant, gravée en creux, une
tète de Mercure bien caractérisée avec ses deux
ailes et son caducée. Ce caducée ressemble beau-
coup à celui du Mercure en argent de Berthouville.
Nous reproduisons ici ce pavé à moitié de sa
grandeur.
Époque franque. — Quoique personne ne nous ait dénoncé positivement des monu-
ments francs à Saint-André , cependant la critique scientifique nous porte à attribuer
à cette période les cercueils découverts, en 1810, par
M. l'abbé Baston, et dessinés en 1817 par les soins de
MM. Rondeaux et Le Prévost. M. Baston nous assure
qu'ils contenaient tous un. petit pot en terre grise , et
que quelques-uns renfermaient plusieurs têtes. Ce sont
là des traits caractéristiques de l'époque franque. Mais
ce qui est encore plus déterminant, c'est la forme de
ces auges plus étroites aux pieds qu'à la tête , l'irrégu-
larité de leur placement, et enfin leur présence dans
l'enclos et presque sur les ruines d'une villa. Du reste , nous donnons ici le croquis de
ces tombeaux , et nous espérons que leur vue entraînera de notre côté le lecteur un
peu exercé.
26
PAVÉ ROMAIN EN MARBRE
(SAINT-AN DRÉ-SUR-CAILLY, 1864).
CERCUEILS EN PIERRE (SAINT-ANDRÉ-
SUR-CAILLT, 1810-17)
— 202
BIBLIO€EAPHIE.
L'abbé Baston, « Dissertation sur les Antiquités dé-
couvertes dans la plaine de Saint-André-sur-Cailly, »
Mss. dans les archives de TAcadémie de Rouen.
Id., « Précis anal, des Trav. de l'Acad. de Rouen, »
année 1810, p. 87.
A. Le Prévost, « Note sur les restes d'un Etablisse-
ment antique à Saint-André-sur-Cailly, » Mss. dans les
archives de l'Académie de Rouen.
Id., « Précis anal, des Trav. de l'Acad. de Rouen, »
année 1818, p. 158-160.
Desnoyers, « Annuaire des cinq départements de la
Normandie, » année 1861, p. 559.
Œrardin, » Analyses de plusieurs produits d'art d'une
haute antiq., » p. 23-27, et « Précis analyt. de l'Acad.
de Rouen, » année 1852, p. 163-166.
De Glanville , « Notes sur quelques Médailles gau-
loises inédites lues dans une séance de la Société fran-
çaise, tenue à Trouville-sur-Mer le 5 septembre 1848,»
in-S-jde 4 p. et pi., Rouen, Pérou, 1848.
Id. « Bulletin monumental, t. xiv, p 637-40.
«1 Procès-verbaux de la Commission départementale
des Antiquités, » p. 222.
De Duranville, « Amphithéâtre romain à Saint-André-
sur-Cailly, » dans la « Revue de Rouen, • année 1842,
2" sem., p. 114-116.
« Revue de la Normandie, » «• année, 1863, p. 494.
E. Lambert, « Essai sur la Numismatique gauloise
du Nord-Ouest de laFrance,«2* partie dans les «Mém.
de l'Acad. des Antiq. de Norm., » t. xxu, p. 477, 492,
508, 509, 510, pi. IV, 15; v. 29-34; xii, 1, 2, 3, 4, etc.
Le Prévost , « Précis anal, des Trav. de l'Acad. de
Rouen, » année 1815, p. 89.
QUINCAMPOIX.
ÉPOQUE ROMAINE. — Au niois de janvier 1865, M. Lenoir, défrichant un taillis voisin du
bois de la Muette, trouva, au hameau de Crèvecmr, une incinération romaine du second
siècle. Elle se composait d'un do/mw en terre cuite dont les débris jonchent encore le sol,
et d'une belle urne cassée en verre verdâtre toute remplie d'os brûlés. Cette urne, de la
grandeur et de la forme de celles de CauviUe et d'Yébleron, est marquée au fond d'un
ornement en relief au centre duquel est la lettre D.
« Revue de la Normandie, » t. v, p. 316.
CANTON DE BUCHY.
LE VIEUX-MANOIR.
ÉPOQUE FRANQUE. — Nous ignorons si l'on trouve des antiquités au Vieux-Manoir ;
mais le nom de cette localité nous a fait penser malgré nous à un palais de nos rois carlo-
vingiens, nommé Vetus-Domus et Vetera-Bomm. Déjà ce nom avait, dès le xvrae siècle,
attiré l'attention de M. l'abbé Lebeuf, dans une discussion qu'il eut à ce sujet avec
M. Clérot, de Rouen , discussion que nous allons analyser. Toutefois, si le palais carlo-
vingien ne pouvait être mis au Vieux-Manoir, faute de débris connus et constatés, nous
serions très disposé à le placer à CaiUy ou plutôt à Saint-André-sur-Cailly, où les ruines
abondent. Voici maintenant l'historique du royal monument carlovingien.
— 203. —
Deux auteurs du ixe siècle ont parlé du pelatium de Vetera-Domus. Le premier est
Joseph , précepteur de Louis-le-Bègue , dans le récit qu'il nous a laissé de la translation
des corps de saint Regnobert, de Bayeux, et de saint Zenon, son diacre. Il raconte, à ce
propos , qu'en 846 le roi Chai*les-le-Chauve était à une villa fiscale appelée Vetus-Domus :
€ Villa quae dicitur Vetera-Domus (1). > Il s'y trouvait avec la reine Hermentrude et
le duc de Bretagne Herispoë , dont il recevait alors les hommages. Comme il y souffirait
d'un violent mal de dents, la reine l'engagea à invoquer les bienheureux dont les reliques
passaient dans le voisinage. Le roi , leur ayant adressé son vœu et ses offrandes , fut entiè-
rement guéri. La reine alors envoya un voile d'étoffe précieuse pour couvrir la châsse des
saints. C'est à la prière de Paul, archevêque de Rouen, dont il avait été le condisciple à
Tours, que Joseph nous a laissé ce récit.
La seconde mention nous est donnée par Héric, moine d'Auxerre, qui avait été précep-
teur de Lothaire, fils de Louis-le-Débonnaire. Cet écrivain , racontant les miracles opérés
par les reliques et l'intercession du grand saint Germain, expose qu'aux environs de Rouen
il existe une villa fiscale et royale, que les habitants appellent Vetus-Domus, à cause de son
antiquité : t In pago Rothomagensi regius fiscus est quem incolae propter palatii antiqui*
tatem Veterem-Domum nuncupant. » Près de là est une chapelle dédiée au bienheureux
(îermain et célèbre par plus d'un miracle : « Capella palatio contigua Beati Germani
famosa nomine, illustris et meritô. » Un jour que le roi Charles-le-Chauve était venu dans
ce palais avec toute sa cour pour y recevoir les hommages de Herispoë, duc des Bretons,
une foule de pauvres et d'infirmes s'y rendit également. Au milieu du tumulte , une jeune
fille muette entra dans la chapelle et y passa la nuit. Dans son sommeil, le saint évêque
lui apparut et la guérit de son infirmité. Ce miracle , connu du roi et de toute la cour, fit
grand bruit dans la contrée.
Tels sont les textes, tels sont les faits que le ix^ siècle nous a signalés ; voyons ce qu'en
ont fait les mo demes.
Le premier qui mit la question à l'ordre du jour est l'abbé Lebeuf lui-même , dans un
article inséré au Mercure de France du mois de mars 1733. A cette époque , le savant
abbé tenait pour le Vieux-Manoir ou pour Cailly, près duquel se trouvait l'Eglise de Saint-
(xermain-sous-Cailly.
M. Glérot, de Rouen, répondit à cet appel au mois de juillet suivant, et, dans son ar-
ticle, il tenait pour le Vieux-Rouen, sur la Bresle, à huit kilomètres d'Aumale.
Au mois d'octobre de la même année, l'abbé Lebeuf développait de nouveau son opinion
en faveur de Cailly ou du Vieux-Manoir.
Les choses en restèrent là dans le Mercure.
Mais la cause fut reprise plus tard devant l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
(1) « Veteres-Domos, » dit la version suivie par Dom Bouquet, « Recueil des Historiens, » t. \ii, p. 366,
L
— 204 —
Introduite dans ce sanctuaire de la science , la question changea de face. Devant ses pairs ,
l'abbé Lebeuf abandonna complètement Cailly et les environs : il se tourna vers Tourville ,
village du Roumois, à 6 lieues (28 kilomètres) de Rouen et à 4 lieues de Saint-Victor-de-
TEpine , dont Téglise est dédiée à saint Germain d'Auxerre. Ce qui fait incliner ainsi le
savant abbé , c'est qu'il pense que le roi était alors près de Lisieux ou de son diocèse.
On comprend qu'en présence d'une pareille volte-face nous abandonnions nos auteurs,
nous contentant de faire des vœux pour le Vieux-Manoir, ou, mieux encore, pour Cailly
et surtout Saint-André , qui nous paraissent réunir toutes les conditions nécessaires pour
une villa antique et un palatium franc. Comme nous l'avons dit, près de Cailly se trouve
l'ancienne paroisse de Saint-Germain, dont l'église a disparu de nos jours.
En 1865, nous avons visité le vieux manoir où l'on nous a signalé près l'église une vaste
place communale dite le Parquet. Cette place , qui semble avoir succédé à un ancien châ-
teau , est tout ce qu'il y a de remarquable.
Dans l'impuissance où nous sommes de nous prononcer, nous nous contentons de
donner l'histoire et la bibliographie de la question.
BIBLIOGRAPniE.
L'abbé Lebeuf, « Remarques sur quelques endroits de
la 9* lettre du voyage de Normandie, » dans le o Mercure
de France, » de mars 1733, p. 451-52.
Id., « Extrait d'une lettre écrite d'Auxerre à l'occasion
des Conjectures de M. Clérot , avocat au Parlement de
Rouen, sur l'ancien palais royal appelé Vetera-Domus,»
inséréesdans le «Merc. de France, » de juillet 1733; dans
le ttMercure de France, » d'octobre 1733, p. 2136-2140.
Clérot, a Conjectures sur le lieu où étoit situé le pa-
lais royal appelé Vetera-Domus , « dans le « Mercure
de France, » de juillet 1733, p. 1472-1483.
« Sur la situation de deux anciens Palais des rois de
France : Vetus-Domus et Bonogilum, » dans les t Mém.
de l'Acad. des Inscript et Belles-Lettres,» t. xxv,p. 123.,
Dom Bouquet , « Recueil des Historiens des Gaules
et de la France , » t. vn. p. 355, 366.
Labbe, «Novae Bibliothecœ manuscriptor, etc.,» 1. 1*^,
p. 548-49.
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, t. xi, p. 17.
Héric, Apud Bolland. , « Acta Sanc. , » mens jul.,
t. VII, p. 267.
BOSC-ÉDELINE.
Époque gauloise. — M. Guilmeth assure que, vers 1820, un cultivateur du Bosc-Édeline
trouva, en labourant, un silex creusé et taillé en forme de tirelire: cette pierre creuse
contenait plus de quarante médailles gauloises en or, coulées en forme de boutons et
représentant des croissants et des têtes de cheval. M. Thierry, ancien magistrat à Rouen ,
a conservé cette précieuse tirelire jusqu'en 1834. '
C'est pour cela, sans doute, que M. Lambert, dans son Second Essai sur la
Numismatique gauloise du Nord-Ouest de la France , assure qu'un statère d'or a été
trouvé au Bosc-Edehne.
Guilmeth, «Desc.géogr.,hist.,stat., etc.,» t. III, p. 122.
E. Lambert, « Essai sur la Numismat. du Nord-Ouest
de la France, v dans les « Mém. de la Soc. des Antiq.
de Norm., » t. xxi, p. 325.
— 205 —
BOSC-BORDEL.
Époque romaine. — Lors de la confection du chemin de grande communication n^ 7,
deBuchy à Sénarponl, on a trouvé, dans la traverse du hameau d'Esquinemare , des
poteries grises et des tuiles à rebords.
PIERREVAL.
Période norbiande. — Dans une de ses chartes , le duc Robert mentionne ce village
comme une des propriétés de Téglise de Rouen, et il lui donne le nom de « Petrae Vallis. »
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 19.
ERNEMONT-SUR-BUCHY-
Période normande. — Au xi© siècle, Ernemont est mentionné sous le nom d' « Emoldi
Mons, • comme propriété de la Cathédrale de Rouen.
a. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie , » t. xi , p. 19.
MORGNY-L\-POMMERAYE.
Epoque franque. — Vers 1850, M. de Moipiy fit défricher un taillis voisin du château
de Mondétour, dans un lieu nommé la Côte-aux-Morts. Pendant le défrichement, on décou-
vrit un grand nombre de cercueils de pierre , dans lesquels se trouvaient, avec des corps ,
un certain nombre d'objets en terre cuite et en verre. Les ouvriers brisèrent plusieurs de
ces cercueils , et , par un respect malentendu pour les morts, on enterra de nouveau tout
ce que contenaient ces sépultures , probablement franques.
SAINTE-CROIX-SUR-BUCHY.
Epoque incertaine. — A la naissance d'un vallon, on remarque des terrassements
considérables qui ont une forme circulaire. Ce sont des retranchements élevés et accom-
pagnés de fossés profonds. La hauteur de la fortification peut être 10 à 12 mètres. La
forme de la forteresse est circulaire. Un corps avancé se remarque au côté du midi. Dans
le pays, on nomme ce terrassement important le Grand-Bel ou le Châteav^dvrBeL Cela
peut provenir d'un ancien château aussi bien que d'un petit camp. Impossible de le dater.
On m'assure qu'on y a trouvé des briques romaines.
— 206 —
REBETS.
Epoque franque. — Il y a quelques années , lorsque Ton reconstruisait une partie de
l'église de Rebets, dont le portail est roman du xi^ siècle , on a toouvé deux cercueiis de
pierre dont l'un, sans ossements, contenait un couteau et une boucle de ceinturon;
l'autre renfermait deux jeunes sujets de treize à quatorze ans, accompagnés de perles et de
deux vases noirs.
Au mois d'octobre 1864, le sieur E. Duvivier, labourant un champ appartenant à
M. d'Arboval , trouva avec sa charrue quatre cercueils de pierre : Tun d*eux est en pierre
de Saint-Leu, et les trois autres en pierre du pays. Dans ce nombre, deux appartiennent à
des enfants. Un ou deux seulement contenaient des ossements ; mais des restes humains
gisaient dans le sol d'alentour.
Époque incertaine. — A peu de dislance du village de Rebets , on voit une enceinte
circulaire entourée de retranchements.
SAINT-MARTIN-DU-PLESSIS (section d'étoutteville-sur-buchy).
Époque incertaine. — On m'a signalé sur le territoire de cette ancienne paroisse un
terrassement circulaire imitant le Château-du-Bely qui est rue Sainte-Croix. On l'appelle,
à cause de cela , le Petit-Bel.
HÉRONCHELLES.
r
Epoque franque. — Sur le bord du chemin de grande communication n® 46, de Buchy
à Vascœuil, on a trouvé, en 1864, im ancien cimetière sur la propriété de M. Bridou. Au
milieu des sept têtes qui y ont été comptées , on a recueilli une fibule franque en cuivre
imitant une double croix; elle est chez M. de Saulcy, à Paris.
CANTON DE DARNETAL.
DARNÉTAL.
Époque gauloise. — Peut-être pourrons-nous revendiquer pour l'époque gauloise le
lieu dit la Table-de-Pierre , que l'on montre au-dessus de la côte de Saint-Jacques,
M. Lesguillez , qui nous fait connaître ce détail , dit que cette table servit longtemps à
l'époque féodale pour y tenir plaid , hommages et justice.
— 207 —
Epoque robiaine. — La voie antique qui conduisait de Rouen à Paris traversait une
partie du territoire de Damétal, avant de gravir la côte du Mont-Main. — Sur le bord de
cette voie, un cultivateur nommé Dauphin a trouvé, en juillet 1865, im cercueil de plomb
long de 1 mètre 80 et contenant un squelette humain bien conservé. Je suis porté à penser
que ce sarcophage placé à 2 mètres 50 du sol était romain du Bas-Empire.
Epoque franque. — La paroisse de Long-Paon existait sous les rois carlovingiens , car
nous voyons Charles-le-Chauve donner ou confirmer à l'église de Rouen « Longum
Pedanum. » Au temps de Rollon, on rappelle « Longa Petentis villa. »
Période norbiande. — Dès le commencement de la période normande, cette église de
Long-Paon fut le théâtre d'un événement religieux qui fit grand bruit. Le l^r février 948,
lorsque Ton rapportait solennellement de Condé-sur-Noireau les reliques de saint Ouen,
dans Tabbaye qu'il avait fondée à Rouen , elles s'arrêtèrent tout à coup à Long-Paon (Lon-
gum Penanum) , d'où elles ne purent être enlevées que par une procession solennelle
venue de Rouen et présidée par l'archevêque Francon et Rollon, premier duc de
Normandie.
C'est encore à l'époque normande que nous sommes tenté de rapporter la butte du
Roule, ainsi que la cave et le château du Roule, restes antiques que l'on voit sur la côte
du Roule y à l'entrée du bois de ce nom. Le peuple, séduit sans doute par l'analogie de
l'appellation, dit que ce sont les ruines d'un château bâti par Rollon.
Du reste, le règne de Rollon fut marqué à Damétal par un de ces actes de haute justice
qui ont fait son renom dans l'histoire. Dudon de Saint-Quentin et Guillaume de Jumiéges
racontent qu'un paysan de Long-Paon (Longa Petentis villa), ayant simulé, avec sa femme,
xm vol de fers de charrue, ils furent immédiatement pendus par ordre du duc qui avait
découvert la fraude. C'est par erreur que Wace, et après lui Dumoulin et la Chronique de
Martin Lemégissier, placent ce fait à Longueville, près Dieppe.
BIBLIOGRAPHIE.
Farin , « Nonnandie chrestienne , » p. 596-98.
A. Le Prévost, «Ménié de la Soc. des Antiq. de Norm., »
t. XI, p. 18.
Robert Wace, « le Roman de Rou , » p. 99-101 ; Note
de M. Le Prévost.
Dudon , ft De Mor. et Act. normann., » p. 85 , apud
Duchesne.
Guillaume de Jumiéges, • Histor. normann., » lib. ii,
c. XX, p. 232, apud Duchesne.
Lesguillez, a Notice historique, topographique et sta-
tistique sur la ville de Damétal , « p. 11, 88, 91, 119-123,
in-8% Darnétal, 1835.
De Duranville , « Darnétal et ses monuments reli-
gieux, i p. 7 et 8.
LE BOIS-GUILLAUME.
Époque romaine. — Dans le quartier nouvellement bâti et nommé la Californie ^ on a
trouvé, vers 1850, des monnaies d'or et d'argent à l'effigie des Antonins.
Tliaurin , a Journal de Rouen, » du 12 décembre 1861.
208 —
PRÉAUX.
Époque romaine (?) — A Préaux est le hameau du Bout-de^larVillCj où Ton rencontre,
en labourant, beaucoup de débris.
Période normande (?) — Sur Préaux se trouvent encore les restes imposants d'un
vieux château.
FONTAINE-SOUS-PRÉAUX.
Époque romaine. — En 1838, on trouva à Fontaine une monnaie de bronze d*Auguste.
SAINT-DENIS-LE-THIBOULT.
Époque romaine. — En 1835, M. Louis Quesnel, de Rouen, trouva, dans une de ses
prairies de Saint-Denis , un beau dolium
en terre cuite placé à 2 mètres de pro-
fondeur. L'ouverture de ce dolium avait
été agrandie carrément, puis bouchée
avec du ciment. Il contenait une urne
carrée en verre, haute de 32 centimètres,
semblable à celles de Can ville, d'Yébleron
et d'Elbeuf. Cette urne renfermait les os
brûlés d'im adulte; un de ces os était
transpercé avec un clou. Ce fer, resté
adhérent, semblait indiquer que le
défunt avait été cloué sur un bâtis
avant d'être mis sur le bûcher. Le do-
lium et Fume , déposés au Musée dépar-
temental, ont été deux fois reproduits
par la gravure; nous les reproduisons
une troisième.
A peu de distance de ce dépôt, les ouvriers ont encore rencontré ime autre urne en
verre qu'ils ont brisée. Elle était semblable à la première ; mais rien ne la protégeait. Ces
deux découvertes nous paraissent prouver qu'il y avait là un cimetière antique. Du reste,
la tradition s'en est conservée dans le pays.
Période normande. — C'est probablement à la période normande qu'il faut attribuer
le tertre et les restes du château de Saint-Denis-le-Thiboult, que l'on aperçoit sur le pen-
chant de la colline qui fait face à l'église.
^.DiocwiiTt . onsi.
DOLIUM EN TERRE CUITE ET URNE DE VERRE
(SAINT-DBNIS-LE-THIEOULT, 1835).
— 209 —
Du reste, il y avait à Saint-Denis deux châteaux ou un château en deux portions. Dans
la vallée sont de grands murs qui me paraissent du xm^ siècle, et siu* le penchant de la
colline est ime motte de 250 pieds de circonférence. Au milieu est im puits maçonné
appelé le puits de la Motte. En face, de l'autre coté de la rivière, est une tour en ruine
appelée la Houssaye.
M. Quesnel, de Rouen, qui possède le château renouvelé de Saint-Denis, y a trouvé,
en 1830, des tombeaux en pierre dans son jardin potager.
En 1843, j*ai vu démolir une tour circulaire de 150 pieds de circonférence. On
l'appelait les Malesaises ou le Vaudichon.
Deville, « Notice sur quelques Dolium antiques,»
p. 3, in-8* de 15 p. et pi., Rouen, 1842.
Id., « Précis analytique des Travaux de l'Académie
de Rouen, » année 1842, p. 335-36.
Id., « Mémoires de la Société des Antiquaires de
Normandie, i t. x , p. 675-78, et atlas, pi. iv.
BIBLIOGRAPHIE.
Deville, « Catalogue du Musée départemental des
Antiquités de Rouen , » année 1845.
« Procès- verbaux de la Commission des Antiquités de
la Seine-Inférieure , » p. 34.
« La Normandie souterraine, » V* édit., p. 136;
2«édit.,*p. 154-55.
SAINT-JACQUES-SUR-DARNÉTAL.
Période normande. — Dans une charte délivrée vers 1060, le duc Guillaume appelle
Saint-Jacques-sur-Damétal : • Villam Sancti Jacobi... in territorio Rotomagensi. »
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie , » t. xi, p. 21.
*
SAINT-MARTIN-DU-VIVIER.
Période normande. — C'est sur Saint-Martin-du-Vivier que se trouve la source de la
rivière de Robec, appelée « fluviolum Rodobechi dans une charte délivrée, en 1030>
par Gosselin-le-Vicomte , pour l'abbaye de la Trinité du Mont-de-Rouen.
• ■ , ■
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, » t. xi, p. 19.
ISNEAUVILLE.
Époque franque. — Vers 1835, il a été trouvé, au versant de la colline que surmonte
l'église d'Isneauville , là où s'élève la nouvelle école , des tombeaux en pierre avec vases et
ossements* D'après un vase en terre cuile entré au Musée de Rouen , M. Deville a jugé
que ces sépultures appartenaient aux temps barbares. Suivant les documents que nous
nous sommes procurés , il y avait cinq ou six cercueils de pierre renfermant des vases, des
boucles et des sabres en fer.
M. Lesguilliez, de Damétal, a bien voulu me communiquer le fait suivant , dont il a été
témoin, et qui n'a probablement jamais été publié: <c En août 4814, âes ouvriers tiraient
27
— 210 —
du caillou sur le penchant d'une colline , à rentrée d'un bois qui dépend du hameau de la
Muette et à peu de distance d'un chemin qui conduit vers Houppeville. Presqu'à fleur de
terre, ils rencontrèrent trois cercueils de pierre, placés côte à côte. Deux d'enlre eux
fiirent brisés , un seul resta intact. Leur grandeur était différente. Le premier, assez petit,
semblait appartenir à un enfant de douze ans; le second, de taille moyenne, devait être
celui d'une femme; le troisième, le plus grand de tous, avait appartenu à un homme, et
même à un guerrier. On a , en effet , tiré de ce cercueil un sabre en fer très oxydé et deux
petits vases de terre. Ces deux vases, de la capacité d'un quart de litre, étaient l'un blanc
et l'autre noir. » — Les cercueils , le sabre et les vases, me paraissent indiquer la sépulture
d'une famille franque.
RY.
Époque franque. — On ne saurait douter de l'existence de cette localité à l'époque
franque, puisque les plus anciens documents nous la montrent comme le siège de l'un
des huit doyennés du Grand-Archidiaconé dont Rouen était le centre. (Decanatus de Rivo.)
LE HÉRON.
Epoque incertaine. — En 1832, M. de Stabenrath signala à la Commission des Anti-
quités l'existence d'une butte ou motte sur la commune du Héron.
« Procès- verbaux de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure , » p. 169.
CANTON DE BOOS.
BOOS.
Époque gauloise. — En 1863, on a trouvé dans le bois deBoos une hachette en silex.
Époque incertaine. — M. Bultel, conseiller d'arrondissement, qui connaît parfaite-
ment le pays qu'il habite , m'a assuré que dans ce même bois de Boos il existe les restes
d'un ancien château-fort. La motte s'y voit encore ainsi que l'ancien puits. Aux alentours,
un chemin a conservé le nom de Chemin-dt^Puits.
— 211 —
FRANQUEVILLETTE ( section de boos ).
Époque incertaine. — M. E. Gaillard assure qu'à Franquevillette, près Boos , il existait
des fossés limitant la forêt du Long-Boël. Cette assertion est basée sur une information
faite par le Parlement en 1633, dans laquelle on déclare que des fossés et traces de fossés
formaient autrefois la clôture des Rouges-Carrières , qui s'appelait anciennement forêt
du Long-Boël.
GOUY.
Époque incertaine. — En 1826, M. F. de Saulcy, aujourd'hui sénateur, membre de
llnstitut et président de la Commission topographique des Gaules , écrivait ce quit suit à
la Commission des Antiquités : t Tout près du petit village de Gouy se trouve un coteau
dont le sommet offre un plateau de 27 acres environ. De plusieurs tombelles qu'on y
voyait autrefois , une seule subsiste aujourd'hui. C'est un grand carré de trente pas de
diamètre entouré d'un petit fossé. A cent trente-cinq pas de ce tertre, on voit une éléva-
tion de six à sept pieds de haut et de cinquante pas de longueur, également défendue par
un fossé. Sur toute la surface du plateau, on rencontre çà et là de petites buttes longues
de six pieds et hautes de deux ou trois. La tradition du pays veut qu'il y ait eu un cam-
pement en cet endroit. »
Époque franque (?). — Sur le plateau du PlessiSy on nous a dit qu'il avait été trouvé
une hache et un angon en fer.
M. Deville nous a parlé d'une enceinte carrée d'une superficie de 6,000 mètres.
« Procès-verb. de la Comm. dép. des Antiq., » p. 94. | E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 7.
YMARE.
Epoque incertaine. — Sur les limites des communes d'Ymare et de Pitres, près d'un
carrefour où passent plusieurs chemins, il existe une table de pierre posée sur deux autres
placées à champ. On assure que ceux qui passent dessous guérissent de la fièvre et de la
morsure des chiens enragés. Cette table paraît moderne , mais elle peut en remplacer une
plus ancienne.
QUÉVREVILLE-LA-POTERIE.
. Époque franque. — Dans les mois de novembre et de décembre 1 865 , les ouvriers
delà voirie, occupés à tracer le chemin de grande communication n^ 43, de Grand-Cou-
ronne à Forges, rencontrèrent des sépultures anciennes dans un taillis nommé la Vente"
de-Thémare. Des vases accompagnaient les squelettes. Quelques firagments de cette poterie
nous ayant été communiqués , nous les avons jugés de la période franque.
Les travaux de la route ayant continué en 1864, on a rencontré , dans la seule traverse
du chemin, au moins vingt corps, dont une douzame présentaient aux pieds un vase de
terre noire, dont nous reproduisons ici trois spécimens gravés par M. Brévière.
Le 19 mars 1864, une fouille ayant été tentée par M. de Girancourt et par moi , nous
avons trouvé deux corps couchés parallèlement à 70 centimètres, et orientés est et ouest.
L'un d'eux ne possédait rien ; mais l'autre , qui était jeune , nous a donné un vase noir,
placé aux pieds , et deux fibules de
bronze , de forme ansée, posées sur
la poitrine. Avec ces fibules se trou-
vait une chaînette de bronze, longue
d'environ 12 centimètres , et que
nous reproduisons ici. Déjà, à Lon-
dinières et à Envermeu , nous avions
trouvé des cbaiuettes ; mais leur
place ne nous est apparue nulle pari
plus clairement qu'à Quévrevilie.
L'endroit où nous avons rencontré
cette pièce nous engage à la ratta-
cher, dans notre dessin, aux deux
fibules elles-mêmes, qu'elle était
probablement destinée à relier. L'at-
tache en fer, comme l'ardillon lui-
même , aura sans doute disparu.
Dans le cimetière bui^onde de Charnay, M. Baudot a recueilli également des fibules
ansées, encore liées entre elles par des chîdoettes de cuivre. ( Mémoires sur les SéptU-
lures des Barbares de l'époque mérovingienne, découvertes en Bourgogne, dans les Mé-
moires de la Commission des Antiquités de la Côte-d' Or, t. v, p. 1 82-83, pi. xv, fig. 1 , 2, 3.)
La forme des vases et des fibules nous fait croire que ces sépultures appartiennent à ta
période carlovingienne.
Sur la colline qui fait face à la Vente-de-Thémare, les ouvriers ont rencontré un autre
squelette accompagné d'un grand bronze de Posthume.
SAINT-PIERRE et NOTRE-DAME-FRANQUEVILLE.
Période normande. — Nous pensons qu'à la période normande ces deux villages ne
formaient qu'une seule localité, dont l'église fut donnée par le duc Robert à Notre-Dame
de Rouen. Elle est désignée alors sous le nom de * Villa Francbaevillulœ vocatae. •
A Le Prévost , ■ Hémoires de la Société des Antiquaires de Normandie , » t. xi , p. 19.
— 213 —
BELBEUF.
Époque gauloise. — M. Bultel , maire de La Neuville , m'assure qu'il existe à Belbeuf
une pierre druidique.
LE MESNIL-RAOUL.
Époque romaine. — La voie romaine allant de Rouen à Radepont passait par le
Mesnil-Raoul. — Le Musée de Rouen a recueilli une cuiller romaine en bronze , trouvée
au Mesnil-Raoul vers i 835.
« Procès-verbaux de la Commission des Anliq., » p. 211.
AMFREVILLE-LA-MI-VOIE.
Époque romaine. — Au lieu dit le Clos-Madame^ il a été trouvé, en 1806, des objets
de bronze et des monnaies romaines, dont plusieurs étaient en or.
Au commencement de 4862, à l'extrémité de l'avenue de M. de Neuvillette, on a re-
cueiUi , dans un trou recouvert d'une pierre , un lot de monnaies antiques pesant 2,500
grammes. Six de ces pièces , achetées par M. le curé du lieu , ont donné les noms d'An-
tonin-le-Pieux et des deux Faustine.
Époque franque. — Sur le territoire de la Mi-Voie, on a reconnu, à diverses re-
prises, des sépultures antiques que j'ai tout lieu de croire franques. On en cite aux
RùugeS'Fosses et aux Mal-Franques ; mais les principales ont été rencontrées au Mont-
Haguet. En 1846 et en 4849, on a trouvé deux ou trois cercueils de pierre plus étroits
aux pieds qu'à la tête. Us contenaient des ossements et des objets de fer. On cite particu-
lièrement un sabre et une épée. D'autres sépultures sans cercueil , mais avec vases de
terre et de verre, ont été extraites des flancs du Mont-Haguet.
Époque incertaine. — On raconte que l'église fut d'abord commencée sur le Mont-
Saint'Julien , mais que la nuit la maçonnerie se trouvait transportée sur le Mont-Saint-
Remify où elle est aujourd'hui.
A. Durand, « Journal de Rouen, » des 25 octobre 1859; 26 janvier, 22 février et 20 octobre 1860; 17 juillet 1861;
20 janvier et 24 février 1862.
MESNIL-ESNARD.
Epoque incertaine. — En 1828, M. le hiaire du Mesnil-Esnard annonçait à la Com-
mission des Antiquités qu'il avait trouvé , dans son jardin, un squelette , dont aucun objet
ne déterminait la date.
On m'a montré aussi une petite statuette de bronze, que l'on dit provenir du Mesnil-
Esnard.
« Procës*verbaux de la Commission départementale des Antiquités, » p. 119.
214
BLOSSEVILLE-BON-SECOURS.
Époque romaine. — Près de l'église de Blosseville-Bon-Secours, on a trouvé, en 1846,
une quantité considérable de tuiles à rebords.
Dans le faubourg d'Eauplet, il a été recueilli, en 1836, une monnaie de Dio-
clétien.
Époque franque ( ? ). — Dans la direction du nord-ouest de l'église de Bon-Secours ,
on voit , sur le bord de la colline qui regarde Rouen, un terrassement considérable, auquel
le peuple donne le nom de Thuringe. Ce retranchement, accompagné d'un fossé profond,
a été en grande partie détruit par la culture. Ce qui subsiste encore est le reste d'un
camp , à peu près entier il y a peu d'années , et qui est figuré complet sur d'anciens plans
de Rouen. Comme nous l'avons dit , ce camp , ainsi que le quartier où il est situé , porte
le nom de Thuringe. Suivant les chroniques fabuleuses de la Normandie , le château de
Thuringe aurait été occupé, dès le vm^ siècle, par le terrible Robert-le-Diable, fils du duc
Aubert.
Période normande. — Gosselin, vicomte d'Arqués et de Rouen , parlant du terrain
acheté pour asseoir l'abbaye de la Trinité du Mont, depuis Sainte-Catherine, cite un Câte^
lier : « Ipsam partem de Castellario quse nostrae emptioni vicina est. »
« L'Histoire et Ghroniqve de Normandie, » par Martin
Le Megissier, folio 2, verso, édit. de 1516 et 1588.
« Revue de Rouen, » année 1846. 1" sem., p. 322-23.
Fallue, a Mém. de la Société des Antiq. de Norm., »
t. IX, p. 185 et 201.
A Bosquet, « La Norm. rom. et merv., » p. 1, 14, 44.
LES AUTHIEUX-PORT-SAINT.OUEN.
Epoque incertaine. — Au hameau de Saint-Adrien , situé au bord de la Seine et à
rentrée d*un petit vallon , des terrassiers ont découvert dans le flanc de la colline une
longue et large grotte qui ne compte pas moins de 2 à 300 mètres. Les parois de cette
vaste caverne sont noircies sur plusieurs points.
D'après les chiffres qu'on lit sur la craie des murs, elle aurait été ouverte en 1810 et
en 1758.
SAINT-AUBIN-CELLOVILLE.
Epoque incertaine. — En 1833, M. le maire de Saint-Aubin-Celloville signala à la
Commission des Antiquités les restes d'un camp existant sur sa commune.
Epoque romaine. — Des meules à broyer en poudingue ont été trouvées à Saint-Aubin.
L'une d'elles est au Musée de Rouen. *
« Procès-verbaux de la Commission des Antiquités , » p. 191.
— 215 —
SAINT-AUBIN-EPINAY.
Époque gauloise. — En 1862, il m'a été remis une hachette en silex provenant de
Saint-Aubin-Epinay.
Epoque romaine ou franque. — Dans une terre appelée le Champ-du-Coffre , on a
trouvé des cercueils de pierre avec des vases.
Je tiens de M. LesguiUiez , l'historien de Darnétal, la note suivante, qu'il rédigea en
1832 : « Il y a quelques années, on trouva, dans les bois de Saint-Aubin-la-Rivière , à peu
de distance du chemin qui conduit à Saint-Jacques-sur-Darnétal, des tombeaux semblables
à ceux d'Isneauville. » Nous engageons le lecteur à se reporter à l'article Isneauville.
A la fin de 1863 , des ouvriers , établissant le chemin de grande communication n® 7,
de Darnétal à Sénarpont, trouvèrent , à la côte de Saint-Aubin-la-Rivière, des sépultures
que je crois franques. De toute leur découverte , ils n'ont conservé qu'un scramasaxe qui
témoigne suffisamment de sa date et de sa provenance.
LE MONT-MAIN.
Epoque gauloise. — M. André Durand m'assure avoir connu autrefois, dans les taillis
du Mont-Main, une table de pierre qu'il croit druidique.
Époque romaine. — La voie antique qui allait de Rouen à Paris passait par Darnétal
et gagnait la plaine par la côte du Mont-Main.
Époque incertaine. — Dans une cour sise au hameau de la Haute-Motte , il existe la
trace d'un ancien château dont on retrouve parfois les murs. On reconnaît aujourd'hui la
base d'une butte entourée de fossés formant vivier.
E. Gaillard , « Recherches archéologiques , » p. 4-5.
LA NEUVILLE-CHAMP-D'OISEL.
«
L'important village de la Neuville-Champ-d'Oisel , assis sur les défrichements de la
forêt du Long-Boël , se compose principalement d'une longue rue qui fut autrefois une
voie antique allant de Rouen à Paris par Radepont et les Andelys. La surface de cette
grande commime étudiée par son maire, M. Bultel,nous a fourni les renseignements
suivants :
Époque gauloise. — En 4863, M. Gaillard, adjoint de la commune, a recueilli une
petite hache en silex au lieu dit le Brulin, près la forêt. En 1864, ce môme propriétaire ,
I faisant travailler près de sa maison sise au Glos-Chapitre , au bord d'une ancienne voie ,
a trouvé deux hachettes en silex très bien polies , l'une entière et l'autre cassée.
Époque ROMAmE. — La présence d'une voie romaine est populaire à la Neuville. Le
hameau de la Chaussée est là pour attester son passage que confirment les anciens titres ,
L..
— 216 —
sous le nom de chemin du Roy. La stratification de la route antique composée de silex et
de mâchefer a été aperçue au Clos-Chapitre et à 80 centimètres sous le sol, lorsque Fon
construisait, en 1830, la route départementale no 8, de Rouen aux Andelys. Cette voie
venait de Rouen par Damétal et Franqueville.
Des tuiles à rebords et des murailles ont été reconnues sur plusieurs points et dans des
défrichements successifs. On m'en a cité près de la mare dite des Corps^Saints, aux triées
du Parquet et du Clos-Madame. Ce dernier point semble plus riche que les autres. Une
tradition assure qu'il était fréquenté par les fées. Vers 1830, on y trouva une tirelire en
silex remplie de pièces probablement antiques.
En 1864, M. Lanne, défrichant les bois du Parquet^ a rencontré des carrés de murs
auprès de trois anciennes mares.
A différentes reprises, M. Rultel a recueilli des monnaies romaines sur le territoire de la
Neuville. La seule qu'il m'ait remise avait été recueillie, en 1865, dans un défrichement.
C'était un moyen bronze de Constantin ou de ses fils.
Époque FRANQUE. — En 1861, des ouvriers, défrichant un terrain appartenant à
M. Avenel , de Rouen , trouvèrent des vases francs provenant d'inhumations de la période
mérovingienne. Rien des poteries furent brisées, le reste fut emporté par les visiteurs. Un
de ces vases se voit aujourd'hui à Rouen , chez M. Leclerc.
CANTON D'ELBEUF.
ELREUF.
La ville d'Elbeuf , qui fait aujourd'hui partie du même département et du même dio-
cèse, appartenait autrefois à deux pays et à deux évêchés différents. La paroisse de Saint-
Etienne était du diocèse de Rouen et du pays des Vélocasses ; la paroisse de Saint-Jean ,
au contraire, relevait de l'évêché d'Evreux et des Aulerques-Eburoviques. L'église et la
paroisse de Saint-Jean sont une création ecclésiastique du moyen-âge. Nous pensons
qu'aux temps antiques son territoire fit partie de la ville romaine àHJggate, à laquelle a
succédé le Caudebec des Normands. Saint-Jean fut donc aux temps chrétiens un démem-
brement de Caudebec.
Le lecteur comprendra qu'en pareil cas il devient malaisé de détacher complètement
Elbeuf de Caudebec. Nous le ferons pour nous conformer à la géographie et à la topo-
graphie modernes. Mais cette distinction, difficile au point de vue archéologique, entraî-
nei^ nécessairement un peu de confusion dans les termes et dans l'indication des décou-
217
vertes. Cependant, autant que faire se pourra, nous rendrons à César ce qui appartient à
César, c'est-à-dire que nous tâcherons de bien préciser l'état des lieux et des monuments.
Epoque gauloise. — Notice Musée départemental d'antiquités possède dans ses montres
deux médailles gauloises provenant d'Elbeuf. L'une est eu or et a été achetée en 1846;
l'autre, en aident, a été acquise en J 843. Cette dernière présente d'un côté un sangUer
sous un Cheval, et, de l'autre, un sanglier sous une tête d'homme.
En 1 864, j'ai vu chez M. Gosselin, pharmacien, une hache en silex recueillie rue de V Hospice.
Epoque romaine. — Quelques auteurs , n'ayant égard qu'aux distances des Itinéraires ,
ont essayé de placer à Elbeuf la station romaine d'Uggade ou U g gâte, qui se trouvait à
vm milles de Rotomagus (Rouen). De ce nombre est le Recueil des Historiens des Gaules,
pubUé au siècle dernier, et, de nos jours, sont MM. Licquet et Emmanuel Gaillard. Mais
ils se contentaient de poser une question, que nous croyons aujourd'hui tranchée, en
faveur de Caudebec. Du reste, la civilisation romaine n'a pas été sans laisser beaucoup de
traces sur le territoire d'Elbeuf, surtout dans la paroisse Saint-Jean, faubourg d'une
antique station. Ce quartier s'est ressenti du centre qu'il avoisinait.
D'abord , la voie romaine qui de Rouen conduisait à Paris , par Mediolanum (Evreux) et
Uggate (Caudebec), traversait Elbeuf avant de pénétrjer dans cette dernière ville. D'autres
routes secondaires devaient également en sillonner le sol.
On comprend dès lors qu'il n'est pas surprenant de trouver sur leur parcours des restes
de sépultures.
C'est ainsi que M. Guilmeth assure qu'aux abords de la rue Royale, sur la propriété d'un
boulanger, on a trouvé une belle urne carrée en verre, toute
rempUe d'os brûlés. Non loin de là étaient des monnaies ro-
maines. Nous savons également qu'en 1 838 et en 1 839, M. Join-
Lambert, faisant creuser une cave dans cette même rue Royale,
trouva un grand nombre d'objets antiques dont il n'est guère
resté aujourd'hui qu'un col de dolium avec ses deux anses,
et une belle urne carrée en verre bleu , encore remplie d'os
brûlés. Cette pièce, haute de 33 centimètres et large de 15,
est munie d'une anse rayée. Au moment de sa découverte,
elle était fermée avec une tuile à rebords. Aujourd'hui , elle
est devenue la propriété de M. Jean Rondeaux , qui nous
a permis de la reproduire. Le même M. Rondeaux possède
CRNB DE TBRRB (ELBEUF, 1839). q^^q^q yj^^Q mculc à broycr en poudingue provenant d'Elbeuû
En 1 823, trois monnaies de Dioclétien ayant été trouvées à Elbeuf, le maire de cette ville les
envoyaàla Commission des Antiquités. Une pièce était en argent; les deux autres, en bronze.
En 1864, des ouvriers, creusant un puits, rencontrèrent un bel aureus de Nerva-Trajan,
qu'ils vendirent à M. Aug. Poussin.
28
— èl8 —
Époque franque. — La côte occidentale d'Elbeuf porte le nom de Saint-Haut, Saint-
Hauct ou Saint-Auct. Ce nom lui vient d'une ancienne chapelle placée jadis sur son
sommet, presque à l'endroit où Ton voit aujourd'hui un grand calvaire de fonte. Vers
1820, on défonça l'enceinte dé cette chapelle, à présent complètement disparue, et l'on
trouva douze cercueils de pierre, contenant tous des ossements humains. Quelques-uns des
squelettes ont donné des couteaux de 15 à 20 centimètres, un sabre long de 46 centimètres
et large de 4, un vase de terre et des chaînettes de cuivre de plusieurs dimensions.
Lorsque l'on défricha le terrain qui entoure la chapelle, on rencontra environ cin-
quante sarcophages de pierre avec des squelettes, des vases, des boucles, des agrafes,
des sabres et autres armes. On assure que dans l'un des vases on a recueilli une monnaie
romaine en argent et un bronze d'Antonin-le-Pieux.
Période normande. — Au temps des ducs de Normandie, Elbeuf commençait à prendre
son nom moderne. Aussi , dans une charte de l'abbaye de Saint-Taurin d'Evreux , délivrée
par Richard I«r et confirmée par Richard-Cœur-de-Lion , on lit : « In Ebroïcensi page
ecclesias de Wellebou. »
BIBLIOGRAPHIE.
A. Le Prévost, aMém. de laSoc.desAntiq.deNorm.yO
t. XI, p. 29.
« Procès-verbaux de la Commission départ, des Antiq.
de la Seine-Inférieure, » p. 4142, 69.
Ballin, « Notice sur la ville d'Elbeuf, » p. 5, in-S" de
22 p., Rouen, 1834.
Id., « Revue de Rouen, » année 1834, p. 102-112, 140.
a La Normandie souterraine , » !'• édit., p. 137-38,
343 44;2-édit.,p. 156 et 432.
a Sépultures gaul., rom., franq. et norm., » p. 95-lOQ.
Guilmeth,a Hist. de la ville et du canton d'Elbeuf,»
in-8«de684 p., Rouen, Berdalle, 1840.
Petit, « Histoire de la ville d'Elbeuf, de Caudebec,
d'Orival, de Saint- Aubin et des autres communes du
canton, » in-S* de 288 p. avec carte et gravures,
Elbeuf, Levasseur, 1858.
Parfait Maille, « Recherches sur Elbeuf, » 3 vol.
in-18, Elbeuf, Levasseur, 1859-63.
CAUDEBEC-LÈS-ELBEUF-
Nous touchons ici à une ville ou plutôt à une station romaine qui a les honneurs d'une
mention antique, et dont le nom figure dans l'Itinéraire d'Antonin. Cette ville , c'est
Uggade, que de meilleures versions écrivent Uggate^eiqmyphcée sur la route de Rouen à
Paris , par Evreux , se trouvait située à vm milles de Rotomagus et à xrv milles de Medio-
lanum. On a longtemps discuté sur l'emplacement d'Uggate. Jusqu'à ces dernières années,
on le mettait généralement au Pont-de-l'Arche. Dans une dissertation spéciale que nous
avons écrite sur ce sujet en 1856, nous avons cru devoir, après discussion approfondie
des diverses opinions, placer Uggate à Caudebec-lès-Elbeuf , et nous l'y maintenons encore
aujourd'hui, après une nouvelle expérience de dix années.
' Le motif principal sur lequel s'appuie notre opinion* ce sont les découvertes de toute
sorte faites sur le territoire de Caudebec et qui se continuent encore chaque jour. Nous
les avons développées en détail dans nos Sépultures gauloises , romaines, franques et nor-
mandes. Nous allons les exposer sommairement ici.
Époque gauloise. — Le sol de Caudebec a donné , à diverses reprises, des monuments
— 319 —
gaulois mêlés aux débris romains. En 1846, ce fut une monnaie gauloise en or qu'acheta
le Musée de Rouen. D'autres monnaies celtiques en bronze ont été rencontrées à diverses
époques. M. Lambert en cite de bronze portant le nom Lexoviatis , ce qui indique la cité
^ Lexoviens. Nous, avons également connu des hachettes en silex , sorties du sol de Gau-
4ebec, et nous y avons vu de la poterie qui a tous les caractères celtiques. Enfin, M. Guil-
meth cite des hachettes de bronze.
En 1863, il a été recueilli une monnaie de bronze bien connue sous le nom de Ger^
manu Indutillii , attribuée à Indociomar, chef des Trévires. Nous parlerons plus loin des
poteries gauloises.
Époque romaine. — Mais ce sont les restes romains que l'on trouve à chaque pas dans
Caudebec. c Personne n'ignore, écrivait en 1776 M. Dupont, d'Elbeuf, qu'à plus de
mille toises à la ronde, autour de l'église de Caudebec,* on ne sauroit labourer ou fouiller
un peu avant dans la terre sans y rencontrer des fondements de maisons ou de bâti-
ments. > Cette assertion du xviii* siècle est constamment vérifiée par le xix®. Chacun sait
avec quelle prodigieuse activité on construit dans la ruche elbeuvienne. Le seul boui^
de Caudebec voit s'élever de quatre-vingts à cent maisons chaque année. Eh bien , dans
toutes ces constructions, on ne cesse de rencontrer des murs, des puits, des monnaies,
des tuiles, des poteries, des meules, des ossements,' du charbon, de la terre noire, en
un mot tout le limon de l'humanité. Les quartiers de Caudebec où les découvertes anti-
ques abondent sont d'abord les environs de l'église, puis la Vignette^ la Mare-aux-Bœufs ^
le Bout-dU'Gard et le Bout'de4a^VUle. Cela forme une étendue de plus de 1,000 mètres
d'un côté et de l'autre de l'EgUse. Depuis tantôt cent ans , les trouvailles n'ont pas cessé
sur c^te terre privilégiée. Il n'est personne ici qui ne possède une vieille monnaie ou un
fragment de poterie. Les meules à broyer y sont si [communes , que les trameuses s'en
servent pour appuyer leurs toumettes.
M. Guihneth, qui a passé quelque temps à Elbeuf pour y écrire l'histoire de cette ville
et de son canton, publiée par lui en 1840', s'est livré à une enquête sur les découvertes
journalières de Caudebec. D a enregistré dans son Uvre la trouvaille d'épingles à cheveux
et de flûtes en os; de styles, de spatules, de bagues et d'anneaux en bronze; de statuettes
en terre cuite de Latone et de Vénus ; d'un Mercure , d'une Minerve et d'un Mars en
bronze ; de vases de toutes couleurs et de toutes formes , de milliers de tuiles et de pote-
ries. Enfin , il énumère une série de cent soixante-dix-sept monnaies romaines qui ont
pa&sé sous ses yeux.
Dans les archives et les cartons de la Commission des Antiquités, M. Deville a conservé
le souvenir d'une belle découverte faite en 1844. Elle était placée dans la rue Le Riche, à
300 mètres de l'église. Elle consistait en un beau bassin maçonné et chnenté , long de
6 mètres 60 et large de 5 mètres 90. Au midi étaient deux puits en maçonnerie , et au
nord un seul. Autour de là , rayonnaient des murs dans tous les sens. Cette fouille révéla ,
outre les substnictions, des monnaies du Haut et du Bas-Empire, des tuiles et deé brïques,
des vases en terre noire et en terre rouge ; plusieurs présentaient des marques de potier.
En i 846, il a été trouvé à Caudebec, dans un vase de terre de couleur ardoise, un
dépôt de huit mille cent monnaies de billon pesant trente grammes. Six mille huit
cents étaient de Posthume ; le reste était de Gallien , de Gordien III, des Philippe, de
Trajan-Dèce et de Claude-Ie-Gothique. L'enfouissement devait [dater du m* siècle. La va-
leur vénale du dépôt était de 1,300 fr. Une Cornelia Supera a été achetée 500 fr. pour le
Musée de Rouen.
Mais c'est à Louviers, chez M. Lalun, architecte,
quesetrouveleMuséed't7iy(/ate.
Pendant quatre années,de1840
àl 844, cet amateur n'a cessé de
coUeclionnerune foule de choses
précieuses qui,sans iui,auraient
été perdues. Nous avons remar-
qué dans cette collection six
meules à broyer en poudingue,
trois hipposandales en fer , ,^^,
soixante morceaux de poterie ,
dont plusieurs sont à reliefs (nous en donnons un fragment marqué à l'Hercule et au
nom de cinnami); une plaque en bronze présentant en relief uue^figure de femme, que
nous reproduisons ici, et un beau seau de
bronze recueilli au fond d'un puits. {Nous
reproduisons ici , au quart de sa grandeur ,
cette jolie pièce, haute de 65 centimètres et
large de 44 à son ouverture. )
Mais le morceau le plus important du ca-
binet de M. Lalun, c'est un fragment d'ins-
cription en marbre
trouvée en 1840 et
ITJ, /7 y qui porte le nom
\\\M il 4 de l'empereur Ha-
-tlVi^ Ji drien. — Une au-
tre inscription sur
pierreaété recueil-
lie par M. Concorde
«AGH.B'ipwcBiPTio^iBOMAiNE (flOus la dounous
(CAODEHEC). ' , _
CI, mais sanspou- ■■*" dohain bn ssoiiBit (cacdeb*g, isu).
!
— 22i —
voir lui trouver aucun sens). M. Concoixle possède également des
vases et autres objets antiques provenant de Caudebec.
En dehore de ces diverses collections et du Musée de Rouen, qui
a donné l'hospitalité à différents débris romains, nous devons citer
la collection de M. Gustave Grandin , d'Elbeuf. Indépendamment des
tuiles, des meules et des vases antiques , on y remarque une statuette
de bronze , que M. Grandin dit provenir de Caudebec. Elle représente
une esclave nue , assise à terre et travaillant des tissus de toile
"oMAiwB ^CAUDEBM)!'' ou dc laiuc. Ce serait assurément le plus ancien monument de
l'industrie textile de ce pays.
Parmi les personnes qui ont collectionné des débris d'Uggate , nous devons citer
M. Gosselin, pharmacien à Caudebec. C'est dans la Fosse-aux-Moules qu'il a fait ses
meilleures conquêtes. Nous citerons dans le nombre une belle terrine en terre blanche
portant le nom de pracilis et un beau vase en terre brune qui, sur sa panse, pré-
sente au pointillé blanc (glo)ria. De cette Fosse-anoo-Moules , qui fut probablement le
dépôt des détritus d'Uggate, il est sorti depuis plusieurs années des masses d'osse-
ments d'animaux, d'huîtres et de moules, mélangés à des morceaux de vases sans
nombre et de toute couleur, à des restes de fer et de bronze, à des tuiles et à mille
débris de tout genre.
Le Musée d'Elbeuf y a recueilli deux objets curieux, une lampe en terre cuite et
un camée ou pierre rouge antique sur laquelle est gravé un Mercure.
De nombreuses marques de potiers ont été [lues sur les fragments céramiques sortis du
sol de Caudebec. Nous citerons les suivantes : assvta. — cinnami — logirni. — daminim.
— LVGETOF. — OF M... WOI... — SV..! — IVIIN. — CRACISAF. — OF NATVG... — DOCCIVS. —
...BVS. FE. — VOTOF. — ALBVS. — PRVOCI. — GOIFVI. -^ ÇASSIGNETI. — ...VLICCI. M. —
DVRiv OU BVRiv. — Enfin, sur des anses d'amphores, on a lu : ...lu — mel... — q' imf.
Dans ses notes , M. Deville m'a signalé l'existence de grandes pierres aperçues rue de
l'Église, en 1845, un vase de bronze très élégant, recueilli la même année, et des
monnaies en argent de Marc-Aurèle , de Gallien et de Constantin-le-Grand.
Mais la plus importante découverte de Caudebec est bien celle qui a eu lieu dans la
rue Revel , lors de la construction d'une maison particulière. En mai i 864 , M. Berrier,
creusant les fondations de sa cave , rencontra un édifice antique , que M. le maire
de Caudebec me pria de venir explorer. Pendant quatre jours , je fouillai ce monu-
ment souterrain, qui me parut un édicule sacré, une cella ou un laraire public ou
privé.
L'édifice , construit en moellon de petit appareil chaîné de briques sur un côté seule-
ment, présente une salle carrée de 5 mètres 25 de long sur 4 mètres 50 de large. Les murs,
dans beaucoup d'endroits , ont encore 2 mètres et 2 mètres 50 de hauteur. Le fond de la
salle est à 3 mètres 50 au-dessous du sol , qui s'est peu relevé , d'où nous devons conclure
que l'appartement a été construit à moitié
enseveli. (Nous donnons ici le plan de
l'édifice).
On y pénétrait de deux manières : à l'angle
du sud-est, par un escalier dont il reste
quelques marches; à l'angle du nord-ouest,
par un couloir ou souterrain voûté, large
de i mètre 20 et profond de i mètre 55. Là,
le passage formait un angle pour se diriger
vers le nord , où sa trace disparaît.
A l'entrée de ce couloir se trouvait une
porte large de 95 centimètres, entièrement [
garnie de fer. Nous avons retrouvé , au pied
du passage, un gond, une serrure, un verrou,
une poignée, une clé et une garniture de lames
de fer, soigneusement décorée, comme la
ferronnerie d'Épinay, que l'on voit au Musée
de Neufchâtel et que nous reproduisons dans
cet ouvrage.
Ce que l'on voyait de plus remarquable dans cet édifice> c'étaient onze niches hautes de
72 centimètres , laides et profondes de 54. Il y en avait trois à l'ouest, quatre au nord et
quatre à l'est. Nous croyons que ces niches ont contenu des statues de pierre: nous avons
encore retrouvé le fragment de l'une d'elles dans les déblais. Dans celte jolie salle, nous
avons reconnu en place quatre bases de colonnes ou pilastres carrés , dont deux étaient
placées contre le mur et deux au milieu. Nous croyons ces pierres des colonnes, à moins
que ce ne soient des supports d'autels disparus.
Le pavage subsistait encore en partie seulement. Il se composait d'un blocage de moellon
de 25 à 30 centimètres d'épaisseur. Il est probable qu'il avait reçu un pavé plus soigné
qui aura disparu.
Ce bel appartement avait été recouvert de peintures dont nous avons retrouvé les mor-
ceaux. La décoration se composait d'un fond rouge sur lequel régnaient des bandes
blanches, vertes et bleues. Ces peintures étaient appliquées sur des mortiers de
bauge.
Le toit de l'édifice se composait de tuiles à rebords et de tuiles fdtières , qui remplis-
saient l'intérieur. Un feu violent avait tout dévoré : sur le pavage de la salle régnait une
couche de cendres et à^ charbons.
Dans la masse des déblais qui sont sortis de ce monument, j'ai reconnu une hache et .
— 223 —
des clous en fer, un peson en terre cuite, des meules à broyer, des fragments de verre,
des vases en terre noire et en terre rouge {un de ces derniers a donné la marque : dp
MASCIT...), et quatre bronzes, dont va grand et trois petits, sur lesquels on Ut les noms
d'Antonin-le-Pieux et de Gordien 111. (Nous donnons ici les dessins de plusieurs objets
sortis des fouilles de la rue Revel. )
PlAGUsnT d'une ■TATUmTTB de piehre.
POI014ÉÏ ET TROU DK SERKCHE I
:lË , HACHE IT COUPLET EN FER
(ÉDincr BOMAin DE GAUDIBBC).
Je termine eo disant que ce bel édifice , d'un caractère particulier, me semble devoir
être un de ces édicules sacrés, pareils à ceux que M. Grignon a déterrés dans la station
— 224 —
romaine qu'il a exhumée, par ordre du roi, de 1772 à 1774. (Bulletin des fouilles faites,
par ordre du Roi, d'une ville romaine, sur la petite montagne du Châtelet, entre Saint-
Dizier et Joinville, en Champagne, découverte en 1772, p. v et vi, et Secofid Bulletin, etc.,
p. CI et cii, in-8«, 1774 et 1775).
Un mois à peine après la découverte de Tédifice romain de la rue Revel , un tisserand
trouvait à quelques mètres de là , dans la rue Alfred , un cimetière gaulois du i^r siècle
de Tère chrétienne. Sur un espace de 4 à 5 mètres en tout sens , il a rencontré à
60 centimètres de profondeur une douzaine d'urnes en terre grossière et en forme de pot
à fl^ur. C'était le type et la terre des urnes du Vaudreuil, des Damps et de Moulineaûx.
Ces urnes contenaient des os brûlés, quelques-unes ont donné des miroirs en bronze
étamé , des fibules en bronze , une fiole en terre bleue , une petite hache en fer et des
monnaies romaines. La plupart de ces vases sont entrés dans la collection archéologique
d'Elbeuf où l'on pourra les visiter. Nous avons décrit cette découverte dans la « Revue de
la Normandie, » t. v, p. 382-384.
Outre la voie antique de Rouen à Evreux, qui traversait Uggate et dont nous
avons traité à la page 52 de cet ouvrage , on accorde encore à cette station
romaine des voies secondaires conduisant à Condate (Condé-sur-Iton), à Breviodurum
(Brionne ou Pont-Audemer) , à Lotum (Caudebec), à Arœgenus (Vieux) et à Ccesa-
romagUrS (Beauvais).
Le point central, où les antiques chemins ôl Uggate bifiirquaient , est devenu l'église de
Notre-Dame de Caudebec. Les grands murs que l'on trouve dans le cimetière et autour
de l'église de Caudebec nous font supposer volontiers que, suivant une coutume païenne,
il se trouvait là un temple dédié à Jupiter ou à Mercure, le dieu des chemins, temple
auquel aurait succédé l'église chrétienne. Cette succession n'est pas sans antécédents dans
les Gaules, comme dans tout l'empire romain.
Tout fait supposer qu* Uggate, ravagée une première fois parles Saxons en 282, aura
été entièrement détruite sous Gratien , en 383. La première raison que l'on donne de
ceci , c'est que les monnaies de cet empereur sont les dernières que l'on ait découvertes
dans ce sol , si éminemment numismatique ; la seconde , c'est que son nom ne figure plus
sur la Table de Peutinger, dressée sous le règne de Théodose-le-Grand , vers l'an 392 de
notre ère. Ce que l'on peut affirmer, c'est qa' Uggate, comme toutes les villes de la Gaule
romaine, périt dans les flammes. Les cendres et les charbons trouvés partout sur ses
débris, proclament bien haut cette vérité, à défaut de l'histoire.
M. Guilmeth, que nous ne citons toujours qu'avec réserve, prétend que les der-
niers habitants d'Uggate furent évangélisés une première fois, vers 410, par saint
Victrice de Rouen, et une seconde fois, en 430, par saint Taurin d'Evreux. Nous
lui laissons la responsabilité de cette assertion que rien ne dément , mais que rien
n'appuie.
Époque franque. — M. Ballin et M. Guilroelh pensent qu'après la conquête des
Fraocs, le territoire occupé par Caudebec et par Elbeuf prit le nom de Brunent ou de
Boulent. Ils assurent qu'au ix' siècle ce nom était encore porté par les deux localités
industrielles , et ils leur appliquent la défense que fit aux moines un concile de cette époque
de se vêtir de draps de Brunent , comme trop luxueux.
Ce qui démontre mieux pow nous l'existence et même l'importance de Caudebec à
l'époque franque, ce sont les nombreux tombeaux de pierre et de plâtre que l'on trouve
depuis cinquante ans autour de l'église. A différentes reprises , on a découvert et extrait
quelques-unes de ces auges de pierre, dont plusieurs se voient dans la cour du presby-
tère. Toutes les personnes du quartier déclarent en posséder dans leurs cours et dans leurs
jardins.
En 1832, lorsque M. Santerre fit construire la maison de M. Zouin, médecin, il
trouva cinq cercueils de pierre orientés est et ouest, et contenant encore des restes
humains.
En septembre 1855, un conduit pratiqué pour l'installation du gaz, dans la rue de
VÉglise , a fait voir sept ou huit de ces sarcophages qui se touchaient presque tous. Ils
n'étaient guère qu'à 60 centimètres du sol, orientés les pieds à l'est et la tête à l'ouest.
Leur longueur totale était en moyenne de 2 mètres 15 centimètres; leur laideur, de
52 centimètres; leur profondeur, de 27. Généralement, ils étaient en deux morceaux,
coname le couvercle lui-même, qui était légèrement tectiforme.
Tous ces cercueils avaient été réoccupés au moyen-âge. Un seul pourtant avait échappé ;
aussi, celui-là a-t-il fourni quelques objets intéressants et déterminants de la date des inhu-
mations. Nous reproduisons ici les principales pièces qui en ont été tirées, et qui se com-
posaient d'une boucle carrée en bronze, d'un anneau du même métal orné de quatorze
grains saillants au pourtour, de deux peries dont une en verre bleu et l'autre en pâte de
verre, d'un cure-oreilles et d'un cure-dents en bronze , et enfin de deux fibules rondes
en or et argent décorées de verroteries rouges rehaussées de paillons. Nous donnons
ici une de ces deux broches, parfaitement pareilles et entièrement identiques à celles de
Parfondeval
LÈS-ELBElJF, ISf
AHKEAt- £n BHOnSI DKMTBLÉ. — Gtimi-ORKILLBS ET CI'KE-D
226 —
La terre dans laquelle reposaient ces cercueils est noire et charbonnée , remplie de dé-
bris romains , tels que tuiles à rebords , médailles de bronze et poteries antiques. Il est
évident que les conquérants ont reposé sur les restes des vaincus.
Je ne doute pas non plus que le quartier voisin des rues Alfred et de LouvierSy au point
où se trouve la fabrique de M. Pelletier-Samson , n'ait été la grande nécropole d'Uggate,
non-seulement aux temps gaulois et romains, mais aussi à l'époque franque. Vers i 820 ,
M. Goujard trouva, entre les deux rues, dix à douze cercueils en pierre et en plâtre. En
1838, M. Pelletier rencontra dans son enclos trois cercueils de plâtre, placés côte à côte.
En 1846, en construisant la fabrique, on aperçut un squelette près duquel était un vase.
Il me paraît clair qu'il y eut des inhumations franques dans la rue de bouviers. Dans
la cour du sieur Saint- Amand, la maison est assise sur des morts. En 1861 , on m'a
remis trois scramasaxes trouvés dans des fondations. Ils sont aujourd'hui au Musée
d'Elbeuf.
Période normande. — Au xe siècle, Richard I^r, rétablissant l'abbaye de Saint-Taurin
d'Evreux , lui donna les églises de Caudebec , alors
rangées dans l'Evrecin. « Ecclesias de Caldebec in
Ebroïcensi pago. »
Epoque incertaine. — Le 9 mars 1861 , il a été
trouvé à Saint-Pierre-lès-Elbeuf , territoire nouvel-
lement détaché de Caudebec, une marmite en
bronze â trois pieds et deux anses , dont nous re-
produisons ici le dessin. Jusqu'à cette heure , nous
ne pouvons dater ce vase , pas plus que ses pareils
rencontrés à Lillebonne , aux Loges , à Vatteville ,
à Ancretteville , au Val-de-la-Haye et à Tourville-
la-Chapelle.
Il existe à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, assez près
de l'église Saint-Louis , un hameau connu sous le
nom de Bretèque. Il paraît que ce nom , comme celui de Deffends , indique toujours
une fortification au moyen-âge (1).
MARUITE EN BRONZE (SAIRT-PIERRE-
LÉ8-ELREUF| 1861).
(1) A Maillebois, près Chartres (Eure-et-Loir), est le hameau de la Dreteschc, — Ducange dit à propos de Bretu-
chia , Breteschiœ: « Castella lignea quihus castra et oppida muniebantur. » Annuaire d'Eure-et-Loir pour 1849,
page 229.
BIBU06SAPH1B.
B'AnviUe,* Notice de l'aocienna Gaule, > p. 698-S9.
DupoDt, « Notes manuscrites sur Elbeuf, • 1774-1782.
■ Annales , > de U. Genu, curé de Caudebec, de 17t0
à 1715. Hes.
A. Le Prévost, iMéoi. de la Soc. des Antiq.de Norin.,'
t. ïi, p. 2».
Lambert, ■ Hém. de ta Soc. des Antiq. de Nonn., <•
t. UT, p. 517, pi. IV, flg. 5.
Guilmetb, ■ Hist. de la ville et du canton d'Elbeuf, ■
in-a* de 684 p., Rouen, Berdalle, 1840.
« Revue de Rouen, i- année 1845, l" sem. , p. 321;
année 1846, 2' sem., p. 370-71.'
DeviUe, «Note aor une découverte de MÉdaiUaarom.,-.
dans le * Précis anal, de l'Acad. de Rouen, ■ année 1847,
p. 360.C8.
Id-, • Catalogue duMusée départemental, i>aunée 1845,
p. 20-W.
L'abbé Cocbet, * La Normandie souterraine, ' 1" édit.,
p. 137-38, 159; 2* édit., p. 155-56, 181.
«Sépultures ga)il.,rom. ,n«iiq. etnorm., > p.95-121.
* Antiquités romaines et Tombeaui Trancs trouvée à
Caudebec- lès-Elbeuf, » dans le ■ Précis anal, de l'Acad.
de Rouen, » année 1856, p. 269-395, avec pravures.
I Note sur des Marmites en bronze conservées dans
quelques collect arcbéol., ■ p. 1-7.
< Revue de l'Art chrétien, > t. vi, p. 127-32.
■ Note sur un édifice gallo-romain, présumé temple
ou laraire découvert et exploré & Gaudebec-Iës-Blbeuf
en mai 1864 , * dans le ■ -Bulletin des Travaux de la
Société Industrielle d'Elbeuf, > année 1864, p. 83-96,
avec gravures.
■ Revue de la Normandie, > t. v, p. 382-84.
Miard, • Journal d'Elbeuf, ■ du 30 septembre 1855.
Id., « Notes manuscrites sur Caudebec -lès-Blbeuf, »
1830-I8e0.
Petit , <■ Histoire de la ville d'Elbeuf, de Caudebec ,
d'Orival, de Saint-Aubin et des autres communes du
canton, <> in-8- de 288 p., ELbeuf, Levssaeur, 1858.
P. Maille, ■ Recherclies sur Elbeuf , » 3 vol. in-I8,
Blbeiif , 1SSS.63.
LA LONDE.
Epoque romaine. — On trouve à La Londe des fragments de meules à broyer en pou-
dingue. Le Musée de Rouen et M. l'abbé Jacquemet,de Limésy, en possèdent des échantillons.
Période normande. — L'église de La Londe renferme une abside circulaire du xie siècle.
ORIVAL.
Epoque romaine. — Par Orival passait la voie romaine qui allait de Rouen à Paris,
par Uggate ( Caudebec-lès-Elbeuf ).
Epoque franque. — J'ai appris en 1861 qu'au lieu dit le Roule-Hedwin, situé entre
Orival et Oissel, on a trouvé dans la craie des sépultures sises au versant de la colline et
au bord de la forêt de La Londe. Une d'elles a donné un scramasaxe.
En septembre 1862, le sieur Fontaine, de Tourville, pratiqua une fouille en cet en-
droit. Il trouva quatorze ou quinze squelettes enfouis dans des fosses de craie; il y avait
des hommes, des femmes et des enfants. Sur
le nombre, deux fosses seulement ont donné
des objets de Musée. C'étaient, outre un frag-
ment de vase tranc , un sabre en fer, long de
40 centimètres et possédant encore ses rai-
nures, puis une belle agrafe en bronze ciselé
etétamé. Cette plaque élégante, décorée d'un
natté magnifique, est devenue la propriété de
* ' jj ^jg Girancourt, qui a bien voylu nous gra-
AWAwu iH uo^^K cHix£ («UTAL. iseï). liûer du dessin que nous reproduisons ici.
— 228 —
Période normande. — C'est sur une des roches d'Orival qui bastioiment la Seine dans
la direction d'Oissel , et à peu près en face de Cléon , que se trouvait le fameux château
de Roche-Orival , aujourd'hui connu sous le nom de château Fouet.
Cette forteresse, commencée par Richard Cœur-de-Lion , l'ami des rochers et le roma-
nesque fondateur du Château-Gaillard^ fiit perfectionnée et agrandie par Jean-Sans-Terre.
Ce duc-roi y vint jusqu'à vingt-quatre fois en cinq ans, de 1199 à 1203. Nous connais-
sons trois ou quatre chartes signées par lui à la Roche-d'Orival. Mais la dernière année ,
quand il vit qu'il fallait désespérer de la Normandie , il démolit son œuvre pour l'empê-
cher de tomber entre les mains du vainqueur,
La place et les racines du château subsistent encore. C'est un vrai nid d'aigle impre-
nable et inaccessible de tous côtés, sauf par une langue de terre vers la plaine. De ce coté,
un fossé et une coupure profonde existent encore. Ces retranchements étaient destinés à
isoler la citadelle. Les épaisses murailles des tours et du donjon se reconnaissent encore à
leur appareil de pierre du xiie siècle. Ce château avait de l'importance au siècle dernier.
M. Rondeaux de Sétry nous en a laissé une bonne description. Il portait déjà le nom de
château Fouet. En 1620, un marquis de La Londe voulut en relever les murs ; le Parle-
ment de Rouen s'y opposa. De temps à autre , on trouve des débris au château Fouet.
Vers 1846, M. Deville acheta, pour le Musée de Rouen , un fragment de vase en bronze
provenant de ces ruines.
» Rotuli Normanniœ in turri Londinensi asservati,»
1. 1", p. 45 à 60, publiés en 1835 par M. Duffus-Hardy.
L*abbé Cochet, « Notice hist. et descript. sur l'église
de Moulineaux , » in-S" de 8 p., Rouen, 1845.
L'abbé Cochet, « Notice sur desSépultures romaines du
IV' et du V* siècle, trouvées à Tourville-la-Rivière, » p. 5.
Id., « Revue de Rouen, » année 1845, 2* sem., p. 161-69.
Id., « Revue de Normandie, » année 1863, p. 245.
TOURVILLE-LA-RIVIÈRE.
Epoque romaine. — Depuis 1842, époque du percement du tunnel de Tourville-la-
Rivière, il a été trouvé dans cette localité im grand nombre d'antiquités gallo-romaines.
Elles consistaient en vases de terre et de verre et en objets de métal , provenant tous , à ce
qu'il m'a semblé, de sépultures antiques. On m'a signalé surtout, parmi les découvertes,
un ou deux cercueils en plomb , rencontrés depuis trois ans, et des dépôts de monnaies
de bronze , qui m'ont paru remonter au iii« et au iv^ siècle de l'ère chrétienne.
M. de Girancourt, conseiller général du canton de Blangy, ayant fait l'acquisition de la
plus grande et de la plus belle partie de ces objets, obtint aussi du propriétaire,
M. Grenet, de Rouen , la permission de fouiller le terrain d'où provenaient ces antiquités.
Avec un désintéressement qu'on ne saurait assez louer, M. de Girancourt voulut bien as-
socier le département aux fouilles qu'il se proposait de pratiquer et aux découvertes qu'il
espérait faire.
M. le Préfet de la Seine-Inférieure ayant bien voulu m'accorder une allocation , j'ai pu
— 229 —
prendre à cette exploration une part active. Malheureusement, le résultat matériel n'a ré-
pondu ni à nos efforts , ni à nos espérances, ni à nos sacrifices. Néanmoins , nous avons
pu obtenir ce résultat scientifique et géographique : que nous avons constaté à Tourville-
la-Rivière l'existence d'un cimetière gallo-romain de la transition , c'est-à-dire du iv« et
du ve siècle de notre ère.
Ce cimetière est situé au versant d'une colline qui regarde l'orient , entre Tourville et
Sotteville-sous-le-Val , à l'endroit où le chemin de fer de Rouen à Paris débouche du
tunnel , dans la direction du Pont-de-l' Arche. Outre les travaux de la voie ferrée, l'exploi-
tation d'une sablière a encore contribué à montrer l'étendue de ce champ de sépul-
tures. D n'avait pas moins de 200 mètres de long sur 150 de large. C'est dans cet espace
qu'ont porté nos sondages et nos fouilles pendant les mois de mai et de juin de l'année
1862.
Les sépultures consistaient surtout ici en des inhumations. Cependant , nous avons ren-
contré une urne remplie des os brûlés d'un adulte. Cette urne , en terre grise , avait la
forme d'irn pot-au-feu. C'était \olla rustique des Gallo-Romains , si commune dans le pays
des Vélocasses et des Calètes. Cette incinération avait ceci de remarquable , qu'elle était
dans les terrains supérieurs , et qu'au-dessous d'elle nous avons trouvé une inhumation
romaine.
Ici, les inhumations consistèrent surtout dans des cercueils de bois d'une grande épais-
seur : les planches ne devaient pas avoir moins de 10 à 12 centimètres, si j'en juge
par les clous en fer destinés à les relier et à les consolider. Quelques-uns de ces cercueils
fermaient à l'aide de couplets en fer dont nous avons recueilli plusieurs spécimens. Il
s'est également rencontré des anneaux en fer dont la destination n'est pas facile à
déterminer.
Outre les cercueils de bois, j'ai aussi à signaler la présence de deux cercueils en plomb
apparus de 1860 à 1862. L'un d'eux pesait jusqu'à cent kilogrammes. On remarquait à la
tête du couvercle la figure d'une croix de Saint-André , gravée avec un instrument aigu.
Cette figure a été également observée à Rouen, en 1843 , sur les cercueils de Quatre-
Mares , et , en 1 852 , sur ceux du couvent d'Ernemont. A Angers , où de pareilles croix
ont été reconnues en 1849, on les considère comme des signes chrétiens. Je n'oserais
conclure aussi promptement.
Les corps renfermés dans ces cercueils de bois ou de plomb étaient accompagnés , aux
pieds, à la tête et autour du corps, de vases en terre et en verre , dont la majeure partie
reproduisait des lagènes et des coupes à boire. Les coupes de verres étaient en quantité
incroyable : nous n'en avons pas compté moins de cinquante entières ou par fragments ;
farès peu étaient intactes , presque aucime ne possédait un pied. Toutes étaient saturées au
dedans et au dehors d'un tartre rougeâtre semblable à du sang caillé ou à de la lie de vin
desséchée.
— 230 —
Les vases de terre se composaient de bols, de pots et de cruchons. La pâte était
blanche, rouge, noire ou grise.
Une coupe de verre contenait une vingtaine de quinaires en bronze de Posthume et de
Tétricus. La main d'un mort tenait encore un grand et un moyen bronze de Maximien.
Les phalanges des doigts sont fortement verdies par l'oxyde. J'ai reconnu , parmi les mon-
naies, des Gallien , des Claude-le-Gothique et des Constantin-le-Jeune.
On nous a dit qu'un des cercueils de plomb contenait une mère et son enfant , et que
l'enfant était accompagné d'un biberon en verre. On ajoute que près de ce cercueil
étaient des masses de quinaires en bronze de Posthume et de Tétricus (i), et que ces
pièces se trouvaient enfermées dans des boites de métal.
Je ne terminerai pas la description de ce cimetière sans citer un curieux bracelet eo
verre noir, d'une seule pièce, que j'ai recueilli moi-même au poignet d'un défunt, ou
probablement d'une défunte. Ce même sujet portait au doigt un anneau de bronze.
Le bracelet de verre, surtout lorsqu'il est entier, est chose rare et curieuse; mais ce
qui ne l'est pas moins pour moi , c'est un vase en fer haut de 13 centimètres et ayant la
forme d'une lagène. C'est bien assurément le premier de cette espèce qui me tombe sous
les yeux , et je suppose volontiers que cet objet est rare pour tout le monde.
Grâce à la bienveillance de M. de Girancourt, je peux reproduire ici toute la série des
vases romains de Tourville que ce généreux gentilhomme a sauvegardés. J'y ajouterai
quelques-uns de ceux que j'ai recueillis.
t tbhue caiSE. v*sb romain en fbd.
(l)|H. H. I^Dglois raconte que, sur uDaquelelta romam du Bss-Ëmpire , irouvé i Rouen , en 1827 ou en 18!8, dans
la rue du Itenard, qmrti&T Saint-Gervais, «plus de cinquante petites monnaies de suivre, presque toutes à l'effigie
de Tétricus père et Ole , mais Tort singulières par leur excessive ténuité , se trouvaient parmi les ossernsnts des
m&cboires. Biles y étaient encore ai bien disposées, qu'il était impossible de douter qu'on en eût rempli la boacb*
du cadavre. • Quatre de ces pièces, reproduites par M. Langlois, prouvent que k;' étaient des quioairea, (E.Lon-
glois, «Mém. sur des Tombeaux gatlo-romaina,» p. 10, pi. 2, flg. v.J — En 1825, dans la rue Sainl-André-hort-
Ville prés la r\ie SairU-Maur, H. Journaux trouva, à sept ou huit pieds sous terre, un squelette ayant entre les tibias
une plie de vingt-sept petites pièces de cuivre oxydées et agglomérées. Aui pieds était nn vaw de verre blanc tril
mince. Ces monnaies étaient presque toutes à l'eiligie de Constantin -le- Jeune et à la marque de Comlanlint^lis.
(De laQuérière, • Notice sur diverses antiquités de la ville de Rouen, ■ p. 5 et G, in>B*, Rouen, t8t&].
. 231 —
: ITOl'HVIM.K-T.A-RIVIÊIIB, ISC?'.
VANES KOMAim IN TBHKR (TOUITILLE-Lj
« TERHE ROUfiB (TOUnVILLG-t.A'UTliBE. IMt).
2â3 —
VASU BOMAINS KN TEMIK (XOIinVILU-LA-BlTItHl, IS61).
30
TBRRK ItOIK.
CODPLSTS EN FBR.
l.TourttlMa-RiTJère. — H'I. Raaen,Clo9-C>nipaIeT.
ÉPOQUE FRANQUE. — En 4 857 , à la côte de la Callmette , située au Col-de-Tmrville ,
juste en face du cimetière romain , un cercueil de pierre fut brisé en labourant Ce cer-
cueil, dont j'ai vu les morceaux, ne contenait qu'un squelette. 'Ce sarcophage m'a paru
appartenir à l'époque franque.
■ Revue de la Normandie , a année 1863 , p.
■ Notice sur des SépuUures romaines du r
V* siècle, trouvées à Tourville-la-Rivière,
19 p. et 3i grav.
ARRONDISSEMENT DE DIEPPE.
CANTON DE DIEPPE.
DIEPPE.
Epoque romaine. — Comme ville , Dieppe ne date guère que du moyen-âge. C'est au
xn* siècle, après la conquête de l'Angleterre par les Normands, que son port prend im
grand développement commercial et maritime; car la marine, le commerce et le transit
sont la véritable raison d'être de Dieppe. Ce passage des hommes et des choses, qui com-
mence à Guillaume-le-Conquérant , prend un accroissement considérable sous le règne de
Henri II Plantagenet.
Le nom de Dieppe, qui lui vient de sa rivière {Deppa, deep, profond), apparaît pour la
première fois au x* siècle , et pour la seconde au xi*, dans la charte de Gosselin, vicomte
d'Arqués et de Rouen, donnée, en 1030, pour la fondation de l'abbaye de la Trinité-du-
Mont , depuis Sainte-Catherine-lès-Rouen. Les chroniqueurs dieppois font tous remonter la
fondation de leur ville à Charlemagne , qui , avec l'existence , lui aurait donné le nom de
Bertheville, en l'honneur de sa mère ou de sa fille. Cependant cette assertion, qui ne se
fait jour pour nous qu'au xvi* ou au xvii* siècle, est dénuée de preuves et de monuments
contemporains.
Toutefois, comme séjour de l'homme, comme localité bâtie et habitée, Dieppe revendique
une plus haute antiquité.
La période gauloise fait à peu près défaut sur Je sol ; à moins que Ton ne rattache à cette
civilisation une pierre dite Pierre du bonheur y qui paraît avoir existé au Pollet. La droite et
la gauche de la baie sont gardées par deux monuments celtiques, le Câtelier de Varenge-
ville, qui passe pour être le tombeau du petit doigt de Gargantua ^ et la grande enceinte de
la Cité de LimeSy des ruines de laquelle un historien du moyen-âge prétend que Dieppe fut
bâtie : € Ex ruinis Lymarum civitatis condita est Deppa. »
Mais, quittant le domaine des conjectures pour celui des monuments positifs, nous pour
vons montrer à Dieppe, de chaque côté de la vallée , deux points romains fort intéressants.
Le premier est au faubourg de la Barre , station de l'ouest de la vallée. Le pied du mont
— 236 —
VASES ROMAINS TBOUVÉS A DIBPPE Bfl f 760,
D'après un dessin do temps.
de Caux est rempli de débris antiques, surtout au
point encore appelé la Cour aux Etuves (1). Dès le
siècle dernier, des découvertes de piliers et d'hy-
pocaustes furent faites en cet endroit et ont été
consignées dans les chroniques locales et dans le
Mercure de France de 1760. Ce dernier recueil
inséra une note d'un habitant de Dieppe , que nous
soupçonnons fort être M. Desmarquets , qui devint
plus tard Fhistorien de la cité. Un dessin accom-
pagnait la description. Nous sommes heureux de
le reproduire d'après le Mercure lui-même.
Mais c'est en 1826 que fut découvert et exploré le cimetière romain de la cavée de Caude-
Côte. M. Feret, qui fouilla ce champ de repos pour M^^ la duchessfe de Berry, a reconnu l'en-
ceinte murée et a recueilli un certain nombre d'urnes et de vases aux offrandes qui , après
avoir orné longtemps le château de Rosny , sont venus prendre place dans le Musée de
Rouen et à la Bibliothèque de Dieppe. Les monnaies de bronze accompagnant ces cinquante
vases romains de Caude-Côte étaient un Marc-Aurèle et deux Faustines. Toutes trois furent
trouvées au fond d'une urne.
Au faubourg de la Barre aboutissaient deux voies romaines : l'une venant de Rouen
(Rotomagus) et de Radepont (Ritumagus), appelée aussi le chemin des Fées^ ce qui lui don-
nerait presque une origine gauloise; l'autre, venant du pays de Caux qu'elle traversait dans
presque toute sa longueur, passait par deux de ses villes principales, Juliobona (LiUebonne) et
Gravmwm(Grainville-la-Teinturière), etse rendait à Gesoriacum(fio\x\ogae)pdLTAugusta(^\x).
Cette voie traversait la vallée de Dieppe, alors remplie par les eaux de trois rivières et
de la mer, au moyen d'un gué dont le nom est resté longtemps attaché à la rue d' Ecosse ^
autrefois la rue rue des Gués ou des Wées (Vicum vadorum).
De l'autre côté de la vallée la voie rencontrait la station de l'Est ou du PoUet, dont les
débris sont plus parlants que ceux du Port-d'Ouest. Malgré les érosions de la mer et des
eaux terrestres, il reste encore le long de la Retenue une suite d'habitations romaines qui
n'a guère moins d'un kilomètre de longueur.
La trace des habitations est parfaitement marquée avec des murs, des tuiles à rebords,
des poteries rouges , noires et grises , des monnaies de bronze , et surtout des débris
d'huîtres, de moules, de pateUes et de poissons de toute espèce. Depuis 1820 que l'on
observe ce dépôt antique , on n'a cessé d'y recueillir des débris de toute espèce ; j'y ai
(1) Nous croyons qu'Etuves peut signifier hypocamies antiques. — A Bruyères (Aisne), est la rue des Etuves,
« Bullet. de la Soc. Acad. de Laon », t. xi, p. 28. — A Boissons, la rue des Vieilles- Etuves est sur une chaussée ro-
maine toute remplie de débris antiques. « Bullet. de la Soc. arch., hist. et scient, de Soissons v , t. xv, p. 145.^
A Bourges , près de la rue des VieUles- Etuves sont des antiquités romaines.
— S37 —
reconnu les marques des potiers pont... et rviN..., et j'ai observé, au lieu dit la Tour de
Jérusalem , une couche de déblais antiques qui n'a pas moins de 6 mètres de profondeur.
Cette position romaine est connue des archéologues sous le nom de station de Bonne'
Nouvelle. Elle était longée, dans toute son étendue, par la voie qui , de Dieppe, se rendait à
Casaromagus (Beauvais) par Envermeu , Londinières, Epinay-Sainte-Beuve et la vallée de
ITEauhie.
Le cimetière de cette station ancienne était probablement au haut de la colUne , sur le
territoire actuel de la commune de NeuviUe-le-Pollet. Nous l'avons découvert et exploré en
i845; mais nous devons renvoyer le lecteur à l'article relatif à cette commune. Sur les
côtes qui entourent Dieppe, on a trouvé des monnaies d'argent de Domitien, de Posthume
et d'Etruscille.
Epoque franque. — Un cimetière franc a été découvert au hameau d'Epinay, aujour-
d'hui Saint-Pierre, en janvier 1847, lors de la confection de la tranchée du chemin de fer
qui borde le chemin d'Àrques. Cinquante squelettes environ ont été reconnus. J'ai constaté
la présence d'un cercueil en plâtre, de trois sarcophages en pierre de Vergelé et de cinq ou
six vases en terre noire ayant la forme de l'époque mérovingienne. Ces vases , qui sont
aujourd'hui au Musée de Rouen , ont été dessinés dans la Revue de Rouen et dans la Nor-
mandie souterraine. Je crois ce cimetière plus carlovingien que mérovingien. Je donne ici
le dessin de deux vases et d'un des cercueils de pierre.
VASES FRAKCB DK BAinT-PIBlBK-D'él'INAY (uIRPPE), ISt?.
CBBCDKII. DE PIBMB THOUTË A BISPPB BR 1H7.
Je reproduis également deux des crânes francs d'Ëpinay, aujourd'hui déposés au Jardin
des Plantes, dans le Musée anthropologique de Paris :
GKANBS FKftHCa DB SAINT-PUMB-D'ÉPINAT (UBPPB).
En face et dans la prairie est une butte en terre de forme carrée et haute de 5 à 6
mètres. On l'appelle la Butte des Salines ou la Butte de Saint-Pierre. A quelle époque
remonte-t-elle? Nous t'ignorons.
Le hameau d'Epinay, appelé Spinetumen 1982, possédait des sahoes au xive siècle.
On les appelait les Mares d'Espinoy. •
BIBLIOGKIPHIB.
■Uonuments antiques trouvas i CotecAte ,prâsDieppe,*
dans le > Mercure deFrance, ■ de juillet 1760,p. 103-110.
Pr. Pasumot, ■ Sur la découverte des urnes ciné-
raires de Colec6t8, • dans la « Uercure de Francs, ■
de février 1761, p. 100-101.
i Notice sur Dieppe, Arques et quelques monuments
circonvoisins, ■■ par P.-J. Peret, in-8*, Paris, 1824,
■ Souscription pour la recberche et la découverte des
antiquités dans l 'arrondissement de Dieppe,* par P.-J.
Feret, in-B- de 18 pages, Bouen, 1816.
o Société archéolo^. de l'arrondissement de Dieppe,»
par P.-J. Feret, in-8' de 32 pages, Rouen, 1828,
a Histoire de Dieppe , ■ par L. Vitet, 1" édit., 3 vol.
ln-8*, 1833; 2- édit , 1 vol. intS, Paris, Gosselin, 1844.
■ Promenades autour de Dieppe , • un vol. in-I8 ,
Dieppe, 1838; 2* édit. eu 1839, avec 6 pi.
• Notice sur les fouilles de Neuville-le-Pollet, en
1845, par H. I'al>bé Cochet, iii-8* de 18 pages avec
planche, Rouen, 1843. .
■ Sépultures anciennes trouvées & Saint-Pierre-
d'Epinay, en 1847, ■ par U. l'abbé Cochet, in^^- de 18
pages et une planche, Rouen, 1847.
• La Normandie souterraine , ■ par H. l'ahbë Cochet ,
1" édition, page 61-73, 3ia-330! 2* édition, page 71-75,
403-416.
> Histoire des Bains de Dieppe, ■ par P.-J. Feret,
in-S°, Dieppe, 1857.
<i Catalogue de la Bibliothèque de Dieppe, rédigé en
1857, > p. 341-348, iu-8% Dieppe, 1857.
■ Guide du baigneur dans Dieppe et ses environs , >
par H. l'abbé Cochet, p. 73-105, in-18, Dieppe 1860.
NEIMLLE-LE-POLLET.
ÉPOQUE ROMAINE. — Pfès de l'éghse de Neuville (1), dans les jardins appartenant à
Mme Levasseur et à M. Vincent Duval, maître maçon, j'ai découvert, en 1845, un cimetière
goilo-romain qui a été exploré de nouveau en 1846 et en 1850. -
{l) Des villages du nom de Neuville (Nova villa) se trouvent auprès des cités antiques de Lyon et de Troyea.
Nous croyons que dans ces deux dernières localités se voient aussi des restée romains. M. do Caumonl , qui
reproduit les bains de Neuville , près Troyes , est disposé a attribuer la création de cette localité au a* siècle de
notre ère. ■ Bulletin monumental, ■ t. xxxi.p. 12 et 13.
— 239 —
Ce cimetière à incinération, qui n'avait pas moins de 25 mètres de long sur 10 de
large, devait remonter au i^r et au ii^ siècle de notre ère. Il en est sorti plus de
cinq cents vases en terre, en verre ou en bronze. Ces vases étaient partagés par groupes
de sépultures dont quelques-unes en contenaient jusqu'à quinze ou vingt. Le nombre de
groupes n'était pas inférieiu- à soixante.
Outre les vases, j'ai recueilli des cuillères en argent et en bronze, des bagues en cuivre,
une clochette , des clés et des ciseaux en fer, et enfin des monnaies de bronze de Marc-
Aurèle, de Commode, d'Antonin, de Faustine et d'Adrien.
Sur des vases rouges, j'ai lu les noms des potiers verocandi, tocca, anticvi et ciisianie;
sur des barillets de verre, j'ai reconnu les marques des verriers F. fro, fron, froni, froti,
FRNTINIANA, S. C. et DACCIVS F.
J'ai donné la description et la reproduction des objets du cimetière de Neuville dans la
Revue de Rmen, le Bulletin monumental, les Mémoires de la Société des Antiquaires de
Normandie et la Normandie souterraine. Les vases et autres objets qui sont sortis de ces
fouilles ont été déposés à la Bibliothèque de Dieppe et au Musée départemental de Rouen.
De 1840 à 1850, il a été trouvé, dans la plaine qui sépare le village de Neuville du hameau
de Puys, qui en dépend, un vase de bronze contenant environ trois cents monnaies
romaines en billon qui appartenaient presque toutes aux Césars du me siècle.
BIBLIOGRAPHIE.
« Notice sur les fouilles de Neuville-le-PoUet , en
1845, » par M. 1*abbé Cochet, In-S** de 18 pages avec
plandie, Rouen, Péron, 1845.
« La Normandie souterraine, > par M. Tabbé Cochet ,
!»• édit, p. 61-73 -, 2* édit., p. 71-75, et pi. ii et m.
«Bulletin monumental, » t. xi, p. 609-616 et planche.
« Revue de Rouen, » année 1845, 2« sem., p. 201-209 el
planche, et p. 369. — Id., année 1850, p. 107.
c Mémoires de la Société des Antiquaires de Nor-
mandie, » t. xvm, p. 126-133 et planche.
m Guide du Baigneur dans Dieppe et ses environs , »
par M. l'abbé Cochet, p. 280-292, édit. de 1860.
CANTON D'OFFRANVILLE.
OFFRANVILLE.
Époque incertaine. — M. Guilmeth dit qu'il existe à Offranville une motte ou vigie. —
Description géographique, historique, statistique et monum. des arrondiss. , t. rv,
p^ 115.
— 240 —
HAUTOT-SUR-MER.
Époque franque. — ^ En 1843, j'ai vu extraire d'une masure appartenant au sieur
Prunier, de Dieppe, un cercueil en pierre du pays, que Ton doit reportera Tépoque
franque, soit mérovingienne, soit carlovingienne. Cette sépulture était placée en dehors
des cours, du côté de la mer. — On m'a signalé près de l'église, sur la propriété d'un
nommé Leroux , un terrain rempli de débris , de cercueils et de sépultures. Ce fiit un ancien
cimetière.
Période franque ou normande. — Dans le bois de Hautot , placé entre le village et la
vallée de la Scie , on voit des pans de murs encore élevés, des terrassements considérables
et des fossés non encore comblés. Ce sont les restes du vieux château de Hautot-sur-Mer,
qui eut autrefois autorité sur les bouches de la Scie et même sur une portion de la ville de
Dieppe. Les chroniqueurs dieppois disent que ce château fiit élevé par Charlemagne. Il
tombe en ruine depuis des siècles, et dès 1583 le duc de Longueville, son propriétaire, en
abandonna les pierres aux Minimes de Dieppe.
LE PETIT-APPEVILLE (section de hautot).
Époque romaine. — Au Petit-Appeville passe la voie romaine qui allait de Lillebonne
à Dieppe; les silex se reconnaissent encore dans la Cavée des Fontaines. En 1841, j'ai
trouvé sur le bord de cette voie une meule à broyer en poudingue , aujourd'hui à la
Bibliothèque de Dieppe.
POURVILLE (section de hautot).
Époque romaine. — Pourville, Pouhierville ou Portville, situé au bord de la mer et à
l'embouchure de la Scie , tire son nom de l'ancien port du rivage. On y trouve beaucoup de
tuiles romaines et des murailles antiques, surtout dans l'ancien presbytère. En 1846, une
chute de rocher a fait voir sous la falaise du nord, à la hauteur du corps-de-garde, quatre-
vingts médailles d'or des Césars du iv® et du v® siècle. Je connais un Honorius qui
provient de cette découverte. En 1861 , nouvelle découverte de dix-huit monnaies d'or de
Valentinien ler, de FI. Valens, de Théodose, d'Arcadius et d'Honorius. En avril 1862, j'ai
fait des fouilles à Pourville, soit dans l'enceinte de l'ancienne église, soit au bord de la mer,
au lieu dit le Jardin des Douaniers ; partout j'ai trouvé à 1 mètre de profondeur une
couche de terre noire épaisse de 60 centimètres contenant des tuiles à rebords, du
charbon , des poteries et des médailles romaines. Il s'y est rencontré même des vases
sainiens à relief.
Époque franque. — Sur la côte de l'ouest, près du chemin qui conduit à Varengeville,
est un champ situé sous le Pâtis de Saint-Thomas. Un éboulement de terrain a montré ,
— 241 —
vers 1829, cinq ou six cercueils en pierre de Vergelé contenant des squelettes, dont un
possédait une épée. Un de ces cercueils a été apporté à la Bibliothèque de Dieppe. En
1862, j'ai fouillé ce même terrain et j'y ai trouvé des ossements humains et une sépulture
possédant encore une agrafe de ceinturon en fer avec plaque et contre-plaque. C'était
évidemment un cimetière franc.
VARENGEVILLE-SUR-MER.
Epoque gauloise. — Sur la falaise la plus avancée de VarengeviUe s'élève une
énorme butte en terre, dont la forme un peu allongée ressemble assez à un tertre de
nos cimetières. Le peuple, qui symbolise tout, dit que c'est la tombe du petit doigt de
Gargantua. Le nom que porte ce tertre antique est celui de Câtelier^ nom que nous
retrouvons à Veulettes, près Cany, et sur plusieurs points de la Seine. Comme à Veu-
lettes , nous croyons que le Câtelier de VarengeviUe n'est que le débris d'un ancien camp
tombé à la mer, et , dans les restes de ce fossé si élevé , nous pensons voir la trace d'un
rempart en terre.
Epoque romaine. — M. Deville me signale au Musée de Rouen, comme provenant de
VarengeviUe, une meule à broyer en poudingue et une pièce d'argent des Antonins.
Période normande. — L'église de VarengeviUe , dédiée à saint Valéry, est bâtie au
bord de la falaise et à l'extrémité du vUlage. Une tradition prétend que c'est le saint abbé
de Leuconaûs qui a voulu qu'elle fût placée là. Les habitants désiraient la voir au milieu de
la paroisse ; mais ce que l'on construisait le jour était porté la nuit sur le rivage où eUe
est aujourd'hui.
La tradition du pays prétend aussi que l'égUse de VarengeviUe fut autrefois une abbaye
et que les moines demeuraient autour d'elle. Le fait est que le cimetière est rempli de
décombres et de fondations et que l'on y trouve des cercueUs de pierre.
SAINTE-MARGUERITE-SUR-MER.
Epoque romaine. — Sainte-Marguerite-sur-Mer ou sur-Saâne , anciennement appelée
Caprimont ou Sainte-Marguerite-de-Caprimont , est un des points de la Seine-Infé-
rieure , les plus riches en antiquités romaines. La villa est connue de tout le monde
savant.
Aperçue dès 182Ô par la charrue du laboureur, eUe a été signalée à l'attention de la
Commission des antiquités et des archéologues, par M. SoUicoffre, de 1821 à 1825. FouiUée
par M. Feret, de Dieppe, de 1840 à 1847, la villa de Sainte-Marguerite s'est montrée une
des plus intéressantes du nord de la France. EUe présente dans sa partie centrale une galerie
carrée soutenue par des colonnes circulaires. Autour de cette cour fermée règne une suite
de galeries et d'appartements dont plusieurs étaient chauffés avec des hypocauàtes et pavés
31
— 242 —
enmosaîque.Unptan de iaîitWoa été publié par M.de Caumont, dans son Bullelinmonu-
mental ( t. ix , p. 92-97 ). Nous le reproduisons ici.
Après l'habitation principale,
on découvrit les dépendances qui
consistaient en des jardins clos de
murs, en une fontaine avec son
bassin carré et ses conduits en
bois, dans un édifice circulaire
consacré à des bains, dans un bel
et long portique pavé et lambrissé
en mosaïque qui put servir à la
promenade et à la conversation,
et enfin en un petit temple carré
avec son enceinte murée.
Tout cela occupait une colline
isolée appelée la Butte de Noient , '
se trouvait en vue de la mer et au fond d'une baie magnifique. — Sur le penchant de cette
même colline , dans un champ appelé la Roquelle, nous avons trouvé, en 4862, des restes
de constructions et six colonnes alignées, au pied desquelles se iroTivaient des urnes
brisées. Ces colonnes , qui n'étaient autres que des stèles funéraires , étaient en pierre ,
sauf une seule qui était en briques rondes revêtues de stuc.
Dans le jardin de la villa, on a trouvé en 1840 des sépultures franques ou saxonnes ,
oii les squelettes étaient accompagnés de vases aux pieds, et , sui- le corps , de sabres , de
boucles, de couteaux , de fibules, de ciseaux , de bagues et de colliers en perles de verre.
Les objets provenant de ces sépultures, les marbres, les stucs et autres débris produits
par les fouilles de Sainte-Marguerite , sont déposés à la Bibliothèque de Dieppe , où se
trouvent également quatre belles vues coloriées de la villa, ainsi qu'un plan en relief de ces
ruines curieuses. Le plan et les vues sont l'œuvre de M. Amédée Feret.
Sainte-Marguerite nous a montré encore beaucoup d'autres antiquités romaines. Nous
citerons surtout une belle urne en verre bleu, contenant des os brûlés, rencontrée près du
château d(î M. de la Tour. Des masses de tuiles et de poteries se trouvent également sur
l'espace d'un kilomètre , depuis la Butte de Noient jusqu'au corps-de-garde des douanes,
et à l'ancienne batterie.
Epoque franque. — Les Barbares, francs ou saxons, ont passé à Sainte-Mai^erite et ont
occupé les bouches de la Saâne. Nous avons déjà dit qu'il avait été trouvé des traces de leur
séjour dans les sépultures armées du jardin de la villa. Un autre dortoir s'est fait jour à la
batterie même, au-dessous comme autour du corps-de-garde. Sous répaulement,qui est
tombé à la mer, s'est rencontré un cimetière franc-mérovingien, découvert et exploré par
— 243 —
M. Sollicoffre, en i822. On y vit alors des cercueils de pierre , des boucles , des fibules, des
sabres, des couteaux et des médailles d'ÂntoninetdeLucille. Fouillé en 1840parM. Feret,
il lui donna divers débris et des cercueils en pierre de Vergelé , dont un a été apporté à
Dieppe. Depuis ce moment, le cimetière a disparu tout entier. Je m'en suis assuré en 1862.
Nous donnons ici le dessin des objets de bronze trouvés en 1840 dans les jardins de la
villa. Ces pièces franques ou saxonnes , déposées aujourd'hui à la Bibliothèque de Dieppe,
ont été éditées en Angleterre par les soins de notre ami M. Wylie, qui veut bien nous
permettre de les reproduire :
AGBAFKS ET PLAQUES DE CBlMTVaON ER BIIOBZE (SAinTE-MARGWEIlITlt, IB40).
■AGUE. [SAINTE-MAHGUEilITE, 1840.)
KOVCLEB EN BRDKIB.
PERLE En PATE DE VERHE.
(SAINTE-IIARGIIERITK. IMO.)
FIBULE xn BBOniF.
BIBLIOGKAPBIB.
Dnplassis, ■ Description géographique et historique
de la Haute-Normandie, ■ t. i", p. 316-47, 3BB.
• ProcËs-vorbaux de laCommission des Antiquités de
la Seine-Inférieure, » de 1821 à 1850. Mss.
SoUicofTre , • Précis analytique des travauji de l'Aca-
démie de Rouen, > années 1821 et tB23.
A. Le Prévost, ■ Notice sur diverses antiquités dé-
«MUvertes dans le département de la Seine-Inférieure :
à Bai nte-Margue rite, etc., ■• dans le > Précis analytique
de l'Académie de Rouen , ■ année 1B20.
A. Le-Prevost, ■ Antiquités découvertes à Sainle-Mar-
guerlte-sur-8aine,> dans le <. Précis » de 1824,p. 166-169,
etdansles> Archives de la Normandie, ■ 1. 1", p. 166-69.
Gai lion. " Antiquités découverte s ù Sainle-Marguerite-
Bur-Saâne, près Dieppe [avec une note de M. A. Le Pré-
vost), • Archives ann. de la Normandie, • 1" année
(1824), p. 166-69.
P,-J.Feret, «NoticesurDieppe, Arques, etc.,» p. 2-5,
Vil«t, . Histoire de Dieppe, ■ p. 432-4«, «dit, IBM.
De Caumont, ■ Cours d'antiquités monumentales, •
t, VI.
P.-J. Feret , • Bulletin monumental, > t. ix , p. S9-97
et planches.
Wy 1 ie , ■ A ccoun t of Teutonic remains apparen tly Saxon
fbund near Dieppe, • p. 10-16, in-4*, I«ndoii, 1853,
Wylie, « Archœologia, ■ vol. xixv, p. 108-113.
P.-J. Ferel, « Histoire des Bains de Dieppe, ■> p. 90-
93, 133-136.
L'abbé Cochet, ■ les Églises de l'arrondissement de
Dieppe, -t II, p. 57-64.
L'abbé Cochet, •■ la Normandie souterraine, » fédit.,
p. 33-34, 132; 2* édit., p. 11-42, 150.
L'abbè Cochet, > Guide du Baigneur, • édition 1860,
p. 121-132.
André Durand, • Journal de Bouen, • octobre 1860.
— Id., " Vigie de Dieppe, • du 23 octobre 1860.
QUIBERVILLE-SUR-MER.
Époque incertaine. — Les habitants de Quiberville ou Guiberville racontent que leurs
pères voulurent construire l'église dans le fond, près de la Grande-Mare; mais ce que l'on
bâtissait le jour était porté la nuit près de la falaise , où est l'église actuelle.
A Quiberville , on prétond que la ville était autrefois dans la terre des Huit-Acres*
OUVILLE-LA-RIVIÈRE.
Époque romaine. — M. Feret m'a assuré avoir vu des antiquités romaines près du
château d'Ouville et dans le bois qui entoure la chapelle ruinée de Sainte-Apolline. M. De-
ville m'a signalé & Ouville des tuiles à rebords et des médailles romaines.
Époque franque. — En avril 1854, des ouvriers occupés à planter des arbres à ta côt«
du Beuzeval , hameau de Tous-les-Mesnils , commune d'Ouville , découvrirent un cercueil
en pierre de Vergelé , contenant les restes d'une jeune fille, ayant une perle en verre bleu ,
une fibule de bronze et des boucles d'oreilles de cuivre avec pendants d'or. — Nous
donnons ici un dessin du cercueil, de la perle et de la boucle d'oreille.
CERCUtlI. B\ PIEBRK I
ss
«tt^
il.ËE EM VEDDG BLEl'.
En juillet 1 854 , je fouillai autour du sarcophage et j'y découvris un cimetière mérovin-
gien contenant environ cent fosses et autant de squelettes violés ou intacts. Je recueillis
dans celte fouille une hache en fer, des scramasaxes, des couteaux et un grand nombre de
boucles et d'agrafes en fer, toutes damasquinées. Cette exploration a été racontée et
plusieurs des objets ont été reproduits dans mes Sépultures gauloises , romaines, franques
et normandes. — J'en donne ici une nouvelle édition.
■i.t<;rEs DAMASQuinÉEB E\ augbnt (ouyille, l»A).
.'Js 'Je 'le
(OVTILUt, ISM).
VASES FBAKCB E
— 246 -
Le produit de la fouille est au Musée départemental de Rouen.
L'abbé Cochet, « les Eglises de l'arrondi ssement de
Dieppe, » t. Il, p. 78-89.
L'abbé Cochet, «la Normandie souterraine, Jt2'êdit.,
p. 436-440.
BIBLIOfiBAPniB.
L'abbé Cochet , ■ Sépultures gauloises , rom&ines
franques et normandes , ■ p. 131-156.
L'abbé Cochet, ■ Guida du Baigneur, • édition 1860,
p. 179-182.
LE BOURG-DUN.
Antiquités romaines et franques. — Ce dut être toujours un point important que
le Bourg-Dun , qui a pris son nom de sa rivière ou qui le lui a donné. Ce lieu est appelé
Dunum au vme siècle, dans la Chronique de Fontenelle. Au temps des Francs, un m(H
nastère s'établit dans notre localité , et il est désigné sous le nom d'Evrard-S^lise :
€ Evrardi-Ecclesia ou Ebrardi-Ecclesia. » Enfin, l'église elle-même est appelée : « Abbatia.»
Le peuple a conservé à son vieux moutier le nom à'abbaye.
Mais , avant d'aller plus loin , disons de suite que le Bourg-Dun dut être occupé dès
l'époque romaine. Ea effet, nous avons possédé longtemps un aureus de Valentioien h^,
— 247 —
trouvé au Bourg-Dun vers 1844 : il est entré dans la collection de M. le doyen de Fon-
taine-le-Dun. Enfin , en 1847, un autre berger a déterré avec sa houlette un vase antique
contenant environ trois cents monnaies à l'effigie des Césars du me siècle. {Revue de Rouen ^
année 1848, p. 57.)
A propos des savantes discussions qui , au xviiie siècle , eurent lieu dans le Mercure de
France sur le mot Dunum, Tabbé Lebeuf dit qu'il a passé le Dun le 7 septembre 1717.
BIBLIOGRAPHIE.
« Ghronicon FontanellsB) ■ c. vit,
« Gallia Christiana, » t. xi, p. 124.
Le Prévost , « Mémoire de la Société des Antiquaires
de Normandie, » t. xi, p. 7.
Duplessis , « Description géographique et historique
de la Haute-Normandie, » 1. 1", p. 331-363.
Guilmeth , « Description géographique , historique ,
statistique et monumentale, » t. iv, p. 116-121.
« Vitet, «< Histoire de Dieppe, » édit. 1844, p. 444-446.
L'abbé Cochet , « les Eglises de l'arrondissement de
Dieppe, » 1. 1", p. 263-72.
L'abbé Cochet, « la Normandie souterraine, » !'• édit.,
p. 132; 2« édit., p. 150.
L'abbé Cochet, « Guide du Baigneur, » édition 1860,
p. 166-174.
SAINT-AUBIN-SUR-SCIE.
Antiquités romaines et franques. — Au bas de la côte de Saint-Aubin , rectifiée en
1846 pour la route impériale no 27, de Rouen à Dieppe, on a trouvé un cimetière franc qui
fut entièrement gaspillé par les terrassiers. Je sais qu'on y a rencontré des vases et des
armes; mais je n'ai pu recueillir de ces épaves qu'une épée en fer tout à fait mérovingienne.
A cette même côte , j'ai reconnu un four à chaux tout rempli de tuiles à rebords. Je le
suppose de l'époque romaine ou mérovingienne.
Enfin, en 1853, au lieu dit le Hamelet^ et toujours sur le bord de la route impériale no 27,
on a trouvé un cimetière franc où j'ai reconnu neuf ou dix fosses contenant des vases de
terre placés aux pieds des morts , puis des couteaux , des boucles et des plaques de cein-
turon en fer damasquiné , le scramasaxe d'un soldat , et , au cou d'une femme , un collier
en perles de verre de cinquante-quatre grains , et une perle d'ambre autour de la tête. J'ai
retracé cette découverte dans ma Normandie souterraine.
La Baronnie du Jardin et la Chapelle des Vertus. — Sur cette commune se trou-
vait la baronnie du Jardin dont la forteresse est démolie depuis longtemps. Les chroniqueurs
dieppois la font remonter jusqu'à Charlemagne. En 1030, Renaud, vicomte d'Arqués,
donna cette baronnie à l'abbaye de Fécamp, qui la posséda jusqu'à la Révolution.
Les gens du pays appelaient ce hameau le Gardin; à présent, ils le nomment les Vertus.
Ce dernier nom lui vient d'une chapelle dédiée à Notre-Dame des Vertus.
' BIBLIOGRAPHIE.
statistique et monum. des arrond. , » t. iv, p. 207-209.
L'abbé Cochet , « les Eglises de rarrondissement de
Dieppe, » t. ii, p. 91-94.
L'abbé Cochet , « Guide du Baigneur, » édition 1860,
L'abbé Cochet , «La Nonnandie souterr., » l'* édit.,
p. 344-46 ; 2- édit., p. 433-34.
Duplessis , « Description géographique et historique
de la Haute-Normandie. »
Ooilmeth, « Description géographique., historique,
p. 185-88.
- 248 —
MARTIGNY.
Epoque franque. — Martigny, en latin Martineium^ paraît dater de l'époque franque,
comme une dépendance du château d'Arqués. Il a dû être donné à l'abbaye de Saint-
Wandrille dès les temps mérovingiens/En tout cas, il lui fut restitué, en 1024, par le duc
Richard II. Un hameau porte ici le nom de Saint-Wandrille , comme on voit à GonneviUe-
les-Hameaux et à Saint-Vaast-Dieppedalle, la Côte de Saint-Wandrille.
Duplessis, « Description géographique et historique 1 L'abbé Cochet , « lès Eglises de rarrondissement de
de la Haute-Normandie, » t. i«% p. 577. | Dieppe, » 1. 1", p. 118-20.
ARQUES.
Arques est un point archéologique fort intéressant. A toutes les époques , il eut une
importance marquée , et il offre de plusieurs périodes des monuments que nous allons
inventorier.
Temps préhistoriques. — En 1863, M. J. et M. Hardy, de Dieppe, ont recueilli
dans une tranchée de la Côte de Gruchet^ et au miUeu d'un sol vierge, un silex taillé qui a
toute la physionomie des hachettes dites diluviennes , d'Amiens et d'Abbeville. La coupe
du terrain, placée au troisième tiers de la coUine, avait été pratiquée vers 1850 pour l'ou-
verture du chemin de grande communication no 54, d'Ouville à Derchigny-Graincourt
Nous avons cru devoir enregistrer cette découverte dans la Revue de la Normandie.
Période gallo-romaine. — La domination romaine paraît avoir préféré pour ses éta-
blissements le coteau d'Archelles à celui d'Arqués. C'est au pied de la forêt d'Arqués ,
appelée au moyen-âge Haia Archiarum , sur la pointe de coUine qui porte le châtelet
d'Archelles et la maladerie de Sainte-Etienne , à peu de distance du lieu où fut livrée la
bataille de 1589., que l'on rencontre les débris romains les plus nombreux et les plus
solennels.
Dès 1 840, à l'époque où Ton traça sur le coteau d'Archelles le chemin de grande com-
munication no 1 , de Dieppe à Neufchâtel , on trouva une couche épaisse de terre noire ,
véritable limon humain entièrement rempli de charbons , de cendres , d'ossements , de
tuiles à rebords, de tufs, de poteries antiques et de monnaies romaines en bronze de plu-
sieurs époques.
M. Condor, l'agent-voyer qui conduisait les travaux, recueillit, pour la Bibliothèque de
Dieppe, plusieurs objets anciens, entre autres un chandelier ou pied de lampe en bronze
et une lance du même métal , tirée de la rivière d'Arqués.
En 1853, les découvertes furent plus considérables et plus abondantes. Le sieur Turle,
maçon d'Arqués, voulant construire à Archelles une petite maison , trouva un monument
antique composé de grandes pierres de tuf et de Vergelé. Il s'en fit comme une carrière de
pierre ; il tira de la terre assez de matériaux pour élever une maison. Toutes ces pierres
— 249
étaient taillées, et plusieurs présentaient des moulures, des soudures de plomb, des agrafes
de fer, et jusqu'à des feuilles d'eau imbriquées , décoration commune au temps de Cons-
tantin. Outre les pierres , le sieur Turle a trouvé une voie cailloutée de 3 mètres de largeur
et une foule de débris en fer, en poterie , en tuiles de toutes sortes et en monnaies de bronze
du Haut et du Bas-Empire. M. Jean , juge à Dieppe , y a recueilli des Posthume et
des Tetricus. M. Deville possédait, venant d'Archelles, des monnaies d'Antonin , de Pos-
thume et de Maximin.
A diverses époques, M. Chapelle, menuisier d'Arqués, a ramassé à Archelles des po-
teries à reliefs , des meules à broyer en poudingue et en lave d'Auvergne , et différents
débris qu'il a donnés à la BibUothèque de Dieppe.
Mais les plus belles découvertes ont été faites en 1863. Au printemps de cette année ,
nous avons exploré le verger de M. Turle , devenu la propriété de M. Charles Durand , de
Dieppe. Là , nous avons reconnu les restes d'un édifice qui nous paraît avoir été fort
important. Son usage est encore indéterminé; cependant, nous ne serions pas surpris s'il
avait eu une destination religieuse. En tout cas , il dut se composer de pilastres et de
colonnes noyées , car nous en avons rencontré plusieurs tronçons dans les fouilles. La
pierre de Saint-Leu joua un grand rôle dans l'appareil ; plusieurs morceaux avaient encore
conservé leurs scellements en plomb. Des frontons sculptés durent décorer ce monument.
Outre les tuiles à rebords , les étuves et les poteries sans nombre qu'ont données ceS
fouilles, je dois signaler la présence de plus de soixante monnaies de bronze
semées dans le sol. Il s'y trouvait des Posthume , des Valérien et des Septime
Sévère; mais la plupart étaient du Haut-Empire, notamment de l'empereur
Trajan.
Je ne dois pas omettre la découverte d'un hameçon en bronze , bien
conservé, et que je reproduis dans sa forme et grandeur naturelles. Déjà
des hameçons de ce genre ont été trouvés par moi dans les villas romaines
des environs d'Etretat, et par M. Feretdans une métairie antique fouillée à
Braquemont, près Dieppe, en 4827. {Société archéologiqvs de Varron^
dissement de Dieppe, p. 15).
La pièce la plus importante qui soit sortie de cette exploration est une romaine en
bronze , complète et bien conservée , avec ses poids, ses contrepoids et ses crochets. —
Nous reproduisons à la page suivante cette belle pièce , qui est entrée au Musée dépar-
mental , et dont M. Pottier a donné une excellente description dans la Revue de la
Normandie (2e année , p. 353-357). C'est à lui également que nous devons le dessin qui
a servi pour cette gravure.
Du côté d'Arqués , on signale moins d'antiquités romaines. Cependant M. Chapelle a vu
des masses de tuiles à rebords dans une prairie appartenant à M"* d'Évêquement et placée
à l'entrée du bourg d'Arqués. Quelques-uns aussi présument que le château d'Arqués
32
HAMEÇO!« EN
BROi'MZE
(arques, 1863).
TlOmaine en bronzb (arques, I8A3).
pourrait être assis sur
un castrum romain. Le
systëoie est le même que
. chez les anciens; mais
ce n'est pas là une dé-
monstration d'origine.
Vers 1840, on a trouvé
au pied du château une
monnaie de bronze de
Posthume, et au-dessus
on a recueilli une meule <
à broyer. Une voie ro- '
maine traverse le bourg
d'Arqués, et elle y est
encore connue sous les
noms très significatifs de Chaussée et de rue de Rome. De quel côté se dirigeât-elle?
Nous l'ignorons; cependant, nous pensons qu'elle allait d'une part à Beauvais, de l'autre,
à Rouen et à Dieppe.
Période franque. — De la période franque, on ne connaît pour Arques qu'un tiers de
sol d'or du vil" ou du viue siècle, trouvé vers 1835 et déposé à la Bibliothèque de Dieppe.
Pour les monuments écrits, on ne sait que le nom d'Arcas , cité en 751 dans un diplôme
de Pépin , délivré à la grande abbaye de Saint-Denis.
Période normande et anglo-normande (912-1203). — Celte époque a laissé à Arques
une trace impérissable dans les ruines du vieux château et de son donjon, où le xie siècle
apparaît avec tous ses traits caractéristiques.
Un château ou une forteresse quelconque dut exister à Arques en 944, car Flodoard parle
de sa garnison. Cependant, la citadelle d'Arqués est attribuée par Robert Wace et Guillaume
de Jumiéges à Guillaume, comte de Talou , qui l'aurait élevée de 1040 à 1053.
La tour carrée du donjon est le monument le plus certain de cette période, et peut-être
est-il la seule construction du célèbre rebelle qui « fit desus Arches une tur. » Ses cintres
romans et son appareil de tuf démontrent clairement cette époque.
Le reste du château , qui forme une chaîne de murs échelonnés de tours rondes ou
carrées, pourrait avoir une origine plus ancienne. Mais les revêtements en silex et en briques
• Touges ne démontrent que des constructions du xnie, du xve et du XYie siècle. A partir du
xviie siècle, on laissa le château tomber comme il voulut. Dès cette époque, les Bemardîneâ
d'Arqués en pruent des pierres pour leur couvent, et, au xvrae, les particuliers et les gentils-
hommes de la contrée en enlevèrent pour leurs maisons et pour leurs châteaux. On peut
dire que le bouig d'Arqués est bâti avec les ruines du vieux castel.
— 951 —
Dans son Dictionnaire raisonné de F Architecture française du xi« au xvii« siècle ,
M. VioUet-Leduc donne (t. m, p. 69-77) une excellente description du vieux château
d'Arqués , qu'il propose comme le type militaire normand. A l'aide d'une puissante éru*
dition , ce savant archéologue a su rétablir les détails et l'ensemble de cette curieuse
forteresse , dont il donne plusieurs spécimens gravés.
En 1864, il a été recueilli à Archelles, dans le jardin de M. Ch. Diu^and, un denier
d'argent de la période normande de Guillaume-le-Conquérant.
Les Rues d'Arqués. — Quelques-unes des rues d'Arqués portent des noms historiques.
Ce sont la rue de Rome et la rue de la Chaussée , le Bout de la Ville et le Carrefour du
Bel, la rw Lombardie et la rn^ des Bourguignons.
BIBLIOGEAPHIE.
Feret, «Notice sur Dieppe, Arques, etc., » p. 119, 163,
Paris, 1824.
Feret, a Promenades autour de Dieppe, » 2* édit., p. 16
à 137, 6 lithographies.
Le Prévost, a Notice sur Arques, » in-8» de 20 p.,
Rouen, 1824, et « Précis analytique de l'Académie de
Rouen, » année 1823.
Wace, • le Roman du Rou, » édit Pluquet et Le Pré-
vost, V. 8,568-76, Rouen, 1827.
Guilmeth, « Description géographique, historique, sta-
tistique et monumentale des arrond., »-t. iv, p. 167-210.
Vitet, «Histoire de Dieppe, » édit. 1844, p. 396-419.
L*abbé Cochet, « les Églises de l'arrondissement de
Dieppe, •• 1 1", p. 193-228, et t. ii, p. 108-118.
L'abbé Cochet, «Guide du Baigneur, » édition 1857,
p. 224-228.
L'abbé Cochet, «Guide du Baigneur, » édition 1860,
p. 205-228.
L'abbé Cochet, « la Normandie souterraine, » l'* édit.,
p. 61-62; 2* édit., p. 71-72.
« Bulletin monumental, » t. xxii, p. 324-327;. t. xxx,
p. 200.
« Revue de la Normandie , » t. u , p. 353-57, 494;
t. III, p. 5.
Viollet-Leduc, « Dictionn. raisonné de l'archiL fran-
çaise du XI* au xvi« siècle, » t. m, p. 69-77.
« Voyage pitt. et romant. dans l'anc. France. » —
H.-Norm., 1. 1", p. 119-125, pi. 76 à 81.
ROUXMESNIL-BOUTEILLES.
La conunime de Rouxmesnil-Bouteilles se compose, depuis 1823, de deux anciennes
paroisses , dont nous allons parler tour à tour.
RouxMESNiL. — Dans la plaine où est situé ce village, on trouve des fondations dont
quelques-unes paraissent fort anciennes.
Bouteilles. — Bouteilles, aujourd'hui simple hameau , fut autrefois un centre industriel
fort important. Nous y trouvons des débris de toutes les époques.
Antiquités romaines. — De l'époque antique nous connaissons trois points à Bouteilles.
Le premier est la ferme de Clément, à la rue des Bouteilles ^ où l'on a trouvé des tuiles à
rebords en creusant un puits. Il y en avait jusqu'à la profondeur de 4 et 5 mètres. Le
second point est la prairie qui entourait l'église. En 1857, nous y avons trouvé des tuiles à
rebords jusqu'à 3 mètres de profondeur. Enfin , au fond du VaUde-Bouteilles, M. Lemaître,
cultivateur, a rencontré, vers 1806, une très belle urne en verre bleu remplie d'os brûlés
et concassés.
Antiquités franques. — Je classe parmi les antiquités franques , si elles ne sont
— 252 —
romaines 9 les anciennes salines de Bouteilles, dont une partie fat donnée, en 672, à
Tabbaye de Fontenelle , avec Féglise paroissiale elle-même.
Les Salines. — On montre encore à Bouteilles des prairies que l'on nomme les Salés :
ce sont les derniers restes des anciennes salines de ce village , fort importantes du xi© au
xive siècle, et qui, connues dès l'époque firanque, n'ont entièrement cessé qu'au xviiie siècle.
Presque toutes les abbayes de Normandie possédaient des salines à Bouteilles. Celle de
Beaubec en avait plus que toutes les autres. Ces droits et ces propriétés sont écrits dans un
cartulaire du xrv© siècle, possédé par M. de Blangermont, à Martigny, près Arques.
L'archevêque de Rouen, seigneur de Bouteilles depuis H97, en vertu de l'échange d'An-
dely avec Richard-Cœur-de-Lion , possédait la plus grande partie des salines de Bouteilles
et des droits sur toutes. Ces droits sont consignés dans la Coutume de Bouteilles, insérée au
cueilloir ou coutumier de 1396, qui est à la Bibliothèque publique de Dieppe et dont une
copie existe aux archives départementales.
MARTIN-ÉGUSE.
Martin-Église , appelé Martini Ecclesia au ixe et au xe siècle , paraît devoir son nom
et son origine à l'époque mérovingienne, si dévote envers saint Martin. Mais , avant les
Francs, ce lieu était habité.
Antiquités gauloises et romaines. — ^A Martin-Église on a trouvé, en 1847, un stalère
gaulois en or ( cheval et tête laurée ), qui a été acheté par M. Jean , de Dieppe. ( Revue de
Rouen y année 1848, p. 57.) En 1864, il a été décrit et reproduit par M. Lambert,
qui l'attribue au Belgium. La voie romaine de Dieppe à Béarnais passait par ce village ,
ainsi que la vieille route d'Arqués à Eu , que je soupçonne fort d'être antique. On y a trouvé
des tuiles à rebords, et, en 1857, j'ai recueilli dans le cimetière un quinaire d'argent de
Constantin-le-Grand.
Antiquités franques. — Dans le cimetière de Martin-Église, le fossoyeur a trouvé , à
diverses reprises , de 1 846 à 1 862 , des vases funéraires de l'époque franque , des perles
d'ambre et de verre, restes des colliers de ce temps, et des débris d'armes tels que lances ,
sabres et épées, qui m'ont été remis par M. le curé.
Ceci n'a rien de surprenant, car la terre de Martin-Église, avec son moulin, son église
et ses dîmes, fut donnée au Chapitre de Rouen le 7 mars 875 , par Riculphe , archevêque
de Rouen. Cette donation a été confirmée d'abord par Charles-le-Chauve , et ensuite par
le roi Robert 1er et Guillaume-le-Conquérant , en 1080.
ÉTRAN (section de martin-église \ •
A la commune de Martin-Église est réunie, depuis 1823, l'ancienne paroisse d'Étran.
Étran n'est plus qu'un hameau rangé sur la voie antique qui allait de Dieppe à Beauvais.
— 253 —
Dans la ferme principale on trouve parfois des tuiles à rebords. Jusqu'en 1831, Étran
posséda une église dont les ruines ont été reproduites en 1 830 par M. Jaime , dans deux
jolies lithographies coloriées.
L'éghse d'Étran était romane du xi© siècle , dans sa nef et dans son clocher. Le chœur
était une addition du xvie. On pense que l'église se terminait par une abside qui suivait
inunédiatement la tour, comme à Yainville , près Jumiéges , et à Newhaven , en
Angleterre.
BIBLIOGRAPHIE.
Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires
de Normandie, »t. xi, p. 10-11.
Guilmeth, « Description géographique , historique ,
statist et monum. des arrondiss., » t. iv, p. 161-164.
L'abbé Cochet, « la Normandie souterr. , » 1" édit.,
p. 62 ; 2* édit., p. 72.
L'abbé Cochet, « Sépultures gauloises , romaines ,
franques et normandes, » p. 355-56, 371.
L'abbé Cochet, « les Eglises de l'arrondissement de
Dieppe, » t. ii, p. 120-135.
L'abbé Cochet, « Guide du Baigneur, » édition 1860,
p. 229-232. — Édit. 1865, p. 195-215.
E. Lambert , a Essai sur la numismatique gauloise,»
2* partie; « Mémoires de la Société des Antiq. de
Normandie, » t. xxv, p. 493, 544, pi. vi, flg. 6.
ANCOURT.
Époque romaine. — Ancourt, dit en latin Aencuria^ et dans les anciens titres Aiencorty
Encourt et Elencourt , est un vieux village rangé sur la voie romaine qui conduit de
Dieppe à Beauvais. Les vieillards appellent cette route le chemin des Romains. Vers i 834,
quand on fit la route départementale n** 5 , de Dieppe à Beauvais , on a trouvé , dans la
traverse d'Ancourt, des tuiles à rebords, des terres noires et des poteries antiques. Fré-
quenunent , on rencontre à Ancourt des monnaies romaines que Ton appelle des sous à
ta Vierge. Dans le cimetière qui entoure l'église, on a vu parfois des vases gallo-romains.
Les derniers ont été aperçus en 1843. Mais, dès 1835, j'en avais connu qui provenaient
de ces anciennes sépultures. M. Deville nous assure qu'on y a trouvé trois urnes en
1822.
Époque incertaine. — Ancourt possède deux mottes qu'il nous est difficile de classer.
La première est au haut delà côte dite le Mont d'Ancourt , à quelques pas de la route de
Dieppe. Ce tertre isolé dans un champ et entamé par la charrue pourrait bien être
sépulcral.
La seconde motte^ beaucoup plus considérable que la première , est dans la vallée et au
bout de l'église dont elle n'est séparée que par un chemin. Cette butte ronde est large et fort
élevée. Un fossé profond l'entoure de tous côtés ; ce fiit , peut-être , une motte féodale ?
Dans la terre du nommé Blondel, on a trouvé, vers 1850, un cercueil en pierre que
nous ne pouvons classer.
Vitet, « Histoire de Dieppe, » édit t844, p. 389-393.
Uabbé Cochet, « Les Églises de rarrondissement de
Dieppe, » t. n, p. 137-143.
Guilmeth, a Description géographique, historique ,
statistique et monumentale des arrondissements, » t. iv,
p. 163-67.
254 —
GRÈGES.
Époque gauloise. — M. Deville m'assure qu'en 1847, entre Palcheul et Grèges , il fut
trouvé une médaille gauloise en or.
Époque romaine. — Grèges , dont le nom , suivant Duplessis , semble indiquer une
croix, est un vieux village situé au milieu d'une plaine où l'on a rencontré et fouillé plusieurs
fois des constructions gallo-romaines. M. Feret les a explorées notamment en 1 827, 1828 et
1829. n reste encore, sur ce territoire, des villas inexplorées, aperçues dès 1778, lors de
la confection de la route impériale n**, 25 , du Havre à Lille. Le Musée de Rouen possède
plusieurs objets provenant des fouilles de Grèges : ce sont des fibules en bronze, des
anneaux , des clous , des hameçons de bronze et un miroir en acier. Tous ces objets ,
recueillis par la duchesse de Berry, qui soldait les fouilles , avaient été déposés au château
de Rosny.
A l'époque franque , Grèges est appelé Gregium dans une charte donnée par Gharles-
le-Chauve à Notre-Dame de Rouen.
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiq.
de Normandie, • t. u, p. 3.
L'abbé Cochet, « les Eglises de Tarrondissement de
Dieppe, » t. n, p. 135-137.
GRAINCOURT-DERCfflGNY.
Époque romaine. — Graincourt. — Graincourt, appelé Greencourt au xnie siècle, est
situé dans une plaine où se trouvent des tuiles à rebords , des médailles romaines et des
constructions antiques , notamment dans les terres possédées par la famille Varin de Saint-
Ouen. En 1774 et en 1827, on a trouvé, au bord du grand chemin, des habitations
romaines.
Derchigny. — L'ancienne paroisse de Derchigny n'est plus, depuis 1833, qu'une section
de Graincourt. La vieille orthographe appelait ce lieu Arsigny, Erchéni, Dersigny,
Dersignei , Ersigny et Berchégny.
En 1853, un cultivateur de Derchigny, en labourant une terre de M. de Glercy, située
au bord de la route impériale no 25, aux environs de l'ancienne maladerie deSaint-Gathald,
trouva un vase en terre rempli de huit cents monnaies romaines en bronze, grand, moyen
et petit module. Ces pièces, assez mal conservées, étaient toutes frappées à l'efiQgie des
empereurs du nie et du ive siècle. Nous y avons reconnu les types et les noms de Dioclétien,
de Maximîen-Hercule, de Constance-Chlore, de Maximien-Galère, de Licinius, de Maximin-
d'Aza et de Constantin-le-Grand.
Kabbê Cochet, a les Eglises de l'arrondissement de
Dieppe, » t. ii, p. 155-59.
Uabbé Cochet, « Sépultures gauloises, romaines,
franques et normandes, • p. 54, 56-57.
Guilmeth , « Description géographique , historique ,
statistique et monumentale des arrondissements, »
t. IV, p. 162.
BEXLEVILLE-SUR-MER.
Époqoe incertaine. — Dans un petit vallon qui conduit à la mer et que l'on appelle le
Fond-de-Bellevilte, on trouve, au penchant de la colline, une butte en terre en forme de
cône tronqué et entourée d'un fossé largement creusé. Ce tertre s'appelle la Torniole, et il
a été fouillé, en \ 827, par M. Feret, de Dieppe, qui y a trouvé les restes d'une cuiller en bois
carbonisée, des fragments de poterie grossière et une espèce de perle hémisphérique ornée
de traits qui ressemblent à des caractères magiques. M. Feret en fait une amulette, et M. le
comte Guillaume de Wurtemberg, un fuseau de fîleuse, Ces objets sont déposés à la Biblio-
thèque de Dieppe. M. Feret les suppose saxons ; rien ne le prouve. Notre ami M. Wylie ,
archéologue anglais, a entretenu la Société des antiquaires de Londres de la Torniole et de
ses fouilles. Grâce à lui, nous pouvons reproduire ici une vue du terrassement antique
et de la perle hémisphérique qui y a été rencontrée.
PEU LE HËHISrKÉBIQUB
TUMULUS HB LA TOBKIOLE A BELLK VILLE- SDR-UBB.
L'abbé Cochet, • les Eglises de l'arrondiBsemeDt de i Wylie, n Account or Teutonic remaios appareatly
Dieppe, D L II, p. 150-155. Boxoa found near Dieppe, >> p. 1-9.
L'abbé Cochet, « Itt Normandie soulerraine,> 2' édit., 1 Wylie, « Arcliœlogia, ■> ïoI. ixsv, p. f8-53.
p. 277-381. I Ferat,"Cotaloguedela Bibliothèque do Dieppe," p. 345
BERNEVAL-LE-GRAND.
Époques franque et normande. — Berqpval , appelé Bnlenevalle par Dagobert 1er,
Pépin-le-Bref et Charlemagne; Brinevallis, par Louis-le-Débonnaire, et BertinevalUs, par
Charles-Ie-Chauve, est un des plus anciens points historiques de la côte. Donné à l'abbaye
de Saint-Denis, en France, par son royal fondateur lui-même, ce village lui fut restitué par
— 256 —
Pépin-le-Bref , et confirmé, à trois différentes reprises , par Charlemagne, Louis-le-Débon-
naire et Charles-le-Chauve. On peut voir, dans les diplômes mérovingiens, dans les monu-
ments de l'histoire de France et dans les historiens du grand monastère, les différents actes
qui concernent cette importaote localité.
Sa valeur était telle, qu'à l'époque normande elle tenta deux fois la cupidité d'envahisseurs.
Confisquée parles premiers pirates, elle fiit rendue par RoUon, le jour même de son baptême.
Usurpée de nouveau au xe siècle, par un évêque nommé Aillemundus, elle fut restituée à
Gozlin, abbé de Saint-Denis, par Richard 1er, le 18 mars 968 , dans une assemblée de
princes et de prélats , tenue à Gisors , en présence de Hugues Capet, duc des Français.
A partir de ce moment, l'abbaye de Saint-Denis garda l'église de Notre-Dame de Bemeval
jusqu'en 1790 , et la terre , jusqu'en 1 284 , qu'elle aliéna avec la baronnie.
Bemeval est une terre qu'on peut appeler diplomatique, car, outre les diplômes mérovingiens
qui la regardent et que l'on conserve aux archives de l'Empire, nous avons encore sur ce village
une belle charte normande de Guillaume-le-Bastard, antérieure à la conquête d'Angleterre et
dans laquelle figure le célèbre Dapifer (1). Cette charte, d'une magnifique écriture, est pré-
cieusement conservée chez Me Marcel , notaire au Havre, qui la tient du chartier de Valmont
La gorge maritime du Petit-Berneval est probablement l'ancienne pêcherie dont il est
fait mention dans les diplômes de l'abbaye de Saint-Denis. On dit que ce fut autrefois un
petit port pour les pêcheurs, et que de là partit, en 1402, Bertin de Bemeval, pour
suivre Jehan de Béthencourt à la conquête des Canaries.
Le Manoir des Quarante-Acres. — Le château ou manoir deBerneval, dont il est parlé
dans les chartes anciennes , est aujourd'hui détruit. Mais le laboureur en trouve dans les
champs les traces encore existantes. Ce castel était situé au heu appelé les Quarante-Acres,
entre Berneval et Saint-Martin-en-Campagne.
BIBLIOGBAPHIK.
Dom Bouquet, « Rerumgallic. et francis. scriptores, »
t. IV, p. 716.
a Cartulaire de l'abbaye de Saint-Denis , » t. ii, p. 559.
Dom Félibien, « Histoire de l'abbaye de Saint-Denis,
pièces justificatives, » n"» 33, 34, 52, 73, 93.
Mabillon, a Ann. ord. S. Ben. , » t. m.
Le Prévost, «Mémoires de la Société des Antiquaires
de Normasdie, » t. xi, p. 8 et 9.
« Diplomata et charlœ MerovingicdQ œtatis, » w xlv
et XLvi, p. 78 et 81.
Archives de l'Empire. « Diplômes , » n" 45 et 46. —
Chez M. Marcel, notaire au Havre, charte de Guillaume-
le-Conquérant , duc de Normandie.
L'abbé Cochet , « les Églises de l'arrondissement de
Dieppe, » t. ii, p. 159-168.
L'abbé Lecomte , « Notice sur Bemeval-le-Grand et
Saint-Martin-en-Campagne , » p. 1 à 16, in-18, Rouen,
1844.
L'abbé Cochet, « Sépultures gauloises, romaines,
franques et normandes, » p. 51-53.
(1) Le Dapifer de Guillaume était Gérard, Gérald, Girold ou Gérold de Tancarville , père de Raoul de Tancar-
ville, chancelier du Conquérant et fondateur de l'abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville vers 1050. Dans la charte
de fondation délivrée par le duc Guillaume et par Raoul le Chambellan, on lit parmi les témoins: « Teste Girtido
Dapifero , » et parmi les signatures « signum Giraldi Dapiferi. » Deville « Essai sur Tabb. de Saint-Georges, ■
p. 67, 68, 71 et 72. M. Deville traduit Dapifer par sénéchal , et d'après Houard, il croit que le sénéchal était le
premier des officiers justiciers de la province, p. 71.
— 257 —
BRAQUEMONT.
Braquemontest peut-être le point le plus ancien de l'arrondissement de Dieppe, puisqu'il
possède la Cité de Limes, enceinte gallo-belge, l'une des principales de ce département.
Nous trouverons à Braquemont des monuments des trois périodes gauloise , romaine et
franque , et des institutions du moyen-âge.
Période gauloise. — Nous ne craignons pas d'attribuer à la période celtique la grande
enceinte fortifiée de Braquemont , qui porte, il est vrai, le titre de Camp de César, nom
générique appliqué à toutes les enceintes antiques de la France , de l'Allemagne et de l'An-
gleterre , mais qui est mieux désigné dans les écrits et dans la tradition sous le nom de
Limes ou de Cité de Limes.
Le nom de Limes apparaît dès le xive siècle dans Matthieu Paris (1), et en 1466 sur
la pierre tumulaire de Martin-Église , où Regnault Orel est déclaré curé de Limmes et
ddien d'Envermeu.
Deux aveux du xvie siècle, provenant de l'abbaye de Longueville, conservés aux
Archives départementales, citent en 1576 le Val de la Cité de Lymes et en 1582 la Cité
de Lymes, Le terrier de la paroisse de Neuville-le-PoUet , dressé en 1600, mentionne le
terreur (terroir) de la Cyté de Lymes.
Depuis deux cent cinquante ans , les géographes , dans leurs cartes comme dans leurs
livres, ont donné tour à tour à notre enceinte les appellations de Câtel, de Camp de César ,
de Camp des Romains, de Limes, de Cité de Limes, et même de Cité d'Olyme.
Ce vaste camp , qui contient encore 55 ares de superficie , en renferma beaucoup
plus autrefois. Une partie est tombée et tombe tous les jours à la mer. Sa forme est
à peu près celle d'un triangle dont un côté est irrégulier. D'une part, il est protégé par
la mer et une falaise de 100 mètres de hauteur; de l'autre , par le vallon de Puys. Il ne
touche à la terre de Braquemont que par la partie la plus étroite , et alors il est défendu
par un énorme rempart haut de 15 mètres et construit entre deux fossés très profonds.
Du côté du Puys, la crête est également fossoyée ; mais le rejet de terre est moins élevé et
le fossé est moins creux.
Le milieu du camp est coupé dans toute sa largeur par un petit vallon naturel qui ,
autrefois , aboutissait au rivage , et qui , aujourd'hui se trouve un peu plus élevé par suite
de la chute des terres.
(1) Cet historien anglais, racontant une expédition de Philippe-Auguste en Normandie, à Tannée 1203 , cite le
château de Limes d*une manière qui ne nous permet pas d'en déterminer la position. Voici ses expressions :
« Rex francorum subito irruit cùm impetu... Cœpit in manu forti villam de Augi , cum castello de Limis et
alla castella plurima. Gastellum Radepunt obsedit.... acies suas, ad Gurùai convertit. » Matth. Paris, mon
abb. angli, Historia major, p. 144, in-folio, Paris, 1644 ; id., ibid., p. 199, édit. 1589. — Nous ne savons s'il faut
attribuer à ce CasteUum les restes d'une forteresse que vit à la crête du vallon l'abbé de Fontenu dans sa visite
de 1730 (t. X, p. 409).
38
Trois portes donnent accès dans ce camp : l'une communique à la plaine et les deux
autres à la vallée. Deux d'entre elles ont longtemps livré passage à la route royale qui
allait de Dieppe à Eu , et nous pensons que par là passait la vote militaire qui conduisait
de Lillebonne à Boulogne.
Enfin, dans l'enceinte, on remarque un rejet de terre formant fossé, lequel , coupé de
place en place, semble une suite de petits tertres. Les archéologues leur ont donné le nom
de tumuli.
Cette description donnée , il me reste à faire l'histoire de cette enceinte , des travaux
qu'elle a inspirés et des fouilles qui y ont été pratiquées.
CrTË DS LIMES ou CAMP DE CÉSAR, A BBAQCEUONT, FBËI DIErPB.
Le premier travail que nous connaissions sur la Cité de Limes est celui de l'abbé de
Fontenu, lu en 1731 et en 1732 à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et
imprimé , en 1736, dans les Mémoires de la même Académie, t. x, p. 403-35. Il est inti-
tulé : Dissertations sur quelques camps connus en France sous le nom de Camp de César,
Ire et 2e partie (1), avec plan. L'abbé de Fontenu avait visité Limes en 1730.
(ï) Ce nom de Camp de César, qa\ me parait universel en France, Test égalcmenten Allemagne et en Angleterre.
Dès le siècle dernier, l'abbè de Fontenu avait reconnu cette vérité et l'avait proclamée devant l'Académie des
Inacri plions et Bell es-Lettre s. Lui-même en avait cité plusieurs i le Camp de Braquemont tout dabord, puis celui de
Saint- Lcu-d'Esseran, près Paris, et celui de Picquignj-snr-la-Soninie, et enfln le Camp de César du port d Tk, en
Bretagne,prÈs8aint-Brieun.(nMém.derAcad.deslDBcr.etBe!les-Lel(res,.t,x,p.430, 431,432, 436,418.)— A Songé,
dans le 'Vendùmois, est un Camp de César, déjà décrit par Caylus {■ Recueil d'Antiq., >> t. iv, p. ITÏ) et men-
tionné de nouveau par M. de Pétigny dans son « Histoire Arobéologique du 'Vendûniois, » p, 57. — A Wissant,
près Boulogne, on trouve un petit campauquel on donne le nom de Camp de César (l'abbé Haigneré, ■ Etude sur
le Porlw llius de Jules César, » p. G7, 69, 72. ^ A Dieudonné ( Oise ) est un lieu dit le Camp de César ( Woille»,
. Répertoire archéol, de l'Oise, n p. 1S9). ~ A Lesmont (Aube), M. Darbois de Jubainville signale des terrasse-
ments ineiactement décrits par le comte de Caylus (■ Recueil d'Antiquités, ■ t. vi, p. 346) et qui portent- le nom
de Camp de Céiar. (Rép. archéol. de l'Aube, p. 44. — S"-GeinmeE-Bur-Loire est placée dans une Ile que l'on appelle
— 259 —
Au moment de sa publication , ce Mémoire devint l'objet d'une polémique scientifique qui
dura cent cinquante ans sans apporter beaucoup de lumière à la question. Le moment
n'était pas encore venu.
Ces travaux sont une letttre^sur Limes adressée par M. Le Cat, médecin de Rouen, à M. de
la Faye, lettre qui parut dans le Journal de Verdun de 1737, p. 252. On y parle de puits
existant au bord de la mer, et l'on cite une bague d'or avec grosse pierre fine trouvée
en 1713.
Le second travail est une lettre de M. Pasquier de Wardanché , ancien ciu*é de Sainte-
Agathe-d'Aliermont, intitulée: Lettre cm P. B. L,sur l'ancienne Cité de Limes, près Dieppe,
en Haute-Normandie. Elle parut dans le tome m des Mémoires de Trévoux^ août 1751 ,
p. 1906-1909. Il y est question de la tombe et de l'inscription de Regnault Orel à Martin-
Église. On y voit aussi que M. Le Cat, de Rouen, avait déjà dessiné ce précieux monument
qui servait de pierre d'autel.
La troisième manifestation est un travail de dom Toussaint Duplessis , moine de Saint-
Germain-des-Prés , qui fut inséré dans le tome iv des Mémoires de Trévoux , décembre
1751 , p. 2644 à 2656. Il est intitulé : Lettre du P. T. Duplessis, sur la prétendue Cité de
Limes, près Dieppe.
Enfin, l'année suivante, parut encore, dans les Mémoires de Trévoux^ t. ii, p. 940-952,
avril 1752, un travail de M. Le Cat , qui était adressé à M. Pasquier de Wardanché. Il est
intitulé : Lettre sur la prétendue Cité de Limes.
Le même M. Le Cat avait, dès l'année précédente, soumis des Observations sur la prétendue
Cité de Limes ou'Camp de César, près Dieppe^ à la naissante Académie de Rouen , qui les
conserva dans ses archives , et qui en fit paraître l'analyse dans le tome ii de son Précis ,
p. 166-168.
A cette époque, la discussion se termina pour le xviiie siècle, et il nous faut descendre
jusqu'en 1825 pour entendre parler de nouveau de la Cité de Limes.
Cette année-là, en effet, M. H. Langlois lisait à la séance publique de la Société d'Ému-
lation de Rouen une notice sur Limes et sur les recherches que venait d'y pratiquer
le Camp de César. (Godard-Faultrier, o Répert. archéolog. de l'Anjou, » année 1862, p. 296). — A Meurcourt (Haute-
8aône ) est une enceinte fortifiée que Ton nomme le Camp de César ( « Mém. de la Gommiss. de la Haute-Saône, »
t. II, p. 46). — Au Gongrès archéologique de 1862, M. Godard-Faultrier signale le Camp de César à Fremur, près
d'Angers. (Congrès arcbéol. de France, t. xxvi, p. 51-52.) — A Ghassay (Côte-d'Or), près Soutenay, est un point
nommé Camp de César, où Ton prétend que Gésar a battu les Helvètes au début de la campagne des Gaules. (Gh.
Aubertin, « Revue des Soc. savantes, » 3* série, t. m, p. 126.)
Les procès- verbaux de la Société des Antiquaires de Londres nous révèlent des Camps de César sur trois points
différents du Royaume-Uni ; ils nomment « Cœsar's camp on Wimbledon Gommon , » — Gœsar's camp at Eings-
ton-Hill, » — Gaesar's camp at Goombe-Wood. » Proceedings of the Society of antiquaries ofLondon, vol.x, p. 82
83, 85. — Enfin, on le rencontre jusqu'en Egypte, et à quatre kilomètres d'Alexandrie est l'emplacement de l'an-
cienne Nicozie et d'un camp romain dit Camp de César. En 1860, on y trouva une inscription de Septime-
Sévère (199). « Revue archéologique» de septembre 1864, p. 211, nouvelle série, 5* année, n* ix.
— 260
M. Feret, de Dieppe. Ce Mémoire de 18 pages in-S*», accompagné de 2 planches, est
intitulé : Du Camp de César ou Cité de Limes, monum£nt voisin de la ville de Dieppe, par
P.-J. Feret, Rouen, Baudry, 1825.
L'année suivante, en 1826, M. Feret publiait lui-même, dans les Mémoires de la Société
des Antiquaires de Normandie , le résultat de ses fouilles et de ses études sur l'enceinte de
Limes. Son travail, qui contient 101 pages, est intitulé : Recherches sur le Camp de César
ou Cité de Limes, monument voisin de la ville de Dieppe, d'après sa position, son mod€ de
défense et les fouilles qu'on y a pratiquées,
A partir de ce moment, plusieurs auteurs, et M. Feret lui-même, ont parlé de la Cité de
Limes à diverses reprises et dans différents ouvrages. Nous donnons de suite cette biblio-
graphie pour n'y plus revenir.
L. Vitet, « Histoire de Dieppe , »• partie iv% ch. I•^
P.-J. Feret, « Souscription pour la recherche et la dé-
couverte des antiquités dans TaiTondissement de
Dieppe, » in-8' de t8 pages, Rouen, 1826.
P.-J. Feret, « Société archéologique de l'arrondisse-
ment de Dieppe, » in-8« de 31 pages, Rouen, 1828.
Fallue, « Mémoire sur les travaux milit. ant. des bords
de la Seine et de la rive saxon.,» p. 138-145, in-8", Caen,
1835 , et « Mémoires de la Société des Antiquaires de
Normandie, » t. ix.
Guilmeth , « Description géographique , historique ,
statistique et monumentale des arrond., » t. iv, p. 150,
160.
L'abbé Cochet, « les Églises de l'arrondissement de
Dieppe, » t. ii, p. 143-46.
J. Reynaud, « le Magasin pittoresque, v t. xvii, année
1849, p. 172-75.
Feret, « Histoire des Bains de Dieppe , » p. 85-88.
Bordier et Gharton, « Histoire de France d'après les
monuments, » 1. 1*', p. 14-15.
L'abbé Cochet, « Guide du Baigneur, » édit. 1860,
p. 253-268 ; édit. 1865, p. 237-259.
L'abbé Cochet, « la Cité de Limes ou le Camp de César,
à Braquemont, près Dieppe, » in-8" de 15 p. avec gra-
vures, Amiens, 1861, et « la Picardie, « t. vu, p. 241-255.
Ducarel, « Antiq. anglo-normandes, » p. 7 et 8, pi. m.
Nous ne prétendons pas que tous ceux qui ont écrit sur cet ancien monument aient
adopté les idées émises par M. Feret; mais chacun les a respectées, sauf un seul qui les a
combattues sans fondement et sans motif, et surtout sans pouvoir rien établir à leur place.
Cet écrivain, c'est M. Fallue, dans un travail intitulé : Mémoire sur les travaux militaires
antiques des bords de la Seine et sur ceux de la rive saxonique, in-8o de 150 pages, Caen,
1835; et inséré dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, tome ix,
pages 180-327.
Depuis 1 825 , la Cité de Limes a été reproduite plusieurs fois par la gravure, soit par des
historiens, soit par des archéologues. On la trouve dans le Magasin pittoresque et dans
\ Histoire de France de MM. Bordier et Charton. A présent, cette vieiUe enceinte figure en
tête des monuments historiques et nationaux de la France. N'oublions pas de signaler le
beau plan en reUef exécuté en 1858 par M. Amédée Feret, et déposé par lui à la Bibliothèque
de Dieppe. Sur ce précieux tableau, les fouilles et les découvertes ont été indiquées
soigneusement.
C'est de ces fouilles qu'il nous reste, à présent, à faire l'histoire.
MM. Feret frères les ont commencées eux-mêmes, à leurs propres frais, vers 1822, et
les ont continuées ainsi jusqu'en 1 825. A partir de l'arrivée de la duchesse de Berry à
— 261 —
Dieppe, ces fouilles furent entreprises par souscription et sous les auspices de la Société
archéologique de Dieppe. Nous citerons, parmi les plus fructueuses, les campagnes de 1826
et de 1827 qui , malheureusement, furent les dernières. Le récit en a été donné par M. Feret
dans les deux opuscules que nous avons cités plus haut. Nous allons esquisser ici l'ensemble
de ces découvertes.
%
Trois points ont été étudiés par l'explorateur dieppois : les petits tertres qu'il appelle
tumuli, les cavités cachées dans les fossés intérieurs que l'on désigne sous le nom de tuguria
et enfin le territoire voisin de la falaise nommé les câtelets, le câtel ou le câtelier (1); c'est
là qu'il a découvert un monument et un tombeau romain.
Les tertres de gazon , que M. Feret regarde comme des tombels primitifs et qui rappellent
en effet les sépultures des Germains de Tacite , contenaient, dans leur sein, des charbons de
bois , des débris de vases gaulois, des tuiles, des anneaux de cuivre, des restes de fer, des
coquillages , et surtout des ossements d'animaux.
M. de Blainville, consulté sur ces os exhumés par la pioche des travailleurs , les reconnut
pour des restes de chevreuils, de renards, de chiens, de bœufs, de moutons et de sangliers.
La poterie que nous avons vue , et dont un bel échantillon existe à la Bibhothèque de
Dieppe , est de cette pâte noire et brune qui caractérise partout la céramique primitive.
Elle ressemble aux poteries antiques de Vauvray , de Cocherel et du Vaudreuil (Eure) , de
Fontenay-le-Marmion (Calvados), de Port-le-Grand (Somme), de Bouelles et de Mouli-
neaux (Seine-Inférieure). Nous donnons ici le principal vase sorti de la cité de Limes.
M. Feret croit que ces tertres un peu informes , et qui res-
semblent à un fossé découpé , constituaient autrefois le cime-
tière des premiers Celtes , habitants de la Gaule-Belgique.
Cette attribution demanderait peut-être une démonstration
plus complète et mieux établie.
Pendant les années 1826 et 1827, M. Feret rechercha et
crut trouver, dans les fossés intérieurs , les habitations et les
demeures de ceux qu'il présumait inhiunés dans les tombels.
Plusieurs tuguria fiirent fouillés, et leur enceinte fut rétablie
au moyen de l'étude. Les maisons des anciens Gaulois étaient
généralement circulaires , construites en pierre sèche et légè-
rement enfoncées dans le sol. M. Feret estime que celles de
la cité de Limes , plus oblongues qu'on ne le croit communément , étaient fabriquées avec
du bois, de la craie, des pierres sèches et de la bauge. Les murs de bauge et les construc-
tions en bois ont traversé dans les Gaules l'ère des Romains et le moyen-âge pour arriver
jusqu'à nous.
VASB GAULOIS (CITÂ DE LIMES).
(i) Dès 1387, le terrier de Neuville mentionne la Falise du CasteL
— 262 —
Nous présumons que c'est de la fouille des tuguria que proviennent les sept haches de
silex que conserve la Bibliothèque de Dieppe. Ces pièces , trouvées à différents états de
formation , ont fait supposer à M. Feret qu'il y avait eu à Limes une fabrique de ces
ustensiles primitifs.
La dernière découverte de M. Feret , dans la cité de Limes , est un petit édifice romain
ayant la forme d'un carré long et ressemblant assez à un temple ou aune Cella antique. Ce
qui nous a suggéré, pour cet édifice, l'idée d'un temple ou d'un tombeau, c'est qu'au milieu
des débris, qui remplissaient l'enceinte ravagée, M. Feret a trouvé des têtes éparses et un
squelette entier posé encore comme l'avait été le défunt lui-même. Son attitude était tdtte ,
qu'elle n'avait pu lui être donnée que par des mains religieuses. La tête était à l'occident,
les pieds à l'orient , les bras joints sur la poitrine. Deux médailles furent trouvées sur le
squelette, l'une vers la cuisse, l'autre près de la tête : cette dernière semblait être tombée
delà bouche. La première était de Constantin-le-Jeune (340), la seconde de Flavius Constans
(350). Dans l'édifice et autour on a trouvé une suite de soixante-douze monnaies romaines,
allant depuis Auguste jusqu'à Flavius Valons (378). Chose plus étrange encore, on a recueilli
également vingt-quatre monnaies gauloises en bronze, dont une présente un coq et l'autre
l'aigle de la cité de Lexovii (Lisieux) (aisiambos-oloxovios).
Près du Romain du Bas-Empire, dont nous venons de parler, on a rencontré, à plus d'un
mètre au-dessous des fondations, im casque en bronze qui se rattache peut-être à sa dé-
pouille mortelle. Non loin de lui se trouvaient cinq passoires en bronze, provenant peut-
être de l'équipement d'un soldat en campagne.
M. Feret pense que ce cadavre pourrait bien être celui d'un officier de la miUce impériale
au temps de Gratien (382), le dernier empereur dont on trouve la monnaie de bronze dans
nos contrées.
De cet ensemble de découvertes, nous croyons devoir conclure que l'enceinte de Limes ,
élevée par les Gaulois indépendants, fut réoccupée par les Romains à l'époque des invasions
barbares.
Il me reste à consigner ici une tradition plus celtique que romaine.
Le peuple attribue la Cité de Limes aux fées. Il montre sur les gazons de la côte des ronds
de verdure qu'il appelle les Danses des Fées. Il dit qu'à la pleine lune de septembre ces
génies viennent chaque année ouvrir une foire annuelle et brillante. Enfin pour y arriver
elles auraient fabriqué une voie particulière. C'est ainsi, en effet, que l'on appelle le chemin
qui va de Dieppe à Rouen et Radepont. Ce Chemin des Fées aurait été construit en une
nuit, d'après la tradition de nos campagnes.
Période romaine. — Nous avons parlé tout-à-l'heure des antiquités romaines trouvées
dans les fouilles de la Cité de Limes. Nous avons dit qu'un édifice avait été mis au jour ainsi
que la sépulture d'un guerrier du Bas-Empire , avec son trésor et son équipement. H nous
reste à parler de la fouille faite, en 1827, dans la plaine qui sépare Braquemont de Grèges
— 263 —
et de Graincourt. A 400 mètres au nord de la borne militaire , qui limitait la garnison de
Dieppe, en 1 771 , M. Feret a trouvé des maisons romaines avec leurs dépendances agricoles.
Parmi les débris sortis de cette fouille et réfiigiés à la Bibliothèque de Dieppe, nous citerons
des vases en terre noire, des restes de poteries de toutes couleurs, des meules à broyer, des
clous, des hameçons, des tuiles à rebords, des tuiles convexes et une Latone en terre cuite.
Tout à côté s'est rencontrée une sépulture renfermant plusieurs vases en terre noire et une
urne en verre contenant, avec des os brûlés, une monnaie d'Antonin-le-Pieux. Les archives
de la Commission des Antiquités conservent un bon plan des ruines romaines mises à jour
dans cette exploration de 1827.
Période franque. — De cette époque , Braquemont ne peut produire que des titres
écrits, et dans ces titres on ne ht que le nom du village et sa donation au Chapitre de la
cathédrale de Rouen. Cette donation eut heu sous Charles-le-Chauve, probablement en même
temps que celles de Grèges , de Martin-Eglise , de Clais et de Londinières. Le titre original
parait perdu. Mais la plus ancienne copie, qui est une charte du duc Robert 1er, conservée
dans un cartulaire de la cathédrale et pubhée par les auteurs du Gallia Christiana^ nomme
te village ^vdLnc\iexaox\i^ villa Brachemontis elvillam Brachemunt. Braquemont constituait
trois prébendes pour le Chapitre de Rouen , prébendes qui ont duré jusqu'à la Révolution.
Le titulaire de la seconde prébende s'appelait le Chanoine prébende de Braquemont, et il
présentait à la cure comme seigneur-patron.
Coutumes anciennes. — On conserve encore à Braquemont , à Belleville , à Grèges et
dans quelques villages environnants , la coutume des Brandons , disparue presque partout
ailleurs dans ce diocèse. Cet usage consiste à allumer des feux dans les champs le soir du
premier dimanche de Carême, appelé autrefois le Dimanche des Brandons. Cette coutume,
qui fut universelle, paraît remonter à une très haute antiquité (1).
Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires
de Normandie , » t. xi, p. 10.
Duplessis , « Description géographique et historique
de la Haute-Normandie, » t. i", p. 370.
Pommeraye, « Histoire de l'Église cathéd. de Rouen. »
L'abbé Cochet, « les Églises de Tarrondissement de
Dieppe, » tu, p. 143-150.
£. Lambert, « Hém. de la Soc. des Ant. de Norm., *
t. XXV, p. 486-534, pi. iv, flg. 13.
(1) Avant le xv« siècle, tout le peuple de Senlis se rendait à la butte d'Aumont, à Aumont, le dimanche des Bran-
dons (Woillez, •€ Répertoire archéol. de l'Oise, » p. 197). —M. l'abbé Malais assure que l'usage subsiste encore aux
environs de Lisieux «Calendrier normand,» p. 15. — Dans une dissertation insérée dans les « Mémoires de
TAcadémie celtique , » (t. ii, p. 450), Dulaure dit qu'à la Tombe et à Courcelle, près Montereau , on célèbre la
PUe des Brandons le premier dimanche de Carême. — A Sinsin , près Namur, on allume un grand feu sur les
collines le soir du premier dimanche de Carême. Le feu est dirigé contre les sorcelleries, maléfices, coliques,
maladies, etc. (Hauzeur, « Antiq. gallo-germ., gallo-rom.et franq. de la rive droite de la Meuse, » p. 61.)
— 264 —
•*>■-
CANTON DK LONGUEVILLE.
LONGUEVILLE.
Époque romaine. — On a trouvé à Longueville quelques monnaies romaines.
Époques franque et normande. — Le nom de Longavilla^ qui indique une origine
romane, n'apparaît dans aucun acte ancien. Cependant, le titre de doyenné qu'a toujours
porté ce pays prouve qu'il existait au moins dès l'époque mérovingienne (vu© siècle), temps
de la création des doyennés ruraux.
Longueville fut aussi le siège d'un castrum très puissant dont l'origine est inconnue ,
mais dont les restes recouvrent la colline orientale du bourg. Au x® siècle , cette forteresse
appartenait à la célèbre famille normande des Giffard , qui lui laissa son surnom , et qui, au
xie siècle, obtint, par la conquête de l'Angleterre , le comté de Buckingham.
C'est à tort que Robert Wace , et après lui Dumoulin et la Chronique de Normandie de
Martin Le Mégissier, placent à Longeville-la-Giffard le fait de ce laboureur et de sa femme
qui furent pendus par Rollon , pour avoir voulu tromper sa justice. C'est à Longpaon de
Darnétal qu'a eu lieu cette terrible exécution du xe siècle.
Époque incertaine. — Près des ruines du château de Longueville, du côté du nord-
ouest, et au bord de la route départementale no 32 , sont des terrassements énormes qui ne
paraissent pas se rattacher au système général du château. Un terrassement de ce genre
se remarque auprès du vieux château de Mortemer (arrondissement de Neufchâtel).
VAUDREVILLE (section de longueville).
Vaudreville est une ancienne paroisse à présent réunie à Longueville. M. Guilmelh ,
d'après Duplessis, l'appelle Wadrevilla, puis il ajoute que ce nom a beaucoup de ressem-
blance avec celui de Verclives, près Écouis, appelé Wadre-Locus dans un titre du vii« siècle.
Le même auteur dit que, dans la cour de la ferme qui fut autrefois la maladerie de
Longueville , il existe une motte ronde entourée d'un fossé.
Robert Wace , « le R(Hnan de Rou et des Ducs de
Normandie , » p. 99-101.
«Hist. et chronique de Normandie, v imprimée par
Martin Le Mégissier, p. 18.
Dumoulin, a Hist. générale de Normandie, » p. 29.
Guilmeth, « Descript. géogr., hist., statist. et mon.
des arrondiss. de Dieppe, du Havre, etc., » t iv, p. 17
et 18.
BERTREVILLE-SAINT-OUEN.
Époque franque. — M. A. Le Prévost pense que Bertreville-Saint-Ouen , autrefois
Bertreville-sous-Vénise , pourrait bien être celui qui est désigné par les noms de ScibertP-
— 265 —
viila et de Scibertivillam. D'après la charte de Robert h^ en faveur de la cathédrale de
Rouen, Bertreville, en effet, devait être dans le comté de Talou : « In comitatu Talou. »
A. Le Prévost, a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi , p. 10.
LE BOIS-ROBERT.
Époque franque. — Au mois d'avril 1 860 , en traçant un chemin communal à la côte
dite de Saint-Germain , destiné à conduire de Téglise du Bois-Robert à la route départe-
mentale no 32, on trouva vers le milieu delà colline des sépultures franques de l'époque
mérovingienne. Plusieurs fosses ont été aperçues taillées dans la craie et orientées est et
ouest , comme la plupart de celles de cette époque. Une d'elles , qui contenait deux corps ,
a présenté des plaques de ceinturon en fer damasquiné , une fibule en bronze , des perles
d'ambre jaune et de pâte de verre.
On m'a dit alors que vers 1820, en tirant de la craie pour faire de la chaux, il avait été
trouvé des sépultures avec des boucles et des armes de fer.
a Bulletin de la Société des Antiquaires de Nor- « Bulletin monumental , » t. xxvii, p. 807.
mandie,» année 1860, 1" année, p. 116-117.
LE CATELIER-PELLETOT.
Époque romaine. — Le \illage du Câielier, dont le nom doit venir du latin Castellum
ou Castellarium, est situé sur la chaussée antique qui de Dieppe conduisait à Rotomagus
(Rouen) et à Ritumagtis (Radepont). Devant l'église est un tertre ou motte circulaire en terre,
ancien Castellum qui doit avoir donné au pays le nom qu'il porte. La tradition prétend
que ce tertre fiit surmonté d'une forteresse. Cela est très possible ; mais ce qui est plus
certain encore, c'est qu'autour de cette motte et dans les environs, on a rencontré des
tuiles , des briques , des poteries et des monnaies antiques.
« Les Eglises de Tairond. de Dieppe, » t. ii, p. 374-375. | Guilmetb, «Descr.géogr.) bist., stat. et mon.,t t. iv, p.20.
PELLETOT (section du catelier-pelletot ).
Époque INCERTAINE. — Pelletot, ancienne paroisse et ancien château, siège d'une
grande famille féodale , n'est plus qu'une section du Câtelier. Les restes du château-fort
sont encore près de l'église avec un tertre entouré de fossés remplis d'eau.
ft Les Églises de Tarrond. de Dieppe, » t. ii, p. 375. | Guilmetb, « Descr. géogr.,hi8t., mon* etstat, » t. iv, p.20.
LA CHAPELLE-DU-BOURGAY.
Époque romaine. — J'ai souvent entendu dire à M. Nell de Bréauté que, sur le territoire
de la Ghapelle-du-Bourgay, M. Feret et lui avaient trouvé des débris de tuiles , de poteries
34
L
et de constructions romaines. Moi-même j'ai vu des tuiles à rebords dans les terres-qui
entourent le château de la Chapelle.
LA CHAUSSÉE-BOIS-HUUN.
Epoque romaine. — La Chaussée ou la Gauchie , dont le nom se tire du latin Calceia,
indique le passage de la voie romaine qui allait de Rotomagus (Rouen) et de Rittmagm
(Radepont) à la station romaine d'Arques-Dieppe. C'est l'ancien Chemin des Fées qui, dit la
tradition, conduisait à la Cité de Limes.
Sur la partie de ce vieux chemin qui est située entre Sainte-Foy, le Bois-Hulin et la
Chaussée , j'ai reconnu souvent sur la berge et dans les cavées des tuiles et des poteries
romaines.
• Les Églises de l'arrondi ssement de Dieppe, • t. ii, p. 383-84.
SAINT-CRESPIN. .
Époque oallo-romaine. — M. Guilmeth rapporte qu'à Saïnt-Crespin , dans une terre
appelée la Queue-Batgneresse , H. d'Imbleval père, ancien maire de Longueville, a trouvé,
vers 1830, des tuiles antiques et des hachettes de pierre dont une en serpentine.
Guilmeth, • Descript. géogr., hist, stat. et mon. des arrond., « t. iv, p. ÎO.
DÉNESTANVILLE.
Époque ROMAINE. — En 1862ouen1863, un terrassier de cette commune, nommé Au-
gustin Grout, en abattant un arbre à la côte
Smnt-Mickel, a trouvé sous ses racines une
jolie lampe romaine en bronze. Elle a la forme
d'une navette , pose sur un piédouche hexa-
gone et est surmontée de deux têtes d'oiseaux
(un coq et un paon). Le trou pratiqué au
milieu, pour laisser pénétrer l'huile, est formé
avec une alla dont les anses offrent deux
anneaux de suspension. Nous reproduisons
cette pièce qui est d'une rare beauté.
A diverses reprises j'ai entendu dire que
l'on avait trouvé des vases et autres antiquités
à la côte Saint-Michel.
Périodes franque et normande. — Tout
au bord de la Scie et à ^lelques mètres à
peine du chemin de ^fer de Dieppe, on re-
%
— 267 —
marque sur le territoire de Dénestanville une motte de vaHée qui disparaît chaque joui^.
Déjà, en 1847, lors de la construction du chemin de fer, elle a été fortement entaillée pour
établir le nouveau lit de la Scie. Ces premiers travaux avaient laissé voir des murailles que
Ton apercevait de la voie ferrée.
Pendant les années 1861 et 1862, des ouvriers ont démoli cette motte afin d'y chercher
des matériaux pour la bâtisse. Ds en tirent tous les jours des tufs et des silex qui ont fait
partie de fondations qui pourraient bien remonter à l'époque franque ou à la période nor-
mandç. Dans ces démolitions on trouve des lits de cendres et de charbon dont on ne peut
donner facilement la raison : j'ai extrait de ces débris un chapiteau en tuf qui doit remonter
au moins au xe siècle. Ces curieux débris , tout appareillés de tuf, ne sont probablement
que la base d'une forteresse dont le sommet dut être construit en bois. Ils me rappellent
ces châteaux-forts de la Bretagne et de la Normandie que l'on voit figurer sur la Tapisserie
de Bayeux.
Vers 1840, lorsqu'on traça le chemin de grande communication no 3, qui va de
Dieppe à Saint-Victor-l'Abbaye, on trouva des squelettes au ipieA de la côte Sainte
Michel. Les anciens du pays racontent qu'il existait autrefois sur cette côte une chapdfe
de Saint-Michel autour de laquelle on venait se faire inhumer de bien loin. Ils disent que
les seigneurs de Bacqueville, de Lammerville et autres lieux s'y faisaient transporter après
leur mort.
« Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, * t. ii, p. 362.
SAINTE-FOY.
Époque romaine. — Sainte-Foy est sur une antique voie qui tour à tour porta le nom
de Chaussée et de Chemin des Fées. Cette route allait, selon les temps, à Limes, à Arques
ou à Dieppe.
Époqub normande. — Dans une ferme voisine de l'église , on trouve beaucoup de fon-
dations que quelques-uns attribuent à une ancienne collégiale qui aurait été supprimée au
xii« siècle. — En 1109, Gautier Giffard, comte de Buckingham confirme à l'église de
Saûite-Foy la terre de Keppes, en Angleterre, avec redevance annuelle et féodale de 10,000
harengs.
« Les Églises de l'arrônd. de Dieppe, » t. ii, p. 381.
Noêlde LaMorinière, a Hist. gén.des Pêches, » p. 380-81.
Dugdale, « Moaast.*anglic„ » tiii, p. m.
HEUGLEVDLLE-SUR-SCIE.
Époque franque (?) — Dans le bois du Mont-Pinsan sont les restes d'un vieux château
dont les ruines peuvent et doivent remonter à l'époque normande, peut-être même à celle
des Francs-Carlovingiens.
— ^68 —
Sur une colline placée en face du Mont-Pinson et du fief des Gverrots, j'ai remarqué
dans une futaie et dans un taillis une suite de remparts en terre accompagnés d*un vallum.
On est tenté de croire que c'est là le reste d'un camp ou d'une enceinte fortifiée.
MANÉHOUVILLE.
Époque incertaine. — Dans la vallée de la Scie, en face de l'église de Manéhouville ,
on voit, dans une ferme , une énorme motte circulaire haute de 4 à 5 mètres et qui ne
compte pas moins de 100 mètres de circonférence.
« Les Eglises de rarrondissement de Dieppe, » t. ii, p. 360.
CHARLES-MESNIL (section de manéhouville).
Epoque franque (?). — Le chemin de fer de Rouen à Dieppe passe depuis 1847 sur la
motte où fut autrefois assis le château de Charles-Mesnil, appelé primitivement le Mesnil-
Hoquet. Une yue de ce château, prise vers 1700, existe encore à Paris dans la Collection
Gaignières. Un peu plus loin que le vieux tertre, et à quelques pas des restes de la collégiale
fondée en 1399-1402, est une source vénérée connue dans le pays sous le nom de Sainte
Ribert. Une tradition , appuyée par la légende même de saint Ribert, prétend que ce pieux
missionnaire y a baptisé au vii^ siècle. Aujourd'hui encore on vient boire Teau de la source
et y plonger les enfants malades. Aussi l'appelle-t-on vulgairement la Baignerie de Saint-
Ribert.
« Les Eglises de rarrondissement de Dieppe , « t. ii, p. 355-359.
MUCHEDENT.
Époque romaine. — Pendant l'année 1861, en prenant du remblai pour le chemin de
grande communication n** 22, d'Auffay au Tréport, des terrassiers ont trouvé à la Céte du
Moulin un certain nombre de squelettes inhumés sans cercueils. Tout d'abord on nous a
assuré qu'on n'avait rencontré avec eux aucun objet d'art; mais les déblais ayant continué,
en 1862, il a été vu auprès des corps des vases de terre dont la forme m'a paru romaine
des bas temps. Ce pourrait bien être un cimetière du v« siècle.
M. Deville nous a parlé d'ailleurs de tuiles , de briques et de poteries romaines , décou-
vertes à Muchedent.
Période normande. — La charte de Gosselin, vicomte d'Arqués, donnée en 1030, pour
la fondation de l'abbaye de Sainte-Trfnité-du-Mont de Rouen , appelle ce lieu Mucedent.
n est probable que ce nom remonte à l'époque franque.
Deville, « Cartulaire de l'abbaye de la Sainte-Trinité-
du-Montde Rouen, v dans les « Documents inédits de
l'Histoire de Rouen, » p. 422.
A. Le Prévost,, « Mém. de la Société des Antiqfuaires
de Normandie, « t. xi, p. H.
19^
269 —
TORCY-LE-GRAND.
Ei^oouE FRANQUE. — Torcy passe pour avoir été évangélisé par saint Ribert, abbé de
i^Ucoinaûs, aujourd'hui Saint-Valery-sur-Somme , que quelques-uns croient avoir été un
cnorévêque ou évêque régionaire du vue siècle. La fontaine sacrée, qui porte le nom de
^ ^aii^^t, semble un témoignage perpétuel du fait avancé parla tradition. Cette fontaine,
P ^céô à mi-côte dans un taillis , à l'occident du Grand-Torcy, est encore vénérée par les
^pulsitions. Ce qui indique une origine fort ancienne.
^*^OOUE INCERTAINE. — En faccdu château de Torcy, dont les ruines recouvrent encore
ne îx^ ^g jj^ Varenne, on rencontre au « sommet de la côte dite du Câtelier^ dans un
/s t€i.iUis appartenant à M. le vicomte Emm. Dambray, un vaste fossé dont le tracé forme
^^Xîii-cercle sur la pointe du coteau. »
a,.j.^ *^-*^^=0.clh, « Descript. géogr., hist., stat. et mon. des 1 « Les Eglises de l'arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 390.
'^ - de Dieppe, etc., » t. rv, p. 30 et 32. | Colange, « Vigie de Dieppe, » du 12 novembre 1861,
>^
de
if
CANTON DE BELLENCOMBRE.
BELLENCOMBRE.
Le bourg de Bellencombre renferme aujourd'hui , outre Tancienne paroisse de ce nom ,
les paroisses et conununes supprimées de Saint-Martin-sous-Bellencombre, de la ïïeuze et
des Authieux-sur-Bellencombre. Ce territoire, ainsi agrandi, renferme beaucoup d'anti-
i4^ * M quités de toutes sortes ; mais jusqu'à présent il ne nous a pas été facile de les classer ni de
f/^' M les déterminer toutes.
i^ ^ Époque gauloise. — En 1840, on a trouvé près du château de Bellencombre une mon»-
naie gauloise en bronze que possède le Musée de Rouen. Les bois qui entourent Bellen-
combre possèdent une grande quantité de terrassements qui proviennent pour la plupart
d'anciennes ferrières, forges ou mines de fer présentement abandonnées. Mais si les extrac-
tions de fer, communes dans ce canton , remontent jusqu'aux Gaulois et aux Romains ,
comme le démontrent les tuiles , les poteries et les médailles , elles descendent aussi jus-
qu'au moyen-âge. Nous avons des preuves de l'existence de forges et de mines de fer dans
ce pays depuis le xive jusqu'au xvii* siècle.
— ^70 —
Vers 1836, des hachettes en silex et en bronze et des mounaiea gauloises ont été trouvées
sur la plaine qui avoisine le château.
Époque romaine. — M. Guiljneth, qui nous a transmis ce dernier détail» assure que dans
le même champ et à la même époque il a été rencontré des constructions romaines. Il dte
particulièrement une salle pavée en pierre de liais.
Époque franque. — On m'a signalé à Bellencombre deux cimetières de l'époque firanque.
Ils sont situés sur une colline près de l'église, et on y a trouvé des ossements avec vases et
armures.
C'est sans doute à l'époque franque, ou tout au plus tard à la période normande, qui che^
nous lui est contemporaine , que l'on doit faire remonter l'origine du vieux château de
Bellencombre. Cette vieille forteresse , qui dut porter primitivement le nom de Warùma ,
est assise sur une motte énorme encore entourée de terrassements et de fossés profonds.
Époque incertaine. — Entre Bellencombre et l'ancienne église de Saint-Ouen est une
motte circulaire en terre qui porte dans le pays le nom de Câtelier.
SAINT-OUEN-SUR-BELLENCOMBRE (section de la crique).
Époque incertaine. — Non loin de l'ancienne église de Saint-Ouen et à côté d'une
mare s'élève un tertre circulaire entouré d'un fossé.
BEAUMONT-LE-HARENG.
Époque gauloise. — Un amateur d'antiquités m'a assuré avoir recueilli sur le terri-
toire de Beaumont des couteaux en silex , qu'il a déposés au Musée de Neufchâtel.
Époque incertaine. — Au hameau du Val-Gilles ^ dans un taillis appartenant aux
hospices de Rouen , on trouve des maçonneries au sommet d'une colline. Les vieillards
disent qu'il y avait là la chapelle du Bois-ParqueL Auprès se trouve un puits aujourd'hui
comblé. Dans les environs est la Mare^tuc^Sangsues^ près de laquelle la charrue a déterré
autrefois des cercueils en plâtre renfermant des ossements humains. M. Buzot , de Saint-
Saëns, y a reconnu, en 1850, un carré de murailles long de 22 mètres et large de 40.
Auprès des murs se trouve une motte circulaire avec fossé ayant 100 mètres de circon-
férence.
SAINT-HELUER.
Époque gauloise (?). — Non loin de l'église paroissiale est une fontaine vénérée dite dé
Saint-Hellier. On prétend que saint Hellier, solitaire et martyr du vi® siècle, s'y est reposé
et rafraîchi. Lel6 juillet, jour de sa fête, on vient y plonger les enfants malades. Toute
l'année on y apporte des rubans et des cierges.
— 274 —
ORIVAL (section de saint-hellier).
Époque romaine (? ). — Dans le cimetière qui entoure l'église d*Orival, centre d'un
pèlerinage considérable à Saint-Paër, on trouve en creusant les fosses beaucoup de tuiles à
rebords. En juin 1860, j'en ai vu un grand nombre extraites d'une fosse récemment
creusée.
Époque franqus. — En 1848 ou en 1838, en creusant, au côté nord de l'Eglise, la
tombe d'un garde forestier, on a trouvé, sous la gouttière , la sépulture d'un guerrier franc.
Eki 1840, M. DevUle acheta pour le Musée de Rouen ces objets qui avaient été conservés.
Ils consistent en une hache francisque , en un sabre ou scrâmasaxe, le tout en fer; en une
plaque, une contre-plaqué et une terminaison de ceinturon en cuivre ciselé.
« Balletin de la Soc. des Antiquaires de Normandie, » I « Catalogue manuscrit et illustré du Musée de Bouen , »
!'• année^ p. 122-23. | rédigé par M. Deville.
CRESSY.
Époque romaine. — M. Deville nous assure qu'il a été trouvé à Cressy des tuiles et des
poteries romaines.
Époque franque. — A l'époque franque , Cressy était la propriété de l'abbaye de Fon-
tenelle , à laquelle il avait été donné par Childéric II en 672 , en la personne de saint
Lambert, son deuxième abbé : « Crisciaco , in pago Tallou. i>
En 730 ou 734, Teutsinde, abbé du même monastère, cédait au comte Rathaire ce même
fief de Cressy : « Crisciaco cum adjacentiis. 3>
Période normande. — Plus tard, sans doute au xie ou au xne siècle, Cressy devînt kt
propriété des chanoines de Saint-Lô de Rouen , qui y établirent un prieuré* De ce prieuré
il reste aux archives départementales de la Seine-Inférieure deux curieux et intéressants
cartulaires, allant de 1235 à 1472. Cressy est alors appelé Cresciaco et Cressenium.
« Acta Baact. ord. S. Benedic, » siec. ii.
M Chronicon Fontanellœ, « c. x.
A. Le PreYOst, « Mém. de la. Société des Antiquaires
de Normandie, » t. xi, p. 6-7.
« Les Eglises de rarrondissenieiit de Dieppe , » t. n,
p. 407 et 408.
a Catalogne général des Gart. des archiv. départ., »
p. 38-39, in-4% Paris, 1847.
POMMERVAL ou POMMERÉVAL.
Époque romaine. — M. Guilmeth dît que Ton a recueilli à Pommeréval des médailles et
âe& tuiles antiques.
Époque incertaine. — Près de Téglise, on montre l'assiette et les ruines d'un vieux
i
ch&teau dont il n'est pas aisé de donner l'origine.
Guilmeth, « Desc. géog., hist., mon. et stat., • t. iv, p. 273. | a Les Eglises de l'arrond. de Dieppe, » t. n, p. 42(^.
LES GRANDES-VENTES.
Époque gauloise. — Dans la forêt d'Eawy, à la vente dite de la Mare-du^Four, des ter-
rassiers ont trouvé, pendant l'été de 1863, quatre-vingts hachettes en bronze, dont nous
reproduisons ici deux spécimens
gravés par M. Brévière. Ces hachettes
étaient cachées sous un de ces tas
de cailloux si fréquents sur nos col-
lines. Quelques-unes avaient servi et
avaient été ébarbées et aiguisées;
d'autres étaient comme au sortir
du moule. Deux ou trois seulement
avaient des anneaux de suspension.
L'administration forestière a dû of-
frir la majeure partie de ces objets au
Musée de Saint-Germain-en-Laye. *
Quelques pièces ont été distribuées
aux Musées de Rouen , de Caen , du i
Havre, de Dieppe, de Neufchâtel et uAcaKiTEs eh bbokzb (^obét b-*awt, isas).
de Fécamp.
Epoque romaine. — H .parait bien que les Gallo-Romains avaient aussi des établisse-
ments dans la plaine où germa plus tard la forêt des Ventes, d'Eatoy ou de Beaubeqvet ( de
Ventis Âquosis ou de Bello Bequeto). Dans la partie essartée et cultivée qui va des Ventes
à Equiqueville, on rencontre en abondance des tuiles à rebords. C'est au point que les ma-
çons en font du ciment C'est surtout au hameau du Châtelet ou des Châtelcts que ces
débris abondent. On montre un quartier où fut, dit-on, la ville de Hesdin, dont les
bûcherons même et les charbonniers ont gardé souvenir>
tLaNorinaiidiesout.,>l"M.,p. 132; 3* éd., p. 151. { Guilmeth, • Descript. géogr., hist., mon. et stat., >
■ Les Eglieea de larrood. de Dieppe, * t. ii, p. 214. [ t. iv, p. 275,
ROSAY.
Époque franque. — Vers 1862, sur une des collines qui encaissent la vallée de k
Varenne, on a trouvé, aux environs de Rosay, des sépultures franques qui ont donné aux
forestiers d'Eawy une lance et une hache en fer. Elles ont été remises par eux à M. Livet
de Barville, inspecteur des eaux et forêts à Saint-Saëns.
— 273 —
LE MESNIL-FOLLEMPRISE.
Eï^oque franque (?). — Dans le vallon de FoUemprise, et non loin du chemin
qui conduit à Bures, est un lieu appelé le Cimetière des Huguenots. Il n'est pas sans
exemple que Ton ait appelé ainsi les cimetières antiques , notamment les cimetières
franco Ci).
COTTÉVRARD.
. ^^ Que romaine. — Sur Cottévrard est le hameau [de Dreulles ou de Druel , terrain
. 5^Xi.>{ où coula autrefois un ruisseau disparu. Le nom de Ruelou de Druel semble indiquer
. ^ ^^.\i courante. On parle dans ce pays d'une ville ou cité de Dreulles qui aurait été au-
£^ ^^ le centre du pays (2). Un vieux chemin du hameau porte le nom de chemin de César.
j ^^'^te qui conduit à Yvetot présente beaucoup de coupures ou de cavées qui, suivant la
. ,^*ion, furent {ailes par César pour dresser des embûches à ses ennemis . Entre Cottévrard
^ ^^c-le-Hard, au bord du bois de la Motte, on rencontre une énorme butte circulaire
^^ laquelle on prétend qu'il existe un souterrain.
Aç^ ^ï^s 1830, on a recueilli à Cottévrard et à Dreulles des monnaies romaines de grand et
V^Vit bronze. Quelques-unes étaient de Néron et de Commode, vingt-sept de Titus , mais
\ytV p^us grand nombre de Trajan-Dèce.
T^ous pensons que le chemin de César, qui passait à Dreulles, était la voie romaine allant
de Rilumagus et Gailly (Calli/icum) à Arques, Dieppe et la mer.
Guilmeth, « Descript. géogr., hist , mon. et stat., •
t. IV, p. 280-81.
« Les Églises de Tarrond. de Dieppe , » t. u , p. 430.
«Mém.delaSoc.desAntiq. deNorm.,» t.xxrv,p.352.
M Histoire de l'abbaye royale de St-Pierre de Jumiéges, »
Mss. in-4% de 1762, chez M. Lepel-Cointet, à Jumiéges.
LE BOSC-LE-HARD.
Époque gallo-romaine. — Le terrain sur lequel est assis le bourg du Bosc-le-Hard est
formé d'une couche épaisse de scories de fer qui forme en certains endroits une couche im-
(1) A Bray, hameau de BuUy (Oise), on a trouvé, en 1828, au lieu dit le Cimetière des Huguenots, des haches en
silex dans des sarcophages. ( « Répert. archéolog. de TOise , » p. 195.)
(2) Nous faisions peu de cas de cette tradition jusqu'à ce que nous l'ayons rencontrôe dans une histoire manuscrite
de l'abbaye de Jumiéges, rédigée au siècle dernier. Le savant bénédictin qui écrivit sur pièces cette précieuse his-
toire nous montre clairement que la tradition relative à Dreulles n'est pas sans quelque fondement. Voici cette note
curieuse qui nous apprend au moins à ne pas traiter trop légèrement les traditions locales. « Une bulle d'Eugène III,
an 1147, confirmée Saint-Martin de Druelle ou Dreulle, les églises la Trinité du Bosc-Béranger et de Saint-Georges
à Grosmesnil (ces trois dernières églises sont dans le territoire de Cottévrard, dont Dreulles étoit alors le chef-
lieu). Dans la suite le titre de paroisse a été transféré à Saint-Nicolas de Cottévrard : le Bosc-Béranger est devenu
tme paroisse en titre, Druel a dégénéré en simple chapelle comme étoit Grosmesnil. L'abbaye de Jumiéges présente
à la cure de Cottévrard, à celle du Bosc-Béranger et à la chapelle de Druelle, à cause d'un fief qu'elle possède à
Cottévrard. La chapelle de Grosmesnil ne subsiste plus. » — » Hist. de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumiéges, »
p. 113, Mss. de 1762.
35
— 274 —
pénétrable au pic et à la bêche. En creusant des puits, on a constaté une masse de laitier de
plusieurs mètres de profondeur. Cette stratification , sur laquelle ont germé l'église , les
maisons et le vieux château , renferme un espace de plusieurs hectares.
Il est évident que c'est là le résultat de forges et de mines séculaires. Mais combien de
temps ont duré ces extractions? à quelle époque ont-elles commencé? C'est ce que nous
ignorons. La présence de tuiles à rebords mêlées à ce minerai et la rencontre de quelques
monnaies romaines font supposer que , dès le temps des Césars , l'exploitation du fer a dû
exister au Bosc-le-Hard comme à Montreuil, à Saint-Saëns, à Forges et à Bellencombre.
Mais, comme dans ces derniers endroits, l'industrie a pu et dû s'y prolonger jusqu'au
moyen-âge. A plusieurs reprises on a découvert sur le territoire du Bosc-le-Hard , notam-
ment à Augeville, des vases et des monnaies romaines.
Époque incertaine. — M. Guilmeth , après avoir mentionné également les forges du
Bosc-le-Hard, parle aussi d'une motte circulaire qui aurait été autrefois entourée de fossés
à présent comblés. Ce tertre serait placé sur le chemin de Saint-Saëns.
« Les Églises de Tarrond. de Dieppe, » t. n, p. 427. | Guilmeth,«Desc.géogr.,hist.,mon.etslat.,»t.iv,p.285.
AUGEVILLE (section du bosc-le-hard).
Époque romaine. — M. Guilmeth dit qu'à Augeville, vers 1822, sur la propriété de
Pierre Roussel , on aurait trouvé en labourant plusieurs antiquités romaines , notamment
un vase en terre contenant un grand nombre de médailles romaines de différents modules.
Nous aussi nous avons entendu parler de cette découverte qui eut lieu dans une terre
voisine d'une grande épine qui séparait autrefois les dîmages d' Augeville et djm Bo^c-le-
Hard (i); mais on nous a dit que le vase ouies vases étaient en bronze. On nous a montré
(l) C'était une coutume assez générale dans l'ancienne Normandie, d'indiquer, par des épines, les limites des
dimages, et par suite les divisions paroissiales. Quoique cet usage ait eu cours au moyen-âge, nous n'en sommes
pas moins disposé à croire qu'il vient de fort loin, et qu'il pourrait bien dater de l'institution des paroisses et de
rétablissementdes dimes.— Nous connaissons dansTarrondissementde Dieppe et dans celui du Havre un bon nombre
de vieilles épines qui divisent encore les communes. Nous en avons remarqué plusieurs dans la plaine qui sépare
Criquetot-l'Esneval de Saint-Romain-de-Golbosc. — « Entre Belbeuf et Franqueville , dit M. André Durand , est le
triage de \Si Haute-Épine, nom qui provient d'une ancienne épine qui avait deux cent cinquante à trois cents ans,
et qui séparait les deux dîmages. » « Journal de Rouen, » du 25 octobre 1859. — Dans la plaine qui sépare Monté-
roUier de Neufbosc, j'ai remarqué quatre épines plusieurs fois séculaires. On m'a signalé notamment VÉpine des
quatre Abbés qui limitait les dîmages de Montérollier , de Neufbosc , de Mathonville et de Sainte-Geneviève. Le
9 novembre 1832, M. Boucher de Pertbes présenta à la Société d'Émulation d'Abbeville le fragment d'une aubépine
{mespilus oxiantha) abattue en 1830, et qui servait de borne à un champ situé à une demi-lieue d'Abbeville , dès
l'année 1201. (Prarond, « le Pilote de la Somme, » du 7 septembre 1858). — Un morceau du môme arbre est conservé
au Musée d'Amiens, et est ainsi étiqueté : «Fragment d'aubépine, abattue en l830,àSaint-Nicolas-Iès-Abbeville. »
Le Catalogue ajoute les détails suivants : « Dès l'année 1201 cette épine servait de borne à un champ situé & une
demi-lieue d'Abbeville, sur la route de Boulogne. Elle est marquée dans de vieux titres comme délimitant ce
champ avec trois autres arbres de même essence. • « Catalogue du Musée départemental et communal d'Amiens, «
p. 13,n*56, édit. 1848.
— 275 —
quelques-unes des monnaies qui en sortirent; elles étaient en billon saucé, et nous y avons
reconnu un Posthume et un Gallien de petit module.
Ouilmeth,«Desc.géogr.,hist.,mon.etstat.,i>t.iv,p.284 | « Mém.de la Soc. des Aaliq. de Norm., ■ t. xxiv, py352.
CANTON DE TOTES.
TOTES.
Époques franque et normande. — Peut-être ce lieu est-il le Toscarias donné en 672
par Childéric II à l'abbaye de Fontenelle. Alors ce serait ce même Toscarias qui , en 734 ,
aurait été cédé par l'abbé Teutsinde au comte Rathaire.
En 1030, lors delà fondation de l'abbaye de la Trinité-du-Mont de Rouen, Gosselin,
vicomte d'Arqués , donne au monastère rouennais « in pago Talou villae quae dicitur Totes
partem illam quae ad Gozelinum pertinebat. ]^
M. Le Prévost est tenté d'attribuer à Ralançon , hameau voisin de Tôtes , le Balciduum
ou Balcinium qui, en 734, fut cédé au comte Rathaire par Teutsinde , abbé de Fontenelle.
Nous serions plus disposé à appliquer ce nom au village de Beaunay.
BIBLIOGRAPHIE.
Deville , « Gartulaire de l'abbaye de la Trinitô-du-
Mont de Rouen , » dans la « Collection des mon. inédits
de l'Histoire de France, » p. 422.
A. Le Prévost, c Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, » t. xi, p. 6.
Mabillon, « Acta sanc. ord. S. Benedict.,» sœc. ii.
« Ghronicon Fontanellœ, v c. x , dans les « Mémoires
de la Société des Antiquaires de Normandie ,» t. xi,
p. 7.
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Anti
quaires de Normandie, t. xi, p. 11.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., v t. xi, p. 7.
BERTRIMONT.
Époque incertaine. — Dans une ferme qui avoisine l'église de Bertrimont est une motte
en terre légèrement remparée de silex , si ma mémoire est fidèle. On lui donne le nom de
Fer té y Firmitas.
« Les Églises de l'arrondissement de Dieppe , » t. n, p. 492-93.
VARNEVILLE-AUX-GRÈS.
Époque incertaine. — Yarneville-aux-Grès ou lès-Grès renferme un certain nombre
d'antiquités : peut-être ont-elles été mieux observées ici qu'ailleurs , grâce à M, César
— 276 —
Marette, de Clères, qui nous en a donné l'inventaire dans sa brochure intitulée: Le Camp
de la Bouteillerie à Varneville.
Ce camp de la Bouteillerie y que nous avons visité, en 4847, est une enceinte circulaire
garnie de doubles fossés et située dans un bois-taillis. Ce camp peut contenir un peu plus
d'un hectare (deux acres ou deux acres et demie, dit M. Marette). La profondeur des douves
est d'environ 4 mètres. Aucune trace de maçonnerie n'a été trouvée sur la motte ni dans
les douves. Cette enceinte a beaucoup de ressemblance avec celle du Dois-4e^la-Salle , à
ToufTreville-la-Corbeline. On est porté à considérer la Bouteillerie comme un stativa des
Romains ; mais , jusqu'à présent , cette assertion est sans preuve.
Époque roauine. — Toutefois , le sol de Varneville contient plusieurs traces de la civi-
lisation romaine.
Dans le cimetière qui entoure l'église , le fossoyeur ramène parfois des tuiles à rebords.
Près du Camp de la Bouteillerie , la charrue retourne souvent des fragments de briques
romaines. Les bois voisins de la Houssaye recèlent des puits, des meules en pierre et des
objets qui indiquent le passage de l'homme antique.
Dans le quartier du Fond-de-la-Ville , on a trouvé des tuiles à rebords en nombre consi-
dérable, et récemment encore on a rencontré deux tombeaux sous forme d'auge. Près de là
est la Ville-à'Guets ou la Ville-aux-Guets , que les gens du pays disent avoir été une
ancienne ville destinée à surveiller la contrée.
Le territoire de Varneville est sillonné par des voies antiques qui se croisent. La Cauchie
de Beautot, qui peut-être allait de Pavilly (PauUacum) vers Envermeu (Edremau), traversait
le Chemin des Fées qui de Rouen allait au Bel d'Arqués et à la Cité de Limes.
• Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » t. ii, p. 351, 2» édit.
a Les Églises do l'arrond. de Dieppe, » l. ii, p. 520-29.
César Marette, « Le Camp de la Bouteillerie à Varne-
ville, y in-12, de 23 pages, Rouen, Périaux, 1838.
BIENNAIS (section d'étaimpuis).
Époque incertaine. — Sur Biennais on trouve , dans une fermé placée à la naissance
d'un vallon , une petite source sacrée où de nombreux pèlerins viennent boire et se baigner
le 3 juin , jour de la fête de sainte Clotilde.
« Les Églises de Tarrondissement de Dieppe , » t. ii , p. 523.
MONTREUIL-EN-CAUX.
Époque gallo-romaine {?). — Dans les bois-taillis situés entre Montreuil et Saint-Victor-
TAbbaye, on voit des terrassements et Ton rencontre des débris provenant de forges et de
ferrières qui remontent peut-être à l'époque gallo-romaine.
Epoque franque. — M. A. Le Prévost est disposé à appliquer au village de Montreuil-
en-Caux le Monasteriolum , qui est compté par Charles-le-Chauve parmi les biens de la
— 277 — '
cathédrale de Rouen. Ce bien était alors situé dans le pays de Talou (in pago Talano),
positi(^n que le site de Montreuil ne contredit pas.
Ce qui prouverait jusqu'à un certain point l'antiquité de Montreuil, c'est que dans une
ferme voisine de l'église on a trouvé, vers 1840 et 1846, plusieurs cercueils en plâtre. Je
crois qu'il en a été également rencontré dans le cimetière.
«Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. Il, p. 9. 1 « La Normandie souterraine, » 1" édition, p. 323;
« Les Eglises de l'arrond. de Dieppe, » t. h, p. 521. l 2* édition, p. 408.
SAINT-VICTOR-L'ABBAYE.
Époque romaine. — On a rencontré une certaine quantité de tuiles romaines le long du
coteau situé sous l'abbaye et sur les flancs duquel on a établi, vers 1850, le chemin de
grande communication n® 3, allant de Dieppe à Clères.
Époque incertaine. — Derrière l'église et dans l'enceinte même de l'abbaye se voit
une motte en terre fort élevée. Il paraît bien qu'elle était autrefois plus grande ou qu'il y
en avait plusieurs autres, car j'ai lu dans un titre du Chapitre de Rouen, qu'en 1650 les
mottes de Saint-Victor contenaient plus de quatre acres , et que le reste avait été détruit
à cette époque.
SAINT-MACLOU-DE-FOLLEVILLE.
Époque romaine. — Sur le territoire de cette commune se trouvent les fermes du
Breuil (1) et de la Rivière , dans les terres desquelles on reconnaît beaucoup de murailles ,
d'ossements, de poteries et de tuiles à rebords. On y rencontre aussi des tas de charbons
et de scories de fer , indices d'anciennes forges et ferrières disparues. Les habitants du
pays disent qu'il y avait là l'ancienne Cité de Forteville.
En 1841 et en 1861, j'ai vu au Breuil une quantité de débris et de poteries antiques, au
milieu de terres noires placées dans une futaie au bord du chemin de grande communication
no 3, de Dieppe à Clères.
On raconte dans le pays que les bois-taillis qui vont vers Montreuil sont remplis de
terrassements et de débris provenant de ferrières gallo-romaines.
On a cru reconnaître à Saint-Maclou-de-FoUeville un tronçon de voie romaine allant
dans la direction de Pavilly.
<■ Les Eglises de Tarr. de Dieppe, » t. ii, p. 519-520. ~ « Mém. de la 8oc. des Ântiq. de Norm., w t. xxiv, p. 362.
( 1) D'après les meilleurs étymologistes, Breuil est synonyme de bois. Il nous semble que M. Le Prévost l'enten-
dait ainsi. C'est aussi l'explication qu'en donne Ducange. On peut également consulter le docteur Pratbernon,
« Mém. de la Commission d'Archéolog. de la Haute-Saône , v t. i*% et M. Longchamps dans les mômes « Mémoires, '»
t. Il, p. 4.— M. de Bochambeau, dans son « Etude sur les origines de la Gaule appliquée à la Vallée du Loir, »
p. 17, dit que, d'après les capitulaires de Charlemagne et de Charles- le-Chauve, le Breuil est une espèce de parc ou
de bois. Il y a un Breuil àLunay, près Vendôme, p. 17.-^ M. de Petigny dit que, dans le Vendômois, le nom du
Breiûl est souvent accordé à des monuments gaulois. ( u Ilist. archéol. du Vendômois, » p. 24. )
— 278 —
LA PIERRE (section de saint-maclou-de-folleyille ).
Époque incertaine. — De rancienne paroisse de La Pierre il reste encore le château
du XYie siècle , dans l'enceinte duquel est une motte de coteau.
« Les Eglises de rarrondissement de Dieppe, » t. ii, p. 519.
AUFFAY.
Époque incertaine. — Le nom latin d'Auffay est Alfagium, Altifagus ou Altafagus;
mais cette dénomination , qui est celle d'aujourd'hui, paraît avoir prévalu, au xie et au
xiie siècle, sur celui d'Isnerville, Isneauville ou Isnelville, qui paraît avoir été le nom pri-
mitif. (Olim Isnellivilla vocabatur, dit Ordéric Vital ).
Le sol d'Auffay contient çà et là une foule de débris anciens ; mais, jusqu'à présent , il ne
nous a pas été possible d'en déterminer l'époque ni la nature.
Je puis citer la motte élevée , espèce de donjon couvert de murailles , où fut assis le
vieux château des Gillebert d'Auffay, fondateurs du prieuré de ce bourg et bienfaiteurs de
l'abbaye de Saint-Evrould. .
Orderici Vitalis, «Histor. eccleslast., » lib. vi, n» 8, j l. Mars, t Auffay ou le vieil Isnelville , « p. 1 à 10,
t. m, p. 36 et 42, édit. Le Prévost. j Rouen, 1857.
BIVILLE-LA-BAIGNARDE.
Époque incertaine. — Le surnom de Baignarde a été donné à ce village à cause
d'une ancienne mare dite de Saint-Onuphre , où les adultes se baignaient et dans laquelle
on plongeait les enfants. Cette mare , à présent comblée , était située au bord de la route
impériale no 27, à peu de distance de l'église.
Dans ces derniers temps, il restait encore à Biville une coutume un peu superstitieuse,
c'était le feu de Saint-Onuphre que le clergé allumait le 19 juin de chaque année. Ce feu,
alimenté avec des baguettes dérobées par les pèlerins, est éteint depuis quelques années.
« Les Eglises de Tarrondissement de Dieppe, » t. u, p. 509-512.
BEAUNAY.
Époque incertaine. — Près de l'église de Beaunay, au penchant de la colline , est une
motte énorme entourée de fossés et plantée de hêtres , que l'on voit de fort loin. On dit que
c'est le siège d'un ancien château.
Époque franque. — Vers 1849, on a trouvé dans le cimetière de l'église de Beaunay un
cercueil en plâtre. Il était long de 2 mètres et large d'environ 50 centimètres. Il a été enfoui
de nouveau sans avoir été brisé.
Je suis porté à voir, dans Beaunay, le nom de Belciduum ou Belcinium que Teutsinde,
279
abbé de Fontenelle|, céda au comte Rathaire en 734. Au xie siècle , Beaunay s'appelait
Belnaium ou Belvaium.
« Les Eglises de l*arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 504-505.
« La Normandie sout., » V édit., p. 623; 2« édit, p. 408.
Ord. Vital., >» Hist. ecclesiast., » lib. vi, t. m, p. 37.
A. Le Prévost, » Mém. de la Société des Antiquaires
de Normandie, » t. xi, p. 7.
I. Mars, « Auffay ou l'ancien Isnelville, » p. 3.
CALLEVILLE-LES-DEUX-EGLISES.
Epoque franque, — Les auteurs du Gallia Christiana soupçonnent à Calleville Texis-
tence d'un ancien monastère détruit par les Normands. Dans leur carte de la province de
Rouen, dressée par le géographe Nolin en 1767, ils placent une abbaye en ce lieu. Ils se
fondent, dans ce soupçon, sur les appellations de Grand et de Petit-Montiei^ que portaient
les églises de celte localité. Mais, si pour eux l'établissement était incertain , il ne l'est pas
moins pour nous.
« Gallia Christiana nova, r> t.xi, p. 131. | « Les Eglises de l'arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 496.
VARVANNES.
Époque incertaine. — En 1830, dans un caveau placé sous un vieux mur du château
de Varvannes, on trouva trois figurines en terre cuite vernissées de vert. Une des statuettes
représentait un homme à cheval et les deux autres des personnages à pied. On les prit
pour des jouets d'enfant dont on ne savait indiquer la date. Ayant vu les dessins de ces
pièces aux archives de la Commission des Antiquités, je suis porté à les croire du
moyen-âge.
ANGLESQUEVILLE-SUR-SAANE.
Epoque franque. — Nous pensons que c'est ce village qui est désigné sous le nom
à'Anglicevilla, dès 1509 , dans la charte de Raoul de Varenne et d'Emma, son épouse,
insérée au cartulaire de l'abbaye de la Trinité-du-Mont de Rouen.
BIBLIOGRAPHIE.
A. Le Prévost, « Mém. de la Société des Antiquaires
de Normandie, » t. 11, p. 14.
Deville, « Cartulaire de l'abbaye de la Trinité-du-Mont
de Rouen , » dans la « Collection des mon. inédits de
l'Histoire de France , » p. 436, 440.
« Les Eglises de l'arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 499.
IMBLEVILLE.
Époque romaine. — On trouve à Imbleville des débris romains, comme sur presque
tous les points de la vallée de la Saâne.
Epoque franque. — En. 4 840, on a trouvé, renfermés dans un pot de terre, soixante-
cinq deniers-oboles de Charles-le-Chauve. Plusieurs de ces pièces d'argent avaient été
frappées à Rouen.
— 280 —
THIÈDEVILLE-SUR-SAANE.
Epoque romaine. — Les habitants de Thiédeville ont conservé la tradition d'une ville
ou plutôt d'une villa romaine qui aurait existé sur le territoire de leur village. Ils l'appellent
"a ville de Thiède, et ils prétendent qu'elle aurait existé au lieu dit les Terres-Noires. Il est
remarquable que le nom de terres noires se trouve en une foule d'endroits , et que partout
il indique des restes romains (1). M. E. Gaillard rapporte qu'à Thiédeville les tuiles romaines
sont si abondantes, qu'il a vu, en 1832, faire avec elles un commerce de ciment.
M. Guilmeth, de son côté , raconte que , dans le fameux hiver de 1829-30 , un éboule-
ment survenu à la suite d'une fonte de neige amena la découverte d'objets antiques qui
malheureusement furent tous dispersés ou détruits. Dans le nombre se trouvaient des
ossements humains.
Très souvent , dans les champs labourés , on rencontre des monnaies du Haut-Empire.
On nous en a présenté plusieurs parmi lesquelles nous avons reconnu des bronzes
d'Adrien.
M. Deville nous a parlé de statuettes en bronze trouvées à Thiédeville.
BIBLIOORAPDIB.
E. Gaillard, « Recherches archéologiq. , » p. 11 et 12.
Guilmeth, « Description géographique, historique,
statistique et monumentale des arrond., » t. iv, p. 83.
€ Sépult gaul., rom., franq. et norm., » p. 155.
« Les Eglises de Tarrond. de Dieppe, » t. u, p. 501.
« La Normandie sout.., » !'• éd., p. 132; 2* éd., p. 150.
CANTON DE BAGQUEV1L.LE.
BACQUEVILLE.
Epoque romaine. — M. Deville signale ici une voie romaine allant vers Doudeville.
Epoque franque. — Bacqueville fut un des trois doyennés de l'ancien archidiaconé du
Petit-Caux, ce qui tend à reporter son origine jusqu'à l'époque franque (vue siècle). Ce
(1) Nous pouvons à peu près affirmer que tous les lieux où l'on trouve le nom de terres noires présentent des
débris antiques et spécialement des restes romains. Nous nous contenterons de citer ici les terres noires, à Quatre-
Mares', près Louviers, où l'on a recueilli une suite de monnaies romaines depuis Auguste jusqu'à Grispus (317-27).
( K Bull, monum., « t. xxiii , p. 259.) — Les terres noires^ dans le quartier de la Visitation, à Angers , où M. Godard-
Faultrier a trouvé un cimetière romain en 1848 et 1849. (Godard-Faultrier, « Rép. archéol. de l'Anjou, » p. 42 , fév.
1861.) - Les noires terres, kGiel, canton de Pulanges (Orne), point tout rempli d'antiquités romaines, et où l'on
dit que Ait autrefois une ville. ( De Caumont, n Cours d'antiq. mon., » 2* partie, t. ii, p. 244.) — Les terres noires,
 Sampuy, près Mérouville (Eure-et-Loir;, où, en 1857, on a rencontré force antiquités romaines. ( « Bulletin de la
J
— 281 —
fut aussi le siège d'une châtellenie célèbre qui doit avoir sa racine chez les Francs ou chez
les Scandinaves. Noël de La Morinière dit que ce lieu est appelé Bascheryth villa dans
d'anciens titres qu'il ne cite pas.
Noël , a Premier Essai sur le département de la Seine-Inférieure, » p. 199.
PIERREVILLE (section de bacqueville).
Epoque romaine. — M. E. Gaillard a connu à Pierreville un fragment de voie romaine.
Cet antiquaire et M. Guilmeth sont portés à attribuer le nom même de Pierreville à la nature
perrée du chemin. Pour nous, nous rattachons ce tronçon isolé aux voies qui de Lotum
et de Juliobona se rendaient à Arques et à Dieppe.
aVoies romaines de la Seine-Inférieure,» dans les« Mém.
de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xxiv, p. 348, 355.
E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 11.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist, mon. et stat., » t. iv,p. 71 .
LAMBERVILLE.
Epoque franque. — Au mois de juin 1859, j'ai trouvé auprès du clocher de Lamber-
viUe, qui est de la transition du xiie siècle, un cercueil en pierre de Vergelé plus étroit aux
pieds qu'à la tête et orienté de l'est à l'ouest. J'attribue à la période franque cette sépulture
déjà vidée par les fossoyeurs. Ce sarcophage, d'une seule pièce , ressemblait pour la forme
à celui d'Ouville-la-Rivière. (Voir page 244.) Sa longueur était de 1 mètre 90 centimètres ,
sa largeur variait de 35 à 60 centimètres.
A la même époque, j'ai reconnu et exploré sur le penchant d'une colline voisine de
l'église , et à peu de distance de la Vienne , un cimetière mérovingien qui a renfermé et
qui renferme encore un bon nombre de sépultures. Les premières sépultures avaient été
aperçues vers 1854, lors des travaux de nivellement. On avait trouvé alors des épées, des
sabres, des lances, des objets de fer et de bronze, qui ont été égarés depuis. Seuls quelques
vases de terre avaient échappé, et ils me furent remis par M. le curé, qui les avait
sauvés.
Dans les sondages que j'ai pratiqués, j'ai recueilli des vases de terre placés aux pieds,
Soc. des Antiq. de France, » n» 3, p. 148, année 1857.) — La terre noire, k Terminiers (Eure-et-Loir) , où sont des
débris antiques. ( « Bulletin de la Soc. archéol. de l'Orléanais, » n" 34, p. 183, année 1859.) — Le champ noir, à
Luxeuil (Haute-Saône), appelé aussi champ des Romains. ( « Mém. de la Commiss. d'archéologie de la Haute-Saône,»
t II, p. 9.) — Les terres noires^ à Maisons, canton d'Auneau (Eure-et-Loir), où l'on a rencontré, en 1843, des restes
romains considérables. ( « Annuaire d'Eure-et-Loir, pour 1849,» p. 336-37.) — A Caudebec-Iôs-Elbeuf, dans
le quartier de la Vignette, est le triége des terres noires tout rempli de débris romains. ( P. Maille , Recherches
sur Elbeuf, » t. m, p. 54 et 252. ) — Et enfin le célèbre cimetière romain de Terre-Nègre, à Bordeaux, dans
l'Aquitaine.
36
— 282 —
des couteaux, des haches, des pierres à feu, des boucles en fer et en bronze , des agrafes
ciselées , des fibules et des colliers en perles de verre ou d'ambre jaune. En un mot , j'y
ai trouvé tout le butin d'un cimetière franc.
En juin 1862, j'ai fait de nouvelles fouilles dans le cimetière franc de Lamberville et
j'y ai fait de nouvelles découvertes. J'ai extrait huit vases de terre, tous placés aux pieds
des morts. L'un d'eux possédait un bec triangulaire. Je donne ici le dessin de trois vases
de la dernière campagne. — J'ai recueilli quatre agrafes en bronze ciselé et étamé. Il y
avait des plaques et des contre-plaques de ceinturon. J'ofire le dessin de trois d'entre elles ;
je reproduis également la gravure d'une teiminaison de ceinturon ornée de croix , d'une
épingle à cheveux trouvée autour d'une têle , et d'un beau style en bronze rencontré dans
les déblais de sépultures plus anciennement violées. Ce style porte aussi une croix. Tous
ces objets sont en bronze étamé. J'ajoute l'image de deux fibules circulaires en bronze qui
peut-être furent décorées d'émail. Je joins à tout cela un ornement de cuivre ciselé qui
omail le fourreau d'un sabre recueilli dans la fouille de 1859.
Le 24 décembre 1864, des ouvriers occupés à défricher un bois appartenant àM.Goyer,
sur la rive droite de la Vienne et au penchant d'une colline , trouvèrent un cercueil en
pierre de Vei-gelé ou de Saint-Leu , long de 1 mètre 95 (au-dedans), lai^e de 50 (tête), et
de 25 (pieds), profond de 40; il était à 50 centimètres du sol; couvercle en arête ou dos-
d'âne ; squelette seul et sans objets.
ORNEMEKT DE SABBE.
. 283 —
M.AQVE tT CO NT ne-PL AQl'E H
INAlSOn DE CEin
asBiS
Le nombre des corps rencontrés dans les deux explorations est de dix-huit à vingt.
Quelques-uns étaient orientés est et ouest; d'autres, nord et sud. — Il reste encore
d'autres découvertes à faire.
a Bulletin moDumental , > t. xxvi , p. SOT.
■I Bull, de la Soc. des Antiq, deNorm., « l"année,p. 51.
■ Archives et procès-verbaun de la Commission des
anliquitâs de la Seine- Infé rieure , ° à Houen, Mss.
a Notice hist. et arcliéol. i
et r^glise de Lamberville , ■
• La Picardie, ■ d'août 18<
r les antiquités franques
in-S" de 14 p. avec gra-
I. p. 337-348.
{!) Les épingles à cheveux sont fréquentes sur les têtes des morts antiques. En I8G0, MM. deSaulcy et A. Bertrand
ont recueilli trois épingles en bronze sur la têtedes Gaulois ou desGauloise3d'Auvena)'(Cûte d'Or). (<> Revuearchéo-
logique, ° nouvelle série, 2' année, p. S-6, pi. i", &g. 1, 3, 4.) — Sur la tële d'une dame romaine du Bas-Empire,
trouvée à Quatre-Mares, près Houen, en 1B43, M. Deville a constaté la prfsence de quatre épingles k cheveux, dont
trois en ivoire et une en jais. (« Revue de Rouen, ■ année 1843, l" sem., p. 124-29; — «La Normandie souterr., >
2' édit., p. 49.) — Hais nulle part ces épingles ne sont plus fréquentes ni plus curieuses que dans les sépultures
fï'anques, saxonnesou burgondes. Parmi les différents exemples que nous pourrions citer, nous nous contenterons
de deux qui illustrent parfaitement le fait de Lamberville- Le premier spécimen est la belle épingle d'argent doré
trouvée à Envermeu en 1850. Elle était sur la tête d'une femme richement parêei elle a 25 centimètres de long.
Nous donnons ici un dessin de cette riche pièce du Musée de Rouen plusieurs fois reproduite. ( ■ La Normandi*
8M ARCENT DOBB (EnVBRMBVt lUO).
284 —
SAINT-MARDS.
Période normande. — Dans la charte de Robert 1er en faveur de l'élise de Noti'e-
Dame de Rouen, Saint-Mards est désigné comme appartenant au comté de Talou :
«In comitatu Talou, ecclesiam de Sancto Medardo. » On dit que dans le cimetière et
autour de l'église on trouve beaucoup d'épaisses murailles et jusqu'à cinq ou six puits
maçonnés.
Temps incertains. — ■ Dans une Histoire archéologique du Vendômois, publiée en 1848,
travail élégamment et savamment écrit, M. de Pétigny prétend (p. 12, 13 et 22) que le
nom de Saint-Marc ou de Saint-Mars se trouve toujours sur les limites des anciennes
divisions ecclésiastiques. Ici son opinion se trouverait jusqu'à un certain point justifiée ,
puisque notre Saint-Mards se trouve sur les marches du Talou et du pays de Caux, sur
les frontières des archidiaconés d'Eu et du Pelit-Caux. Nous ne voulons cependant rien en
conclure, car l'œuvre de notre savant confrère ne manque pas d'assertions hasardées et
sans critique.
A. Le Prévost , " Mémoires de la Société des Anti- | ■ Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, ■ t. ii .
quaires de Normandie , > t. \i, p. 9. | p, iâO-iSS.
HERMANVILLE.
Époque incertaine. — Ce village , dédié à saint Martin , posséda autrefois une fontaine
vénérée à présent rebouchée. Elle portait le nom de Saint-Martin , comme le feu de carre-
four que l'on faisait la veille de sa fête.
' Les Églises de J 'arrondissement de Dieppe , ■ t. ii , p. 459.
■■ Odil., p. 300-301 ; 2' édil., p. 318-79, pi. .tu, Dg. 1 ; — Roach Smitli, " Collectanea antiqua, » vol. u,
i\.)— La seconde épingle, aussi en argent et aussi longue que la nùtre, a été recueillie, en 1S48,
à Marseille (Oise), au milieu de sépultures m g enn C mme à Envermeu , la Torme de la tâte est celle d'un
oEsesu dont l'œil sérail Formé avec un grena N d n o dessiu do cette belle pièce, qui a été reproduite
en France par M. Mathon et la Société acadfm u d 0 («Mém. delaSoc. acad. de l'Oise, ■> t iii,p.27-W,
pi. w), et en Angleterre par M. Wylie et la S é de A quaires do Londres ( ■ Proceedings of the Society of
Antiquarios London, ■> vol. iv, p. 530).— Tout récemment , notre ami Roach Smith vient de publier une curieuse
épingle k cheveux qui a été trouvée dans un cimetière saxon du Kent; elle est en argent, ornée de vcrroleriec
rouges et imite un oiseau (<• Collectanea anliqua, • vol. vi, p. 142, plate xxv, lig. I).
285 —
OMONVILLE-EN-CAUX.
ODE NORMANDE. — Dans le cartulaire de l'abbaye de la Trinité-du-Mont de Rouen,
Oirxo ri ville, rangé dans le pays de Caux (Caletensis pagi), est appelé Amundivilla par Raoul
de >?V^arenne et Emma, sa femme, qui , en 1063, offrent l'église et le village au monastère
rou
I>ovill
deFt
sur 1
ais.
, « Cartulaire de l'abbaye de la Trinité-du-Mont
^» dans la «rColiection des documents inédits
istoire de France, • p. 436, 437, 439.
A. Le Prévost , « Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, » t. xi, p. 14.
V
i\v
AUPPEGARD ou LE POUGARD.
|UE GAULOISE. — En 1809, Noël de La Morinière, qui était de Dieppe et qui dans
^ J ^^^iiriesse avait peut-être connu les mottes d'Auppegard, publia un Mémoire sur la motte
^ ^^o^^À^gard qui parut dans le tome iv des Mémoires de V Académie celtique (p. 231-244).
*^^ s ciette notice , Noël donne la description de ce curieux monument qui a disparu : car,
^ ^ ^S6, j'en ai recherché la trace entre Colmesnil et Auppegard, et je n'ai plus aperçu
^ ^ '^.s champs labourés qu'une ondulation de terrain qui marque encore l'assiette d'un
e tertre circulaire.
éminences n'ont pas dû être détruites en une année. Ce' que nous savons,
<jue Mme la duchesse de Mortemart, qui en était propriétaire, au droit de son
le marquis de Manneville, en commença la destruction en 1777. Noël assure
^^ ^^lo fut obligée d'employer la mine pour démolir cette œuvre gigantesque de nos
V y^^- n raconte toutefois que l'opération fut un moment interrompue par suite d'une
O^^u^ insupportable qui sortait du fond de V excavation^ ce qui paraît peu vraisem-
Wotmant le résultat de l'exploration , Noël dit que les ouvriers trouvèrent des fers de
^\qae, des fragments de fer oxydé et aplati qu'ils prirent pour des morceaux de marmites ,
et un grès long de 1 mètre apporté là de main d'homme.
Noël raconte que le lundi de Pâques on se réunissait autour de la motte du Pougard^
comme on se réunit autour du Barrow de Tindwold-Hill , dans l'île de Man, le jour de la
Saint-Jean d'été. Il ajoute que dans cette assemblée on plaçait, au bas de l'éminence, cent
œufs dans un panier. Un homme prenait chaque œuf qu'il portait l'un après l'autre sur la
rtiotte, et, quand il les avait déposés un à un , revenait les placer de même dans le panier
où il les avait pris. Pendant ce temps, un autre homme allait à Racqueville et eji revenait.
L'enjeu était une pièce de cidre.
Noël ne peut quitter la motte du Pougard sans risquer quelques hypothèses. Il croit que
L.
— 286 —
c'était un autel victimaire. Il rattache à ce tertre le Chemin des Fées , « qui , dit-il , passait
dans le voisinage. »
Y avait-il une ou plusieurs mottes à Auppegard ? Nous sommes porté à penser qu'il y en
avait deux ou trois comme au parc d'Hallebosc^ près Bolbec. Dans son Essai sur la Seine-
Inférieure , écrit en i 795 , Noël dit <r qu'il a vu en passant les monticules dits mottes
d' Auppegard. » Généralement, nous avons entendu parler de trois mottes que l'on nom-
mait aussi de Colmesnil^ parce qu'elles sont voisines de Colmesnil-Manneville.
Noël, « Premier Essai sur le département de la Seine-
Inférieure, o p. 199.
Noël, « Mém. de l'Acad. celtique, » t. iv, p. 231-241,
« Les Eglises de Tarrond. de Dieppe, u U ii, p. 460.
BOURG-DE-SAANE (section de saane-saint-just ).
Epoque mcERTiaNE. — Le territoire du Bourg-de-Saâne (1) est rempli de débris
antiques. Je cite notamment une énorme butte de terre séparée de la colline par une
coupure profonde. Ce terrassement se nomme les Châtelets , Castella antiques , où la
paroisse de Saâne allait autrefois en procession le jour de l'Assomption.
« Les Eglises de l'arrondissement de Dieppe, » t. ii, p. 584.
BRACHY.
Epoque romaine. — Brachy, comme tous les villages des bords de la Saâne, offre des
ruines et des débris antiques. On m'a signalé à Brachy une abondance de tuiles et de
(1) A propos du nom de Saâne et de Bourg-de-Sadne appliqué à une localité placée sur cette rivière, il ne serait
pas indifférent d'examiner si nos cours d'eau ont donné leur nom aux pays qu'ils arrosent, ou si eux-mêmes l'ont
reçu. Nous croyons que l'un et l'autre cas doivent se rencontrer. Assurément, l'Ou, leTalou, le Vimou ont pris le
nom des rivières d'Où, de la Telle et de la Visme. Mais ce sont là des pays, des pagi, comme on disait autrefois;
tandis que le Bourg-de-Saâne, ou comme on dit aujourd'hui Saâne-Saint-Just , me parait aussi propre à donner
son nom qu'à le recevoir. J'en dis autant du Bourg-Dun, appelé Dunum dans un diplôme du vu» sièle. ( « Mém.
de la Soc. des Antiq. de Norm., » t xi, p, 7. ) J'étendrai mon analogie à la Warenne, sur les bords de laquelle on
trouve le hameau de Warenne, et dont le nom de Warinna paraît avoir été le vocable primitif de Saint-Saëns et
de Bellencombre , siège de la célèbre famille anglo-normande des Warenne. — La ville d'Eu était nommée , au
vu* siècle, Austa ou Attga, et sa rivière Auva Dans la vie de Saint-Germain-l'Ecossais, qui est du x* siècle, on lit:
« Transite Auda amne. » (BolL, Acla Sanct., t. i«% mens, maii, p. 268-69.) Dans celle de Saint-Loup, de Sens, qui
est plus ancienne, on voit : « Fluvium Ausciam et Augum flumen. » (Boll., Acta Sanct., t. !•% mens, sept., p. 259.)
Au XI*, Ou signifiait indifféremment la rivière , le pays ou la ville ; « Ou est ewe , Ou est chastel ,» écrivait Robert
Wace. ( « Le Roman de Rou, » vers 11,502.) Orderic Vital va jusqu'à dire : « Aucum flumen quod vulgo dicltor
Ou. >» — Durdent est un nom moderne: au xi* siècle, ce petit fleuve cauchois s'appelait Guitefleda. (Orderic.
Vital., « Hist. ecclesiast., » lib. xn, t. iv, p. 396, édit. Le Prévost. — Les Eglises de l'arrond. d'Yvetot, l'* édit,
t. 1", p. 192; 2* édit., t. 1", p. 206.) A notre avis, ce nom vit encore dans celui de Vittefleur, Tune des princi-
pales localités que cette rivière arrose. — La Fontenelle, la Rençon, la Bolbec, la Cailly, la Clères, le Bec-aux-
Cauchois, le Bec-de-Mortagne, le Bec-Vauquelin, le Bailly-Bec, et tant d'autres petits ruisseaux , me paraissent
rentrer entièrement dans la thèse que je soumets à l'examen du lecteur.
cocà
Ile
W C^ AMl^
1*^^
- 287 —
t^^/qfues romaines, et des débris parmi lesquels se trouvaient des meules à broyer, rondes,
*omJt>ées et percées d'un trou.
environs de Brachy il a été trouvé une anse d'amphore en terre rouge , à présent
à la Bibliothèque de Dieppe. On lit sur ce fragment de céramique romaine :
- MELISSE (i). Je reproduis ici le fac-similé de cette inscription antique :
a Entre Brachy etGreuville, dit M. Guilmeth, la
tradition place une ville romaine que les habitants
appellent Bosvie ou Béarnais. Elle s'étendait , dit-on ,
depuis Brachy jusqu'à la Croix de Beauvais, sur Greu-
vilie. On assure qu'il a été rencontré entre ces points
beaucoup de fragments de poteries, ainsi que des meules
à broyer. »
^UE FRANQUE — Brachy formait un des trois doyennés de l'ancien archidiaconé du
aux. A ce titre seul, il doit remonter à la période mérovingienne. Mais nous n'en
^s pas réduit à des conjectures : nous trouvons le nom de Brachy (BraciacumJ dans
\^ ^ ^^^onique de Fontenelle , lorsqu'elle rapporte la cession qu'en fit, en 730 ou 734,
^^^^^sixide, abbé de Fontenelle, au comte Rathaire. Brachy est placé sur la Saâne a Super
^^^^>o Sedana, » comme il est en effet, et dans le pays de Talou « In pago Tellau, » ce
^Ç^^ Tious paraît moins sûr.
EIÎJJJ
D*AMPHORB ROMAIIVR (BRACHY
OU EIHVIROKS, 1846).
6'
^ Chronicon FontanellaB, » c. x.
^- Lie Prévost, « Mémoires de la Société des Anti-
<ÏViîi\res de Normandie, v t. xi, p. 7.
Guilmeth, «Desc.géogr.,hist.,mon. etstat.,i t. iv,p.87.
« Les Églises de l'arrondissement de Dieppe, » t. ii,
p. 465.
a La Normandie souterraine, »* 2* édit., p. 180-81.
« Sépult. gaul., rom., franq. etnorm., » p. 154-55.
c
(l) Comme nous l'avons observé dans notre a Normandie souterraine» (i'" édit., p. 159; 2" édit.. p. 181 ), cette
marque, avec ses variantes, se retrouve partout dans l'ancien monde romain. A notre connaissance, cette empreinte
est sortie bien des fois des débris de cette civilisation , aussi bien en Gaule que dans la Grande-Bretagne. C'est
ainsi que M. Thaurin, de Rouen, a recueilli dans le sol de la cité des Vélocasses et a placé dans sa collection une
anse rouge avec marque entièrement semblable à la nôtre. La Seine-Inférieure nous en a donné un troisième
spécimen dans les épaves de l'ancienne Uggate , aujourd'hui Caudebec-lès-Elbeuf , épaves réfugiées à Louviers,
dans le cabinet de M. Lalun. ( « Sépultures gaul , rom , franq. et norm., » p. 104.) — Un autre fragment tout pareil
a été ramassé, en 1851, dans les fouilles du camp de Dalheim, et il figure au Musée de la Société archéologique
du Luxembourg {|« Public, de la Soc. archéol. du Grand-Duché du Luxembourg, » t. vu, p. 175. ) — Notre ami
Rooch Smith signale aussi plusieurs anses d'amphores , avec marque semblable, rencontrées dans la ville de
Londres. ( « CoUectanea antiqua, » vol. 1, p. 150 ; — « Catalogue of the Muséum of London antiquities , » p. 14 ; —
« Illustrations of roman London, » p. 88.) — M. Thomas Wright reproduit de son côté les analogues sortis du sein
de la Grande-Bretagne. ( « The Gelt, the Roman, and the Saxon, » {'" édit. p. 475 ; 2» édit. , p. 481-82 ) — Mélisse,
répété deux fois, se voit au Musée de Metz sur une anse d'amphore tirée, en 1860, du puits de Haute-Perthe , près
Thionville. ( « Bulletin de la Soc. d'hist. et d'archéol. de la Moselle , » 3' année, p. 132.) — Enfin, M. Guillaume
Froehner, dans son intéressant et précieux recueil des « Inscriptiones terrse coctœ vasorum, » p. 59, donne, d'après
Chifûet, Momsen, Janssen et autres, des marques portant les noms de Camilli et de Mélisse trouvées en Franche-
Comté, en Suisse, daus les Pays-Bas et sur les bords du Rhin. — Le Musée de Rouen possède trois anses d'am-
phore que l'on croit trouvées à Rouen, et où l'on retrouve à peu près la même marque. M. Paul Baudry en a recueilli
une en 1864, où l'on trouve m... issi dior.
— 288 —
LE GOUREL (section de brachy).
Époque romaine. — Dans la vallée de la Saâne, près Gueures, on voit sur le Gourel
de nombreuses traces de retranchements , fossés, barrages , etc. On y a recueilli des tuiles
à rebords et des monnaies romaines.
Période normande. — L'église du Gourel, où le tuf joue un grand rôle, renferme à
l'entrée deux arcosolia (1) qui rappellent les sépultures chrétiennes des premiers siècles.
Guilmeth, «Desc.géog., hist., mon. etstat.,» t.iv,p. 97. | « Les Églises de l'arrond. de Dieppe, » t. n, p. 467.
GUEURES.
Époque franque. — Gueures, placé sur la Saâne (super fluvio Sedana), comme le dit
un titre du viiie siècle , était rangé par quelques-uns dans le comté de Talou, quoiqu'il nous
paraisse avoir toujours fait partie du Petit-Caux.
Nous croyons reconnaître le nom de Gueures dans le Moriacum donné , vers 730 , au
comte Rathaire, par Teutsinde, abbé de Fontenelie. Nous le voyons plus sûrement dans le
Gauriaco de la charte délivrée par Pepin-le-Rref à l'abbaye de Saint-Denis en 750 ou 754 ,
et aussi dans le Moriaco de la charte confîrmative délivrée par Charlemagne en 775. Cette
opinion a déjà été émise par notre savant maître M. A. Le Prévost. — Chose étonnante,
toutes ces pièces du viiie siècle mettent Gueures dans le Talou : « In pago Tallou. »*
a Ghronicon Fontanellse, » c. x.
Félibien, « Histoire de Tabbaye de Saint-Denis, »
pièces justificatives xxxui el ui.
« Diplomata et cbartœ merov. setatis, » p. 81 .
A. Le Prévost , « Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, • t. xi, p. 7 et 8.
« Les Églises de Tarrond. de Dieppe, » t n, p. 465.
« Sépultures gaul., rom., franq. etnorm., » p. 154.
VÉNESTANVILLE.
Époque romaine. — M. Deville m'assure que l'on a trouvé à Vénestanville un cercueil
en plomb, et que dans ce même lieu on a recueilli une statuette en bronze et des médailles
romaines.
Époque franque ou normande. — Dans la plaine qui va vers Greuville et Gruchet,
on voit un petit bosquet dans lequel existe une belle motte circulaire haute de 5 à 6 mètres
et entourée d'un fossé profond de 2 à 3 mètres. On nomme ce lieu le Bois de ia Motte,
Nous pensons que c'est la base d'un ancien château-fort qui aura été en bois. La tradition
parle d'une cloche d'argent et d'un César cachés dans la terre.
(1) Nous ne saunons donner la date exacte des arcatures du Gourel : maïs les arcosolia sont d'origine fort
ancienne. Ce sont les tombeaux primitifs de l'Église chrétienne. Nous en avons la preuve à Rome, dans les
arcosolia des catacombes, et dans ceux que l'on voit au puits de la Platonia. Ces derniers passent pour être les
sépultures des premiers papes. On assure que saint Damasse les fit réparer. — A Rouen , nos deux premiers
évoques, saint Mellon et saint Avitien , furent inhumés dans la crypte de Saint-Gervais , sous d'antiques arcosoHa
que Ton montre encore. On veut voir, comme spécimen de ce genre d'antiquités chrétiennes et primitives, un des
deux tombeaux de la crypte rouennaise, reproduit par M. J. Thieury, dans son « Saint-Gervais de Rouen, » p. 23
— 289 —
i:^\
\,^;^.'iv
vMa
GREUVILLE.
Époque gauloise. — Entre Greuville et Luneray, on a trouvé une hache en silex.
Époque franque. — a: La xiie année du règne de Chiidebert II (706), un leude franc,
dominé Jourdain , donna au monastère de Fontenelle la terre de Greuville , alors rangée
^^ïïs le comté de Tallou. » « Anno xiP praefati régis Gressus-Villam in pago Tellau Jor-
*^ï^s contulit. »
En 715, le prêtre Leutbert offrit au monastère de Fontenelle ce qu'il possédait à Greu-
^^6, « Gressus. »
Dans une charte de Charles-le-Ghauve, dénombrant les propriétés de la métropole de
^ouea^ nous voyons figurer : « Gressum cum adjacentiis suis, d Mais, cette fois, le lieu
^^i placé dans le pays de Caux: « in pago Cultis. d Ces confusions de pagi sont fréquentes
^^s ies diplômes mérovingiens.
<
%
^^s JÊ^lises de Tarrond. de Dieppe, » t. ii, p. 473-75.
revost, « Mémoires de la Société des Anti-
Normandie, » t. XI, p. 6 et 7.
« Chronicon Fontanellaî, » c. ii et vu.
Feret, a Société archéologique de l'arrondissement
dé Dieppe, » p. 23.
p^
LUNERAY.
UE GALLO-ROMAINE. — D'iutéressants monuments d'antiquité ont été trouvés à
, en 1827. Ce fut en labourant au hameau du Ronchay (1) que le cultivateur Jean
e rencontra une belle sépulture romaine à incinération. Averti de cette trouvaille ,
t, de Dieppe, tenta au Ronchay quelques fouilles qui furent sans succès. Toutefois,
K "propos du nom de Ronchay, que porte le hameau de Luneray où ont été trouvées tant d'antiquités romaines,
^^^f ai que les noms de ronces et d'épines sont presque toujours de bons indices archéologiques. Nous traiterons
^ îiie^rs des épines, mais parmi les points antiques où entre le nom de ronce, nous citerons la Ronce y près Gau-
0iont(Eure), où l'on a trouvé des statuettes de Latone. (« La Normandie souterr., » 1" édit., p. 168; 2» édit., p. 192.)
^ Le hameau des Ronches, à Théville, près Cherbourg , où l'on a découvert, en 1857 , deux paires de meules à
broyer. (« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xxii, p. 193.) — Un autre hameau des Ronches, à Gonneville,
près Cherbourg, où passe une voie romaine. (De Pontaumont, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,» t. xxii,
p. 185.) — La raison de ceci, c'est que toutes les fois qu'il y eut des ruines antiques, là, leshalliers et les buissons
se formèrent. Ainsi, lorsque Tintendant Foucault et M. Belain voukirent, en 1705, faire des fouilles à Vieux, près
Caen, pour y rechercher VArœgenm des Viducasses, « ils trouvèrent des choses très anciennes sur une petite élé-
vation couverte de ronces. » (L'abbé de Longuerue, dans le « Mercure de France, » d'avril 1732, p. 632.) — En 1829,
M. de Stabenrath étant sur le point de faire de nouvelles fouilles au Vieil-Évreux , remarqua « que les buissons
étaient excrus sur les ruines romaines. » ( De Stabenrath , « Rapport sur les nouvelles fouilles faites aux Vieil-
Évrenx, » p. 5 ) — M. E. Fleury cite des ruines romaines au lieu dit le Buissonnet, près Blanzy (Aisne). (Fleury,
« Bull, de la Soc. acad. de Laon, » t. x, p. 50.) — Lorsqu'on 1837, M. le comte de Ghastellux découvrit la belle villa
romaine du ftow des Chanials, à Saint-Germain-des-Champs, près Avallon (Yonne), il avait remarqué depuis
longtemps « sous d'épaisses cépées des tas de pierres dont les morceaux informes avaient im grand développe-
ment. » (« Bulletin de la Soc. d'études d'Avallon, » 1" année, 1859, p. 81). — Les ronces, les buissons, les épines
sont si bien connues pour être les amies des ruines, que dans une Déclaralion du Comté dEu, rendue vers 1658,
on dit que « Richement est un village où il y a des ruines et où il ne reste plus que de petits buissons. » (L'abbé
Decorde , « Essai hist. et archéol. sur le canton de Blangy, » p. 217).
37
— S90 —
la découverte première était magnifique ; elle fut offerte par le laboureur à la Bibliothèque
de Dieppe, où elle se trouve aujourd'hui.
Ce groupe antique se composait d'un grand nombre d'objets parmi lesquels nous distin-
guerons cinq vases de terre et cinq vases en verre.
Le principal vase de verre était une grande urne
carrée haute de 35 centimètres et large de 25 , i
d'une épaisseur énorme, et encore remplie d'os
brûlés. Nous en donnons ici le dessin réduit au
quart de sa grandeur.
Cette grande pièce, l'un des plus beaux morceaux ,
de verreantique qui soit connu, étaitaccompagnée ^
d'une autre urne en verre également carrée, mais
plus petite, etprésentantaufond une croixdeSainU
André en relief. Nous reproduisons ici ce fond de
vase marqué d'une croix. Une croix de ce genre se
trouve au fond d'un des beaux vases romains trou-
Etf ^j. vés à Bartlow-Hill's (Essex)
"j ~^~ ~ en1832. — Avec ce vase, qui
a I était sans doute cinéraire, se
:; • trouvaient trois fioles com-
us munémentappeléeslacryma- ^^
g Si toires- _
b " Ces derniers vases étaient ^^^ cabbéb en vebhe (hiwebay, isîtj.
contenus dans une grande urne grise dont il reste des fragments; ils étaient de plus accom-
pagnés d'une autre amphore en terre grise parfaitement intacte, de trois vases en terre
cuite et d'une petite écuelle en terre rouge du genre de nos Jerrines. Enfin , dans cet
ensemble, se trouvait une figurine en terre blanche communément désignée sous le nom
de Latone.
Tous ces objets avaient été renfermés dans un coffret en bois dont on a retrouvé la ser-
rure , les ornements et les garnitures de bronze.
Avec toutes ces pièces évidemment romaines , il a été recueilli une de ces hachettes en
silex généralement attribuées aux Gaulois. Elle est déposée à la Bibliothèque de Dieppe.
On m'a assuré qu'au Ronchay , dans le voisinage du lieu de la découverte , existaient
autrefois des fossés circulaires , restes d'une enceinte antique. M. Guilmeth a également
consigné cette tradition.
Le même M. Guilmeth parle de monnaies antiques , entre autres un Claude , trouvées à
Luneray, ainsi que des tuiles et briques romaines. D cite deux rencontres d'incinératioDS,
tandis que nous n'en avons connu qu'une seule.
— 294 —
/
suiteur, toujours un peu suspect pour nous , assure que , dans la plaine qui
entre Luneray et la Gaillarde, il existe plusieurs puits fort profonds dont l'existence
de mystérieux souvenirs : <r On prétend, dit-il, qu'ils renferment des trésors et
fées viennent y danser la nuit. j>
paraît bien qu'il a été fait à Luneray d'autres découvertes d'antiquités que celles de
ou bien tous, les produits n'en sont pas entrés dans la Bibliothèque de Dieppe , car
logue du Musée d'Antiquités de Rouen pour 1845 mentionne (page 28) plusieurs
ies roumaines comme venant de Luneray, Pour le détail des objets ,.nous lisons sur un
ogue manuscrit et illustré, tenu par M. Deville, que dès 1836 il acquit pour la collée-
^partementale : lo une tête gauloise en terre cuite; 2o six pieds de verres antiques;
fragments de gobelet en verre violet avec dessin blanc ; 4o deux fragments de vases
^^ "^^rre blanc ; 5o une coupe en cuivre; 6o deux coupes en terre; 7o une urne cinéraire
. x!/ ^rre avec os brûlés et médaille d'Antonin; 8» enfin des clous, des hameçons et des
^^*^\^ à rebords.
ISn juillet 1864, lors de l'élargissement d'un chemin au hameau de Ronchay , près
Canteleu , le cantonnier a découvert une incinération romaine composée d'une urne en
forme de cruche , d'une assiette et de plusieurs vases en terre grise.
Époque franque. — Le nom de Luneray nous apparaît à l'époque mérovingienne. En
715 , le prêtre Leulbert donne au monastère de Fontenelle les propriétés qu'il possède à
Luneray (Luneraco), rangé alors dans le pays de Talou*
BIBLIOGRAPHIE.
r Feret, « Société archéologique de l'arrondissement de
Dieppe, » in-8% 1828, p. 22-24.
LL, « Gâtai, de la Biblioth. de Dieppe, » p. 333, 334, 335.
Guilmeth, «Description géograph.,histor., monum.et
statist. desarrondiss., » t. rvr, p. 89-91.
Deville , « Catalogue du Musée départemental det
antiq. de Rouen, » 5« édit., année 1845, p. 28.
« La Normandie souterraine, » !'• édit., p. 133;
2« édit, p. 151-152.
« Les Églises de Tarrond. de Dieppe, » t. u, p. 471, 473»
«Sépult. gaul., rom., franq. et norm.,» p. 154.
« Chronicon Fontanell» , » c. ix.
Â. Le Prévost , « Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, » t. xi, p. 7.
CANTON D'EN VERME CI.
ENVERMEU.
Envermeu fat toujours un point antique très important. M. Guérard en fait à tort, selon
nous, la capitale du Talou. Nous pensons que cet honneur appartint constamment à Arques
Bi à son château.
^
— 292 —
Ce qui a pu tromper un înstant M. Guérard, c'est qu'Envermeu est en plein pays de
Talou, et qu'il fut le titre d'un doyenné de l'ancien archidiaooné d'Eu.
Époque romaine. — Envermeu , situé sur le bord de la voie antique qiîi allait de Dieppe
à Beauvais, renferme des anquités romaines. Dans un pré situé entre l'Eaulne et la route
départementale no 5, se voit un tertre appelé le CâteL C'est là probablement que ftit le
château des sires d'Envermeu , si puissants au XP siècle. Orderic Vital parle des sires
d'Envermeu , dont l'un fut conquérant de l'Angleterre , et l'autre devint évêque de Bayeux
et successeur du fameux Odon. Ce sont eux aussi qui fondèrent le prieuré de Saint-Lau-
rent dont nous parlerons bientôt.
Vers 4832, en faisant la route départementale n° 5, on trouva dans la traverse d'Envermeu
un certain nombre de tuiles à rebords. En 1836 , des monnaies de bronze de Néron, de
Faustine , d'Antonin et de Commode , furent recueillis au Bois-Dangereux et remises à
M. Guilmeth.
M. Feret nous a assuré que sur l'emplacement de l'ancien prieuré de Saint-Laurent ,
situé au bord de l'Eaulne, il avait reconnu des murailles romaines en petit appareil chaîné
de briques. H s'ensuivrait que le monastère du xre siècle , fondé par les seigneurs d'En-
vermeu et uni par eux à la puissante abbaye du Bec-Hellouin, aurait succédé à un établis-
sement antique. M. Guilmeth dit qu'on trouve à Saint-Laurent une motte ou un Câtel. Ce
qui est certain , c'est que la Bibliothèque impériale possède un beau cartulaire de Saint-
Laurent d'Envermeu , qui a apparj^enu au célèbre Houard , de Dieppe.
Epoque franque. — Le nom d'Envermeu nous est révélé à l'époque •fran que. et à
l'époque normande. Vers 730 ou 734, Teutsinde , abbé de Fontenelle, cède au comte
Rathaire la moitié d'Envermeu dans le pays de Talou : « In pago Talou... medietatem
de Edremau qui fait Gesonis. »
Une charte du roi Robert , délivrée au chapitre de la cathédrale de Rouen et confirraative
des biens de cette puissante corporation, cite, dans le comté de Talou , le fief d'Envermeu
déjà donné en présence du duc Richard : <r In praefato comitatu Talou... partem alodii..
in Edremau praesente Richardo... »
Enfin, au xiie siècle, Orderic Vital appelle Envermeu Ebremau et Ebremou.
Un grand fait archéologique , accompli de 1850 à 1859, a montré toute l'importance
d'Envermeu aux temps mérovingiens. En 1850, en traçant la route départementale no 32,
qui va de Bolbec à Blangy, on a trouvé, à 500 mètres nord-est de l'église , dans un champ
appelé la Tombe (1), un cimetière mérovingien des plus complets.
J'ai exploré ce cimetière neuf fois en dix ans, de 1850 à 1859, et j'y ai reconnu un
(1) En France et à l'étranger, nous trouvons souvent le mot tombe employé pour désigner une terre, et alors on
y découvre ou on y a déjà découvert des antiquités ou des sépultures. A Paris, on appelait autrefois le Fief-des-
Tombes le plateau de la montagne de Sainte-Geneviève et ses deux versants de l'est et du midi, qui sont tout peuplés
de cercueils. (Le Blant, « Inscript, chrét. de la Gaule, » 1. 1", p. 278.) — A Vicq, près Montfort-rAmaury (Seine-et-
— 293 —
champ de sépultures de forme à pai près circulaire , d'un diamètre d'environ 90 mètres
sur une longueur d'au moins 120 mètres. Je n'y ai pas visité moins de huit cents fosses
générrfement alignées du sud au nord et orientées de l'est à l'ouest. Il ne s'y est rencontré
que deux cercueils en pierre de Verçelé. Les objets que j'en ai tirés sont sans nombre : ils
se composent principalement de vases en terre , en verre et en bronze ; d'armes en fer
parmi lesquelles il faut distinguer deux angons, quatre épées, des boucliers, des sabres ou
scramaxases, des poignards, des couteaux de toute taille, des fers de lances, des haches
francisques et des pointes de flèches.
Les monnaies consistaient en monnaies gauloises en or, en monnaies romaines en bronze
ou billon saucé, en monnaies franques en argent des premiers temps mérovingiens , et en
un denier d'argent de Gharlemagne. Les objets d'ornement étaient en fer, en bronze , en
argent et en or, en verre , en émail ou en silex. Je cite dans le nombre : des épingles à
cheveux, des styles en bronze, des boucles d'oreilles en or, argent et bronze; des bagues
ou anneaux en bronze, argent et or; des bracelets en argent, en bronze et en verre; des
colliers en perles de verre , de pâte de verre, d'ambre ou d'agate ; des coffrets en os et en
Oise), la charme a rencontré plusieurs fois des sarcophages dans un champ appelé le Champtier-de-la- Tombe.
C'est un ancien cimetière iï*anc. (A. Moutié, « Rapport sur les fouilles pratiquées à Vicq en 1851, i p. 4.) —
M. d'Arbois de Jubainville nous apprend qu'à Lévigny (Aube) , on a découvert un cimetière mérovingien au lieu
dit les Tombes, ( « Répert. archéol. de l'Aube, » p. 50. ) — Au Tombois de Barbonval (Aisne), on a trouvé des
sépulcres taillés en plein rocher. (« Bull, de la Soc. acad. de Laon, » t. x, p. xxx.) — Sur un point appelé le Champ-
des-Tombes, près la cliapelle de Saint-Eucaire , à Pompey (Meurthe), on a rencontré, en 1852, un cimetière méro-
vingien renfermant au moins six cents corps. Une tradition disait que dans cette terre reposait saint Eucaire et,
avec lui, deux mille deux cents chrétiens mis à mort en Van 342. (a Journal d'Archéologie de Lorraine, » année
1852, n** 2 et 3.) -- AVedrin, près Namur (Belgique), M. Del Marmol a fouillé un cimetière mérovingien dans un
lieu précédemment appelé le Tombois. (Del Marmol, « Cimet. de l'époque franque, » p. 1; et « Annales de la Soc.
archéol. de Namur, » t. m.) — A Boos (Lozère), un pré appelé les Tombes est rempli de cercueils de pierre des
temps mérovingiens. (« Congrès archéol. de France; séances génér. de 1857, » t. xxi, p. .166.) — Près Montereau-
sur-Seine est un village dit la Tombe^ dans lequel est une terre dite le Champ-Mort. Avant la Révolution , on y a
trouvé un'e hache Irancisque et des vases. (Dulaure, « Mém. de l'Acad. celt., » t ii, p. 446-47.) — A Ory-la-Ville,
on a rencontré de nombreux sarcophages au lieu dit les Tombes, (« Répert. archéol. de l'Oise, » p. 199). — A
Lagny-le-8ec (Oise), sont des cercueils de plâtre au lieu dit la Fosse-des- Bières (ibid., p. re6.) — A Villeneuve-
sous-Théry (Oise), on cite également des sarcophages au lieu dit le Sépulcre (ibid., p. 163.) — A Mareuil-sur-Ourcq,
on a découvert des cercueils, en 1832, au lieu dit la Pièce-des- Tombes ( ibid., p. 162.) — A Chavignon (Aisne),
l'ancien cimetière est sur un monticule appelé le Mont-des-Tombes (de Caumont, « Cours d'Antiq. mon., » t. iv,
p. 302.) — A Barbonval (Aisne), M, Fleury a trouvé un cimetière antique au Tombois. (« Bull, de la Soc. acad. de
TAisne.) — En Belgique, beaucoup d'endroits portent le nom de Tombe-, à Spontin est to Terre-aux- Tombes ; à
Emptines sont les Tombes; à Percheresse, on dit al Tombe ; à Fillée, c'est la Terre al Tombe. (Hauzeur, « Antiq.
gallo-germ., gallo-rom. et franq. de la rive droite de la Meuse , » p. 39, 42, 51, 88.) — Un acte de 1764 mentionne à
Crécy (Somme) un fief en la Couture de la Tombelle-au-Praslin. (« La Picardie , » vi* année, p. 473.) — A North
Wroxhall (Wiltshire) est un champ nommé Coffin-Ground. (« Gentleman's Magazine, » août 1860, p. 157.) — Enfin,
en Suisse et en Savoie , certaines localités portent dans leur nom trace de sépultures antiques. Les anciens cime-
tières de la Balme et du Petit- Bormand s'appellent Chamy (grand rapport avec Chamay , en Bourgogne , où
M. Baudot a exploré un cimetière burgonde); les cimetières de Cartigny et de Fontaine-Vive s'appellent le Champ-
des- Tombeaux , et celui d'Archamp, la Vigne-des-Morls. (Gosse, « Notice sur d'anciens cimetières trouvés soit en
Savoie , etc., » p. 5.)
— 294 —
bronze repoussé, des fibules en or, en aident et en bronze; des boucles et des plaques
de ceinturon en fer damasquiné et en bronze étamé el ciselé; des fennoirs de bourses
en or, en bronze et en fer; des aiguilles en bronze, des ciseaux ou pinces en fer, des
vrilles en fer, des pierres à rafiler et des silex à battre le feu' des plateaux et des poê-
lons en bronze, des seaux ou baquets en bois , dont quatre, cerclés de fer, étaient montés
et garnis de cuivre ciselé et doré; des chaînettes en fer et en bronze, des clefs de cof-
fret et de maison en fer el en bronze ; des éperons en fer, des boucles et des mors de
cbevaux , trouvés avec les squelettes des animaux , des bois de cerfs, des porcelaines, des
coquillages, etc.
Ce cimetière a été une source infinie d'observations et de découvertes, non-seuleraent
sur la sépulture des Francs, mais sur leur costume, leurs usages et leurs armes.
Les objets sortis de ces diverses fouilles se voient un peu partout, spécialement au
Musée de Rouen, au Musée du Havre , au Musée de Caen , au Musée du Louvre , au Musée
d'artillerie de Paris, au Musée d'armures de Bordeaux , à la Bibliothèque de Dieppe, etc.
Nous donnons ici et dans les pages suivantes un tableau des principaux objets que nous
a rmirniK IVvnlnmlmn An rimatihva tnimv'inmpn d'Fiivtirintiii. r.'pil un nplJI miisiiii franf
VASS9 DE TERRE.
UKBOS BT MAMPCLB8 DB BOUCLIBM.
r^ln.
,- . , ^^J..^.J.,.>^^m,.,r^J„MX!r^l^
rr.hS DE LANCES.
BT ANNEATIX DE CHEVAL.
l ^
COFFRETS ET CLEFS DE COFFIIET.
AICmU.BS EN BRONZE.
OHKII.I-On l>B IF AU.
\
ÉFIMCLES EN BKONZE.
CHAlKtlTi:.
sr.HOiBS DU BUUBSES 01! Av;-ONiËREs.
( OXFORD J
I
I>l^cE!> A ÉrrLEii f
ALÊNE ET CUILLER E
CLfiS EN FEII.
0 feà
BOUCLES ET AGBAFK DE CEIUTURON EN BROnSE.
f
— sm —
f
1^ ^ ^
Q i^ ^
^ ^ ^
O O CD ®
ijî.
PETITES BOUCLES EN BROnZE.
TEnMinAISONS DE CBIKTIRON EF) BEON!!!:
B CEINTUaon EN RHONze.
B01IT0?IS En BB0EI2K.
aBNBMIi:>TS DE CEINTUBOn
303 ■
ATTACmis Kn BRONi
i)
M
» _ «
FIBIJLES KM BlonZE ET EK Otl
— 304
OQO
BAGUES ET AHM^MiX EN BRONKE.
MOnNAiEH rnAnoues bii abgent.
PERLES EN VEHRE kX EN PAU D> VEBKB POUR GOLUERB KT B:'ACU.LT>.
ÉnnaLs a ghbvbuz r\ AnGR\T voat.
M BnOKEB, AHGI
BIBLIOGK4PHIE.
nisToinE LOCALE.
a Cbronicon FontaDellœ, ■ c. k.
Orderic Vital, o Hist. ecclesiast. , » lib- x, t. vr, p. 18
et 23, édit. Le Prévost.
• Galtia ChrisLana,! [. xi.
A. Le Prévost,,* H6m. delà Société des Antiquaires
de Normandie, > t. xi, p. 7 et 10.
Guilmelh, ■ Descript. géogr., hist.,.slal. et mon. des
arrond., o L iv, p. 218.
Guerard, • Provinces et paysde France, > dans ■ l'An-
nuaire historique pour 1857,» puhl. par la Soc. de l'Hist
de France, p. 138.
• Les Eglises de l"ammd. de Dieppe, ■ t. ii, p. 169-188.
■ LaNormandie souterraine, • 1"édit., p. 359-303, et
pi. Kàivi;2'édit.,p.313-381,etpl.:iàiviii.
• Bépul(.gaul.,n>m., franq. etnorm., • p. 157 à 303.
., p. 78-80.
i, p. 303-230.
FOUILLES DU]
ce Bévue de Rouen, » année 1850, p. 367-383.
.Mém.delaSoo.desAnt-doNorm.,. t.M,p.496-508.
• Fouilles d'Envermeu, en 1850,» in-8* de 8 p. avec
planche, Rouen, 1850.
•Bull, de la Soc. des An t. de Norm.,
RoQch Smith,* Colleclaneaantiqua,»vol.i
plats xux; vol. ni, plate xïiv, p. 217.
• Bull, du coni., de la langue, de l'hist. etdes arts da
la France, . t. m, p. 644-61, et pi. x; t. iv, p. 349.
- Archœologia, ■ vol, xxiv, p. 223-231 , et vol.xxxvii.
a Notes on the inlermenl of a young Frankiah war-
rior,» in-4- de 13 p. et pi., Londres, 1857.
Wylie, n Some account of Uia merovingian cemetery
at Envermeu, » in-4* de 10 p.. Londres , 1854.
DOUVREND.
Époque bohaime. — Douvrend est surtout connu par ses antiquités mérovingiennes.
Cependant, son sol recèle et a produit des monuments plus anciens que les Francs : c'est
d'abord la voie antique qui allait de Dieppe à Beauvaîs, et qui est appelée le chemin de
César et le chemin des Romains; puis la vieille route qui conduisait à Bailly et que l'on
nomme le chemin des Morts.
Dans la traverse de Douvrendelle, on a constaté les restes d'une métairie romaine. Dans
les terres labourées que traverse la route départementale n» 5 , de Dieppe à Beauvais, on
a remarqué une grande quantité de tuiles à rebords. Vers 1815, au lieu dit le Clos-Blanc,
39
— 306 —
on a recueilli et reconnu quatorze ou quinze monnaies de bronze en petit module , de
Gordien-Pie et de Constantin ; un moyen bronze , un vase antique , quelques fibules , une
petite hache , une pique et plusieurs tombeaux en pierre calcaire ayant forme d'auge.
M. Mathon assure que, vers 4859 ou 1860, on a recueilli à Douvrendun médaillon en
bronze, où l'on voyait Rome assise sur un faisceau d'armes.
Enfin , sur la colline qui domine Douvrend vers le nord , est une enceinte retranchée
d'environ 4 hectares.
Epoque franque. — Depuis 1838, Douvrend est célèbre parles divers objets qui y
furent découverts lors de la confection de la route départementale no 5, de Dieppe à Beau-
vais. MM. de Caumont , Feret , d'Auffay et Guilmeth ont parlé de ces découvertes. Nous
avons résumé leurs travaux, décrit et reproduit les monuments dans le chapitre xxi de
notre Normandie souterraine. Vers la même époque , MM. Wylie et Roach Smith ont
entretenu l'Angleterre des antiquités de Douvrend.
Les monuments de Douvrend dont nous voulons parler proviennent tous d'un cimetière
franc qui contenait près de deux cents squelettes, et qui fut rencontré au hameau de Beau-
vent, au heu dit le Camp-de-l' Arbre. Les objets qui en sortirent sont à présent déposés
soit à la Bibliothèque de Dieppe , soit au Musée départemental de Rouen. Toutes ces pièces
ont été trouvées par les ouvriers, car il n'a été pratiqué aucune fouille scientifique à
Douvrend.
Les principaux monuments sortis du cimetière mérovingien de Douvrend sont deux
fibules et une épingle en argent doré, conservées au Musée de Rouen, pièces vraiment admi-
rables. Rouen possède encore une belle coupe de verre à ondes , un vase en terre et une
monnaie de bronze, percée, que l'on dit de Claude au revers d'Agrippine. Tout cela a été
acheté 350 fr. par M. Deville en 1839.
Les objets possédés par la BibUothèque de Dieppe sont : une boule de cristal, un cercle
de seau en cuivre doré , onze fers de lances dont un est barbelé , cinq haches francisques,
trois couteaux en fer, quatre fers de flèches, une aiguille en argent, une bague en or
avec chaton en onyx représentant un personnage debout, un plateau en bronze, un baril
en bois garni de cuivre, des boucles en bronze et six vases en terre noire, grise et blanche.
Nous reproduisons ici quelques-uns des monuments de Douvrend.
FER DE LAISCE A CROCHET. ROl'LE DE CniSTAL.
AIGUII.LB En ABCBKT.
ET AHAUtCVES EH PBANCE, ]
Sur le caractère et le mérite de ces différents objets, on peut consulter :
" La Normandie souterraine, " l" Édit., p. 303-319,
pi. I et XV ; î' tel-, p. 383-401 , pi. ï, Kv. XVII et xviii.
RoachSinilh,K Collectanea aDtiqua,-vol. ii,p. IGS-TO,
pl..niLV.
A. D'Âuffoy, ' Revue de Rouen, > année 1838, 2* sem.,
p. 109-110.
lJoGaumont,« Cours d'an liq. mon,, u t. vi, p,267.
Furet , « MCinorial dieppois, ■ des 13 avril et 21 août
1838.
Id., • Catal. de la Biblioth. de Dieppe, > p. 345-346.
Wyiie , " Remaries on the angon, • dans • l'Archœo-
logia, ■ vol. XXIV, p. 18-55.
En dehors des monuments, nous savons par les documents écrits que Douvrend existait
à l'époque franque. Nous en trouvons la preuve dans une charte de Robert ler, roi de
France, délivrée en faveur du Chapitre de la cathédrale de Rouen. Cette charte , confir-
mative des biens de la métropole, n'est sans doute qu'une reproduction d'un diplôme de
Charles-le-Chauve et peut-être de Charlemagne. On y lit : € In comitatu Talou... de Dou-
vrend citeriorem parlera cum Angerivilla. »
Epoque incertaine. — Le Musée de Rouen possède deux cuillers en bronze trouvées
à Douvrend en 1838 : l'une est ronde et l'autre est a
Guilmeth, • Description géographique, historique, 1 • LesEglisesde l'airond.deDieppe, > Lu, p.l8S-90.
moDum. et statistique des arrond., etc., " t. iv, p. 242. A. Le Prévost, ' Hém. de la Société des Antiquaires
« La Norm.sout.., ■ t"éd., p. 302-i -, 2° éd., p. 383-84. I de Normandie,» t. xi, p. 10.
ANGREVIIXE {section de douvrend).
Epoque franque. — Angreville, aujourd'hui simple section de Douvrend, était une très
ancienne propriété du Chapitre de Rouen, auquel il fut donné sans doute dès le temps de
Charlemagne, avec Douvrend, Londinières et Martin-Église. La charte de Robert 1er dit;
c Angerivilla , et ecclesiam quœ in ulteriori ripa aquœ (l'Eaulne) sita est; s et, dans une
autre version : * Ansgerivillam , » toujours « in comitatu ou in pago Talou. »
A. Le Prévost, • Mém. de la Société des Antiquaires | ■ La Normandie souterraine, ■ 1" édit. , p. 303-301 ;
de Nonnandie, .t. xi, p. 10; t,xxiv,p. 557.
— 308 —
L'ALIERMONT.
Périodes gauloise, romaine et franque. — L'Aliermont est ce plateau boisé qui, sur
une longueur de plus d'un myriamètre, s'étend de la Béthune à l'Eaulne. Au xii© siècle,
l'acte d'échange entre l'archevêque Gautier et Richard-Cœur-de-Lion l'appelle Alacris Mons.
C'est le nom que nous lui avons toujours connu. Ce plateau, autrefois forestier et qui parait
avoir été surtout essarté au xiii© siècle, possède encore la forêt d'Arqués, les bois de
Croixdalle et cinq paroisses. Quatre de ces paroisses, alignées à la file l'une de l'autre, sont
reliées entre elles par une magnifique et spacieuse voie qui, en quelques endroits , n'a pas
moins de 25 à 30 mètres de laideur. Ce n'est peut-être pas une voie romaine; mais, à coup
sûr, c'est une route mérovingienne. Elle a toujours été considérée comme remontant aux
premiers âges de la monarchie. Cette route , sur un parcours de plusieurs kilomètres , est
bordée d'un double rang de maisons régulièrement alignées comme dans la rue d'une
ville. La file des demeures est parfois alternativement coupée par des massifs de pommiers,
par des jardins , par des métairies ou des fabriques d'horlogerie.
On connaît sur ce plateau des restes de tous les âges. En 1848, on y a recueilli des
hachettes en silex. Çà et là on y trouve des traditions presque druidiques. On nous y a
signalé des meules à broyer et des champs remplis de tuiles à rebords. Il ne serait pas
impossible que le manoir possédé par les archevêques de Rouen du xiii^ siècle n'ait succédé
à un palatium franc ou à une villa romaine. — Voir, sur l'Aliermont :
Guilmeth, «Desc. géog., hist. , mon. etstat.,» t. iv, p. 222.
« Les Églises de Tarrond. de Dieppe, » t. ii, p. 194-212.
« Le Manoir des Archevêq. de Rouen sur l'Aliermont, »
in-8'*de 10 p., Rouen, 1849.
« Revue de Rouen, » de 1849, p. 57-66.
a Bull, mon., » t. xv, p. 76-89.
Decorde, « Essai hist. etarchéol. sur le canton de Lon-
dinières, » p. 98-112, 194-200.
SAINT-NICOLAS-D'ALIERMONT.
Époques romaine et franque. — Saint-Nicolas-d'Aliermont est traversé dans toute sa
longueur par une grande et large voie qui pourrait être romaine , mais qui , certainement ,
remonte aux temps mérovingiens.
On m'a signalé sur cette commune plusieurs points où l'on trouve en abondance des
tuiles à rebords : on m'a parlé notamment d'un champ qui se trouve au bout d'Aval et qui
est rempli de substruclions.
A mes yeux , il serait très possible que le riche manoir que les archevêques de Rouen
possédaient au xiiie siècle à Saint-Nicolas-d'Aliermont, et dont l'enclos est encore connu
aujourd'hui sous le nom de Mané^ ait succédé à un palatium des rois francs ou à une villa
du fisc gallo-romain. Ce qui plaiderait en faveur de cette hypothèse, c'est qu'en 1197 nos
ducs-rois possédaient encore l'Aliermont et son manoir.
« Le Manoir des Archevêq. de Rouen sur l'Aliermont,»
in-8- de 10 p., Rouen , 1849.
« Revue de Rouen, » année 1849, p. 57-66.
« Bulletin monumental , » t. xv, p. 76-89.
rî09 —
SAINT-JACQUES-D'ALIERMONT.
Époque gauloise. — En 4848, M. Le Maréchal, propriétaire à Saint-Jacques-d'Alier-
mont, faisant recueillir du caillou sur ses terres labourées, trouva au moins six haches en
silex dont il m'a donné quelques-unes et le reste à M. Hardy, de Dieppe. J'ai recueilli
dans ce village , appelé par Eudes Rigaud Tristisvilla , la tradition qu'une femme riche ,
passant autrefois près de la grange dîmeresse avec un chariot à six .chevaux chargé de
trésors, le terre s'entr'ouvrit et l'infortunée disparut dans l'abîme. Depuis, une mare
profonde existe en cet endroit.
L*abbé Decorde, «Essai hist. et archéol. sur le canton de Londinières, » p. 112.
SAINT VAAST-D'ÉQUIQUEVILLE.
Époque franque. — Saint- Vaast-d'Équiqueville est une ancienne propriété du Chapitre
de Notre-Dame de Rouen , auquel il fut donné sans aucun doute dès l'époque franque. La
charte de Robert 1er, qui rappelle cette donation, n'est guère qu'une confirmation du passé:
« Sanctum Vadastum cum appenditiis , d et aussi : « Sanctum Vadastum cum ecclesiâ et
molendinis ; » le tout est situé « in comitatu Talou » et « in pago qui dicitur Talou. y>
La cathédrale de Rouen posséda Saint-Vaast jusqu'à la Révolution. Le doyen du Cha-
pitre venait parfois résider dans la vieille maison de pierre qui est contiguë à l'église. On
l'appelle le Doyenné ou la maison du doyen.
L'ancienne paroisse de Saint-Pancrace d'Équiqueville, supprimée à la Révolution, fait à
présent partie du village de Saint-Vaast-d'Équiqueville.
Époque incertaine. — Dans la prairie et au bord de la Béthune, est un tertre sablon-
neux en partie détruit et qui pourrait bien être un tumulus antique.
A. Le Prévost, o Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie , » t. xi , p. 10.
a Les Églises de l'arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 215.
Pommeraye, « Hist. de la Gathéd. de Rouen, » p. 297.
ÉQUIQUEVILLE (section de saint-vaast-d'équiqueville).
Époque gauloise. — En 1861 , entre Saint-Vaast et les Grandes-Ventes, on a trouvé
un quart de stalère en or contemporain de Jules César. D'un côté est un cheval avec son
aurige; de l'autre, sont des symboles imitant des rayons solaires. Cette pièce appartient
à la contrée maritinîe du Belgium.
Époque romaine. — M. Guilmelh dit que l'on trouve à Équiqueville beaucoup de tuiles
et d'objets romains, surtout dans la plaine qui va vers les Grandes-Ventes, au triage des
Ckâtelets. Le même M. GuiUneth fait observer qu'au commencement de l'Itinéraire
d'Antonin figure un lieu appelé Ecucotitium, ce qui a quelque rapport avec le radical
d'Équiqueville.
— 310 —
Une chose plus certaine, c'est qu'en i 851 , en faisant le chemin de grande communication
iio 22, allant d'Auffay au Tréport, on trouva, à la côte d' Ëquiqmville , des vases en terre
rouge fine et choisie, que j'ai tout lieu de considérer comme des urnes antiques , sans ce-
pendant en être certain. On m'a dit avoir rencontré au même endroit des ossements
humains. Je m'y suis rendu : j'ai
rapporté des débris de vases et
deux bclics fibules ansées en bronze
que je crois romaines. Plus tard,
on m'a remis un bracelet en bronze
assez grossier, que l'on m'a as-
suré provenir du même endroit
Nous reproduisons ici les deux
fibules.
Parmi les découvertes qui fu-
rent faites à la côte d'Equiqueville ^
en 1852, nous devons citer encore ^^^^^ ^.^
deux objets de métal dont s'est en- . .
richi le Musée de Rouen. Ils se nnuLEa de «roîmk.
composent : \" d'une cuiller en
bronze ; 2" d'une lampe aussi en bronze et â quatre becs inégaux, portant un anneau fixe
inférieur destiné à suspendre un godet propre à recevoir les gouttes d'huile qui s'en échap-
paient; la partie supérieure qui servait à suspendre la lampe est coupée.
Période normande. — L'ancien nom de ce village est Skekevillay d'après Guillaume
de Jumiéges qui assure que Gonnor, duchesse de Normandie au xe siècle, était originaire
de ce lieu. 11 parait bien que nos premiers ducs avaient une terre à Equiquevitle ou aux
environs , puisque ce fut ici , dans une partie de chasse, que Richard 1er épousa Gonnor,
s More danico. »
Guil. de Jumiéges, • Hist. des Ducs de Nonnandie , » I statistique et monumentale des airondissem., • p. 9!4-
liv. 8, ch. 36, trad. de M. Guizot. | ■ Catalogue illustré et Mss. du Musée de Rouen. •
■ LesEeUsesdel'arrond. de Dieppe," t. ii, p. aiî-15. E. Lambert, •Hém. de la Soc. des Antiq. deNonn.,-
Guilmeth , • Description géographique , historique , I t. xxv, p. 48G, pi. iv, flg. 11 bis.
SAINT-AUBIN-LE-CAUF.
Epoque gauloise {?). — Saint-Aubin-le-Cauf est dominé au midi par une colline haute
et nue que l'on appelle le Mont-Raz ou les Monts-Raz. Sur cette côte dénudée est une
pierre qui, dit-on, détourne la foudre.
E. Gaillard, « Recherches archéologiques, > p. 9.
— 311 —
En i 848, en ramassant des cailloux dans un labour, une femme rencontra une monnaie
gauloise de la période symbolicpie présentant le cheval et une couronne de laurier. M. Lam-
bert a décrit et reproduit cette pièce dans son Second Essai sur la mimismatique gan-
toise du nord'Ouest de la France.
E. Lambert, a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., « t. xxv, p. 493 et 534, pi. vi, fig. 5.
BELLENGREVILLE.
Époque GAULOISE. — Au château de la Veauvaie , qui dépend de cette commune, on a
trouvé, en 1842, une hachette en silex conservée par M. de Bellengreville.
Époque incertaine. — Dans une prairie située sur les bords de l'Eaulne se voyait
autrefois l'église de Bellengreville, et, à côté d'elle , la fontaine dite de Saint-Germain , à
laquelle on faisait des pèlerinages.
■ Les Eglises de rarrondissement de Dieppe, •> t. ii, p. 228.
SAINT-SULPICE-DE-BELLENGREVILLETTE (section de bellengreville).
Époque gallo-romaine. — M. Guilmeth assure que, dans l'ancien cimetière de
Saint-Sulpice ou de Bellengrevillette , on a trouvé, en août 1843, des poteries an-
tiques , des monnaies romaines, des hachettes en bronze , et , près de là, deux cercueils
en pierre.
Guilmeth, « Description géograph., histor.,monum. etslatist. des arrond., » t. iv, p. 230.
BAILLY-EN-RIVIÈRE.
Epoque romaine. — Bailly-en-Rivière est une localité remplie d'antiquités de toutes
sortes. On rencontre partout des constructions arasées. On a recueilli à diverses reprises
des tuiles, des poteries et des monnaies romaines. Parmi ces dernières, on nous a
cité des Trajan, des Nerva, des Antonins et des Posthume. On nous a parlé égale-
ment de trois puits rebouchés avec des débris romains. Ce pays est également rempli
de traditions. Le chemin qui conduit de Bailly à Douvrend s'appelle le chemin des
Morts.
La principale et la plus riche découverte que nous ayons à citer est celle qu'a faite , en
1852, feu M. Armand, instituteur à Bailly. En creusant les fondations de sa maison, cons-
i truite à l'entrée du bourg, sur le bord de la route départementale no 32 , il a trouvé , à
70 centimètres du sol , une grande chaudière en airain contenant au moins six vases de
1
— 312 —
bronze dont plusieurs étaient plaqués d'argent. Je cite parmi les mieux conservés : une
BKOnZE FLAQUK D'ARGENT, TnoVVÉlI A
chaudière ronde de cinq litres de capacité ; un poêlon avec manche pouvant contenir de
quatre à cinq litres ^ un pol; une assiette plate , plaquée d'argent au dedans comme au
dehors ; un plateau bien conservé. Toute cette belle vaisselle antique est entrée au Musée
de Rouen, auquel la famille Armand a bien voulu l'offrir à notre prière (1). — Nous repro-
duisons au simple trait quelques-uns des objets de Bailly. — M. Armand fils a bien
voulu nous communiquer plusieurs renseignements sur Bailly et les environs.
Epoque fbanque. — Vers 1815, on traça un nouveau chemin pour aller du boui^ de
Bailly au hameau de Brétigny, qui en dépend. Parvenus à quelques mètres sous le bois de
Brétigny, les ouvriers trouvèrent, dans un coteau marneux, « cinq ou six squelettes
accompagnés de vieux sabres longs et laides. » Je crois reconnaître, dans ce trait, des
Francs comme ceux d'Envermeu et de la vallée de l'Eaulne. Je dois la connaissance de
cefaitàM. L. Armand, natif de Bailly, qui prépare, à Neufchâtel, une histoire desoa
village.
•c Revue de Rouen, ■ année 1S53, p. 622. i * Les Ëglisesde l'arraDd. de Dieppe,* t. u, p. 241.
o Sépultures gaul., rom., Tranq. et narm., • p. 55. |
SAINT-AIGNAN (section d'avesnes).
Époque romaine. — Dans les champs qui vont de Saint-Aignan vers le hameau de
Mélincamp, on a trouvé, vers 1835, un dépôt de monnaies romaines.
(1) u. de CaumoQt a reproduit dans son ■ Bulletin monumental, ■ t. ixix. p. 53, deux casseroles do brome exis-
tant au Musée de Rennes dans la colkcHon Aimant. L'une d'elles est haute et profonde, avec anse ronde ; l'aotra
est plate et ovate^avec anse carrée.
— 31S
SAINT-OUEN-SOUS-BAILLY.
Époque incertaine. — M. Guilmeth dit qu'au sommet d'une des côtes qui dominent la
vallée de la Bailly-Bec, on remarque de curieux terrassements qui pourraient bien provenir
d'un ancien camp.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., mon. et stat. des arrond., etc., » t. iv, p. 240.
AUOUEMESNIL.
Epoque GAULOISE. — En 1863, M. Defrance, maire d'Auquemesnil , m'a remis une
hachette en silex trouvée dans ses terres.
Époque incertaine. — Vers 1830, il a été trouvé, à Au-
quemesnil, un marteau en pierre, de forme arquée, percé
par le milieu d'un trou circulaire et pointu à chaque ex-
trémité. Cette pièce est très lisse et très belle ; elle a et
offerte à la Bibliothèque de Dieppe par M. Defrance, d'Au-
quemesnil. — Nous en donnons ici le dessin.
On ignore la nature de la pierre. On ne sait non plus à
MARTEAU EN piEBRB. qucUc époquc l'attribucr. M. Feret, de Dieppe, la croit
Scandinave. Ce que nous savons de plus sûr, c'est que M. Houbigant, de Nogent-les-Vierges^
possède des haches ou marteaux semblables trouvés dans les rivières d'Oise et de Therrain.
• Catalogue de la Biblioth. publiq. de Dieppe, » p . 347. | « Revue de la Normandie, » année 1864, p. 2.
SAUCHAY.
Epoque romaine. — La commune de Sauchay est divisée en deux sections : Sauchay-
le-Haut et Sauchay-le-Bas. Sauchay-le-Bas , situé dans la vallée de l'Eaulne, est parcouru
dans toute sa longueur par la voie romaine de Dieppe à Beauvais, transformée aujourd'hui
en route départementale no 5, entre les deux mêmes villes.
On a trouvé à Sauchay, à diverses reprises, d'autres antiquités romaines. M. Guilmeth
cite des briques, des tuiles et des poteries, recueillies avant 1838.
Vers 1842, nous avons vu chez M. Wiotte, alors juge de paix d'Envermeu et habitant de
Sauchay-le-Haut, une collection de monnaies romaines du m® siècle. Ce digne magistrat
les avait rachetées à des ouvriers de Sauchay-le-Bas qui, vers 1837, avaient découvert une
cachette de 350 pièces environ. Ces monnaies étaient de moyen module, en bronze saussé ,
et représentaient pour la plupart des Gordien , des Philippe , des Aurélien et autres Césars
da ce temps. Généralement, elles étaient bien conservées.
40
— 314 -
Époque franque ou normande. — Sous l'église de Sauchay-le-Bas, qui a des restes
romans, est creusée une crypte avec un autel qui doit remonter bien haut.
Guilmeth,«'Desc.g<:'Ogr.,hist.,mon.etstat.,»t.iv,p.232. | « La Normandie sout.,». Inédit., p. 178; 2* édit, p. 202.
« LesÉglisesdel'arrond.de Dieppe, » t. ii, p. 231-32. | « Mém. de la Soc. des Àntiq. de Norm.,» t. xxiv,p.358.
GUILMÉCOURT.
Époque romaine. — D'après Dom Grenier, on voyait encore, il y a cent ans, les restes
d'une voie antique dans Saint-Vaast-de-Guilmécourt, dont le vocable du reste indique un
chemin public.
Dom Grenier, «Introduct. à Thist. de Pic. » dans les « Mt'îm. de la Soc. des Antiq, de Pic, » t. m, p 49G.
BIVILLE-SUR-MER.
Époque romaine (?). — L'ancien Biville s'est déplacé. Entre le village actuel et la mer,
on nous a assuré que l'on rencontrait en labourant beaucoup de substructions , de caves ,
de tuiles à rebords et des poteries. On appelle ces champs le Vieux-Biville. On dit qu'une
voie antique passait par cet endroit. La tradition et les monuments semblent concorder sur
le déplacement de ce village.
Epoque franque. — En mars 1856, au hameau de Neuvilletie, à Biville-sur-Mer,
M. Becquet découvrit avec sa charrue trois cercueils en pierre de Vin^gelé. Ils étaient
orientés est et ouest et possédaient encore une partie de leurs couvercles. Un de ces cer-
cueils renfermait un squelette entier et trois tètes isolées. Autour de ces sarcophages, nous
avons trouvé des débris de vases romains et mérovingiens. Nous croyons que ces cercueils
appartiennent à l'époque franque.
« Sépult. gaul., rom., franq. et norm., » p. 434-35. | « Les Églises de Parrond. de Dieppe, » t. n, p. 259.
TOURVILLE-LA-CHAPELLE.
Époque gauloise. — En 1854 on a trouvé, à Tourville-la-Chapelle, trente ou quarante
hachettes en bronze, dites celtiques. Elles étaient en groupe et ensevelies à 50 centimètres
de profondeur dans l'argile. J'en possède deux petites. Six sont à la Bibliothèque de Dieppe,
et deux autres au Musée de Rouen.
Époque incertalne. — En 1847 il a été trouvé, à Tourville-la-Chapelle, à 1 mètre de
profondeur, une marmite en bronze, à trois pieds, et une anse mobile qui devait être en fer.
Cette pièce, qui a été achetée 25 fr. par le Musée de Rouen, ne saurait facilement être datée.
« Catalogue de la Biblioth. publiq. de Dieppe, » p. 343.
« Catalogue illustré du Musée de Rouen , » Mss.
« Revue de l'Art chrétien , » t. vi , p. 128.
« Gentleman's Magazine, » de sept. 1861, p. 254-55.
« Note sur des Marmites en bronze conservées dans
des col. archéol, » p. 4.
^
SAINT-MARTIN-EN-CAMPAGNE.
Saint-Martin-en-Canipagne est un lieu fort riche en antiquités , soit gauloises , soit ro-
maines. Je les ai toutes énumérées dans un article spécial inséré : 1 • dans mes Sépultures
gauloises, romaines, franqucs et normandes , p. 51-68 ; 2o dans VAChœneum français;
30 dans le Bulletin monumental y t. xxii, p. 95-104. Je vais les abréger ici.
Ces découvertes nous sont connues depuis 1837. Elles ont lieu sur deux points prin-
cipaux : au hameau de Vassonville et au quartier du Boiit-de-lor-Ville.
Epoque gauloise. — A Vassonville, en 1837, on a trouvé plusieurs hachettes en silex
dont je possède une, et M. l'abbé Lecomte, du Havre, une autre. En 18-40, on y a décou-
vert une monnaie gauloise en or, possédée encore à présent par M. l'abbé Lecomte :
elle présente d'un côté un cheval lancé , et de l'autre sont des symboles en pointe.
M. Lambert a décrit cette pièce , qu'il attribue à l'époque symbolique.
Époque romaine — En 1830, M. Laignel a rencontré un vase antique contenant de cinq
à six cents monnaies de bronze. On y areconnu des Adrien, des Commode, des Trajan, des
Marc-Aurèle, des Antonins, une Crispine et une Fausline.
Tout près de là se trouvaient une grande urne en verre, de la poterie et trois beaux bas-
sins en bronze qui passèrent entre les mains de M. Wiotte , juge de paix d'Envermeu. Ils
sont encore aujourd'hui chez son fils, le docteur Wiotte, qui habite Sauchay-le-Haut. Nous
avons décrit et reproduit ces trois pièces de bronze étamées à l'intérieur et dont une seule
possède des anses.
i BRIINSE TIIOUVÉS A S*INT-MARTI1-En-C\«PAGNK
En 1856, encore à Vassonville , le nommé Joly trouva, en détruisant une maison, une
meule à broyer en poudingue qui est à présent à la Bibliothèque de Dieppe.
En 1855, danslequartier du Bout-de-la-VUle, un laboureur rencontra dans son champ
des keurteux , puis des vases en terre grise , rouge et noire. Ayant reconnu , dans cette
— 316 —
poterie, des vases funéraires gallo-romains, j'y fis une fouille en 4856. J'y rencontrai , k
50 centimètres du sol , deux groupes de sépultures à incinération. Le premier groupe
contenait vingt-cinq vases et le second quinze. Ils étaient entourés de cailloux et avaient
été renfermés dans des caisses de bois.
Cinq de ces vases étaient cinéraires et contenaient des os brûlés , les autres étaient pour
les offrandes. Ils se composaient de cruches blanches, rouges et noires, d'assiettes et de
plateaux en terre de Samos et de petits pots en terre noire. Il n'y avait guère que trois
vases de verre avec anse rayée, deux coupes pour les libations et une fiole pour les offrandes.
Les autres objets étaient une perle côtelée en verre verdâtre et une boîte en bronze
pour les parfums. Il n'y avait que deux noms de potier : Cabatilih et SoLr(Mr)OF!. —
Nous reproduisons ici une partie des objets sortis des sépultures romaines de Swnt-
Martin.
DIRE ET «nlSK.
n TKKIIE XOVOB, DITK DE SAHOd
'4
VASES DE TBBBK.
II ne nous reste plus qu'à citer quelques ouvrages qui parlent de Saint-Martin- -Cam-
pagne et de ses antiquités. Ce sont :
« Les Églises do rairond. de Dieppe, ■> t ii, p. 364-578.
L'abbé Lecomte, " NoUuelilst. sur Berne va l-ie-Grand et
Saint-MarltD-ea-CampagDe,>ia-12de9l p.,Bouen,184t.
E. Lambert, ■ Mùm. de la Soc. dos V-.i
t. uv, p. 486,534, pi. w, flg. lu.
(t)Pouré1ucidârcettepiècedebronzedont nous reproduisons l'anatoi^e trouvée à.^rcLS-
■ur-Aube, de 1833 à 1838,nous devons dire que lout d'abord nous ne l'avons pas comprise.
DéjAnausenavionavu trois pareilles à Louviers, chez M. Lalun, dansun cabinet tout meu-
blé de reliques romaines recueillies à Caudebec-lës-Elbour[UggntD), de 134G à 1850. Plus
lard nous eu avions rencontre une semblable b Paris, dans la collection de M. L. Coûtant.
Cette dernière provenait dts foui II es de l'église de Gêrès, près Bar-sur- Aube. Nous n'y avions
tgftleroent rien compris, pas plus qu'à la Jolie boite de bronze énmillâ, trouvi^e dans des
tépnltures romaines du iv* siècle, à Arcis-sur-Aube, et reproduite par M, Canut-Cliardon.
(■ Notices hisl. et topograph. sur la ville d'Arcis-sur-Aube, 'p. 87, pi. viii, llg. 41.) —
(Nous donnons ici et plus haut cette curieuse image.)G'est M. Troloppe, sa vantarchéalogue
de Lincoln, qui a beaucoup étudié l'art ancien à Pompefa et à Herculanum, qui nous a
aiauréquecet objet était une bette &parf\ims, laquelle se fixait parfois sur la poitrioe eo guise d
— 318 —
PENLY.
Période normande. — Sur Penly, appelé dans des titres du moyen-âge Penlieu et
Peiilyu, se trouve un vallon appelé le Val-des-Comtes. D'après la tradition, ce val était ii
séparation du comté d'Arqués et du comté d'Eu, des pays dHOu et de Taloii^ du pagus Au-
gensis ou Aucensis et du pagus Talogiensis. Peut-être cette démarcation remontait-elle à
l'époque franque, ou tout au moins à la période normande du xe siècle.
« l^s Églises de larrond. de Dieppe , » t. ii, p. 262. | D. Lebeuf , « La Ville d'Eu , » p. 26.
CANTON D'EU.
EU.
ÉPOQUE GALLO-ROMAINE.
Nous plaçons à Eu une ancienne ville romaine et nous lui donnons le nom d!Augusla.
Nous allons dire sur quoi s'appuie notre opinion: comme toujours, nous donnerons les
documents écrits, puis nous passerons aux monuments archéologiques.
Textes. — Le plus ancien document qui concerne cette ville est une vie de saint Valéry,
abbé de Leuconaûs (aujourd'hui Saint-Valery-sur-Somme), écrite au vu© siècle par l'abbé
Ragimbert ou Ribert, le successeur de notre saint. On y dit que ce pieux missionnaire
€ pervenit ad locum qui dicitur Amta alias Augusta juxtà Auvae fluvium. » Quelques-uns
mais à tort, ont cru qu'il s'agissait ici du Bourg-d' Ault , où il n'y a pas de rivière. Pour
nous, il s'srgit bien d'Eu ou d' Ouste ^ qui est voisin et qui fait corps avec lui.
Dans ce' m^me vu© siècle , Théodoric ou Thierri 1er, roi des Francs (673-690) , donna à
saint Séï^e o« ààint Sauve, évoque d'Amiens (695), c Augusta, villa Ambianorum, in page
Winenàco podmL > Ce texte , cité par Adrien Valois , dans sa Notitia galliarum , nous est
répéta wr 3!friJOTincelin , dans son Histoire des Comtes d*Eu, page 9. Dans la vie de ce
même iroit Sal^e, d'Amiens, éditée par les Bollandistes , au xi janvier, et reproduite en
partie par dom Bouquet, « Recueil des Hist., > t. m, p. 621 , on lit que ce pontife se retira
à Augusta , villa qui lui avait été donnée par le roi Thierry : t In Vinnemacum pagum...
— 3d9 —
viDam quam Theodoricus famosissimus rex, Augustam nomine, dederat, illic resedit. >
Tous les interprètes s'accordent à appliquer cette donation à AtiMa , village picard , voisin
d'Eu, et qu'à l'époque antique nous confondons volontiers avec cette dernière ville.
Nous pensons que c'est également à Eu que l'on doit appliquer le nom d'/gusta , classé
par Pépin parmi les localités du Talou c in pago Tellao , » où l'abbaye de Saint-Denis
possédait des biens en 750. En 775, Charlemagne, son fils, ne fait que confirmer au
monastère le même Augusta, déjà cité par son illustre père.
Après avoir cité les textes de Pépin et de Charlemagne , notre savant maître M. A. Le
Prévost n'hésite pas à appliquer Augusta à Ouste ^ près Eu, qui pour nous ne fait qu'un
avec cette ville.
A une époque plus récente, à la période carlovingienne , un auteur du x^ siècle parle du
château d'Eu comme existant en 925. Frodoard ou Flodoard raconte qu'Héribert, comte de
Vermandois, avec les soldats de l'église de Reims et assisté du comte Arnoulf et des Francs
maritimes, attaqua un « Castrum secus mare situm (quod) vocatur Auga. Franci oppido
oppugnando potiti mares cunctos interimunt , munitionem succendunt; » puis Héribert y
conduit Charles-le-Simple qui y reçoit l'hommage des seigneurs normands.
La Chronique de Verdun raconte le même fait et dit : « Castrum Augum. »
On voit qu'au x^ siècle le nom à'Auga avait remplacé celui à' Augusta, Froland dit avec
raison que chez les vieux écrivains le nom d'Eu était Auga^ Augum et Aucum : « Dans les
auteurs anglais, ajoute-t-il , c'est Ou. »
En effet, l'anglo-normand Robert Wace donne le nom d'Ow à la ville, à la rivière et
au comté :
Ou port Vimou è Normandie Ou est ewe , Ou est chastel
Uo palz d'alire avoerie Kisiet sur Tewe d'Oa mull bel.
M. Estancelin concorde parfaitement avec son compatriote Froland pour les noms
d'Ow, dWugum et diAuga. Lui aussi en fait une contraction A' Augusta^ et il en reconnaît
l'affinité et même f identité avec le village d'Ouste, qui est aux portes et sous les murs
de la ville.
M. Estancelin croit avec raison, selon nous, que le comté d'Eu ne fut créé que vers 996 ,
et que ce fut à celle époque seulement que naquit le pagus Angensis ou Pagus Aucensis.
Ce pagus normdinà aurait été alors détaché du Talou dont il faisait partie depuis l'époque
franque.
N'oublions pas de dire qu'au siècle dernier (de 1722 à 1732\ une discussion s'ouvrit,
ddïïs les pdigcs du Mercure de France^ sur l'étymologie et l'origine du nom d'Eu; l'abbé
Lebe\if, Claude du Moulinet et iM. Capperon , d'Eu , y prirent part tour à tour.
Pour clore ce que nous avons à demander aux documents écrits et à la philologie, nous
dirons que le village picard, qui sous les murs d'Eu a gardé jusqu'à nous le nom d'Ouste
— S20 —
et d'Aoïislûy nous paraît cire le dernier débris parlant du nom latin d* Atigus fa, que portait
la station romaine à laquelle Eu a succédé. Chacun de nous sait que le mot Aouste est une
simple traduction à'Augtista. Plusieurs villes des Gaules auxquelles échut ce nom patrony-
mique des Césars en ont gardé la trace. Aoste ou Aouste^ddius le Piémont, s'appelait ^w^w^to
Pnztoria; Saint«Quentin en Vermandois se nommait Augtista Veromanduorum ; aussi un
ancien géographe remarque qu'un des faubourgs de la ville actuelle porte encore le nom
d'AoK^le. Il n'est pas jusqu'au mois à! Août qui ne soit une traduction littérale de celui
que les Romains nommaient Augmtus.
A présent , il s'agit de savoir s'il se trouve , sur le territoire d'Eu et des environs ,
des monuments antiques suffisants pour démontrer l'existence d'un point ou d'une ville
romaine.
Monuments. — Je dois citer en première ligne la tradition constante et persévérante
de cité antique qui existe dans ce pays et qui a été consignée dans les écrits des historiens
et des chroniqueurs locaux. Ces derniers ont été jusqu'à en faire la capitale des Essui^
ch ez lesquels hiverna Roscius, Questeur de César.
Les plus anciens débris que l'on ait recueillis à Eu sont deux hachettes de pierre, achetées
en 4840 par le Musée de Rouen.
La porte principale de la ville du moyen-âge portait et porte encore le nom de rue et de
porte de l'Empire. C'est probablement un dernier vestige des rapports que la capitale de
l'empire romain entretenait avec toutes les villes qui reconnaissaient sa juridiction. Nous
rapprochons la rue de V Empire à Eu de la rue d'Arqués appelée la rue de Rome, du sentier
de Grainville-la-Teinturière nommée la ruette de Rome , et enfin de la voie et porte de
Lillebonne dite rue et porte César ine.
Plusieurs voies romaines, en effet, se rendaient à Eu ou traversaient cette ville. Nous
citerons d'abord la grande voie militaire qui allait de Juliobona (Lillebonne) et Gravinum
(Grainville) à Gesoriacum ou Rononia. Ce chemin , tracé sur la Table Théodosienne , venait
d'Arques-Dieppe à Augusta ( Eu ) , qu'il traversait pour se diriger vers la Picardie et le
Boulonnais. Le faubourg de la Chaussée, rangé sur cette route antique, en est pour nous
le dernier débris.
Nous avons retracé le parcours de cette voie sur le territoire de la Seine-Inférieure ,
comme nous avons exquissé les deux voies antiques qui conduisaient ici de Samarobriva
(Amiens) et de Cœsaromagus (Beauvais). Ces deux dernières sont fort connues en Picardie
et dans la vallée de Bresle, où elles portent encore le nom de chaussée Rrunehaul. On les
suit aisément à Bouvincourt, à Aouste et à Ponts, où elles passaient la rivière. Nous avons
mentionné et décrit ces routes d'après MM. Capperon, Cide, Darsy et Estancelin.
En 1724, d'anciennes sépultures ont été trouvées au pied du Mont-Rlanc, à cent cin-
quante pas delà porte de l'Empire. Des fouilles y furent faites, en 1722, par M. Capperon,
qui y trouva des squelettes et des vases. Ces découvertes furent décrites dans le Mercure de
/
— 821 —
France, par M. Capperoa lui-même , et elles donnèrent lieu à une discussion à laquelle
prirent part l'abbé Lebeuf et le célèbre abbé des Thuilleries.
En 1 839, en creusant le canal d'entrepôt, on a trouvé, à la distance de 625 mètres des
moulins Packham, à 400 mètres de la gare d'Eu et à 2 mètres de profondeur , des tuiles
romaines creuses et à rebords; des vases de terre grise, jaune et noirâtre; des fragments
de vases en terre rouge très fine, une figurine de Vénus, une Latone en terre blanche et
un moyen bronze de Néron.
En 1840, M. Deville, fouillant au même endroit, trouva, à 1 mètre 50, des tuiles et des
poteries romaines , des fragments de vases à relief et un grand bronze d'Adrien.
Tous ces objets sont au Musée de Rouen depuis 1842. Plus tard, M. Deville acheta pour
ce même Musée trois vases en verre trouvés à Eu. L'un d'eux était un barillet à deux anses
présentant au fond la marque de verrier: Fronino. Vers 1845, il acquit pour le même
Musée un denier d'argent de Gallien recueilli dans les fortifications.
Nous ne pouvons nous empêcher de rattacher à la cité antique d'Augusta le camp
de Mortagne qui commande le cours de la Bresle, au-dessus d'Incheville , et les
sépultures antiques qui ont été trouvées soit dans l'enceinte du camp, soit à ses pieds,
en 1 856.
Il est probable qu'il faut aussi mettre sur le compte du voisinage de la station antique les
débris de villas et d'établissements romains, que M, Darsy a exhumés dans la vallée de la
Bresle, dans les fouilles qu'il a faites de 1845 à 1847 pour le compte de la Société des
Antiquaires de Picardie.
Mais nous devons voir surtout la démonstration de notre thèse dans les explorations et
les découvertes faites en 1820 et 1821, sur le territoire d'Eu, par M. Louis Esiancelin.
Lui-même a raconté, à deux reprises différentes, le résultat de ses découvertes : la première
fois, ce fut dans les Mémoires de la Société des Antiq'uaires de Normandie; la seconde, ce
fut dans son Histoire des Comtes d'Eu.
M. Estancelin, que nous avons connu et interrogé sur son pays, nous a parlé d'un amphi-
théâtre qu'il a cru reconnaître dans un taillis placé sur le penchant de la colline qui se dé-
verse sur la Bresle. Cet amphithéâtre aurait 80 mètres de long sur 66 de large. H y a
trouvé des murs et une médaille de Tibère. Une partie de la cité romaine a dû occuper le
coteau que recouvre aujourd'hui le Bois-l'Abbé. C'est dans ce bois surtout que M. Estan-
celin a fait ses fouilles et ses découvertes.
Sur la route qui conduit d'Eu à Foucarmont, il trouva un bel édifice romain à hautes et
épaisses murailles, qu'il regarda comme un temple qui aurait été comblé de main d'homme.
Les murs, en petit appareil chaîné de briques, avaient 1 mètre 33 d'épaisseur et
conservaient une hauteur de 3 mètres. M. Estancelin a dégagé la façade occidentale, de
13 mètres de long. Dans certaines parties, les constructions étaient en pierre de grand
appareil.
41
— 322 —
U a trouvé des restes de colonnes et des débris de corniche décorés de sculpture, le tout
d'une grande puissance. Un des morceaux de cette corniche a été envoyé par nous au
Musée départemental. Cette pierre est grande et magnifique; elle annonce un édifice
gigantesque.
Les pavages, décrits par M. Estancelin, étaient on ne peut plus soignés.
Il a été trouvé des masses de tuiles, de briques, de faîtières et d'étuves; des martyres de
toutes couleurs, du granit comme du porphyre, des stucs coloriés et des peintures mu-
rales; des fragments de poterie de toutes sortes et de toutes couleurs; du verre laminé
provenant sans doute des fenêtres; des morceaux de fer et de cuivre et une petite lionne
en bronze.
Parmi les médailles , il a été reconnu des monnaies gauloises avec le cheval et le bœuf
et le nom Cirmanus ou Cernutnos (?); des monnaies romaines d'Auguste avec Fautel de
Lyon, de la colonie de Nîmes, de Tibère, de Caligula, vingt de Néron, une de Domitien ,
deux ou trois de Titus, de Vespasien, de Trajan, d'Adrien, beaucoup des Antonins et de
leurs épouses.
Les derniers bronzes étaient de Constantin et de Vàlentinien IL II n'a été trouvé
que deux monnaies d'argent de Trajan et de Tibère. Enfin , il y avait aussi des épées en
fer, des anneaux, des épingles à cheveux en cuivre et en argent, des fibules, des clés
et une patère en bronze. En 1833, on découvrit encore, au BoM'Abbé, un coq en
bronze.
M. Estancelin signale aussi des constructions antiques au lieu dit la Côte des Câteliers.
Enfin, partout où il a sondé , dans le Bois-VAbbé, dans la forêt, comme dans la ville , il a
trouvé des débris antiques qu'il serait curieux d'explorer.
Comme corollaire des découvertes de M. Estancelin , nous citerons la belle construction
romaine du Bois-VAbbé que M. Fauquet a déblayée dans les grands défrichements qu'il
vient d'opérer. Ce débris antique, que nous avons visité au mois de mai 4861 , se compose
de murs élevés de 3 ou 4 mètres , formant encore plusieurs salles. Ces murs , construits
en petit appareil de tuf ou de moellon , sont chaînés de larges Innques comme toutes les
grandes constructions romaines. Une couche de ciment rouge , dur et épais , marque au
fond des appartements la place d'un pavage qui fiit sans doute en pierre de liais. Ce tronçoh
est imposant, et les alentours indiquent les jardins et les terrassements qui environnaient
l'édifice.
Enfin toute la forêt d'Eu paraît remplie de constructions et de débris antiques. M. Estan-
celin , qui l'a beaucoup fréquentée et beaucoup interrogée , y signale çà et là des traces
d'habitations qu'il croit gauloises. Dans ces habitations , on a trouvé des meules à broyer en
poudingue , et des monnaies de bronze des Antonins. Près d'elles sont des mares qui
n'assèchent jamais. Enfin il y a reconnu tous les restes qui encadrent ordinairement une
station antique.
— 933
Depuis les découvertes de M. Estancelin, l'antique Augusta n'a cessé de se montrer
fertile en objets romains. En 1862, au lieu dit le Mmon, sur la voie antique qui con-
duit à Pons, des travaux de déblai ont fait voir des incinérations gallo-romaines. EUes
consistaient en vases de terre et de verre, dont quelques-uns ont été sauvés de la
destruction.
Mais la plus riche découverte a été faite en 1863, à la ferme de Beaumont, tout
près dxxBûiS'V Abbé. Là, dans le voisinage du grand édi-
fice romain reconnu en 1820 et en 1861 , un laboureur,
promenant sa charrue , a rencontré un beau vase en bronze
contenant mille quarante monnaies d'argent. Ce vase, qui
était fort élégant, a malheureusement été brisé. (Nous en
reproduisons ici Tanse , le col et l'embouchure.) Quelques-
unes des pièces qu'il contenait étaient frustes ; sur neuf cent
quatre-vingt-seize qui ont été déchiffrées, on a reconnu
des Trébonien-Galle , des Volusien , des Gallien , des Salo-
nine, des Salonin et surtout des Posthume. Ces dernières,
au nombre de six cent soixante-neuf, sembleraient in-
diquer l'époque de l'enfouissement du trésor (la fin du
in« siècle.)
En 1 864, nous avons vu des paysans vendre à un marchand
de Rouen soixante-deux grands bronzes de Posthume , qu'ils
disaient trouvés à Eu.
y
VASE ROMAIN EN BRONZE
(Kdy 1863).
ÉPOQUE FRANQUE.
Nous avons vu que les rois francs avaient donné Id villa (f Eu à un évêque d'Amiens;
mais de cette période , nous ne connaissons guère que deux monuments qui puissent lui
être attribués à Eu. Ce sont d'abord les sépultures trouvées en 1721 auprès du Mont-Blanc,
dans des fosses de craie , sépultures dont nous avons déjà parlé d'après M. Capperon , les
abbés Lebeuf et des Thuilleries; puis nous croyons pouvoir lui attribuer aussi des squelettes
avec lances et armures, rencontrés autour du château d'Eu, dans des travaux exécutés
vws 1840.
Il nous rei^ à donner la liste des auteurs et des ouvrages sur lesquels s'appuient toutes
nos assertions.
— 824 —
BIBLIOGRAPHIB.
N. Capperon, « Essai hist. sur Tantiq. du comté d'Eu,»
dans les« Mém. de Trévoux,» mai 1714, art lxii, et mai
1716, p. 999-1014.
Id., <i Lettres au sujet de deux anciens Tombeaux dé-
couverts à Eu, » dans le « Mercure de France . » de mai
1722, p. 73-81.
Id., « Réponse de M. Gapperon à la défense de l'étymo-
logie du nom de la ville d'Eu » (donnée par Huet), dans
le u Mercure de France » du 22 août 1722, p. 67-73.
Id., «Remarques sur l'hist. nat., Thist. civile etecclé-
siast. du comté d'Eu, » dans le « Mercure de France, »
de juillet 1730, p. 1541-1549; aoust et septembre, p. 1952
1960.
Id., « Mém. historiques sur les personnes origin. du
comté d'Eu,» dans lea Mercure de France,» d'avril 1721,
p. 667-679-, de mai, p. 4056-1070.
Id., « Réflexions sur une lettre de M. Lebeuf touchant
les anciens Tombeaux d'Eu , » dans le « Mercure de
France, » de mai 1731, p. 1045 et p. 2362-2364.
Id., «Suite desréflex.de M. Capperon sur la bizarrerie
de différents usages, » dans le « Mercure de France , »
de février 1732, p. 203-211; de juin 1732, p. 1114-1125.
Id., « Descript. des curiosités nat. et autres du Cabi-
net de M. Capperon, » dans le « Mercure de France , »
d'avril 1733, p. 671-681 ; de mai, p. 838-45.
L'abbé Lebeuf, « Mercure de France,» de juin 1731,
p. 1209.
L'abbé des Thuilleries ou Claude du Moulinet, • Objec-
tion contre l'essai hist. sur l'antiq. du comte d'Eu, » dans
les « Mémoires de Trévoux , » de sept. 1716, p. 1736-42.
Id., « Défense de l'étym. que feu M. Huet a donnée du
nom de la ville d' Eu, etc., • dans Ie«Mercure de]France,»
de juin 1722, p. 31-46.
A. Le Prévost, « Précis analyt. de l'Acad. de Rouen, »
années 1823 et 1824, p. 256.
Id., « Mémoires de la Soc. des Antiq. de I^orm., « t. xi,
p. 8.
Duplessis, « Dict. géogr. et hist. de la H. -Norman*
die, » i 1", p. 67-68,
L. Froland , « Mémoires concernant le comté-palria
d'Eu et les usages prétendus locaux , » p. in-4*, de 332
pages, Paris, 1722, p. 7.
L. Estancelin, « Mémoire sur les antiquités de la ville
d'Eu et de son territoire , » dans les « Mém. de la Soc.
des Antiq. de Norm., » atinée 1825, p. I à 24.
Id., «Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. n, p. 2.
Id., « Histoire des comtes d'Eu, » in-8' de 458 pages,
Rouen, 1828, Surtout, p. 1 à 20 et 399 à 404.
Cide , « Statistique et précis hist. du canton d'Eu , »
in-8» de 50 pages avec carte ; Versailles, Martin, 1832.
Désiré Lebeuf, « Eu et Tréport, Guide du Voyageur, »
in-18 de 173 pages avec 6 pi. , Rouen , Périaux, 1839;
2- édit, de 175 p. et 6 pi., Rouen, 1842.
Id., « La ville d'Eu , » i vol. in-8- de x et 61Î pages,
avec lilhogr., Abbeville. Jeunet, 1844, p. 2, 8 et 34.
L'abbé Cochet, « Les Eglises de l'arrond. de Dieppe,»
t !•% p. 129-160; t. II, p. 338-342.
« La Normandie sont,» 1" édit., p. 133; 2" édit., p. 151.
« Sépul. gaul., rom., franq. et norm., » p. 4l6-43i.
«Voies rom. de la Seine-Inf., » dans les « Mémoires de
la Soc, des Antiq. de Norm., » t. xxiv, p. 337-41, 358-61.
Darsy, « Gamaches et ses Seigneurs, » p. 8-12 ; in-8%
Amiens, 1854.
Id., « Mém. de la Soc. des Antiq. de Pic, » t. xui.
Id., «Bulletin de la Société des Antiq. de Pic , • t. ii ,
p. 246-50^ t. III, p. 14 et 203.
Bouquet, « Recueil des hist des Gaul.,» t. m, p. 621.
Boll., f Actasanct, mens, april, » 1. 1*', p. 16, 17, 18.
«Diplomataetchartœ merovingicœœtatis,»p. 81,n"'XLVi ;
et « Diplômes et chartes de l'époque mérov.,sur papyrus
et vélin, » n* xlv.
Félibien, « Hist. de l'abbaye de Saint-Denis, piècesjus-
tiûcatives, » xxxiu et lu.
Rob Wace, « Le Roman de Rou, » vers 11,500.
Flodoard, « Chronicon rerum inter flrancos gestajpun,^
apud Bouquet, t. viii, p. 183, 185 et 283.
Deville , « Catal. ill. et Mss. du Musée de Rouen. »
ft Revue de la Norm.^ » t. n, p. 226, 297 -, t. m, p. 3.
PONTS-ET-MARAIS.
Dans une des ailes de l'église de Pons se trouvait autrefois une fontaine vénérée portant
le nom de. Saint-Valéry. On y venait en pèlerinage, on s'y baignait et on y jetait des mor-
ceaux de pain.
Nous pensons que cette source sacrée est celle où se baigna saint Valéry lui-même au
Yn« siècle , et où il baptisa les paysans convertis par sa parole et par le miracle du chêne
sacré dont il avait si heureusement évité la chute.
325 ~
« Les Eglises de Tarr. de Dieppe, » t. n, p. 338-342.
« Etretat, son passé, son présent, son avenir,» 3* édit.,
p. 42-43.
Gide, « Stat. et précis hist. du canton d'Eu,» p, 40-4)
Ravin, « Vie de saint Valéry, » p. 31.
Boll., n Acta sanc, mens, april, « 1. 1", p. 16, 17, 18.
LE TRÉPORT.
•
Époque gauloise. — En 4845, au Mont-Huon, on a trouvé une hachette de
pierre. Le Tréport est appelé, dans les chartes du xie siècle, Ultri-Portus et Ulterior
Portus y ce qui fait penser à quelques-uns que ce pouvait être là YUlterior Portus de
César.
Époque romaine. — De Tépoque romaine, on ne connaît au Tréport que quelques dé-
bris rencontrés en 4840 par M. Deville. Ce savant archéologue , ayant fait un sondage
dans le fond même du vallon, trouva , à 4 mètre 50 du sol, des fragments de tuiles et
de poteries romaines , un grand bronze d'Adrien , des morceaux de poterie rouge à
reliefs et une pierre à rafiler percée d'un trou. Nous pensons qu'on ne serait pas fondé à
rechercher au Tréport le Phrudis fluvii ostium de Ptolémée, que quelques-uns y ont placé
par hypothèse.
Époque franque. — De l'époque franque, nous ne connaissons au Tréport que quelques
sépultures qui pourraient lui être attribuées. Ces sépultures,- qui se trouvaient à la côte du
Mont-Huony ont été aperçues en 4845 dans une extraction de cailloux. La plupart des
squelettes avaient avec eux des pots en terre que les ouvriers ont cassés et qui ont disparu.
On dit qu'on a trouvé avec les corps ou auprès d'eux un couteau à manche d'os et deux
pièces de monnaie.
Lebeuf, « Eglise du Tréport, » édit. 1647, p. 61-62. I « Notice hist. et archéol. sur li, \411e, l'abbaye et
DeyUle,« Catalogue mss. et illustré du Musée de Rouen. V | Téglise du Tréport, » p. et 10.
ÉTALONDES.
Époque .franqup, — Au mois de mars 4860, un cultivateur nommé Macré trouva,
en labourant sa terre dite de la Chapelle , auprès de Fauberge de la Pipe, sur le bord
de la route impériale n^ 25, un cercueil en pierre de Saint-Leu. Ce sarcophage, d'un
seul morceau , avait un couvercle en dos-d'âne. Sa longueur est de 4 mètre 90 : il est
plus étroit au)^ pieds qu'à la tête. Il renfermait un squelette orienté est et ouest ^ aux
pieds duquel était un vase en terre noire. Des fouilles furent faites aux alentours , et
Ton y découvrit un sabre en fer, un grand bronze des Antonins et trois ou quatre vases
en terre blanche ou noire. Cette sépulture doit appartenir à l'époque firanque (vn© ou
vme siècle).
Eu 4864, en démolissant l'ancienne église d'Etalondes pour ea coostruire une nouvelle,
— S26 —
on a trouvé dans les fondations un second cercueil en pierre de Vergelé , semblable i
celui de la Pipe et qui , comme lui , paraît remonter à l'époque franque.
« Bulletin de la Soc. des Antiq. de Norm. ,»!''* année, | « Bulletin monumental, » t. xxyi, p. 807.
p. 115,2* année, p. 300.
CRIEL.
Époque franque. — Quelques-uns attribuent à Criel le vicus qui dicitur Curborius de la
charte délivrée par Pépin-le-Bref à l'abbaye de Saint-Denis , en 751 , contre le monastère
de Sept-Meules. M. Le Prévost nous a dit incliner vers cette opinion que nous ne partageons
pas entièrement, attendu que nous sonunes porté à attribuer Curboriiis à la ferme de la
Corberie , qui est à Sept-Meules même.
L'ancien nom latin de Criel, au xiiie siècle, était Creolium et Criolium, ce qui, à la
rigueur, pourrait bien être une dérivation de Curborius.
Ce lieu, du reste, a toujours été important, et il possède encore de nombreux débris du
moyen-âge. Sur le mont Joli-Bois , qui domine Criel vers le nord-ouest, et qui porta autre-
fois le nom de mont Aqueux , il exista une chapelle ou église de Saint-Valery, aujourd'hui
complètement disparue.
Le château de Criel était situé dans la vallée , non loin de FYère. Il porte le aom de
château du Baile , et on en voit encore les énormes murailles. Nous croyons qu'il a possédé
une motte aujourd'hui détruite.
Un quartier de Criel , placé sous le village et le château de Briançon , s'appelle la Cité ou
la Vieille-Cité ; un autre se nomme les Salines.
On croit que les Normands débarquèrent à Criel et ravagèrent la vallée de l'Yère vers 840.
Au bord de la mer, on remarque les restes de gros murs arasés que la carte de Cassini
désigne déjà sous le nom de Ruines.
Nous ignorons si l'on a trouvé à Criel des antiquités romaines; mais nous savons que des
antiquités franques y ont été rencontrées, en 4846, lorsque l'on traça le chemin de grande
communication n© 16, qui va de Criel à Foucarmont et à GaBlefontaine : on; trouva alors,
dans la tranchée de Chiffireville, des sépultures avec vases, perles de verre, couteaux, etc.
M. D. Lebeuf raconte que des sépultures ont été vues près du Bel de Criel vers 1844.
« La Normandie sout.,» 1'* édit., p. 341; 2* édit., p. 4^9. i Gide, « Statist. et précis hist. du canton d*£u, » p. 31*
« Les Églises de Tarrond. de Dieppe, » t« u, p. 279-295. | D. Lebeuf , « La ville 4*Eu , p. 2 et 19. '
TOCQUEVELLE-SUR-CRIEL.
Époque incertaine. — A Tocqueville, comme à Biville, on trouve des subsb*uctions
dans les terres qui sont entre le village et la mer. Près de TégEse et au centre du hameau,
— 327 —
on voyait autrefois, sur un tertre élevé, les débris d'un vieux château. Motte et constructions
ont disparu vers 4 846.
On fait autour de l'église des processions superstitieuses dans les maladies des chevaux.
Gide, «8tati«t. et précis hist. du canton d'Eu, » p. 44. | « Les Églises de l'arrond. de Dieppe, » t. ii, p. 2%.
CANEHAN.
Époque franque. — Il est probable que ce village existait dès l'époque franque , puis-
qu'il est mentionné dans la charte de Gosselin, vicomte d'Arqués, lorsqu'il fonda, en 1030,
l'abbaye de Sainte-Trinité-du-Mont de Rouen. Canehan est alors rangé dans le Talou : « In
page Talou villam unam quae ab incolis dicitur Keneham. » Dauis le même Cartulaire^
ce lieu est encore nommé Canahan, Chenean et Chanaan.
L'é^se de Canehan est donnée, en 1059, à l'abbaye du Tréport par Robert, comte d'Eu,
son fondateur.
On connaît encore à Canehan le Bois-VAbbé.
DevUle, « Cartulaire de l'abbaye de laTrinité-du-Mont
de Rouen, V dansla aÇoUectlon des documents inédits sur
rffistoire de France, » p. 422, 425, 426, 437, 451 et 460.
A. Le Prévost, a Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie, » t. xi, p. 21.
« Les Églises de Tarrond. de Dieppe, w t n, p. 317.
CUVERVILLE-SUR-YÈRE.
Époque romaine. — Sur Cuverville est un lieu appelé les Vignes. Presque toujours, ces
points remontent à une haute antiquité.
Dans un bois de Cuverville était le prieuré de Rouge-Camp , aujourd'hui une ferme.
Autour de t^ premier membre de V abbaye du Tréport, situé sur la plaine, on trouve des
tuiles, des briquies et des poteries romaines.
Époque franque et période normande. — Dans la charte de Robert 1er à Ja Cathédrale
de Rouen, charte qui coï^me les biens déjà énumérés par Charles-le-Chauve, nous trou-
vons le nom de Cuverville-sur-Yère. La mention est différente selon les deux versions que
nous possédons de la charte royale. La version du Gallia Chris tiana dit : « In comitatu
Talou... Culventivillam quam Reinardus , dédit cum appenditiis suis. y> Le cartulaire mé*
tropolitain porte : « In comitatu Talou super fluvium qui vocatur Era Culvertivillam cum
universis... qu9B pendent ad ipsam. »
Cuverville possède un vieux château dont on voit encore les ruines parlantes. J'ai sur-
tout remarqué la motte du donjon qui était énorme. L'enceinte carrée des murs était
flanquée de tours circulaires. On parle de souterrains qui s'avancent sous la vallée , de
cloches et de canons chargés d'or et d'argent , d'apparitions de fées , etc.
:A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Anti- j D. Lebeuf, «La ville d*Eu, » p. 46.
quaires de Normandie, » t. xi, p., 10. Gide, « Statist. et précis historique du canton d*Bu, »
« Les Églises de l'arrond. de Dieppe, » t. n, p. 323-27. p. 34.
— 328 —
SEPT-MEULES.
Époque franque. — En 1840, lorsque Ton confectionnait la route départementale
n^ 10, qui va de Londinières à Eu, on trouva , dans la traverse de Sept-Meules, des cer-
cueils en plâtre et en pierre , que nous présumons remonter à l'époque franque.
Du reste , nous avons de précieux monuments de l'existence de Sept-Meules aux temps
mérovingiens. Ce village possédait alors un monastère de femmes dont nous ignorons la
fondation et la destruction, mais dont il reste un document dans les archives de l'abbaye
de Saint-Denis et dans les archives de l'Empire : c'est un diplôme de Pépin-le-Bref, délivré
comme maire du palais le 20 juin 751, et daté d'Altigny,en plein Ut de justice. Il s'agissait
d'un procès pour des biens pendant entre Réganane, abbé de Sept Meules, et Fulrad,
abbé de Saint-Denis.
L'original de cette pièce curieuse, conservé aux archives de l'Empire , a été reproduit en
fac-similé, vers 1844-48, dans les i)t/>/(3m^5 et Chartes de V époque mérovingienne, sur pa-
pyrus et vélin. Déjà il avait été édité par Mabillon, dans son livre De re Diplomaticâ y par
Félibien, dans son Histoirede l'Abbaye de Saint-DeniSy et enfin par nous, dans nos Eglises
de t arrondissement de Dieppe.
Les auteurs du Gallia Christiana qui ont connu le monastère de Sept-Meules , qui
le rangent parmi les anciens monastères du diocèse de Rouen , et qui conune tel le
font figurer sur leur carte ecclésiastique de la province , supposent qu'il fut détruit par
les Normands.
La tradition locale et populaire indique, comme la place de l'ancien monastère mérovin-
gien, une île de ITère voisine de l'église et encore entourée de ces moulins à eau qui ont
donné leur nT)m au village. Dans cette île , nous avons remarqué des murs en tuf encore
arasés au sol.
Sept-Meules est appelé Septe-Molas dans la charte de Pépin à l'abbaye de Saint-Denis, et
Septem-Molas dans celle de Charles-le-Chauve à la cathédrale de Rouen. Partout il est
rangé dans le pays de Talou : « In pago Tallau. > Dans les documents postérieurs ,
l'orthographe est rétablie, et on lit le nom de Septem-Molœ ou de Septem-Molas. Ce nom
venait-il au village des sept moulins à eau qu'il possédait à l'époque franque ? Cela est
vraisemblable et considéré conune tel par tout le monde. En 1846, il n'y avait plus que
trois moulins.
Sept-Meules possède une ferme appelée le Câtelier qui domine le cours de l'Yère.
A Sept-Meules, il y a tradition d'une égUse déplacée.
Sur le chemin de Sept-Meules est la ferme de la Corberie. Nous pensons que c'est à elle
qu'il conviendrait d'appliquer le vicus qui dicitur Curborius de la charte de Pépin-le^ref ,
délivrée à Attigny, le 20 juin 751 , en faveur de Fulrad, abbé de Saint-Denis, coàtre
— 329 —
Réganane, abbesse de Sept-Meules. CurboriuSy d'après la sentence, était une propriété de
Tabbaye de Saint-Denis, voisine du Monastère de Sept-Meules. Nous n'ignorons pas que
quelques-uns appliquent le nom deviens Curborius au bourg de Criel, qui est également
dans le voisinage.
BIBUOGRAPHIR.
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires
de Normandie, » t. xi, p. 8.
« Diplômes et chartes de Tépoque mérov., sur papyrus
etvélin,» n**xLV; et « Diplomata et chartae merovingicœ
œtatis, » p. 78, n* xlv.
Dom Félibien, « Histoire de Tabbaye de Saint-Denis, »
pièces justificatives xxxiv.
Mabillon , a De re Diplomatica , » p. 490-491 , in-4*,
Paris, I68t.
« Gallia Christ. , • t. xi, p. 132, carte de Nolin, en 1767.
Cide, « Statist. et précis hist. du canton d'Eu, » p. 43,
et carte.
« Les Eglises de l'arrond. de Dieppe,» t. ii, p. 318-22.
« LaNorm. sout.,» l'»édit., p. 342,2- édit, p. 430.
VILLY-VAL-DU-ROY.
Époque franque. — Villy, à présent surnommé Val-du-Roy, à cause de l'ancienne paroisse
de ce nom qui y a été annexée en 1 823 , se partageait autrefois en deux portions ou pa-
roisses. La partie située dans la vallée de l'Yère s'appelait Villy-le-Bas , et la partie placée
sur la plaine, Villy-le-Haut ou Caude-Coste. C'est du premier qu'il est question dans une
vie de saint Wandrille écrite au vue siècle et citée par Mabillon. On y dit que , vers 660 ,
Érembert , père de saint Hartbain , ayant été guéri par l'intercession de saint Wandrille ,
donna au monastère de Fontenelle « praedium aliquod nômine Virtlaïcum , situm in pago
Tellau , super amnem Evra. 3> Il s'agit bien ici de Villy-le-Bas ou sur-Yère, situé alors dans
le comté de Talou.
En 713, Hugues , qui fiit plus tard abbé de Fontenelle, donna à ce même monastère
c Vierlaïcum villam , quae sita est in pago Tellau super fluvium Eora. * « Visiblement, dit
M. Le Prévost, c'est le même Villy qui avait déjà été donné par Érembert un demi-siècle
auparavant. > Il est probable que les invasions normandes auront fait perdre Villy à l'ab-
baye de Fontenelle, car, en 1159, Robert, comte d'Eu., donna Verleium à l'abbaye du
Tréport, qui le posséda toujours depuis.
Dans la nef de Villy, j'ai remarqué , en 1 846 , au côté méridional , un ceintre orné de
losanges en creux et appareillé en tuf , qui a quelque chose de carlovingien , peut-être
même de mérovingien.
Époque incertaine. — « Au bord de la prairie de Villy, dit M. Cide , on remarque les
débris d'un petit fort. »
m VitaS. Wandregisil. abb. Fontanel., » c. xvii, apud
« Acta sanc. ord. S. Benedict., » sœc. ii.
A^Le Prévost. « Mémoires de la Société des Antiquaires
4e Normandie, » t. xi, p. 6-7.
0 Chronicon Fontaneliœ, » c. viii.
f Les Eglises de Tarrond. de Dieppe, » t, ii, p. 327.
Gide. « Statistique et précis histon du canton d'^u, »
p. 45.
42
— 330 —
SAINT-REMY-BOSCROCOURT.
Époque romaine. — Vers 4820, un cultivateur, en labourant ses terres situées dans la
plaine entre Eu et Criel, trouva un vase contenant cent cinquante monnaies à Teffigie
d'Adrien et des Antonins.
Depuis quelques années, il a été recueilli dans la même plaine un vase en pierre, mor-
tier ou mesure; nous ne pouvons prononcer.
Epoque franque. — M. de Malleville nous a assuré qu'à Boscrocourt, M. de Gromard ,
son gendre , connaît des cercueils de pierre qui probablement remontent au temps des
Francs.
Estancelin, «Mémoires de la Sociélé des Antiquaires de Normandie, v t. ii, p. 22.
MELLEVILLE.
Époque incertaine. — Melleville possède une motte placée devant Téglise.
«I Les Églises de Tarrondissement de Dieppe , » t. ii, p. 334.
MONCHY.
A Monchy, il y a tradition d'église déplacée. On dit qu'elle était autrefois dans la vieille
enceinte où est aujourd'hui la chapelle de Saint-Riquier . On y enterre encore.
• Les Églises de rarrondissemenl de Dieppe , » t. ii, p. 329.
SAINT-PIERRE-EN-VAL.
Sur cette commune et dans la forêt est la ferme de la Poterie , dont le nom semble
indiquer une industrie ancienne.
Dans la forêt d'Eu, près le triége du Banc de Madame , on voit une grande fosse dans
laquelle est une grosse pierre qui est connue dans le pays sous le nom de pierre bise,
Gide, «Statistique et précis historique du canton d'Eu, » p. 42, et carte.
LONGROY.
Entre Longroy et Épinay (hameau de cette commune), on a trouvé, en 1849 , des. osse-
ments humains en pratiquant une tranchée pour la traverse de la route.
INCHEVILLE-GOUSSAUVILLE.
Époque incertaine. — Au-dessus delà colline qui domine Incheville du côté du midi,
on trouve , sur une pointe de coteau formée par la grande vallée de la Bresle et le petit
— 33i —
vallon de Saint-Martin-au-Bos, une enceinte antique qui est isolée de la plaine à l'aide
de douves profondes et de remparts en terre de 4 et 5 mètres de hauteur; la longueur du
rempart est d'environ 82 mètres. Nous croyons nous souvenir que le côté de la colline est
également fossoyé. Cette enceinte vaste et curieuse est appelée le Camp de Mortagne, et
elle paraît avoir été destinée à observer les mouvements de la vallée et à protéger l'ancienne
cité d'^ ugusta à laquelle a succédé la ville d'Eu.
On nous a assuré que, dans cette enceinte , la culture avait autrefois rencontré des urnes
en terregrisecontenantdes os brûlés. Eni847, nous avons, avec M. Gide, vu extraire de
ce sol curieux des morceaux de succin ou d'ambre jaune qui nous paraissait à l'état natif.
M. Gide dit que de nombreux squelettes ont été trouvés en creusant les fossés qui entourent
la forêt.
Epoque romaine. — Sous Inclieville , comme sous Longroy, M. Darsy, de Gamaches ,
a fait des fouilles de 1845 à 1847, et il a trouvé des substructions romaines cachées sous
i'alluvion de la vallée.
En 1856, auprès du coteau que domine le Camp de Mortagne, le nommé Hénoque, bri-
quetier, a découvert des sépultures antiques. Ce n'étaient plus que les restes d'un cimetière
romain de l'époque de transition (ive et v^ siècle). J'y ai fait des fouilles, et en tout il n'a
été rencontré que huit à dix fosses dont plusieurs déjà avaient été violées. Celles qui étaient
intactes ont donné, avec leurs squelettes, trois vases de terre , deux coupes en verre, un
vase en bronze , un collier composé de vingt-(^inq perles de verre et de pâte de verre , une
attache en argent, un anneau en cuivre et un quinaire d'argent de l'empereur Magnus
Maximus (383-388).
^\ /'^
VASES DE TERRE. - INCHBVILLB. - TABB DB VERBK.
— 332 —
Ces pièces ont été rachetéees au briquetier Hénoque , par M. Darsy, pour le compte de
la Société des Antiquaires de Picardie, qui les déposera dans son Musée-Napoléon.
Tous ces différents objets ont été décrits et reproduits par nous, dans nos Sépultures
gauloises^ romaines, franques et normandes (p. 416-434), et par M. Darsy, dans les Mé-
moires de la Société des Antiquaires de Picardie (t. xv, p. 383-390, pi. fig. 5, 6, 7).
Gide, « Statist. et précis hist. du canton d'Eu , » p. 36.
Darsy, « Gamaches et ses Seigneurs, » p. 8-12, in-8*,
Amiens, 1854.
Darsy, » Mém. de la Soc. des Antiq. de Pic, » L xiii.
Id., « Bulletin de la Soc. des Antiq.de Picardie, - t. n,
p. 245-50; t. m, p. 15 et 203.
GOUSSAUVILLE (section d^incheville).
Époque franque. -r- Dans une terre située au-dessus de l'église et cultivée par le sieur
Levret, on a, pendant plusieurs années, de 1842 à 1848, trouvé, en labourant, des lances,
des armes et des ossements anciens. C'est probablement un cimetière franc.
(Communication de M. Tabbé Aubry, curé de Longroy et dlncheville. )
fiMENÏ DU HAV.RE
CANTONS Dtr HAVRR.
LE HAVRE.
Le Havre est une ville moderne , créée en 1516 par une charte de François h^j dans
une Crique déjà peuplée de pêcheurs et autour d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de
Grâce. Mais, depuis le décret du 9 juillet 1852, cette fille du Père des Lettres, déjà
agrandie par le Roi-Martyr et par Napoléon-le-Grand, a uni à sa primitive enceinte tout
le territoire d'Ingouville, Fancienne paroisse de Leure et une portion importante des com-
munes de Sanvic et de Gràville. Nous croyons devoir grouper sous le seul titre de Havre
les diverses antiquités que renferme ce vaste territoire qui , pour l'avenir , n'aura plus
d'autre nom.
Temps pré-historiques. — Nous appelons ainsi les découvertes non datées et recon-
nues dans le banc alluvial sur lequel repose le Havre des trois derniers siècles.
M. Pinel raconte que lorsque l'on creusa la nouvelle enceinte projetée sous Louis XVI et
détruite sous Napoléon HI, on trouva des couches de tourbe dont les lits s'étendaient dans
la mer par-dessous la Jetée du Sud. A environ 10 mètres de profondeur, on découvrit une
quantité de gros arbres résineux avec leurs racines. Ils étaient entiers et parfaitement con-
servés dans cette terre imprégnée de sel marin. Les terrassiers, auxquels ils furent aban-
donnés, les scièrent et les fendirent pour leur usage.
Nous pouvons ajouter que grand nombre d'arbres de la même espèce ont été rencontrés
dans le creusement du Bassin de la Barre. De 1836 à 1840, nous en avons vu sortir des
vases et des tourbières au milieu desquelles est assis le Bassin Vauban.
Enfin on en trouva encore en 1848, lorsqu'on établit le Bassin de Leure; mais ces sortes
de découvertes appartiennent probablement plus à la géologie qu'à l'archéologie.
Mais voici où commence le passage de l'homme. — En 1660, lorsque l'on creusa le
Canal Vauban y qui va du Havre à Harfleur, on trouva dans la plaine, alors dépendant de
Gràville, une quille de nef d'environ 80 pieds de long.
De 1788 à 1800, pendant les fouilles du Bassin de la Barre ^ on rencontra, à 3
mètres 30 de profondeur, une pirogue de 40 pieds de long creusée dans un seul tronc
d'arbre. Les deux extrémités étaient pointues et massives, et l'intérieur renforcé de
— nu —
courbes foi-mées à même de l'arbre. Elle avait près de 1 mètre 30 de creux. Elle était si
parfaitement conservée, qu'elle put être transportée derrière la maison des ingénieurs des
ponts-et-chaussées, sui- la Jetée du Sud. Mais là elle périt sous l'action de la pluie et du
soleil. Cette pirogue fut reconnue pour être de bois d'orme. Dans l'intérieur, on avait ren-
contré les débris d'un squelette humain.
Époque gauloise. — Nous revendiquons pour le territoire qui entoure le Havre un
beau slatère en or qui y fut trouvé en 1849, et que M. Lambert vient de publier dans la
seconde partie de son Essai sur la numismatique gauloise.
Époque noM.\iNE. — Selon toutes les vraisemblances , nous devons attribuer à l'époqjie
romaine des meules à broyer en poudingue trouvées, vers 1750 , dans les marais qui en-
tourent le Havre. M. Duboccage de Bléville, le premier historien de la cité, nous a gardé
souvenir de ce fait dans ses Mémoires et dans une note manuscrite que M. Pinel a pubUée
dans ses Essais.
Vers -1 850, trois autres meules à broyer, aussi en poudingue, ont été rencontrées sur le
territoire de Leure.
Dans toute cette section de Leure , il y a tradition d'une ancienne ville que les habitants
nomment Collimbes, Collinges ou Coulimbes.
D'autres monuments antiques ont été exhumés du territoire du Havre, notamment à In-
gouville et à Tourncville. A plusieurs reprises , la côte d'ingouville a présenté, à la base de
ses riches pavillons, des incinérations romaines des premiers siècles.
TABES HOHAINS Ere TEBRB CVITK (INGOUVILLB, 1B39).
En 1839, un cimetière romain fut aperçu en creusant les fondations du pavillon de
M. Koch, négociant du Havre. M. Certain, entrepreneur, qui fit cette trouvaille, en offrit
les produits pour le futur.Musée du Havre. Ils consistaient surtout en des restes de vases
funéraires. En 1 840 , M. Morlent publia la description et le dessin des objets dans l'ouvrage
intitulé: le Havre et son arrondissement, dont il était l'éditeur. Presque tous ces vases
avaient été entamés par la pioche. Je me souviens d'avoir vw chez M. Certain des fioles de
verre, des soucoupes rouges , des trépieds et des urnes en terre grise.
— 335 —
M. Deville nous a assuré qu'à la côte d' Ingoiiville on a trouvé, à 3 mètres de profondeur
environ , des incinérations en terre blanche et grise , et des monnaies de bronze de Titus ,
de Commode, de Claude-le-Gothique et de Constans. Malheureusement, il ne donne pas la
date de la découverte. Il ajoute qu'à la côte Morisse, qui est sous Sanvic, on a rencontré
un dolium en terre cuite contenant une urne cinéraire en terre et un petit vase de terre.
En 4856, près le cimetière Sainte-Hélène, au bord de la route d'Etretat, on a recueilli
un vase en terre rouge que je crois romain. Il a été déposé au Musée du Havre par
M. Fieury; il est probable qu'il provient de sépultures
•En mars 1750 , à la section de Toumeville, hameau dépendant alors de Grasville-la-
Mallet et aujourd'hui quartier du Havre , on trouva un squelette enseveli sous 5 mètres de
terre. (C'est absolument le cas d'un cercueil romain trouvé à Veulettes en 1851.) M. le
comte de Beuvron , duc d'Harcourt et seigneur de Grasville , qui fit cette trouvaille , en tira
une fiole ou flacon de verre à deux anses en cou de cygne , semblable aux flacons que nous
avons trouvés depuis à Neuville-le-Pollet, à Lillebonne, à Barentin et dans tout le pays de
Caux. Le vase de Toumeville a été gravé au siècle dernier par M. le comte de Caylus, dans
son Recueil d'Antiquités.
BISLIOGBAPIIIË.
Caylus,'Rec.d'antiq.,-l.i", p. 199, pi. lxw, Dg. iv.
Duboccage de Biéville, • Mém. sur le portetlanavig,
du navre-de-Grice, » p. 80-82; iii-12, 1753.
Lesueur, > Mëm. sur le canal de Vaubaa creusé en
1667, .in-8-, an XI.
Piuel, «Essais archéoU, hist. et phys. sur les envir.
du Havre, » p. 4&-49, 57.
Morlent, ■ Le Havre ancien et moderne, " l. ii, p. 56.
• Précis analyt. des trav. do l'Acad. de Rouen, » t iv.
Q arrondiss. — Canton
Léon Duquel, «Le Havre e
d'Ingouville, « p. 1 à 3 et pi.
Frissard, "Hist. du port du Havre," p. 18-20; in-4*,
Havre, 1837-40.
• La Normandie sont., >. 1" édiL, p. 12G, 2- édit.,
p. 144.
L'abbÉ Lecomle, " Recueil des public, de loSoo. havr.
d'étud. div.,1 2G' année, p. 31, 32, 35.
E. Lambert, « Mém. de la 6oc. des Antiq de Norm-, "
l. iiv, p. 492, pi. VI, llg. 2.
SAINTE-ADRESSE.
- A
i '■
Le nom de Sainte-Adresse est moderne.
L'ancien vocable était le Chef-de-Caux ou
Saint-Denis-Chef-de-Caux fCapul Caleti).
Époque gauloise. — Les éboulements de
la Hève, en 1862, ont fait voir trois hachettes
en bronze que la ville du Havre a achetées
pour son Musée.
En 1864, M. Toussaint, avocat au Havre,
a recueilli dans des terrassements pratiqués,
entre Saiute-Adresse et !a Hève, une hache
polie en pierre grise.
Époque romaine. — Une vieille tradition
— 336 —
«
prétend qu'après le martyre de saint Denis à Montmartre, près Paris, sa tète fut jetée à
la Seine, et qu'elle vint échouer sur les grèves du Chef-de-Caux. Recueillie par de pieux
fidèles, elle devint pour eux l'objet d'un culte et d'une querelle. Ceux de Sainte-Adresse et
de Sanvic se partagèrent là relique, et les deux églises sont restées jusqu'aujourd'hui sous
le patronage de saint Denis, de Paris.
Depuis longtemps, du reste, le sol de Sainte-Adresse montre au bord du rivage grand
nombre de débris romains. En 1840, nous y avons aperçu, au milieu de tuiles à rebords
et de poteries antiques, un bassin construit en pierre et en ciment, semblable à un baptis-
tère ou à une baignoire antique. En 4845, ce petit monument a été soigneusement enlevé
par l'Administration municipale du Havre et déposé par elle dans l'ancien Hôtel-de-Ville.
On le destinait alors au futur Musée-Bibliothèque, où il n'est point encore 'entré.
M. Deville a connu un tambour de colonne, en pierre calcaire, provenant de Sainte-
Adresse. Il nous a parlé même d'une inscription romaine; mais celle-ci est moins certaine.
Au Musée du Havre, j'ai vu seulement, provenant de Sainte- Adresse, des briques ou
tuiles à rebords, des tuiles carrées provenant d'étuves ou conduits de chaleur , et les restes
d'un mortier antique en terre de Samos. Le fond a conservé trace d'aspérités au milieu des
frottements qui indiquent qu'il a beaucoup servi.
Le Chef-de-Caux. — On appelait ainsi au moyen-âge le cap de la Hève situé sur le
territoire de Sainte-Adresse, qui alors portait aussi ce nom. Camden le nomme Ki-de-Caus.
Un livre de compte de la ville de Harfleur'pour 1490 dit Chief-de-Caux. Une charte de
Charles V de 1373-74 l'appelle Quief-de-Caux. Le compte de Girard le Barillier,'en 1295,
nomme le port et la baie Quief-de-Cauz. Généralement , c'est Chef-de-Caux , Quief-de-
Caux , Chief-de-Caux. Les cartes géographiques écrivent ce nom de la même manière.
Quelques-uns portent Groing-de-CauXj ce qui a été appliqué par d'autres au cap d'Antifer.
La paroisse de Sainte-Adresse s'appelait alors Saint-Denis-Chef-de-Caux.
Stapleton , dans sa Xlarte de Normandie , dressée pour l'an 1200 à l'aide des rôles de
l'échiquier, dit Caput Caleti. C'est aussi l'expression du pouillé d'Eudes Rigaud, monu-
ment du xiiie siècle. Nous ne serions pas surpris que le nom de Caput Caleti remontât
à l'époque romaine.
Le cap de la Hève est un point éminemment géologique; mais en dehors de trois haches
de bronze trouvées en 1862, nous n'y connaissons pas d'antiquités. Le Moniteur universel
du 11 thermidor an xin (30 juillet 1805) prétend que l'on y trouva à cette époque un
marbre noir antique, avec une inscription romaine qu'il donne. M. Léon Renier, à qui
nous avons soumis le texte, en 1859, l'a reconnu pour faux et apocryphe.
K Regestrum visitât, archiepisc. Rothom., » p. 137.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., • t. xvi.
Pinel, « Essais archéol., hist. et phys. sur les environs
du Havre, » p. 8, 12.
« Les Eglises de Tarrond. du Havre,» t. i*%p. 50-55
a Revue de Rouen, t année 1846, 1" semestre, p. 320;
2* semestre, p. 128-130.
a Les Eglises de l'aiTondissement d'Yvetot, • t. ii,
p. 178.
« Revue du Havre, » du 22 mai 1845.
— 337
GRAVILLE-SAINTE-HONORINE.
Epoque incertaine. — En face de la Barrière-d'Or et au sommet de la côte de
Grâville, M. Gaillard signale une butte ou motte, au bord du bois. Il dit que d'un côté elle
a une douve énorme, et que de l'autre l'abrupte de la colline lui sert de défense. M. Tous-
saint, avocat, m'assura, en 1864, que cette butte avait été détruite récemment et qu'on
n'y avait rien trouvé.
Epoque romaine. — Grâville est un point passablement fertile en antiquités; il s'y en
est trouvé même assez pour que quelques-uns aient songé à y placer le Caracotinum des
anciens. Le château de Crétin a un peu contribué par son nom et par son importance féo-
dale à étayer l'opinion des savants , qui ont émis cette hypothèse aujourd'hui abandonnée
par tout le monde. L'archéologie moderne paraît avoir tranché la question en faveur
d'Harfleur.
Parmi les différentes découvertes d'antiquités faites à Grâville, nous citerons, dans le
bois de la Hallate^des vases cinéraires antiques trouvés en 1839 et en 1840, en établis-
sant le jardin et le pavillon de M. A. Michel devenus depuis la propriété de M. Langer,
négociant du Havre.
En mai 1861 , les journaux du Havre et de Rouen nous apprenaient qu'à l'extrémitéde la
rne Montmirail^ au versant de la côte, il avait été rencontré une incinération gallo-romaine
des premiers siècles. Elle se composait de vases en terre et en verre accompagnés de mor-
ceaux de fer oxydé; il n'a pu être sauvé qu'un joli flacon de verre à six pans et à une anse,
lequel est présentement déposé au Musée du Havre.
Ayant visité au mois d'août suivant la sablière de M. Dubus , j'ai reconnu qu'il avait
été rencontré là plus de cent vases romains du Haut-Empire. C'étaient des urnes ,
des vases aux offrandes, des fioles de verre et jusqu'à des doliums; tous avaient été
brisés.
Une tradition, qui remonterait aux temps romains si elle était justifiée, prétend
que le corps de sainte Honorine, martyrisée à Mélamare le 27 février 303, fut jeté
à la Seine et serait venu échouer sur le rivage de Grâville. Recueilli par de pieux
chrétiens , il aurait été inhumé sur la colline où fut élevée plus tard l'abbaye de Sainte-
Honorine.
D'après M. Pinel, on aurait trouvé , dans le cimetière et dans l'église même de Grâville ,
des urnes sépulcrales et des vases funéraires; mais nous nesommes pas sûr de ces asser-
tions. Il se pourrait bien que les vases dont parlent MM. Pinel et Duboccage de Bléville
fussent des vases chrétiens , comme ceux que nous avons mis sortir du sol de l'église en
43
— 338 —
1844. M. Duboccage , d'ailleurs, parle de Féinail vert qui recouvrait quelques-uns de ces
vases; c'est bien là un trait qui caractérise la cérauiique du moyen-âge.
Epoque franque. — Il est encore un dernier fait relatif à l'église de Grâville et qui
s'est passé à l'époque franque des empereurs carlovingiens. Vers 842, les Normands en-
vahissaient presque périodiquement nos contrées , et remontaient souvent la Seine. Dans la
crainte de leurs profanations, les clercs attachés au tombeau de sainte Honorine brisèrent
le sarcophage du côté de la tête (fracto à capite sarcophagoj^ et en tirèrent le corps de
la sainte qu'ils transportèrent jusqu'à Conflans fequo stistentante). C'est depuis ce moment
que Conflans, près Paris, a pris le surnom de Conflans-Sainte-Honorine.
Les historiens de France et de Normandie, qui ont traité des invasions normandes, citent
plusieurs fois, parmi les divers campements des barbares du Nord, un lieu dit Giraldi-Fossa ,
Giroldi-Fossam et Fossa-GuiraldL Les pirates du Nord campent ou hivernent dans cette
station en 807, 808, 809, 842 et 845. Plusieurs ont pensé qu'il s'agissait d'une localité
nommée Jeufosse, près Mantes (Sein e-et-Oise; mais quelques-uns ont cherché cette fosse
à Grâville, appelé à la période normande Girardi-Villa : MM. Pinel, Noël de la Morinière ,
l'abbé Lecomte et Frissard, comptent parmi les derniers. Nous devons avouer toutefois que
leur autorité est secondaire à côté de celle de M. Bonamy et de l'abbé Lebeuf, qui tiennent
pour Jeufosse.
Maintenant, il convient d'ajouter que le port de Leure, d'où sortirent en 1295 environ
trente nefs pour le service de Philippe-le-Bel, et en 1340 trente-deux nefs armées pour
Philippe de Valois, s'appelait alors la Fosse-de-Leure.
Ce qui prouve que fort anciennement les marais de Grâville et la plaine de Leure étaient
sous l'eau ou submergés périodiquement, c'est qu'en 1666, lorsque l'on creusa le canal
Vauban qui va du Havre à Harfleur, on trouva, dans les prés de Grâville , une quille de nef
de quatre-vingts pieds de long.
A peu de distance du hameau des Neiges, qui portait au moyen-âge le nom de la Qtiesnée^
on rencontre, dans la direction du midi, une vieille chaîne de murailles qui durent com-
poser autrefois les quais du port, de la crique ou de la fosse de Leure. A quelle époque
remontent ces vieux murs qui sortent de dessous l'herbe , mais que l'herbe recouvrira
bientôt? Nous ne saurions le dire.
La Butte aux Sarrasins (1). — A 60 mètres du hameau et de la chapelle de Notre-
(1) On appelait Sarrasins, au moyen-âge, les Normands encore païens. — Le nom de Sarrasins est ici synonjTne
de païens, et il s'applique indifféremment aux Romains idolâtres et à tous ces peuples envahisseurs qui, au déclin
de l'empire, se jetèrent sur nos rivages et s'y établirent, soît passagèrement, soit dune façon permanente.
Le nom de Sarrasins ne se rencontre pas seulement dans les parties de la France qui subirent l'invasion du
VII* siècle , mais il se trouve encore d^ns nos contrées qui n'eurent pas à en connaître. Nous allons citer quelques
points où apparaît encore le nom de Sarrasins.
Dans son livre intitulé : « Invasions des Sarrasins en France , » M. Reinaud cite un quartier de la ville de Nice
qui porte le nom de canton des Sarrasins (p. 180j. — Dans la Maurienne, en Savoie, le môme auteur assure que l'on
— 339 —
Dame-des-Neiges , on remarque, vers le nord-ouest, une élévation de terrain sur laquelle
on reconnaît les épaisses murailles d'une forteresse disparue. Soigneusement examinés pai^
nous , ces murs nous ont paru appartenir au moyen-âge.
Ce qui me confirme dans cette opinion, c'est que vers 4857 on a trouvé, à quel-
ques pas des murs, des squelettes humains qu'accompagnait un vase que j'attribue au
xiiie siècle.
Cependant, ce tertre porte le nom de Butte aux Sarrasins. Comme le nom de Sarrasins
s'applique parmi nous aux Normands encore païens, je suis disposé à croire qu'à l'époque
piratique ce point put servir de refuge à une tribu de ravageurs. Les écrivains locaux
citent ordinairement deux entrevues qui auraient eu lieu sur ce tertre : la première , en
842 , entre Louis-le-Débonnaire et les hommes du Nord qu'il avait appelés contre ses frères
Louis de Bavière et Charles-le-Chauve ; la seconde se serait passée en 944 entre le roi
' Lothaire et notre duc Richard 1er. Mais ces deux événements ne sont pas suffisamment
prouvés.
trouve aux environs de Modane le vallon Sarrazin (p. 184). — Dans le Valais (Suisse), M. Keller, de Zurich, assure
que des murailles, des sentiers, des crevasses, sont désignés par le mot de Sarrasins. (F. Keller, « Dereinfall der
Saracenen, » Zurich, 1856. — « Revue des Soc. sav., » t. ii, p. 11.) — A Saint-Emiland, près Autun (Saône-et-Loire),
on montre les Champs Sarrasins et les Molles Sarrasines. (•< Le Monde, » du 17 juillet 1860.) — A Blagnac (Haute-
Garonne), dans un champ appelé les Sarrazis, on trouve des débris romains et des monnaies d'Auguste, de Claude
et de Néron. (« Revue des Soc sav., o 2* série, t. vu, p. 149.) — A Pesmes (Haute-Saône), près la voie romaine, au
lieu dit Theuriol, est un bassin circulaire dit Fonlaine des Sarrasins, (• Mém. de la Commission d'Archéol de la
Haute-Saône, » t. ii, p. 40.) — A Fauguerolles (Haute-Saône), est la Passée des Sarrasins, où les habitants disent que
les Maures ou Sarrasins ont passé en brûlant. (« Mém. de la Commission d'Archéol. de la Haute-Saône, m t. ii, p. 43.)
Ce nom s'explique fort bien dans l'ouest et le midi de la France où les Sarrasins ont pénétré , combattu et
dominé à une époque bien connue de notre histoire. Mais comment comprendre cette qualification en deçà de la
Loire et de la Seine, et même jusqu'en Belgique, où les Sarrasins n'ont jamais pénétré. Ce nom pourtant y est
commun , comme nous allons le montrer.
Auprès d'Alaise-lès-Salins , dans le Doubs, M.Delacroix cite une Grolle Sarrasine, qu'il croit synonyme d'une
grotte païenne. (Delacroix, « Revue des Races Latines, •» 4* année, 47* livraison, avril 1860, p. 404.) — A Ghalonne-
sur-Loire, près Angers, est le lieu dit le Sarrasinerie. (Barbier de Montault, « Répertoire archéol. de l'Anjou, »
année 1860, p. 179.; — Entre Vadenay et Bouy, sur les bords de la Vesle, au voisinage de Ghappe (Champagne),
est un lieu dit le Tombeau des Sarrasins. (Peigné-Delacourt, o Recherches sur le lieu de la Bataille d'Attila en 451.»
p. 39.) — A Chelles, près Attichy et non loin de Noyon, est le lieu dit le Cimetière des Sarrasins. (Peigné-Delacourt,
a Bull, de la Soc. des Antiq. de Picardie , » année 1857, n» 4, p. 423. — « Mém. de la Soc. des Antiq. de France, »
t. xxiv, p. 110 du « Bulletin. ») — On y a constaté la présence d'un cimetière franc. — A la Motte, entre Soissons
et Compiègne, est un lieu dit le Camp des Sarrasins. (« Revue archéol., » nouvelle série , août 1860, p. 129.) — Le
théâtre romain d'Evreux est appelé le Châtel Sarrazin dans les titres du xvi* siècle. — Le cadastre de Jumiéges
présente un coin de terre nommé le Tombeau des Sarrasins , et à Mortain (Manche) , au bord de la forêt de la
Lande-Pourrie , on montre la Frotte aux Sarrasins.
A Grainville-la-Teinturière (Seine-Inférieure), qui fut probablement l'antique Gravinum^ une tradition populaire
prétend que la Cité fut brûlée par les Sarrasins. («Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » l"édit., 1. 1*% pj I52;2«édit.,
1. 1*', p. 166-67. — « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., >• t. xxv, p. 337.) — Une tradition populaire d'Etretat, que
nous avons bien des fois consignée dans nos ouvrages, parce que nous avons été bercé avec elle, veut que l'église
actuelle ait été construite par sainte Olive, à la suite d'un vœu qu*elle fit pour échapper aux Sarrasins débarqués
sur le rivage et qui voulaient s'emparer d'elle. Cette sainte et riche femme, à l'exemple des reines mérovingiennes,
lavait elle-même son linge sur la plage , à une fontaine et près d'un rocher qui s'appelle encore aujourd'hui la
— 340 —
M. Fallue et M. Tabbé Lecomte m'ont assuré avoir trouvé des objets antiques auprès de
la Butte mm Sarrasins.
BIBLIOGRAPHIE.
«LaNormand.soulerr.,» l'» édit.,p. 126;2'édit., p. 144.
«Essai hist. etdescript. de l'abbayo de Grâville,«p. 5.
« Les Eglises de Tarrond. du Havre, » 1. 1*', p. 84-91.
De Fréville , « Mém. sur le comm. marit. de Rouen , »
1 1", p. 179-82.
Dom Bouquet, « Recueil des hist. des Gaules, • 1. 1*',
p. 168, note 6.
D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 204-205.
• Neustria pia, » p. 861-862.
Pleuvry, «< Hist. antiq. et descripl. de la ville et du port
du Havre, » p. 279-288.
Noël, « Second Essai sur le dép. de la Seine-Inf.,»» p.73.
Pinel , « Essais arch., hist. et phys. sur les envir. du
Havre, » p. 20-46.
Léon Buquet , « Le Havre et son arrondiss. — Canton
d'Ingouville, » p. 31-37.
Frissard, « Hist. du port de Havre, » p. 5, 6, 19.
« Recueil des public, de la Soc. havraise, » 26« année,
p. 30, 35, 36, 37, 38.
« Bulletin de la Soc. des Antiq. de Norm.,t t. u, p. 156,
« Courrier du Havre, » du 2 mai 1861.
« Journal de Rouen, » du 3 mai 1861.
« Procès-verb. de la Comm. des Ant. de la Seine-Ini. »,
t. X", p. 186.
Fontaine d'Olive. — A Sermaise (Marne\ il y a une fontaine minérale vulgairement connue sous le nom de Fontaine
des Sarrasins. (L'abbé Greppo, « Etudes archéol. sur les Eaux thermales et minérales de France , » p. 273.) — A
8aint-Pierre-le-Chastel , près Pont-Gibaud .Puy-de-Dôme), un amas de pierre provenant d'un vicus gaulois porte
le nom de Camp des Sarrasins (« Revue archéologique, • nouvelle série, août 1864, 5* année, t. x, p. 159). —
Enfin, d'après M. Hauzeur, de Ciney, des traditions de Sarrasins sont également communes en Belgique. A Tré-
sogne , près Pessoux , et à Jonafife, près Condroz (province de Namur), on attribue aux Sarrasins ici un édifice
antique, là un camp ou un couvent. (Hauzeur, « Antiquités gallo-germ., gallo-rom. et franq. de la rive droite de la
Meuse, a p. 49 et 52.)
Ceci nous conduit tout naturellement à conclure qu'au moyen-âge , c'est-à-dire depuis le vni* siècle et presque
jusqu'à nos jours , pour les populations, le nom de Sarrasin fut synonyme d'idolâtre et de païen.
C'est ainsi qu'à Périgueux, où se voit encore la Porte Sarrazine , le mur romain qui ferme la cité s'appelait
Sarrazin au viu' siècle, Sarracenvs, (Galy, « Congrès archéol. de France. ~ Séances gén. tenues en 1858, » p. 201.)
— M. Reinaud, de l'Institut, qui a profondément étudié la question des Sarrasins , considère le nom de Sarrasin
comme analogue à celui de Païen. H le prouve clairement, ce me semble , en montrant qu'à Lyon, à "Vienne, à
Orange, etc., les restes d'édifices romains sont appelés par le peuple Ouvrage Sarrazin, (Reinaud, « Invasions des
Sarrasins en France, » p. xxvu.) — A Quarré-les-Tombes, on prétend que les milliers de tombeaux de pierre qui
88 trouvent autour de l'église , sont descendus du ciel pour recevoir les chrétiens qui , sous la conduite de Gérard
de Roussillon , périrent dans la bataille que les Français gagnèrent sur les Sarrasins (les Normands), en 925, à
Montculan, près Avallon (Yonne). (« Bullet. de la Soc. d'Étud. d'Avallon,» 2* année, p. 64-71.) — Le cirque romain
de Montbouy (Loiret) est désigné, dans un vieux plan, sous le nom de Redoute des Sarrazins. (« Bulletin de là
Soc. archéol. de l'Orléanais, » n* 32, p. 10, année 1859.) —Nous avons déjà dit que le théâtre romain d'Ëvreux
s'appelait Châlel Sarrazin. — Dans les Ardennes , les enfeCnts appellent les petits bronzes de Gallien, trouvés a
Villiers, la Monnaie des Sarrazins. (Ottman, a Mém. de la Soc. Dunkerquoise, ■ année 1856-57, p. 164.)
Enfin , l'expression de Sarrasin pour Païen était familière à nos anciens chroniqueurs français. La « Chronique
abrégée par l'Abbaye de Saint-Riquier, v par Jean de La Chapelle, mentionne ainsi deux rois venus en France sous
Louis à La Barbe ou Le Débonnaire, o Reges pagani infidèles cum magnà multitudine Sarracenorum. » (« Mém.
de la Soc. d'Emul. d'Abbeville , » années 1852-57 , p. 158.) ~ Un chapitre de la « Chronique » de Guillaume de
Nangis débute ainsi : u Ci commencent les Chroniques de tous les rois de France chrétiens et sarrazins. » (Reinaud,
«Invasions des Sarrasins en France, » p. xxvi. — Enfin, une vieille généalogie des rois de France , conservée &
Bruxelles, en 1655, et citée par J.-J. Chiflet, dit, en parlant de Mérovée : « Il régna dix ans, puis trespasn
Sarrazin. » («• Anastasis Childerici P, • p. 81.)
341
canton; de MONTIVILLIERS.
MONTIVILLIERS.
Époque gauloise. — En 1836, on a recueilli à Montivilliers une hachette de bronze, à
présent au Musée de Rouen. En 1854, on a trouvé au hameau de Colmoulins une mon-
naie gauloise en bronze, qui est entrée dans la Bibliothèque de Montivilliers.
Non loin du château de Colmoulins est un carrefour où se croisent les chemins de Monti-
villiers, de Goumay, d'Escures et de Colmoulins. M. Janvrain prétend qu'il exista dans ce
lieu une grosse pierre appelée la Pierre grise, laquelle était entourée de contes, de tradi-
tions, de mystères et d'apparitions de dame^ blanches. Cette pierre aurait disparu depuis
quelques années.
Nous ne savons s'il faut reporter à l'époque gauloise la découverte d'une pirogue de 15
à 20 pieds de quille , rencontrée en 1780 dans les fossés comblés encore connus sous le
nom de la Bergtie.
Nous ignorons également quelle période on peut assigner à l'introduction sur le territoire de
Montivilliers d'une monnaie de bronze que M. Lambert attribue aux premiers temps de Rome.
D'un côté est un buste de cheval, et de l'autre deux tètes imberbes dans le genre de Janus.
Époque romaine. — Généralement, on signale peu d'antiquités romaines sur le vaste
territoire de Montivilliers. Nous croyons cependant pouvoir rapporter à cette période un
lot d'antiquités qui, en 1835, fut acheté 35 fr. par M. Deville pour le Musée de Rouen : il
se composait de fibules ,- d'agrafes , d'une plaque et d'un morceau de lame d'épée en
bronze. On assurait que ces objets avaient été trouvés à Montivilliers.
Peut-être serait-il permis d'enregistrer pour l'époque romaine l'existence d'une chaussée
constatée pour le xv© siècle. Les historiens racontent qu'en 1415, lors du siège de Ilarfleur,
les Anglais détruisirent la chaussée qui s'étendait d'Harfleur à Montivilliers.
Epoque franque — La ville de Montivilliers doit son nom à son monastère. Monder ou
Moutier, comme disaient nos pères. Au moyen-ûge, en effet, on appelait ce lieu Moutier-
VillierSj Monstier-Villiers^ Moustier-Vieil. En latin, c'était M onasterium-V illare ou Monas-
terium Villarum. A l'époque franque et au moment de la fondation monastique , ce lieu
s'appelait simplement Villare (Villiers).
En 682, saint Philbcrt, disciple de saint Colomban de Luxeuil et fondateur de l'abbaye
de Jumiéges, établit à Villiers (Villare) un monastère de femmes à l'imitation de celui de
Pavilly.Waratton, maire du palais et successeur d'Ebroïn, donna au pieux cénobite le fonds
sur lequel il assit cette maison de prières qui dura environ deux siècles. « Eodem tempore,
dit la vie de saint Philbert écrite par un contemporain, princeps palatii Warratto nomine,
in Callivo territorio oppidum tradidit ad monasterium virginum construendum, vocabulo
Villare, ubi usque hodiè religionis norraa fulget. ■
En 831 , Anségise , abbé de Fonlenelle , dans un testament devenu célèbre, légua au
monastère de Montivilliers une livre d'argent.
Le monastère de Villiers fut détruit par les Normands du ix^ siècle , comme ceux de
Logiutn, de Fécamp , de Pavilly et de Sept-Meules. Quelques-uns attribuent cette destruc-
tion à Hastings , vers 850. Guillaume de Jumiéges range Villare monasterium panni les
* antiquiora monasteria , > qui furent détruits c à Normannis adbuc Paganis. »
On pense qu'une collégiale de chanoines réguliers fut essayée à Montivilliers, comme à
Fécamp, par les ducs normands du xe siècle. Richard I^r aurait été son fondateur en 990.
Ce qui paraît plus sûr, c'est qu'en 1030 Robert-le-Magnifique y assit une abbaye de reli-
gieuses qui devint puissante et joua un grand rôle dans nos contrées jusqu'en 1790, c'est-
à-dire pendant plus de sept siècles.
Le territoire de Montivilliers , comme tous les anciens fiefs mérovingiens , était d'une
grande étendue. 11 descendait la vallée jusqu'à Harfleur, et nous croyons qu'il y descend
encore. La mer baignait les terres de l'abbaye au xi^ siècle ; aussi le fondateur des religieuses,
le duc Robert, leur donna-t-il seize salines existantes sur le territoire de Montivilliers, mais
par le fait sous les murs de Harfleur. On en montre encore la place.
En 1864, au hameau de la Payennière, on a trouvé une cachette composée de deniers
d'ai^ent du ixe et du xe siècle. Plusieurs de ces pièces sont à la bibliothèque de Montivilliers.
BIBLIOGRAPHIE.
Mabîtlon, KActasanc. ord. S.
• Vit. S. Filib., abbat. gem. •
« Gallia Christiana, » t. ii , p. 12, Ï8I et 326-330.
- Neuslria pia, • p. 338-340.
DuplesEis, » Descripl. géogr. ethist. de la Haute-Nor-
mandie. » t, I", p. 11-12.
GuilmethinDesc.géog.ihist.iStat.etmoD.iit. i",p.69.
Horlent, • Le Havre et son arrondissement.— Canton
de Montivilliers, «p. 6.
• LesEglises de l'arrond. du Havre, • 1. 1", p. 1 13-139 .
• Méin.delaSoc.desAntiq.deNor., • t. xi,p. 13it.xn.
p. I30;t. xii,p.î55;t.xiiv,p.34ei L ixv, p.530, pi, XTO.
Janvrain , < Promenades dans quatre ch&t. hist. des
env. du Havre, ■ p. 28-32.
HARFLEUR.
Époque romaine. — Depuis un quart de siècle, on s'accorde généralement à placer à
Harfleur la station romaine de Garacotinum. Le nom de cette cité gallo-romaine ne se lit
que sur un seul monument de l'antiquité , Xîtinéraire d'Jntonitit monument attribué au
ive siècle de notre ère. Ce catalogue des grands chemins de l'empire romain fait de Caraco-
tinum le point de départ d'une voie militaire allant de l'Océan jusqu'au cœur de la Gaule par
Rouen et Paris (iter à Caracotino Augustobonam (Troyes en Champagne) m. p. cliii).
Caracotinam est enfin retrouvé, et, s'il est à présent déterminé pour toujours, c'est grâce
au développement qu'ont pris de nos jours les recherches locales , les fouilles archéolo-
giques et les découvertes modernes. Nos prédécesseurs dans les études géographiques de
la Gaule ont cherché à déterminer la place de cette ville et des autres , sans jamais venir
— 343 —
sur les lieux : ils sont partis du texte même de l'Itinéraire et du chiffre des mesures. Ainsi
Lillebpnne étant une fois pris pour Juliobona, et la distance de cette cité étant donnée
pour Caracotinum^ Gravinum, Lotum^ etc., nos devanciers en ont fait leur point de départ
pour arriver à caser ces divers établissements ; mais , l'appréciation de la distance variant
selon les lieux, les temps, les accidents du terrain et les caprices de la voirie, il n'est pas
surprenant qu'ils n'aient pu obtenir aucun résultat précis et définitif.
C'est ainsi que Cellarius et dom Bouquet plaçaient Caracotinum au Havre. Adrien Valois,
se laissant guider par la seule voie étymologique, le cherche jusqu'au Crotoi.
Dès 1740, Toussaint Duplessis le suppose déjà à Harfleur; mais l'abbé Kelley, en 1744,
se partage entre Grasville-Crétin et Harfleur. De nos jours, tandis que MM. Pinel, Louis
Dubois et J.-B. Eyriès le reculaient jusqu'à Grâville, toujours appuyés sur le château de
Crétin , M. E. Gaillard le rapprochait jusqu'à Orcher , dirigé par le seul instinct de la châ-
tellenie du moyen-âge.
Cependant, dès 1760, d'An ville , qui a presque deviné la Gaule, inclinait très fort pour
Harfleur, en quoi il a été suivi depuis par MM. Fortia d'Urban et le colonel Lapie. .
Mais Caracotinum nous paraît définitivement fixé à Harfleur depuis vingt-six ans, et
c'est aux fouilles que l'on devra ce résultat désormais peu contestable. Le puissant empire
des faits a renversé l'échafaudage des conjectures , et c'est à cette archéologie nouvelle que
l'on demandera souvent le dernier mot de l'histoire.
Les fouilles faites à Harfleur, en 1839, nous paraissent avoir déterminé pour toujours
l'emplacement de Caracotinum. C'est ainsi que nous l'assurions en 1841 et en 1844, et c'est
ainsi que nous le croyons encore aujourd'hui. Du reste , voici les ouvrages où M. Fallue
a pubHé lui-même le résultat de ses explorations : lés Archives du Havre et de la Norman-
die^ mai 1840; les Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie j t. xii, p. 117-
130 et 2 pi; la Revue archéologique, année 1856-57, t. xiv, p. 561-565, pi. 320.
Voici maintenant, en quelques mots , les antiquités trouvées à Harfleur par M. Fallue ,
dans les fouilles qu'il a faites, en 1839, aux frais de la Société des Antiquaires de Norman-
die. L'explorateur a rencontré sur plusieurs points les fondations des maisons et édifices
romains qui recouvraient les collines de Harfleur. Il y en avait notamment à la Côte de
Saint-Jubin, à la Côte des Buquets, au Mont-Caber, à Notre-Dame-des-Bois et au prieuré
de Saint-Dignefort. Des débris antiques se rencontrent aussi au fond du vallon. Il y en a
qui descendent jusqu'à 7 mètres du sol actuel; on en trouve même dans le Clos-des-Galères.
Dans les divers sondages qui ont été pratiqués, il a recueilli des poteries rouges , des restes
d'amphores, des vases antiques, dont quelques-un s étaient à relief ; deux portaient la marque
des potiers : vn-po... et o minvi. Le dernier objet recueilli est un petit bouc en bronze.
M. Viau, enfant d'Harfleur et ami de ses antiquités , a constaté également sur plusieurs
points la présence de restes romains. Plusieurs fois il a recueilli des monnaies impériales
notamment un bronze de Commode.
— 344 ~
Déjà , sur le Mont-Caber , on avait constaté à diverses reprises la présence de tombeaux
en pierre. Le siècle dernier en reconnut, et M. Pinel , du Havre, en vit aussi en 1820.
Une découverte qui a suivi les précédentes, mais qui peut-être les précède toutes archéo-
logiquement parlant, c'est celle qui a eu lieu en 4846, lors de la confection du chemin de
fer dans la traverse de Harfleur. Les ouvriers rencontrèrent alors un dépôt de bronze com-
posé de hachettes et d'autres objets , parmi lesquels on signale une petite statuette de Diane
haute de 8 centimètres. C'est à la Côte de Saint-Aubin que cette trouvaille a eu lieu. Elle
fut portée en partie à M. Simon, coutelier du Havre, qui acheta douze hachettes et en donna
une au Musée de celte ville. Ces dernières étaient longues de 15 à 17 centimètres, et elles
possédaient un anneau au côté, comme celles d'Orcher, d'Antifer et du Sussex.
A présent, nous sera-t-il permis, après les monuments positifs, d'enregistrer ceux de la
tradition, môme lorsqu'ils présentent un côté fabuleux.
Letellier, dans ses Recherches historiqiies sur Harfleur, publiées au siècle dernier, ra-
conte sérieusement qu'en 412 Arthur, roi de la Grande-Bretagne, descendit à Harfleur afin
d'aller combattre le général romain Lucius qu'il défît près de Paris. L'auteur ajoute que le
roi d'Angleterre revint alors à Harfleur, et y fit achever une enceinte flanquée de tours
au-delà du Port-des-Galères, murailles que les Romains avaient laissées imparfaites.
Nous croyons que cette tradition , quelque peu légendaire , avait déjà été relatée , dès
1677, par de La Motte, dans ses ^ntiquitez de la ville de Har/levr. Cet auteur, en effet,
donne à la muraille Uttorale une longueur de 1,900 pieds.
Époques franque et normande. — Une chose qui devra surprendre , c'est que jusqu'à
présent nous ne connaissions pas à Harfleur de monuments que l'on puisse attribuer incon-
testablement à l'époque franque; tout au plus nous sera-t-il permis de revendiquer pour
cette période des cercueils de pierre que l'on assure avoir été rencontrés au Mont-Caber.
Pourtant le nom de Harfleur , quoique inconnu à nos premiers historiens , ne m'en
paraît pas moins d'origine saxonne , franque ou Scandinave.
Nous allons établir l'hortographe de ce nom d'après les auteurs et les documents du
moyen-âge , et nous terminerons par une bibliographie de la localité.
Quant à l'orthographe du nom de Harfleur, Noël dit avec raison qu'il en connaît peu qui
aient autant varié ; lui-même en effet en donne dix-sept versions ( Second Essai sur le
département de la Seine-Inférieure, p. 45). Cela est d'autant plus surprenant, que ce nom
apparaît pour la première fois au xie siècle , époque où l'on écrivait beaucoup et dont il
nous reste un bon nombre de monuments.
La charte du duc Robert, de Normandie, en 1035, qui semble le premier document où
Harfleur soit nommé, dit: Portus et ecclesia de Herosfluet {Gallia Christiana, t. xi, p. 326-
3!27, appendix). Richard II et le comte d'Eu, au xie siècle, disent: le premier, Herosfloth;
le second, Houfleat, d'après M.Fallue {Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., t. xii, p. 129-30).
M. Delisle, dans son Cartul. norm.j cite Hareflotum {Mém. de la Soc. des Antiq. deNorm.,
— 345 —
'' t. XVI, nos 363^ 728, 971). Dans une bulle du pape Célestin, en 1192, on voit Harofluet, selon
Y Antimoine de MontivillierSj manuscrit de 1710. La carte dressée par M. Stapleton d'après
les registres de l'échiquier, et qui nous donne la Normandie telle qu'elle était au xii^ siècle,
porte Harefluctus ( Mém. de la Soc. des A ntiq. de Norm., t. xvi, année 1 850, d'après l'édition
de Londres, faite par l'auteur lui-même en 1844). Le pape Innocent III écrivait Hareflot en
1202, et une charte du Valasse nous donne Harefloet en 1222 (Mém. de la Soc. des Antiq.
deNorm., t. xiv, p. 157). Enfin le Roman d'Eustache Lenioine^ pirate fameux du xiii® siècle,
édité par M. Francisque Michel, répète plusieurs fois Hareflùe (p. 71-77). Un arrêt du
Parlement de Paris prononce Harefleu en 1299. (M. Beugnot, les 0/m, t. m, part. I,p. ii,
no xxm. — De Fréville, Mémoires sur le Commerce maritime de Rouen^ t. 1er, p. gl.)
Nous n'irons pas plus loin en matière de citations : nous ajouterons seulement que d'après
la plupart des auteurs, notamment Noël de la Morinière et M. Florentin Lefils, d'Abbeville,
le nom de Harfleur, ainsi que tous ceux qui se terminent de même, vient d'un mot
tudesque ou teuton qui se rapporte aux flots de la mer. Toutes ces localités en effet sont
sur l'océan ou sur des rivières à marée (1).
Il nous reste à citer quelques-uns des ouvrages qui ont traité ou seulement parlé de
Harfleur; à ceux que nous avons déjà nommés, nous ajouterons:
Had. Valesii, « NolitiaGalliarum, • verbis Juliobona
et Caracotitium,
Gellarius, « Geogr. an tiqua, » lib. ii, c. 3, 1687.
Dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules, » 1. 1",
p. 108, note 6.
D'Anville , « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 204-205.
L'abbé Belley, « Mém. de TAcad. des Inscript, et
Belles-Lettres, ^ t. xix, p. 635-648 , 650-53, édit. in-4'',
et t. ui, p. 304-309, édit. in-l2.
Duplessis , « Descript. hist. et géogr. dé la Haute-
Nonn , » t. I", p. 4-5, 11 et 12.
De La Motte, « Anliquitezde la ville de Harflevr, »
in-8' de 216 pages, Havre-de-Grâce , Gruchet, 1677;
2* édition réimprimée en Tan vu .
Letellier, « Recherches hist. sur Harfleur, w in-4' de
12 pages, 1786; réimprimé en 1841, à Ingouville, chez
Lepetit, in-12, 24 pages.
Noël de la Morinière , « Second Essai sur le départ,
de la Seine-Inférieure , » p. 45-54.
E. Gaillard, « Gazette de Normandie, v du 16 mars 1834.
Pinel, « Essais archéol., hist. et phys. sur les envir.
duHavre, î»p. 29-52.
Guilmeth, « Description géographique, historique, sta-
tistique et monumentale des arrond.,v 1. 1*', p. 100-129.
R. Viau, « Le Havre et son arrondissem. — Canton
de Montivilliers : Harfleur,» p. 19-50.
Léon Buquet, « Le Havre et son arrondiss. — Canton
dlngouville : Grâville, ■ p. 31-33, 36.
Fortia d'Urban, a Rec. des Itinéraires anciens, •
p. 115, et f rOrbis romanus, » carte du colonel Lapie,
qui accompagne le « Recueil . »
De Fréville, «< Mém. sur le comm. marit. de Rouen, »
in-8% Rouen, 1857.
« Public, de la Soc. havr. d*étud. div., » 8* année, p. 84.
L'abbé Cochet, a Les Églises de Tarrond. du Havre, >»
t. i*%p. 139-167.
Morlent, « Revue du Havre, i année 1846.
«Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xu,
p. 117-130; t. XIV, p. 152, 157-168; n- xvi, p. 363, 728,
921; t. XXIV, p. 319, 323.
(1) On nous pardonnera , pour la rareté du fait , de citer les rapprochements faits par M. Lefils , dans ses
« Recherches sur la Configuration des Côtes de la Morinie, » p. 99 et 121. « Fleur, flier, flou, flew, fleat, flect, fleot,
dit^il, en celtique et en tudesque, signifient flot et désignent un havre où monte le flux de la marée. Nous avons en
France Harfleur, Honfleur, Fiquefleur, Barfleur et Wittefleur; en Angleterre, Wainfleet, Staltfleet, Walfleet,
Hemigfleet, Gumfleet, Beamfleat; dans le Zuyderzée, Bugefleet et Noulafleat; dans les bouches de TEscaut,
Bteryliet, Geervliet, Blynefliet, Sandvliet; dans la mer de Harlem, Samtfloot, MoUenfloot, Keyserfloot, Huysfloot»
L'auteur ajoute encore : • Amileat, dans la Séloque, rivière près Boulogne, où se noya, en 601, un moine envoyé en
Angleterre par saint Grégoire-le-Grand; Oldfleet, en Irlande, au nord de Carrick-Fergus, et Elsfleet sur le Weser. »
44
— 346 —
GONFREVILLE-L'ORCHER ou ORCHER.
La paroisse portait autrefois le nom de Gonfreville, et le château celui d'Orcher ou
Auvricher. Aujourd'hui, l'agglomération communale porte le nom officiel de Gonfreville-
rOrcher. Le propriétaire de la terre et du château d'Orcher ou Auvricher était autrefois
maréchal héréditaire de Normandie. Le territoire de cette châtellenie s'étendait jusque sous
les murs de Harfleur. On trouve à Orcher plusieurs genres d'antiquités.
Époque gauloise. — Rappelons d'abord qu'à diverses reprises on y a rencontré des
hachettes de bronze, et nous croyons que ce fut toujours dans le voisinage d'un tertre
appelé le Camp^Dolent. La première découverte a eu lieu en 1845. On en trouva au moins
six ; quelques-unes sont entrées au Musée-Ribliothèque du Havre.
En 1859, la découverte fut plus nombreuse: on en trouva trente-neuf empilées Tune
sur l'autre. La première était presque à fleur du sol. Elles ont été achetées par divers
particuliers.
Enfin, M. Deville nous a parlé d'une découverte de hachettes de bronze, dont le dépôt
ne s'élevait pas à moins de dix kilogrammes.
Époque romaine. — La voie romaine de Juliobona à Caracotinum passait à Orcher.
Dans son voisinage se voyait la Butte du Câtelier ou du Camp-Dolent (1), appelée dès le
xiiie siècle Kadolent (Grangiam monachorum de Kadolent).
M. Fallue cite à Orcher un lieu dit le Câtelier, où il assure que, vers 1830, on a trouvé
un vase en terre grise contenant trente monnaies antiques en bronze et en argent; dans le
nombre était un Néron qui est passé entre les mains de M. Leberquier, de Rogerville.
Nous ne savons si c'est la même découverte que M. Deville a connue et où il se trouvait
trente monnaies romaines grand et moyen bronze. On y reconnaissait les images d'Anto-
nin , de Marc-Aurèle , de Commode , de Domitien et de Gordien jeune.
La chapelle de Saint-Dignefort , qui dépend de Gonfreville, est assise sur une ancienne
vUla romaine , d'après le témoignage de M. Fallue.
« Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie, »
1. xii, p. 123-24; t. XIV, p. 156-50, et t. xxiv,p. 321-23.
E. Gaillard, « Gazette de Normandie, «» du 16 mars 1834.
« Procès-verbaux de la Comm. des Antiq.», 1. 1", p. 187-88.
GAINNEVILLE.
Époque romaine. — Sur Gainneville passait la voie romaine qui de Juliobona ( Lille-
bonne ) allait à Caracotinum (Harfleur). Dans ce village , on a rencontré des médailles
romaines.
(1) Sur le nom de Camp-Dolent, et les souvenirs qu'il rappelle, voir la note que nous avons insérée pages 45-46.
A la liste que nous avons déjà dressée, nous pouvons ajouter le Camp-Dolent, au Vieux-Corbeil , près Paris.
(L'abbé Lebeuf, «Recueil de divers Écrits,» t. ii, p. 164.)
— 347 —
SAINT-MARTIN-DU-MANOIR.
Epoque gauloise. — En 1855 on trouva, à Saint-Martin-du-Manoir, six monnaies
gauloises en bronze. Deux d^entre elles sont à la Bibliothèque publique de Montivilliers.
ÉPOUVILLE.
Époque incertaine. — M. Leroy signale sur sa carte une motte à Epouville.
Époque romaine. — Ce que nous savons , c'est qu'au hameau de la Payennière il a été
trouvé une meule à broyer en poudingue, ayant un trou au milieu et un trou au côté pour
la manivelle. Elle est déposée à la Bibliothèque de Montivilliers.
Époque franque. — Le même hameau a donné à la même BibUothèque des deniers
d'argent des ixe et xe siècles.
ROLLEVILLE.
Epoque gauloise. — En 1856, on recueillit ici une petite monnaie gauloise en or à
présent déposée à la Bibliothèque de Montivilliers.
n est peut-être permis de classer, parmi les sources vénérées des anciens , la fontaine
dite de Sainte-Clotilde qui amène àRoUeville beaucoup de pèlerins, surtout au mois de juin.
On y baigne les enfants ; on y boit de l'eau , et quelques-uns en emportent avec respect.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon.,» 1. 1", p. 90. | « Les Eglises de l'arrond. du Havre,» 1. 1«', p. 187-88.
NOTRE-DAME-DU-BEC.
Epoque incertaine. — Dans la vallée du Bec est une motte voisine de l'église de
Notre-Dame.
CAUVILLE.
Epoque romaine. — En 1844, le sieur Bachelet, en labourant son champ, trouva avec
sa charrue un dolium en terre cuite haut de 61 centimètres et large de 52. Ce doliumy
fermé avec un petit plat en terre rouge, contenait une urne carrée en verre. Aux côtés de
l'urne et dans le dolium étaient deux autres petits vases : l'un en terre grise , l'autre en
terre noire. Quatre de ces objets sont au Musée de Rouen. M. Deville, qui les a achetés
pour le Musée, croit que les os sont ceux d'une femme.
« Catalogue du Musée départ, d'antiquit., » (1845), p. 73. 1 L'abbé Cochet, « De la coutume dlnhumer les hommes
Deville, « Revue de Rouen,» année 1845, X"' sem., p. 59. ' dans des tonneaux en terre cuite,» dans la «Revue archéo-
« La Norm. sont., » 1" édit. , p. 125; 2* édit., p. 143-44. | logique , » t xiv, année 1857-58, p. 610.
BUGLISE (section de cauville).
Epoque incertaine. — En 1833 , j'ai vu à Buglise, dans la ferme de M. Fidelin', une
meule à broyer en poudingue, trouvée dans les terres labourées de cette exploitation.
— 348 —
MANNEVILLETTE.
Epoque gauloise. — En 4857, on y trouva un statère gaulois en or qui se voil à pré-
sent à la Bibliothèque de Montivilliers.
FONTAINE-LA-MALLET.
Epoque romaine. — M. Deville m'a raconté qu'à Fontaine-la-MalIet , en 1820, un
torrent mit à découvert un grand nombre de sépultures à incinération , dont la plupart
des vases étaient brisés.
LE FONTENAY.
Epoque romaine. — Vers 1855, la construction d'une maison d'école a fait découvrir
au Fontenay des incinérations antiques. La plupart des objets furent brisés par les ouvriers.
Une fouille pratiquée par les soins de M. le maiire de Montivilliers a produit, pom^ la Biblio-
thèque de cette ville, les objets suivants que nous y avons vus en 1859 : des tuiles à rebords,
des tuiles carrées, creuses et rayées pour étuves, une assiette en terre noire , une urne en
terre grise , en forme de pot-au-feu , contenant cinq vases en verre , une coupe en terre
rouge et des fragments samiens; un vase rouge vernissé de noir ; neuf monnaies romaines
en bronze: un Auguste, six Nérons, un Antonin, un Dioclétien; et une monnaie
consulaire en argent : d'un côté est une tète et Q. cvrt , et de l'autre un quadrige avec le
mot NASIA,
Dès 1854, on m'avait signalé au Fontenay des sépultures romaines dans une cavée.
J'ignore si cette découverte est la même que la précédente.
t^« La Normandie souterraine,» 2* édit., p. 145.
CANTON DE CRIQUETOT-LJESNEVAL
CRIQUETOT-L'ESNEVAL.
Epoque romaine. — - Près Téglise de ce bourg est une motte assez élevée et légèrement
entamée par les constructions. Jusqu'ici on n'y a trouvé que des écailles d'huîtres et des
toiles à rebords.
— 349 -
Epoque incertaine. — On dit qu'autrefois il y avait à Criquetot deux autres mottes :
l'une à La Malebrèque^ détruite vers 1818, et l'autre au hameau de L Écluse^ d'où le
prince de L Écluse se battait avec celui de La Corne.
Dans un petit bois connu sous le nom à'Azélonde est une ceinture de fossés qui porte le
nom de Camp d'Azélonde. On assure qu'en 1563 cette enceinte fut occupée une dernière
fois par Charles IX, lorsqu'il vint assiéger le Havre livré aux Anglais.
« Le Havre et son arrondiss. — Canton de Criquetot, »
p. 1 à 4.
«Les Églises de l'arrond. du Havre, ■ 1. 1*', p. 213-14.
« Histoire communale de Criquetot-l'Esneval , » p. 8
et 13, in-8% Ingouville, 1840.
GuiImeth,«Desc.géog*,hist.,stat.etmon.,»»t.i",p. 130.
CUVERVILLE-SUR-ÉTRETAT.
Époque romaine. — Sur le territoire de Cuverville sont une ferme et un hameau appelés
les Câtelets, nom qui indique ordinairement une origine antique. On nous a parlé , dans
cette ferme, d'un caveau construit en tuiles. Nous savons qu'à diverses reprises, de 1820 à
1840, il a été trouvé à Cuverville des monnaies de bronze du Haut-Empire.
FONGUEUSEMARE.
Époque romaine. — En mars 1849, j'ai visité les bois nouvellement défrichés par
M. Piednoël, ancien notaire et ancien maire de Saint-Valery-en-Caux, et j'ai reconnu, dans
les terres fraîchement essartées, les fondations de plusieurs maisons romaines que les bois
avaient recouvertes. Les murs, les tuiles , les poteries, les meules à broyer , démontraient
invinciblement d'anciennes exploitations.
« La Normandie sont., » 1" édit., p. 83; 2- édit., p. 95. « Revue de Rouen , • année 1851, p. 393-94.
« Bulletin monumental , » t. xviii , p. 15-16. « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xix, p. 31 1 .
VILLAINVILLE.
Époque franque. — Dans la partie du fond du Vauckel qui relève de Villainville , est
une ferme appartenant à M. Delaunay, du Havre, et occupée en 1852 par le nommé
Beuzebosc. A cette époque , cet homme , cherchant du caillou dans sa cour, trouva des
sépultures avec des épées, des poignards et des monnaies. C'était sans doute un cimetière
firanc.
ANGLESQUEVILLE-L'ESNEVAL.
Epoque romaine. — Dans une ferme d'Anglesqueville-l'Esneval, occupée aujourd'hui par
M. Aubry fils, là môme où est décédé, le 21 mai 1860, l'amiral Aubry-Bailleul , ancien
gouverneur de la Martinique, on a reconnu, en 1833 , des incinérations gallo-romaines.
Les vases qui nous furent alors montrés et donnés pour le Musée de Rouen , où ils sont
850
aujourd'hui , se composaient de deux urnes en terre grise en forme de pot-aurfeu. Ces
allas rustiques étaient accompagnées d'assiettes de terre cendrée, de soucoupes rouges et
d'un trépied en terre grise ; ce dernier vase était entier, tandis que les autres avaient été frac-
turés par la b^che. On m'assura que ce trépied fermait l'entrée d'une des urnes qui aurait
été trouvée sens dessus dessous.
« La Normandie souterraine, • !'• édit., p. 126; V édit., p. 144-145.
ÉCUQUETOT (section de turretot).
Époque romaine. — J'ai vu à Écuquetot le champ labouré du nommé Durécu tout
rempli de pierres, de tuiles et de poteries antiques. Vers 1834, on y avait mis à jour un
édifice romain, que l'on prit alors pour un temple et qui pourrait être une villa. J'ai connu
de grands bronzes d'Adrien et de Trajan provenant de cette fouille.
M. Guilmeth dit que, vers 1825, on a trouvé, dans le fond du Bois-durBec , plusieurs
urnes contenant des os brûlés et concassés.
En 1859, M. l'abbé Comont a recueilli, dans un champ, un fond de vase en verre
présentant en relief ces trois lettres : fro. Ce doit être le fond d'un barillet Frontinien.
A propos du nom d'Écuquetot, le même M. Guilmeth fait observer que, dans l'Itinéraire
d'Antonin , on trouve le mot Ecucotitium appliqué à une localité antique.
L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrond. du Havre, »
t. v% p. 237. — (Dernière édition.)
Guilmeth, « Descript. géogr., hist., stat. et mon., ■
t. I", p. 177.
SAINT-MARTIN-DU-BEC (section de turretot).
Période normande. — Ce village est situé à la source de la Lézarde, l'ancien Bec-.
Vauquelin et Bec-de-Mortemer. Ce ruisseau est en effet appelé, dans les plus anciens titres,
Beccum Vauquelini et Beccum Mauritanie^.
« Les Églises de rarrondissement du Havre , » t. i", p. 189-190 et 237.
SAINT-JOUIN-SUR-MER.
Epoque romaine. — Vers 1850 on a trouvé, au hameau de Beaumesnil, des urnes «ft
terre grise remplies d'os brûlés et des vases rouges pour les libations. J'ai vu ces vases en
1852, chez M. Dupont, médecin à Sahit-Jouin. J'ai fouillé sur le lieu de la découverte,
mais je n'ai rien trouvé.
A ce même Beaumesnil ont été rencontrés , par des ouvriers terrassiers dont le chef
d'atelier s'appdiait Gosselin , de Beaurepaire , cinq vases en argent enfermés dans une
chaudière d'airain. Ces vases, qui ont été vus par M. Couillard, orfèvre à Fécamp, pesaient
— S51 —
huit marcs, et l'un d'eux présentait au fond un Mercure ailé , sculpté en relief et doré ,
a-vec ôette inscription autour : t deo mercvrio. » C'était le diniinutif de la découverte du
Villeret, à Berthouville , près Bernay (Eure). La découverte de Berthouville eut lieu
en 4830; celle de Saint-Jouin, en 1831, 1832 ou 1833. Les vases de Saint-Jouin, payés
800 fr. par M. Mézaize , orfèvre de Bolbec, ont été détruits par lui.
Les Pfocès-verbaux de la Commission des Antiquités^ p. ^ 202 et 205 , donnent les
renseignements suivants sur ceS vases d'argent. Il y en avait cinq pesant neuf livres.
Trois étaient ronds et unis en forme de plat. Un quatrième , creux et oblong comme
une cuvette, avait 24 centimètres d'ouverture et 24 centimètres de profondeur; au fond
de ce vase était un Mercure ailé, et autour, le nom : « deo mercvrio. »
Vers 1830 on a trouvé, aux Quatre-Fermes y autre hameau de Saint-Jouin, deux meules
à b'-oyer en poudingue, placées l'une sur l'autre.
En 1842, M. J. Certain recueillit à Saint-Jouin une assiette romaine en terre noire ,
qu'il a offerte au Musée du Havre.
Epoque incertaine. — Une tradition, qui peut-être n'a pas une haute antiquité, prétend
que le patron titulaire de cette paroisse est un saint dont le corps , trouvé en mer par les
pêcheurs du lieu^ se serait conservé miraculeusement en terre, et que l'on appela Juin
parce qu'il aurait été découvert pendant le mois de ce nom. Sa fête fut placée le premier
dimanche de juin où elle se célèbre encore aujourd'hui.
On dit qu'il y a sous Saint-Jouin de longues et profondes carrières : la descente qui y
conduit s'appelle encore la Valleuse-des-Carrières.
Au hameau de la Maladrerie on rencontre beaucoup de débris. A Beaumesnil on trouve
également beaucoup de fondations.
Sur la motte appelée le Château-de-Grémont est un puits creusé dans le flanc de la
colline.
L*abbé Cochet, a La Normandie soulerraine, » l" éd.,
p. 126; 2- édit., p. 144.
Yi'abbé Cochet, « Etretat et ses environs, w p. 37-42.
Id., « Le Havre et son arr.— C" deCriquetot, » p. 37-42.
BRUNEVAL (section de saint-jouin ).
Époque incertaine. — Bruneval ou Berneval est situé dans une gorge maritime, à peu
de distance du cap d'Antifer. Cette ancienne paroisse , qui , en 1114, fut donnée à l'abbaye
de Saint-Georges-de-Boscherville par les chambellans de Tancarville , n'est plus qu'un
hameau de Saint-Jouin. On y trouve beaucoup de débris de tout genre et les traditions les
plus ambitieuses et les plus exagérées.
Les habitants prétendent que, sous une épine blanche cachée au fond du Py-Vallet ,
sont enfouis des canons chargés d'or et d'argent. Cette tradition se retrouve un peu par-
tout, appliquée à des cloches ou à des trous à la monnaie.
- 352 —
Le vallon de Bruneval est barré vers la mer par de vieux murs qu'on appelle les forts
el dont on ne saurait dire l'origine.
Dans l'église , les habitants prétendent que l'on a inhumé un corps merveilleux trouvé
en mer et auquel ils donnent le nom de Saint-Paul.
Entre l'ancienne église et la mer sont de profonds ravins appelés les crans, où Ton trouve
beaucoup de débris : ce sont des puits, des maisons, des pavages, des charbons, des tuiles,
des poteries, etc. La date de ces objets n'est pas facile à donner.
Epoque romaine. — En 1850, nous avons vu des meules à broyer, des tuiles à rebords
et de belles poteries samiennes à relief, recueillies à Bruneval après l'inondation du 24
septembre 1842. En 1834, j'ai vu à Bruneval un magnifique aureus de Claude trouvé dans
une chaumière, et qui fut acheté par le Musée de Rouen.
«Le Havreetson arrond. —Canton de Griquetot,» p. 43.
A. Bosquet, «La Norm. rom. et merv.», p. 499-99.
a Les Eglises de l'arrond. du Havre, •» 1. 1*% p. 232-3S.
« Journal de Tarrond. du Havre,» des 19 et 23 cet 1842.
LA POTERIE.
Epoque gauloise. — M. Deville a connu une hache de pierre provenant de La
Poterie.
Epoque romaine. — Ce village , appelé Pote^ia au xiiie siècle par le pouillé d'Eudes
Rigaud , paraît avoir une origine tout industrielle. Ce que nous savons, c'est qu'au bord
de la route départementale no 17, qui va du Havre à Fécamp par Etretat , est le hameau
de La Porie , où l'on a trouvé à diverses reprises , notamment vers 1 835 en faisant la
route nouvelle, des débris et même des amas de poteries rouges et fines comme celle
des Romains.
Epoque incertaine. — Sur la Carte du diocèse de Rouen de Frémont et Dezauche
(1715 et 1785), on voit figurer, sur le territoire de La Poterie, un point appelé le Champ
excommunié. Nous ignorons la raison et l'origine de cette appellation.
SAINTE-MARIE-AU-BOSC.
Période normande. — Ce lieu doit être fort ancien ; je n'en veux pour preuve que sa
possession immémoriale par l'abbaye de Montivilliers et les débris qui entourent l'église.
Une curieuse tradition raconte que Guillaume-le-Conquérant donna Sainte-Marie au mo-
nastère de Montivilliers pour une coupe d'or.
Cette tradition est difficile à concilier avec la charte de fondation délivrée pai' le duc
Robert en 1035, et où Sainte-Marie est appelée : « Sancta Maria in Fiscannensi sylvâ,
quse cognomento vocatur justa. »
— 353 —
On dit que cette église est construite sur carrière. Des affaissements se remarquent en
effet dans le cimetière : quand on y fouille, on y trouve des piliers et des murs.
Si l'on rapproche ces monuments, ces traditions et ces textes, consignés dès 1845 dans
nos Eglises de l'arrondissement du Havre (t ler, p. 240-41 ), avec le passage que je vais
citer, on sera frappé assurément. Voici de quoi il s'agit :
Le 25 décembre 1 856, M. Léopold Delisle m'a envoyé le texte suivant dont l'application,
selon lui, me revenait de droit, t Ce passage, ajoutait-il , se trouve dans un traité sur la
Sainte- Vierge composé par un anonyme vers le milieu du xiie siècle , conservé dans plu-
sieurs manuscrits de la Bibliothèque impériale (notamment dans les nos 248 du fonds de
Saint-Victor et 831 de la Sorbonne). Le chapitre qui peut vous intéresser est relatif à la
guérison miraculeuse d'une dame des environs de Fécamp, à savoir de Muriel, femme d'un
chevalier nommé Roger, fils de Guimond. Je copie la phrase, continue toujours M. Delisle :
t .... Perducta est ad quamdam ecclesiam in honorem ipsius Sanctœ Dei Genitricis con-
ditam quae in medio grandis sylvae olim constructa , ut fertur , à Graecis , dissimilis est
valdè aliis ecclesiis, satis congrua ad habitandum heremitis. »
a Gallia Christiania, » t. xi, « Instrumenta, » p. 327.
Duplessis. « Descript. géogr. et hist. de la Haute-Nor-
mandie, » t. !•', p. 576.
« Les Eglises de l'arrond. du Havre, • 1. 1", p. 240-41.
« La Normandie souterr.,» !'• édit. , p. 75; 2* édit.,
p. 87.
« Antimoine deMontiviiliers, » Mss. de 1710.— Bulles
de Gélestin III, en 1192, et d'Innocent III, en 1203.
BEAUREPAIRE.
Époque incertaine. — Ce lieu, appelé au xiiie siècle Bel-Repaire ^ possède dans un
bois voisin de l'église une ruine appelée le Vieux-Château. Là se trouvent des terrasse-
ments , un puits et un chemin pavé.
L'abbô Cochet, « Les Eglises de l'arrondissement du Havre, v t. i", p. 255.
PIERREFIQUES.
Le nom de Petra fixa (1), donné à cette localité par le pouillé d'Eudes Rigaud et les
autres documents du moyen-âge , indique peut-être une borne miUiaire , mais plus proba-
(l) A Villeneuve-Le-Roi ( Seine-et-Oise ) s'élève , près du bourg, un menhir que les habitants appellent Pierre
file. ( « Revue des Soc. savantes, » 2* série, t. rv, p. 282.) — Dans un diplôme délivré par Dagobert II à saint Bé-
nigne, abbé de Fontenelle, on lit parmi les donations faites sur Vatteville ou Bretonne : « Petram flctam. » (Pierre-
fique.) (Fallue, « Mém. de la Soc. des Anliq. de Norm.,« t. ix, p. 438-40.) - A Bourbiers ( Oise ) est une pierre
fichée en grès, que l'on nomme Pierre frite. On cite la môme chose à Saint-Cyr-sur-Chars, dans le môme dépar-
tement. (Woillez, « Répertoire archéol. de l'Oise, » p. 32 et 40.) — Aux environs de Connerré (Sarthe) est unB
vieille roche appelée Pierre fiche. (De Jouffroy et E. Breton, « Introducl. à VHisloire de France, » pi. 4.— De Péti-
gny, « Hist archéol. du Vendômois, » p. 48.)
45
S54
blement une pierre druidique. Ce pays , en effet , tout boisé et accidenté , dut rester long-
temps idolâtre et païen.
Nous pensons qu'il dut exister ici une ou plusieurs pierres druidiques , notamment
sur la colline appelée la Torniole. C'est de là que nous avons vu enlever, en 1820,
une pierre demi-ensevelie qui sert de première marche au calvaire d'Etretat, planté cette
année-là.
Au hameau du Vauchel sont des buttes étranges qui semblent avoisiner d'anciennes car-
rières rebouchées. On dit dans ce pays que de grands seigneurs sont enterrés là avec de
Targent.
Epoque franque. — Le 30 septembre i850 on a trouvé, en défrichant un champ à la
pointe de la Torniole^ un cercueil en pierre du pays. L'auge, composée de deux morceaux,
avait à l'intérieur 1 mètre 60 de long , 40 centimètres de profondeur , 45 centimètres de
large aux pieds et 55 à la tête. Elle était orientée est et ouest. Le couvercle était fait
de plusieurs morceaux. Dedans se trouvait un squelette dérangé et déjà visité. On n'a
recueilli qu'une bague en bronze. Cette sépulture isolée nous paraît franque et des tempe
carlovingiens.
«Elretatet ses environs, » p. xi, in-S", 1839.
a Les Eglises de l'arrondiss. du Havre, o 1. 1", p. 244.
« Revue de Rouen, » année 1850, p. 303-304.
LE TILLEUL.
Sur plusieurs points de la commune du Tilleul on a trouvé , à diverses reprises , des
antiquités de différentes espèces. Nous citerons notamment des hachettes gauloises, des
urnes romaines et un cercueil franc.
Époque gauloise. — En mai 1842, le sieur Marais labourait un champ dans le vallon
d'Antifer, quand sa charrue heurta contre une chaudière contenant dix-huit hachettes de
bronze que Ton attribue ordinairement aux Gaulois. Je
possède une de ces hachettes ; une seconde a été re-
mise à M. Dupont-Delporte , alors préfet; je crois que
les autres sont aux Musées de Rouen et du Havre. Cha-
cune d'elles pèse 500 grammes et compte 16 centi-
mètres de longueur. Plusieurs n'ont été qu'ébarbées.
Généralement , elles avaient un anneau au côté. hachette de bronze (antifer, i842).
Époque romaine — Les antiquités romaines trouvées au Tilleul se sont révélées dans le
Grand-Val d'Etretat. La première découverte eut lieu vers 1781, dans le champ voisin d'un
bois nommé la Haie-aur-Curé. Un fermier y trouva un jour un grand dolium contenant
une urne en verre bleu, remplie d'os brûlés, et plusieurs vases funéraires en terre et en
verre. Ils furent brisés, parce qu'on les crut l'œuvre de la sorcellerie.
— 355 —
La seconde découverte eut lieu en 4855, et elle fut faite par M. Vallois, de Rouen,
propriétaire du château du Tilleul. En pratiquant un chemin à traverô
le bois de la Garenne, il trouva, près de la ferme du
Vauchel , des incinérations ro-
maines composées d'urnes, de
lacrymatoires en verre et autres
vases aux offrandes. Au mois
d'août de la même année , je fis
une fouille en cet endroit, et j'y
découvris cinq urnes en terre
grise remplies d'ossements hu-
mains brûlés et concassés. — J'ai eu l'occasion de consigner ces diverses découvertes
dans les ouvrages indiqués à la bibliographie.
Epoque franque. — Vers 1830, le sieur Banville, cultivateur du Tilleul, a trouvé, près
de la ferme de la Sauvagère , un cercueil en pierre renfermant le squelette d'un guerrier
encore armé. Il nous a assuré avoir refermé le sarcophage sans toucher à son contenu.
YA.SB8 E.f TEItRE (LB TILLBUL» 1855).
H
M
H
m
ta
H
>
>
BIBLIOGRAPHIE.
« Revue du Havre, » 12 juin 1842.
a Courrier de Dieppe,» du 31 mai 1842.
« La Seine-Infér. au temps des Gaulois, v p. 11 et 12.
« Histoire communale du Tilleul, » p. 15 et 17, in-S",
Ingouville , 1840.
« La Norm. sont.,» 1'* édit.,p. 124; 2« édit., p. 142.
« Sépult. gaul., rom., franq. et norm., » p, 41-45
et 48.
« Vigie de Dieppe, » du 24 juillet 1855.
« La Normandie (de Rouen), » du 26 juillet 1855.
a Journal de Rouen, » du 26 juillet 1855.
« Nouvelliste de Rouen , » du 26 juillet 1855.
BORDEAUX-SAINT-CLAIR.
Bordeaux-en-Caux , aujourd'hui Bordeaux-Saint-Clair depuis l'annexion de l'ancienne
paroisse de Saint-Clair, en 1823, est appelé Bordelli au xiii« siècle par le pouillé d'Eudes
Rigaud. Cette conunune, entièrement rurale, possède pourtant encore bon nombre d'anti-
quités romaines.
Époque romaine. — Nous citerons d'abord la voie romaine de Lillebonne à Étretat, qui
le traverse dans toute sa longueur. C'est sans doute par suite de ce passage que , en 1840, il
a été trouvé , dans la Grande-Rue de Bordeaux (aujourd'hui route départementale no 17, du
Havre à Fécamp), une sépulture romaine composée d'une grande urne grise contenant dans
son sein une autre urne en verre remplie d'os brûlés , d'une cruche et d'autres petits vases
en terre ou en verre.
Deux autres monuments romains se sont révélés depuis 1840 sur le territoire communal
356 —
de Bordeaux. Le premier est dans le bois, vers le Grand-Val (1), au lieu dit te Château--
Gaillard. Le second, au contraire, est dans la plaine labourée qui se déverse dans le Petit-
Val d'Étretat.
L'edifîce romain du
Château-Gaillard peut
appartenir aussi bien
aux Loges qu'à Bor-
deaux, car on m'a as-
suré qu'il était sur la
lisière des deux com-
munes. Ce fut en 1840
que j'en aperçus les
premières traces que
les eaux des ravines
avaient mises à décou-
vert. J'y fouillai quel-
.//"«>
MAISON ROMAINE fCHATEAU-GAILLABD, 1842).
qûes heures et m'as-
surai qu'il y avait là un
curieux édifice romain
que j'explorai complè-
tement en 1842. —
La nouvelle fouille de
1850 ne me révéla
que des détails insi-
gnifiants.
En 1843, je publiai,
&din%\dLRevuedeR(men
etdansle Bulletin mo-
numental, la descrip-
tion et même le plan du petit édifice romain du Château-Gaillard. Use composait de trois
parties ou appartements dont l'une pavée et chauffée au moyen d'un hypocauste avec son
appendice pour le foyer; l'autre pavée simplement en dalles de liais avec un canal pour les
eaux ménagères qui s'étendait assez loin ; le troisième appartement enfin n'était pas pavé.
J'ai rencontré dans cet édifice quinze monnaies de bronze du Haut-Empire , des tuiles ,
des poteries, des crépis coloriés et un morceau de barillet frontinien encore marqué : fro.
La construction romaine si-
tuée sur la plaine de Bordeaux, P"! | I « " ^
vers le Petit-Val, qui fut fouillée Pimi^tmimfinii^^ ^ «i^ >.—..... ^.l.^.. ^^..^mi.,
en 1843, était beaucoup plus .< —
importante. C'était une véritable
villa romaine dont nous n'avons
entrevu qu'une partie.
Dès 1834, j'avais eu connais-
sance par M. Lachèvre, de Bor-
deaux, des débris nombreux que
l'on trouvait dans les terres de
M. Doudement, de Rouen, ainsi villa bomaine (boudeal^x-saint-clair , \mu
que dans celles de M. Duval , son voisin. Il me fut môme donné plusieurs médailles an-
Ci) On appelle ainsi le grand vallon qui conduit depuis Grainville-l'Alouette et Écrainville jusqu'à Étretat Ce
vallon flit autrefois arrosé par une rivière dont il est parlé aux articles Étrelat et Grainville-l'Alouette. Il renferme
AMA.V.y<yMMSll
— 357 —
tiques , entre autres un Néron en bronze et une monnaie consulaire en argent portant le
nom de Dossen de la famille Rubria. Cette pièce est maintenant au Musée de Rouen.
Ce ne fut pourtant qu'en 1843 que je pus exécuter une fouille archéologique dans la
plaine de Bordeaux, et encore je ne la pratiquai que sur les terres de M. Lachèvre ; celles
de M. Duval, que je me proposais d'explorer ultérieurement, contiennent le reste de réta-
blissement. Ce que je découvris en quinze jours de fouilles actives n'était rien moins qu'une
importante villa romaine, longue de plus de 100 mètres, laquelle m'a montré* ses murs de
clôture, ses tourelles, ses couloirs, ses salles, ses appartements et ses galeries dont une était
soutenue par dix-neuf colonnes de pierre dont les bases étaient restées. J'y ai rencontré
aussi des monnaies de bronze de Néron , de Trajan et de Faustine. — J'ai résumé cette
fouille et publié ce monument dans plusieurs ouvrages que je cite à la Bibliographie.
Epoque franque. — A présent , ce que nous connaissons à Bordeaux se rapporte à
l'époque franque tout au plus.
Nous ne parlerons qu'avec hésitation de l'ermitage ou de l'abbaye de Childemarque que
quelques-uns placent à Bordelli , au pays de Caux , d'autres à Burdigala en Aquitaine.
Nous en dirons un mot à propos des Loges.
Ce qui nous paraît plus sûrement pouvoir être attribué à l'époque franque , ce sont des
cercueils en pierre et en plâtre qui ont été découverts, vers 1830 , au hameau d'Epivent ,
dans la cour d'une ferme où fut une ancienne chapelle de Saint-Germain.
Le hameau d'Epivent portait autrefois le nom de Villerville, et c'est sous ce titre que sa
chapelle de Saint-Germain est donnée par l'impératrice Mathilde au monastère de Bonne-
Nouvclle-lès-Rouen , et confirmée par Henri II, en 1170, et par LucellI, en 1184.
Ce que nous pouvons assurer, c'est que nous-même avons fouillé, en 1 840, dans la cour
de l'ancienne chapelle d'Epivent , et nous y avons trouvé plusieurs cercueils en tuf dont
un contenait encore des ossements et une épée en fer.
Enfin il paraît y avoir eu des chanoines à Bordeaux au xiie siècle et auparavant ; nous
manquons de détails sur cette institution.
BIBLIOGRAPHIE.
« Fouilles duCh&leau-Gaillard, dans Tarr.du Havre , »
in-8*de 7 pages, avec plan, Périaux, 1843.
« Revue de Rouen , » de janvier 1843, p. 21-47, et pi.;
— id., 1*' semestre de 1844, p. 23-38 et pi.
« Bulletin monum., « t. ix, p. 106-111 -, t. x, p. 160-64.
« La Normand, sout.,» \^ édit., p. 83; 2" édit., p. 95.
a Sépult. gaul., rom., franq, etnorm., » p. 48 et 49.
« Journal de l'arr. du Havre, » du 27 septembre 1843.
«L'Etretat souterrain, 2* série, fouilles de 1843,» in-S"
de 15 p., avec pi., Rouen, Pérou, 1844.
Guilmeth,aDesc.géog.,hist.,stat. et mon.», 1. 1", p. 171.
« Revue du Havre (1840;. »
« Les Eglises de l'arrond. du Havre,i 1. 1", p. 256-57.
Duplessis, «Descript. géogr. et hist. de la EUiute-Nor-
mandie, » 1. 1", p. 354-55.
« Voie romaine de Lillebonne à Etretal, » p. 4.
des pierres druidiques (voyez Pierrefiques), des sépultures romaines (voyez Étretat et Le Tilleul) , des sépultures
fVanques (voyez Pierrefiques) , des cryptes funéraires (voyez Écrainville), des édifices romains (voyez Bordeaux ,
Les Loges et Étretat). — Dès le xii» siècle, dans les chartes de Mathilde et de Henri II, cette gorge est appelée
« Magnam Vallem. » (« Neustria pia, » p. 853.)
L
— 358 —
SAINT-CLAIR-SUR-ETRETAT (section de bordeaux-saint-clair ).
Époque romaine. — La voie romaine d'Etretat à Lillebonne traversait Saint-Clair dont
elle descendait la côte délaissée depuis 1844, et encore connue sous le nom de rvePer^
reuse; elle passait près d'un lieu nommé les Fosses.
«Mém.delaSoc.desAntiq.deNorm.,»t.xiv,p.l68. | « Voie romaine de Lillebonne à Etretat, » p. 4.
et t. XXIV, p. 344. |
BÉNOUVILLE-SUR-MER.
Epoque incertaine. — H existe sur Bénouville un genre d'antiquité qui n'est pas
commun : ce sont des retranchements en terre qui séparent cette paroisse de celle d'Etretat.
On appelle ces terrassements les Fossés de Bénouville. Il s'y rattache des légendes
d'apparitions de femmes blanches et de chevaux qui se jettent à la falaise. Ces fossés ,
servant de limites territoriales , doivent être fort anciens et se rapporter à des coutumes
perdues.
Epoque romaine. — Une section de Bénouville porte le nom de Bout-de-lonVille ^ ce
qui provient peut-être d'une villa antique.
C'est sur Bénouville et au vallon de la Vévigne ( la vieille vigne ) , que l'aqueduc romain
d'Etretat devait avoir sa prise d'eau. La Ravine de la Pentecôte de 1806 a révélé, à la
Vévigne , des murailles qui paraissent fort anciennes.
Période normande. — En 1851 , j'ai vu, dans la ferme du nommé Décultot, située
près l'église , une maison en ruine qui possédait une cheminée romane à colonnes de
pierre du xie siècle. L'église elle-même offre une abside circulaire du même temps.
ETRETAT.
Etretat est un point romain qui fut aussi occupé par les Francs. Cependant son nom
n'apparaît, pour la première fois, qu'au xie siècle. Dans une charte de 1024 donnée à
l'abbaye de Saint-Wandrille , il est nommé Estrutat. Dans le cours des xii« et xiii^ siècles,
les chartes de nos abbayes et les rôles de l'échiquier disent Strutat , Strutard , Eslru-
dard , Estructat , Estrutard et Estrutat. Malgré ces altérations , nous pensons que dans
la composition de ce nom entre le mot français étrée^ en latin 5/mto, signifiant voie ferrée^
voie perrée ou voie pavée. En un mot, nous croyons qu'Etretat tire son nom d'une ancienne
voie romaine.
En effet, de ce point maritime et littoral , une route antique , encore bien connue , con-
duisait à Lillebonne, et cette voie est appelée sur tout son parcours la Chaussée^ la Cauchte^
359 —
E
1
i
as-.
l^'i^^g'^fj^^^t^-.^^W^mim^XM^^^^^^
P
r
VILLA ROMAINE (ÉTRETAT, 1835 ET 1842).
le chemin des Romains , le chemin de César , la chaussée Brunehaut A diverses reprises ,
nous avons retracé cette voie, et l'avons déroulée dans plusieurs ouvrages que nous indi-
querons à la bibliographie.
Tous les autres monuments antiques d'Étretat ont été tant de fois décrits par nous, toutes
les découvertes qui y ont été faites ont été si soigneusement enregistrées, qu'en ce moment
nous devons nous contenter d'un simple énoncé des événements et des choses, en invitant
le lecteur à se reporter aux publications spéciales sur cette matière.
Époque romaine. — Pour l'époque romaine, nous citerons à Étretat les restes d'une
villa, dans l'enclos de l'an- ^^
cien presbytère, construc- -K ^ ' *
lions aperçues dès 1 830 ,
et fouillées par nous en
4835 et en 1842. Nous
avons alors mis à découvert
deux salles, aux fond d'une
desquelles était un baptis-
tère ou baignoire romaine lambrissée en dalles de
liais, précédée d'un pavage orné d'une rose et ac-
compagnée d'un canal souterrain pour l'écoulement
des, eaux. Là, j'ai trouvé des crépis coloriés, des
tuyaux de chaleur , d^es épingles en os , du verre ,
du plomb fondu et des monnaies de bronze
d'Adrien , de Tajan et de Vespasien.
En 1851 et en 1852, j'ai fouillé un aqueduc romain
khcôte du Mont et dans le fond du Petit-Val. J'aj
constaté qu'il
avait plus de
2,500 mètres
de longueur.
Cet aqueduc ro»* octogone (étretat, issô).
m'était connu depuis 1 835. — Le fond de ce canal
était formé par une couche de ciment romain , rouge
et épaisse de 4 à 5 centimètres : de ce même ciment
étaient enduites les deux murailles collatérales qui
formaient la caisse de l'aqueduc. Ces murs d'encais-
sement étaient en silex du rivage. Le haut était
j. , „ . «^/Il-n recouvert tantôt avec de gros cailloux , tantôt avec des
AQUEDUC ('étrÎtat, 1862"' ^^^^^^^ calcaircs , parfois brutes, parfois taillées en
— 360 —
nacelle à l'intérieur. La profondeur du canal pouvait êlre de 25 centimètres, la largeur
de 30. En 1862, j'ai retrouvé de nouveau , dans le Petit-Val, une portion de cet aqueduc
parfaitement conservée.
En 1855, j'ai fouillé sur le territoire d'Étretat, dans le Grand- Fa/ et au lieudit le Bois-
ées Haulles , un cimetière romain à incinération. Ce cimetière , connu dès 1850, m'adonne
dix-huit vases en terre et en verre. Avec les urnes grises, en forme de pot-au-feu, il y
avait des vases rouges et noirs pour les offrandes, et des cruches pour les libations.
VABBS EU TSABB ET EN TEHBB [bOIS-DIB-HADLLES, ISSS).
Je tiens de personnes avancées en ^e que, vers 1800 , le fermier de la Chapelle , l'an-
cienne maladr erk d%lTBtat, située dans le Grand-Val, trouva, en labourant autour de sa
masure, une belle urne en verre bleu remplie d'ossements brûlés. Les vieillards d'aloR
comparaient cette urne avec celle qui avait été rencontrée , vers 1781 , à la Haie-au-Cwi
(territoire du Tilleul).
Outre ces monuments provenant de fouilles archéologiques, on peut signaler une quantité
d'objets antiques trouvés sur tous les points du sol d'Étretat; par exemple, dans la citerne
de X'hôtel Blanquet, dans le cimetière qui entoure l'église, à la maison de M. Gras-Dorus,
dans les Verguies, et enfm la découverte de monnaies romaines en faisant l'écluse du canal
en 1823. — Quant aux constructions anciennes, elles se trouvent partout; mais il est
difficile d'en déterminer l'époque.
— 361 —
Epoque frasque. — De l'époque franque, nous avons à Etretat deux monuments bien
caracrérisés : une chapelle dite de Saint- Valéry et un curieux cimetière qui recouvre les
pieds de la côte du Mont.
La chapelle de Saint- Valéry, en grande partie détruite aujourd'hui, est dans l'enceinte de
l'ancien presbytère. Elle fut élevée au commencement du christianisme dans ces contrées ,
sur l'emplacement même d'une villa, et avecles matériaux de l'édifice antique. Ainsi l'on voit
dans les murs des tuiles à rebords , des tufs et des pierres taillées. Deux chapiteaux curieux
3 Bénouville jusqu'à
CHAPITEAUX KOMANB DB LA CHAPELLE DE lAINT-TALERT (X* IlÉCLE),
ornaient ce sanctuaire, que nous croyons le fruit des prédications de saint Valéry sur nos
côtes au VIF siècle. Un de ces chapitaux est au Musée de Rouen ; l'autre est perdu.
Quant au cimetière franc qui entoure la chapelle, il recouvrait les ruines romaines,
remplissait les jardins du presbytère , et s'étendait depuis le chemin di
la Batterie de droite. Aperçu
pour la première foison 1799 et
en 1800, il a donné, en 1807,
un tombeau possédant un sabre
ou une épée et des agrafes de
bronze avec plaques de cein-
turon. En 1822, j'y ai vu dé-
couvrir une sépulture armée.
En 1830, les corps étaient ac-
compagnés de vases. Ceux que
je fouillai en 1842 ne m'ont
donné que des vases aux pieds
et dans les jambes , et une tète
entaillée (voir le dessin', p. 362).
J'y découvris aussi un cercueil
d'enfant, en pierre du pays. De
46
A0BAFB3 En BR0X2E (ÉTKETAT, IS07).
n.KKK (ÉTHBTAT, 1842).
— 362 —
1850 à 1851 , M. d'Escherny, en fondant
son pavillon , a trouvé des sépultures renfer-
mant des sabres , des boucles et des plaques
imasquinées, des vases et autres ob- •
•ovingiens.
[JE INCERTAINE. — SoUS CC HOm nOUS
ns un certain nombre d'objets ou de
ents antiques , dont on ne saurait
tier l'époque.
''onlaine d'Olive, qui est sous-marine,
>nstruclion de l'église de Notre-Dame, tête de vieillard avec eittailli (iTR.T*T, i8«).
'omane dans sa nef, se relient la tradition d'une sainte Olive échappée aux Sarrasins
m d'un vœu fait pour la construction de l'église , et une légende où ie diable
•tait la nuit les matériaux des Vergmes au pied de la côte Saint-Clair.
nd du vallon de Catcuil est le puils Givet , vidé
W, et auquel se rattache une tradition de cloches
A côté, en ISSO, en faisant la nouvelle roule du
natrouvédesconslructionsdont onne saurait pré-
date. — Enfin, il y a encore à Etrelat le souvenir
^ière disparue sous terre, que conserve la tradition
: d'une bohémienne en voyage et rebutée par le
raeunierdela
source.
Nous termi-
nerons cette
dernière série
[en rappelant nnoc eu Miai«EB(ÉTnBTAT, 1833)."
que, vers 1833, un marin nommé Jérôme
Iloullier, qui habitait au pied du Commandel
une maison située rue des Galeries, a trouvé ,
sousunegrosse pierre, une chaudière de cuivre
contenant une quantité considérable d'usten-
siles déménage en fer et en bronze. Je mesou-
viens qu'on y voyait un marteau, une sernire,
un verrou, etc. , et un broc en bronze (1) que
(U Chose Lien remarquable, et qui aidera peut-Élre 4
dater le dépôt d'Elretat, c'est qu'un broc en cuivre ou en
SOC IN uronïb (Di'BAnviLLB, 18:9). broniie, pareilaunfltre,a été trouvé, en 1859, à Duran-
363
je fis acheter 30 fr. pour le Musée d'antiquités de Rouen , où il est aujourd'hui. Ce broc
a une anse et un goulot qui se termine par une tête de serpent. (Voir le dessin , p. 362.)
p. Justin, « Le Tour de France : Rouen, Havre,
Dieppe, > 1829.
Guilmeth, «Description géographique, historique, sta-
tistique et monumentale des arrond., w 1. 1", p. 158.
J. Venedey, « Reise und Rasttage in der Normandie, »
1. 1", p. 465-506, Leipsig, 1838.
aÉtretat et ses environs, » in-8** de xii et 48 p., avec
3 pi., Havre, Morlent, 1839.
« Le Havre et son arrondiss., t. ii. — Canton de Cri-
quetot, • p. 7 à 35, Havre, 1838-40.
« Hist. communale du Tilleul, » in-8% Ingouville ,
Lepetit , 1840.
« L'Étretat souterrain, !'• série, fouilles de 1835 et de
1842, » in-8'' de 27 p., avec 3 pi., Rouen, Périaux, 1842.
« L'Étretat souterrain, 2" série, fouilles de 1843, » in-8»
de 15 p., avec 1 pi., Rouen, Péron, 1844.
« Les Églises de l'arrond. du Havre , » t. i",p. 260-76,
Ingouville, 1845.
BIBLIOGRAPHIE.
« Étretat, son passé , son présent, son avenir, » édit.
de 1850, 1853, 1857 et 1862, avec pi. et gravures dans le
texte, Dieppe, Delevoye.
« Mém. de la Société des Antiquaires de Normandie, »
t. XIV, p. 164-69, et t. xxiv, p. 341-345.
« La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 331-338 -,
2- édit., p. 417-425.
o Sépult. gaul., rom., franq et norm., » p. 39-49.
« Revue de Rouen, » années 1842, 1" sem., p. 318-332,
380-390; 1843, 1" sem., p. 42-48; 1844, 1" sem., p. 25.
« Bulletin monumental, » t. x, p. 160-173, et pi.
« Résumé analyt. des trav. de la Soc. havr. d*étud.
div., » 8* année, p. 85-86.
« Yole romaine de Lillebonne à Étretat, « in-12 de
4 p., Bolbec, Valin , 1860, et o Journal de Bolbec, » du
17 novembre 1860.
« Bulletin d'Étretat, » années 1859, 1860, 1861 et 1862,
notamment 1861, p. 93 à 112.
CANTON DE FÉGAMP.
FÉCAMP.
Fécamp apparaît dans l'histoire au vue et au ix^ siècle. Généralement parlant , on lui
donne le nom de villa : Villa Fiscannum^ dit Charles-le-Chauve : In ipsâ villa FiscannOy
disent les chartes du duc Richard et du roi Robert. Fécamp , toutefois , dut exister dès
Fépoque romaine et peut-être gauloise.
ville , dans le département de TEure. Ce dernier était dans un puits, avec huit ou dix assiettes en étain. Ces plats
portent des noms d'hommes, en caractère du xiii* siècle, et des écussons de cette époque. Ce broc , qui pourrait
être du xiii* siècle, esta présent à Bemay chez M. Métayer-Masselin, qui Ta fait graver et qui nous a permis de
le reproduire. — - Vers 1835, un broc en bronze avec anse, trois pieds et goulot terminé par ime tète de serpent, a
été trouvé au Neubourg (Eure), au lieu dit le bois du Champ-de- Bataille. Ce vase, semblable à ceux d'Etretat et
de Duranville, figurait, en 1862, à Texposition d'Elbeuf, à côté d'un manche de couteau représentant une Vierge
avec l'Enfant Jésus. — Enfin, en 1864, il a été trouvé au Mesnil-Mauger (canton de Forges) un broc en bronze sem-
blable à celui d'Etretat. l\ était caché un peu au-dessous de la chapelle de Trefforest, avec un autre beau pot de
bronze qui porte deux lettres du xiv* siècle. (Voir l'article Treffbresl.)
— 364 —
Epoque gauloise. — A la période la plus reculée nous pourrions, en effet, rattacher la
fontaine mystérieuse et sacrée qui, au moyen-àge, fut baptisée du nom de Précieux-Sang,
et qui, de nos jours encore, est l'objet d'un culte superstitieux que toutes les prédications
du monde ne sauraient détruire.
A la côte nord de Fécamp, qui porte le nom de côte de la Vierge, à cause de la chapelle
de Notre-Dame de Salut, est une cavité considérable appelée le Trou-à-la-Monnaie. Une
vieille tradition prétend qu'il y a des trésors cachés, et déjà la crédulité populaire y a tenté
plusieurs fois d'inutiles recherches.
Enfin, nous devons citer, comme un monument probable de l'époque celtique, la grande
et curieuse enceinte du Canarfrt, appelée aussi le Camp de César, laquelle domine Fécamp du
côté du midi, et commande les vallées de Ganzeville et de Valmont. Cette enceinte, qui
au siècle dernier avait attiré l'attention de dom Tassin et des Bénédictins de la congré-
gation de Sainl-Maur, du comte de Caylus et de l'Académie des Inscriptions , a été de nos
jours l'objet de trop peu d'études sérieuses. Elle le mériterait pourtant sous tous les rap-
ports, car cette grande circonvallation est la sœur de Limes, sL souvent visitée et si fré-
quemment étudiée de nos jours. Nous devons cependant remercier M. le comte de Kei^a-
riou qui, en 1817, fit dresser un plan géométrique de celte enceinte dont la contenance
est de 36 acres ou 23 hectares 46 ares. Ce plan est aujourd'hui déposé dans les cartons de
la Commission départementale des Antiquités.
Le Canada est une position admirable, fortifiée par la nature elle-même. C'est une pres-
qu'île isolée de la plaine par deux vallées profondes et n'y touchant que par une étroite
langue de terre énormément fossoyée. Pour protéger cette unique entrée, les anciens éle-
vèrent un gigantesque rempart en terre accompagné à di'oile et à gauche d'un fossé très
profond. Un rejet de terre et un vallum hérissent le pourtour du camp et en fonnent la
crête fortifiée. A l'intérieur de l'enceinte est un carré fossoyé dont nous ne saurions
indiquer l'usage.
Ce camp antique, contemporain sans doute de ceux de Limes et de Sandouville, dut être
comme eux réoccupé à diverses reprises , et il n'y aurait rien de surprenant quand des
fouilles pratiquées au Canada ou d'heureux textes d'histoire nous montreraient ici la
cendre des Romains, des Francs, des Normands, et peut-être même des hommes du
moyen âge ; mais notre conviction est qu'à la base de ce monument repose la poussière
des Gaulois.
Les autres monuments de l'époque gauloise sont deux monnaies celtiques en or
déposées à notre Musée départemental : d'un côté est une tôle, et de l'autre une bige.
Époque romaine. ■ — Quant à l'existence de Fécamp à l'époque romaine , elle est suffi-
samment démontrée par les découvertes faites sur son territoire, surtout dans les derniers
temps. Des voies romaines entouraient la ville, et nous en pouvons citer deux : l'une venant
de Lillebonne, et l'autre se dirigeant vers le nord: Gravimm, Portus ou Bononia.
— 305 —
Des découvertes d'objets antiques ont été faites çà et là : au Bailj c'est une monnaie
romaine; à la Vicomte, c'est une maison; à Renéville, une meule à broyer; ailleurs,
ce sont des vases. M. Deville m'assure qu'on a trouvé au Canada des urnes en verre.
Ce que je sais parfaitement, c'est que des monnaies d'argent et de bronze aux types de
Néron, d'Antonin et de Claude le Gothique, ont été recueillies à Fécamp et dans la
vallée.
Depuis 1839, le Musée de Rouen possède une médaille d'or de Lucius Verus ve-
nant de Fécamp. Mais les découvertes les plus importantes ont été faites depuis vingt
ans, et celles-là sont funéraires. La première a eu lieu vers 1847, à Saint-Léonard,
à la briqueterie de MM. Deneuve et Guinery. Nous en parlons à l'article de cette
commune.
La seconde a eu lieu en 1848, au Val-anx-Vaches, lors des ateliers nationaux. En ré-
parant le chemin de Senneville, on trouva un cimetière et des vases funéraires. En 1852,
j'achevai l'exploration de ce champ de repos.
Après cette exploration, je découvris un autre lieu de sépultures rempli d'incinérations
des trois premiers siècles de notre ère. Cette terre appartient à M. Lanchon , qui déjà y
avait trouvé des tuiles et des vases en plantant douze cents pommiers. Elle est située en
côte le long du chemin qui conduit à Dieppe. J'y ai rencontré des urnes en terre et en verre,
des vases aux offrandes de toute sorte , cinq noms de potier, une tablette à écrire , des
miroirs, des fibules et des monnaies impériales en bronze. J'ai donné la description de
cette fouille dans la Normandie souterraine {i^^ édit., p. 89-96; 2e édit., p. 87-109,
pi. v). Les objets qui ont pu être conservés sont déposés au Musée départemental de
Rouen.
Déjà à la fin du dernier siècle, vers 1775, en établissant soit des fours à chaux , soit la
nouvelle route royale, on avait trouvé des cercueils de pierre riches d'objets et de monnaies
antiques. — Voilà pour le Fécamp des Romains; maintenant, passons à celui des Francs
et des Normands.
Époque franque. — La graijde prospérité de Fécamp dans les temps anciens, son
principal rôle dans nos contrées, ce fut à l'époque franque, et surtout à la période
normande de nos premiers ducs. Sous les rois mérovingiens, Fécamp devint le siège du
gouverneur, le chef-heu du comté de Caux. Au temps des fils de Rollon, Fécamp fut
pendant un siècle la capitale de la Normandie. Retraçons en quelques lignes ce gi'and rôle
historique.
Convenons tout d'abord qu'ici la fable se mêle un peu à l'histoire , et que si Bozon et
Marca, son épouse, nous apparaissent comme des missionnaires chrétiens et mystérieux de
la contrée , il en est à peu près de même de cet intrépide chasseur, le duc Anségise , avec
son cerf merveilleux et sa découverte du Précieux-Sang.
Au milieu du vu* siècle, nous voyons apparaître Waninge , comte de Caux et gouverneur
L
— 366 —
du pays pour son maître le roi Clotaire III, dont il conservait les giboyeuses forèls (i). En
662 (658 selon d'autres), le même Waninge inscrit plus tard au nombre des saints, ainsi
que son fds Désiré qui fut moine de Fontanelle, fonda à Fécamp un monastère de viei^es
qui fut détruit par les Normands en 842. Childemarque ou Hildemarque, amenée exprès de
Bordeaux par le vénérable moine Sindard, devint la première abbesse, et cette pieuse con-
grégation passe pour avoir donné au temps de l'invasion normande un exemple de chas-
teté qui dut singulièrement frapper les imaginations de ce temps barbare. Aussi on parla
longtemps au monastère de Fécamp de la chapelle des Vierges , où ces héroïnes furent
immolées. Et de même que l'on prétend montrer encore la maison du comte Waninge
dans une ferme du xiiie siècle qui est Sous le Bois, près le pont de la Pêche , et sur
la roule de Valmont, — ainsi on croit reconnaître la maison des premières religieuses
dans un vieux bâtiment de la Queue-du-Renard , à l'angle de la route de Valmont et de
celle de Dieppe ; mais , dans tout ceci , l'archéologie ne retrouve que des produits du
moyen-àge.
Saint Ouen, de Rouen , visita Fécamp en 664, lorsqu'il vint bénir et consacrer l'église et
le monastère des vierges, qui étaient probablement le fruit de ses pieux conseils. Clotaire III
et Waninge assistèrent à cette pieuse cérémonie, dont une égUse dédiée à saint Ouen nous
paraît avoir conservé le souvenir.
(I) I.* FoHÈT DB FÉCAMP. -^ Si/lvn FiscaiinensU. — Elle couvrait, sous les rois francs et même soua les premiers
ducs de Normandlo, toute cette contrée maritime qui s'étend depuis les Dalles jusqu'au delà d'Ëtretat. Les bois de
Bosqueloii, ceuK desHogucs etdesl^oges, en sont aujourd'hui les derniers débris. Les traces de cette grande couche
forestière subsistent encore au nord de Fécamp dans les noms des P'an/i'i, de ia rue Sous-le-Boû et dans la tradition
de la cloche de la Riolte.A l'occident de la ville, vers le Grand- Val d'Étretat, nous trouvons les noms des Loges, de
Beaurepaire, de Kainte-Marie-au-Boc, de Notre-Dame -des- Bois , du Bosquelon, de la Haye, de la Haute-Folie , de
Buccaille et de Saint- Léonard. Nous savons, par l'histoire, qu'Ânségise, Clotaire et Waninge chassèrent dans cette
forât ainsi que nos premiers ducs, ces Nemrods du moyen-âge. Baudry, archevêque de Dol, au m* siècle, médita
encore sous ses épais ombrages où saint Léger avait souQ'ert les douleurs de l'exil et où saint Ouen et saint Valéry
é van géli aèrent des populations idolâtres.
A cette première voix de la tradition ajoutons à présent les preuves que l'histoire nous a léguées de cette grande
forêt de Fécamp. — Dans la vie de saint Waninge, confesseur et comte de<Caux au vu* siècle, elle est plusieurs fois
mentionnée. On l'appelle lantût FiscannensemSilvam,FiscanDensis Saltus, Sylvam FiscannensometSaltum Fican-
nensem. (BoU., > Acta sanc, » mens, januarii, t. i", p. 592. — Mabillon, ■ Acta sanc. ord. S. Benedict., > sœc. ii. —
oNeustrla pia, » p. 196 et 198. —A, Le Prévost, • Mém. de laSocièté des Antiquaires de Normandie, > t. xi,^. 12. —
■ La Normandie souterraine,» 1" édil., p. Ib-1G; 2' édit,, p. 87-88.)
Un cartulaire de Fécamp, transcrit au xiil* siècle, et relatant plusieurs actes du in', se trouve aujourd'hui h la
Bibliothèque publique de Rouen. Nous y avons lu, à diverses reprises, les noms de Sylva Fiseannentis et de Forttia
Fiscanni. Une charte de Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen, à Henry de Sully, abbé de Fécamp, lui accorde 1&
permission de construire des églises nouvelles dans la forêt de Fécamp. • Struere ecclesias novas in foresià de
Fiscanno et eas quiE œdificatse sunt, servare. " Dans le nombre , il cite GoderviUe et Villainvillo , près Criquetot-
l'Esneval. Ailleurs, le même archevêque parle des dîmes de Foresld Fiscannensi (p. 24-35). — («La Normandie
souterraine,- 1" édit,, p, 75; 2" édit-, p. 87.)
D'après la charte de fondation de l'abbaye de Uontivilliers, donnée par le ducRobert,en 1035, dans la ville mèOM
deFècamp. et conQrmée plus tard par les papes Gélestin III, en 1192, et Innocent III, en 1203, Sainte-Marie-au-Bosc
se trouvait dans la Ibrêt de Fécamp: «Ecclesiam Sancts Marie in Sylva Fiscannensi quo cognomento vocator
— 367 —
D en fut de même de saint Léger, d'Autun, exilé à Fécamp par le cruel Ebroïn , maire
du palais. Une église a gardé ici sa mémoire jusqu'à la fin du siècle dernier.
L'exil de saint Léger à Fécamp est un des faits les plus importants de l'histoire du
pays de Caux. L'illustre pontife fut parfaitement accueilli et traité dans cette contrée
maritime par Waninge, chasseur renommé, valeureux soldat, confident et secrétaire de
Clolaire IIL Le gouverneur permit à l'évêque de recevoir la visite de Wimbert et d'Her-
manaire, abbés d'Autun et ses meilleurs amis. Dom Pitra pense que ce fut de Fécamp que
le saint écrivit à Sigrade, sa mère, une lettre digne des Ignace et des Poly carpe (i).
Nous croyons pouvoir appliquer la même règle à saint Valéry, abbé de Leuconaûs , que
nous présumons-l'apôtre de ce pays au vie et au vue siècle , et dont une église nous paraît
avoir perpétué le souvenir.
Pour nous, nous pensons que le premier monastère de Fécamp fut là où se trouvèrent
plus tard l'abbaye des Bénédictins , l'église actuelle de la Sainte-Trinité et l'Hôtel-de- Ville,
établi dans l'ancien monastère.
Quant au palais des comtes de Caux, il devait être là où s'installa plus tard le château
des ducs de Normandie , ce qui est aujourd'hui le presbytère, ce qui était hier la mairie et
autrefois l'abbatiale. Au siècle dernier, on voyait encore une tour carrée que les religieux
appelaient Babylone.
justa. » (« Gallia Christiana, » t. xi, « Instrumenta, » p. 328. — « L'Antimoine de l'abbaye de Montivilliers, » Mss. du
curé de Rouelles, en 1710. — «La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 76; 2« édit., p. 88.;
Vers 1157, lorsque Henri II et l'impératrice Mathildc, sa mère, fondèrent et dotèrent l'abbaye du Valasse, ils
offrirent au naissant monastère huit cents acres de terre qui devinrent plus tard les fermes et le village de Fon-
gueusemare. Ces terres boisées, dont les limites sont parfaitement définies, étaient désignées comme faisant partie
de la forêt de Fécamp. « In foresta etiam Fiscannensi 800 acras terrœ. » (« Neustria pia, » p. 853.)
Il est vrai que lorsque Henri II donne à l'abbé de Sully le bois des Hogues, il l'appelle Foresta ou Silva de Hogis,
M. Stapleton lui-môme, dans l'excellente carte qu'il nous a dressée de la Normandie à l'époque anglo-normande ,
tout en ne marquant qu'une traînée de bois depuis Fécamp jusfju'à Bruneval, donne spécialement le nom de forêt de
Fécamp, Foresta de Fiscanno, à cette partie de bois qui va de Bruneval à Bénouville et aux Loges, tandis qu'il
nomme Foresta de Hogis toute la portiou renfermée entre Fécamp et les Loges. (« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
t. XVI, année 1850.) Mais on compend que si cette dénomination avait prévalu au moyen-âge , au xii« siècle , par
exemple, épocpie de la carte et des chartes que nous citons, à la période franque le nom de Fécamp devait prédo-
miner, et la forêt maritime du comté de Caux ne devait pas avoir d'autre nom que celle do la métropole qu'elle
entourait.
Quand nous disons entourer^ nous avons nos raisons pour cela -, car quoique M. Stapleton ne marque pas de foréjt
au nord-est de Fécamp, au xii* siècle, nous ne saurions douter qu'il n'y en eut au xi", puisqu'une charte de Robert I",
roi de France , délivrée à Fécamp même, en 1006, s'exprime ainsi : « Sylvîo unam partem a publicâ stratâ ad mare
terminatam. » (t Gall. Christ., » t. xi, « Instrumenta, » p. 8.) Un acte de Richard II, en 1026, fixe vers le nord-est
cette donation, quand il dit: « Partem quoque Sylvae à loco qui dicitur Fustes plantati usque ad mare. » («Neustria
pia, » p. 216.) Or, la ferme des Planlis est encore à l'orient de Fécamp.
Du reste, auxir siècle môme, Fécamp était encore si bien enveloppé de forêts , que Baudry, archevêque de
Dol, dans la poétique peinture qu'il nous a laissé de cette ville , ne nous la montre pas autrement : « Ab hinc
8ylvul& gratissimà circumseptus. » ( « Neustria pia , » p. 238.) Que devait donc être ce pays sous les Carlovingiens
et les Mérovingiens ?
(1) Dom Pitra, • Hist. de Saint-Léger et de l'Eglise des Francs au vu» siècle, » p. 340, 345, 351, 352.
L.
Période normande. — C'est sur cette pointe de coteau,
véi'ilable capilole normand , que résidèrent Rollon peut-
être , mais à coup sflr Guillaume Longue-Epée , son fils ,
qui rebâtit l'abbaye en 932 et répara J'œuvre de Hastings
et de ses barbares ancêtres. De nouveaux mystères en-
tourent cette construction. Un ange vient du ciel exprès
pour dédier cette église à la Sainte-Trinité ; un couteau
est placé sur l'autel portant ce nom auguste et redou-
table; une pierre, qu'on montre encore, garde le dernier
pas du messager céleste : elle se nomme le Pas-de-l' Ange.
Enfin un toit venu de Goutances est déposé par la mer
pour la nouvelle église.
Richard !<"■ fait démolir cette église et en reconstruit
une nouvelle qui fut consacrée, en 989 ou en 990, par
l'archevêque de Rouen, Robert de Normandie. C'est celle-
là qui reçut le calice du prêtre Isaac et le vin changé m
sang. Richard h' et Richard II , son fils, furent inhumés sous la gouttière de cette troisième
église, qui fut renouvelée pour la quatrième fois à la fin du xie siècle et consacrée de nou-
veau le IS juin H06 par Guillaume de Bonne-Ame, entouré d'une assemblée de prélats.
Si un légat du pape, un roi d'Angleterre et tous les évoques de Normandie exhumèrent,
en H62 , les corps de nos très chrétiens consuls , ce fut sans pompe que, le 7 octobre
4710, on découvrit dans la chapelle des Vierges, et qa'oti réinhuma, le 4 décembre sui-
vant, dans la chapelle de Saint-Sauveur, le corps et l'inscription tumulaire du prince
Robert, fils de Richard h^, mort en 942. La science toutefois^ s'en occupa dès lors, et
nous pouvons donner ici l'inscription (i) conservée par les moines et par l'Académie
*5VB HOCTVHVÏÔ
IfVIE iCVHTMEM
VRAFVERIROTBTr
FIUICOHSVLU RICAH
DE 5ACR0F0NTC ÎHB
X1TA& DOMINVM
-^sL MAACI
REQyiE5CATÀNI
MAClVi'IHJCPINO I
MINE AM I
Ll PRINCE ROBERT
(Fi
7 lu).
(l)En ntl , un dessin de l'inscription lumulaire du prince Robert , peut-être même de son cercueil de pierre,
long de 2 pieds (66 c), Tul communiiué à l'Académie des Inscriptions ot BoUes-Leitres, soit par les Dên&jictins,
soit par l'ahbé de Villeroy. Noire illustre compatriote , l'abbù de Vertot , rédigea, sur ce monument de son pays,
une note qu'il lui à la docte assemblée elqui fut insérée, en partie, dans les n Mémoires «de laGorapagnia ( t. n,
p. 256-59). l^e savant académicien émit l'opinion que le Lion de Juda pouvait bien être uneallu^ion au léopard nor-
mand et que [eRatlir Ûnnrfpouvail bien êlreunrapprocbement du mariagede Richard I" avec Gonnor,d'Equique-
ville.CV. p. U7.) L'e:sprossion de I'M(f6tMai['«rBppellcàrttbbêde Vertot que Rollon, lecbefde la diTiastie normande,
garda, pendant st'pt jours, la robe blanche de son baptême. C'est en cITet ce que noua apprend Dudon de Baint-
Quentin (lib. u, p. 85). — Cette pratique était, du reste, conforme à la liturgie ecclésiasHque de ce temps, car le
IT canon du concile do la province de Rouen , tenu on 1050, dit formellement : « Raptiiali in eûdem eccleaîà , in
quâregenerationis gratiara «cceporunt et in quâ parochiani eiislunl, per octaves die s in alMs reprœsentenlurcuBi
cereis ardentibus. ( " Bulletin de laSoc.dea Antiq. deNorm., • t. ii, p. 51.) — L'abbé de Vertot trouve égaletnenl
que le jeune prince mourut dans la semaine de Piques, fête baptismale qui , cette annéi-là, tombait au mois de
mars.— Quant au titre d« Consul, accordé à nos ducs, t'abbé de Vcrlot l^it voir que les princes et les rois d'alon
prenaient facilement ce titre. Frédêgaire, dans sa ■ Chronique,* (c. 110) parle d'une ambassade envoyée & Cbarles-
Hartel, par le pape Grégoire, pour sanctionner son consulat ; • Utconsulatumprœfblo principi sancireL > Gharle-
magne, dans son édit pour la correctioD des lois des Lombards, rapporté par Baliue à l'année 701 , date pour tes
369 —
des Inscriptions et Belles-Lettres. C'est le plus ancien monument d'épigraphie chrétienne
et funéraire que possède le diocèse de Rouen.
N'oublions pas de mentionner à l'honneur de Fécamp les trois conciles ou assemblées
politico-ecclésiastiques de 990, de 1027 et de 1106. On peut consulter sur eux dom Pom-
meraye et dom Bessin indiqués par le père Lelong dans sa Bibliothèque historique de
France. Terminons en rappelant qu'en 1006 le roi Robert 1er étant venu passer à Fécamp
la fête de l'Ascension , y signa un acte en faveur de l'abbaye. Dans cet acte , il désigne la
ville sous le nom de « villa Fiscanno > et le château sous le titre de < Castrum quod
dicitur Fiscannum. >
BIBLIOGRAPnie.
Dom Poinraeraye , « S. R. E. Concilia ac synodal, dé-
créta, p. 59-61, 62-64.
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Anti-
quaires de Normandie,» t. xi, p. 9 et 13.
« Gallia Ghristiana,» t. xi, p. 201-15; «Instrum.,» p. 8.
A. Du Moustier, « Neustria pia, » p. 193-258.
Chronicon Fiscannense,» apud Labbe, « Nova Biblio-
theca Manuscriploruro,» 1. 1", p. 325-329.
Danville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 360.
« Mém. de l'Acad. des Inscrip. et Belles-Lettres, »
1. 11, p. 256-59, année 1746.
Duplessis, « Descript. géogr. et hist. de la Haute-
Normandie, » t. )•% p. 89-103.
Noël, « Second Essai sur le départ, de la Seine-Inf.,»
p. 6-26.
J. Michel, « Causeries sur Fécamp, Yport, Etretat,etc.,»
in-l8de 159 pages, avec plans. Fécamp, 1857.
L'abbé Malais, « Calendrier normand,» p. 7, 9, 40, 64,
66, 7i,82.
E. Gaillard, « Recherches archéol., etc., » p. 6 et 7.
L'abbé Cochet, « Notice sur dom Fillastre,» p. 29-30.
Id., « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm. , » t. xxiv,
p. 345. P
Id. « La Normandie souterraine, » l'^édit. , p. 85-96-,
2- édit..p. 97-109, et 1 pi.
Id. «Epigraphie de la Seine-Inférieure,» p. 9 et II, et
« Bulletin monum., » t. xxi, p. 290-292.
Le P. Lelong, «Biblioth. hist. de France,» t. i",p. 429
et 742, dun*» 11,907 au n* 11,920.
Dom Bouquet,« Rec. des Hist. de France, » t. x,p. 587-88.
«Revue de la Normandie,» 1. 1", p. 297, et t. ii, p. 3.
L'abbéCochet, «Bulletin du Comité de la Langue, de
l'Histoire et des Arts de France, » t. m, p. 154-156.
Id., « Voies rom. de la Seine-Inf., y dans leb » Mém. de
la Soc. des Antiq. de Normandie,» t. xxiv, p. 345-247.
Id. « Les Eglises de l'arrond. du Havre,» t. ii, p. 1 à 97.
G. Marette , « Esquisses hist sur Fécamp, » un vol.
in-18 de 190 pages. Rouen, Périaux, 1839.
Nodier, Taylor et de Cailleux, « Voyages pitt. et rom.
dans l'anc. France. —Haute-Norm.., » 1. 1", 7 pi. et 3 feuil.
De Glan ville , « Promenade arch. de Rouen à Fécamp, »
p. 141-168.
A. Bosquet, « La Norm. rom. et merv., » p. 369-382.
« Le Havre et son arrond. , t. ii. — Gant, de Fécamp, »
p. 1 à 57, et pi.
Germain, « Guide du Voyageur à l'abb., dans la ville
et sur le terri t. de Fécamp,» in-12 de 178 pages , avec
plan. Havre, Morlent, 1836.
Guilmeth, «i Descript. géogr., hist., stat. et mon., »
t. 1", p. 183-256.
Fallue, «Hist. de la ville et de l'abbaye de Fécamp, »
p. 16-28, 431-432, in-8*, Rouen, Périaux, 1841.
Leroux de Lincy, « Essai hist. et litt. sur l'abbaye de
1 Fécamp, » un vol. in-8». Rouen, Périaux, 1840.
années de son ccJnsulat : « Gonsultatûs autem noslri prhno. » Eustache, comte de Boulogne, au xi" siècle est appelé
« Eustachius, consul, » par Orderic Vital, historien du xii*. ( « Hist. ecolesiast. , » lib. xii, t. ii, p. 175, édit. Le
Prévost. ) — Mais personne, assurément, ne s'arrogea plus fréquemment ce titre que nos chefs Scandinaves. M. de
Rafn nous assure que les larls ou comtes normands , de 856 et 859 , sont appelés « comités » ou « consules quos ii
Earlos soient nominare. ■ (Rafn, «Inscriptions runiquesdu Slesvig méridional, • p. 385, année I8G0.)— Richard I'%
dans une charte donnée à l'abbaye de Fécamp, dit lui-même : « Idcircô ego Richardus, consul. » Guillaume-le-
Bâtard, dans deux actes antérieurs à la conquête (1053 et 1058), prend les titres de consul de Normandie et de consul
des Normands : • Gonsulis Normanniae, » et « Normannorum consule. » ( « Gartulaire de l'abbaye de la Sainte-Tri-
Dité-du-Mont de Rouen, » dans la « Collection des documents inédits sur l'histoire de France, « p. 437 et 44 1 .) — Il y a
plus, de simples vassaux de la couronne de Normandie s'arrogeaient aussi le titre consulaire. Ainsi, d'après M. Semi*
chon, Guérinfroid, comte d'Aumale, en l'an 1000, prenait aussi le titre de consul. — La charte de fondation de l'ab-
baye de Quimperlô, cite pour 1029, Alain, comte de Gornouailles, Alanus, consul Comuhiw. - ( Dom Morice, « Hist. de
Bretagne, preuves, 1. 1«', col. 365. Voir aussi Ducange, Semichon, « Hist. de la ville d'Aumale, » t. i", p. 13-14.) — La
charte d'Adelize, épouse d'Enguerrang, fils de Berthe, fille de Guerinfroy (vers 1052) dit : « Jussu Enguerram, con-
sulis, » voulant dire comte d'Aumale. ( « Archœologia, • t. xxvi, p. 358, » Semichon, «Hist. d'Aumale, » 1. 1", p. 391.
47
— 370 —
SAINT-LÉONARD.
Cette commune, entièrement rurale aujourd'hui, faisait autrefois partie du territoire
même de Fécamp. Avant la Révolution , elle était une des dix paroisses de cette ville.
Époque romaine. — Saint-Léonard est situé sur le bord des voies antiques qui de
Lillebonne et de Harfleur conduisaient à la station romaine de Fécamp.
A quelques pas de cette voie , et non loin de l'église actuelle, on a trouvé des sépultures
gallo-romaines. De 1850 à 1853, notamment en 1852, M. Guinery, briquetier, a rencontré,
dans la terre de M. Léon Deneuve, qu'il exploitait pour son industrie , plusieurs carrés en
terre cuite renfermant des cendres, dés charbons, des urnes et autres vases funéraires.
Ces caisses céramiques tenaient lieu de coffrets de bois ou de pierre; aussi quelques-unes
contenaient des cendres et des os brûlés accompagnés d'assiettes et de cruchons. Nous
n'avons pu recueillir de la bouche des ouvriers que des renseignements incomplets. Ce-
pendant, nous avons appris qu'ordinairement ils étaient avertis de l'approche d'une sépul-
ture par un terrain noir et charbonné, et par des silex bruts qui semblaient avoir passé au
feu. Quelques-unes de ces sépultures se composaient de cinq ou six vases dont les petits
étaient parfois renfermés dans des grands. Ceux que nous avons recueillis ressemblaient à
tous les vases romains du pays de Caux.
Époque franque (?). — A l'extrémité de la commune de Saint-Léonard se trouvent le
vallon et le hameau maritime de Vau cotte, où l'on m'a dit bien des fois qu'il avait été ren-
contré des tombeaux de pierre au bord du chemin qui va d'Étretat à Fécamp. Quelques
auges , dit-on , renfermaient des armes.
Époque incertaine. — C'est sur le territoire communal de Saint-Léonard que se trouve
le château des Bogues, construction féodale des abbés de Fécamp à la fin du xiiie siècle et
au commencement du xrv^, et aussi le bois ou la forêt des Hogues donnée par Henri II à
Henri de Sully, abbé de Fécamp, vers 1162. Dans* ce bois, qui est sans doute un démem-
brement de la grande forêt de Fécamp, on voit, sur un plateau couvert de bruyères , cul-
miner des buttes de terre dont les eaux dégradent souvent le sommet. A côté de ces buttes
sont d'énormes fosses dont quelques-unes ont jusqu'à 30 mètres de profondeur. Ces fosses
s'appellent les faisières ou ferrières. Ce nom nous fait croire que ce sont d'anciennes
raines de fer et de poudingue , très connues chez les Gaulois au rapport de César : « Apxid
Gallos magnœ ferrariœ. i>
En effet, les poudingues y abondent, et plusieurs sont ferrugineux. On y rencontre des
pyrites martiales, des cailloux roulés, du charbon de bois, en un mot tout ce qui annonce la
présence du fer et son exploitation. Nous croyons volontiers que les meules à broyer en
poudingue, qui couvrent la surface de la Seine-Inférieure romaine et fràhque, proviennent
en partie des ferrières des Hogues et de celles de Vattetot, qui sont voisines. — En 1864,
nous y avons remarqué un grand nombre d'essais et de rebuts.
— 374 —
De Glanville, ■ Promenade archéol. de Rouen à
Fécamp, » p. 138.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xxiv, p. 346.
« La Normandie souterr., » l'*édit., p. 86; %* édit.,p.98.
L'abbé Cochet, ««Étretat et ses environs,» article Yport.
Id., « Le Havre et son arr., t.ii. —Canton de Fécamp, »
article Ypori.
Id., • Disours do récept. à l'Acad. de Rouen, » p. 16.
CRIQUEBEUF-EN-CAUX.
Époque incertaine. — A Criquebeuf est une motte couverte de maçonneries, laquelle a
servi de base à un château en iniines.
Au fond des Vais, la tradition dit que se trouve cachée une cloche remplie d'argent.
L'abbé Cochet , o Les Églises de l'arrondissement du Ilavre , » t. ii , p. 109.
YPORT.
Époque gauloise. — Dans les défrichements du bois des Hogues opérés pendant ces
dernières années, MM. Hélie et Despruneaux ont recueilli une hachette en bronze.
Époque romaine (?). — D'anciens ouvrages et de vieilles cartes géographiques nomment
ce lieu Icport, et quelques-uns ont été jusqu'à y chercher XIccius portiis de César. Aucun
nom en effet -ne se présente sous un meilleur aspect pour cette interprétation; mais aussi
aucun lieu n'est moins favorablement situé pour une pareille application. Topographique-
ment parlant, Yport est sans développement aucun , et sa plage n'a jamais pu jouer un rôle
important dans l'histoire. D'ailleurs, Iccius portas paraît être bien fixé dans la Morinie, soit
à Boulogne , soit à Wissant , entre Calais et Boulogne. Toutefois , il est malaisé de croire
que le nom d'Yport ne vienne pas dUcciw portus. Iccius fut un nom commun dans les
Gaules , et portus est une terminaison très prodiguée sur le littoral de la Haute-Normandie,
Enfin M. Deville nous assure qu'en 1838 il a été trouvé à Yport des tuiles romaines, un
grand bronze d'Antonin , une urne cinéraire en terre et une autre en verre.
Époque franque (?). — On connaît à Yport deux anciens cimetières qui pourraient bi»
remonter à l'époque franque. Le premier est celui de la Trénegale , au versant de la côte
d'amont. Ce champ appartient à la fabrique et porte le nom de Terre de VÉglisey ce qui
me paraît une preuve de son ancienne destination sépulcrale. La tradition l'appelle le
Cimetière des Anglais, parce que ceux qu'il renferme sont inconnus. Les squelettes que
l'on y rencontre ne portent pas trace de cercueil. Étretat , les Dalles, Veules et Saint-Valery-
en-Caux ont aussi des cimetières sur le versant de la côte d'amont.
Le second cimetière d'Yport est dans la Cavée de la rue Hottière^ au versant de la côte
d'aval , sur le bord du grand chemin d'Etretat. On dit que dans les premières années du
xnc* siècle on y a trouvé des cercueils de pierre dont on s'est servi pour faire des bailles.
Époque incertaine. — Yport paraît avoir été de tout temps un lieu très habité. Les
habitants que j'ai interrogés racontent tous que l'on trouve des débris au fond du Val et
— 372 —
sur les collines. Ce qui est encore un reste vivant d'antiquités , ce sont les traditions et les
légendes populaires dont est rempli ce pays de marins et de gens simples.
Pour les faisières du bois des Hogues, voir l'article sur Saint-Léonard.
« Le Havre et son arr., t. ii. — Canton de Fécamp, »p. 58.
« Les Eglises de Tarrond. du Havre, » t. ii, p. 112-113.
« Etretat et ses environs, » article Yporl.
« Revue de la Normandie, » t. v.
FROBERVILLE.
Epoque incertaine. — A Froberville , on m'a signalé la Terre des Mottes^ où Ton dit
que des buttes ont été détruites.
On dit aussi que l'église est tranférée, et qu'elle fut jadis à la Mare-Blonde.
GANZEVILLLE.
Epoque incertaine. — On assure à Ganzeville que l'église a été changée de place , et
qu'elle était autrefois au hameau de la Porte-de-Pierre.
MANIQUERVILLE.
Époque robiaine. — La voie romaine qui de Lillebonne se dirigeait vers Etretat et
vers Fécamp passait sur le territoire de ManiquerviUe , non loin de l'endroit où fut assise
au moyen-âge la châtellenie de Thiboutot. La bifurcation de la voie, pour Etretat et pour
Fécamp, devait avoir lieu aux environs de ManiquerviUe.
Période normande. — Derrière l'église de cette ancienne paroisse était et est encore
en partie une motte considérable , jadis couverte de taillis. Attaquée en 1861, elle n'a
donné que des débris du moyen-âge. Je la crois l'assiette ou le donjon du château de
Thiboutot , depuis longtemps disparu. M. Guilmeth dit que près d'elle on a trouvé des
sarcophages en pierre.
• Neustria pia, » p. 863.
L*abbé Cochet, « Mém. de laSoo. des Antiq. deNorm., »
t. XIV, p. 166-67, et t. xxiv, p. 364-45.
Guilmeth, "Desc.géog.jhist.stat.etmon.,» 1. 1", p. 260.
L'abbé Cochet, a Voie rom. de Lillebonne à Etretat^i
p. 3.
VATTETOT-SUR-MER.
Epoque incertaine. — Sur le territoire de Vattetot sont des fosses faisières ou ferrières,
semblables à celles du bois des Hogues. On a dû en extraire du poudingue ferrugineux
pour meules à broyer, et probablement aussi du fer , aux époques gauloise , romaine et
franque. On m'a assuré qu'au point appelé la Mahaise est une mare énorme entourée de
- 373 —
terrassements, laquelle, ayant asséché un jour, a été trouvée remplie d'ustensiles de toute
sorte. — La Bibliothèque de Fécamp contient un poudingue poli ayant servi de meule ,
qui provient des ferrières de Vattetot.
L'abbé Cochet, « Discours de réception à l'Académie royale de Rouen , » p. 14-16.
LES LOGES.
La commune des Loges a un vaste territoire dont une partie est en bois-taillis , tandis
que l'autre est en terres labourées que cultivent ses dix-neuf cents habitants. Sur un si
grand espace, il n'est pas étonnant que bien des débris se rencontrent.
Époque romaine. — Un des plus anciens que nous connaissions est la voie romaine
qui , en 1815, a été trouvée pavée et encaissée, mais ensevelie sous terre, au hameau des
Reniax.
En 4 849 , dans les parties de bois que défrichait M. Piednoël , ancien maire de Saint-
Valery-en-Caux , j'ai constaté les restes de plusieurs habitations romaines, encore recon-
naissables à leurs fondations, à leurs tuiles, à leurs poteries et à leurs meules à broyer en
poudingue.
Mais la plus belle découverte antique des Loges est celle qui a été faite, en janvier 1851,
par M. Fauquet-Lemaître, de Bolbec, qui défrichait alors cent quarante acres de bois. Il
trouva un dolium en terre rouge contenant une belle olla en terre grise, lacruelle renfer-
mait une urne de verre remplie d'os brûlés et concassés. Une soucoupe rouge recouvrait
l'urne cinéraire.
Cette découverte ayant fait bruit , je me transportai aux Loges le 8 février 1851 , et j'y
reconnus aisénient la présence d'un^cimetière à incinérations que j'explorai au mois d'août
suivant.
Ce cimetière, qui avait 16 mètres de long sur 8 de large , renfermait au moins cent
vingt vases dont cinquante environ contenaient des os brûlés. On nous a parlé d'un Auguste
en argent; mais nous, nous n'avons rencontré aucune monnaie. Parmi les vases, nous
avons reconnu trois doliums en terre rouge, dix vases de verre dont trois barillets, une
clochette et un anneau en bronze, et une petite cuillère en argent. Un seul vase de
terre rouge portait la marque de potier (damini m). Mais deux barillets nous ont fourni
des marques de verrier : F. p. front; — front, s. c. f. Nous attribuons ces incinéra-
tions au ne ou au me siècle de notre ère. Les objets qui en proviennent sont au Musée
de Rouen.
Du reste, nous avons donné une description détaillée de notre exploration dans les divers
ouvrages que nous indiquons dans notre bibliographie.
Epoque incertaine. — Une autre découverte assez curieuse , mais d'une date incertaine ,
a été faite aux Loges, en 1845, par le sieur Moignard, cultivateur. Elle consiste en
L
— S74 —
une de ces chaudières d'airain à trois
pieds et deux anses assez communes
en Normandie et dans toute laFrance.
Celle-ci contenait trois chandeliers
ou pieds de lampe en bronze^ et trois
cuillères marquées d'une fleur de lis.
Ce dernier détail paraît indiquer une
origine assez récente. Nous croyons
que ces objets ont été achetés par
M. Deville pour le Musée de Rouen.
Époque frasque et période nor-
mande. — Nous ne pouvons passer
sous silence une tradition populaire , si étrange qu'elle nous paraisse. Nous avons entendu
dire que le nom des Loges (Logiœ) venait de ce que les comtes de Caux ou les ducs de
Noimandie avaient établi sur ce point les loges de leurs chiens. Ce qui est plus sûr, c'est qu'à
l'époque normande il y avait déjà aux Loges un vieux château-fort dont les murs en tuf
présentent encore des cintres romans.
M. Leroy a marqué sur la carte un monastère aux Loges à l'année 656. Il suit en cela les er-
rements de MM. Guilmeth et Paillard de Saint-i\jglon,quiontcrudevoir placer à Bordeaux,
près des Loges , l'ermitage de Childemarque , première abbesse de Fécamp , que d'autres
font venir de Bordeaux en Aquitaine. Nous ne sommes pas en mesure de nous piononcer.
T CHAnDBLIBK E
BIBLIOUKAPHIIi.
L'abbâ Cochel, i La Voie r
Ëtretat , • p- 4.
Id.,>La Normandie souterraine,* 1" édit.,p. 77-
2* édit-, p. 87-95.
Id., «Revue de Rouen, . année 1651, p. 385-394.
Id., «Bulletin monumental ,b t. zvm, p. 5-16.
L'abbi: Cochel, •Hêm. de la Soc. des AnUq. de Nonu.,>
. xnr, p. 1C8; t. mi, p. 303-312, et t. liiv. p. 344.
Guilmelb, ■ Desc. géog., hiet., siat. et mon., ■ 1. 1",
>. 181, S6I-65.
Paillard , ■ Le Havre et bdd arrondiss., t. ii.— Canton
le Fècamp,! p. 12.
CANTON DE GODERVILLE.
GODERVILLE.
Époque romaine. — Le seul vestige d'antiquité que nous connaissions sur le territoire
de ce boui^ est le passage de la voie romaine qui allait de Lillebonne à Etretat et à Fécamp.
M. Lecointe, ancien juge de paix, a vu détruire l'encaissement de cette voie vers 1845 , au
— 375 —
lieu dit la Fosse-aux-Prêchetix , à quelques mètres de l'ancien château de Goderville. —
M. Deville pourtant nous a cité un moyen bronze de Marc-Am"èle trouvé à Goderville.
Epoque franque. — Ce lieu est appelé Godardi-Yillam dans la charte de Charles-te-
Chauve qui , en 875, fait le dénombrement des biens du chapitre de Rouen.
JJsihbb Cochet, oMé m. delaSoc. des Anliq. deNorro.,1 i
t. XIV , p. 167 , et l. xx:v. p. 344.
Id-, aVoie romaine de Lilleboane à EtreUtL.^p. 3 et 4. 1
A. Le Prévost, «Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm . ,•
. XI, p. 9.
CRETOT (section de goderville). ^
Époque incertaine. — Près du modeste château de Cretot est une motte énorme
couverte de hêtres et de sapins fort élevés. Les sires de Cretot , dont le château s'appuyait
sur la motte, étaient autrefois grands Bouteillers héréditaires de Normandie.
Époque romaine. — En 1832 ou 183.^ , lors de la démolition de l'ancienne église de
Cretot , M. le docteur Robin nous a assuré avoir trouvé des tuiles à rebords et plusieurs
cercueils en pierre sous forme d'auge.
B. Gaillard, « Recherches archéologiques, »p. 4. i L'abbÈ Cocliet,«Mêm. de la Soc. des Antiq. deNonn.,"
L'abbéCochet, «LesEglisesdel'arroTidiss. du na\-re,v i. xiv, p. 167, et t. ixiv,p. 3U.
I. Il, p. 139, I Id.. • Voie romaine de Lillebonne ù Etrelat, . p. 4.
ECRAINVILLE. •
Époque incertaine, probablement fbanque (?). — Dans un des embranchements
du Grand-Val d'Etretat, près d'un hameau appelé le Val-Miellé, au lieu dit Maucotnble,
on a découvert, le 5 juin 1778, une carrière ou crypte curieuse contenant environ cent
— 376 —
cinquante squelettes humains. Cette carrière, lai^e de 40 à 42 mètres et haute de
2 mètres 35, a été dessinée et publiée par Tabbé Dicquemare, du Havre, dans le
Journal de Physique , de l'abbé Rozier. M. Dicquemare , qui avait visité la crypte de
Maucomble (1) en compagnie de l'abbé Anfray, propriétaire du lieu, nous a laissé éga-
lement une description de ce qu'il vit dans cette catacombe cauchoise. Les squelettes
étaient dispersés sur tout le pavé de la marnière, mais plus spécialement autour, des
parois. Il y en avait de tout âge, et ils paraissaient être là depuis bien longtemps. Il croit
que les infortunés qui peuplaient cette crypte y sont entrés vivants, et qu'ils y ont été
enfumés.
Peu d'objets d'art accompagnaient ces restes humains. On n'a recueilli qu'une clef et
deux boucles en fer. Ce dernier détail nous fait penser à l'époque franque, probablement
au temps des invasions normandes.
(1) La crypte de Maucomble n'est pas sans analogue en archéologie. D'abord, nous pourrions rapprocher d'elle
les nombreux souterrains-refuges dont la Picardie est semée. L'abbé Lebeuf les avait connus dès le siècle dernier.
Après avoir rappelé ceux de la vallée de la Somme « qui ont, dit-il, la forme d'une croix de Saint-André , « il les
attribue à l'époque des invasions normandes. Dans les recherches qu'il a faites sur ces cryptes , il expose qu'un
acte de 1181 leur donne le nom de « Territorium sanctœ liberationis. » Le Beauvaisis parait avoir été couvert de
ces souterrains. Dans son « Répertoire archéologique du dépaïlement de l'Oise,'» que vient de publier le gou-
vernement, M. E. Woillez en cite presque à chaque page. Nous noterons spécialement les souterrains-refuges de
Grandvilliers, de Gempuis-le-Grand, de Dameraucourt , de Fouquerolles, de Tillé, de Troissereux, de Novillers,
de Beauvoir, de Bonvillers , de Bonneuil-le-Plessis , de Fléchy, de Roquencourt, du Mesnil-Saint-Firmin , de
Villers- Vicomte, d'Agnetz,d' A vrechy, de Bulles, de Rémérangle, de Blanc-Fossé, de Gormeilles, de Choqueuse-
lès-Besnard, de Groissy, de Doméliers, de Gampremy, de Froissy, de Noyers-Saint-Martin, de Saint-André-Fari-
villers, de Nourard-le-Franc, de Fontaine-Bonneleau, etc. — Des grottes et des souterrains à peu près semblables
sont également signalés dans le Gher. ( « Mém. de la Gommission hist. du Gher, » n» 5, p. 88-100.) — Mais en
dehors de ces généralités, voici des cas beaucoup plus rapprochés du nôtre. En 1851, sur le territoire de Ghouilly,
dans la montagne de Sarran, près Epernay, on a trouvé une caverne taillée dans la craie en forme de masse de
four. Elle se partageait aussi en deux caveaux, dont le plus petit contenait quarante-huit squelettes d'hommes, de
femmes et d'enfants, jetés péle-môle au beau milieu de la pièce. Trois vases, en terre cuite, et des haches en silex,
se trouvaient avec les corps. — Dans le voisinage on a fait encore une pareille découverte ; mais là , il y avait
seulement trente squelettes. Le Monl-Sarran s'appelle le Tombeau. ( « Gongrès archéol. de France, séanc. gén.
de 1855,» p. I99et201.)— En 1816, près Nogent-les-Vièrges , dans le département de l'Oise, on a découvert une
grotte, dite à présent du Reliro. Elle a la forme d'une fève, et l'on y pénètre par un trou pratiqué dans la
craie. Elle est dallée en pierre naturelle. On y a compté quatre-vingt-dix squelettes d'hommes , de femmes et
d'enfants. Avec ces corps on a recueilli une hache et un couteau en silex et un fragment de poterie gauloise.
(Houbigant, « Recueil des antiq. bellovaques, » p. 54-110, et « Mém. de la Soc. acad. de l'Oise, » t. iv, p. 462-518.
— Barbie du Boccage, « Mém. de la Soc. des Antiq. de France, » t. m, p. 299. — « Revue encyclopédique , ■ de
novembre 1820, t.viii, p. 41. — Graves, • Notice archéol. du départ, de l'Oise, » p. 17.) —fin 1839, à Séry, près
Grépy (Oise;, on a trouvé chez M. le baron de Delfaut de Belfort une grotte pavée et lambrissée avec des dalles
grossières. On y a également reconnu des ossements, un anneau de pierre, une corne de cerf, une hache en silex
et de la poterie gauloise. (Houbigant, « RiMîueil des Antiq. bellovaques, » p. 57-58.)— En 1861, à Misy, commune de
Levrigny, canton de Dormans (Marne), o» a découvert une caverne ovale, ayant 4 mètres $0 sur 3 mètres à 1 mètre
90 de large, et 1 mètre 25 de haut. Elle était remplie d'ossements humains et d'objets en sil0x. Il y avait trente-trois
crânes, des haches, des couteaux en silex, des bois de cerfs et 4e la poterie grossière. -* A Ghouilll ( Marne ) , en
1851 , caveau taillé dans la craie, haut de 1 mètre 10, long de 4 mètres 30 sur 3 mètreft 40. Il contenait quaranle-
huit squelettes], trois vases de terre et quelques instruments de silex. ( « Revue des Soc. Sav. , » 3* série, 1 1",
p. 129-130.)
— 377 —
Fermée peu après révénement , la crypte de Maucomble fut ouverte de nouveau en i 785
et en 1837. A présent, on y pénètre à volonté.
L'abbé Cochet, n La Normandie souterraine,» !'• édit.,
p. 347-350; 2- édiU, p. 441-445.
L'abbé Dicquemare , « Remarques sur une ancienne
mamière du gouvernement du Havre et sur des squelettes
humains qu'on y a trouvés, » dans le « Journal de Physi-
que, » d'octobre 1779, t. xiv, p. 302-306, ôt planches.
AUBERVILLE-LA-RENAULT.
Époque incertaine. — Dans sa Carte archéologique^ M. Leroy indique ici une motte ou
vigie. — On nous a assuré qu'il existait à Aubervilie des traces écrites et monumentales
de Fancien passage de la rivière disparue d'Etretat.
BEC-DE-MORTAGNE.
Epoque romaine. — En i 864 , il a été trouvé au Bec-de-Mortagne une très belle
meule à broyer en poudingue avec son réceptacle. Elle est entrée dans la Bibliothèque de
Fécamp.
Epoque incertaine. — Sur une colline et dans un bois dit Bois-de-Notre-Dame
ou de-lor-Vieille-Tour^ est une motte énorme fossoyée, du côté de la colline, par une
douve de plus de 25 mètres dé profondeur, et appelée la Vieille-^Tour. Malgré les
broussailles qui la couvrent et qui Fenvironnent , il m'a semblé y reconnaître des
restes de maçonnerie. On parle même de souterrains communiquant avec le Vieux-
Châtel.
Ce Vieux-Châtel est une ruine encore imposante de forme carrée, qui dut être le
château du moyen-âge. On parle de fées et de fantômes errant la nuit -autour de ses
débris.
L'abbé Cochet, « Les Eglises de l'arrond. du Havre, « | De Glanville , « Promenade archéologique de Rouen à
t. Il, p. 170. I Fécamp, » p. 123.
BAIGNEVILLE (section du bec-de-mortagne ).
Époque franque. — Dans la vallée opposée à celle de Valmont, là où coule aujourd'hui
le Bec-de-Mortagne ( Beccum de Mortuo stagna)^ vallée toute remplie de moulins et de
vieilles maisons bâties en tuf, on remarque sur une hauteur abrupte le point où fut jadis
réghse de Baigneville. Le cimetière de cette église , détruite par la Révolution, est possédé
par M. Lanchon, de Fécamp. En cherchant du caillou dans ce terrain , des ouvriers ont
48
— SV8 —
trouvé, en 1856 ou en 4857, un cercueil de pierre
contenant une sépulture de l'époque franque. Autour
du squelette étaient des armes de fer et des ornements
de bronze. Malheureusement, le tout a été détruit, à
l'exception d'un ornement circulaire dont jusqu'ici je
n'ai su bien déterminer l'usage (i). J'en ai trouvé de
pareils à Envermeu. D'autres en ont rencontré en
Bavière , dans le Luxembourg , dans le Beauvaisis et
bien ailleurs. — J'en donne ci-conlre le dessin.
SAINT-MACLOIÎ-LA-BRUYÉRE.
Période normande. — Au x» siècle, ce lieu est appelé Ecclesia Sancli Uachnti. C'est
là, suivant une chronique de l'abbaye de Fécamp, qu'aurait eu lieu, en 990, le changement
du vin en sang pendantla messe du prêtre Isaac, le jour même oii Robert de Normandie
dédiait l'abbaye de la Sainte-Trinité, en présence de Richard !««■. Ceci serait aussi, selon
nous, l'origine et la meilleure explication de la célèbre relique connue sous le nom de
Précieux-Sang de Fécamp.
Époque incertaine. — Une tradition prétend
que l'église de cette paroisse a été changée de
place : les uns disent qu'elle était à la Pointe ;
(1) Ce genre i
lïéquent dans li
eent,DDa'api
pendant qu'il
parure. Nous
Déjà nous en
laine.fpLx.!
Tenautde cett
rônnanl la r
sépultures franques ou teutoniques. Gepeadant
; saotis de distinction. Jusqu'à pré-
en détorminerclairement l'usage. Nousoroyons ca-
se rattache au ceinturon', dont il devait Tonner ta
n avons tiouvâ deux ou trois analoguesà Envermeu.
ifons reproduit un dans notre « Normandie souter-
fig. 4.) Aujourd'hui nous en donnons deux autres
même vallfe de l'Eaulne. Autant que nous pouvons
us croyons avoir recueilli cesobjelsàlacein-
tore des morts. — Des plaques circulaires et découpées de la
même manière ontëtë lirées du magnifique cimetière de Norden-
dorr, en Bavière. M. Lindensehmita bien voulu nous en adresser
les dessins. Le grand-duché de Luiembourg en a égale ment fourni
à U. Namur. La France en a donné sur plusieurs points. Nous
pouvons citer notamment le Beauvaisis. En 1658, les fouilles de
Hontescourt-Lîzerolles en ont présenté une à M. Ue ré, de Saint-
Quentin. ( • Mém. de la Soc. acad. de Saint-Quentin , ■ 3' série ,
l, 1", p. 305-70 , pi., Dg. A. ) En 1859, M. Doublet de Bois-Thi-
bftnlt en signalait une autre dans une sépulture mérovingienne
de l'église do Sain t-Marlin-au- Val, aux porte8deCliartreH.(iiHevue
archéologique , « jvi- année , p. 3G6 , n" 8.) — A Romilly { Cal-
— 379 —
les autres, à la Valette. Ces translations indiquent parfois des cimetières mérovingiens. -^
M. Leroy place une vigie à Saint-Maclou-le-Bruyère.
« Neustria pia , » p. 207. | « Les Églises de rarrond. du Havre, » t. ii, p. 18, 145.
DAUBEUF-SERVILLE.
Cette commune se compose des deux anciennes paroisses de Serville et de Daubeuf-le-Sec.
Époque incertaine. — D'après la tradition , la rivière de Ganzeville ou de Fécamp
prenait autrefois sa source à Daubeuf, surnommé maintenant le Sec, parce que sa rivière
s'est trouvée un jour subitement asséchée. La tradition rattache à cette disparition de rivière
l'idée d'une punition céleste. On raconte que le curé fit évanouir la source parce que les
habitants de la vallée avaient chassé des fontaines les habitants de la plaine , altérés par
une grande sécheresse.
E. Marchand, a Des Eaux potables en général, etc., »
p. 124, J 64.
L'abbé Cochet, « Sépult. gaul., rom., franq. et norm., »
p. 84.
MENTHEVILLE
Époque gauloise. — M. E. De la Quérière, de Rouen, a signalé au public et à la Com-
mission des Antiquités la découverte faite à Mentheville, en 1842, de deux hachettes en
silex, dans le voisinage du vallon et des carrières de Pêtrevaly d'où sont sorties, dit-on, les
pierres de l'abbaye de Fécamp et de beaucoup de nos anciennes églises du pays de Caux,
« Revue de liouen », année 1843, i*' sem., p. 185-87.
GONFREVILLE-CAILLOT.
Époque incertaine. — J'ai connu près de l'église de Gonfreville une motte ou tertre
entouré de fossés , et dont il m'est impossible de déterminer le caractère.
BRETTEVILLE-LA-CHÀUSSÉE.
Époque romaine. — C'est peut-être ce lieu qui est appelé Britavilla dans une charte du
duc Robert renouvelant les donations faites par Charles-le-Chauve à la Cathédrale de Rouen,
Ce que nous pouvons affirmer, c'est que l'affixe ou surnom de Chaussée lui vient bien cer-
vados), en 1863, pendant que Ton creusait les fondations de l'église, M. Gervais , de Caen, a recueilli une plaque
circulaire en bronze formant une rose découpée à jour, représentant Taspect de deux guivres entrelacées. ( « Bull,
d© la Soc. des Antiq. de Norm., » t. ii, p. 664. — M. le colonel de Morlet, de Strasbourg, raconte qu'à Hochfetden ,
près Brumath (Bas-Rhin), on a trouvé , vers 1862 , dans un cimetière franc, une plaque de bronze découpée , où
Ton croit voir les têtes de quatre serpents circulaires à rayons. Cette plaque qu'il reproduit était , dit-il , sous le
crâne d'un squelette. « Notice sur des cimetières gaulois et germaniques découv. dans les environs de Strasbourg,»
p. 6. Une plaque du même genre a été également trouvée, en 1861, dans le cimetière franc de Verly (Oise). « Bull,
de la Soc. Acad. de Laon , » t, xin, pi. rv, fig. 1.
— 380 —
tainement de la voie romaine qui traversait le village. La trace de cette voie antique , qui ,
partant de Lillebonne, conduisait à Étretat et à Fécamp, est encore marquée dans les deux
hameaux de la Grande et de la Petite-Cauchie de Bretteville.
Époque incertaine. — Non loin de la chaussée romaine se trouvaient encore, en 1834,
deux tertres ou tumuli antiques entièrement couverts de taillis. L'un d'eux , dont la forme
était oblongue, a été détruit pour la culture vers 1844; l'autre, qui doit subsister encore,
est voisin du bourg ou du carreau de Bretteville , comme on dit dans le pays.
Ce terrassement étrange, que j'ai visité bien des fois, se compose d'abord d'un fossé
profond parfois rempli d'eau comme une douve féodale , lequel isole de la plaine une plate-
forme en demi-lune assez spacieuse et élevée au-dessus du sol environnant. Puis, à l'un des
bouts de ce terre-plein , s'élève une énorme motte circulaire qui n'avait pas moins de 20 à
25 mètres de hauteur. Au sommet de ce donjon en terre, j'ai remarqué avec étonnement
des restes de fortes et épaisses murailles dont je ne distinguais pas alors le caractère. Ce
terrassement intéressant et mystérieux doit subsister dans son intégrité.
« Mém. de la Société des Antiquaires de Norm., » 1 L'abbé Cochet^ «Voie romaine de Lillebonne à Étretat,»
t. XI, p. 13; t. XIV, p. 167-68, et t. xxiv, p. 344. ! p. 3 et 4.
GRAINVILLE-L'ALOUETTE (section de grainville-imoville).
Époque incertaine. — D'après les monuments géographiques et les traditions locales ,
Grainville-F Alouette posséda autrefois une rivière aujourd'hui disparue sous terre. Ce cours
d^eau prenait sa source sous le mamelon que dominait autrefois l'église démolie de Grain-
ville, et, après avoir arrosé tout le Grand-Val, il se jetait à la mer à Étretat. Une légende
populaire, digne des temps héroïques, attribue à une bohémienne la disparition de cette
rivière, assez forte pour faire tourner un mouHn à sa source. D'après les monuments histo-
riques, la perte du ruisseau n'aurait eu lieu que depuis deux ou trois siècles.
Nous ne saurions dire ce que cache la légende de cette rivière. Ce ruisseau a-t-il disparu
par un événement géologique, ou par la volonté des missionnaires chrétiens, à cause du
culte que portaient à cette source les idolâtres? Nous serions tenté d'adopter cette dernière
Tersion.
Époque romaine. — En tous cas, Grain ville a montré au siècle dernier, dans un de ses
champs labourés , un cimetière romain rempli d'incinérations. Aperçu d'abord vers 4750
par le fermier qui exploitait la terre, il devint, en 1755, l'objet de l'attention de plusieurs
personnes savantes de la ville du Havre. Les découvertes provenant de la culture ayant été
portées dans cette cité commerçante et éclairée, M. Duboccage de Bléville, l'historien du
Havre-de-Grâce, se transporta à Grainville et fouilla une journée dans le Fief-des-Champs,
qui, depuis lors, prit le nom de Terre-à-Pots on de Pièce-à-Pots , qu'il porte encore aujour-
d'hui. En une seule journée, M. de Bléville mit au jour cent cinquante vases antiques en terre
et en verre. Il en emporta une partie au Havre, rédigea un procès-verbal de sa fouille, dressa
— 381 —
un plan de la terre et tira un dessin des vases. Si les objets sont de nouveau perdus , du
moins 4e procès-verbal et le dessin sont arrivés jusqu'à nous. Communiqués vers i 823 à
la Commission des Antiquités par M. Pinel , du Havre, l'un et l'autre ont été publiés par
nous, en 1857, dans le volume de nos Sépultures.
Outre ces vases , M. Duboccage de Bléville trouva encore dans son exploration trois mon-
naies de bronze du temps des Antonins, un anneau d'ambre ou de succin et un ornement
en métal ou en jayet.
Nous avons toujours désiré faire des fouilles dans la Terre-à-Pots de Grainville, et nous
n'en perdons pas l'espérance.
Ce lieu paraît avoir été fort habité à l'époque romaine , car, en 4 834 , M. Robin , de Go-
derville, et moi, nous avons trouvé chez un tisserand une belle urne grise qui, en 1830,
était sortie du fossé d'une ferme.
BIBLIOGRAPHIE.
L'abbé Cochet, « Étretat et ses environs, » p. 24-25.
Id., « Le Havre et son arrondiss., t. ii. — Canton de
Criquetot, » p. 24-25.
Id., « Les Églises de l'arrond. du Havre, » t. ii, p. 137.
Id., a Étretat, son passé, son présent, son avenir, » 2*
édit., p. 66-68 i 3« édit., p. 96-100.
Id., « La Normandie souterraine, » i" édit, p. 122-24;
2* édit, p. 140-42.
L'abbé Cochet, « L'Étretat souterrain, » l" série, p. 6.
Id., a Sépult gaul., rom., franq. et norm., »» p. 69-93,
et planche.
E. Marchand, « Des Eaux potables en général, etc:, »
p. 172-173.
Noël de la Morinière , « Second Essai sur le départ,
de la Seine-Inférieure, * p 32, 38-39.
A. Bosquet, a LaNorm. romanesq.et merveil., » p. 501.
MIRVILLE.
Époque romaine. — Mirville est un lieu fort ancien. Dès 4814 et 1820, en travaillant à
la fontaine qui coule au pied d'un coteau et au bord d'un bois , on trouva une quantité de
statuettes en terre cuite dont j'ai vu les derniers vestiges chez M. le marquis de Mirville ,
à Gommerville. J'y ai reconnu des Vénus anadyomènes et des Lotones assises dans un fauteuil
et tenant dans leurs bras un ou deux petits enfants. Il est évident que ce sont là des statues
votives jetées dans une fontaine vénérée par les Gallo-Romains idolâtres. Une statuette de
Latone à deux enfants et un tronc de Vénus sont au Musée de Rouen , venant de la vente
d'Hyacinthe Langlois, qui les tenait de MM. Rêver et de Mirville. MM. Rêver et de Mirville
visitèrent cette découverte , et offrirent quelques échantillons de ces statuettes au Musée de
la Société des Antiquaires de Normandie.
Époque incertaine. — Non loin de l'église actuelle et dans l'enceinte du château , est
une motte de vallée assise dans une prairie.
Une vieille tradition dit que l'église de Mirville a été transférée, et qu'elle était autrefois
placée dans des terres labourées connues sous le nom de Vieux-Cimetière. On prétend
même rencontrer avec la charrue les fondements de l'édifice disparu.
Si cette translation a eu lieu , il faut qu'elle soit bien ancienne, car l'église actuelle est du
xiie ou du xiiie siècle.
■ Mém., de la Soc. des Antiq. de Norm.,
<■ La Nonn. souterr., > 1" ëdit., p. 168; 2* édit, p. 19t.
s Les Églises de l'arroad. du Havre,» t. ii, p, 153-M.
BRÉÂUTÉ.
Époque incertaine. — J'ai toujours entendu signaler à Bréauté la présence d'une motte
ou vigie antique, que je crois avoir été détruite vers 1830.
Époque romaine. — La voie romaine , qui de Lillebonne se dirige vers Étrelat et vers
Fécamp,passe par Bréauté où elle est encore bien reconnaissable au hameau de La Caackie.
En avril 4856, il a été trouvé à Bréauté, à quelques pas de la route départementale n» 9,
au lieu appelé Givoust, un cimetière des trois premiers siècles de notre ère. On a cru d'abord
reconnaître les clôtures et les barrières du champ de repos. Mais ce qui est plus certain ,
c'est qu'à 50 centimètres du sol, il a été rencontré une cinquantaine de vases antiques
provenant des incinérations. Nous avons décrit ces vases qui sont aujourd'hui au Musée
du Havre , auquel M. Mochon , de Goderville , propriétaire du terrain , tes a offerts. Ces
vases consistent surtout en une belle olla ou urne en terre grise, renfermant dans son sein
une magnifique urne en verre de forme carrée et encore remplie d'os brûlés. Au fond de
l'urne est figuré un autel avec ces deux lettres ; c. F. Deux jolis vases de verre accompa-
gnaient cette urne. ■ — Nous reproduisons ici ces quatre dernières pièces.
s noMAiNs (brëavtb, iSje).
— 383
Dans une fouille que je pratiquai moi-même à Givoust en juillet delà même année, je ren-
contrai encore trois urnes de terre en forme depol-au-feny remplies d'os brûlés et concassés.
« Sépult. gaul., rom., franq. et nonn., » p. 410-416.
« Courrier de Fécamp , » d'avril 1856.
« Journal de Fécamp., » d'octobre 1866.
a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xiv ,
p. 167, et t. XXIV, p. 343-44.
« Voie romaine de Lillebonne à Étretat, » p. 3 et 4.
BORNAMBUSC.
Époque incertaine. — J'ai vu, en 1835, la place d'une motte circulaire détruite vers
1830 par un propriétaire de Bornambusc. Elle était au bord du chemin de grande
communication n"* 11, qui va de Goderville à Saint-Romain. M. Gaillard assure avoir connu
un fragment de voie romaine sur le territoire de Bornambusc.
E. Gaillard, «Recherches archéologiques, » p. 11.
HOUQUETOT.
J'ai connu à Houquetot un chœur en tuf et une abside romane circulaire du xi^ siècle.
On y signale aussi quelques antiquités mal caractérisées.
VIRVILLE.
On m'a parlé d'une motte ou vigie antique sur le territoire de Virville , dont l'église est
romane du xi® siècle.
SAINT-SAUVEUR-LA-CAMPAGNE (section de saint-sauveur-d'émalleville).
Epoque franque — Au moyen-âge , ce lieu est appelé Sancti Salvatoris in Campaniâ ,
dans les archives du prieuré de Grâville, ce qui fait croire que c'est à lui qu'il faudrait
appliquer le nom de Villa Campaniâ , in pago Caletensi , mentionné dans le récit des
miracles de saint Wandrille. Ce dernier écrit est l'œuvre *d'un moine du ixe siècle.
A. Le Prévost,» Mém. delà Soc. des Antiq. de Norm.,»
l. XI, p. 13.-
Mabillon , « Acta sanc. ord. S. Benedlct., » sœc. ii ,
p. 547.
Va
YASB ROMAIN EN TEBRB
(MANNBVILLBy 1861).
MANNEVILLE-LA-GOUPIL.
Époque romaine. — En avril 1858, on a trouvé à Man-
neville-la-Goupil un cimetière romain dans une ferme située
au hameau de Ckambray, à quelques pas de la route impé-
riale no 25. C'est en comblant une mare que les incinérations
antiques se sont fait jour.
^ M. le curé de Manneville et le fermier, M. Hélie , m'ont cédé
pour le Musée de Rouen deux urnes en terre grise en forme
de pot-au-feu : l'une contenait encore des os brûlés ; puis
quatre ou cinq vases aux offrandes, se composant de cruches
et d'écuelles en terre en mauvais état de conservation.
_ 384 —
J'ai vu au Havre , chez M^ies de Saint-Pierre , proprié-
taires de la ferme, une belle urne carrée en verre rem-
plie d'os brûlés qui trempaient dans l'eau d'interposition.
Le fond de cette urne est remarquable par des reliefs
reproduisant des oiseaux , des poissons et une douzaine
de lettres placées aux angles. Malheureusement, l'en-
semble est indéchiffrable. Nous donnons ici un dessin de
ce curieux vase et de son fond.
Cette urne était accompagnée de huit à dix vases en
terre rouge, noire ou blanche : c'étaient des bols, des £
plateaux, des soucoupes et de petites amphores pour les
offrandes et les libations.
En septembre 4864 , j'ai fait une fouille à Manneville,
et j'ai encore trouvé une urne en terre grise parfaitement
conservée. Elle était recouverte d'une écuelle renversée ,
et contenait, avec des os
brûlés, une coupe de verre, j
trois palets en os et trois |
monnaies de bronze du
"WTTSW
VASE EN TEBaE (MANNEVILLE,! 861). HaUt-EmpirC.
fl Bull, (le la Soc. des Antiq. de Norm., » t. ii, p. 136.
a Journal de Fécamp, » du 24 avril 1858.
« Journal de Tarrond. du Havre, » du 6 avril 1858.
« Journal de Rouen, • des 5 et 6 avril 1858.
« Revue archéologique, • nouvelle série, t. vi* , p. 33, année 1863.
li Bulletin monumental , » t. xxix, p. 34.
« Revue de la Normandie, » !'• année, p. 794-95.
VASE ROMAIN EN VERRB
(MANNEVU^LE, 1858).
CANTON DE SAINT-ROMAIN-DE-GOLBOSG.
SAINT-ROMAIN-DE-COLBOSC.
Ce lieu est appelé Colbosc dans la charte délivrée (vers 1050) par Guillaume-le-Bâtard,
pour la fondation de l'abbaye de Saint-Georges-de-Bocherville.
Epoque romaine. — La voie romaine de Juliobona (Lillebonne) à Caracotinutn (Har-
fleur) passait par Saint-Romain. Elle est surtout bien reconnaissable dans la traverse de
Saint-Michel-du-Haisel. Les fabuleuses chroniques de la Normandie en attribuent la
confection à Jules César lui-même, avec les débris de la ville gauloise de Calet.
— 385 —
Epoque franque* — D'après le pouillé d'Eudes Rigaud , au xiii© siècle , Saint-Romain
aunait partagé avec Gommerville l'honneur d'être le titre d'un doyenné : t Decanatus de
Sancto Romano, aliàs de Gomervillà. i> Cela suppose une existence dès l'époque franque,
A cette période reculée, nous pourrions peut-être rapporter les ruines du Catiau-Robert^
situées au bord du vallon, entre les anciennes paroisses de Grosmesnil et de Saint-Michel-
du-Haisel , aujourd'hui réunies à Saint-Romain (1).
Nagerel , « Descrip. du pays et duché de Normandie,»
p. 5 et 6.
L'abbé Belley, « Mém. de l'Acad. des Inscriptions et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 635-653.
Guilmeth, a Notice sur le bourg de St-Romain, « p. 24.
a Mém. de la Soc. des Antiq. deNorm-, » U xiv, p. 155,
et t. XXIV, p. 320-321. ^
De Duranville , « Essai sur l'Histoire de la côte
Sainte-Catherine , » p. 344.
LA REMUÉE.
Époque romaine. — Ce village, qui est appelé Remota dans les titres du moyen-âge, ne
nous est connu, archéologiquement parlant, que comme le passage de la voie romaine de
Juliobona (Lillebonne) à Caracotinum (Harfleur).
L'abbé Cochet, « Les Eglises de l'arrond. du Havre , » 1 « Mém. de la Soc* des Antiq. de Normand., » t. ziv,
t. u, p. 353. ^ I p. 154, et t. xxiv, p. 819-320.
LES TROIS-PIERRES,
Époque gauloise (?). — Ce lieu , nommé Très Petrœ au xine siècle , semble rappeler
des monuments et des souvenirs druidiques.
Période normande. — Dans le cimetière est un vieil if de plus de 7 m êtres de cir-
conférence , et dans lequel on a établi une chapelle en 1 856.
L'abbé Cochet, « Les Eglises de Tarrondissement du Havre, » t. ii, p. 352-353.
PRETOT (SECTION d'étainhus).
Époque incertaine. — On signale à Pretot une motte ou vigie. Ce lieu est appelé
Peltot dans le pouillé d'Eudes Rigaud.
L'abbé Cochet,' « Les Eglises de l'arrondissement du Havre. » t. ii, p. 341.
GRAISIBOUVILLE.
Époque romaine. — Entre Téglise de Graimbouville et le château de Goustimesnil , un
cultivateur a recueilli, en 1862, sur une taupinière , un aureus de Tibère pesant huit
grammes et ayant traces de surfrappe.
(1) Une enceinte fortifiée, portant le nom de Châleau-Bobert, se voit aussi au nord des ruines de Cambremont,
près Acquigny (Eujre.)(«Bull. mon., » t. xxxi, p. 66.)
49
38G —
SAINNEVILLE-SUR-SEINE.
Époque franque. — On attribue à ce village la dénomination franque de Sennen ou de
Sennau, qui se lit dans la Chronique de Fontenelte. On voit en effet que saint Bénigne,
religieux, qui devint plus tard abbé de Fontenelle, donna au monastère du bienheureux
Wandrille un lieu nommé Sennan ou Sennau, Cette donation eut lieu en 698, la iv© année
du règne de Childebert II.
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Anti- | « Ghronicon Fontanellae, » c. vu.
quaires de Normandie, • t xi, p. 13. I
SAINT-AUBIN-ROUTOT.
Saint-Aubin, à présent surnommé Routôt par suite de la réunion, depuis 1823, de l'an-
cienne paroisse de Routot, s'appcjlait, au siècle dernier et au commencement de celui-ci,
Saint-Aubin-de-la-Botte , à cause d'une auberge de ce nom. Mais, au xviie siècle et aupa-
ravant, c'était Saint-Aubin-des-Cercueils. Cette dernière affixe remonte loin, car, au xrve
siècle, les registres de l'archevêché de Rouen disent Saint-Aubin-de-Sarcophagny, proba-
blement pour sarcophage; au xiv^, ils le nomment Saint-Aubin-des-Serqueux, et enfin le
pouillé d'Eudes Rigaud, rédigé au xni^ siècle, l'appelle Sanctus Mhinus de Sarquelet.
Époque romaine ou franque (?). — La raison de ce surnom funèbre vient à ce village
de la quantité considérable de cercueils de pierre qu'on y trouve depuis des siècles. Nous
croyons qu'au siècle dernier l'abbé Belley a entretenu de ces cercueils l'ancienne Académie
des Inscriptions. De nos jours, vers 1820, M. Pinel, du Havre, a encore connu, dans le
cimetière qui entoure l'église de Saint-Aubin , des cercueils de pierre. Il assure que le
fossoyeur, en creusant les tombes, en rencontre fréquemment; presque toujours il brise ces
tombeaux, vides depuis longtemps. M. Pinel en a vu découvrir un et l'a mesuré : il avait
1 mètre 88 centimètres de long , 20 centimètres de profondeur,^56 centimètres de lai^e
à la tête , et 28 aux pieds , mesures prises au dedans. L'épaisseur des parois était constam-
ment de 6 centimètres. La matière, examinée par des tailleurs de pierre, a été reconnue
provenir des environs de Paris. Tous étaient orientés est et ouest, et tous se ressemblaient
M. Gaillard dit « qu'à Saint-Aubin-des-Cercueils, non loin de l'auberge de la Botte,
existe un tertre ou tumulus , » qu'il assure être couvert de débris romains.
Par Saint-Aubin passait la voie romaine qui allait de Lillebonne à Harfleur.
Période normande. — En 1840, j'ai encore vu dans le cimetière de Saint-Aubin, le
long de l'ancienne église, des dalles de moellon provenant de cercueils chrétiens du xie au
xiiie siècle. Les précédentes sépultures appartiennent probablement à l'époque franque.
« Les Églises de Tarrond. du Havre, » U ii, p. 319-320.
€ Mém. de la Soc. des Antiq. deNorm., » t. xiv, p. 155-
156, et t. x>iv, p. 321-322.
E. Gaillard, « Recherches archéol., etc.,» p. 4.
L'abbé Belley, « Mém. de l'Acad. des Inscriptions et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 635-653.
— 387 —
BEAUCAMP (section de saint-aubin-routot).
Époque romaine (?). — A Beaucamp, près de l'église détruite en 1852, se trouve une
motte peu élevée , mais intéressante. Le sommet en est plat comme celui d'un camp. Mal-
heureusement, une partie du terrassement a été détruite depuis longtemps. M. Fallue dit
qu'on y trouve des tuiles à rebords.
Nous-même avons écrit déjà que la motte de Beaucamp était circulaire et qu'on y trou-
vait des débris romains. Le peuple dit que c'est un ancien camp des Romains , et que les
soldats qui y mouraient étaient enterrés dans le cimetière de Saint-Aubin-des Cercueils.
L'abbé Cochet, c Les Églises de l'arrond. du Havre, »
t. Il, p. 321-322.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. ix, p. 291;
t. XIV, p. 156, et t. XXIV, p. 322.
OUDAI^LE.
Époque gauloise. — En 1853, on a trouvé à Oudalle une monnaie gauloise en or,
' portant d'un côté la tête laurée d'Apollon. Cette pièce est à la Bibliothèque de Montivilliers.
Époque romaine. — M. Fallue mentionne des fragments de vases en terre rouge et
brune, des cendres et des ossements, rencontrés sur la déclivité du vallon qui descend du
camp de Sandouville. — M. Deville nous assure que, dans le fond d'Oudalle, on a recueilli
un bronze d'Antonin.
Epoque incertaine. — Dans le latin du moyen-âge , ce lieu est appelé Bulvedala. J'ai
lu quelque part que ce vallon renfermait des traces de barrage, comme plusieurs de nos
vallées littorales de l'océan. Je ne les y ai pas constatées.
M. Gaillard signale, sur le coteau qui borde la vallée d'Oudalle, un terrassement isolé
de la côte à l'aide d'une coupure ou tranchée profonde.
L'église d'Oudalle, aujourd'hui sur la plaine, était autrefois dans la vallée. Mais cette
translation est récente et ne doit pas dépasser le dernier siècle.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. ix , p, 279. i E. Gaillard , « Recherches archéologiques, » p. 5.
« La Normandie sont., >» !'• édit., p. 127 ; 2*édit., p. 145. | « Les É^^lises de l'arrond. du Havre^ » t. h, p. 335.
SANDOUVILLE.
Époque gallo-romaine. — L'importance et la célébrité de Sandouville consistent dans
sa grande et antique enceinte connue sous le nom de Camp de César. Ce camp, dont beau-
coup ont parlé, a été proposé par quelques-uns comme pouvant être un des Castra Constantia
de Constance Chlore. Nous ne sommes pas en mesure de décider cette question.
L'enceinte de Sandouville a été décrite avec assez d'exactitude par M. Fallue, dans son
Mémoire sur les Travaux militaires antiques des bords de la Seine et de la Rive saxonique
(p. 3-12); nous y renvoyons le lecteur. Nous dirons seulement les impressions qui nous
sont restées d'une visite faite il y a trente ans. Cette enceinte est la plus grande que noiK
connaissions. M. Gaillard lui donne 145 hectares; d'autrps lui accordent 500 acres.
L.,_
— 388
Ce camp était défendu naturellement par trois côtés : à l'occident , par la Seine et la
falaise qui borde le fleuve sur l'espace de 900 mètres ; au nord, par la vallée d'Oudalle, et au
sud, par celle de Mortemer. Cette langue de terre ne communique à la plaine que du côté
de Test ou du nord-est, et c'est là que se trouvent de gigantesques remparts en terre, sem-
blables à ceux du Hague-Dik, du Canada de Fécamp, et de la Cité de Limes, près Dieppe.
Outre les terrassements qui protégeaient son entrée, le camp de Sandouville avait toute
sa crête fossoyée dans toute la longueur des vallons d'Oudalle et de Mortemer. Ceci est
conforme à l'ancien système des enceintes fortifiées. Ce camp est un des plus curieux de la
Seine-Inférieure, et peut-être de la Normandie. Il lui manque, pour être mieux apprécié,
d'avoir été l'objet des mêmes études que ceux de Limes et du Hague-Dik. Peut-être celui-ci
trouvera-t-il son M. Feret ou son M. de Gerville.
Nous sommes très porté à croire que le secret de cette mystérieuse circonvallation est
dans son sol, et, quand ce sol aura été interrogé, il répondra. Nos successeurs lui accorde-
ront sans doute q^elque attention. En ce moment , nous ne pouvons guère citer que les
découvertes dues au hasard. A Sandouville, la tradition locale en relate plusieurs. On raconte
notamment que , vers 1785, M. de Sandouville, faisant abattre une partie du vallum, y
trouva un tombeau fait de dalles de pierre et contenant un corps avec une lance et des
fragments d'armures. Sur la pente du coteau d'Oudalle, vers les Fontaines, on a trouvé des
vases en terre rouge et grise, des ossements, des monnaies anciennes, etc., et on y en trouve
encore de temps en temps. Enfin on cite à Sandouville des meules à broyer en poudingue.
En 1858, on a trouvé à Sandouville une médaille gauloise en or du poids d'un granune
et demi, que possède M. Délié , de Manéglise , et sur laquelle il a publié une note dans le
Bulletin delà Société des Antiquaires du Normandie (t. ler, année 1861, p. 439-443).
En 1864, M. E. Lambert , de Bayeux , a décrit de nouveau cette pièce dans son Second
Essai sur la numismatique gauloise.
Pinel, « Essais archéol., hist. et phys. sur lesenvir. du
Havre,» p.43-i4.
E. Gaillard, « Recherches archéologiques, » p. 6 et 7.
L. Fallue, • Mém. sur les trav. milit. antlq. des bords
de la Seine et sur ceux de la rive saxon ique , « p. t à 12
pi. VI et vin, in-8% Caen, 1835.
« Mém. de la Société des Antiq. de Normandie, » t. ix,
p. 182-187, 279-280, et pi. vi et viii, t. xxv, p. 487, 535,
pi. IV, fig. 14.
LA CERLANGUE.
Époque romaine. — En 1833, on a découvert des incinérations romaines sur le terri-
toire de La Cerlangue. Ce fut au hameau du Claque^ dans une ferme possédée par ftP^® Le-
breton et cultivée par M. Yon , que cette découverte eut lieu. Outre les divers vases funé-
raires qui résultent ordinairement des sépultures antiques, on remarqua surtout la pré-
sence d'un petit bronze de Victorin , et celle d'un dolium à présent conservé au Musée de
Rouen , et qui a été décrit par M* Deville.
— S89 -
Époque FRANQUE. — Vers 1814, au hameau qui porte le nom de Babylone^ un culti-
vateur a trouvé, en labourant, un vase en terre cuite contenant deux à trois cents monnaies
d'argent de Charlemagne. Je tiens ce fait de M. le docteur Hachard, de Saint-Romain.
Deville, «Notice sur quelques doliunis antiques, »> p. 3.
Id., «Gâtai, du Musée d'ant. de Rouen,» année 1845, p. 8.
« La Normand, sont, » !'• édit., p. 124; 2* édit., p. 143.
« Précis analyt. des Trav. de l'Aoad. de Rouen,* année
1845, p. 325.
« Revue archéologique, » !'• série, t. xiv, p. 610.
TANCARVILLE.
Tancarville , puissante châtellenie féodale qui a mérité avoir son histoire particulière ,
n*est pas non plus dépourvu de monuments antiques antérieurs au moyen-âge propre-
ment dit.
Époque gauloise (?). — Le plus ancien que nous puissions y citer est son rocher de
Pierre Gante ou de pierre du géant, roche naturelle que la simplicité des peuples a entourée
de mystères, t La Pierre Gante, dit M. Deville, forme la crête de la falaise qui correspond ,
de l'autre côté de la gorge de Tancarville, à celle qui porte le château. Placée à 200 pieds
au-dessus de la Seine, cette roche surplombe , semblable à un toit immense, et paraît prête
à chaque instant à se détacher et à s'écrouler dans la vase du fleuve. »
D'après la croyance populaire, cette roche, comme la chaire de Gargantua, près Duclair,
« aurait servi de siégea un géant qui avait coutume de s'y asseoir pour laver ses pieds dans
la Seine. »
Epoque romaine. — En dehors de cette antiquité qui n'a pas de date, que les uns croient
druidique et d'autres Scandinave , Tancarville possède aussi des restes de la civilisation
romaine. M. Fallue assure qu'auprès des Fontaines « on a découvert, vers 1832, des vases
en terre , des fioles de verre , des cendres et des charbons provenant d'anciennes
sépultures. i>
En 1838, lors de la vente du cabinet de M. H. Langlois, le Musée d'Antiquités de Rouen
acheta une statuette romaine en bronze, que l'on disait provenir de Tancarville ou des
environs. Le dieu tient à la main une bourse et sur le bras une peau de lion. C'est Hercule
ou Mercure. Cette image, haute de 15 centimètres, a été éditée par M. Jorand dans ses
Siècles de laUonarchie française^ pi. vi, fig. i^e, publication commencée en 1823, et qui
n*a vu le jour qu'en 1838 sous le titre ^Introduction à r Histoire de France, par MM. de
Jouffroy et Ernest Breton.
Époque incertaine. — Quoique le genre d'antiquités qui nous reste à signaler n'ait pas
de date , cependant nous ne pouvons le passer sous silence.
€ D n'est pas rare, dit M. Deville, de trouver au bas de la terrasse du château de
TancarviUe , après que les grandes marées en ont lavé le pied , de petits objets plus ou
moins anciens, la plupart en cuivre, tels que boucles, chaînettes, clous, poids moné-
390
taires, etc. M. Fallue, pendant son séjour à Tancarville, en a re-
marqué lui-même plusieurs qu'il a bien voulu me remettre pour le
Musée d'Antiquités de Rouen. Le plus ancien de ces objets est
un pendant d'oreille ou une boucle d'épingle en bronze, qui était
ornée de dix petites pierres de couleur dont une seule reste en-
core. • Par la bienveillance de M. Deville, nous reproduisons cette
pièce.
Deville, « Hist. du château et des sîres de Tancarville,»
p. 78-79, 96-98.
A. Bosquet, « La Norm. rom. et merv., » p. 194.
FIBULE (TA?(CARYILLB).
Fallue, a Mém. de la Société des- Antiq. de Nor-
mandie, » t. IX, p. 28, 191.
• La Normandie sout., » 1" édit.,p. 127; V édit. p. 145.
CANTON DE BOLBEG
BOLBEC.
Bolbec est assurément une ville très moderne , puisque son importance commerciale et
industrielle date d'un siècle au plus; mais, comme localité, ce point remonte au moins à
la période romaine.
Époque gauloise (?). — Nous pourrions peut-être même invoquer Fépoque gauloise
pour la tradition qui prétend que la rivière de Bolbec fut autrefois bouchée avec de la laine.
Cette tradition , dont l'analogue se rencontre en d'autres endroits de ce département, doit
remonter à une haute antiquité.
Époque romaine. — Quant à l'existence romaine de Bolbec, plusieurs faits la démon-
trent, principalement des sépultures à incinération. D'abord le territoire de Bolbec était tra-
versé par la voie romaine qui de Lillebonne se dirigeait vers le littoral de la Manche , no-
tamment à Fécamp et à Étretat. Ensuite, il a été trouvé au hameau de Ronckerolles, sur le
bord d'un vieux chemin, plusieurs vases antiques contenant des os brûlés, spécialement une
belle urne en plomb décorée de ronds et de bâtons croisés
formant saillie sur le fond. Cette urne, encore pleine d'os in-
cinérés, a été offerte , vers 1840, au Musée de Rouen, par
M. Jacques Fauquet, ancien maire de Bolbec. Nous en
donnons ici le dessin.
Des urnes semblables ont été trouvées à Lillebonne, en
1864, au Mesnil-sous-Lillebonne , vers 1830, et à Saint-
Maurice-d'Ételan, en 1852.
Outre ce vase de plomb, M. Fauquet a encore offert un vase
en terre et un vase en verre. vbnb en plomb (^olbbg, im).
^
1
— 391 —
Mais la plus belle découverte de sépultures gallo-romaines faite à Bolbec a eu lieu eiï
1847 et en 1848, au fond de la vallée de Fontaine-Martel, dans un petit bois appartenant
alors à M. Lemfidtre-Lavotte et voisin de son usine. Là, pendant plusieurs mois de chô-
mage, les ouvriers défricheurs n'ont cessé de trouver des urnes et des vases funéraires
antiques , accompagnés d'ornements en métal. Les objets provenant de cette fouille ont
été dispersés un peu de toute part. J'en ai vu à Rouen, chez M. l'abbé Somménil, directeur
de la maîtrise : ce sont des cruches pour les offrandes et un passe-lacet en os. Mais le
meilleur dépôt est aujourd'hui chez M. Platel, architecte de la ville du Havre.
En 18G0, j'ai visité au Havre, rue de VAlma, le cabinet de M. Platel, architecte, et j'y ai
trouvé onze vases entiers, plusieurs fragments intéressants, une Vénus anadyomènë et un
couvercle moulé offrant un médaillon. Ce médaillon présente un enfant, Bacchus peut-
être, tenant à la main un oiseau encadré dans un rehef formé d'une vigne avec ses grappes
de raisin. Parmi les vases de terre se trouvaient une urne noire pleine d'os brûlés, des coupes
samiennes , des cruches et des vases aux offrandes. Le verre était représenté par l'anse
d'une urne, par quatre perles bleues côtelées, par une perle de verre simple, et surtout par
un magnifique débris de plateau en verre d'émail nuancé de plusieurs couleurs, notamment
de bleu, de blanc, de jaune et de rouge. Cette pièce, rar§ dans nos contrées, devait être de
toute beauté. Enfin les objets de métal , au
nombre de trois, offraient surtout deux fibules
en bronze dont une était découpée à jour,
tandis que l'autre, de forme bombée, présen-
tait des dents en émail du plus grand éclat. Ces
dents, qui alternent, sont rouges, bleues,
vertes et orange. Il y aurait encore de belles
découvertes à faire dans le bosquet qui reste.
C'est probablement par suite de cette découverte que le Musée de Rouen a reçu, comme
venant de la vallée de Bolbec , des vases en terre grise , un plateau en terre rouge , des
fibules, des bracelets et une bague en bronze, et enfin des grains de verroterie bleus et noirs.
Période normande. — Au bas de cette colline funéraire est la chapelle tuffeuse et
romane de Saint-Martin , voisine d'un vivier qui a disparu.
En face est le vieux château de Fontaine-Martel surmonté d'un if, et dont la motte, ainsi
que les fossés profonds, se découpe encore sur le terrain et se dessine à l'œil du
spectateur. Ce vieux débris du monde féodal pourrait bien avoir ses racines jusque dans le
sol romain qui a reçu les urnes dont nous venons de parler.
FIBULB EN BBONJSB ÉMA1LLÉ (BOLBBC, 1
Guilmeth, «Notice hist. sur Bolbec, » p. 2, et « Hist.
de la ville et du canton d*Elbeuf, » p. 270.
Deville, «Calai, du Musée départ.,» année 1845, p. 34.
Uabbé Cochet, «La Normandie souterraine, » 1'* édit.,
p. m;2«é<Ut., p. 140.
Uabbô Cochet; « Mém. de la Soc. des Antiq. de
Norm., » t. XIV, p. 166-67, et t. xxiv, p. 343.
Id., « Voie rom. de Lillebonne à Ëtretat. « p. 2 et 3.
Roach Smith, « CoUectanea an tiqua, » vol. m»
p. 62.
— 392 —
BEUZEVILLE-LA-GRENIER.
Epoque romaine. — La voie romaine de Lillebonne à Etretat passait par Beuzeville, où
elle est mentionnée sous le nom de chaussée dès le xiie siècle.
< Neustria pia >, p. 853. | « Mém. de la Soc. des Antiq. de Normandie, » t. ziV)
« Voie romaine de Lillebonne à Etretat, » p. 3. I p. 166-67, et t. xxrv, p. 343.
LE PARC-D'ANXTOT.
Epoque gauloise (?). — Sur la Carte archéologique de M. Leroy, ce lieu est indiqué
conune un point gaulois.
Période normande. — Cette commune est composée de deux anciennes paroisses
appelées au moyen-âge : l'une, Par cils , l'autre, Ansoltot. Cette dernière est mentionnée dte
1050 dans la charte de fondation de l'abbaye de Saint-Georges-de-Bocherville , confirmée
par Guillaume-le-Conquérant et par le pape Innocent IL
« Les Eglises de l'arrondissement du Havre, » t. u , p. 257.
SAINT-JEAN-DE-LA-NEUVILLE.
Epoque romaine (?). — Sur sa Carte archéologique , M. Leroy signale en ce lieu des
débris romains.
NOINTOT.
Epoque gauloise (?). — Sur sa Carte archéologique , M. Leroy indique Nointot comme
un point où existèrent des antiquités gauloises.
RAFFETOT.
Epoque gauloise (?). — Sur sa Carte archéologique , M. Leroy indique Rafifetot comme
un lieu gaulois.
BOLLEVILLE.
Epoque romaine (?). — Sur sa Carte archéologique , M. Leroy indique ce lieu comme
un point romain.
GUILLERVILLE (section de bolleville).
Epoque romaine. — Nous tenons de M. Deville que, en 1841 , on rencontra à Guiller-
ville des constructions romaines, et qu'on y recueillit une meule à broyer en poudingue.
— 393 —
BIELLEVILLE (section de rouville).
Époque incertaine. — Sur la paroisse supprimée de Bielleville , appelée aussi Bileville
et Bier ville, se trouvait naguère encore une réunion de mottes ou de terrassements assez
célèbres dans ce pays, où elles étaient connues sous le nom de parc d'Hallebosc. Les mottes
d'Hallebosc jouissaient dans le Grand-Caux d'une renommée égale à celle qu'obtenaient ,
dans le Petit-Caux , les mottes d* Juppegard ou de Colmesnil. Les tertres d'Auppegard
furent détruits en 1777 et en 1800; ceux d'Hallebosc n'ont disparu qu'en 1856.
En 1844, j'ai encore vu et mesuré les deux dernières mottes qui restaient de la Baronie
d'Hallebosc. C'était bien le terrassement le plus étrange que j'aie connu en Normandie.
Ces deux buttes survivantes , d'une grandeur inégale , formaient une espèce de camp
hexagone de trois cent vingt et un pas de circonférence , entourée de fossés de 7 mètres
de profondeur. Au sud-ouest de l'enceinte fossoyée s'élevait la butte principale, qui
avait 35 mètres de hauteur et qui jouait le rôle du donjon dans un château. A la surface
du sol , je n'ai remarqué aucune trace de muraille : seulement des débris de tuiles et de
poteries.
Lors de la destruction de ces buttes , opérée en août 1856 par les ordres de M. Blondel,
fabricant de Bolbec , on trouva un grand nombre de vases et de tuiles antiques , des objets
en fer que Ton prit pour des armes oxydées, une espèce de tombeau en pierre que l'on dit
être du grès , des couches de terre cendrée ou charbonnée , et enfin un puits circulaire
nommé par la tradition le Trou-au-Diable.
« Les Eglises de rarrondissement du Havre, » t. ii, p. 267-68.
LANQUETOT.
Epoque gauloise (?). — Indiqué sur la Carte archéologique de M. Leroy comme un
point gaulois.
LINTOT.
Epoque romaine. — Par Lintot passait la voie romaine qui de Juliobona (Lillebonne)
allait à Gravinum (Grainville-la-Teinturière).
A Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xiv, p. 160, et t. xxiv, p. 336.
TROUVILLE-EN-CAUX.
Epoque romaine. — Trouville-en-Caux est une des localités archéologiques les plus
intéressantes des campagnes de l'arrondissement du Havre. Voisin de Juliobona et placé
sur le passage de la grande voie militaire qui de cette cité romaine conduisait à Bononia et
dans le nord de la Gaule, le sol de Trouville dut être couvert d'habitations à cette brillante
époque de notre histoire.
50
L
— 394 —
Déjà , depuis près d'un siècle , des découvertes de sépultures plusieurs fois renouvelées
sont venues déposer en faveur de notre assertion. Sous Louis XVI , en effet , M. le
président de Coqueréaumont fit détruire un tumulus antique qui bordait la voie romaine ;
il trouva dans ce tertre grand nombre de vases dont quelques-uns contenaient des ossements
incinérés. De cette découverte première et primitive il ne nous est resté que le souvenir.
Mais en voici une seconde qui , venue à temps , nous aura laissé de beaux restes. Vers
1857, M. Fleury, maire de Rouen et propriétaire du château de Trou ville, fit défricher
une portion de son verger. Il y trouva plusieurs incinérations romaines dont les vases
furent en majeure partie détruits par l'incurie des ouvriers. Toutefois, il échappa à la
pioche sept ou huit vases encore conservés à Rouen , chez M. Fleury fils, architecte, bou-
levard Bouvreuil , no 23.
Parmi les vases sauvés de la destruction , quatre sont en verre et trois en terre. Dans
les trois derniers on remarque une urne grise contenant des os brûlés , olla rustique et
ordinaire des Calètes. Sur les quatre vases de verre, deux sont des urnes dont une pomiforme
et l'autre cylindrique. Les deux autres sont pour les offrandes et les libations.
Le premier et le moins grand est un charmant petit flacon à deux anses en cou de cygne,
d'un type fréquent en Normandie et connu dans tout le monde romain. Mais le second est
une belle coupe de verre moulée et à reUefs, représentant les courses du cirque.
Cette belle et curieuse pièce , conservée presque entière, a été reproduite à Londres, à
Caen et à Chambéry. On y voit quatre fois reproduite la scène d'un quadrige courant dans
un théâtre antique , et au-dessus est une inscription malheureusement illisible. Ce sujet a
été retrouvé en partie à Autun et à Londres. Le fragment recueilli à Autun figure au Musée
céramique de Sèvres ; le fragment anglais, rencontré dans la métropole même de la Grande-
Bretagne, a été publié par notre ami Roach Smith , dont il ornait le Musée Londonien.
Toutefois, aucun spécimen n'est sorti de terre aussi bien conservé qu'à Trouville.
Des sujets analogues, mais se rapportant à des combats de gladiateurs (1), ont été
reconnus sur des coupes funéraires en verre, à Chavagnes-en-Paillers (\^endée), à Monta-
gnole (Savoie) et àHartlip (Kent, Angleterre). — Nous donnons à la page suivante le
dessin de notre précieuse coupe.
Sur les antiquités romaines de Trouville , voir :
E. Gaillard, « Recherches archéologiques, p. 10
Id. « Conject. sur le Roy. d'Yvetot, » dans le « Précis
analyt de l'Acad. de Rouen, » année 1836, p. 135.
L'abbé Cochet, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
t. XIV, p. 160 et XXIV, p. 336.
Id., « La Norm. souterr., » l'*éd., p. 127 ; 2^ éd., p. 145.
Id., « Bulletin de la Soc. des Antiq. de Norm. , » 1"
année, 1860, p. 146-150.
L'abbé Cochet, « Bulletin du Comité de la Langue, de
l'Histoire et des Arts de la France, » t. iv, p. 925-27.
De la Villegille, « Notice sur un verre antiq. à boire,
trouvé en Vendée, » p. 10-12.
« Proceedings ofthe Society of Antiquaries ofLondon,»
2' séries, vol. i", p. 45-48.
« Bulletin de la Soc. savoisienne d'hist. et d'arch.,»
année 1860-61, p. xxvi.
(1) Fr. Lenormant, • Revue archéologique, » nouvelle série, t. x, p. 304-310.
— 395 —
E (iALLO-BOMAlNB , TftOLVËS A mOUVILLE-ErC-CAVX RM IS',6
roMD (unATivEOii naturbllb).
Époque franque (?;. — Peut-être pourrait-on attribuer à l'époque franque le cercueil
de pierre trouvé vers 1824 au côté nord de l'église de Trouville.
— 396 —
CANTON DE LILLEBONNE.
LILLEBONNE.
Epoque gauloise. — Bon nombre d'auteurs ont pensé que la métropole des Calètes ,
avant la conquête de Jules César, était placée à Lillebonne même, là où fut plus tard la cité
romaine de Juliobona. Ils donnent à cette ville le nom de Calet, de Calète et de Cité Calète.
Les savants modernes , et surtout les numismates ( Bouteroue ,
Conbrouse, Lelewel, de La Goy, E. Lambert et Deville), attribuent,
soit à la métropole gauloise des Calètes, soit aux Calètes eux-
mêmes , les monnaies celtiques en or, en argent ou en bronze ,
qui portent les noms de Kal , Kalet, Kaledv, Kaletv. — Nous ^'^-'^ af
donnons ici un spécimen de l'une d'elles. monnaie gauloise de8 calètes.
Du reste, tous ceux qui tiennent pour la ville gauloise de Calet s'accordent à en affirmer
la destruction par Jules César et la reconstruction sous l'administration romaine.
Nous n'avons guère à nous prononcer dans une question tout hypothétique et que jus-
qu'ici les monuments n'ont pas démontrée. Nul ne sait si César est jamais venu chez les
Calètes.
Sans la combattre en aucune manière , nous ferons toutefois observer qu'il est dans
l'ancien pays de Caux un point qui pourrait assurément disputer à Lillebonne l'honneur
d'avoir été la tête des Calètes gallo-belges : c'est une colline de Caudebec appelée le Mont-
Calidu, le Calidu ou le Calidois. Cette persévérance de dénomination est frappante.
Ajoutez à cela que ce mont est couvert de débris, et que dans l'opinion de bien des gens,
Caudebec, dont le nom ne paraît cependant pas antérieur au moyen-âge , passe néanmoins
pour la capitale du pays de Caux, Du reste, nous renvoyons pour tout ceci à l'article que
nous consacrerons à Caudebec-en-Caux.
Les seuls monuments gaulois de Lillebonne parfaitement incontestables sont les médailles
celtiques, dont quelques-unes sont à Caen, à Rouen et à Bayeux. Le Musée de Rouen
possède une monnaie de bronze et deux petites monnaies d'argent. En 1828, on trouva
dans une tourbière , à 3 mètres de profondeur, une boîte en bois contenant cinq cent dix
médailles romaines et gauloises en argent. Cinq de ces dernières ont été publiées par
M. Edouard Lambert , dans son bel ouvrage sur la Numismatique gauloise du Nord-Ouest
de la France (pi vu, fig. 30, 31 , 34, 35; pi. x, fig. 28). t La plupart de ces pièces , dit
cet auteur, étaient anépigraphiques et du plus petit module. Il s'y trouvait pourtant un
— 397 —
certain nombre d'exemplaires de la jolie médaille d'Epadnactus. » Espasnactus est un
chef arveme nommé par César lui-même.
Peut-être nous serait-il permis de classer parmi les documents gaulois un fragmment
de hachette en grès noir trouvé près le théâtre, en 4824.
Epoque romaine. — § 1er. Le Nom de Juliobona. — Lillebonne fut , à l'époque romaine,
la cité de Juliobona. Ce nom , elle paraît l'avoir pris sous Auguste , quoique aux yeux de
quelques-uns ( MM. Gaillard, Cousin, etc.) cette appellation t semble révéler un bienfait
même de Jules César. > Ils s'appuient en ceci sur une assertion d'Hirtius qui dit que
César pacifia les Gaules en honorant les villes : « Honorificè civitates appellando. »
(Hirtius , Lib. viii, c. 49.)
Quoi qu'il en soit, le nom de Juliobona apparaît pour la première fois sous les Antonins
dans le livre de Ptolémée qui, au second siècle de notre ère, écrivait en grec une géo-
graphie qui est arrivée jusqu'à nous. Traitant des Calètes, cet auteur dit : k^x^tai av wohtç
louAioCowefc. (Ptol., Geograph., lïb. il, c. 8.)
L'Itinéraire d'Antonin , monument du ive siècle que l'on a surnommé le livre de poste
de l'empire romain , cite une seule fois Juliobonam , à propos de la grande voie militaire
qui allait de Caracotinum ( Harfleur?), situé aux bouches de la Seine, jusqu'à Augustobona
Tricassium (Troyes en Champagne).
La Carte Théodosienne dressée sous l'empereur Théodose 1er, appelée maintenant Table
dePeutinger, mdiTqne Luliobona sur la voie militaire qui de GesoriacumouBononia (Bou-
logne-sur-Mer) se dirigeait sur la Basse-Normandie, la Bretagne et la Loire par Brevoduro
(Brionne), Condate (Condé), Durocassis (Dreux), Subdinnum (le Mans).
Ailleurs, le même monument géographique cite encore Juliobona comme tête de ligne
de la voie de Subdinnum (le Mans), laquelle comptait xci milles. Une troisième route de
XXXIV milles est tracée entre Juliobona et Mediolanum Aulercorum , aujourd'hui Evreux ou
plutôt le Vieil-Evreux qui est voisin. Enfin Juliobona apparaît encore sur une quatrième
route de lxxviii milles qui allait à Durocassis (Dreux) et à Neomagus for tasse Lexoviis , au-
jourd'hui Lisieux. Il est bon d'ajouter que ces trois derniers chemins ne sont pour Lille-
bonne et l'arrondissement du Havre que la première voie , trois fois répétée , selon les
directions qu'elle prenait au delà de la Seine.
En dehors de ces trois sources, nous n'avons plus rien qui parle de Juliobona dans
l'antiquité.
Disons tout de suite que son identité avec la Lillebonne moderne et Ylllebonam ou l'/n-
sulambonam du moyen-âge , n'a fait doute que pour un si petit nombre qu'il ne doit
compter pour rien.
Dès l'époque carlovingienne, nous avons pour elle la Chronique de Fontenelle , et au
xue siècle les deux historiens normands Orderic Vital , moine de Saint-Evroul , et Robert,
moine du Mont-Saint-Michel.
398 —
Au xve siècle nous possédons en faveur de Lillebonne le chroniqueur Nagerel et le
géographe Abraham Ortellius. Mais au xviie la scène change , et les oracles de cet
âge, Philippe Cluvier, Nicolas Samson et Hadrien Valois, cherchent Juliobona à Dieppe
ou ailleurs.
Le xviiie, dont la voix sur ce point est unanime , remet les choses à leur place et elles
n'en sortent plus. Nous citerons, parmi les principaux organes de cette légitime restitution,
M. Clérot , de Rouen, l'un des écrivains du Mercure de France; Toussaint Duplessis, dans
sa Description géographique de la Haute-Normandie ; l'abbé Belley, qui en fit à l'Académie
une dissertation spéciale; d'An ville, le grand restaurateur de l'ancienne Gaule, et le comte
de Caylus, qui le premier fit revivre les monuments antiques, l'objet de la constante étude
de notre époque.
C'est à peine si dans ce concert nous devons mentionner la dissonance de l'abbé de
Longuerue, dont l'impression est entièrement effacée aujourd'hui. Si nous citons cette
exception , c'est pour ajouter tout de suite qu'au xix^ siècle pas une seule voix ne s'est
égarée. On le verra tout à l'heure par la bibUographie de Lillebonne et par la série
des témoignages qui ont inscrit les découvertes sans nombre faites sur ce sol riche et
fécond.
§ IL Les Monuments. — Les monuments qui existent encore à Lillebonne et ceux qui
y ont été découverts depuis cent cinquante ans, mais surtout depuis un demi-siècle que les
observations ont été suivies avec plus de soin, démontrent autant que les opinions des savants
l'importance romaine de cette ville et son identité avec Juliobona. Le cadre de ce travail
nous interdit même une analyse sommaire des travaux publiés et du récit des découvertes.
Nous nous contenterons d'indiquer au lecteur studieux la série des monuments trouvés et
les ouvrages qui les -ont décrits. Nous suivrons en ceci l'ordre chronologique.
Dès 1705, une inscription tumulaire, à la mémoire de Magninus Sénécion (memoriae m |
M AGNiNi SENECioNis) , fut trouvéc sur Ics colUncs sépulcrales du Mesnil. Encastrée quelque
temps dans une muraille voisine du château , de l'église et du marché , où elle a été vue
par Gaignières , cette pierre fut portée à la Mailleraye , puis donnée par M. le marquis
de Harcourt-Beuvron à M. Foucault, intendant de la généralité de Caen. Conune ce haut
fonctionnaire explorait alors, à ses frais, les ruines romaines de Vieux, l'antique Arœgenm ,
on crut volontiers que la pierre de Lillebonne avait été trouvée par lui. De là, la confusion
qui s'est établie à son sujet, et à propos de laquelle il est bon de consulter :
Galland, « Registre de TÂcad. des Inscript, et Belles-
Lettres , • du 19 juin 1705 , et « Mém. de TAcad. des Ins-
cript, et Belles-Lettres, » année 1705, t. v% p. 293.
L'abbé Belley, « Mém. de l'Académie des Inscript, et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 647.
Caylus, « Recueil d'anquités, » t. iv, p. 393-396.
Gaignières, « Supplément français, o n" 5,024, vol. 15,
p. 80. Mss. de la Bibliothèque impériale.
L'abbé de Longuerue , « Mercure de France , » avril
1732, p. 631.
Mangon de la Lande , « Mém , de la Société des Antiq.
de Norm., » année 1826, p. 225.
Guilmeth , « Notice hist. sur la ville et les env. de
Lillebonne, p. 38.
L'abbé Cochet, « La Normandie souterraine, •» l'* édil,
p.99;2-édit.,p. 113-114.
— 399 —
Pendant le siècle dernier, plusieurs auteurs assurément ont parlé de Lillebonne; mais c'est
dans le nôtre que la bibliographie antique de cette ville a été vraiment créée : elle a grandi
d'une façon vraiment merveilleuse et à proportion des fouilles faites et des découvertes ob-
servées dans ce pays depuis cinquante ans. Esquissons à grands traits ce curieux tableau.
Le théâtre antique , propriété du château de Lillebonne, fut confisqué sur la maison de
Harcourt parla Révolution française, et vendu le 17 frimaire an II (7 décembre 1794) à
Pierre Caron, cafetier du lieu. En 1812 , cet industriel permit d'enlever des terres pour la
filature de Jacques Lemaître, et le monument alors connu sous le nom de la Roqtielle apparut
dans toute sa grandeur et sa beauté. Pendant cinq ans, Caron vendit des pierres antiques
jusqu'à ce que le département de la Seine-Inférieure achetât l'édifice, le 30 octobre 1818,
pour le prix de 6,750 fr. Cette acquisition se fit aux instances de MM. Auguste
Le Prévost , Jean Rondeaux et l'abbé Rêver. Ce dernier, qui avait appelé l'attention sur ce
grand édifice, fut chargé de l'explorer, ainsi que les autres ruines de Lillebonne. De 1819
à 1826, il fouilla aux frais du département de la Seine-Inférieure, et publia à diverses
reprises le fruit de ses explorations qui furent généralement heureuses.
Parmi les découvertes de M, Rêver, on peut citer en première ligne l'aqueduc romain qui
amenait les eaux à Lillebonne , puis deux têtes de
statues en marbre blanc , des fragments d'inscrip-
tions, des médailles et des épingles en os, en
bronze et en ivoire, et un cachet d'oculiste romain.
Le 24 juillet 1823, M. Timothée HoUey décousit
au sein de la terre une grande et belle statue en
bronze doré, sur laquelle plusieurs dissertations
ont paru : on en a fait un Auguste, un Antinous,
et plus généralement un Bacchus ou un Apollon.
Avec elle étaient deux autres statuettes de bronze ,
dont une me paraît un Hercule ; à côté s'est ren-
contré une joUe lampe en bronze à double bec,
présentant un enfant porté par un dauphin. (Nous
donnons ici cette lampe). La grande image que
nous reproduisons, après avoir été achetée par
des Anglais et avoir longtemps habité Londres , est
revenue en France en 1853 : elle est à présent
au Musée du Louvre qui l'a payée 1,250 fr. seu-
lement.
De 1826 à 1836, les fouilles de Lillebonne furent
BRONZE (LiLLEBONif., 1824). ^^ntinuécs , toujours aux frais du département,
par M. Emmanuel Gaillard , qui habita tour-à-tour Rouen et Saint-Jean-de-Folleville.
LAMPE EN
laillard continua dedéblayerle théâtre.
1 827 à i 829, il fouilla un édifice qu'il
lifia de balnéaire et dont il publia le
1 et la description. — Nous repro-
;ons ici le plan géométral qu'il nous
issé.
le fut dans cette construction , placée
Died du château, qu'il découvrit, le Si
1828, la belle statue' pédestre de
■bre blanc qui fait aujourd'hui l'un
plus beaux ornements du Musée de
en. Malheureusement, la tête manquait
it antique que l'explorateur crut être
âge deFaustine, d'une tête de marbre
me d'Antonin-le-Pieux. En 1862, on
irmonié ce tronc blanc, venant de
jbonne, laquelle par^t s'adapter parlaitement. Nous donnons ici la statue de 1828.
.e 6 mai 1835,
Timothée HoUey THEATRE ROMAIN DE LILLEBONNE
iva encore sur son
ain une belle tête
èmme, en marbre
ic, dont le tronc
iquait à son tour.
[. Gaillard étant
t en 1836, les
Iles du théâtre de
îbonne furent con-
ées par M. De-
(1) jusqu'en 1840,
le monument fut
dans l'état où il est |
urd'hui. Nous re-
Luisonsleplandece
sux édifice d'après
rchivesdelaCom-
ion des Antiquités.
M. Deville nous a révélé un fait curieux relatif m Ibéètra de Lillebonne. 11 parait que dans les murs de ce
1 édifice on a découvert une monnaie d' Adrien, ce qui tendrait à prouver que cet illustre César, l'ami des Gaule»
ItAtOi tU ÛIW f»at la. mt&f
' -^^
SI
111
— 401 —
Ce fut M. Deville qui découvrit le puits du théâtre, au fond duquel était un seau en
bronze. Il trouva aussi , le long de la muraille, la moitié d'un lingot en plomb , marqué de
ces deux mots incohérents : ,... nacis | avg. PA....,que Ton reconnut plus tard pour être la
marque de l'empereur Septime Sévère (1).
et de la Bretagne, serait le fondateur de ce beau monument. Nous pouvons citer un grand nombre d'édifices romains,
publics ou privés, où l'on a également rencontré des médailles a Ihérentes ou cachées dans la maçonnerie. — A
Luxeuil, en 1857, en faisant sauter, à l'aide de la mine, une portion des bains antiques pour préparer le Bain
impérial de Napoléon III, on a trouvé, au milieu d'un bloc de béton, une médaille de bronze toute neuve, de
Marcus Agrippa, contemporain d'Auguste. (« Mém. de la Commiss. d'Archéol. de la Haute-Saône, » t. ii, p. 12.) — A
Beauvais, en 1752, lorsque l'on creusa les fondations de l'hôtel-de-ville, on trouva, à sept pieds du sol, des pierres
taillées et une base de colonne dans laquelle on avait introduit une monnaie d'Adrien. (L'abbé Barraud, a Bull,
monumental, » t. xxvu, p. 57.) Dans les murs romains de Beauvais on a rencontré un Posthume et plusieurs autres
pièces. (Id., ibid., p. 58.) — M. Bizeul, de Blain, disait au Congrès de Nantes, en 1856, qu'en 1805, lorsque Ton
démolit dans cette ville un mur de construction romaine pour y asseoir la clôture de Thôtel-de-ville, on y trouva
deux médailles évidemment placées comme date. L'une, en bronze neuf, était de Faustine, femme de Marc-Aurèle ;
l'autre , en argent, était de Lucile, sa fille. (« Congrès archéol. de France : séanc. gén. de 1856, i» p. 121.)— « Il
paraît bien, dit M. Bizeul, que les Romains mettaient des monnaies dans les fondations comme souvenir. A Nantes,
ajoute-t-il, on a encore trouvé trois monnaies de Néron dans des places ménagées avec soin dans les fondations
de murailles antiques qui annonçaient avoir fait partie de grands monuments. L'une était dans la rue du Porl-
Maillard, les deux autres dans la rue de Verdun. Ces médailles étaient neuves et à fleur de coin. » (« Congrès
archéol., 1856, » p. 118-19.) Dans cette môme rue de Verdun on a encore rencontré dans la fondation d'un mur
romain deux médailles de Trajan. Elles étaient voisines d'une inscription consacrée à cet empereur. (Ibid., p. 119.)
— Dans les fondations de l'ancien pont d'Acquigny (Eure) on a recueilli une monnaie de Constantin. (« Congrès
archéol. de France, 1856 , v p. 262.) — M. Bonnin assure que dans les fondations d'un temple du Yieil-Ëvreux ,
M. Robillard a rencontré, en 1838, entre deux pierres d'appareil, une médaille d'Antonin. (Bonnin, «Fers anciens
trouvés au Vieil-Évreux (Eure), » p. 9, Évreux, 1840.) — Dans un édifice romain situé aux Ponts-de-Cô, près
Angers, on a rencontré, en 1849, une monnaie de Yespasien logée parmi les blocs d'un édifice. (Godard-Faultrier,
« Répertoire archéol. de l'Anjou , » p. 336, année 1862.) — A Auxerre, dans la maçonnerie de la tour d'Orléandelle,
qui faisait partie de l'enceinte gallo-romaine, on a trouvé une médaille de Tétricus. («• Congrès archéol. de France,»
année 1858, p. 690.) — Le 15 juillet 1860, le «• Bulletin du Bouquiniste » annonçait, sous le n" 6,770 , une « Notica
sur une Médaille de Valons, trouvée dans la maçonnerie de l'aqueduc de Gorze, à Metz, en 1839. »— Il en est &
peu près de même à l'étranger, car nous lisons dans les « Publications de la Soc. archéoh du Grand-Duché de
Luxembourg, » (t. xvii, p. 165), qu'à Berdorf on a trouvé, en 1860, im moyen-bronze de Yespasien dans une cons-
truction romaine. — Dans les fouilles même de Carthage , faites en 1861 et 1862, on a rencontré , à la source de
Taqueduc de cette grande ville, un monument romain enclavé dans le temple de Djouggar (Tunisie.) Là était
caché , évidemment avec intention, dans le mortier qui reliait deux pierres de taille, un tiers de sol d'or d'Hôraclius
Flavius (612). (« Journal général de l'Inst. publique, » vol. 31, p. 176, 12 mars 1862, d'après la «Revue africaine,»
de janvier 1862, p. 76-77.
(1) Le lingot de plomb de Lillebonne, quoique pesant 43 kilogrammes « a été coupé en deux: d'où il suit que
nous n'avons que la moitié de l'inscription. Malgré cela, notre habile épigraphiste, M. Léon Renier, a pu lui rendre
un sens. Il l'attribue à Septime Sévère (197-211) et il l'interprète ainsi : «(imp. l. sevbri perti) | nagis avg. pa. »
Notre savant confrère est convaincu qu'après le nom de l'empereur se trouvait celui du fonctionnaire chargé de
l'exploitation de la mine. — D'autres lingots de plomb ont été également trouvés dans les Gaules. Le premier
que nous connaissions été rencontré par M. Bonnin dans ses fouilles du « Yieil-Évreux,» le Mediolanum Auler-
eorum. L'autre a été recueilli, en 1855, à Sassenay (Saône-et-Loire) , entre Chàlon et Langres, sur le bord d'une
voie romaine. Il est déposé au Musée de Ch&lon et il porte une inscription. (M. Canat, « Mém. de la Société d'hist.
et d'archéol. de Chalon-sur-Saône,» t. lu, p. 242-44, 271, pi. xi, fig. 10.) Un troisième saumon a été rencontré à
Lyon ou aux environs. Celui-là pèse 49 kilogrammes et porte pour inscription : sbgvsiavi c (Segusiavi cudenint?).
M. A. Bernard croit ce lingot originaire du Lyonnais où il y a, en effet, des mines de plomb. (A. Bernard, «Descript.
du pays des Ségusiaves , » et A. Jacobs, « Revue des Soc. sav., » 2* série, t. r», p. 380.) — Nous croyons que notre
51
— 402 —
Après les grandes découvertes, signalons les moindres. Citons d'abord des vases ciné-
raires rencontrés, vers 1800, à la côte de Caudebec, vus et dessinés, en 4807, par l'ingé-
nieur Leboullenger, et deux figurines
de bronze représentant Midas et Her-
cule, rencontrées en 4830, au bord
de la route de Bolbec, entre le presby-
tère de Saint-Denis et le manoir
d'AIaincourt. Avec ces statuettes se
trouvaient sept monnaies, un petit
cheval et un petit vase de bronze.
Enregistrons encore les deux jolies
mosaïques aperçues, en 1836, par
MM. Lévesque frères, dans l'enclos de
leur fabrique. (Nous en reproduisons
ici un échantillon).
Ces beaux pavages que M. Deville , ,„„,
, mosaïque ROMAIDB (t-ILLtBONSIÎ, 1836).
a relevés , et dont nous donnons ici
un échantillon , étaient encadrés dans des édifices dont on a reconnu l'hypocauste avec
son ouverture cintrée en briques romaines.
N'omettons pas non plus une jolie fibule en bronze émaillée recueillie en 1824, une
agate gravée en creux ramassée, en 1826, dans l'enceinte du théâtre, et reproduisant un
guerrier antique; un charmant bouton de bronze orné d'une mosaïque délicieuse ressem-
blant au bouton mosaïque d'Envermeu; une. jolie statuette de bronze représentant un
gladiateur, trouvée en 1841 , et décrite par MM. Deville et de Boutteville; enfin, de magni-
fiques constructions romaines reconnues en 1852 sur le nouveau chemin de grande
communication n» 29, qui va de Lillebonne à la station d'Alvimare; la belle villa anUque
constatée par M. Duval, de 1853 à 1858, dans l'enceinte de l'église et du cimetière de
Saint-Denis. — La plupart de ces meubles et monuments figurent dans les cartons de la
Commission, dessinés par MM. Deville et Langlois.
SBumon de Lillebonne vienld'ADgleieire et deamines de plomb du pays de Galles. Ces niincsétoient très exploitées
au temps des Romains. Outre des instruments de mineurs rencontrés fivec des tuiles et des monnaies antiques.OD»
recueilli plusieurs lingots présentant la marque impériale. Il y en a de NOron , de Brilannnicus , d'Adrien, de
Septime Sévère, ait. Les Musées anglais possèdent environ quarante lingots marqués du nom des Césars. Plusieurs
antiquaires de ce pays ont fait de cette manière l'objet de leurs études. Voyez : Thomas Wright, >■ The Celt, ihe
Roman and tlio Bft:(on, > p. 237-38; Albert Way, « Archœological Journal,» l. ivi; Roach Smith, • Collectanea
antiqua, • vol. ui, p. !58. - En France, M. Eggor a cru devoir entretenir de cet intéressant sujet TAcadÉmie des
Inscriptions el Belles-Lettres : c'éUit à l'occasion d'un saumon antique possédé par notre Cabinet des Médaille».
Ce dernier vient d'Espagne, où l'on CD rencontre aussi un certain nombre. Le savant académicien a bien voulu
citer les noies que nous avons publiées sur ce sujet dans le» Bulletin monumental, ■■ t. xxii, p. 409, el la • Revue
archéologique, 1" série, t. un, p. 548-50. Voir •Journal général de l'Inst. publique ,« du I" Janvier 1862, p. 8,
vol. 31 , n' 1 . ■ . r .
— 403 —
Dans ces derniers temps, les découvertes n'ont pas été moins abondantes. J'en citerai
surtout trois que j'ai eu l'avantage de publier et qui ne sont en rien inférieures aux
précédentes.
L'une d'elles eut lieu en 1856,
à la côte de Caudebec et assez près
de l'ancienne léproserie de Saint-
Léonard. Là , un meunier nommé
Delacourt rencontra une belle sé-
pulture antique renfermée dans un ^ ?
doUum. Cette grande amphore con-
tenait dans son sein une olla en ^*"' "^ ■vbbbe.
terre noire, une urne en verre remplie d'os brûlés , deux
vases aux offrandes en terre et en verre, et un curieux
petit couteau en fer avec manche de bois très bien
conservé. Tous les objets provenant de cette trouvaille
ont été donnés par M. Delacourt au Musée du Havre , à
l'exception du couteau que nous
possédons. — Nous donnons ici le
dessin de toutes les pièces que
renfermait ce dolium funéraire.
L'autre découverte eut lieu, en
1860, à la côte de FoUeville et
non loin de la voie qui conduisait -
à Caracotinum (Harfleur). Elle fut ^
.. . r, VASBS DB TSRKG.
faite par M. Auguste Fauquet, qui
recueillit dans son château de FoUeville les objets
qui en sortirent. Nous y avons surtout remarqué
des clous provenant des caisses funèbres, un grand
dolium contenant encore des os brûlés , et une
belle urne de verre également remplie d'osse-
ments incinérés ; puis venaient des allas , cinq
lacrymatoires en verre, une coupe en verre blanc ,
un petit godet de 25 millimètres de hauteur, et
un bâton de verre long de 16 centimètres. Ce
bâton, tors comme une corde, se termine à un bout couteau b» fkh avec uahchb sa boib.
par un anneau, et à l'autre pas un bouton (1). II y avait aussi une paire de fibules en
(1) Il est probablt) que iie bftton de verre avait chez tes Romain
nous le relrouvoDS si souveal dans leurs sépultures. Ainsi no
— 404 —
bronze décorées d'émail. Mais la pièce la plus curieuse était une boîte en bronze contenant
deux miroirs métalliques et ornée sur ses deux couvercles d'une monnaie de Néron coupée
en deux parties. — Nous reproduisons ici quelques-unes des pièces les plus intéressantes
de cette trouvaille.
i!2223aaai!z:
2aas
fird-irtfiji^
riOLES DB VKRnE- HATON ItB VBBRB.
Enfin il uoik" sera
permis de citer la
fouille importante que
nous avons faite àLil-
lebonneenl853.Nous
avons trouvé à la Côte
dttCâtillon,sil\iée sur
le Mesnil,un cimetière
romain à incinération
pour les adultes et à
inhumation pour les
enfants. Plus de cent
cimetière romain de Cany, en 1849. (» La Normandie souterraine, i ]'*édit., p. 59; 3' édit., p. 70; pi. l", flg 38 et
39. — M. Deville en a également recueilli un dans les incinérations découvertes à Barentin, eo iB38. [là., 1" édil-,
p. 59 ; a* édit,, p. 70.) Nous en avons vu un au Musée d"EvreuT qui provenait du cimetière romain de Brionne. —
H. de Pormeville en signale un semblable dans les urnes exhumées par lui à Evreux, vers 1S39. (De Fomteville .
■ Uém. de la Boc. des Antiq. de Norm., p t. xvit, p. 291, pi. n* t!.) On en a trouvé bien ailleurs qu'en Normandie.
La France nous en montre un à Chavagnes-en-Paillers (Vendée) dans une sépulture de la plus grande distinction.
(Do laViilegille, ■ Bulletin du Comité de la Langue, de l'Hist. et des Arts de la France, • t. iv, p. 216.) Ce genre de
dk pièces sont sorties de cette exploration dont les produits ont enrichi les Musées du
Hawe, deNeufchâtel, de Saint-Germain-en-Laye , et surtout le Musée départemental de
Rouen. Nous avons décrit dans le ixe chapitre de notre Normandie sovterraine cette
nécropole gallo-romaine dont nous reproduisons ici quelques objets seulement, mais dont
l'ensemble se retrouve sur la planche vi de notre ouvrage.
DOLICM m TEBRB GDITB. FLACON BN BBOCZB AVEC CUAinETTE. VASE nOIlt A RELIEFS.
raonumenl ftbonde dans les Aliscamps d'Arles, en Provence. M. Houbeo en a coDslatâ aussi dans le riche cimetière
romain deXantensur les bords du Rhin. (Houben, " Denkmaoter von Castra Vetera und Colooia Trajana, » pi. 17,
Bg, 1.) — Enfin an 1860 on en a rencontré un semblable à celui de Foltevilie, à Cantorbéry (Kent), dans une riche
sépulture romaine. A ce propos, M. Brent cite plusieurs découvertes de la même espèce faites dans la Grande-
Bretagne ou ailleurs. ( Brent, i Gentleman's Magazine , • de mars 18G2, p, 3&4-U. — Grâce & l'obligeance de
M. Parker, nous pouvons reproduire ici ce curieux b&ton.
V
. — GA!*TOIlBt:RV (Ar
— 406 —
Du reste , le Musée de Rouen est peuplé des débris de Lillebonne : on peut dire qu'il a
été en partie créé par eux et pour eux. Plusieurs collections de médailles et d'objets d'art
ont été formées avec les épaves sorties du sol de Juliobona. Nous avons connu celle de
M. Davois de Kinkerville qui, en 1840, a été acquise par notre Musée départemental.
Nous avons également vu celle de M. le docteur Lechaptois , que nous croyons entrée au
Musée du Havre.
Nous donnons ici , d'après M. Deville , la liste des monnaies antiques sorties du sol de
Lillebonne et entrées dans le Musée de Rouen. Outre des monnaies gauloises en argent ,
il s'y trouve des médailles consulaires des familles Antonia , Julia et Petilia. La liste
des impériales est longue; ce sont : Auguste, Drusus, Caligula, Néron , Othon , Vespasien,
Domitien, Galba, Nerva, Trajan, Hadrien, JEMiis César, Antonin, Marc-Aurèle, Commode,
Faustine mère , Faustine jeune , Lucile , Sabine , Elagabale , Julie Mammée , Pertinax ,
Septime Sévère, Julia Domna, Diadumérien, Caracalla, Alexandre Sévère, Philippe
père, Maximien, Trajan-Dèce, Gordien père, Gallien , Tétricus , Victorin , Posthume,
Salonine, Claude-le-Golhique , Aurélien, Probus, Maxence, Constantin-le-Grand et
Cons^^nce.
Du reste , nous croyons rendre service au lecteur en indiquant ici , par le numéro ou
par la page où ils se trouvent dans le dernier Catalogue du Musée départemental , les
principaux objets provenant de Lillebonne et de ses fouilles : no 55, la statue de marbre
blanc; no 51, moulage d'une tète en bronze; nos 5^ n^ 18, 35, 36, 47, 72 et 81,
inscriptions romaines, la plupart funéraires; nos 39^ 74^ 73^ 74^ 75^ 76, 79 et 80,
bas-reliefs et sculptures ; n®« 22 , 32 et 36 , frise et fragments d'architecture ; nos 82 , 83
et 84, chapiteaux et corniches; p. 39, marbres divers; no 42, lingot de plomb; p. 20,
meules à broyer ; nos 44 et 78 , briques , tuiles et tuyaux ; nos 26 et 27, vases et noms de
potiers.
Voici maintenant, par ordre d'entrée au Musée, de 1836 à 1846, la liste des
objets dont M. Deville nous a conservé le dessin dans son Catalogue illustré et
manuscrit :
1836, M. Fallue donne au Musée dix-huit objets qu'il dit trouvés à Lillebonne vers 1829.
Il y avait dans le nombre cinq vases dont trois en terre rouge , une fibule en bronze doré
avec émail vert et rouge, cinq perles bleues, striées et côtelées. — 1840, corniche de
la porte Césarine recueillie près de la muraille du castellum. — 1840, de la coUecUan
Davois : tablette de marbre pour écrire , creuse d'un côté ; une fibule de bronze émaillé
représentant un dragon , un dolium en terre cuite de 1 mètre 90 de circonférence , un
barillet en verre blanc avec le nom de fro , une urne en plomb et une urne en bronze. —
1840, statuette d'Hercule en bronze de 10 centimètres de hauteur, lance ou javelot en
bronze, pointe de flèche en bronze. — 1841 , statuette en bronze représentant un gla-
diateur. Elle a été trouvée sur la route de Bolbec , dans les fondations de la maison du
— 407 —
sieur Bouquain (1). — 1843, plaquettes en os losangées et triangulaires , masque en verre
violet, masque de Satyre en terre blanche émaillée de gris. — 1846, tête d'homme en
bronze découverte à Lillebonne, dans la fabrique de M. Lemaître. Elle est haute de
12 centimètres, ce qui suppose une statue de 1 mètre 10 d'élévation. Il y a trois trous dans
ce bronze derrière la tête.
Outre ces objets nettement classés, M. Deville cite encore, soit à la mairie de Lille-
bonne (2), soit au Musée de Rouen : ime tête de Commode en marbre , une tête de Lucile
aussi en marbre (c'est probablement celle qui s'adapte très bien sur la statue décapitée),
des bas-reliefs en marbre et en pierre, des moulures , des chapiteaux et des fûts de co-
lonnes, une figurine de Jupiter en bronze, une figurine d'échanson et une figurine d'athlète
aussi en bronze, un pied d'homme, un phallus sculpté, une cornaline, un fragment d'ins-
cription en bronze, une anse de seau et divers ustensiles en bronze, un poignard et des
styles du même métal , une enclume en fer, des clous en fer, des fibules et des pieds de
lampe en bronze , des meules en poudingue , des tuyaux en plomb , un dé à coudre , des
épingles en ivoire et en os , des bracelets , des bagues, des perles , des vases , et ces mille
objets qui caractérisent d'ordinaire le sol des villes romaines.
Nous voudrions pouvoir citer les dix-huit inscriptions antiques, mutilées ou com-
plètes, gravées sur pierre, sur marbre ou sur bronze, qui ont été tirées des ruines de
Lillebonne. Il nous serait agréable de faire passer sous les yeux du lecteur normand
les noms quinze fois séculaires de severvs, de silanvs, de senator, de mecacvs,
d'APRONA et de ivlia saeva, ses aïeux; mais la nature sommaire de notre travail nous
interdit des détails que l'on trouvera dans les ouvrages spéciaux sur le Lillebonne gallo-
romain.
Toutefois, nous ne pouvons nous* dispenser de reproduire, au cinquième de leur gran-
deur, les deux plus belles inscriptions funéraires sorties du sol de Juliobona. Ces pierres,
après avoir orné longtemps les cippes lumulaires du Mesnil et du Câtillon , sont venues ,
aux approches des Barbares , former les assises du Castrum ou de la muraille militaire que
fit élever le besoin impérieux de la défense.
L'une de ces pierres est celle d'un jeune enfant nommé Pudor^ placée par Telesa , sa
mère ; l'autre est celle d'une jeune femme appelée Lucia Paula , épouse de JuUtis Ru fus ,
soldat de la me légion. On dirait que la farouche légionnaire a gravé avec la pointe de son
javelot la sèche inscription d'une jeune femme de trente ans. Ces deux inscriptions , qui
gardèrent longtemps le vermillon de leurs lettres , se voient au Musée de Rouen. — Nous
en donnons ici le desçin Qjt la traduction.
(1) L'analogue de cette image se trouve dans n l'Antiquité expliquée, » de Montfaucon, t. m, p. 154 et 158. Martial,
deprisco et t>ero, dit que pour mettre fin & un' combat, o Caesar misit rudes et palmas utrique. »
9) .Les objets qui étaient alors à la mairie de Lillebonne ont été transportés au Musée de Rouen en
1862.
Dis manibus sacrum. Tele^ Horatillavi Blja
Pudori, filiosuo, viva posuit.
AuzdiQuxm&Des.Telesa.QUed'Uoratillavus, a
ilédié ce monument à son fils Pudor.
DSMAEJlEMoR '
/t.LVCJWK:LM^
LEMÎ_#EFVNCT
Dis manibus et mamorio) Luciœ Pauls uxoris Julii Bufi,
militislegioniatertiœ.defunclœ xis annonun.
Aux dieux mines et à la mémoire de Lucia Paula, épouse
de Juliua Riifljs, soldat de la m* légion, morte à trente ans (I).
Les reliques de Juliobona sont un peu dispersées de tous côtés. M. Raymond Bordeaux
a exposé à Évreux, en 1864, un marbre provenant de Lillebonne qui porte le n" 1689, du
livret, et sur lequel on lit :
VEGETI....
GRiECINA V....
FILIA...
PIENTIS...
Mais la pièce épigraghique la plus importante, par la nature du métal, sont deux fro-
ments de plaque en bronze trouvés par M. Rêver, en li825. Sur trois lignes on lit les lettres
smvanles, qui ne présentent aucun sens :
...VL...
...HNET. CVI...
...lOHEN. El...
Ces lettres ont i centimètre de profondeur. La plaque paraît avoir été détruite et tordue par le
feu. On peut voir dans les Procès-verbaux de ta Commission des Antiquités, notamment à la
page 90,1a quantité énorme d'objets d'art que découvrit M. Rêver dans la seule année 1825.
Enfin nous terminerons notre article sur le Lillebonne antique par la liste des marques on
noms de potiers el de verriers gallo-romains, trouvés parmi les débris de cette cité. Jus-
qu'à présent les marques de verriers n'ont donné que ces deux variantes qui appartiennent
toutes deux à la grande famille frontinienne : fro. — front, s. c. f.
(1) La troisième légion, surnommée Augvsta , a été longtemps campée en Algérie , notamment à Lunbesca oit
l'on a trouvé de ses inscriptlons.Voiràce sujet les travaux de M. Léon Renior dans ses* Inscriptions de l'Algérie,"
la ■ Revue archéologique ■ do 1849 à 1860, et le ■ Uonitaur universol , ■ du 5 septembre 1864.
Les potiers sont au nombre de vingt. Leurs marques sont imprimées tantôt au fond de
bols ou d'assiettes rouges, tantôt sur le bord de mortiers ou sur le flanc des vases à reliefe.
L'un d'eux figure sur une lampe et un autre est sur un vase sigillé en terre noire.
AMIOR. — ATILIANO. — CANTO MILIM. — CENSO... — CRV...M. — MANERIVS. — WATO. — OP
CFI... — OF MVRRAN. — OF MVRRANI. — PRISCILLIM. — SCOT. TIS... — ... SISIAHI P. —
STLPICIANI. — TACITVS F. — TVL... OF. — VIBIVS. — CELSIANl P. — SANCTIA...
Depuis ta rédaction de l'article que l'on vient de lire et depuis la première édition
de cet ouvrage, deux importantes découvertes ont été faites à Ltllebonne dans le cou-
rant de l'année 1864. Toutes deux ont eu lieu sur le terrain de M. Alfred Lemaistre,
qui a remplacé MM. Lévesque frères. La première est une construction importante
qui est apparue sur le bord du chemin de grande commimication n° 99 conduisant
à la station d'Alvimare. J'ai fouillé cet édifice pendant tout le mois de septembre,
et j'ai trouvé une habitation considérable dont je donne ici le plan. Plus de 200 mètres
ScJkiffe </e 0^0/ j&cur *? oittr^s
ËltIFICE BOMAin FomLLË A LILLKBOnnB EM l8Bt.
53
— 410 —
de murailles ont été mis à nu. Quelques
murs avaient i mètre 50 d'épaisseur, leur
hauteur allait parfois à 2 et 3 mètres. Sou-
vent l'appareil était en silex et en pierre
du pays; mais parfois il était en tuf ou en
moellon de petit appareil , chaîné de briques
rouges. Plusieurs absides élégantes termi-
naient et caractérisaient les appartements
qui étaient nombreux et généralement pe-
tits. La portion la mieux conservée était le
fourneau ou foyer dont nous donnons ici le
, , , , - . , „ FOCnHEAU It'aVPOC^DSTE (I.II.LIiDOKNE, 1864).
plan et qui ressemble tout a fait a un four-
neau d'hypocauste trouvé à Rouen , en 1828 (voir page 92) , et à un autre déjà rencontré
à Lillebonne, en i 836, chez MM. Lévesque.
Près de ce chauffoir devait se trouver un temple ou oratoire, car c'est dans ce quartier
voisin de la côte, et profondément ensevelis, que nous avons rencontré des tronçons de
colonnes, des fragments de statue de grande dimension, une tête, des jambes, des pieds,
des bras de statues d'une proportion moindre, des morceaux de bas-reliefs et d'inscrip-
tions. L'objet le mieux conservé était un stèle représentant Mithra ou le Dieu-Soleil. Sa
vue a rappelé à M. de Longpérier la légende des monnaies d'Eliogabale : « Sacerdos solis, ■
tandis que le nimbe radié le rapproche involontairement d'un buste de Claude publié par
Visconti.
Près de là se trouvaient également beaucoup de lampes en terre cuite de la façon de celle
que nous reproduisons , et plusieurs coupes en terre rougeàtre. On
est tenté de voir dans ces épaves les restes d'offrandes faites au dieu
qui habitait ces lieux et dont le prêtre ou le pontife occupait peut-être
cette demeure écroulée.
Parmi les débris sortis de celte fouille, nous avons à mentionner,
comme toujours , des crépis coloriés , des restes de verre et de poterie,
une fibule argentée , une lampe en fer, une plaquette en os , des clous,
des crampons , des meules à broyer, des écailles d'huîtres et des
défenses de sanglier.
Mais la plus belle découverte est celle qui a été faite le 26 octobre
de la même année à 2 ou 300 mètres de la maison romaine qui nous
ni>l>linA LAMPE ES TEtIRK CUITE
ULCU|JC. (LILI-BBO^SE, 1864).
M. Alfred Lemaistre , préparant l'assiette du pavillon qu'il vient
d'élever sur le penchant de la colUne que gravissait la voie antique, trouva à quelques
mètres de cette voie une sépulture à incinération des plus remarquables. Elle se composait
— 411 —
CAISSE SÉPULCRALE ROMAINE (BARTI.OW-HILL , ESSEX,
1835), SEMBLABLE A CELLE DE LILLEBONNE (1864).
d'un carré taillé dans la craie , à 2 mètres 50 du sol actuel , et formé avec quatre pierres
à peine dégrossies que recouvrait une lourde dalle de 1 mètre en carré. La profondeur de
la caisse était de 60 centimètres.
Une enceinte analogue à celle-ci a été trouvée, en 1835, à Bartlow-Hill , dans le
comté d'Essex. Nous donnons ici le dessin de
l'incinération anglaise, afin de mieux faire ap-
précier l'incinération française qui a disparu.
Dans cette caisse antique se trouvaient
réunis près de trente objets de toute nature
et fort intéressants. Il y en avait en fer, en
ivoire, en coquillage; mais les substances
dominantes étaient la terre cuite, le verre, le
bronze et l'argent. Essayons toutefois de pro-
céder par ordre dans notre riche inventaire.
Le premier objet, celui pour lequel tous
les autres étaient là, était une urne en verre
de forme ronde contenant les os brûlés d'un
adulte. Elle était renfermée dans un cylindre
en plomb , semblable à ceux d'Etelan et de
Bolbec. Comme ces derniers, le tube de Lille-
bonne était orné au dehors de croix de Saint- André formées avec des baguettes saillantes ;
des anneaux étaient placés dans le vide des croix-
Cette urne, si bien préservée, était accom-
pagnée de six vases de verre consistant en une
jolie ampoule en cristal, en lin barillet dont
les cercles étaient gravés en creux, en une
fiole de verre noir imitant un dauphin et re-
couverte d'écaillés dorées , enfin en trois grandes
ampoules carrées en verre vert portant au-
dessous les marques suivantes : B. — D — et
SAB ou SVB. Ce vase, qui portait cette dernière
marque, et que nous reproduisons ici , était rem-
pli d'une substance brune et visqueuse que les chi-
mistes ont reconnue pour de la chair musculaire.
Deux vases déterre seulement se trouvaient dans
ce dépôt. L'un était une cruche en terre jaune,
l'autre un vase noir allongé en forme de tulipe. Ces
AMPOULE DE iTERRB REMPLIE DE cHAiB vascssontcommunsdaus lessépulturcsdcs Calèles.
MUSCULAIRE (LILLEBOrVNE, 1864).
_ 412 —
Le bronze était représenté
par dix pièces. D'abord une jolie
anse terminée par deux lions ,
un gobelet à parois fort minces,
une coupe en forme de hanap ,
deux strigilles fort élégants, que
nous reproduisons ici avec ceux
du Bartlow-Hill. On pourra
comparer. Puis venaient deux
bassins ou plateaux de bronzo
dont un avait été doré : l un a ^
des anses mobiles et l'autre une seule qui est fixe. Un
de ces plateaux contenait un palet en os et douze jetons
hémisphériques en pâte de verre blancs ou noirs. Enfin
il y avait deux belles aiguières aussi en bronze, dont
une paraît avoir été argentée et l'autre dorée.
Mais la pièce de bronze la plus curieuse était un
prœfericulum ayant forme de buste. Le buste repré-
sente un jeune chasseur légèrement drapé d'une peau
de bête fauve nouée sur l'épaule gauche. Les yeux
sont en fer ou en mastic rougeâtre imitant l'oxyde
de fer. Une ouverture à charnière est pratiquée au-
dessus de la tête que surmonte une anse fleurie.
Ce vase, dont le résidu a révélé à la chimie un
corps gras, est considéré comme ayant servi à porter
l'huile dans les bains. Nous reproduisons cette pièce
curieuse.
L'argent composait quatre pièces : d'abord deux
cuillères, ime petite et une grande. On peut juger par notre dessin de l'élégance de la
^@ie«»
— 443 ~
grande. Puis vient une coupe en forme de hanap recouverte d'ornements gravés en creux.
Enfin un plateau ovale dont le bord aplati est recouvert de sujets allégoriques reproduits
en creux et en relief. Ces sujets sont des têtes barbues , des masques scéniques , des
dauphins , des arbres , des autels , des temples, le pedum orné de fleurs, des oiseaux , des
chèvres, des écureuils et autres sujets bachiques ou funéraires. Nous reproduisons dans sa
grandeur naturelle cette pièce , la plus curieuse qui soit sortie de nos cimetières romains.
Terminons ce répertoire par une éponge , une coquille rose nommée Triton conifère
par Lamark , un couteau ou poignard en fer enveloppé dans une gaîne d'ivoire, et un
autre poignard brisé. Le premier des deux représente vraiment un couteau de sacri-
ficateur.
Dans le dessin ci-joint nous indiquons la place que le caveau de cette belle sépulture
PLAN DE LILLEBONTIB ET DU CAVEAU 8ÉPULCBAL DE 1864.
occupait par rapport aux autres monuments de Lillebonne. Nous hasarderons sur elle les
conclusions suivantes : d'abord nous la reporterons au second siècle de notre ère , puis
nous croyons que c'est celle du propriétaire de la maison que nous avons fouillée dans le
voisinage et que nous venons de décrire. Ce riche colon aura été inhumé au bord de la
voie, selon la coutume antique et dans son propre fonds (in proprio suo fundo), suivant
une habitude également romaine. Sans nul doute, il a été entouré des objets qui lui étaient
chers ou usuels pendant sa vie ; mais de ces objets nous concluons que ce grand person-
nage aimait l'exercice du bain ou présidait aux bains pubUcs : l'éponge, les strigilles et le
prœfericulum nous semblent le démontrer- suffisamment. Nous allons plus loin : nous
croyons pouvoir affirmer que nous possédons en lui la dépouille d'un prêtre ou d'un pon-
tife. Les objets qui nous paraissent le démontrer sont d'abord le couteau de sacrificateur,
la coupe d'argent, les deux cuillères et le plateau d'argent. Une coupe , un plateau et des
— 414 —
cuillères semblables se voient dans le mobilier du temple de Mercure-Canet rencontré
en 4830 à Berthouville , près Bernay. Il ne serait pas impossible que la chair musculaire
se rapportât aussi à des sacrifices ; mais nous croyons que la plupart des objets trouvés
dans cette mine précieuse étaient des attributs de dignité et de profession.
Époque franque. — Pendant toute la période mérovingienne, nous ne connaissons
qu'une seule mention écrite de Lillebonne. Elle apparaît au concile tenu à Châlons en 650
et où se trouve la suscription suivante: t Belto, episcopus ecclesiae de JuliaebonaB,
subscripsi. »
On ignore profondément quel fut cet évêché du vue siècle dont il n'est plus question dans
notre histoire. Comme le style canonique eût exigé pour un évêché réguher c episcopus
ecclesiae Juliobonensis , * on pense qu'il s'agit simplement d'un de ces chorévêques ou
évoques régionaires assez communs à l'époque franque. On cite dans cette catégorie
Mandericus, de Tonnerre, et Austrapius, de Celle en Poitou. (Gregor. Turon., Hist., lib. iv
et v. — Sirmond, ConciL, t. vi, p. 392.) — Dans nos contrées , nous connaissons de ce
genre saint Ribert, de Leuconaûs, que l'on croit un chorévêque du vue siècle, et Aillemundus
qui , de 940 à 960, apparaît à Berneval-le-Grand avec la qualification épiscopale, sans que
nous connaissions son véritable titre.
Ce qui nous porte à penser que Lillebonne ne fut pas un évêché régulier à l'époque
franque, c'est que, dans la mention faite de ce lieu par la Chronique de Fontenelle, au viiieet
au ixe siècle, il est toujours appelé Castrum^ et non Civitas. Le titre de cité, d'après Grégoire
de Tours, qui en fait lui-même l'observation à propos de Dijon, n'était accordé alors qu'aux
évêchés, et celui de castrum aux forteresses non épiscopales. (Greg. Tur., Ub. m, c. 3.)
Quant aux monuments de l'époque franque, nous ne connaissons jusqu'ici que les chapi-
teaux et les cercueils qui , de 4853 à 4858, ont été rencontrés par M. Duval dans le parvis
de l'ancienne église de Saint-Denis.
Cette église, vendue et démolie en 4823, avait été élevée sur un édifice romain très
important. Lorsque, en 4853 et les années suivantes, M. Duval en arracha les derniers
fondements et nivela le cimetière pour faire un jardin , il reconnut que dans les fondations
du temple chrétien beaucoup de matériaux antiques étaient entrés. De plus, il trouva parmi
les débris trois chapiteaux de pierre ornés de feuillages , dans le style de ceux de Saint-
Gervais de Rouen et de Saint-Samson-sur-Rille , et des chapiteaux de l'époque franque les
mieux constatés. En 4860, j'ai reconnu un antéfixe formé avec une croix grecque cerclée
comme nos plus anciens types.
Mais la plus intéressante découverte a consisté dans huit ou dix cercueils en pierre de
Vergelé, d'une longueur moyenne de 2 mètres et plus étroits aux pieds qu'à la tête. Ces
sarcophages, conservés chez M. Duval lui-nmême, sont semblables à ceux que l'on voit au
Musée de Cluny et que l'on rencontre dans toute la Seine-Inférieure au sein des cimetières
mérovingiens.
— 415 —
M. Guilmeth dit que l'on a trouvé à Lillebonne une monnaie de Charleftiagne avec cette
légende d'un côté : karlvs, et de l'autre : tvrnaco. Ce qui est plus sûr, c'est que le Musée
de Rouen possède un denier du même prince recueilli à Lillebonne en 4839. Il pèse 30
grammes; d'un côté on lit : karlvs rex fr., de l'autre : metvllo.
Après cela , il ne nous reste guère à signaler pour l'époque franque que la destruction
du théâtre ou de l'enceinte fortifiée de Juliobona^ en 734, par Teutsinde et Érinhard,
abbé et moine de Fontenelle, pour la construction de l'église paroissiale de Saint-Wandrille :
• Allatis pétris de Juliâbonâ, Castro quondam nobilissimo ac firmissimo. » {Chronicon
Fontanellœ, c. x, p. 27. — Neustria pia^ p. 449.)
Période normande. — Le Musée de Rouen possède un denier de Richard II que nous
croyons trouvé à Lillebonne. Cette pièce, qui a été frappée à Rouen, porte d'un côté :
ROTOM. civiTAS , et de l'autre : richardvs c. (Cornes).
Nous rapporterons aussi à cette époque la qualification de viens regalis accordée à Lille-
bonne par Orderic Vital, le prince de nos historiens normands. Un historien normand de
la même période cité par Duchesne (p. 979), appelle ce bourg t Oppidum Juliambonam. t
Époque incertaine. — Nous croyons devoir ranger dans les attributions de l'âge in-
certain deux marmites en bronze, trouvées à Lillebonne et entrées au Musée de Rouen en
1836. Ces vases oUaires, à trois pieds et deux tenons pour une anse, n'ont pas d'époque
déterminée, et ils peuvent appartenir aussi bien au moyen-âge qu'à l'antiquité.
§ I". — MANUSCRITS.
Oaignières, « Supplément français, » n° 5,024, vol. xv,
p. 80, à la Bibliothèque impériale.
Leboullenger, ingénieur, «Voyage dans le département
delà Seine-Infér., exécuté en 1807 par ordre de M. Savoye-
Hollin, préfet,» 2 vol. in-folio, à la Bibliothèque de Rouen.
« Procès-verbaux et archives de la Commission dé-
partementale des antiquités de la Seine-Inférieure, » à
la Préfecture de Rouen.
Pigné (de Lillebonne), « Panorama de Lillebonne , »
1831, conservé dans la famille de l'auteur, à Lillebonne.
8 n. — IMPRIMÉS.
Dom Bouquet, « Recueil des Hist. des Gaules, » 1. 1",
p. 72, 73 et 108.
D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 393-94.
Fortiad'Urban,«Rec.desItinér.anc.,»p. 115, 116,236.
Walckenaer, « Géographie anc, hist. et comp. des
Gaules, » t. ii, p. 434 -, t m, p. 52, 53 et 54.
Labbe et Cossart, « Sacro Sancta Concilia, » t. vi,
p. 391-92, ad annum 650 et note du Père Sirmond.
« Chronicon Fontanellae, v c. x, p. 27.
Orderic Vital, a Hist. ecclesiast, » lib. v, c. 5 , t. ii ,
p. 323 ; lib. xii, c. 23, t. iv, p. 396. Édit. Le Prévost.
a Neustria pia, » p. 149.
L'abbédèLonguerue,«Merc.deFrance,»av. 1732,p.631 .
L'abbé Belley, « Mém. de l'Acad. des Inscriptions et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 633-647.
Dom T. Duplessis , « Descript. géogr. et hist. de la
Haute-Normandie, » t. i**", p. 3-7.
Le comte de Caylus , « Recueil d'antiquités, o t. vi ,
p. 393-396, pi. cxxvi et cxxvii.
Noël de la Morinière, « Second Essai sur le départe-
ment de la Seine-Inférieure, » p. 123-128.
Raymond, « Première Lettre sur les antiquités de la
Normandie. —Lillebonne, » in-8' de 99 pages. Paris.
Demonville, 1826.
Mangou de la Lande , « Notice archéologique sur le
pays de Caux, » dans les « Mém. de la Soc. des Ântiq.
de Norm.,» t. m, p. 213-226.
Rêver, «Mémoire sur les Ruines de Lillebonne, arrond.
du Havre, Seine-Inférieure, » in-8* de 142 pages. Évreux,
Ancelle, 1821. Avec un « Appendice au Mémoire sur les
Ruines de Lillebonne, >» in-S" de 58 pages. Ibid., avec
5 pi. — Quoique portant la date de 1821, cet ouvrage n'a
paru qu'en 1825.
Id., « Description de la Statue de bronze doré trouvée
à Lillebonne,» in-8" de 58 pages. Rouen, E. Périaux,
1823. — 2« édition de 45 pages. Évreux, Ancelle, 1824.
Id., «Conject. sur les Objets d'antiq. trouv. à Lille-
bonne, dans les dem. jours de juin et les prem. jours de
juillet 1824, » in-8'' de 13 pages. Rouen, 1824.
416 —
Hever, « Antiquités de Lillebonne. Rapport à M. le
Préfet de la Seine-Inférieure, 29 nov. 1825, *» dans les
A Archiv. de la Normandie, » année 1826, p. 384-390.
Guilmeth, * Notice hist. sur la ville et les environs de
Lillebonne, »in-8**de96 p. Rouen, Berdalle, vers 1843.
E. Gaillard, « Notice sur la Statue pédestre de marbre
blanc, >» in-8' de 47 pages. Rouen, N. Périaux, 1829.
Id. « Recherches archéol. pour servir d'introd. à un
Voyage dans la Seine-Infér., » in-8** de 13 pages. Rouen,
N. Périaux, 1832.
Id., « Mém. sur le Balnéaire de Lillebonne, » in-8'' de
52pagesavec5pl.de M. Ed. Lambert. Gaen, Hardel, 1834.
Id., a Mém. de la Soc. des Ant.de Nor.,» t. iv, p. 50-100.
De Jouffroy et E. Breton , « Introduct. à Thist. de
France,» p. 91, pi. 31, fig. 2.
Deville, nCatal. du Musée départemental d'antiquités,*
années 1834, 1836, 1838, 1840, 1845.
Id., « Précis analyt. des Trav. de l'Acad. de Rouen, »
année 1837, p. 184-93, et année 1838, p. 261-66.
Id., «Notice sur Lillebonne, » dans le • Bulletin monu-
mental , k t xxin, p. 566-573.
Id., « Revue de Rouen, » nov. 1841, p. 315-21 et 1 pi.
Id., « Sur une Statuette enbronze découv. à Lillebonne,
en septembre 1841, > in-S^'de 6 pages et 1 pL Rouen,
Périaux, 1841.
De Boutteville, «Figurine casquée de Lillebonne,» dans
la « Revue de Rouen , » février 1842, p. 73-79 et 1 pi .
Roach Smith, «Gollectanea antiqua, » vol. m, p. 73-90,
plates XVII à XXV.
» Procès-verbaux de la Gommiss. départ, des Anti-
quités de la Seine-Inf , » 1. 1".
« Notes on some of the Antiquities of France, Lille-
bonne , » pi. XVII à XXV. Excellentes notes illustrées de
gravures sur le thé&tre, les tombeaux, les statues.
«La Normandie pittoresque.— Le Havre et son arrond.,
t. II. Ganton de Lillebonne, » p. 1 à 32 et planches.
A. Le Prévost, « Annuaire statist. du département de la
Seine-Inférieure, pour 1823, » 1. 1*% p. 552-57, et in-8» de
24 pages. Rouen, 1824.
Id., «Rapport sur la Notice de M. Rêver relative à la
Statue de bronze, » dans le f Précis analyt. de TAcad.de
Rouen, » année 1824, p. 149-163.
A. Le Prévost, « Rapport sur la première Lettre relat.
aux antiq. de Lillebonne, par M. Raymond, » dans le
« Précis de l'Acad. de Rouen, » p. 93.
Id., «Compte-rendu du Mém. de M. Rêver sur les Ruines
de Lillebonne, » dans les «Archives de la Normandie, >
2* année , p. 255 et 404, in-8% Gaen , 1826.
Nodier, Taylor et de Gailleux, «Voyages pittoresques
et romant. dans l'anc. France. — Normandie , » 1. 1",
p. 73-79, pi. 32, 33.
Gh, Lenormant, « Notice sur le Théâtre antique de
Lillebonne, ■ dans les « Annales de l'Institut de corres-
pond, archéol., » t. ii, p. 51.
L'abbé Gochet , « Discours de récept. à l'Acad. de
Rouen, » in-8*' de 19 pages. Rouen, Périaux, 1842.
Id., « Aperçu du commerce des Galètes à l'époque
gallo-rom., » dans la « Revue de Rouen, » année 1842,
2* sem., p. 257-72, et dans « l'Art en province, «Moulins,
184344.
L'abbé Gochet , « Voies romaines de l'arrond. du
Havre , » dans les « Mém. de la Soc. des Antiq. de
Norm., » t. XIV, p. 150-169.
Id., «Voies romaines de la Seine-Inférieure, • dans
les « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xxiv,
p. 319-360.
Id., « Les Églises de l'arr. du Havre, » t ii, p. 177-193.
Id., A La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 97-120;
2* édit., p. 111-137, avec 1 pi. et des grav.
Id., « Épigraphie de la Seine-Inférieure, » p. 1 à 9, et
« Bull, mon., » t. xxi, p. 281-92.
L'abbé Gochet, «De la coutume d'inhumer les hommes
dans des tonneaux en terre cuite, à propos d'un-Dolium
romain trouvé en Normandie, » dans la « Revue archéolo-
gique, » XIV» année (1859), p. 608-619.
Id., « L'Atheneeum français, » du 30 juillet 1863.
Id., « Note sur des incinérations gallo-rom. trouvées à
Lillebonne en 1860 , » dans « la Picardie, » (Amiens),
vu» année , p. 39-44.
Id., Même note dans le « Bulletin de la Soc. des AnUq.
de Norm., » 1. 1", p. 261-66, t. m, p. 168-71. '
J.-F. Brianchon, « Les Nouvelles Antiquités de Lille-
bonne, » in-8» de 16 p. Bolbec, Valin 1864 , et in-12 de
21 p. 1865.
LE MESNIL-SOUS-LILLEBONNE (section de lillebonne).
Epoque romaine. — Le Mesnil, où passait la voie romaine de Juliobona à Breviodurum
et NoviomaguSj était un faubourg de la cité romaine, et il peut malaisément en être séparé.
Ce sont les collines du Mesnil, surtout celles qm portent le nom du Toupin et du Cotillon,
qui renferment le principal cimetière de la cité antique. Toute la collection de vases el
d'objets antiques formée au commencement de ce siècle par M. Davois de Kinkerviile, el
acquise par le département en i 840, provenait des incinérations du Mesnil.
— 417 —
Dès 1705, on tira des coteaux boisés du Mesnil une inscription qui fit grand bruit au
siècle dernier.
En 1836 , le Musée de Rouen fit l'acquisition d'une petite cuiller à encens ; d'une grande
urne cinéraire en terre cuite; de plusieurs vases en terre rouge; de deux perles en
verre bleu striées et forées , et d'une urne cinéraire en plomb de forme cylindrique et
tronquée. Le tout provenait du Mesnil, C'est sans doute ce qui explique comment le
Catalogue du Mmée d'Antiquités de Rouen pour l'année 1845 (p. 34) mentionne une urne
en plomb provenant du Mesnil-sous-Lillebonne.
C'est aussi au Mesnil que M. Duval, percepteur à Lillebonne, trouva dans un petit vase
tout un assortiment de jolies broches ou fibules de bronze, qui dut former l'écrin de toi-
lette d'une dame romaine.
Enfin c'est au Mesnil que nous-même avons fouillé en 1 852 le cimetière antique de Julio-
bona, fouilles dont nous avons donné le récit dans la Normandie souterraine et ailleurs.
C'est donc aux antiquités de Lillebonne que se rattachent celles du Mesnil.
L'abbé Belley, « Mém. de l'Académie des Inscript, et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 647,
t La Normandie sout., » l'«édit., p. 99, 107-109,114-
120; 2- édit. p. U3, 121-123, 129-137.
Caylus , « Recueil d'antiquités , » t. vi , pi . 126 et
127.
« Mémoire de la Société des Antiq. de Normandie, »
t. XIV, p. 163, et t. XXIV, p. 333*
SAINT-JEAN-DE-FOLLEVILLE.
Époque romaine. — .Au temps où prospérait Juliobona^ Saint-Jean-de-Folleville dutlui
servir conime de faubourg. Aussi trouve-t-on sur le territoire de cette commune un grand
nombre de monuments antiques.
M. E. Gaillard, qui l'a habitée longtemps et qui de là descendait chaque jour surveiller
les fouilles de Lillebonne, M. Gaillard, dis-je, y signale un Câtelier à l'entrée de la .vallée
Collarine. Il dit aussi que dans le bois des Castellans , nom significatif, se trouve une
motte de terre entourée de fossés, sen^blable à nos anciens tours de pressoir.
La voie romaine qui de Juliobona (Lillebonne) se dirigeait vers Caracotinum (Harfleur)
passait à Saint-Jean-de-Folleville, C'est probablement ce qui explique la découverte faite
en février 1860, par M. Auguste Fauquet, dans le bois deFolleville qui est vers Lillebonne.
Là , en pratiquant un chemin d'accès pour son château, il a trouvé des murs antiques et
des incinérations romaines des premiers siècles. Les ouvriers ont brisé une partie des
vases; cependant, il est échappé à leur pioche quatorze objets curieux, soigneusement
conservés par le propriétaire. Nous avons mentionné ces divers objets et en avons donné
le dessin à l'article Lillebonne (p. 404).
Ce n'est pas la première fois qu'une découverte intéressante a lieu à Saînt-Jean^de-
FoUeviUe. Déjà en 1839 il avait été trouvé au bas de la côte, toujours vers Lillebonne, un
beau vase en bronze haut de 24 centimètres , aujourd'hui déposé au Musée de Roiuen.
53
1
— 418 —
Enfin, chose plus importante encore, en 1842, M. Friboulet, de Fécamp, fit fouiller
une terre appelée le Champ-aux^Tuiles. Il y reconnut un très bel établissement romain
dont quelques parties étaient encore pavées en mosaïque ; il y recueillit des vases , des
fragments de vases, des crépis coloriés, des défenses de sanglier et une foule de débris.
Parmi les restes qui sortirent de cette fouille , M. Deville signale des urnes romaines. Le
même M. Deville m'a assuré qu'à Gouberville , près Follèville , on a trouvé des mosaïques
grossières et des monnaies romaines dont une était de Commode.
Un chemin d'intérêt commim ouvert, en 4863, dans la vallée de Lillebonne, sur le terri-
toire de Saint-Jean-de-Folleville, a fait rencontrer d'importantes substructions, des tuiles,
des poteries et des monnaies romaines.
J'ai visité ces débris pendant l'été de 4864, et j'ai reconnu d'importantes murailles, restes
d'habitations antiques contiguës à la colline.
E. Gaillard , « Recherches archéologiques , » p. 5.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de fîorm., » t. xiv, p. 154,
f't t. XXIV, p. 319.
«< Bulletin de Id Soc. des Antiq. de Norm., » t. r
p. 260.
f«r
• La Normandie souterr., » l'*éd.,p. 421; 2* éd., p. !39.
« Revue du Havre, » du 12 juin 1842.
o Courrier de Dieppe , » du 31 mai 1842.
o La Picardie , » vii« année, 1861, p. 39-44.
a Revue de la Normandie, « t. ni, p. 4.
RADICATEL (section de saint-jean-de-folleville).
Époque romaine. — Eudes Rigaud , au xiiie siècle , appelle ce lieu Ratier^Castel. Il
nous paraît malaisé que le nom de Castel entre dans la composition d'un nom, sans que le
Heu qui le porte ait quelque chose de romain. — Nous avons en effet appris qu'il y
avait à Radicâtel un Câlelier avoisinant une villa romaine. Au lieu dit le Champ-des-
Oiseaux, on a recueilli de moyens bronzes de Trajan, de Titus et d'Antonin.
MÉLAMARE.
Époque romaine. — La voie romaine de Juliobona à Caracotinum passait par Mélamare,
où il dut y avoir des briqueteries à l'époque romaine.
Une tradition , basée sur une chapelle bâtie dans un vallon qui porte le nom de
Fond et de Côte de Sainte-Honorine, prétend que là fut mise à mort pour la foi, le
27 février 303, sainte Honorine , vierge et martyre. On ajoute que son corps fut gorté
jusqu'à la Seine , où il fut jeté, et qu'ensuite il vint échouer sur le rivage de Grâville, où
il fut inhumé.
Époque incertalne. — J'ai entendu dire qu'il y avait une motte à Mélamare.
« Mém. de la Société des Antiq. de Normandie, t
t. XIV, p. 154, et t. XXIV, p. 319.
« Les Églises do l'arrondissement da Havre, » 1 1",
p. 84-90; t II, p. 202.
419
SAINT-ANTOINE-LA-FORÊT.
Époque romaine. — La voie TOïùdiine de Julio bona (Lillebonne) à Caracotinum (HavReûr)
passait par Saint-Antoine-la-Forêt.
et Mém. de la Soc. des Àntiq. de Norm., » t. xiv, p. 154, et t. xxiv, p. 319.
SAINT-NICOLAS-DE-LA-TAILLE.
Époque gauloise (?). — C'est sur le territoire de Saint-Nicolas-de-la-Taille que se
trouve le Camp de Bottdeville. M. Fallue a décrit cette antique enceinte qui porte aussi le
nom de C atelier. Il lui donne une contenance de i 50 acres. La Seine et le vallon de
Tancarville forment une partie des défenses naturelles de ce camp, qui est protégé du
côté de la plaine par trois fossés, selon M. Gaillard; par deux seulement, d'après M. Fallue.
Ce camp , du reste , qui est couvert de taillis, doit appartenir à la famille des circonvalla-
lions antiques de Sandouville, du Canada et de Limes.
Époque romaine. — Le Musée de Rouen possède ime monnaie de bronze de Néron ,
provenant de Saint-Nicolas-de-la-Taille.
Époque incertaine. — Vers 1846, on a trouvé à Saint-Nicolas-de-la-Taille une mar-
mite en bronze à trois pieds et deux tenons pour une anse qui a disparu. Ce genre d'an-
tiquités, qui est difficile à dater, pourrait bien être du moyen-âge. La pièce est entrée au
Musée de Rouen.
L. Fallue, tMém. delà 8oc. des Antiq. do Nonnandie, « 1 E. Gaillard, f Recherches archéologiques, « p. 6 , 7
t. IX, p. 188-92, et pi. v. 1 et 8.
LA TRINITÉ-DU-MONT.
Époque romaine. — La voie romaine de Juliobona (Lillebonne) à Gravinum passait par
la Trinité-du-Mont.
GRANDCAMP.
Époque incertaine. — Dans une liste des localités de la Seine-Inférieure contenant
d'anciens monuments, dressée par M. Le Prévost en 4822, nous trouvons l'annotation
suivante : « Grandcamp (arr. du Havre), emplacement d'un campsur la croupe d'une colline. >
o Procès-verbaux de la Commiss. départ, des Antiq. de la Seine-Inférieure, » 1. 1*', p. 33.
AUBERVILLE-LA-CAMPAGNE.
Époque romaine. — Ce village est situé sur la plaine qui sépare Lillebonne de Cau-
debec-en-Caux, et le long de l'ancienne voie qui conduisait de Juliobona à Lotum.
— 420 —
Nous savons que vers i 820 , on trouva à Auberville , près de la chapelle ruinée de
Saint-Amateur, un cercueil en pierre que j'attribue au rv^ ou au v^ siècle de l'ère chré-
tienne. Ce tombeau , d'une seule pièce , qui a longtemps servi de baille dans une fenne ,
renfermait un squelette accompagné de divers ornements, parmi lesquels on cite un
collier de perles de verre dures et brillantes, imitant pour la forme les patenôtres de
nos chapelets. A la rigueur, cette sépulture pourrait être franque. Je n'insiste pas
sur son attribution. Je tiens les détails de cette découverte de M. Hanot, alors curé
d'Auberville.
« Les Églises de l'arrond. du Havre, » t. ii, p. 211. 1 « Mém. de la Soc. des Antiq. de Normandie, » l. xiv,
« La Normandie sout., » 1" édit., p. 33; 2* édit, p. 40. ' p. 150-151, et t. xxiv, p. 324.
TRIQUERVILLE.
Époque incertaine , peut-être gauloise (?). — Près de Téglisé était autrefiDis une fon-
taine vénérée qui portait le nom de Saint-Jean. On y venait prier, et, le jour de la fête,
on y allumait un feu*
Époque romaine. — Dans des champs appelés Lflfct> ou l' A bbaye^ qui dépendaient,
dit-on, des moines du Valasse, on trouve en labourant une certaine quantité de tuiles. Il
est bon d'ajouter que le nom d'abbaie est parfois donné par les habitants des cam*
pagnes aux villas antiques, témoin le palais de Charles-le-Chauve à Pitres, où est la rtte de
r Abbaye.
L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrondissemenl du Havre , » t. ii , p. 216-218.
t
m
NOTRE-DAME-DE-GRAVENCHON.
Epoque incertaine. — A Gravenchon, M. Fallue signale une motte couverte de
buis.
« Mém. de la Société des Antiq. de Normandie , » t ix, p. 290.
SAINT-GEORGES-DE-GRAVENCHON. (section de notre-dame-de-gravenchon).
Période normande. — Les cartons de la Commission des Antiquités possèdent une
vue de l'église romane de SaintGeoi^e§-de-Gravenchon , prise par M. H. Langlois
avant la démolition de cet édifice en 1825. Cette construction romane paraît re-
monter aux derniers Carlovingiens ou aux premiers Capétiens. Dans le mur du nord
est logée une grossière statuette de pierre que Ton prendrait volontiers pour une sculpture
païenne.
SAiNT-MAURICE-D'ÉTELAN.
Epoque romaine. — En -1852, sur la pente d'un coteau qui sépare le presbytère de
ï'école, au lieudit les Mamns-des-Douaniers , oa a Iroayé dans un jardin, à 40 centi-
mètres du sol , un dolium en terre cuite contenant une urne
en plomb de forme ronde, oraée de bâtons comme celle de
Bolbeo et entièrement remplie d'os brûlés ; une urne de verre
de forme carrée et à anse rayée. Ce vase, Haut de 33 centi-
mètres, est également rempli d'osse-
. ments incinérés qui trempent dans une
eau d'interposition. Avec ces deux pièces
5 cinéraires se trouvaient des vases aux
offrandes et aux libations, tels qu'une
coupe de verre , un vase carré aussi en
verre ayant une anse rayée et couvert de
tartre au fond ; en dernier lieu , un petit
vase en terre cuite. A côté du dolium
ont été recueillies deux cruches vides en
rRKB En piANB. uaKE en tbbre. ^^^ rougcâtre. De cette sépulture il a
été extrait neuf vases conservés par MM. Bettencourt, régisseurs du château d'Ételan.
Enfin il s'y trouvait aussi une monnaie de bronze demeurée indéchiflrable.
Antérieurement à cette découverte , il avait élé recueilli à Saint-Maurice de moyens et
de petits bronzes d'Auguste, de Crispine et de Constans.
L'abbé Cochet, • La Normandie souterraine, • 1" édi(., p. 121-122; 2* édit., p. 139-140.
ARRONDISSEMENT D YVETOT.
CANTOÏSr D'YVEITOT.
YVETOT.
DBACELBT EN OB.
Époque gauloise (?). — Le Musée de Rouen possède un
beau bracelet en or pesant cinquante-neuf grains , et trouvé
en 4843 à Yvetot ou aux environs. M. Deville le présume
gaulois.
Époque franque. — Nous ne parlerons que pour mémoire
de la légende fabuleuse du meurtre de Gauthier, sire d'Yvetot,
assassiné à Soissons , par Clotaire 1er, le 21 mars 536. C'est
là une histoire inventée à la fin du xv^ siècle par Nicolle
Gilles y dans ses Chroniques de France, publiées en 1492, et
par Robert Gaguin, dans son Histoire de France, qui vit le
jour en 1497. Ces chroniqueurs voulaient sans doute s'expliquer l'étrange existence au
moyen-âge d'une souveraineté princière à Yvetot, laquelle dégénéra parfois jusqu'à la
parodie royale. Mais, ce qui doit surprendre, c'est la foule d'hommes sérieux et lettrés qui ,
depuis trois cents ans , s'est occupée du royaume d'Yvetot.
Le nom d'Yvetot n'apparaît pour la première fois dans des documents historiques qu'au
xi« siècle. Dans une charte de Saint- Wandrille , Guillaume-le-Conquérant cite ivetot.
Pour l'époque franque, ce qui est plus sûr pour lui que sa royauté, c'est un tiers de sol
d'or trouvé sur son territoire, vers 1847, et entré dans la collection départementale.
BIBLIOGRAPHIE DU BOTAVJIE D'YVETOT.
Xy* SIÈCLE.
Robert Gaguin , « Compendium de origine et gestis
Francorum, » lib. ii, c. i, 149t.
Nicolle Gilles, aTrèsYéridiques Annales ou Chroniques
de France, » 1492 ou 1496.
XVII* SIÈCLE.
Claude Malingre, * Institution du Royaume d'Yvetot, »
article inséré à la fin de son « Traicté sur la loi salique,
armes, blasons, etc.,"» in-^*, Paris, Collet 1614.
A. Momac,* De fklsâ regni Yvetoti narratione, etc., »
in-S" de 24 pages, LutetisD, Martinus, 1615.
Jean Ruault , « Preuves de Thistoire du Royaume
d'Yvetot, avec un examen, etc., » in-4*, Paris, 1631.
Denis Le Bouthillier (de Rouen;, « Traité des prétendus
droits du Royaume d'Yvetot. » (Anonyme.)
Ont parlé de ce Royaume : Robert Cœnalis ou Geneau,
évoque d'Avranches { « Gallica historia ; » ) Charles de
Bourgueville, sieur deBras, de Gaen (« Recherches et an-
tiquitez de laNormandie; ») le cardinal Barooius, Henri
— 423
Sponde, Baptiste Fulgose, duHaillan, Gabriel du Moulin,
Louis Trincaut (« Généalogie du Belley en Anjou, ») Cho-
pin, Ghassanée, etc.
XVm* filtCLE,
L'abbé de Vertot, « Dissertation sur l'origine du
Royaume dTvetot, » dans les « Mém. de TAcad. des Ins-
criptions et Belles-Lettres,» t. iv, p. 728, année 1714.
«Journal de Verdun, » déc. 1706, p. 432 ; nov. 1711 ,
p. 315 ; sept. 1741 .
«Mercure de France, » juin 1725, p. 1481; septembre
1725, p. 1938-44 ; janvier 1726, p. 48-54.
L'abbé de la Roque, « Traité de la Noblesse, » ch. ix
et XXVI.
DomT.Duplessis, «Descript. géog. ethist. de la Haute*
Normandie, » 1. 1", p. 173-189. — M. Frère attribue cette
dissertation à Foncemagne.
L'abbé des Thuilleries (Claude du Moulinet), » Disser-
tation sur le prétendu Royaume d'Yvetot, » dans le
« Dictionnaire universel des Gaules et de la France,» par
r«bbé Expilly, t. m, p. 1402 et suiv.
Leoerf de la Viôville (de la Rivière selon d'autres; ,
« Origine du Royaume d'Yvetot, » à la suite de « l'Éloge
des Normands, » p. 118-32, in-12, Paris, 1748.
«t Factumpour leséchevins, bourgeois, propriétaires et
habitants de la principauté dTvetot... contre messire
d'Albon, prince d'Yvetot, » in-f" de 24 pages, Rouen, Du-
mesnil, 1737, et à la suite deux autres Mémoires de 1737
et 1740, puis deux autres Mémoires de 1776. — Voir le
a Manuel » de M. Frère, au mot Facium^ t. i",p. 449.
Noël de la Morinière,« Second Essai sur le département
de la Seine-Inférieure, » p. 120-121, in-8'», Rouen, 1795.
XIX* SIÈCLE.
Frère , « Manuel du Bibliographe normand , » t . ii ,
p. 621.
Guilmeth , « Descript. géog., hist., stat. et mon. des
arrond., » t. ii, p. 8-16.
Id., « Jean Baucher, roi d'Yvetot,» une brochure in-8%
Rouen, 1860, extrait du « Nouvelliste de Rouen, » des 5 et
6 décembre 1862.
Id., « Nouvelliste de Rouen, » du 27 juillet 1857.
M''* Amélie Bosquet, « La Normandie romanesque et
merveilleuse, » p. 431-33.
E. Gaillard, « Conjectures sur le Royaume d'Yvetot,»
dans le « Précis analyt. de l'Acad. de Rouen, » année
1836, p. 129-143.
Duputel, « Du Royaume d'Yvetot, Mém. lu dans une
séance part, de l'Académie de Rouen, le 11 avril 1811, •
in-8» de 31 pages, Rouen, Brière, 1835.
A. Canel, a Le Royaume d'Yvetot, » dans la « Revue
hist. des cinq dép. de la province de Normandie, ■ année
1836, p. 436-58-, année 1837, p. 21-28.
Fromentin, « Essai hist. sur Yvetot, » p. 1 à 84, in-8*',
Rouen, Pérou, 1845.
Labutte, « Études historiques sur l'arrond. d'Yvetot,»
p. 72-83.
L'abbé Cochet , « Leâ Églises de l'arrondissement
d'Yvetot , » l'« édit., t. ii , p. 311-314 ; 2« édit. , t. ii ,
p. 309-311.
Chéruel , « Dictionnaire des institutions , mœurs et
coutumes de la France, » p. 1270-71.
Collin de Plancy, « Légendes de l'Hist. de France :
le Roi d'Yvetot, etc., » in-8% Paris, 1850.
ÉCRETTEVILLE-LES-BAONS.
Période normande. — En i026, Richard II donne à l'abbaye de Fécamp l'église et la
terre d'Écretteville : « Ecclesiam de Scrotavillâ. 3> Les moines possédèrent longtemps, en ce
lieu, une magnifique terre féodale appelée au moyen-âge la ferme du CâteL Les restes de
cette habitation semi-monastique, semi-chevaleresque, sont encore curieux à voir.
A Neustria pia, > p. 217.
Guilmeth, « Desc. géog., hist., stat. efjnon. des
arrond., » t. ii, p. 62.
Fallue, • Hist. delà ville et de Tabb. de Fécamp,»p. 102.
« Les Églises de l'arrond. dTvetot, » l'« édit., t. ii,
p. 369; 2« édit., t. n, p. 363.
VALLIQUERVILLE.
Époque incertaine. — Valliquerville possède ou a possédé un tertre revêtu de maçon-
nerie , une espèce de fer té , fermeté ou roqueforte.
On m'a cité à Valliquerville une enceinte fossoyéé que M. l'abbé Somménil attribue aux
guerres de Henri IV et du duc de Parme.
L'abbé Somménil , « Campagne de Henri IV au pays de Caux , » p. 36-42.
ALLOUVILLE-BELLEFOSSE.
Période mormande. — Cette com-
mune possède, dans le cimetière qui
entoure son église, une antiquité végé-
tale qui a son histoire et sa bibliographie.
Nous voulons pai'ler du chène-chapelle
auquel M. Marquis, professeur de bota-
nique à Rouen, donnait en 1821 de huit
à oeuf cents ans.
M. Dubreuil , professeur d'arboricul-
ture au Jai'din des Plantes de la même
ville, ne lui donnait, en 1843, que
huit cent soixante-dix ans. Cela suffit
pour que nous ayons un motif de con-
sidérer ce végétal comme contemporain
de la dynastie de Rollon.
CBÊNE-CIIAPELLB It'ALLOUVtLLB-BELLEFOME.
BIBLIOGRAPBIB DU CBiXE-CUAPElXLB D'ALLOCVILLB.
Marquis, » Notice sur le Chêno-Cliapolle d'Allouvîlle
dans le pays de Caux,* ia-1! de 7 p., Rouen, 1S23.
Id., • Précis analyt. dos Trav. de l'Acad. de Rouen, »
année 1823, p. 40-46.
Id., «Archives de la Normandie,* 1. 1", p. 83-84 et pi,
Dubreuil , • Quelques Notes sur l'accroissement des
arbres evogènes, • in-4°, Caen, 1847.
Id., « Mém. de l'Institut dos Provinces, i> 1. 1", in-t",
Caen, 1847.
De Glanville , « Promenade archéol. de Rouen à
Fécomp , » p. 80-83.
• Les Ëglises de l'arrond. d'Yvelot, * l" édit., t. ii ,
p. 384-88 ; 2- édit., t ii , p. 379-63.
L'abbé Gholet , « Le Chêne- Chapelle , etc. , dans le
cimetière d'AIlouville-Bellefosse, • in-t2 de 24 paires,
Paris, Bailly, 1840. Plusieurs fois réimprimé.
Lesage, e Monuments civils et religieux de Caudebec
et des environs , < Mes. de la Bibliotlièqne de Rouen.
• Le gros Cbcne ou pâlerinage d'un aïeul et de son
petit-Q(s hobitantsde Saint-'Valery-sur-Sonmie, Tait au
chêne d'AIlcuvillc, • Abbeville, 1810.
Nodior,Tay!or,«'Voyage3pitlor,etroni.dansr8ncienne
France: Haute-Normandie,» t. ii, p. 173-75, pi. ccjixx.
Canu,'» Strophes au châoe d'Allouvîlle, • iD-S° de
96 p. Rouen , Péron , 1858.
Fromentin, -Essai hist. sur Yvetol,> p. 155-lfô.
TOUFFREVILLE-LA-CORBELINE.
Époque romaine. — En 1850, M. Lemarié, agronome distingué de cette commune,
nous a assuré qu'en cultivant ses terres il trouvait parfois des tuiles à rebords, des poteries
antiques et des meules à broyer.
Époque incertaine. — A l'extrémité du vallon boisé appelé le Val de Seine, se trouve
un épais taillis nommé le Bois-de-la-Salle, qui recouvre de ses halliers une enceinte for-
tifiée. Cette triple enceinte fossoyée est connue sous le nom de Camp-de-la-Salle. Ce
— 425 —
camp, que nous avons visité deux fois, en 1850 et en 4862, a une forme ovale. Au centre
est une motte considérable qui domine de très loin le pays d*alentour. Cette motte , haute
de plus de 45 mètres, est entourée de fossés profonds dont quelques-uns sont remplis
d*eau. Comme à Bretteville-la-Chaussée , comme au Parc-d'Hallebosc , une première
enceinte touche à ce tertre, qui figure assez bien un donjon. Les fossés de la première
enceinte sont profonds; ceux de la seconde et de la troisième le sont beaucoup moins. Il est
malaisé de donner la date d'une pareille fortification.
«Les Églises de Tarrond. d'Yvetot, m l'^édit, t. n,
p. 355; 2« édit., t. n, p. 351.
« Mém.delaSoc. desAntiq. do Norm.,» t. xxiv, p. 355.
Kabbé Somménil , « Campagne de Henri IV au pays
de Caux, » p. 30.
AUTRETOT.
Époque incertaine. — On nous a assuré qu'Autretot avait possédé une motte qui fut
détruite vers 1830. Il y a aussi à Autretot tradition d'église transférée.
CANTON D'YER VILLE.
YERVILLE.
Époque romaine. — Vers 1858, en fouillant dans les avenues du château de Thiber-
mesnil, on trouva \me petite coupe et un plateau rouges en terre de Samos. M. Foloppe ,
de MotteviUe, qui a bien voulu me les offrir, m'a assuré que, quelques années auparavant ,
on avait trouvé dans ce lieu une foule de vases antiques , ce qui me fait présumer l'exis-
tence d'un cimetière gallo-romain.
ft Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie , » 1. 1*', p. 120-21.
LES BAONS-LE-COMTE.
Époque gauloise. — En novembre 1842, il a été trouvé sur le territoire des Baons
quatre-vingt-dix-neuf monnaies gauloises en argent. J'ai vu une ou deux de ces pièces chez
M. ThoAias, numismate à Rouen, qui m'a confirmé le fait de la découverte. Le petit trésor
était logé dans un vase gaulois en terre grise et avait été caché dans une propriété nommée
le Pré y appartenant à M. Louis Quesnel, de Rouen. Ce vase était déposé & 50 centi-
mètres du sol. On ajoute que les pièces étaient de deux dimensions diverses, mais du même
54
— 426 —
type; elles pouvaient dater de 2 ou 300 ans avant l'ère chrétienne. — Quelques personnes
m'assurent que la découverte eut lieu à Ectot-les-Baons.
Époque romaine. — M. Deville nous a assuré que Ton avait trouvé des monnaies
romaines aux Baons-le-Comte. — Nous croyons qu'une voie antique passait aux Baons , et,
sur la foi de Robert Wace , nous avons dirigé par cette localité la voie qui conduisait de
Lotum (Caudebec) et de la Seine à Arques et à Dieppe.
Période normande. — C'est dans une chapelle abandonnée des Baons ou des environs
que les légendaires placent l'histoire du duc Richard-sans-Peur, pourfendant un excom-
munié qui, sorti de sa bière, voulait l'étouffer. — D'anciens plans du village mentionnent
encore au bord du vieux Chemin d* Arques le Triége de la Chapelle. C'est à présent une
terre de labour.
Lorsqu'en 1053 Guillaume-le-Conquérant se rendit du Cotentin à Arques pour y étouffer
la révolte de Guillaume du Talou, son oncle, il passa par Baons-le Comte.
€ Quant il vint à Punt-Audomer. De Chaudebec as Bans-le-Cunie. »
A Chaudebec ala passer.
BIBLIOGRAPHIE.
R. Wace , « Le Roman du Rou et dos ducs de Nor-
mandie, » t. Il, p. 15 et 16, édit. Pluquet et Le Prévost.
o Les Églises de l'arrond. dTvetot, » V* édit., t. ii ,
p. 278 ; 2* édit., t. ii p. 277.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t xxiv,p.354.
De Glanville, « Promenade archéologique, » p. 252.
Amélie Bosquet, « La Normandie romanesque et
merveilleuse, p. 41-43. »
BOURDAINVILLE.
Époque romaine. — Duplessis , donnant à ce lieu l'affixe de Bourdinville-la-Chaussée ,
ferat presque supposer ici le passage d'une voie romaine.
Époque franque (?). — En 1851 , en creusant les fondations de la nouvelle église, on
trouva une quantité considérable de pavés, de tuiles à rebords, et même une coupe en verre
qui fut brisée par les ouvriers.
«Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » l" édit., t. ii, 1 Duplessis, « Descript. géogr. et hist. de la Haute-
p. 274 , 2« édit., t. ii, p. 272-73. | Normandie, » t. ii, p. 469.
AUZOUVILLE-L'ESNEVAL.
Période normande. — En 1074, Raoul de Varenne, et Emma, sa femme, du consen-
tement de leurs deux fils, vendirent aux moines de l'abbaye de la Trinité-du-Mont de Rouen
les dîmes d'Auzouville-en-Caux : c Omnem totius Osulfivillae ejusdem Caletensis pagi cum
ecclesia decimam. • — S'agit-il d'Auzouville-l'Esneval?
Époque incertaine. — Au hameau de La Marguerite existait naguère une motte consi-
— 427 —
dérable, couvrant bien un hectare de terrain et entourée de fossés profonds. En 1848 , elle
a été en grande partie détruite. Dans les terrains qui en sortirent, on remarqua beaucoup
de charbon de bois.
Deville , « Cartulaire de l'abb. de la Trinité-du-Mont de Rouen, » dans les « Doc. inéd. de THist. de France, » p. 440.
ÉTOUTTEVILLE-SUR-LA-MER.
Epoque incertaine. — Entre Étoutteville et les Baons , on voit au bord du chemin un
taillis appelé le Bois-des-Mottes. Ce nom lui vient de ce que sous ses halliers se cachent
des douves profondes dont la triple enceinte protège une motte énorme de plus de 30 mètres
de hauteur. Ce doit être Tassiette d'un vieux câtel des Francs ou des Normands.
Il y a à Étoutteville une campagne que Ton nomme la Plaine-des-Batailles.
Période normande. — Un manuscrit, rédigé en 1610 et conservé aux archives de la
Seine-Inférieure, constate qu'à cette époque la tradition prétendait qu'un sire d'Estoutte-
ville s'étant révolté contre le duc de Normandie, alors roi d'Angleterre, aurait été battu
près l'église. En mémoire de cet événement, la paroisse aurait été érigée en prieuré.
Époque incertaine. — Il y quelques années on a trouvé, dans les débris de l'ancien
château du Plainbosc, un chandelier ou pied de lampe en bronze. Il est chez M. le curé
de Doudeville. Ces chandeliers ou pieds de lampe, qui sont fort communs, ne sont pas
encore datés en archéologie.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » U* édit., t. ii, p. 281-83; 2* édit., t. ii, p. 280-81.
CIDEVILLE.
Époque gauloise. — En 1818, au hameau du Brun-Câtel ou du Brun-ChâteaUy on a
trouvé une douzaine de hachettes en pierre noire. M. Foloppe, de Motteville, a bien voulu
m'offrir la seule qu'il avait conservée de cette découverte dont il fut témoin.
a Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, » 1. 1", p. 120.
CRIQUETOT-SUR-OUVILLE.
Période normande. — En 1777, l'ancienne église fut abandonnée. Elle était voisine
d'un vieux château féodal dont il reste une motte en terre entourée de fossés remplis d'eau.
Le peuple appelle cette douve aquatique : la Mare-des-Mottes.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » 1" édit, t. ii, p, 269 ; 2* édit., t. ii, p. 266.
FLAMANVILLE-L'ESNEVAL.
Période normande. — En 1059 et en 1074, Raoul de Varenne, et Emma, son
épouse, du consentement de leurs deux fils, Raoul et Guillaume, donnèrent à l'ab-
— 428
baye de la Trinité-du-Mont de Rouen :
pagi. »
A. Le Prévost,«Méin . de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
t. XI, p. 14.
« Les Églises del'arrond. d'Yvetot, » !'• édit., t. ii,
p. 238; 2«édit., t. ii, p.236.
Flamanvillae ecclesiam. . . villa Caletensis
Deville,«« Carlulaire de la Trinité-du-Mont de Rouen,»
dans les « Documents inédits de THistoire de France, »
p. 439-440.
FRETTEMEULE (section d'ancretiéville-saint-victor).
Époque franque. — Le nom de Frettemeule semble indiquer l'époque franque, soit
qu'on le tire de Fracto Molendino ou de Fractâ Molâ, comme l'appellent le pouillé d'Eudes
Rigaud et le cartulaire de Saint-Wandrille. M. Le Prévost croit reconnaître ici le Quatuor
Molas donné en 590 par saint Wandon, moine de Fontenelle, au monastère du bienheu-
reux Wandrille ; ma5s ceci mérite confirmation.
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
t. XI, p. 6.
« Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » 1" édit., t. ii,
p. 253 ; 2« édit.', p. 251.
LINDEBEUF.
Époque incertalne. — Il y a à Lindebeuf tradition d'église transférée.
MOTTEVILLE-LES-DEUX-CLOCHERS.
Période normande. — Motteville est appelé « Maltavilla :& ou « Maltaevillae • et rangé
dans le pays de Caux « in pago Caletensi, • par deux chartes des sires de Varenne faisant
des donations à l'abbaye de la Trinité-du-Mont de Rouen. Ces deux pièces portent les dates
de 1059 et de 1074.
Epoque incertaine. — Il y a à Motteville tradition d'église transférée. On prétend que
l'église primitive était dans un verger contigu à la station du chemin de fer.
Au hameau du Bois-Guilbert, on voit dans une ferme une motte considérable entourée
de fossés profonds. Au milieu du tertre est un puits maçonné. Ce tumulus recouvre bien
l'espace d'une demi-acre.
Deville, « Cartulaire de la Trinité-du-Mont de Rouen, »
dans les • Doc. inédits de TUist. de France, » p. 437-440.
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
t. XI, p. 14.
• Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » 1'* édit., t. ii,
p. 234 -, 2* édit., t. ii, p. 232.
De Glanville, « Promenade archéologique, de Rouen
à Fécamp, v p. 255.
— 429 —
CANTON DE DOUDK VILLE.
DOUDEVILLE.
Epoque gauloise. — Le Musée de Rouen possède une hachette en bronze trouvée à
Doudeville, en 1840, au milieu d'ossements humains. Le même Musée renferme une mé-
daille gauloise en or rencontrée vers 1846. Un des quarts de statère de Doudeville vient
d'être reproduit et décrit par M. Lambert, de Bayeux. Il représente d'un côté un cheval, et
de l'autre un grand œil, type déjà trouvé à Fallancourt. M. Leroy, de Cany, assure même
cpi'il y en a deux. Enfin, M. Guilmeth parle de hachettes en silex recueillies au hameau du
Vauthuit.
M. le curé de Doudeville possède une hachette en silex blond trouvée à Doudeville. C'est
un ciseau poli plutôt qu'une hache.
Époque romaine. — M. Guilmeth mentionne une motte existant dans les bois du
Fresnay. Il ajoute que ce tertre ayant été coupé pour établir la route départementale no 3,
qui va de Doudeville à Saint-Valery ; on y a recueilli des médailles romaines du Bas-Em-
pire : € un casque en cuivre et un large sabre gallo-romain ? j>
lie même auteur parle de tuiles à rebords rencontrées au Vauthuit. Il assure qu'au
triége du Fourneau les tuiles romaines sont si abondantes que ce quartier mériterait
d'être exploré.
Vers 1851, dans la rue de Bas, sur une propriété appartenant à M. le marquis
de Montault, on a trouvé une urne en terre rouge ornée de dessins et remplie
d'ossements brûlés. Ce vase cinéraire était accompagné de plusieurs autres qui furent
brisés.
Tout près de là, en 1856, M. Biard, horloger, faisant travailler dans un herbage, ren-
contra un curieux vase de terre à couverte cendrée renfermant un morceau d'os brûlé. A
10 mètres de ce point, les terrassiers découvrirent, le 25 juin 1858, au milieu de tuiles et de
poteries, une urne en terre grise de forme oUaire, toute pleine d'os brûlés et concassés.
Cette urne était fermée avec un plateau en terre de couleur semblable. La panse du vase
principal était décorée d'un pointillé à reUef. Ce vase trahit la présence d'incinérations des
trois premiers siècles de notre ère. Il est à présent chez M. l'abbé Simon , curé de Doude-
ville.
Guilmeth, «Desc. géogr., bist, stat, etc.,» t. n, p. 412.
« Les Égliseçde Tarr. d'Yvetot, » 2* édit., 1. 1", p. 231.
L'abbé Simon, « Inventaire des Archives du doyenné
de Doudeville, » p. 10, 11, 499.
Leroy, c Journal de Rouen, » du 13 octobre 1859.
Lambert, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Nor., »
t. XXV, p. 454 , pi. VI, fig. 16,
1
- 430 —
REUVILLE.
Époque incertaine. — Entre les deux hameaux de Saboutot et d'Amontot, est un petit
vallon où l'on dit que le Dun prenait autrefois sa source. La tradition prétend que cette
fontaine fiit jadis bouchée avec des balles de coton.
SAINT-LAURENT-EN-CAUX.
Époque romaine. — Au hameau de Calletot on rencontre des débris antiques auxquels
la tradition donne le nom de ville de Beauvais.
Époque incertaine. — Ce même hameau de Calletot possède les restes d*un château
ruiné dont le nom est assez répandu, mais dont l'origine est inconnue.
« Los Églises de rarrondissement d'Yvelot, » !'• édit., t. i«% p. 228; 2« édit., 1. 1^', p, 244.
HAUTOT-SAINT-SULPICE.
Époque romaine. — Entre Doudeville et Hautot , au lieu dit les Cavées , on a trouvé ,
vers 1858, une monnaie romaine.
Époque incertaine. — M. l'abbé Simon, ancien curé du lieu, assure qu*au hameau
du Bois-Gribout le gazon recouvre de vieilles fondations. Le même M. Simon assure que,
vers Le Toi, il exista une bourgade appelée Solimare ou Sonimarey qui a laissé beaucoup
de murs arasés.
L'abbé Simon , • Inventaire des Archives du doyennô de Doudeville , » p. 499, 501 et 542.
VICQUEMARE (section de pretot-vicquemare).
Époque incertaine. — Dans un bois-taillis placé non loin d'une grande route , on voit
s'élever deux tertres énormes connus sous le nom de mottes de Vicquemare ou Viguemare.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit., t. 1«% p. 243 ; 2* édit., t. !•', p. 258.
BEAUVILLE-LA-CITÉ (section de bretteville-saint-laurent).
«
Époque romaine. — Dans une plaine qui avoisine Beauville, on remarque une éminence
factice toute couverte de taillis et de joncs-marins. Ce tertre , dont la forme a été altérée
par la culture, figure assez bien au théâtre antique. U m'a rappelé le théâtre antique du
Vieil-Évreux. J'y ai remarqué de grands blocs de pierre tuffeuse , taillés et apportés de
main d'homme.
— 431 —
Autour de cette éminence antique et dans les jardins du village , on trouve partout des
médailles romaines, des tuiles, des poteries et des constructions païennes.
Je pense que la voie romaine qui allait de Lotum (Caudebec) à Arques-Dieppe devait
passer par Beauville.
Le surnom de Cité^ donné à ce modeste village qui n'est plus même une commune,
fait supposer volontiers qu'il y a ici la tradition d'une puissance disparue.
« Les Églises de l'arrondissemeiit d'Yvetot, » !'• édil.,
t. !•», p. 231-32; 2-édit., 1. 1-% p. 247-48.
ft Mémoires de la Société des Antiq. de Normandie,»
t. XXIV, p. 355.
CANVILLE-LES-DEUX-ÉGLISES.
Époque romaine. — Le 14 floréal an xii (4 mai 1804) , le domestique de Me Prier,
labourant le long du chemin d'Héberville , près d'un lieu nommé la Garenne , trouva une
incinération gallo-romaine des trois premiers siècles. Elle se composait de plusieurs
vases parmi lesquels on en a surtout reconnu trois : le premier était une urne en terré
rouge très épaisse, possédant encore un couvercle à anse; cette urne brisée avait 50 centi-
mètres de haut sur autant de diamètre; elle renfermait des os brûlés. — Le second
vase était en terre grise et destiné aux offrandes. — Le troisième était une belle
urne en verre verdâtre, épaisse et carrée, avec un col rond et une anse rayée; au
fond de ce vase rempli d'ossements brûlés et d'eau d'interposition , on voyait des ca-
ractères en relief; on a cru lire : ivstit... g...ll. , que M. l'abbé Simon propose d'inter-
préter par ces mots : Justitia gallorum. Nous croyons plutôt qu'il s'agit d'une marque
de verrier.
Un rapport ou procès-verbal de cette découverte fut dressé dans le temps par M. Quesnel,
et envoyé par lui à M. Legrand, sous-préfet d'Yvetot, et par ce dernier à M. Beugnot,
préfet de la Seine-Inférieure, qui, tous deux, remercièrent le rédacteur. Ce rapport, ainsi
que le dessin et le plan qui l'accompagnent, existe aujourd'hui aux archives départe-
mentales de la Seine-Inférieure. Toutefois, une copie en fut conservée aux archives com-
munales où elle se trouve encore.
Les objets provenant de cette découverte paraissent à présent perdus pour toujours.
Cependant, sur la demande de M. le sous-préfet dTvetot, ils furent adressés à l'Adminis-
tration départementale. La preuve de ceci, c'est que M. le Préfet les communiqua à l'Aca-
démie de Rouen afin d'avoir son avis. Le secrétaire de la Société , dom Gourdin, lut, en
1805, des Observations sur des urnes funéraires trouvées à Canville, près Yvetot. Après
avoir donné la description des objets et avoir remarqué qu'une < partie de l'inscription
« ne se pouvait lire parce qu'elle avait été manquée dans le moule , » le rapporteur con-
cluait que c'étaient des gaulois du ive siècle au plus. — Pour nous , c'étaient des gallo-
romains du second siècle.
— 432 —
Tout ceci était écrit, et nous croyions la pièce per-
due quand nous avons reconnu qu'elle était dans notre
Musée des Antiquités. Nous l'avons reconnue à ne pas
nous y tromper.
Cette belle urne carrée en verre verdâtre a été
achetée en 1849, chez un brocanteur, pour le prix
de 40 fr. Elle est haute de 32 centimètres, comme
celles dTébleron ; son anse est rayée et son goulot
est rond. Au fond , on voit encore , entre deux lignes
concentriques, les lettres suivantes, à peine déchiffra-
bles : ivsTiTVi CLN? — Nous donnons ici un
dessin au trait de cette belle pièce.
Époque franque. — Canville était un des trois
doyennés de l'archidiaconé du Petit-Caux. A ce titre,
il doit remonter à l'époque franque.
« Précis analy t. des Travaux de 1* Académie de Rouen,»
année 1805, p. 39-41.
L'abbé Simon, « Inventaire des Archives du doyenné
de Doudeville,» 267-68.
UBNB ROMAINE B.N VBBBE (CAmTILLB, 180i).
« La Normandie souterraine, !'• ôdit., p. 128; 2*
édit., p. U7.
a Procès-verbaux de la Commission des antiquités,**
Mss.
CANTON DE FONTAINE-LE-DUN-
SAINT-AUBIN-SUR-MER.
Époque gauloise. — En 1859, un berger trouva sur le territoire de cette commune
une monnaie gauloise en or ou electrum que je m'empressai d'offrir à M. de Saulcy, séna-
teur. Ce savant membre de Tlnstitut a bien voulu me dire cpie cette pièce était un bel
exemplaire de la monnaie des Bajocasses , et que , par la conservation et Fensemble des
types , elle était le plus remarquable échantillon de son cabinet.
Époque romaine. — Le territoire de Saint-Aubin est riche en antiquités romaines.
Deux points en contiennent surtout : la Cour des Salles et le vallon de Saussemare.
La Cour des Salles renferme des terrassements et des murs arasés. Il y a des traditions
d'abbayes, de souterrains, de cloches enfouies, de trésors cachés, etc. En général, tout
lieu qui porte le nom de Salle doit contenir des restes romains.
En 1850, M. Gauthier, instituteur, nous a remis une belle soucoupe en terre de Saraos,
— 433 —
récemment trouvée à Saint-Aubin avec d'autres vases. En 1827, on a extrait une urne
pleine d'os brûlés d'une argilière placée entre Saussemare et l'église de Saint- Aubin.
Mais c'est en 1824 que les principales découvertes d'antiquités romaines ont été faites
au bord de la mer, dans le vallon de Saussemare, soit par les douaniers, soit par les explo-
rations de MM. SoUicoffre et Estancelin. M. SoUicoffre a exposé les découvertes faites par
le hasard ou par lui-même à la Conunission départementale des antiquités , qui les a
consignées dans ses procès-verbaux des 10 avril et 30 septembre 1824. M. L. Estancelin
a raconté ses découvertes à la Société des Antiquaires de Normandie , qui en a imprimé le
récit dans le tome ler de ses Mémoires , p. lx, lxi et 113 à 120.
Voici, d'après MM. SoUicofireet Estancelin, le résumé des fouilles de Saussemare: à
plusieurs pieds de profondeur, la terre est noire et remplie de tuiles, de poteries rouges,
grises , et môme de poteries samiennes. Çà et là on trouve des ossements humains. Les
objets les plus intéressants que l'on ait recueillis furent: lo un fragment de vase à reliefs;
2o un fond de vase rouge présentant une marque de potier où l'on a lu seulement: o et d ;
3o un petit dauphin en bronze ciselé long de 7 centimètres et paraissant avoir fait partie
d'un couvercle; 4o une médaille petit bronze de Constantin-le- Jeune ; on la disait fort rare;
5o à 4 mètres du sol, deux vases funéraires, dont l'un vide et l'autre plein d'os brûlés; ce
dernier contenait une fibule en bronze.
BIBLIOGRAPHIE.
Estancelin , « Notice sur quelques Objets d'antiquités
trouvés à Saussemare, commune de Saint- Aubin-sur-
Her, » dans les a Mém. de la Soc. des Antiq. de Nor-
mandie,» t.i*% p. 113-120, année 1824.
SoUicoffre, « Notice sur quelques Antiq. trouvées dans
une fouille près de la mer, à Saussemare, commune de
Saint-Aubin-sur>Mer, a Mss. auxarch. de la Commission.
« Les Églises de Tarrondissement d'Yvetot, » 1" édit.,
t. {•% p. 363-64; 2" édit., t. i", p. 379.
« La Normandie souterraine,» 1" édit., p. 129;
2« édit., p. 147.
« Procès- verbaux de la Commission des antiq., »
séances des 24 et 30 septembre 1824, t. i«% p. 78-79.
€ Bull, de la Soc. des Antiq. de Norm., » 1. 1", p. 120.
ÉPINEVILLE (section de saint-aubin-sur-mer).
Époque romaine. — Le nom d'Épineville indique infailliblement la présence de débris
antiques. En effet, le territoire de cette ancienne paroisse, surtout vers la mer, est rempli
de tuiles à rebords , de meules à broyer, de poteries et de médailles impériales. — Nous
sommes disposé à penser que le vallon de Saussemare devait faire partie de l'ancienne
paroisse d'Épineville (i).
« Les Églises de l'arrondissement dTvetot, » 1" édit., t. i", p. 364-65 -, V édit., 1. 1«', p. 380.
(l) Déjà, à propos du Bonchay <p. 289^0), nous avons donné une note sur l'excellent diagnostic que présente, aux
yeux de l'archéologue, le nom de Ronce : nous allons dire ici quel bon signe offre également le nom &" Épine, — Épine-
ville, que nous voyons tout couvert de ruines romaines, est appelé ^fpmm//e par Eudes Rigaud. «Jamais, avons-nous
écrit dans nos « Églises de l'arrondissement dTvetot, » on ne manque de trouver des restes anciens dans les localités
dont les épines forment le nom ; » et pour appuyer ce dire , nous citions le hameau Ù!Épinay^ près Dieppe , nommé
55
— 434 —
SAINT-PIERRE-LE-VIEUX.
Époque romaine, — Quelques-uns pensent que la voie romaine qui de Lillebonne et de
Grainville se dirigeait vers Arques-Dieppe , passait le Dun à Saint-Pierre-le-Vieux.
NOTRE-DAME-DE-LA-GAILLARDE.
Époque incertaine. — Dans la plaine, on connaît d'anciens puits rebouchés que Ton
dit receler des trésors. On parle aussi de fées dansant des rondes.
SOTTEVILLE-SUR-MER.
Époque gauloise. — En 1826, un tailleur de grès, en creusant sa carrière, trouva une
monnaie gauloise en or, bombée et lisse d'un côté, mais présentant au côté concave un
cheval à membres disloqués et courant à droite. Au-dessus est un croissant renversé, et
au-dessous un globule. Cette pièce, de fabrique barbare, paraît remonter à 100 ans
avant J.-C. Elle appartient à la série des espèces de la Belgique et se trouve assez fréquem-
ment de la Seine à l'Escaut. — Une pièce semblable se voit au Musée de Neufchâtel;
Période normande. — En 1005, le duc Richard II, pour récompenser Dudon, de
Saint-Quentin, de son histoire des ducs de Normandie, lui donna la terre et l'église de
Sotteville au pays de Caux. Le 8 septembre 1015, à la prière même de l'historien, il trans-
féra cette donation à la collégiale de Saint-Quentin, en présence de Richard III, son fils,
de Gonnor, sa mère, de Judith, son épouse, de l'archevêque Robert, son frère, et des
de Spineto, dès 1282, par Guillaume de Flavacourt, et qui nous a donné, en 1847, des cercueils de Vergelé eV dw
sépultures franques. (« Revue de Rouen, » 1" sem., p. 230-42 et pi. — « Bull, mon., » t. xm, p. 286-306. — « Sèp\iiV.
anc. , » in-8» de 18 p. — « La Normandie souterr., » 1" édit., p. 319-330 ; 2« édit., p. 403-416.) — Les champs û'Èpiruiy à
8ainte-Beuve-en-Rivière , près Neufchâtel, sont remplis dedébrisetde constructions romaines. Une station antique
dut les couvrir autrefois. (Femel, «Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm. , » t. xi, p. 173-74. — « La Norm. souterr., •
!'• édit , p . 134-35, 158 ; 2« édit, p. 152-53, 186, 404. — « Procès-verb. de la Comm . des Ant . de la Seine-Inf . , » t r,
p. 76-77.) — Dans le bois de VÉpinette, aux Petites- Ventes, près Saint-Saëns, on a rencontré des cercueils de pierre
en traçant le chemin de grande communication n" 12. — Le hameau éCÉpinat/j à Londinières , donne toute sorte de
débris antiques. (« La Normandie souterr., » 1^ édit. , p. 185; 2* édit, p. 205.) — Nous croyons que l'on trouve aussi
des débris anciens auprès de la chapelle de Notre-Dame-de-rÉpinette , à Foucarmont, l'ancien /bnf Théodcre.-
Nous avons la môme opinion de la ferme de VÉpinay^ à Fécamp, de laquelle dépendait autrefois le Camp de César.
— A Saint-Pierre-Église , près Cherbourg, est le hameau de Ténéville , où se trouve la pièce de VÉpineiie toute
remplie de tuiles à rebords et d'où l'on a extrait des urnes romaines en 1816. («Mém. de la Soc. des Antiq. de
Norm.,» t XXII, p. 192.) — A Épineuil, près Saint-Amand (Cher), est une motte ancienne, et on y trouve des
antiquités. (• Mém. de la Commiss. archéolog. du Cher, » p. 10, année 1852, n** 1 et 2.) — A Épinay-sur-Seioe ,
près Saint-Denis, fUt un Palalium de Dagobert; l'abbé Lebeuf cite des cepcueils de pierre et de plâtre rencontrés
en ce lieu ; M. Fallue en a également connu en 1857 -, en un mot, on signale sur ce point beaucoup de monuments
antiques. (A. de Saulcy, dans le « Courrier de Paris, » du 19 décembre 1857.) — Enfin au lieu dit VÉpine, dans la
forêt de la Hallate, & Fleurines (Oise), est un bloc de grès, dit le Pas de Saint-RieuL (Woillez, « Répert archéol.
de l'Oise , » p. 19.)
— 435 —
évêques de Bayeux, de Lisieux et d'Évreux : c Ecclesias in Cassis Comilatu sitas... alteraon
secus mare positam in vico qui dicitur SotaviUa. »
■ Gallia Christiana, < t. xi, p. 124, et < lasCrumenla, >
p. 284.
Duplessis, • Descrlpt. gdogr. et hist. de la Haute-
Norm., ■ t 1", p. 362.
A. Le Prévost, <> Mëia. de ta Soii. des Aatiq. da
Norm., >• t. XI, p. 13.
■ Les Églises de l'arroad. d'Yvetot, ■ 1'* édiL, l. i",
p. 360-61 ; 2- édit., t. I", p. 375-7fi.
HÉBERVILLE.
Époque romaine. — En i856, deux ouvriers
occupés à tracer le chemin de grande commu-
nication no 50, de Doudeville à Fonlaine-le-Dun,
trouvèrent, à l'entrée du village d'Hébervilie ,
des vases antiques provenant d'incinérations
gallo-romaines. Dans les fragments que la pioche
a épai^és, j'ai reconnu des vases rouges et gris
comme en donnent souvent les cimetières des
trois premiers siècles. Mais la pièce que j'ai pu
restituer, et dont les fragments sont au Musée
de Neufchàtel, c'est une belle urne hexagone en
verre vert, laquelle contenait des os brûlés.
L'épaisseur du verre est de 15 millimètres; la
hauteur du vase est de 31 centimètres, et sa
laideur de 24 centimètres; sa capacité devait
être de trois litres au moins. Cette belle urne , , ,
UEMB HBXAOONB EN VEa»l Cl8i6).
possédait un col rond et une anse rayée.
Une fouille que j'ai pratiquée dans ce quartier, en octobre 1857, a montré près du
cimetière les restes d'une villa romaine.
ANCIENS.
Époque incertaine. — Près de l'église d'Angiens est une motte circulaire, vaste et
élevée, dont l'origine et la destination nous sont inconnues.
■ Les Églises de l'arroDdissement d'Yvetot, > l" ëdit., 1. 1», p. 356; 2* édit., 1. 1", p. 312.
LA CHAPELLE-SUR-DUN.
Période normande. — Vers 1005, ce lieu fut donné par Richard II, duc de Norman-
die, à Dudon, de Saint-Quentin, et à la coU^ale qu'il habitait, pour le récompenser de
— 436 —
son histoire des premiers ducs normands. En 1015, le même prince, en présence de
Richard III, son fils, de Gonnor, sa mère, et de Judith, son épouse, confirma en pleine
cathédrale de Rouen la donation faite aux chanoines de Vermandois.
« Les Églises de l'arrond. d'Yvelot, » !'• édit., t, i*',
p. 360; 2- édit., 1. 1-% p. 375. '
fl Gallia Ghristiana, v t. xi, « Instrumenta, » p. 284.
HOUDETOT.
Epoque franque ou normande. — On trouve à Houdetot une motte considérable cou-
verte de maçonneries et entourée de terrassements ; on l'appelle le Câtel de Houdetot. Il
est probable que c'est la ruine de l'ancien château féodal.
Les terriers de Houdetot, de 1729 et de 1752, montrent un chemin Arquais. C'est une
de ces anciennes voies qui sillonnaient jadis le pays de Caux, se dirigeant vers Arques,
chef-lieu des poids et mesures. On trouve des rues Arquaises et des chemins d'Arqués^ à
Fécamp, à Yvetot et à Baons-le-Comte (1).
« Papier et livre-terrier de la seigneurie de Houdetot,i
l'un de 1752, l'autre de 1791. Mss. aux archives départ.
« Les Églises de Tarrondissement d'Yvetot, • 1" édit.
t !•', p. 354-57 î 2- édit., 1. 1", p. 367-70.
TONNEVILLE (section de bourville).
ÉPOQUE franque. — Nous croyons que Tonneville est l'ancien Taunacum qui, en 705,
fut donné à une abbaye par Sigebold, leude de la suite de Childebert II : « Anno undecimo
( Hildeberti II) Sigboldus Taunacum villam in pago Tellau largitus est. » Plus lard, en 715,
le prêtre Leutbert donna au monastère de Fontenelle une terre dans le « viens de Tau-
naco ï> qui ne saurait être autre chose que Tonne ville-sur-Dun.
(1) Le titre de chemin d'Arqués ou de chemin arquais joue un grand rôle parmi nous aumoyen-àge. l\ me pa-
raît à peu près synonyme de chemin du Roi.
Voici, du reste, quelques-uns des points où nous avons trouvé trace de lui. On verra que. son réseau s'éten-
dait par tout le département. ~ Je ne parlerai pas du grand chemin qui de Caudebec conduisait à Arques par
les Baons. Il est bien connu par l'itinéraire de Guillaume-le-Bâtard vers 1055. — Fécamp a conservé jusqu'à nos
jours la rue Arqxiaise qui, dans une charte de 1200, 'est appelée vicus Archensis, la rue Arquaze en 1420, et la rue
Archaie en 1553. — Les titres de la collégiale d'Yvetot conservés au dépôt départemental citent, dans un acte de
1781, le grand chemin tendant d'Yvetot à Arques. (Voir « Égl. de l'arrond. d'Yvetot, » t. !•% p. 370, 2* édit.) -
Dans une espèce de papier-terrier de la paroisse de Neuville-le-PoUet, dressée en 1387, oh y voit figurer le quemin
Arquays. (Arch. départ., fonds de Longueville.) — Une charte du xiii« siècle, délivrée par Nicole Thomas, de
Veules, mentionne dans ce dernier bourg « queminum Arcois. «(Arch. départ., fonds de Fécamp.) — A Croixmare
nous trouvons « keminum Arqueis, » vers 1262 et en 1308. (Arch. départ., fonds du Valasse.)-Les titres de la sei-
gneurie de Cany, au xvii* siècle, font voir un chemin Arquais à Englesqueville. — Le coutumier de Londinières,
dressé par le chapitre de Rouen en 1382, cite un quemin Arquais et un quemin Arquez. — Des terriers du
xviu* siècle nous font voir un chemin Arquais à Angiens et un chemin Arquet à Hautot-le- Valois (fonds de Fé-
camp). — Enfin le terrier de Saint-Martin-de-Boscherville, dressé en 1765, nous retrace un chemin d'Arqués à
Ifénouville. -- La plupart de ces notes sur des chemins Arquais nous ont été communiquées par M. de Beau-
ropaire, archiviste de la Seine-Inférieure.
— 437 —
« Chronic. Fontanellae, » c. ii et vu. | « Les Églises de Tarrond. dTvetot , » !'• édit.^
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de I t. i*%p. 350; 2« édit.,t. i", p. 366.
Norm., » t. XI, p. 6 et 7. i « Sépult. gaul., rom., franq. et norm., » p. 154.
ANGLESQUEVILLE-LA-BRAS-LONG.
Époque incertaine. — On m'a cité une motte existant sur cette commune.
AUTIGNY.
Époque franque. — Autigny, dont le nom semble indiquer un cours d'eau, pourrait
bien avoir été autrefois la première source du Dun. En tout cas, l'origine du vocable in-
dique les temps mérovingiens. Autigny doit être le même que « Atiliaco et Artiliaco, in
pago Tellau, i> qui, en 750, fut donné par Pépin-le-Bref à l'abbaye de Saint-Denis, et con-
firmé, en 775, par Charlemagne, son fils.
Dom Félibien, « Hist. de Tabb. de Saint-Denis, »
pièces justif., xxxm etui.
A. Le Prévost , « Mém. de la Soc. des Antiq. de
Norm., » t. xr, p. 8.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, v 1" édit.,
t. 1", p. 341 ; 2" édit., 1. 1", p. 357.
A Sépult. gaul., rom , A*anq. et norm., » p. 154.
GRAINVILLE-LA-RENARD (section de brametot).
Période normande. — ^ Robert 1er, duc de Normandie, confirma au chapitre de la
cathédrale de Rouen : c In pago qui dicitur Talou partem villae unius quae Grainvilla voca-
tur. > Ce pourrait bien être Grain ville-la-Renard. C'est du moins l'opinion de M. Le
Prévost.
^ a. Le Prevo8t,«Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,» 1 « LesÉglisesde l'arrondissement d'Yvetot, » i^ édit.,
t. XI, p. 10. I 1. 1", p. 341 ; 2« édit, t. !•', p. 357.
CRASYILLE-LA-ROQUEFORT.
Epoque incertaine. — Ce village doit son nom à ime de ces anciennes Fermetés ou
Roques fortes si communes à l'époque ft^anque et au moyen-âge. On voit en efiet les restes
de cette vieille fortification auprès du château moderne.
« Les Églises de Tarrondissement d'Yvetot, » 1" édit., t. i", p. 336 ; V édit., 1. 1*', p. 352.
— 438 —
CANTON DE SAINT- VALERY-EN-OAUX.
SAINT-YALERY-EN-CAUX.
Époque romaine. — La petite ville de Saint-Valery-en-Caux dut avoir son port à
l'époque romaine. La meilleure preuve que l'on puisse en donner, ce sont les deux cime-
tières dont l'un était placé à la côte d'Aval et l'autre à la côte d'Amont. Le quartier d'Aval^
qui devint au moyen-âge le quartier Saint-Léger^ présente, dans les jardins possédés na-
guère par la famille Thinon, une série de murailles antiques, des tuiles à rebords, des
monnaies romaines et des squelettes près desquels il a été trouvé un javelot en fer pré-
sentement déposé au Musée de Rouen. Le quartier d'Amont^ aujourd'hui le Bohême, a
montré à l'angle de la rue des Escrocs et de la rue aux Anes bon nombre d'urnes conte-
nant des os brûlés et des monnaies d'or ou de bronze. Notre Musée départemental
possède deux médailles d'argent de Trébonien Galle et de Valérien, provenant de Saint-
Valéry.
Au mois d'avril 1833, on signala à la Commission des Antiquités la découverte d'an-
ciennes murailles et de monnaies romaines faite à Saint-Valery-en-Caux.
Époque franque. — En l'absence de preuves contraires, et quoique nous manquions
de motifs suffisants, cependant nous n'avons pas hésité à attribuer à la dernière période
romaine les sépultures trouvées, vers 1832, à Idi côte d'Aval; mais nous croyons pouvoir,
avec certitude, attribuer celles de la côte de Cany à l'époque franque.
Vers 1808, à quelques pas de la nouvelle route impériale du Havre à Lille, un culti-
vateur, labourant son champ , vit un de ses chevaux s'enfoncer dans le sol. Recherche
faite , il découvrit une pierre brisée recouvrant un tombeau qui fut visité. L^auge ne
contenait qu'un fémur, une vertèbre et une partie de crâne, ce qui prouverait, selon
nous, que la sépulture avait été antérieurement violée. On recueillit de plus un fer
de lance , * un cimeterre à dos large , court et recourbé vers la pointe , i> évidemment
un scramasaxe mérovingien { enfin un morceau de fer qu'on prit pour c une partie
d'éperon. »
Les armes « furent envoyées au Cabinet d'antiquités à Paris, » dit M. l'abbé Simon,
qui a retrouvé sur ce sujet un rapport de M. Quesnel, son parent. Ce dernier avait été
témoin de la découverte.
D'autres personnes nous ont parlé d'une vingtaine de cercueils en auge trouvés,
vers la même époque, à cette même côte de Cany^ dans un champ appelé le champ du
Cavalier.
— 439 —
Nous devons sans doute attribuer à l'époque franque la tradition qui veut qu'au
vue siècle saint Léger, d'Autun, exilé à Fécamp, ait prêché, baptisé et opéré des prodiges
à Saint-Valery. On assure même que sur la falaise, où est à présent une chapelle de son
nom, le saint aurait perdu son chapelet. Quoi qu'il en soit, les gens du peuple portent en-
core leurs enfants à l'ancienne chapelle de Saint-Léger, et leur font faire cinq fois le tour
des ruines pour qu'ils aient le pas léger.
Époque incertaine. — Nous ne savons à quelle époque attribuer, et peut-être appar-
tiennent-elles un peu à toutes, certaines traditions mystérieuses qui ont cours à Saint-
Valery. Nous citerons de ce genre la croyance aux gobelins, aux dames blanches ^ aux
loups-garovs et au cheval Bayard, Enfin, nous rappellerons la tradition qui veut que l'an-
cienne rivière de Saint-Valery, qui sortait des coteaux de Néville, ait été bouchée avec des
balles de laine.
Le quartier maritime de Saint-Valery s'appelait autrefois le Port-Naval ou le Port-
Navarre. Nous ignorons à quelle époque cette dénomination a pris cours. La première
fois que le nom de Saint-Valery apparaît, c'est dans des chartes de Richard 1er et de
Richard II, et il est appelé t Sanctum Valericum, > et « Ecclesia Sancti Valerici, ï>
en 1026.
La vallée de Saint-Valery, comme la plupart de nos vallées httorales, était autrefois
fermée avec des murailles échelonnées de tours. La rv£ des Remparts est un reste de ce
barrage dont nous ne saurions donner l'origine.
Guilmeth, « Desc: géogr., hist., stat. et monum., »
t. Il, 369-73.
« Les Églises de rarrondissementd'Yvetot, » Inédit.,
t. II, p. 1 à 7 et 18; 2« édit., t. u, p. 1 à 7 et 18.
« La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 129, 342;
2» édit., p. 148, 430.
L'abbé Simon, « Invent, des arch. du doyenné de
Doudeville, » p. 268-69.
« Procès-verbaux de laComm.des Antiq., » t. !•% p. 192.
NÉVILLE.
Époque incertaine. — Il paraît qu'une rivière ou ruisseau sortait autrefois de
Néville pour se jeter à la mer à Saint-Valery. Une tradition assure que ce cours d'eau fut
bouché dans sa source avec des balles de laine. On ajoute que ce fut pour déraciner une
superstition.
Période normande. — Néville posséda autrefois un château des plus forts et une
châtellenie des plus puissantes. Cette forteresse, que l'on fait remonter jusqu'à Hertel,
compagnon de RoUon, est entièrement démolie aujourd'hui : on n'en connaît plus que la
place.
Moréri, « Le grand Dictionnaire historique, » t. ii,
p. 300-303, édit. 1732,
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., etc., » t. ii, p. 373-76.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit.,
t. n, p. 27-28; 2^= édit., t. ii, p, 26-27.
— 440 —
SAINTE-COLOMBE.
Époque incertaine. — Une tradition locale prétend que Sainte-Colombe fiit autrefois
un bourg que les guerres ont détruit, et que dans le cimetière, à 60 coudées du clocher,
on a caché une cloche d'argent.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » 1" édit., t. ii, p. 47 ; 2* édit, t. ii, p. 45.
LE MESNIL-DURDENT (section du mesnil-geffroy).
Époque incertaine. — Au Mesnil-Durdent, autrefois appelé le Mesnil-BaSy existait
une mare de Saint-Qnuphre, où Ton venait se baigner comme à Saint-Arnould et à Biville-
la-Baignarde. On y allumait aussi un feu comme dans les précédentes localités.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » 1" édit., l. u, p. 51; 2* édit, t u, p. 48-49.
BLOSSEVILLE-ÈS-PLAINS.
Époque incertaine. — Le territoire de Blosseville renferme un certain nombre de
débris et de traditions. Aux Marettes^ la charrue rencontre des tuiles et des murailles. On
parle d'une croix Dyel disparue et de chevaux allant d'eux-mêmes apporter à l'église les
superbes vitraux qu'elle possède.
On montre un lieu encore appelé la Cour-le-Comte. Cela rappelle l'ancienne vicomte de
Blosseville, très puissante à la période normande* Dans une charte de Richard II , en 1026,
ce lieu est appelé Blossa : c Villa quae dicitur Blossa. »
et Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » 1" édit., t. u , p. 55-66 ; 2* édit., t, ii , p. 52-57.
MANNEVILLE-ÈS-PLAINS.
Époque romaine. — En avril 1863, un cultivateur de Manneville a trouvé, en labourant
ses terres, un bel auretis de Vespasien pesant sept grammes et de la plus belle conservation.
VEULES.
Le bourg de Veules est assurément un lieu fort ancien , où l'on trouve des traditions et
des débris en assez grand nombre. Cependant, à l'exception d'urnes romaines et d'un
cimetière franc bien constaté, il nous est difficile de donner à tout le reste 4me attribution
précise; nous essaierons, toutefois, de débrouiller ce chaos où, jusqu'ici, la lumière de la
critique a fait généralement défaut.
Disons d'abord qu'à la période normande et anglo-normande le nom de Veules est écrit
Vuelhy en 1026, par Richard II; Wellis^ au xiie siècle, par l'archevêque Thibaud et le
— 44i —
pape CéleslinlII; Vetulio, par Honorius III, en 1220; Welleis, par Rigaùd, vers 1260,
et enfin Veules, Welles et Weules, dans les chartes de Fécamp. A présent, venons aux
traditions et aux monuments.
Époque romaine. — Peut-être pouvons-nous reporter à l'époque romaine le titre
de Cité que les habitants de Veules, comme ceux d'Étrelat, de Criel et de Bruneval,
donnent à leur pays. Ils prétendent même que Saint- Valery-en-Caux est une colonie de
Veules.
On trouve dans tous les quartiers de Veules des maçonneries dont il n'est pas aisé de
fixer l'origine. A peine oserons-nous indiquer comme la trace d'une voie romaine le chemin
des Chasse-Marées, qui ailleurs indique presque toujours une chaussée antique.
Nous marcherons avec plus d'assurance en copiant une note de M. Achille Deville, dans
laquelle il nous assure que, vers -1830, on a trouvé à Veules une urne cinéraire en terre
cuite , des monnaies en bronze de Probus et de Constantin, et des médailles en argent de
Trajan et d'Otacile.
Époque frahque. — On a cherché à attribuer à Veules les triens mérovingiens portant
le nom de vellaco et de vellao. MM. Cartier et A. de Longpérier, qui proposent cette attri-
bution, ajoutent prudemment un point d'interrogation après le nom de Veules. Ce n'est
point nous qui éluciderons celte question. Mais ce qui prouve bien clairement l'existence,
et même l'importance de Veules , aux temps mérovingiens , c'est le cimetière franc que
l'on vient de nous signaler en face de la chapelle du Val , à la côte orientale qui conduit
vers Dieppe , et dans les tranchées qui bordent la route impériale no 25.
Là, depuis cinq à six ans, les chaufourniers vasks prakcs {vgolbi, issî).
qui exploitent la craie de cette colline ren-
contrent des sépultures. Ils en ont bien
constaté une douzaine , et cette année même
(1862), trois nouvelles fosses viennent d'ap-
paraître. Deux d'entre elles ont donné des i
vases dont l'un en terre blanche et l'autre en j_
terre noire. Une des fosses a fourni une boucle *
en bronze, et l'autre une plaque et une contre-plaque de ceinturon en fer damasquiné.
Je rangerai volontiers parmi les restes de l'époque franque la tradition qui attribue la
construction de la chapelle de Notre-Dame-du-Val à un chasseur égaré dans la forêt qui
couvrait alors le canton des Plains. Des puits et de vieilles murailles environnent partout
cette chapelle à présent isolée.
Il existait à Veules une vieille voie connue sous le nom de Chemin d'Arqués. Une
charte du xiiie siècle , délivrée par Nicole Thomas, l'appelle « Queminum Arcois. »
Enfin je citerai, comme dernière trace de cette période, la tradition d'abbaye , qui s'at-
tache à l'église de Veules.
56
442 —
« Les Églises de rarrondissementd'Yvetot,» !'• édit.,
t. II, p. 66-80; 2- édit., t. ii, p. 58-76.
De Longpérier, « Annuaire hist. de 1841 i)ub. par la
Soc. de l'Hist. de France , » p. 229.
Cartier, « Catalogue des légendes des monnaies méro-
vingiennes, » dans la « Revue numismatique, » année
1840.
CANTON D'OUR\"ILLE.
OURVILLE.
Époque romaine. — Ourville est le passage de la voie romaine allant de Juliobona
(Lillebonne) à Gravinum (Grainville). Il est probable que, sur le territoire d'Ourville, la
voie bifurquait, et qu'un embranchement se dirigeait vers Arques et Dieppe, à travers le
Petit-Caux.
A deux kilomètres au nord-ouest de l'église d'Ourville , sur une hauteur et dans un ter-
rain aujourd'hui livré à la culture, on découvre, depuis plus de soixante ans, une quantité
de fondations antiques, surtout des pierres, des briques et des tuiles. Ce lieu est commu-
nément appelé les Vieux^hatiax.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
arr.,» t. u, p. 228-29.
L*abbé Cochet, « Mém. de la Soc. des Antiq. de
Norm., » t. XXIV, p. 337 et 347.
BEUZEVILLE-LA-GUERARD.
Époque romaine. — La voie romaine allant de Juliobona (Lillebonne) à Gravinum
(Grainville) passait par Beuzeville-la-Guerard, au hameau de La Gauchie dont le nom est
très significatif.
«Les Églises de l'arrond. d'Yvetot,» l'* édit., t. ii, i « Mém. de la Soc. des Anliq. de Norm., • t xiv,
p. 87; 2* édit., t. u , p. 82. p. 160-61 ; t. xxiv, p. 336-36.
CLEUVILLE.
Époque incertaine. — On dit que l'ancienne église existait au Bos-de-Cleuville. Là,
dans un épais taillis , on montre la vaste assiette d'un ancien château ; on y distingue
très bien la motte, les fossés, le donjon, en un mot tout le squelette d'une forteresse
disparue.
L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » l'« édit., t. ii, p. 87; 2» édit., t. ii, p. 83.
1
— 443 —
HAUTOT-L'AUVRAY.
Époque romaine (?). — Dans la plaine connue sous le nom de Drosay , auprès d'un
étang appelé la mare d'Engleniare, on recueille une quantité de briques, tuiles et poteries
anciennes.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des arrond., » t. ii, p. 231.
SAINT-VAAST-DIEPPEDALLE.
Époque incertaine. — On assure que, dans le vallon sec qui descend de Saint-Vaast,
coulait autrefois un ruisseau que le seigneur du Petit-Berménil a fait boucher, parce que
son fils s'y était noyé.
Époque romaine. — Près de la croix d'Eaumare, on trouve en labourant beaucoup de
débris et de substructions antiques. M. Gauger, géomètre à Cany, assure, d'après la tra-
dition locale , qu'il y eut là l'ancienne ville d'Eaumare. Il raconte que, dans la propriété de
M. Cavelan, se trouvait une motte qui fut détruite en 1820. A la côte du For tel, on à
trouvé, en 1849, une meule à broyer en poudingue, puis des chandeliers, des fourchettes,
des tuiles et des poteries. Mais, en dehors de quelques faits, nous devons dire que le
travail de M. Gauger ne possède ni science ni critique.
L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrond, d'Yvetot, •
l^* édit., t. u, p. 91 ; 2* édit., t. ii , p. 86.
E. Gauger, « Essai hist. sur rancienne ville d'Eaumare
dans le pays de Caux, w in-8** de 24 pages. Fécamp, 1853 .
LE HANOUARD.
Époque gauloise. — Vers 1841, en faisant la route départementale no 19, de Cany à
Yvetot, on a trouvé, dans la traverse du Hanouard, un dépôt de bronze antique pesant
sept kilogrammes et demi , il consistait en vingt ha-
chettes et cinq armilles ou bracelets. Nous croyons que
M. Deville, qui nous a donné ce renseignement, a
ji_ ^^/ 1^^ acquis une partie de ces objets pour le Musée dépar-
^ Iji^^ Jf J temental. La hachette que nous y avons vue ressemble
à celles d'Antifer; mais elle est un peu plus allongée.
Deux haches et deux bracelets sont dessinés dans les
cartons de la Commission. (Nous reproduisons ici un
des bracelets de bronze du Hanouard. On y recon-
BBACELET EN BBONZE. j^^^jj^ ^^^^ Jç jyp^ gauloiS-)
Époque incertaine. — Au Hanouard, on montre encore la fontaine de Saint-Denis, où
l'on dit que le saint évêque de Paris baptisa les premiers chrétiens de la vallée.
L'abbé Cochet, « Les Églises de rarrondissement d'Yvetot, » !'• édit., t. ii, p. 123; 2« édit., t. n, p. 117.
444
X M M
SOMMESNIL.
Époque incertaine. — Au bas de la côte de Sommesnil, et dans la vallée de la Durdent,
est une fontaine autrefois très vénérée qui porte encore le nom de fontaine de Saint-
Firmin, Une tradition locale veut que saint Firmin, d'Amiens, qui fut l'apôtre des Calètes,
y ait autrefois baptisé.
Gh. Salmon, « Hist. de saint Firmin, martyr, premier
évéque d'Amiens, v p. 32, 33, 289, 304, 377, 379, 386,
389, 468, 469; in-S", Arras, 1861.
L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, »
l'* édit., t. II, p. 121-22; 2* é4it., t. ii, p. 116-17.
ANVÉVILLE.
Époque romaine. — En 1844, dans une terre couverte de ronces, nommée la Ga-
renne (1), des défrichements opérés par M. Mouquet, de Thiouville, firent découvrir, à
( 1) Le nom de Garenne^ assez répandu en Normandie et par toute la France, me paraît un bon indice archéologique.
J'en citerai ici un assez grand nombre d'exemples pour faire croire que ce n'est pas le pur effet du hasard. — En 1851,
aux environs de Caen, au lieu dit la Garenne^ on a trouvé quarante médailles de bronze de Commode et de Posthume.
(- Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,» t. xix, p. 254.)— Les sépultures romaines que nous avons fouillées à Étretat^
en 1855, étaient voisines d'un triage appelé les HauUes et d'un bois nommé la Garenne* ( « Étretat, son passé, son
présent, son avenir, » 4^ édit., p. 35-39. — « Bépult. gaul., rom., franq. et norm., » p. 39-49.)— Dans le bois de la
Garenne (commune de Chambord-en-Vexin , canton de Chaumont (Oise), on a trouvé, dans des fouilles pratiquées
de 1856 à 1857, un dolmen et un vase contenant vingt monnaies d'argent de César, d'Auguste, de Tibère et de Trajan.
(-«Nouvelliste de Rouen, » du 4 mars 1857.) — A Trye-Ghâteau(Oise), on remarque, au hameau de la Garenne, une
pierre druidique autour de laquelle on à recueilli des ossements et des antiquités gauloises. (Woillez , « Répert.
archéol. de l'Oise, » p. 41. — Frion, a Nouveau Précis statistique sur le canton de Ghaumont-en-Vexin, » p. 188.) —
Les curieuses antiquités, qui, vers 1839, furent trouvées à Hérouval, près Montjavoult (Oise), sortirent d'un point
nommé la Garenne, (Frion, « Nouv. Précis statistique sur le canton de Chaumont-en-Vexin , » p. 172. — Graves .
« Notice archéol. sur le départ, de l'Oise, » p. 7; 2" édition.) — A Saint-Germer , au lieu dit la Garenne , on a
découvert des sarcophages de pierre. (Woillez, « Répert. archéol. de l'Oise, » p. 43. — Graves, « Notice archéol.
sur le départ, de l'Oise, » p. 313.) — A Balagny-sur-Thérain , le bois de la Garenne adonné des objets de bronze.
(« Répert. archéol. de l'Oise, » p. 187.) — A Étaples, l'ancien Quenlowic, le lieu le plus riche en antiquités se
nomme la Garenne, Les découvertes qu'on y fait sont innombrables. — Aux Warennes, commune de Marquise ,
près Boulogne, on a trouvé, en 1841, un sarcophage romain, et, en 1860, un Mercure en pierre. (« Congrès archéol.
de France : séances gén. de 1860, » p. 145-46.) — Les sépultures franques aperçues à Scrupt (Marne) , en 1841 ,
étaient dans un endroit dit la Garenne. (De Widranges , « Mém. de la Société philomath, de Verdun. » t. in ,
p. 213.) — A la Varenne-Saint-Hilaire ou Saint-Maur, près Paris , on a trouvé, en 1859, une sépulture gauloise
contenant trois corps, {k L'Univers, » du 12 mai 1859.) — La belle et célèbre momie des Martres (Auvergne) qui
figure à Paris au cabinet d'histoire naturelle, a été trouvée, en 1756, au terroir de la Garenne, Là aussi, le 10 juillet
1862, on a recueilli un cercueil en plomb de l'époque romaine. ( « Bulletin monumental, » t. xxvm, p. 783.) —
Enfin c'est encore dans la Terre des Garennes j à Vemaison , près Lyon , terre toute couverte de broussailles ,
qu'en septembre 1856 on a trouvé deux vases gaulois en terre cuite, contenant, l'un soixante-douze , l'autre cent
trente-cinq objets celtiques en bronze. C'étaient des bracelets, des poignards, des stylets, des celts , etc. (Comar-
mond, « BuUet. monumental, » t. xxiv, p. 67-69. — «Le Courrier de Lyon, » du 11 juillet 1857.) — Les urnes
romaines trouvées à Canville , en 1804 , étaient voisines d'une Garenne,
— 445 —
50 centimètres du sol , trois urnes funéraires dont deux étaient en terre et une en bronze.
La première contenait des os brûlés et plusieurs petits vases qui tombèrent eil poussière. La
seconde renfermait un beau vase en verre de forme carrée tout rempli d'os incinérés.
Cette urne m'ayant été donnée , je l'ai offerte au Musée de la Société des Antiquaires de
Normandie, à Caen. L'amphore de métal contenait environ deux cents' monnaies romaines
de bronze, de grand module et du Haut-Empire. La plupart étaient à l'effigie de Nerva, de
Trajan , d'Adrien , d' Antonin , de Faustine , de Marc-Aurèle , de Commode et d'Alexandre
Sévère.
Époque incertaine. — Dans ce même lieu de la Garenne sont les restes du
vieux château d'Anvéville. Les fondations sont à présent couvertes de lierres et
d'épines.
« Le Progressif cauchois, » du 4 septembre 1844.
L'abbé Cochet, « La Normandie souterraine,» l'*édit.,
p. 130; 2«édit., p. 148.
L'abbé Simon, « Inventaire des arch. du doyenné de
Doudeville, » p. 499, in-8-, Rouen, 1857-1861.
COINS EIV BBONZE (1859).
, ROUTES.
Époque gauloise. — En 1859, M. Grenier a trouvé,
en arrachant un arbre, deux ou trois hachettes ou
plutôt coins de bronze, attribués communément à l'é-
poque gauloise. — Nous reproduisons ici deux de ces
celts qui nous ont été offerts.
HÉRICOURT-EN-CAUX.
Le territoire d'Héricourt-en-Caux se compose de deux anciennes paroisses et communes
de Saint-Denis et de Saint-Riquier-d'Héricourt, fusionnées vers \ 858 seulement. Ce terri-
toire est fertile en monuments de toutes les époques.
Epoque romaine. — Depuis Saint-Denis-d'Héricourt jusqu'au moulin de Gréaume qui
en dépend, on trouve à chaque instant des débris romains tels que murailles, médailles,
poteries, tuiles et meules à broyer. Nous savons, par M. Deville, qu'en 1837 on a ren-
contré à Gréaume trois urnes cinéraires, dans l'une desquelles a été recueillie une mon-
naie de Faustine.
Au pied de la colline, qui est sur le bord de la route départementale no 19 d'Yvetot à
Cany, entre Gréaume et l'église, est une fontaine vénérée qui porte le nom de Saint^
Mellon. On assure que c'est là que saint Mellon, premier évêque de Rouen, a baptisé les
446
premiers chrétiens! L'histoire ecclésiastique affirme que saint Mellon est mort en ce lieu
le 22 octobre de l'an 311. Son corps y fut d'abord inhumé, puis transféré à Rouen dans la
crypte de Saint-Gervais. Les uns disent qu'il est mort dans une maison qu'il habitait au
pied de la colline du Pyval^ tout près de la fontaine qui porte son nom. D'autres assurent
qu'il est décédé sur la hauteur, au hameau du Petit-Vauville^ appelé aussi Vauville-la-
Cabot.
Dans un de ses ouvrages, M. le marquis Lever, de Roquefort, plaçait Gravinum à
Gréaume. Une certaine analogie de nom et quelques antiquités romaines déterminaient
seules la conviction du noble antiquaire.
En face de la fontaine de Saint - Mellon ^ on voit, dans la prairie, des traces
de fondations importantes. On en ignore la date; mais elles pourraient bien être
antiques.
Assez près de l'église Saint-Riquier, en face du Bos-Col et au bord de la route départe-
mentale no 32, qui conduit à Fauville, on voit, au pied d'un coteau, une motte circulaire
en terre dont il n'est pas aisé d'indiquer l'origine.
Vers 1854, en creusant les fondations de la nouvelle nef de l'église, on a trouvé une
grossière statuette de pierre que je crois l'image d'un^dieu du paganisme.
Époque franque. — Le cimetière qui entoure l'église Saint-Denis-d'Héricourt dut servir
dès l'époque mérovingienne. En 1853 et en 1857,
on y a trouvé, à deux reprises, des sépultures fran-
ques possédant un vase en terre blanche à cou-
verte noire, dont la panse était ornée de zigzags et
de points en creux; un scramasaxe en fer, une
fibule de bronze en forme de main, et l'ardillon
d'une agrafe de cuivre étamé, décorée de ciselures
représentant une tête humaine. (Nous reproduisons
la fibule et l'agrafe.)
Mais il est à Héricourt un monument qui pour-
rait appartenir à l'époque franque, et qui est unique
dans ce département. Nous voulons parler de la
crypte qui fut découverte le 12 novembre 1847
sous l'église même de Saint-Denis et au pied de la
colline qu'elle surmonte. Cette crypte, longue de
5 mètres 90 centimètres, haute de 2 mètres 25 cen-
timètres, large de 2 mètres 20 centimètres, possède
des bras de croix dont la longueur totale est de
6 mètres 50 centimètres. S'ils sont plus longs que le vaisseau principal, cela tient à ce que
ce dernier a été raccourci par l'enlèvement des terres.
FIBULE EN BRONZE (1857).
ARDILLON d'une AGRAFE DE CUIVRE.
. 447 ■
1 IT COUPE DE LA CdTPTE D'UÉRICOtBT-ES-CAUX.
Lrapi tmjisKrsalï duliu Jabcrwi
LUI. ^.
Cette ci7pte cruciforme, taiUée dans le roc
yif, possède une voûte ogivale revêtue d'une
maçonnerie en moellon avec arêtes en tuf.
Dans le fond, on distingue deux trous à droite
et à gauche de la place que devait occuper
■'■''i'"' i& l'aulel. Cette crypte a tous les caractères des
martyrium ou confessions qui s'élevaient sur le tombeau des premiers martyrs. A-t-elle
été creusée primitivement par saint Mellon ? Nous l'ignorons ; mais sa forme actuelle nous
paraît la rapprocher plus de la période franque que de l'époque romaine.
C'est à la période franque que nous croyons devoir attribuer le nom de Hëricourt, le
seul lieu du pays de Caux qui ait cette terminaison. Ce nom s'écrivait au xii^ siècle
Herecort, Harecourt, Harecort , Hericort, Hericuria. A l'époque carlovingienne on
rappelait aussi viens Sancti Malloni.
BIBLIOCRAPUIE.
Had. Vales.. ■ Notilia Galliarum, > verbo Cakli.
Pommeraye, ■ Bist. des Archev. de Rouen, ■ p. 44.
Fftrin, ■ Normandie chrétienne, i
a Gallia Christiana, ■ t. xi, p. 6.
<• Les Églises de l 'arrondi Baement d'Yvelot, > 1" èdit.,
1. 11, p. 102-115; 2* êdit., L 11, p. S7-11D.
« La Norm. souUrr., * l"édit.,p. 47; 2'édil., p.^7.
> Mëm.de la Soc. des Antiq.de Norni.,» t. xxiv, p. 347.
A, Poitier, - Revue de Rouen, . annÉe 1849, p. 218-19.
Guilmeth, ■ Desc. gùogr., hist.,s[at., etc.,i>t ii, p. 232.
E. Gaillard, n Recherches arcbfot., ■ p. 9.
■ Bulletin de la Soc. des Antiq. de Norni.,> I" année,
1860, p. 54.
Cousin, ■ Mém. de la 6oc. dunkerquoise, ■ t. vi, p. 416.
— 448 -
CANTON DE GANY.
CANY.
Époque gauloise. — Le Musée de Rouen possède une monnaie gauloise en brohEe,
trouvée dans la rivière de Cany en 1 836.
Époque romaine. — Nous n'oserions fixer Gravinum à Cany; mais jusqu'ici, de tous
les bords de la Durdent, de tous les cantons maritimes de l'arrondissement dTvetot, Cany
est le lieu qui a donné le plus d'antiquités romaines. Il en a tant montré depuis bientôt tm
siècle, que nous n'hésitons pas à placer dans cette petite ville, admirablement située, une
station romaine aussi importante, pour le moins, que la ville actuelle. Nous avons exposé,
dans notre Normandie souterraine, la série des découvertes faites à Cany ; nous avons ra-
conté avec détail l'heureuse exploration archéologique que nous y avons pratiquée en 1849.
Nous allons ici esquisser ce travail, et ajouter les faits parvenus à notre connaissance depuis
la publication de cet ouvrage.
Une ou plusieurs voies romaines traversèrent Cany. Celles que nous soupçonnons le plus
volontiers sont la voie de Grainville à la mer, et celle qui de Fécamp conduisait dans le nord
de la Gaule.
Le viens antique était situé sur la rive droite de la Durdent, autrefois nommée la Qui-
té/lède. n occupait la portion élevée du bourg où sont aujourd'hui les halles, la mairie, les
hôtels et les maisons des marchands. A cette portion principale, nous ajouterons volon-
tiers la chapelle et le vieux château de Caniel.
Vers 1780, dit M. Guilmeth, qu'il faut toujours citer avec réserve, on voyait encore au
centre de la ville actuelle, dans une île située près du pont des Moulins, les restes bien
conservés d'un édifice romain. La forme de la construction était quadrangulaire, les fonde-
ments profonds, les murailles épaisses. M. Guilmeth en fait un fort antique.
Ce qui est plus certain, c'est que, vers 1780, M. Reusse, régisseur du château de Cany,
faisant construire sur la route de Vittefleur une maison devenue aujourd'hui l'épuration
d'huile de M. Souday, trouva plusieurs tombeaux en terre cuite, et une urne de verre blanc
contenant des os brûlés, de l'eau d'interposition et une cuiller en argent.
En 1790, de nouvelles constructions ayant été faites au môme endroit, on y fit de nou-
velles découvertes. Note de cette exploration fut conservée par un habitant de Cany,
M. Hourcastremé, grand-père du poète Louis Bouilhet. Cette note fut publiée dans un
recueil de Paris, en 1821. On y expose qu'en creusant des fondations, les ouvriers décou-
— 449 —
vrirent de douze à quinze tombeaux ; que plusieurs de ces tombeaux^ faits en maçonnerie,
contenaient des cercueils de plomb, tandis que d'autres étaient fermés par des tuiles de
15 à 18 pouces de grandeur, placées en forme de toit. Chacun de ces cercueils contenait
une fiole de verre renfermée dans un vase de plomb. Dans un de ces vases était une cuiller
en argent. Un de ces cercueils était celui d'un enfant de huit ans avec son lacrymatoire en
verre et sa boîte de plomb.
On trouva, de plus, une trentaine d'urnes en terre cuite closes avec un colivercle. Ces
urnes étaient placées à distance égale. Il y avait aussi des monnaies ; mais on n'a reconnu
qu'un Trajan.
Il parsdt bien que plusieurs personnes de Cany prirent des notes sur ces découvertes qui
durent impressionner le pays, car M. E. Gaillard en possédait une émanant de M. Pessey,
ancien régisseur du château de Cany, et M. Guilmeth en cite une autre émanant de
M. Guilbert, juge de paix du canton de Doudeville. Ces notices concordant assez bien avec
le résumé que nous venons de donner.
Dans ce siècle-ci, les découvertes n'ont pas été moins abondantes à Cany. M. Cottard,
épicier, a trouvé dans son jardin une urne remplie d'ossements, des tuiles à rebords, des
maçonneries et un canal antique. Nous croyons qu'il en a été de même de M. Fouet,
ancien notaire. Lorsqu'on fonda la filature exploitée par M. Patrice, auprès de l'ancien
château de Cany détruit en 1697, on a trouvé une médaille dorée, une médaille fourrée,
une épingle en or et plusieurs monnaies du Haut-Empire. Quand M. Hellouin fit construire
à Caniel sa maison et sa filature, il ramena du fond du sol force débris de tuiles et de
briques romaines.
En 1836, M. Deville acheta, pour le Musée de Rouen, vingt-deux morceaux de verre
antique qu'on lui assura avoir été trouvés à Cany, auprès du moulin. Ces pièces se compo-
saient de pieds et de goulots de vases, de fioles de diverses couleurs, de petits plateaux
dont un de forme ronde, et d'urnes cinéraires dont deux contenaient encore de l'eau
d'interposition. Enfin, il avait été recueilU au même endroit des vases en bronze et un
sympulum du même métal.
C'est muni d'une partie de ces renseignements, qu'en avril et en mai 1849, nous avons fait
à Cany une fouille archéologique qui a eu les résultats les plus heureux. Nous l'avons pra-
tiquée dans la cour de M. Souday, entre sa demeure et son épuration jd'huile, au bord de
la voie qui conduisait à Vittefleur et à la mer, et non loin d'une motte énorme qui sur-
monte tout à la fois la route et le cimetière. C'est là que nous avons trouvé un cimetière
romain des trois premiers siècles de notre ère, contenant des incinérations pour les
adultes et des inhumations pour les enfants.
Nous avons d'abord rencontré cinq cercueils de tout jeunes enfants inhumés dans cinq
sarcophages en tuiles qui se touchaient. Trois de ces sarcophages contenaient des cercueils
de plomb. Ces enfants, bien orientés, possédaient avec eux de petits vases de terre, un
57
EckiDftitairtltb.m
— 450 -
biberon en verre, des chaussures de cuir dé-
coupé à jour, des boules de verre bleu, une
Plclll statuette de Latone en terre cuite, une baguette
1 de verre, une épingle en os et quatre boules
iT> i en verre blanc. Des tombeaux violés, dans le
lOuiQEaUI voisinage, nous ont donné une tête d'homme
verdie par l'oxyde, et trois médailles d'ai^ent,
de Valérien et des deux Philippe père et fils.
Les incinérations ont été rencontrées sur un
espace de 12 mètres de long sur 5 de lai^e, et
n'ont pas donné moins de cent soixante objets
de toute nature: terre, verre, bronze et os- Les
vases de tefre se composaient d'urnes en terre
grise en forme de pot-au-feu , remplies d'os
brûlés et recouvertes de plateaux rouges ou
— 451 —
d'assiettes grises ; les autres étaient des plateaux, des assiettes, des trépieds, des cruchons,
des pots aux offrandes et aux libations. Il y avait bon nombre de vases en terre rouge de
Samos; mais un seul a donné le nom du potier primvs.
Les vases de verre étaient des urnes rondes , carrées
ou pomiformes, des barillets qui ont fourni la marque du
verrier fro, des tétines ou gottelfes, des fioles dites lacry-
matoires, de jolies ampoules dont quelques-unes décorées
d'émail, des coupes à boire, etc. Il y avait aussi des perles
VARBS BOHAins BN VEBBB (eAmr, IS49).
de veire pour collier et bracelet, des boutons de verre et une charmante ampoule en pâte
de verre jaune ayant forme de poire.
Le bronze se composait principalement d'un miroir de forme ronde , d'une jolie clé de
coffret, d'une pince à épiler, de petites cuillers, d'une fibule recouverte d'émail et d'un
charmant flacon à deux anses liées au moyen d'une chaînette. Il n'y avait qu'une seule
monnaie en bronze de Nerva-Trajan.
L'osserie était représentée par un petit tuyau , par un tube percé appelé sifflet , par un
bouton et trois épingles à cheveux.
Nous terminerons en citant une curieuse construction en briques épaisses ayant 7â
centimètres de long sur 60 de lai^e, et contenant dans son sein les os brûlés d'un adulte,
et cinq fioles ou ampoules, dont une en plomb , deux en verre dont une décorée d'émail ,
la quatrième en pâte de verre et en forme de poire, et la cinquième en bronze avec
chaînettes.
Tous les objets sortis de la fouille de Gany sont déposés au Musée de Rouen ; la plupart
ont été reproduits dans la Revtte de Rouen, les Mémoires de la Société des Antiquaires de
Normandie , enfin dans la Normandie souterraine.
Époque incbrtaihe. — N'oublions pas de citer à Cany, au-dessus du cimetière romain
et au bord de la route de Vittefleur, une motte considérable placée au pied d'un coteau ,
entourée de fossés et recouverte d'arbres et de halliers. L'origine ne nous en est pas
connue.
452
ttlBLIOGRAPHIE. '^
Hourcastremé, « Anitales flnançaises des sciences, des
arts et des lettres, » v« année, t. 8 , n» 3, année 1821.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
arrond,, » t. u, p. 302-304.
Deville, « Catalogues du Musée des antiq.de Houeo, »
années 1836, 1838, 1840 et 1845.
• Revue de Rouen, V année 1849, p. 217, 347-61, 407-
420, 454-467.
a Mém. de la Boc. des Antiq. de Norm., t. xiv, p. 1^^
t. xvii, p. 399-437 et planche; t. xxxv, p. 345, 34S-4Û.
« Notice sur un cimetière romain découvert en Nor-
mandie, en 1849, » in-8* de 46 p. avec pi. Rouen, 1849.
ft La Normandie souterraine, » 1'* édit., p. 48^9;
2* édit., p. 58-70 et planche 1.
a Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » l"* édit.,
t. u, p. 141-42; 2* édit, t ii, p. 157-58.
BARVILLE (section de cany).
Époque incertaine. — M. Guilmeth dit que, sur la côte de Barville, U y a une motte
daps un bois.
Guilmeth, «Desc. géogr., hist., stat., et mon., » t. u, p. 331.
GRAINVILLE-LA-TEINTURIÈRE.
Époque romaine. — Jusqu'à présent, on a trouvé peu d'antiquités romaines bien
caractérisées à Grainville : les débris que Ton y rencontre ne sont pas encore bien
déterminés à nos yeux. Cependant, nous n'hésitons pas à placer à Grain vflle la station
romaine de Gravtnum.
Gravinum ne nous est révélé que par la Carte Théodosienne , dite Table de Peutinger,
attribuée au ive siècle de notre ère. Cette carte étrange, qui appartient à l'enfance de l'art ,
met notre station sur la grande voie militaire qui de ce lieu et de, la Seine allait à Geso-
riacum ou Bononia, et elle la place à dix milles nord de Juliobona. Le mille romain, dans
nos contrées , équivalait à la lieue gauloise , laquelle représentait 2,220 mètres environ.
D'après la dernière Carte routière de la Seine-Inférieure , il y a 28 ou 29 kilomètres de
Lillebonne à Grainville , tandis que , selon l'Itinéraire antique , on n'obtiendrait guère que
22 à 23 kilomètres. Mais cette différence n'est pas sans exemple en géographie antique :
ainsi, la distance indiquée de Juliobona à Caracotinum est de 10,000, tandis que Fespace
qui sépare Lillebonne de Harfleur est aussi de 27 kilomètres. Nous persistons donc à
penser que Grainville réunit les meilleures conditions pour représenter parmi nous le
Gravinum gallo-romain. En dehors du comput géographique, les points que l'archéologie
semble nous indiquer sont Cany, Thiédeville-sur-Saâne et Beauville-la-Cité ; or, tous ces
points sont encore plus éloignés de Lillebonne que Grainville.
La plupart des géographes qui se sont occupés de restaurer l'ancienne Gaule ont égale-
ment choisi Grainville pour y asseoir Gravinum. De ce nombre, nous citerons d'Anville ,
dans sa Notice de l'ancienne Gaule; M. Mentelle, dans la Géographie ancienne de FSn^
cyclopédie méthodique y et le colonel Lapie,dans son Or bis Romantts, dressé pour le*
j
— 458 —
Recueil des Itinéraires anciens de M. Fortia d'Urban. Qijant aux antiquaires normands ,
nous suivons que c'est également l'avis de MM. Feret et Guilnieth , les seuls qui se soient
occupés de cette question. Nous avons donc quelque raison d'être surpris que la Commis-
sion de la topographie des Gaules croie devoir placer Gravinum à Normanville.
Pour nous , nous basons notre opinion sur la position même de Grainville, presque aussi
favorable que celle dô Lillebonne pour asseoir une ville romaine. Ce village, en effet, est
situé sur le passage de la voie antique venant de Juliobona, voie qui, sur tout son par-
cours, se nomme la chaussée, la cauchie, le chemin de César et la route des Romains, et qui,
dans la traverse de Grainville, s'appelle la ruette de Rome, comme à Arques elle se
nomme la rue de Rome. M. Deville nous a cité des monnaies d'argent d'Éliogabale et de
Jutia Sœmias. — Enfin, nous appuyons encore notre opinion sur les quelques monuments
antiques et les traditions ou plutôt les prétentions locales, qui sont passablement
exagérées. ^
Grainville, en effet, est tout empreint du sentiment d'une puissance déchue et d'une
grandeur passée. Les habitants ne parlent que de murailles , de pierres , de monnaies
et de tombeaux , trouvés à toutes les époques et sur tous les points. On cite des pots
entiers remplis de monnaies. On signale surtout force débris au triége du Câtelet , nom
significatif.
Malheureusement, tout cela ne précise rien. — Les anciens racontent des merveilles
dès carrières percées au pied des collines , et surtout de celle qui porte le nom de Trou*
à-PierroL Jouant sur le mot de Grainville, ils disent que César avait étabh ici sa Ville-aux*
Grains , et que ce village est plus vieux que Jésus-Christ. Enfin , rien n'est plus enraciné
dans l'esprit de nos populations rurales que l'idée d'une cité détruite et d'une ville brûlée
par les Sarrazins.
Période normande. — D'après une donation de Richard 1er, faite vers 988 , l'église de
Grainville était la propriété de Saint-Wandrille. Richard II , confirmant cette concession en
10^, reconnaît qu'elle remontait à la plus haute antiquité : c Âb antiquis temporibus
usque ad nostra tempora. i> Cependant vers l'an 4000, le même duc Richard avait donné
au monastère de Fécamp deux moulins et ce qui lui restait à Grainville-en-Caux : u In
comitatu Calciacensi... in GirnivivUlâ (ou Gerunivillâ) cmn duobus molendinis quidquid
habere visus sum. »
Époque incertaine. — Au centre du village et assez près de l'église , on voit un tertre
couvert de murs, de lierres et de broussailles, que l'on considère comme la base de l'ancieD
château de Gramville, possédé et occupé au xve siècle par Jehan de Béthencourt, le roi
des .Ganartôs.
n j a à Grainville bradition d'axiciennes teintureries, d'où ce village a pris le surnom de
Tein^ptrière ou de Tinctuaria. Ce surnom, il le portait dès 1292; il est probable qu'il
vemoïde à l'époque franque.
— 454
BlBUOCaAPHIE.
«Neustria pia, » p. 166. •
D'Anville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 360-61.
Feret, « Société archéol. de Tarr. de Dieppe, » 23.
Mentelle, a Encyciop. méthod. : Géogr. anc.,» t. ii ,
verbo Grainnum.
« Géographie anc. et hist., « composée d'après les
cartes de d'Anville, t. ii, Paris, 1807.
Guilmeth , « Descript. géog., hist., stat. et mon. des
arrond., » t u, p. 331-333.
« La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 47;
2* édit., p. 58, 122, 145.
« Les Églises de larrond. dTvetot, » 1" édit, 1 1«,
p. 151-53, 159; 2* édit., t. i«%p. 166^, 174.
o Mém. (je la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 13;
t. XIV, p. 161 ; t. XVII, p. 400-410, et t. xxiv, p. 337, 347.
Fortia d'Urban , « Recueil des itinéraires ancienB, »
t. I", p. H2.
A. Bertrand, a Revue archéol., « t. viu , p. 63.
MAUTEVILLE-SUR-DURDENT (section de grainville-la-teinturiére).
Époque romaine. — A Mauteville est le hameau de la Haute-Rue , où passait la voie
romaine qui de Grainville (Gravinum ?) se rendait à la station de Cany et à la mer.
«'Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xiv, p. 161, et t. xxiv, p. 348.
BOSVILLE.
Époque romaine. — Dans le vallon qui est sous l'église et le village de Bosville , le
laboureur découvre des puits > des murailles et des monnaies romaines. Yers 4810, un
cultivateur, nommé Godard, découvrit avec sa charrue un cercueil de plâtre en fonne
d'auge contenant les restes d'un enfant , accompagnés de trois médailles de Faustine et de
deux petits bustes en bronze doré. D'après les détails qui m'ont été donnés par M. l'abbé
Godard, curé d'Autretot , j'ai lieu de croire que cette sépulture date du ive ou du v« siècle
de notre ère.
Dans un bois voisin , on connaît aussi des puits rebouchés et des murs arasés.
Époque incertaine. — Vers Flamanvillette , on remarque deux mottes avec retranche-
ments et fossés. M. A. Le Provost en a connu trois.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat., etc., » t.ii,p. 231.
« Les Églises do J'arrondissement d'Yvetot,»» 1" édit.,
1. 1*', p. 167; 2* édit, 1. 1", p. 182.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,» t. xxiy, p. 339.
c Procès-verbaux de la Gommiss. des Antiq. de It
Seine-Inférieure, » p. 33.
SASSEVILLE.
Époque franque (?). — La Bibliothèque de Fécamp possède un vase en terre noife
trouvé, en 1863 , lors de la rectification de la côte de Cany. Ce vase a tous les caractères
francs et doit provenir d'une sépulture mérovingienne.
OUAINVILLE.
Époque incertaine. — Vers 4834, on a démoli une motte très élevée que Ton appelait
dans le pays les VieuaoChâteaux. On m'a assuré qu'on y avait rencontré des ossements. Si
ma mémoire est bien fidèle, ce tertre était située près de l'église.
j
— 465 —
-Guilmeth, « Descript. géog., hist., stat. et mon. -des I « Les Églises de rarrondissement d'Yvetot, ■ l" édit.,
arrond., » t. ii, p. 350. 1 t. i", p. 1T7; 2« édit., 1. 1", p- 192.
CANOUVILLE.
Époque romaine. ~ En 1848, en démolissant les racines du vieux château de Canou-
ville, si puissant au moyen-âge, on déterra, à quelques pas des murailles, un dolium en
tttre cuite renfermant une urne en plomb remplie d'os brûlés. Tous ces objets ont été
détruits.
Époque franque ou normande. —Le vieux château de Canouville, démoli en 4848,
avait des fossés profonds et des murs de 5 mètres d'épaisseur.
Guilmeth, «Desc. géogr.,hist.,stat.,etc.,»t.ii, p. 355. | « Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, • 1" édit., t i*%
« La Norm. souterr., » V édit, p. 128; 2» édit., p. 147. | p. 178; 2» édit., p. 193.
AUBERVILLE-LA-MANUEL.
m
Époque incertaine. — « Sur Auberville, dit M. Guilmeth, non loin du rivage de la
mer, on découvrit, vers 1830, sous la surface du sol et dans la craie de la falaise, une vaste
salle carrée parfaitement taillée au ciseau, laquelle paraissait avoir servi de refuge, soit aux
Gallo-Romains contre les invasions des Barbares à l'époque du Bas-Empire , soit aux pre-
miers chrétiens dans les iii^ et rve siècles de notre ère, soit enfin aux marins de la Neustrie
lors des invasions des hommes du Nord. »
Guilmeth, « Descript. géogr., hist., stat. et mon. des arrond., » t. ii, p. 357.
SAINT-MARTIN-AUX-BUNEAUX.
*
Époque romaine. — En 1864, en faisant des fouilles dans le vallon des Petites-Dalles,
j'ai rencontré au pied de la colline des tuiles à rebords , des débris de poteries romaines
et même quelques fragments de vases gaulois.
Époque frapjque. — Un mouvement de terrain pratiqué, en mai 1864, dans le vallon des
Petites-Dalles , au pied de la côte qui porte le nom de Saint-Martin , révéla plusieurs
sépultures déposées dans la craie. Ces sépultures étaient accompagnées de vases et d'armes
de fer, dont M. le curé de Sassetot conserva quelques débris. Averti par ce vénérable con-
frère, je me rendis aux Dalles, au mois de juin suivant, et j'y constatai la présence d'un
cimetière franc. A l'aide d'une allocation accordée par M. le Préfet, je fouillai le pied de la
cdline où je reconnus quinze fosses taillées dans la craie et orientées nord et sud dans le
sens de la vallée.
Plusieurs de ces morts n'ont rien donné, mais quelques-uns possédaient aux pieds des
vases noirs semblables à tous les'vases francs ou saxons de nos contrées. Nous reprodu-
sons ici presque tous les vases des Dalles.
VASES FBAnCS BH TKHKB HOIBB (PETtrEg-DALLEB, ISGt).
Avec ces vases nous avons encore recueilli sur quelques objets de fer, notanuneof
un scramasaiie long de 50 centimètres et large de 5. Un
autre scramasaxe est également apparu à la ceinture,
celui-là avait été coupé avant l'inhumation , particularité
qui s'est déjà révélée ailleurs. Outre ces deux sabres,
nous avons encore recueilli un couteau et une boucle en
fer. Mais la plus belle pièce qui soit sortie de ce cimetière
est un éperon en bronze long de 44 centimètres et large
de a : il était à pointe et accompagné de quelques détails
propres à le fixer au pied du défunt. ( Nous reproduisons
ici cette pièce remarquable).
Déjà, à différentes reprises , on avait aperçu des inhu-
mations dans cet endroit, notamment lors de ta construc- J
tion du corps-de-garde sous le premier Empire.
Le nom de Dalle signifiant vallée , indique une origine ^
saxonne ou Scandinave que la découverte de notre cime-
tière germanique ne fait que confirmer. tpExan m uomi (dallu, tut).
457 —
THEUVILLE-AUX-MAILLOTS.
Époque romaine. — M. Deville assure qu'à Theuville-aux-Maillols on a rencontré des
vases antiques en terre rouge.
VITTEFLEUR.
Époque romaine. — Le sol de Vittefleur est semé de médailles romaines : on les ren-
contre très fréquemment. Les murailles et les substructions de tout genre s'y trouvent
aussi de tous côtés. Les tuiles à rebords n'y font point défaut non plus. A l'article Paluel^
je cite une mosaïque romaine aperçue dans une maison bâtie en tuf, au lieu dit la Rosée,
un peu au-dessous de Vittefleur. En 1849, j'ai fouillé et reconnu l'existence de cet édifice
antique découvert par un jardinier.
Vittefleur, tout rempli de débris, est sur le tracé de la voie romaine qui de Grainville et
de Gany conduisait à la mer.
Période normande. — En 988, Richard 1er rendit au monastère de Fécamp l'église et
la terre de Vittefleur qu'il possédait de toute antiquité, ce qui veut probablement dire depuis
le comte Waninge.
n y a tradition d'abbaye à Vittefleur.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,» t.xnr,p. 163,
et t. xxrv, p. 349.
« La Norm. souterr., » 1" édit., p. 48-, 2» édit., p. 58.
« Les Églises de Tarrond. d'Yvetot, » !'• édit., t. i",
p. 186-88; 2* édit., t. i", p. 201-206.
CROSVILLE-SUR-DURDENT (section de vittefleur).
Époque gauloise. — Le Musée de Rouen possède une hache en pierre venant de
Crosville.
Époque romaine. — Crosville est sur le passage de la voie romaine qui de Cany allait
à la mer. Nous croyons reconnaître encore sa trace dans le vieux chemin que la tradition
appelle la rue Sainte-Pierre, et que les titres nomment la chamsée de Saint-Pierre.
Dans une île de la Durdent, on voyait, en 1831 , une motte élevée dont la destruction a
donné bien des débris romains. Lorsqu'en 1832 et en 1833 , M. Limare, de Rouen, fît
niveler le sol et démolir cette butte, on rencontra des maçonneries en pierres tuffeuses ,
restes d'un édifice pavé en mosaïque. Plus tard, à l'époque franque peut-être, on avait
inhumé dans ce tertre et jusque sur l'ancien pavage. Une vingtaine de cadavres, en effet,
furent déterrés par la bêche. L'état de conservation de ce monument antique nous fait
supposer qu'il a été comblé de main d'homme et à dessein , peut-être même dans une
pensée religieuse. Malheureusement, aucun homme intelligent ne présida à la destruction
de 1833. Non-seulement les murs furent brisés, mais la mosaïque fut mise en pièces. Tous
58
458
les habitants de Cany et de la vallée en emportèrent des cubes qui étaient assez fins. Un
seul morceau a été conservé et donné au Musée de Rouen par M. Limare; il représente
deux jambes d'homme. Dans ces ruines se sont rencontrées plusieurs monnaies du Haut-
Empire.
Outre un fragment de mosaïque, le Musée de Rouen possède encore, venant de la
motte de Crosville , une clé en fer et une petite tête de lion en bronze.
En 4849, non loin de cet édifice, j'ai vu au pied de la colline un ancien four à chaux
qui pourrait bien être contemporain de la mosaïque , car on y a recueilli des médailles de
bronze d'Antonin et de Faustine , que j'ai vues à Cany , chez M. Yger, juge de paix. Le
fourneau contenait encore de la chaux vive.
Époque franque. — Le duc Richard II confirma à l'abbaye de Fécamp, dans le comté
de Caux : t In comitatu Calciacensi... ecclesiam Scrotivillae. »
Une source vénérée existait auprès de l'ancienne église de Crosville, transférée en 1783.
BIBLIOGRAPUIE.
« Procès-verbaux de la Commission des antiquités de
la Seine-Inférieure, » année 1834, 1 1*', p. 199.
E. Gaillard, « Recherches archéol., » p. 3.
Guilmeth, «r Desc. géog. , hist. , stat. et mon. des
arr., » t. ii, p. 804 et 368.
Deville, « Catalogues du Musée département, d'ant
de Rouen, » années 1836 et 1845.
n Mém.delaSoc. desantiq. deNorm., » t. xi,p. 13;
t. XIV, p. 162; t. xvii, p. 400402, et t. xxiv,p. 349.
«LaNorm, souterr.,»l'*édit^ p. 47-48; 2* édit., p. 58.
a Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » l*«édit., 1 1*^,
p. 192-93; 2* édit., t. i", p. 207.
« Notice sur un Cimetière romain découvert en Nor-
mandie, en 1849, » p. 2-6.
PALUEL.
Epoque romaine. — Vers 1840, on a trouvé à Paluel des monnaies en bronze de
Trajan et de Faustine. Elles sont entrées au Musée de Rouen.
Entre Vittefleur et Paluel, j'ai fouillé, en 1849, un charmant petit édifice romain cons-
truit en tuf et pavé en mosaïque. Il était situé au lieu dit la Rosée, sur le bord du grand
chemin. L'eau des marais nous a empêché de continuer l'exploration.
o La Nonn . souterr., 1" édit., p, 48 ; 2« édit. , p. 58. 1 « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetotj^l'* édit.,
«Mém.delaSoc.des Antiq.de Norm.,»t. XXIV, p. 349. ' t. i«% p. 200; 2* édit., t. i«%p. 214.
VEULETTES.
Époque gauloise. — J'attribue à la période gauloise le Câtelier de Veulettes. Ce câtelier
fut une vaste enceinte, en grande partie tombée à la mer. Il en reste encore une
portion située au haut d'une falaise et assise sur le penchant méridional d'un vallon. Ce
qui reste debout n'est pas grand ; mais il laisse présumer la vaste étendue de Y oppidum
antique. Les fossés ou retranchements sont encore d'une élévation énorme. Ds sont en
terre comme ceux de Limes et du Canada, mais plus élevés. M. Guilmeth croit que Fen-
ceinte était carrée ; elle nous a paru plutôt circulaire. Il dit qu'il y a quatorze sièdes
— jm —
ce can^) pouvait avoir environ 1 ,470 mètres, comme Sandouville, Boudevilie et La Roque.
On assure que le peuple appelle ce grand terrassement le tombeau de Gargantua.
Époque romaine. — Je n'hésite pas à attribuer à la période romaine du iv© et du
ve siècle un tombeau d'enfant fait avec des tuiles romaines, reliées entre elles au moyen
de ciment. Ce petit sarcophage, long de 72 centimètres, large de ^ et haut de 27, avait
été placé à la pointe de Claquedent^ qui sépare le vallon de Yeulettes de la grande vallée
delaDurdent. C'est là qu'il a été trouvé, en 1851, sous 6 mètres de remblai. Cette pièce est
conservée chez M. d'EudeviUe, maire de Veulettes.
Dans le Câtelier^ il a été trouvé, vers 1840, de petits bronzes romains du Bas-Empire.
Us sont au Musée de Rouen.
Époque incertaine. — A l'embouchure de la Durdent, il y a, parmi les populations de
Veulettes et des alentours, tradition d'une cité disparue. Ils l'appellent la Grande-Villerde-
Durdent. Ils racontent qu'au laisse de la basse-mer on voit, sur le rivage, des restes de
murs et des troncs d'arbres, qu'ils regardent comme les ossements de la cité disparue. Ils
parlent aussi du port de Claquedentj que la mer aurait enseveU dans un jour de tempête.
Le port de Claquedent existait en effet au moyen-âge avec son hâble et ses kays. Il
appartenait alors à l'abbaye de Fécamp.
Période normande. — Il y a à Veulettes tradition d'abbaye. On parle de souterrains
et de constructions autour de l'église actuelle qui est fort ancienne. On raconte même que
l'église et la terre de Veulettes fiirent données à l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen, le jour
de la dédicace du monastère. Un seigneur allant à l'offrande aurait dit :^ Do Veulettam. »
BIBLIOGRAPHIE.
Le Boullenger, ingén., « Voyage dans le département
de la Seine-Inf. , exécuté en 1807, parordre de M.Savoye-
Rolin, préfet, » Mss. tn-fol. à la Bibliothèque de Rouen.
« La Normandie souterr.,» l'^édit, p. 33 et 48;
2«édit.,p. 40 et 58.
. ■ Notice hist. et descript. sur l'église de Veulettes, »
in-S"" de 8 pages avec pi. Rouen, 1850.
«LesÉgUses de rarrond.d'Yvetot, » l"édit., l. i*%
p. 194-200, 205-208 f 2» édit., t. i«',p. 209-214,220-224.
Guîlmeth, t Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
arr., » t. n, p. 559-61.
Amélie Bosquet, « La Normandie romanesque et
merveilleuse, » p. 194 •
CANTON DE VALMONT.
VALMONT.
Le territoire actuel de Valmont se compose d'abord de l'ancienne paroisse de Valmont,
puisides anciennes paroisses de Saint-Ouen*au^Bosc,deRouxmesnil et du Bec-aux-Cauchois.
— 460
Époque gauloise. — Vers 1 845, on a trouvé des hachettes en silex à Centrée du bourg.
Époque romaine. — En 1854, on a recudlli des débris de vases en terre rouge sur la
propriété de M. Villez.
Époque franque. — Valmont était le titre d'un des trois doyennés du Grand-Caux, et,
comme tel, il doit remonter à l'époque franque. Au xiiie siècle, il contenait soixante-
quinze paroisses, et soixante-dix-huit au xviie, plus Fécamp et son exemption. Il allait de
la Durdent aux gorges d'Étretat.
Période normande. — Il est probable que le puissant château de Valmont remonte
jusqu'aux Francs; mais, au x^ siècle, il est déjà le siège d'une grande famille normande.
Époque incertaine. — Au haut de la côte qui domine Valmont vers le nord-est, on
voit un ancien camp de forme carrée, connu dans le pays sous le nom de Câtelier ou des
Vieux^Châtiax. Nous ne saurions fixer la date de cette enceinte couverte de taillis.
« Recueil de titres généalogiques de la maison d'Es-
toutleville, « 10-4", Paris, 1741.
Guilmeth,aDesc.géogr.,hist.,stat.,etc.,» t. ii, p. 244.
De Glanville, « Promenade archéol. de Rouen à Fé-
camp,» p. 181.
«« Les Églises de l'arrondissement dTvetot, » l'«édit.,
t. u, p. 139-169; 2- édit, t. n, p. 140, 166.
D'Estaintot. o Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., »
t. XXIV, p. 403-404.
LE BEC-AUX-CAUCHOIS (section de valmont).
Époque incertaine. — M. Guilmeth dit que sur la côte du Bec-aux-Cauchois est une
enceinte carrée ayant la forme d'un ancien camp.
Période^normande. — Dans la ferme voisine de Tancienne église, on voit encore un
tertre en partie affaissé , mais dont les fossés sont encore visibles. C'est un vieux manoir
appelé au moyen-âge t Beccum Caletensium. »
Guilmeth, « Desc. géogr., hist, stat et mon. des 1 L'abbé Cochet, «Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, •»
arr., » t. ii, p. 272. I 1'* édit., t. ii, p. 145-47; 2« édit., t. ii, p. 141-43,
GOLLEVILLE.
Époque gauloise. — Sur le territoire de Colle ville, M. Delaporte, de Fécamp, a recueilli,
vers 1860, une hachette en bronze d'une forme peu
commune , mais dont l'analogue est assez fréquent
en Allemagne et en Danemark. On attribue ces mo-
numents à l'âge de bronze et aux temps gaulois.
Époque romaine. — Dans le vallon qui conduit
de CoUeville vers Saint-Hélène-Bondeville, et qui
est partagé entre ces deux conununes , on trouve ,
à une bifurcation, d'innombrables débris gallo-
romains. Les terres cultivées sont marnées de tuiles
et de poteries antiques. Dans la coupe des terrains hachette «nB«opizB(c«twBviixB,t86i.)
— 4M -
boisés, on aperçoit d'épaisses murailles qui courent dans tous les sens. On y reconnaît
aisément l'intérieur d'une grande salle. Ce sont évidemment les restes d'une villa consumée
par le feu, et qui, connue depuis vingt ans, n'a cessé de donner des débris de toute sorte.
Parmi les.monnaies qui en sont sorties, le Musée de Rouen a recueilli un denier d'argent
d'Alexandre Sévère et des bronzes de Posthume et de Constans.
Dans une sablière exploitée de 1860 à 1 862, nous avons reconnu une masse de fragments
de poteries de toutes couleurs. Nous croirons volontiers que ce sont les dépendances
de la villa. Nous y avons recueilli un fri^ment de
tuile à rebords percé, avant sa cuisson, d'un grand "
nombre de troi^ circulaires , absolument comme
une passoire. — Nous donnons ici le fragment de
cette pièce encore inconnue, mais dont les analo-
gues se découvriront sans doute.
M. Deville assure qu'en traçant un chemin on
aurait trouvé des urnes cinéraires.
La gorge oij se trouvent ces curieuses ruines an- !
tiques , si intéressantes à fouiller, s'appelle le vallon '
d'Orival, et le peuple nomme les substructions la ;
ville d'Orival (1). Il prétend qu'il y a des trésors \
cachés. M. de Glanville nous donne le détail de ces i
traditions de trésors, de dragons, de cavernes et de ^ «
fontaines, qui accompagnent presque toujours les g
monuments du paganisme.
Pour compléter ce qui concerne la villa romaine d'Orival , il faut lire l'article sur
Sainte-Hélène-BondeviUe.
Époque franque. — A diverses reprises, et presque tous les ans depuis 1855, le
cimetière et l'église de Colleville ont donné des cercueils et des objets mérovingiens.
M. le curé de Colleville a recueîlh une partie de ces pièces curieuses , et elles forment chez
lui un petit Musée local passablement intéressant. Dans plusieurs circonstances, nous
avons eu l'occasion de parler de ces curieuses trouvailles.
Les découvertes de Colleville consistent principalement en cercueils de pierre de
Vei^elé ou de Saint-Leu et de pierre tuffeuse du pays. Ces sarcophages contiennent
encore des corps, des ossements et des armes. Parmi les armes, j'ai remarqué une
dizaine de couteaux de fer, six sabres ou scramasaxes avec rainures sur la lame (leur
(1) Dans Maine-et-Loire est un lieu plein d'anliquiiés que l'on appelle la vilU- dVi-vul. On assure qui
être Tancienne station de flutnca . (Quicherat, ■ Bévue des Sociétés sa van les, »!• série, t. v, p. i!. -
de la Sociale académique de Uùae-et-Loire , ■> de ISàd.)
462 —
longueur varie de 42 à 55 centimètres), quatre
lances, des boucles et plaques de ceinturon
en fer damasquiné. Les objets de bronze nous
ont présenté deux fibules que nous reprodui-
sons , Tune en forme d'anse , l'autre en forme
d'oiseau; huit à dix boucles de lanière et de
ceinturon : quelques-unes étaient accompagnées
de plaques ciselées. Enfin il s'est trouvé des
vases en terre blanche ou noire qui accompa-
gnaient les corps.
BIBLIOtiRAPUIE.
A. Bosquet, « La Normandie roman, et merv., » p. 153.
«Sépult. gauL, rom., franq. et et norm., » p. 337-38.
a La Normandie souterraine, « 1" édit., p. 87; 2* édit,
p. 99.
De Glanville , « Promenade archéologique de Rouen
à Fécamp, » p. 176.
a Journal de Fécamp, » du mois d*août 1862.
c Journal de Rouen, » du 23 ou du 25 août 1862.
« Revue archôol., » série nouvelle, année 1861, t iv,
p. 482-83.
« Bulletin de la Société des Antiquaires de Nor-
mandie, » t. II, p. 157.
« Les Églises de Tarrondlssement d'Yvetot,» Inédit.,
t. n, p. 172; 2« édit, t. ii, p. 169.
VATECHRIST (section de collevillb).
Époque incertaine. — M. de Glanville parle de grottes, de superstitions et de tradi-
tions, existant dans ce hameau.
De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen à Fécamp, » p. 178.
SAINTE-HÉLÈNE-BONDEVILLE.
Époque romaine, — En 1842 , sur une propriété de M* Limare , de Rouen , on a trouvé
des poteries romaines et un grand bronze de Septime Sévère.
A Tarticle Colleville^ nous avons parlé des restes antiques cpie renferme le vallon
d'Orival et des découvertes nombreuses que Ton y a faites depuis plus de trente ans. Mais
au printemps de 1864, ce même vallon a été le théâtre d'une importante découverte
archéologique. Nous allons la raconter en peu de mots.
Pendant le défrichement d'un taillis situé sous la partie du hameau &Alventoty qai
porte le nom de Bout-de-Has^ les terrassiers ont rencontré, dans le courant d'avril 1864,
une série d'urnes et de vases funéraires gallo-romains. C'était un cimetière à incinération,
— 463 —
des trois premiers siècles , probablement celui de la villa d'Orival. Mais si une portion
des murs est placée sur Colleville, une autre portion et le cimetière lui-même appar-
tiennent à la commune de Sainte-Hélène.
Parmi les premiers vases , beaucoup furent brisés par les ouvriers. On sauva cependant
deux urnes dont une très belle, deux coupes en cristal, et quelques vases aux libations
ou offrandes. On tira notamment un fond de bol rouge sur lequel on lit : of. seyeri.
( Officina Severi. )
Ayant été averti de cette découverte par M. Delaporte , de Fécamp , et M. le curé de
Colleville, je me rendis à Orival où je pratiquai , pendant huit jours, une fouille qui fut
très productive. Je constatai la présence de vingt-quatre urnes en terre encore remplies
d'os brûlés; toutes étaient recouvertes d'une assiette noire renversée ou d'un trépied
retourné. Quelques urnes contenaient dans leur sein des vases pour les offrandes. Quatre
groupes se sont distingués de tous les autres. L'un a montré dans une olla en terre grise
une belle urne ronde en verre verdâtre. Le second a offert sept vases dans son sein :
c'étaient d'abord deux pots et un plateau noir, un plateau et une tasse rouge au fond de
laquelle on lisait : damini. m.; puis une petite marmite en terre noire et une fiole liexagone
en verre. Le troisième groupe contenait deux urnes ou deux sépultures : la première
avait, avec Voila ^ deux plateaux rouges, un plateau noir, une cruche blanche, une coupe
en terre grise, une coupe de verre et une patère en bronze en forme de coquUle. La
seconde urne était escortée d'un vase côtelé et d'une cruche blanche.
Le quatrième groupe, le plus riche de tous , se composait d'abord d'une urne cinéraire
en terre grise et en forme de pot-au-feu, laquelle était en partie pleine d'os brûlés. Elle
avait été recouverte d'un trépied noir que la chute des terres avait brisé.
A côté de l'urne et dans un trou circulaire pratiqué pour cet effet , à 1 mètre du sol ,
se trouvaient des vases aux offrandes , où l'on remarquait un petit pot noir et deux coupes
de cristal placées Tune dans l'autre. Autour des vases , on a recueilli une statuette de
Latone en terre cuite , une grosse perle en pâte de verre noir incrustée d'émail jaune ,
une fibule en bronze étamée ou argentée, une épingle en os, trois petits palets aussi
en os et un moyen bronze de Faustine, destiné peut-être à payer l'avare nocher du
Styx.
La plupart de ces dépôts funéraires avaient été confiés à la terre dans des caisses de
bois dont on retrouvait les clous et jusqu'aux entrées de serrure , et entourés de cailloux
qui tes avaient brisés.
Dans les défrichements est apparu un fragment d'inscription romaine où nous avons
pu à peine déchiffrer les lettres.... rianv...? Nous croyons que ce fragment provient de
quelque titulus funéraire.
Nous donnons à la page suivante quelques-uns des objets sortis du cimetière d'Orival,
regrettant de ne pouvoir en offrir davantage.
bniVF: OL OLLA,
rrcTTE DE LATOFIE.
PLATBAD ET BOI. BN TBIIBE ROCGE.
4
FIOLE. EBNB.
PIBULE En BKO!<SB ARGEATE-
COUPE r.n Bno>zE, forme de coquille.
OBJETS noHAiNS En TEanE, VERBE, os et ononzE, pbovbhant du gihbti6re romain db la villa o'oritaL (""''
465 —
TROIS PALETS EN OS. ËPI?iGLE EN OS.
Comme singularité , nous signalerons un couteau en fer qui ne fermait pas et qui
accompagnait une urne. Ce détail n'est pas sans exemple, nous croyons l'avoir déjà vu en
France; mais M. Berbrugger signale la présence de lames de couteau en fer dans un
tombeau romain du ive siècle, découvert à Alger ( l'ancienne Icosium)^ dans l'enceinte
du Lycée actuel, en juillet 1862. {Revue africaine y juillet 1862, p. 313. )
BONDEVILLE (section de sainte-hélène-bondeville).
Époque incertaine. — M. Guilmeth signale à Bondeville une motte ou vigie.
Époque romaine (?). — M. de Glanville y mentionne des habitations antiques; peut-être
fait-il allusion à la villa d'Orival. Il paraît certain que l'on a rencontré des restes romains
au hameau d'Alventot.
Sur Bondeville devait passer la voie antique conduisant de Fécamp à Cany ou Grainville.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des | De Glanville, « Promenade archéol. de Rouen à
arr.,» t.ii, p. 83. | Fécamp, » p. 173.
CONTREMOULINS.
Époque romaine. — En juillet 1837, des ouvriers occupés à ouvrir un fossé rencon-
trèrent, au bord d'un ancien chemin cave, quatre vases antiques, dont trois en terre et
un en verre. Ils ont été recueillis par M. Ed. B. de Franqueville , qui les possède dans son
château de Contremoulins , où je les ai vus en 1 850. J'y ai reconnu une urne romaine
en terre grise , en forme de pot-au-feu , contenant encore des os brûlés ; sa hauteur est
d'environ 30 centimètres. Les deux autres vases de terre étaient vides et destinés aux
offrandes, ainsi que la fiole de verre, haute de 6 centimètres.
Époque franque. — L'ancien nom de Contremoulins est « de Comitis molendinis. »
On est disposé à y voir un reste de la propriété des anciens comtes de Caux résidant à
Fécamp. — L'église ancienne était autrefois dans la vallée.
o Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » !•■• édit., t. ii,
p. 175; 2* édit., i. il, p. 172.
Guilmeth, « Descr. géogr., hist., etc., » t. ii, p. 277-78.
« La Norm. souterr., » Inédit., p. 87; 2« édit., p. 99.
TOUSSAINT.
Époque romaine. — M. Deville nous a cité, comme trouvées à Toussaint, des urnes
cinéraires en verre et une médaille en bronze de Constantin.
59
— 466 -
TIÉTREVILLE.
Époque gauloise. — En avril 1863, M. Pitnont antiquaire de Valmont, a acheté un
statère gaulois en or, du poids de 7 grammes, qui venait d'être trouvé à Tiétreville. D'un
côté est la tête laurée d'Apollon et de l'autre le cheval national.
Époque romaine. — Sur Tiétreville existe le hameau du Bue, placé au bord d'un vieux
chemin , à peu de distance de la route impériale no 26 , de Paris à Fécamp. Dans une
hêtrée de ce hameau, dont le nom indique d'anciens haUiers(l), on avait trouvé à diverses
reprises des vases antiques, en plantant ou en abattant des arbres. Mais, en 1842, une
découverte plus importante que toutes les autres eut lieu, et alors l'attention publique se
porta sur ce point. Une fouille fut improvisée par les villageois eux-mêmes, et M. Pottier,
bibliothécaire de Rouen, averti à temps, visita ce dortoir gallo-romain.
Pendant les deux ou trois jours qu'il passa sur les lieux , il ne vit pas moins de
trente-six urnes sortir de terre, protégées pour la plupart avec des tuiles ou avec des pierres.
« A côté du plus grand nombre d'entre elles était un petit vase également en terre
faisant partie de la même sépulture ; quand le petit vase ne se trouvait pas à côté, il
était dans l'intérieur avec des ossements brûlés , et une petite assiette en terre rouge
vernissée le recouvrait. Au-dessous étaient placées les cendres qui remplissaient l'urne
jusqu'au haut , et un plat de plus grande dimension en terre rouge ou noire recouvrait
le tout.
« Des vases en verre blanc , semblables à nos bocaux et contenant des ossements cal-
cinés, ont été recueillis dans trois urnes remplies elles-mêmes de cendres. D'autres petits
vases, également en verre, ont été trouvés : l'un renfermant des verroteries qui ont dû
appartenir à un collier et différant de forme et de couleur ; l'autre , une médaille de petit
module, fruste et méconnaissable.
€ Tous ces vases, dit M. Pottier, ont été trouvés sur un espace qui n'excède pas
40 mètres en carré et à 50 centimètres de profondeur. »
Bon nombre de vases ont encore été découverts postérieurement , et dftiftiés au Musée
départemental , par le propriétaire du terrain, M. Grégoire de Blésimare. Avec les vases ,
notre collection départementale a reçu des dés en verroterie et de petites cuillers en argent.
Un grand nombre de vases ont été gardés par des particuliers, chez lesquels ils ont péri
depuis. En 1850 et en 1859, j'en ai vu plus de trente chez M. Bertel, alors maire de
Tiétreville et aujourd'hui maire de Sotteville-lès-Rouen. M. Bertel, de concert avec
M. l'abbé Jumel , alors curé de la paroisse , instigateur des fouilles , voulaient former à
Tiétreville un Musée local. Nous désirons vivement que leur petite collection , composée
(I) Bue, d'après M. A. Le Prévost, signifie vieux bois, mauvais bois, absolument comme Buccaille. Chose sin-
gulière , à la ferme du Biic, à Loyers, près Dinant , province de Namur, on a trouvé, vers 1845 , des urnes gallo-
romaines. (Hauzeur, « Antiq. gallo-germ., gallo-rom. et franques de la rive droite de la Meuse, v p, 86.)
J
— 467 —
principalement d'urnes grises en forme de pot-au-feu, soit prochainement réunie à la
grande collection rouennaise.
En attendant cette heureuse annexion, nous signalerons au
lecteur cinq des plus curieux vases de ce cabinet municipal; ce
sont: 1" une fiole de verre vert, dite lacrymatoirp., haute de
8 centimètres; S" un plateau rouge non vernissé, mais de belle
forme, haut de 3 centimètres et large de 15; S" un joli
bol en terre de Samos, large de 13 centimètres et haut de
sept (nous en donnons ici la
forme); 4» une charmante
coupe de verre verdâtre, re-
vêtue de filets à relief, haute
de 8 centimètres et pouvant
contenir deux décilitres (nous
reproduisons ici ce bel objet);
50 enfin une urne en terre
TEHBK. grise à fond très courbé et de forme
insolite. Ce vase, décoré d'un simple
bourrelet, imite assez une terrine. Large de 24 centimètres,
il est profond de 1 8. Sa capa-
cité est d'environ trois litres.
(Nous donnons ici ce singulier
vase.)
M. Pimont nous a cité aussi
des poteries grises et dos traces
de fourneaux, au hameau de
u CIMETIÈRE DE ti£tbevii.i,e (IS41]. Bolsmarc
■ La Normandie souterraine, ■ 1" édil. , p. 131 ; !■
édit., p. Ii9-M.
• Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, o l** Mit, I. h,
p. 191; 2' édit., t. Il, p. 188.
Pottier," Revuede Rouen, «année 18112, 1-sem., p. 276.
P. Vasselin, «Le Progressifcauchois, a du l&Juin 1S52.
■ Le Courrier de Dieppe , • du 31 mai 1842,
> Revue du Havre, ■ du 12 juin 1842.
TIERGEVILLE.
Époque romaine. — Le hameau de Gruville, situé sur celte paroisse, paraît fort an-
cien. Dans des défrichements que M. Vimard, de Rouen, y a fait pratiquer vers 1856, il
a rencontré des tuiles et des poteries antiques. Elu 1841 , M. Dufresne, des Ifs, a trouvé
une urne en verre vert contenant des os brûlés et un petit vase noir parfaitement intact.
Ce vase a été brisé depuis.
— 468 —
Il paraît bien que ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on trouve des antiquités romaines à
Tiergeville, car une note communiquée par M. Deville nous apprend que, dès 1815, on
avait rencontré des constructions antiques allant du nord au sud. Elles étaient accompagnées
de tuiles et de briques romaines. En 1841 , on a reconnu un canal fait avec des tuiles, et
en 1842, on avait recueilli un collier en perles de verre avec des vases funéraires en terre
et en verre, qui sont entrés dans le Musée départemental. En 1847, on trouva, au Mont-
de-Grès , des médailles romaines.
Epoque franque. — Vers 1856, un laboureur a trouvé avec sa charrue deux cercueils
de pierre, sur le versant de la colline où est situé le vieux château de Gruville. Nous
n'avons pu savoir si ces cercueils , qui ont été refermés , contenaient des armes ou des
objets d'art; mais leur forme ou leur position nous les fait considérer comme francs.
Période normande (?). — Nous sommes porté à attribuer à la période carlovingienne
ou normande du xe siècle la motte et les terrassements considérables que l'on voit dans le
bois de Gruville^ et auxquels les habitants donnent le nom de Vieux-Château. Ce fut en
effet une ancienne forteresse, absolument semblable à celle du château d'Orival , aujourd'hui
le Château-Fouet. On connaît en Normandie quelques châteaux de ce genre : le Catiau-
Robert, auprès de Saint-Romain-de-Colbosc ; la Vieille-Tour, au Bec-de-Mortagne , et le
château de Robert-le-Diable , à Moulineaux.
Celui de Gruville était assis sur une pointe de coteau défendue par la nature de plu-
sieurs côtés; mais la crête même de la colline était profondément fossoyée. Malgré les
taillis nous avons reconnu deux enceintes de vallum. Sur l'assiette et élévation principale,
nous avons vu des tuiles du moyen-âge et des murs qui paraissent remonter au moins au
xie siècle. Dans l'enceinte du Vieux-Château et sur la motte elle-même, nous avons re-
connu un puits maçonné d'un diamètre considérable. Bien des contes s'attachent à ces
ruines curieuses.
On signale encore sur Tiergeville d'autres fortifications ruinées : on m'a cité entre
autres le Camp-Carré et le Mont-des-Grès , que je n'ai point visités.
Guilmeth,«Desc.géogr.,hist.,stat.,etc.,» t. ii,p.276. | L'abbé Cochet , « Les Églises de l'arrond. d'Yvetol, »
De GlanviJle,aProm.arch.deRouenàFécamp,»p.207. 1« édit., t. ii , p. 194-95; 2* édit., t. ii , p. 191-94.
GERPONVILLE.
Époque gauloise. — Deux points jouissent à Gerponville de traditions mystérieuses qui
nous les font considérer comme gaulois. Le premier est une pierre qui se voit dans le bois
du Pivallet (1), et que Ton dit apportée de Jérusalem. Cette pierre a le don de détourner
la foudre et de séparer les orages. Cette croyance est si forte, que les vieillards prétendent
que le tonnerre n'est jamais tombé sur Gerponville.
(1) Il y a un Pivallet dans le bois des Loges et un Pifolet dans le vallon de Bruneval.
— 469 —
Le second monument, que j'appellerai druidique, est une grande fosse située au hameau
de Vauville. Cette fosse, appelée le Clos-Blanc, montre dans le fond une grande table de
pierre, espèce de dolmen renversé. C'est un calcaire mêlé de silex. La dalle a 3 mètres de
long sur 1 mètre 50 centimètres de large ; elle est épaisse d'un mètre et est percée au
milieu d'un trou circulaire. La fosse a bien 20 mètres de profondeur sur une ouverture
d'environ 50.
Le peuple assure que la nuit de Noël , pendant la généalogie qui précède la messe de
minuit, cette pierre fait trois fois le tour de la fosse (1). Cette nuit-là, et pendant d'autres
encore, les bergers s'y rassemblaient, dit-on , pour faire leur sabbat.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist, stat. et mon. des ar.,» i L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, »
t. II, p. 229. I V* édit., t. II , p. 196-97; 2« édit., t. ii, p. 195-96.
SAINT-PIERRE-EN-PORT.
Époque romaine. — Vers 1860, M. Pimont , archéologue à Valmont , découvrit à Saint-
Pierre-en-Port les restes d'une villa romaine.
Époque franque. — Au hameau du Bouleville ou du Boudeville, on trouva, vers 1830,
des cercueils de pierre ayant forme d'auge, remontant probablement à l'époque franque.
Époque incertaine. — Les habitants du village et des environs sont pénétrés de l'im-
portance ancienne de Saint-Pierre-en-Port. Pour la prouver, ils citent la côte du Marché et
là côte de V Eau-Salée^ qui est peut-être un reste d'anciennes salines. Ils affirment aussi
que l'on y rencontre des fondations et des murs.
Le € Journal de Fécamp, » du 11 mai 1864, annonce que dans le vallon de Saint-
Pierre-en-Port, à la côte du Marché^ un journalier vient de trouver des ossements
humains , des débris de vases et des tuiles à rebords.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des i L'abbé Cochet, a. Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, »
arr., » t. n, p. 246. | l" édit., t. li, p. 221 ; 2* édit, t. ii, p. 218.
ÉLÉTOT.
Époque romaine. — M. Pimont, de Valmont, m'a assuré avoir rencontré, en 1859,
des débris de vases en terre rouge et grise , des tuiles à rebords , des meules à broyer en
poudingue et des traces de villa romaine , au pied de la côte des Vagants.
En 1862, M. le curé me raconta qu'il y a quelques années le cantonnier, en réparant un
(1) A Saint-Georges, près Bourges (Cher), est un menhir qui ferme un souterrain que l'on dit rempli d'or. Cette
pierre se lève tous les ans tandis que le prêtre dit AltoUUe portas à l'église paroissiale. (« Commiss. hist. du Cher, »
p. 75, n*' 3, année 1854.) — M. Gomart, de Saint-Quentin, a donné une notice sur les pierres levées dans le « fiull.
de la Soc. acad. de Laon, » t. vu, viii et ix, année 1858-59. Il cite près le Ham « la pierre qui pousse, » qui
pendant la nuit de Noël tourne sur elle-même, d'après la tradition. (Quicherat, « Revue des Soc. sav., » 2* série ,
t. nr, p. 426.) — Voir ce que nous disons des pierres qui tournent pendant la généalogie de la messe de minuit ,
p. 22 de cet ouvrage.
— 470 —
chemin, trouva à moitié roule , entre Saint-Pierre etÉlétot, une certaine quantité de frag-
ments de poteries.
Époque franque. — En 1849, un cultivateur, labourant un champ situé au bord d'un
vieux chemin cave , rencontra plusieurs cercueils de pierre sous forme d'auge. Ils conte-
naient encore des squelettes; mais on n'en a extrait aucun objet d'art.
Depuis, on a trouvé aussi des cercueils dans la cour de M. Tronel. L'un d'eux contenait
une bague d' aident.
Période normande. — Élétot est appelé * villa quœ dicitur Esletot » dans une charte
de Richard II, donnée en 1026 à Kabbaye de Fécamp.
. Neustriapia, • p. 216. i oLesÉglisesderarTondissemeiit d'Yvetot, • l"édil.,
« I^Norm.soulorr.,» l"édit., p.3i!;2*édit., p. 430. I i. ii, p. 223-24-, 2'édit., t. ii, p. 221.
ANCRETTEVILLE-SUR-MER.
Époque incertaine. — Le il novembre -1862 , M. Cadinot , marchand à Ancrelteville ,
trouva dans son Jardin , à 50 centimètres de profondeur , deux vases en bronze renversés
l'ouverture en bas, et contenant dans leur sein d'autres vases ou ustensiles de métal en
grande partie détruits. Le vase principal est une marmite à trois pieds et deux anses ; elle
a 33 centimètres de hauteur, ' '*"" '"'
23 centimètres d'ouverture et 95 » !
centimètres de circonférence. Le
second est une espèce de chaudière f j
sans anse. Haut de 23 centimètres f f
et lai^e de 32, ce vase rappelle un j
peu ceux qui furent trouvés à ■
Saint-Martin-en-Campagne en
1830. Ces deux objets encore va8bs».« bromzb (amcbbttbvillb, isoa).
noircis par le feu, trahissent parfaitement leur destination cuUnaire. La date de leur
enfouissement ne saurait être précisée. En Angleterre, ces vases ont été jugés du mojen-
âge.
E. Ferry, ■ Journal de Rouen, * du 2S novembre 1862. I « BuUelin monumental, * t xxix , p. 314-316-
■ Revue de la Normandie , > 2* année, p. 51-53. | ■ Ueutleman'a Magazine ,» de mars 1663, p. 318.
ÉCRETTEVILLE-SUR-MER.
Époque romaine. — M. Pimont, archéologue à Valmont, possède deux fragments
de vases rouges à relief, trouvés à Écrelteville vers 1860. M. Pimont pense qu'il existe en
ce lieu une construction romaine.
L
— 471 —
SENNEVILLE-SUR-FÉCAMP.
Epoque romaine. — La voie romaine qui conduisait de Fécamp vers le nord passait
par Senneville, où l'on montre encore le chemin de Saint-Vaast.
L'église de Senneville est dédiée au saint évêque d'Arras, et dom Grenier a remarqué
que presque toutes les églises dédiées à cet apôtre des Francs sont placées sur des voies
romaines.
Époque franque. — On est tenté d'attribuer à Senneville-sur-Fécamp , aussi bien qu'à
Saineville-sur-Seine , la localité nommée Sennan ou Sennau , qui , en 698, fut donnée à
l'abbaye de Fontenelle par Bénigne, qui devint ensuite abbé de ce monastère.
Senneville renferme quelques traditions des temps mérovingiens ou normands. On
raconte que ce plateau était couvert de bois, et que là chassaient Anségise, Waninge et
Clotaire. On assure qu'un duc ou seigneur normand , égaré dans les bois , promit et donna
à l'abbaye de Fécamp une cloche nommée la Riolte.
Dom Grenier, « Introd. à l'Hist. gén. de la Picardie, »
dans les « Mém. delà Société des Ant. de Pic, t. m ,
format in-4'.
<» Chronicon Fontanellse , ■ c. vu.
A. Leprevost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,
t. XI, p. 13.
L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrond. d'Yvetot , »
^•édit., t. II, p. 216-17; 2« édit., t. ii, p. 214-15.
CANTON DE FAUVTLLE.
FAUVILLE.
Époque romaine. — Le territoire de Fauville , sillonné de vieux chemins , est couvert
des débris du peuple-roi. D'abord, la voie romaine qui de Juliobona (Lillebonne) allait à
Gesoriacum (Boulogne), par Gravinum (Grainville) et Augusta{E\x)y\e traversait dans toute
son étendue. Elle y porte encore les noms de chemin des Romains et de chaussée de Jules
César. Son passage était semé de médailles , de puits, de sépultures et de poteries. C'est
ainsi cpie M. Lelaumier, instituteur à Fauville , qui vient de mourir il y a quelques années,
s'était formé un petit médailler, rien qu'avec les récoltes du pays. Il avait même été
assez riche et assez généreux pour offrir à notre Musée départemental un grand bronze de
Domitien , des moyens bronzes de Lucile , de Maximin , de Constance et de Constantin , et
ime monnaie d'argent de Valérien. La dernière découverte numismatique de M. Lelaumier
avait eu lieu en 1847, en recueillant dans un champ labouré trois médailles d'argent de
Valérien et de Trajan-Dèce.
— 47^2 —
Les deux puits communs de Fauville sont sur la voie romaine , et on en connaît plusieurs
autres qui ont été rebouchés , surtout au lieu dit le Camp-de-Py ou du-Puits.
Vers 1806, à la jonction des routes de Rouen à Fécamp et de Fauville à Cany, on a
trouvé , en creusant la cave d une auberge, une amphore ou une grande urne cinéraire qui
fut brisée par la cupidité des ouvriers. A cause de cela, Tauberge a pris le nom de Pot-Cassé.
D'autres routes anciennes , probablement romaines , passaient par Fauville. Nous cite-
rons d'abord le Chemin des Mareyeurs ou des Chasse-Marée , qui conduisait d'Étretat à
Rouen, puis la route qui allait d'Arqués à Harfleur (Caraco tinum), voie que suivirent, en
1438, les comtes d'Eu et de Dunois, les bâtards d'Orléans et de Bourbon, Lahire et de
Broussac, quand ils vinrent reprendre Harfleur sur les Anglais.
Enfin , il ne serait peut-être pas trop téméraire d'attribuer aux Romains la construction
de la butte qui avoisine l'église. Ce tertre, appelé la Cour-des-Mottes , a été en partie
détruit en 1 838. M. Guilmeth dit qu'elle <c n'offrit aucuns vestiges de maçonnerie ; i mais
M. de Glanville assure qu'on <c trouva dans son voisinage des briques, des poteries et
autres débris de la civilisation gallo-romaine. :^
Époque franque. — Ce qui tendrait à prouver l'importance de Fauville à la période
mérovingienne , c'est qu'il fut un des trois doyenné de l'archidiaconé du Grand-Caux.
Au xiiie siècle , il comptait soixante-sept paroisses dans sa circonscription.
« La Normandie souterraine, » l'* édit., p. 128;
2Ȏdit., p. 147.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » l'^édit.,
1. 1", p. 257-58; 2« édit., t. !•', p. 271-82.
SAINTE-MARGUERITE-SUR-FAUVILLE.
Époque ROMAmE. — Sur Sainte-Marguerite passait la voie romaine de Lillebonne à
Grainville, dont l'encaissement a été détruit pour la confection de la route départementale
no 21 , de Cany à Fauville.
L'abbé Cochet, t Les Églises de Tarrondissement d'Yvetot, » !'• édit, t i", p. 271 ; 2* édit., t. !•% p. 284.
NORMANVILLE.
Époque gauloise. — Le Musée de Rouen possède une petite monnaie gauloise en or^
trouvée à Normanville en 1846. Cette pièce offre d'un côté im cheval, et de l'autre des
rayons symboliques en pointe. M. Lambert, qui l'a décrite, l'attribue au Belguin maritime.
Epoque romaine. — Par Normanville passait la voie romaine qui allait de Lillebonne à
Grainville, puis de là à Boulogne-sur-Mer . Sur le territoire de cette commune la tradition place
une villa détruite dans les champs couverts de tuiles, de poteries et de monnaies romaines.
Epoque incertaine. — Assez près de l'égUse et de la voie antique subsiste un tumulus
que l'on dit le tombeau d'une armée. Depuis 1858, on abat cette motte de terre, et l'on y
rencontre du fer oxydé, des cendres et du charbon de bois.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist, stat., etc.,» p. 212.
De Glanville, « Promenade archéol., » p. 98-99.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xrv, p. 160,
et t. XXIV, p. 336.
— 473 —
On raconte cpi'à Normanville il existe une source que Ton a fait disparaître.
Vers 1840, on a trouvé à Normanville une épée de 1 mètre 30 centimètres de longueur.
tt Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit.,
t. !•% p. 300; 2« édit., 1. 1", p. 314.
a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., • t.xiv, p. 180;
Guilmeth, « Desc. géog., hist., stat.,etc., » t. ii , p. 213.
Jd., « Hist. de la ville et ducant. dïllbeuf,» p. 278 ou279.
Id., « Notice hist. sur Bolbec , p. 3.
DeGlanville,«Prora. arch.de RouenàFécamp,»,p. 220. ' t. xxiv, p. 336, et t. xxv, p. 486, 535, pi. iv, fig. 9.
ENVRONVILLE.
Epoque romaine. — En 1824, on a trouvé à En vron ville un conduit d'étuve gallo-
romaine, à présent déposé au Musée départemental.
CLIPONVILLE.
Époque romaine. — A Cliponville, on connaît un tronçon de voie romaine. Nous
croyons cpie c'est un fragment de la route qui allait de Lillebonne à Arques par Héricourt
et Bacqueville.
E. Gaillard , « Recherches archéologiques, » p. 1 1 . ! « Mém. de la Soc. des Antiq.de Norm., » t. xxiv, p. 347.
BERMONVILLE.
Epoque incertaine. — En 1830, Bermonville possédait encore une motte placée en
plaine et au nord-ouest de l'église. Elle était circulaire et figurait assez bien un œuf. Elle
était l'objet de traditions mystérieuses.
L'abbé Cochet, « Les Églises de Tarrond. d'Yvetot , ■ 1 De Glanville , « Promenade archéologique de Rouen à
!'• édit., 1. 1*», p. 303; 2* édit., 1. 1", p. 316. | Pécamp, » p. 227.
ROQUEFORT.
Epoque franque (?). — Ce village portait ce nom dès le xiiie siècle, car nous le trou-
vons dans le Regestrum d'Eudes Rigaud de Tannée 1256 (p. 266). Cette appellation lui
vient sans aucun doute d'une de ces roqu£s fortes ou forteresses remparées de silex, com-
munes chez nous au moyen-âge. Les actes mérovingiens et carlovingiens leur donnent le
nom de Firmitates ou Feritates, d'où est venu le nom de Fer té y encore assez répandu
dans nos campagnes.
Nous avons connu à Rocpiefort une motte recouverte de silex , placée dans les belles
avenues du château moderne. C'est elle que M. E. Gaillard appelle une <c miniature de
forteresse, i^ au sommet de laquelle on devait, selon lui, monter à l'aide d'une échelle.
Roquefort parait posséder encore plusieurs de ces forteresses , qu'il est si malaisé de
dater. On en signale une dans la direction d'Envronville. Celle-là est au sommet d'une
côte qui commande plusieurs vallons. M. Guilmeth parle d'une autre motte située au fond
d'un petit vallon. Il assure que M. le marquis Lever y a fait quelques fouilles, vers 1835
60
474 —
et n'y a rien trouvé. Une des mottes de Roquefort possède un puits au milieu ; une d'elles
porte le nom de Câtelier.
L'abbé Cochet, « Les Églises de Tarrond. d'Yvetot, »
!'• édit., t. I", p. 313; 2» édit., t. i", p. 327.
E. Gaillard , • Recherches archéologiques, p. 6.
Guilmeth , « Desc. géogr., hist, stat, etc., » p. 217-18.
TRÉMAUVILLE-AUX-ALOYAUX.
Période normande. — M. de Glanville raconte , sur la foi de M. Fallue , que l'ancien
nom de Trémauville est Turmothvilla , et que ce vocable lui vient d'un seigneur normand
nommé Turmoth^ qui vécut au xe siècle. Ce Danois, toujours païen de cœur, voyant avec
peine les progrès du christianisme au temps de Richard 1er et l'influence cléricale sur
Tesprit du duc , se serait soulevé contre son maître. Mais il aurait été battu et défait par
Louis d'Outre-Mer, roi de France et protecteur du duc.
De Glanville, « Promenade archéologique de Rouen à Féc^mp, » p. 107-108.
FOUCART.
Époque romaine — Foucart, autrefois surnommé Escales y est le passage de la voie
romaine qui de Juliobona (Lillebonne) allait à Gravinum (Grain ville) et Gesoriacum (Bou-
logne). Entre Foucart et Fauville , l'agger de la chaussée est fort bien conservé.
Guilmeth, a Desc. géogr., hist., stat., etc.,» t.iv,p. 219.
«c Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xiv, p. 160,
et t. XXIV, p. 336.
E. Gaillard, « Gazette de Normandie, du 16 mars 1834.
L'abbé Cochet , « Les Églises de l'arrond. dTvetot, »
1" édit., t. !•% p. 280; 2« édit., t. i«% p. 295.
HATTENVILLE.
Epoque romaine. — Vers 1840, il a été fait^ à Hatten ville l'importante découverte de
deux cents médailles en argent. Le plus grand nombre appartenait au^Bas-Empire. Cepen-
dant, M. Deville, à qui cette trouvaille fut remise, reconnut une médaille consulaire de la
famille iEmilia, et des impériales de Domitia, de Julia Titi, d'iEmilien, de Paula et de
Mariana , toutes pièces rares. Quoique cette cachette fût gallo-romaine , il s'y trouvait ce-
pendant une monnaie grecque en argent d'Antiochus-le-Grand.
Vers 1858, il a été trouvé à Hattenville un des plus jolis
vases romains de nos contrées. Cette pièce curieuse , qui se
voit maintenant à Rouen dans la collection de M. l'abbé
Colas, est en terre rougeâtre revêtue d'une couverte noire.
La panse est décorée de quatre médaillons en relief; ces
médaillons se composent de personnages accouplés. Un
nom est tracé en lettres saillantes et forme une ligne per-
pendiculaire : ... BVTRio. Nous reproduisons cette curieuse
pièce à moitié de sa grandeur. ^^sb ^^^JJJJJ^j^^^J^.^^^t"*
— 475
ÉQUIMBOSC-LE-VAL (section de hattenville).
Époque incertaine. — « Dans une ferme d'Équimbosc on remarque de curieux ter-
rassements et une motte considérable, » dit M. Guilmeth, et répète M. de Glanville.
Guilmeth, a Desc. géogr., hist., stat. et mon. des arr., » De Glanville, t Promenade archéologique de Rouen à
t. Il, p. 222.
Fécamp, » p. 107.
ALVIMARE.
Époque romaine. — M. de Glanville assure que la voie romaine de Lillebonne à Grain-
ville traversait une partie du territoire d'Alvimare, et que son passage était ici marqué
par une motte qui a disparu.
Époque franque. — C'est] à Alvimare , d'après M. Guilmeth , que serait né , au
vme siècle , le bienheureux Hardwin ou Hardouin , moine et anachorète de Fontenelle , qui
copia les Pères de l'Église et les liturgies ecclésiastiques. On attribue à ce contemporain
de Charlemagne la résurrection en France du petit caractère romain. Hardwin mourut à
Fontenelle en 811, et il y est honoré comme saint. ^
Guilmeth, • Desc. géogr., hist., stat., etc., » t. ii, p. 219. l L'abbé Cochet , « Les églises de l'arrond. d'Y.vetot , »
De Glanville, a Prom.arch.de Rouen à Fécamp,! p. 89. I 1" édit., t. i*% i5. 277; 2» édit., t. i", p. 65 et 291.
YÉBLERON.
4
W
Epoque romaine. — La plaine d'Yébleron fut occupée à la plus belle époque de la
domination des Césars par une famille riche et puissante , car, près de l'église , on a trouvé ,
à deux reprises différentes , de grandes et belles urnes qui annoncent des sépultures de
distinction. En 1819, M. Fondimare, faisant construire la maison du pharmacien , trouva
dans les fondations une médaille d'Antonin avec revers de Marc-Aurèle , plusieurs vases
funéraires et une grande urne carrée à une seule anse terminée par un collet et un goulot
rond. Cette urne, en verre à teinte bleue, contenait des os brûlés et deux fioles de verre
qui furent recueillies par M. Cyprien Deshayes , de Hattenville , lequel les a cédées plus
tard au Musée de Rouen.
En 1835, le même M. Fondimare, faisant creuser une cave ou une citerne dans la
pharmacie de 1819, découvrit , avec l'anse d'un coffret et les débris d'un vase de bronze,
un beau dolium en terre cuite et plusieurs vases de verre, qui, en 1837, furent demandés
et obtenus pour le Musée départemental , où on les voit aujourd'hui.
— 476 —
« Le plus important de ces vases est remarquable par sa grandeur et sa belle conser-
vation ; il n'a pas moins de 42 centimètres de haut sur 20 de lai^e. C'est, dit M. Deville,
une des plus grandes urnes que j'aie vues. Sa forme est cylindrique , elle
n'a qu'une anse. Le second vase est à deux anses et carré, et n'a guère que
20 centimètres de haut. Le troisième est un petit
barillet en verre très blanc ; sur la panse sont ces
deux lettres en relief: d. r. La grande urne était
remplie , aux trois quarts, d'os brûlés. >
Ce cimetière est évidemment contemporain des
doliums trouvés à Rançon , à La Cerlangue, à Cau-
ville, à Saint-Maurice d'Ételan,à Saint-Denis-le-
Thibout, aux Loges, à Lillebonne, à Barentin , etc.
Nous le croyons du second siècle de l'ère chré-
tienne.
En 18S0,le Musée de Rouen acheta 150 francs la "■""' •*" **'"^ {yébi.e.os).
trouvaille de 1819. Elle se compose d'un dolium ayant 5 pieds 3 pouces de circonférence,
et ayant contenu ime urne ronde en verre, haute de
15 pouces; une urne de verre carrée à deux anses; un
vase de verre, forme barillet; un vase de bronze, et ime
anse de barillet. — Nous reproduisons ci-dessus deux des
urnes de verre d'Yébleron.
Époque incertaine. — En 1844, un cultivateur trouva,
à Yébleron , un seau en bois avec anse et cercles de fer,
contenant dans son sein trois chandeliers en bronze dont
un est porté sur un petit bouc de même métal; un fer de
cheval, un éperon, un marteau et un soc de charrue.
Ces quatre derniers objets étaient en fer. L'éperon , sans J
molette, présente une pointe carrée.
A la rigueur, ce petit mobilier pourrait être antique;
cependant, quoi que nous en ayons dit ailleurs, nous ne
serions nullement surpris
quand il ne remonterait
qu'au moyen-âge. — Nous
reproduisons ici quelques-
uns de ces objets.
On a signalé à M. De-
ville les restes d'un camp
à Yébleron. "'"• *
477 —
Deville, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Nonn., » t. x,
p. 618 et 682-83.
Id., « Catalogue du Musée dép. d'Antiquités de Rouen ,
année 1845, p. 14, 28 et 31.
« La Norm. souterr., » 1" édit., p. 130; 2« édit,, p. 148
« Les Églises de l'arrondissement d'Yve tôt,» 1" édit.,
t. !•', p. 284 ; 2- édit., t. I", p. 298-99.
« Le tombeau de Ghildéric !•', roi des Francs, » p. 161 .
CANTON DK GAUDEBEG.
CAUDEBEC.
Époque gauloise. — On trouve quelques monuments gaulois à Caudebec , notamment
sur la côte appelée le Calidu. Le Musée de Rouen possède une hache en serpentine, des
hachettes de bronze , et des médailles celtiques en or, argent et bronze. Ces dernières
proviennent du Mont-Calidu. M. le docteur Gueroult, de Caudebec, montre dans son
cabinet une hache en bronze également trouvée au Calidu , en 1 831 . MM. Guilmeth et
Fallue citent une monnaie gauloise rencontrée sur la même colline.
J*ai remarqué sur la côte et sur le plateau du Calidu ^ appelé en 1620 le Calidois et le
CalidîiSj de nombreux terrassements et des fossés qui paraissaient enceindre la colline.
La vieille voie , devenue plus tard la route romaine de Lillebonne , longeait cette langue
de terre.
Nous ne serions pas surpris quand le Calidu serait le Caudebec des Celtes , et nous
-v y, avons toujours été disposé à attribuer à ce point antique, qui a
tous les caractères gaulois , les médailles celtiques qui portent
répigraphe caledv-senodon, monnaies que tous les numisma-
tistes attribuent aux Calètes. C'est là un problème que nous
livrons à la numismatique de l'avenir; mais nous avons vu avec
plaisir M. Ed. Lambert , de Bayeux , sourire à cette interpré-
tation. Nous ne serions pas étonné non plus quand le Calidu serait l'ancien Caletum^
cette vieille capitale des Calètes dont les auteurs du moyen-âge attribuent la destruction à
Jules César, et dont la tradition a consente un vague souvenir dans le nom de Cité Calète.
M* Fallue a cru voir un camp sur le Calidu. Quoique M. Guilmeth abonde dans cette
opinion , nous croyons cependant devoir réserver la nôtre. Les mêmes écrivains parlent
d'une seconde enceinte fossoyée qui existerait dans les bois qui couvrent la colline orien-
tale de Caudebec.
Époque romaine. — Lotum est une ville romaine de l'ancien pays des Calètes qui n'est
mentionnée que dans le seul Itinéraire d'Antonin. Ce livre de poste de l'Empire place
MONNAIE DES CAUÈTB8.
- 478 —
Lotnm sur la route qui de Juliobona ( Lillebonne) conduisait à Rotomagus ou Latomagus
(Rouen). La station est fixée à vi milles de la première cité, à xiii ou xiv milles de la seconde.
Les auteurs modernes ne sont pas d'accord pour assigner une place au Lotum des an-
ciens. M. Fortia d'Urban la place à Duclair; M. E. Gaillard, à Caillouville , près Saint-
Wandrille; l'abbé Belley, à Logium, entre Caudebec et Caudebecquet. M. Guilmeth,
adoptant une opinion mixte, met Lotum sur les deux rives de la Seine, donnant une
moitié à Caudebec et l'autre à Bliquetuit, qu'il croit être l'ancien Belcinac.
RJ. Guilmeth ne propose cette transaction entre les deux rives que pour concilier un texte
de Thierri III, lequel, parlant de l'île de Belcinac, alors au milieu de la Seine, assure que l'an-
tiquité l'avait considérée comme la ville de Lotum : t Quam antiquas Lutum esse censuit. >
D'Anville , le meilleur restaurateur de la Gaule , place Lotum à Caudebec , et nous par-
tageons cet avis déjà émis par Duplessis, au siècle dernier, et renouvelé de nos jours par
MM. Walckenaër, Rêver et Fallue. Pour cette attribution, d'Anville se fonde particulière-
ment sur les distances , parfaitement concordantes dans l'antiquité comme de nos jours.
Ainsi, Caudebec est à 1 3 , kilomètres de Lillebonne et à 30 de Rouen : or, le mille ancien
étant de 2,221 mètres , vi milles donnent bien 13 kilomètres, et xiv milles feront par-
faitement 30 kilomètres, déduction faite des côtes et des détours.
Maintenant, trouve-t-on à Caudebec des débris romains? Oui, assurément, mais pas
assez pour motiver une station. Toutefois , nous ne désespérons pas des découvertes de
l'avenir. D'abord , la voie romaine de Lillebonne à Rouen traverse Caudebec, où elle porte
aujourd'hui le nom de Grande-Rue , tandis qu'elle s'appelait au moyen-âge la C haussée j le
chemin du Roi , le pavement du Roi notre sire.
Ensuite, la côte de Saint-Clair, où passe aussi la voie, a montré en 1852-53, dans le
jardin du sieur Hamelin , des incinérations du Haut-Empire. M. le docteur Gueroult, qui a
suivi ces découvertes, a recueilli dans son cabinet les vases , les monnaies et autres objets
qui en sont sortis. Ces vases sont quatre cruches rougeâtres , une tétine rouge , un joli
vase à reliefs , un petit pot noir, des jlébris de bols et de plateaux pour les ofifrandes , en
un mot tout ce que l'on trouve dans les cimetières romains. Ici , comme dans le bois des
Loges et dans la forêt de Brotonne, les os brûlés étaient renfermés dans des cruchons
blancs ou rouges. Trois de ces urnes contenaient au fond des monnaies de bronze : deux
étaient frustes, mais une troisième était de Nerva-Trajan.
La côte de la Vignette^ qui est voisine de celle de Saint-Clair, a montré aussi des débris
antiques. Près de là est le Mont-Dolent , indice d'anciennes sépultures.
A différentes reprises , on a trouvé à Caudebec des restes antiques. C'est ainsi que le
Musée de Rouen possède des meules à broyer, une statuette de Vénus en terre cuite, une
statuette en bronze et des monnaies romaines dont une d'Auguste.
M. Fallue cite sur le Mont-Calidu la présence souvent renouvelée de tuiles à rebords,
de vases et de monnaies romaines. Pour moi, j'ai à plusieurs reprises reconnu, sur cette
- 479 —
colline, de la poterie romaine. En 1848, on y recueillit une meule à broyer en poudingue
que possède M. Gueroult.
En 1858, lorsque M. Thévenin, ancien président de la Chambre de Commerce de
Rouen , fit construire la maison de son concierge, il trouva , en entaillant la côte, plusieurs
bannelées de tuiles romaines , des squelettes , et , à côté d'eux , des vases en terre rouge.
Un de ces bols, en terre de Samos , présente au fond la marque du potier : ovadrani. On
m'a montré aussi deux objets de fer : une espèce de lance ou couperet et un javelot. Il est
possible qu'il y ait eu là des sépultures des iv^ et ye siècles.
Époque franque. — Le nom moderne de Caudebec apparaît pour la première fois en
815, dans une charte où Louis-le-Débonnaire confirme, à l'abbaye de Fontenelle, une
donation de Charlemagne , son père : « Calidum Beccum cum aquis et portu. > Le 21 mars
853, Charles-le-Chauve, étant à Kiersy, renouvela ce legs avec mention de : c passagiis et
traverso. »
Dans une charte de 1271, on ht ce passage : « Apud CaUidum Bequetum inter duos
Calidos Becquetas pratum de la Bataille. » (Cartulaire de Saint-Wandrille}. Il est probable
qu'il s'agit ici de la période franque ou normande.
BIBLIOGRAPHIE.
Dom Bouquet, « Recueil des Hist., » t i", p. 108;
t. VIII , p. 522.
Dom Mabillon, « Ann. ord. 8. Benedict., » t. m, p. 665.
L'abbé Belley,«Mém.de TAcad. des Inscript, et Belles-
Lettres, ■ t. XIX , p. 656-57.
D'Auville, « Notice de l'ancienne Gaule, » p. 419-20.
Walckenaër, » Géogr. anc, hist. et comp. des Gaules,»
t. III, p. 52.
Fortiad'Urban, « Recueil des itinéraires anc, » p. 115.
Dom Duplessis, « Descript. géogr. et hist. de la Haute-
Normandie, » 1. 1", p. 7,
Fallue, « Mém. sur les travaux milit. des bords de la
Seine, etc., » p. 15-20.
Id., « Revue archéol., » t. xii, p. 446, et t. xiv, p. 556-61.
Id., «Revue numismat., » année 1855, p. 271.
Fallue, a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., « t. ix,
p. 193-96,281.
Id., « Des villes gauloises : Lotum, Juliobona, Caraco-
tinum , appartenant au pays des Calé tes , p. t à 5.
Rêver, « Mém. sur les Ruines de Lillebonne », p. 7.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
arr., » t. ii, p. 81-82, 169-78.
E. Gaillard, t Gazette de Normandie, » du 16 mars 1834.
L'abbé Cochet, « Les Églises de Tarrond. d'Y ve tôt , »
l'-édit., t. I", p. l à 50; 2» édit., t. i«', p. 1 à 48.
Id.,« La Normandie souterraine, » 1" édit., p. 45, 128;
2« édit., p. 55, 146.
Id. , a Mém. de la Soc. des Ant. de Norm., » t. xiv,
p. 151; t. XXIV, p. 324, 353-55.
Lambert, ibid., t xxv, p. 535-536.
ILE DE BELCINAC.
Époque franque. — Il ne reste plus rien aujourd'hui de l'île de Belcinac : on en ignore
même complètement la place.
La première mention de cette île apparaît en 670; la dernière, en 1536, et enfin une
réapparition en 1641. Dans cet espace de temps, elle est citée par Guillaume-le-Conqué-
rant, Philippe-le-Long et Jean-le-Bon.
Les historiens racontent qu'en 676, Thierri III , fils de ClovisII , donna une île t insulam •
à saint Condé, moine de Fontenelle, qui y bâtit trois églises et les légua ensuite au monastère
du bienheureux Wandrille.
Elle est ainsi désignée dans les acte& contemporains : • Insulatn in fluvio Secanse sitam...
quam anliquitas /-«(wffi censuit, nunc verô Belcinacam nuncupatam in longitudine per
m millia se extendens, et in latum 1 ,500 passibus. >
Guillaume-le-Conquérant en parle à peu près dans les mêmes termes quatre cents ans
plus tard, en 1074 : < Insulam in Sequanà sitam quae vocatur Belcinaca quse incipit à
Calido Becco et se extendit usque ad castrum de Watevillà et ultra. »
' GalliaChristiana, • t. xi, p. m.
Mabillon, « Annales ord. S. Benedict., - t. :i , p. 863.
Id., ■ AclaSantc. ord. S. Beaedict., 1. 1", p. 525.
> Neustria pia , ■ p. 167,
« Vila sanoti Condedi , > dans Duchesne, t. i", p. GS4.
Fallue,'Mùm.dclaSoc.desAnt.deNorm.,>I.x,p,437.
Noël, a Essais sur ledépartemeDl de la Seine-lnfér., >
1. II , p. 156-57.
(îuilmelb, ■ Desc. géagt., bist,, stat. et mon. des air.,»
t. 11, p. 69, 73, 79-81.
L'abbé Miette. <> Quelques antiq. civiles et religieuses
de la ville de Caudebec, ■ Mss.
L'abbâ Cocliet, • Les Églises de l'arrond. d'Yvelot, •
I" édil., t. I", p. 130-31; 2- édit., 1. 1", p. 137-29.
MAULÉVRIEB.
Époque gauloise. — Des monnaies gauloises ont été trouvées à Maulévrier. Elles
sont entrées au Musée de Rouen.
Époque romaine, — Des ruines romaines ayant été aperçues dans la forêt de Maulé-
vrier par M. Lesage, de Caudebec, la Commission départementale des antiquités delà
Seine-Inférieure chargea cet excellent homme de
vouloir bien les déblayer, M. Lesage fouilla aux
frais du département, de 1832 à 1834, et il mit à
jour les débris d'une villa, d'une ferme ou d'une mé-
tairie romaine. L'ex-
ploitation secomposait
de deux corps de bâti-
ment placés à deux
cents pas l'un de l'autre
(nous en donnons ici
le plan). Le plus grand
avait 42 mètres de long
sur 20 de large; le se-
cond , presque carré ,
présentait 22 mètres
de long sur 17 de
large.
M. Lesage envoya à
la Commission des an-
tiquités le récit de ses travaux, et au Musée le produit de son exploration. En 1837, il
BATIMINTS
VILLA DB MAULÉVRIEK.
— 481 —
communiqua son rapport à M. Fallue, qui Ta résumé dans son Mémoire sur les Antiquités
de la forêt de Brotonne et sur la villa de Maulévrier.
Outre les constructions qu'il fil revivre, M. Lesage tira du sol une quantité consi-
dérable de débris. Nous citerons en première ligne un pied romain en bronze de la lon-
gueur de 132 millimètres, sur lequel M. Deville a publié une dissertation. Il recueillit
une quantité innombrable de tuiles à rebords , d'étuves et de faîtières , les débris de
plus de deux cents vases dont plusieurs étaient en terre rouge et à reliefs. Au fond
des coupes et des plateaux que le Musée conserve , on lit les marques des neuf potiers
suivants : atilian o. — rebvri. — regini. — venera. — qviaïssa m. — milia. — cracisa.
— PRVBCvs. — G AGAVA. — TVLL ... OFF. — Il y avait du verre plat et épais comme celui
de nos glaces, ce qui doit être un reste des fenêtres.
Le fer était représenté sous forme de clous, d'hipposandales , de clefs, de hachettes, de
couteaux, de chaînes, de forets, etc. Il y avait aussi des fibules, des styles, des épingles
et des aiguilles en bronze; un socle de statuette avec ses pieds en même métal; des
meules à broyer, des tablettes à écrire en marbre , et enfin des médailles de bronze. On
cite dans le nombre des Antonin , des Commode , une Salonine et un Gordien en argent.
Cette dernière était forée au-dessus de la tête.
N'oublions pas de dire que par Maulévrier passait la voie qui de Lotumdllsiil à Arques-
Dieppe. Du reste , nous sommes porté à rattacher l'étabUssement antique de la forêt à la
station romaine de Lotum qu'il avoisinait.
Dans le recueil des dessins de la Commission des Antiquités, on voit figurer un
fragment de bracelet en verre noir, comme celui de Tourville-la-Rivière , repro-
duit page 234. A la rigueur, cette pièce pourrait être franque, comme les deux
suivantes.
Époque franque. — Le même album renferme , en effet , un dessin de boucle avec
plaque de bronze appartenant assurément à l'époque franque.
Époque incertaine. — M. Guilmeth dit qu'à six cents pas de l'église de Mau-
lévrier on voit , dans les bois , de vastes retranchements qu'il croit d'origine gallo-
romaine.
n existe à Maulévrier un très vieux château dont les ruines sont encore aujourd'hui
très majestueuses. Les ronces, les épines et les taillis recouvrent les salles , les tours et les
donjons. Ces débris sont entourés de légendes mystérieuses. Les paysans appellent le
donjon la Tour-du^Diable.
Le territoire de Maulévrier, uni à celui de Sainte-Gertrude, conserve deux ou trois camps
ou enceintes. On m'en a signalé deux à Loraille ou Louraille, et une autre dans la forêt,
entre l'église de Maulévrier et le vallon de Sainte-Gertrude.
61
482 —
BIBLIOGRAPHIE.
« Procès- verbaux de la Comm. départ, des Antiquités
de la Seine-Inf., » 1. 1", p. 158, 169-74, 184, 200-205.
Deville, « Note sur un pied à mesurer, en bronze, dé-
couvert dans la fdrét de Maulévrier, auprès de Caudebec,
en 1834, » et « Mém. de la Soc. des Antiq. deNorm., »
t. IX, p. 173-79.
Fallue , « Mémoire sur les antiquités de la forôt et
presqu'île de Bretonne , et sur la villa de Maulévrier,
près Caudebec, » p. 8-19 et pi. n , et « Mém. de la Soc.
des Antiq. de Norm., » t. x, p. 374-387 et pi. vi.
Deville, » Catalogue du Musée départ, des Antiq. de
Rouen, « année 1845, p. 21 et 27.
Guilmeth , « Desc. géogr., hist. , stat. et mon. des
arr., t. ii, p. 149.
L'abbé Cochet, a Les Églises de l'arrond. dTvetot, *
l'^édit., t. !•% p. 51-52; 2« édit., t i-% p. 84.
Id., « La Norm. souterr., !'• édit., p. 128 ; 2* édit.,
p. 146.
Id., a Mém. de la Soc. des Antiq. de Njprm., • t. xiv,
p. 151; et^t. XXIV, p. 355.
Labutte, « Etudes historiques sur l'arrond. d'Yvetot, »
p. 157-65.
Octave Féré, « Légendes et Traditions de la Nor-
mandie, » in-8", Rouen , 1845.
SAINTE-GERTRUDE (section de maulévrier).
Époque romaine. — M. Lesage , de Caudebec , nous apprend qu'on ne saurait fouiller
à Sainle-Gertrude sans trouver des murailles, des pavés et autres débris. Il assure que,
vers 1760, on rencontra près de l'église des médailles romaines et des vases remplis d'os
brûlés. En 1850, nous avons recueilli une jolie tête de statuette en pierre que quelques-
uns considèrent comme antique. Elle avait été ramassée dans le cimetière de Sainte-
Gertrude.
Époque franque. — Quelques historiens et chroniqueurs prétendent qu'en 876,
Rollon et ses Normands, remontant la Seine, déposèrent dans le vallon de Sainte-
Gertrude le corps de sainte Hermentrude, pris dans la Frise ^ au pays de Régnier^u^
long-Col.
Période normande. — A la période normande, ce lieu portait le nom d'Ansgoth-
Moulins.
« Neustria pia , » p. 167.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » l"édit.,
1". p. 56-58; 2' édit., t. !•», p. 88-90.
' « La Norm. souterr., » l'* édit., p. 128 ; 2« édit, p. 146.
Guilmeth, aDescript. géog., hist, stat et mon. de?
arrond., » t. ii, p. 127-28.
SAINT-WANDRILLE-RANÇON.
Époque gauloise. — Au mois de juillet 1861 , il a été trouvé, à la Côte des Caillettes ,
un cimetière gaulois à peu près contemporain de la conquête de César. Il consistait en
urnes cinéraires ayant la forme de nos pots à fleur et dans des bols grossiers en terre à
peine cuite. Ces vases pouvaient être au nombre de cinquante à soixante. Avec les urnes
— 483 —
remplis d'os brûlés, on a recueilli deux ou trois lances en fer et des épées ployées dans
un fourreau métallique. Les débris provenant de ces sépultures ont été sauvés par
M. le docteur Gueroult , de Caudebec.
Quelques années avant cette découverte, il avait été trouvé aux Caillettes deux haches
en silex. Une nouvelle hachette a été trouvée en 1863.
Époque romaine. — Par Saint-Wandrille passait la voie romaine qui allait de Lotum
(Caudebec) à Rotomagus (Rouen).
Quelques-uns ont placé Lottrni à Caillou villa, petit hameau di Saint-Wandrille.
Aujourd'hui, on cite peu d'antiquités romaines & Saint-Wandrille; mais il paraît bien
en avoir possédé au vue siècle , car, lorsque Wandrégisilé , disciple de saint Colomban ,
arriva au ruisseau de la Fontenelle pour y fondef, en 646, son célèbre monastère, il
trouva, d'après la chronique, le pays couvert de ruinU antiques, t Monstrabantur
namque in eodem loco vestigia immo ruinée aediflciorunt priscorum accolarum indus-
triâ olim extructorum, sed exterorum hostium feritate belluinâ solo funditùs aequa-
torum. »
Époque franque. — Au vue siècle, ce lieu se nommait RotkmariacaSy du nom d'un
leude franc appelé Rothmarus^ dontle nom doit revivre encore dans celui de Roumure,
Peut-être pourrait-on rapprocher le Rotnîarus , de Fontenelle , du Rodemarvs qui se lit
sur un triens d'Ebroïn (660-681).
Vers 645-49 , Wandrégisilé fonda ici un monastère appelé d'abord Fontenelle, nom sous
lequel il devint célèbre dans le monde entier.
En 1861, nous avons cru retrouver, devant le portail de l'église ruinée du xiiie siècle,
les fondations imposantes du monastère mérovingien.
Ravagé par les Normands dans le cours du ix« siècle , il ne reste plus rien de l'ancien
Fontenelle. Le seul monument de l'époque franque qui soit parvenu jusqu'à nous est le
Chronicon Fontanellense , aujourd'hui réfugié à la Bibliothèque du Havre. On y reconnaît
de l'écriture du jx© et du x* siècle.
On ne connaît plus aucun débris de l'église de Saint-Michel de Fontenelle qui, vers 735,
fut bâtie par Erinhard avec des pierres apportées des ruines de l'antique Juliobona :
c iEdificavit basilicam, modico , sed pulcherrimo opère ; ablatis videlicet pétris de Julio-
bona Castro quondam nobilissimo ac firmissimo (1). :»
Période normande. — Nous pourrions peut-être attribuer à la période normande du
xe siècle , ou du commencement du xi^, la curieuse et antique chapelle de Saint-Saturnin ,
(1) A cette église mérovingienne se rattache la légende d'un fondeur du viu* siècle puni pour avoir volé du métal
de la cloche de Saint-Michel. (« BriefVe Chronique de l'Abbaye de Saint-Wandrille, » dans la « Revue de Rouen, »
de 1837.) — Du reste, il parait bien que la tour de cette église (turricula) mentionnée par les chroniqueurs est,
après celle de Laon , citée dès 675, la plus anciennement nommée de toute l'histoire ecclésiastiquo. ( « BuUetîA de
la Société d'histoire et d'archéologie de la Moselle, • v* année, 1862, p. 12.)
— 484 -
petit édifice bâti en croix et qui se termine
par trois absides circulaires. — Nous repro-
duisons ici le plan et le dessin de cette cu-
rieuse chapelle.
On montre aussi ,
auprès de la chapelle
de Saint-Saturnin, des
cellules que l'on croit
avoir été habitées par
d'anciens anachorètes,
entre au très par le bien-
heureux Hardwin, so-
litaire du IX' siècle.
M. Lenoir a men-
tionné et reproduitces
divers monuments dans son Architecture monastique. Nous devons l'avantage de [les
publier de nouveau à la bienveillance de S. Exe. M. le Ministre de l'Instruction publique
et des cultes.
Époque incertaine. — Al kilomètre des ruines de Saint- Wandrille, on montre, au
hameau de Caillouville, une mare miraculeuse oii les malades viennent encore se baigner.
C'est probablement un ancien baptistère des temps mérovingiens.
Près de là était une chapelle de Tous-les-Saints à laquelle se rattache une légende
merveilleuse.
Une tradition, qui remonte à la |)ériode mérovingienne, raconte que cette église fut
fondée vers 648, par saint Wandrille lui-même, qui avait échappé en ce lieu à la lance que
Beco, verdier du roi Clovis II, avait décochée contre lui.
YCE DE LA CHArELLB DE SAINT-SATVBNIK, A BAlNT'WAl'IDniLLE-
BIBUOeftAPHIR.
« Chronicon Fontanelle nae, « 5 vol. Mes., à la Biblio-
thèque du Hovre, viii' et ix".
• Vita sancli ae bealitsiml Wandrigiscli obbatis, •
Vas., in-4- de 31 Teuillets sur vélin, écriture oncialc du
lit' siècle, k la Bibliot. impériale. Fonds N.-Darae,
n* toi bis.
■ Chronicon minus FontAuellenso, ■ Mbb., potit iii-13,
xii[° siècle. Bibliothèque de Rouen.
■ Chronicon Fontanetlensc, ■ apud d'Achory • Spî-
cilegium, V t. H, p. Î62-Î90.
Dom Bouquet, • Recueil des Hlst. des Gaules, I. ii,
p.6&7.
Dacbesne, « Hist. ftvnc. Script, avi cattanei, <■ 1, ii,
Dumoustier, • Neustria pia, ■ p. 132-50.
D'Acherj', n Spicilepium, • t. m, p. 190.
• Gallia Ghrisliana, ■> r. \i, p. 156.
Mabillon, • Acifl Sanc ofd. 6. BenedioC, > s»cï'
Dom P. Guill. La Vieille, <■ Briefve Chroniqu«ii(
TAbb. de Saint-Wandrille, ■ M3S. do 1500, S la Biblio-
thèque publique lie Rouen, et • Revue rétnwpec-
■ Descript. gèog- et hist. de la Hiule-
Duples!
A. Le Prévost, •> Môm, de la Soc. des Antiq- &
Nonn.,»t. II, p. 16 et n,
Ravaisaon, » Rapport sur les Bibliothèque» de l'ooesl
de la France, >• p. 391 .
485 —
Bethman, dans les « Archives de la Société des Antiq.
allemands, » publiées par Pertz, t. vin, p. 375-76, in-S",
Hanover, 1843. « Archiv. der Gesellschafst fur olfen
deutsche geschits tande vin bond . »
De Montalembert, f Les Moines d'Occident, » t. ii,
p. 527-29.
H. Langlois, <• Essai hist. et descrip. sur l'abbaye de
Fontenelle et de Saint- Wandrille, » in-8", Paris, 1827.
Noël, « Essais sur le département de la Seine-Inf., »
t. II, p. 140-144.
Albert Lenoir, « Architecture monastique,» 1. 1**", p. 9;
t. 11, p. 8, 9 et 10, dans la a Collection des Documents
inédits sur l'Histoire de France.
Guilmeth, « Descr. géogr., hist., etc., » t. u, p. 149
187.
Anatole Saulnier, « Caudebec et ses environs, »
p. 143-52.
A. Fromentin, «Essai historique sur Yvetot, » etc.,
p. 209.
l^butte, «Études historiques sur Tarrond. d' Yvetot, »
p. 127.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetol, «> 1'' édit.,
t. Il, p. 389-409; 2* édit., t. i*', p. 55-80.
o Bulletin do la Soc. des Antiq. de Norm., » t. i*',
p. 450-53 ; t. ii, p. 155.
Pertz, ((Monum. Germaniœ histor., t. ii, p. 270-304.
CAUDEBECQUET (hameau de saint-wandrille).
La Grotte Milon. — A l'entrée du hameau de Caudebecquet on voit, au bord de
l'ancienne grande route, deux grottes abandonnées dont l'une est entièrement rebouchée,
tandis que l'autre est encore ouverte. Cette grotte, taillée dans le roc, à 2 mètres de haut,
i5 mètres de profondeur et 4 mètres de largeur. On la nomme la grotte Milon, et l'on dit
qu'elle fut habitée au viiie siècle par saint Milon, fils de sainte Wisle, abbesse de Logium.
L'histoire assure que le pieux anachorète avait été enterré devant la porte de l'église des
religieuses. La route de Rouen, pratiquée sous Louis XV ou sous Louis XVI, a diminué de
beaucoup la profondeur de ces grottes.
On m'a assuré que, depuis quinze ans, on trouve des squelettes dans les jardins qui
surmontent ces grottes.
Abbaye de Logium. — On place communément à Caudebecquet, dans les environs
de la grotte Milon, l'ancien monastère de Logium^ fondé en 654 par Bathilde, épouse
de Clovis II, et dont sainte Wisse ou Wisle, mère de saint Milon, était abbesse en 702.
En 831 ou en 833, Anségise, abbé de Fontenelle, donna dans son testament une livre d'ar-
gent « ad Logium » ou c Laubias monasterium. » On pense que cet ancien monastère fut
détruit par les Normands en 862.
A Caudebecquet on montre encore, au bord de la rivière, de grosses et fortes murailles
dont une partie forme quai, tandis qu'une autre est déjà ensevelie sous la Seine. On appelle
ces débris le port et le qum de Saint-Wnlfran ^ et on prétend que là saint Wulfran s'est
embarqué pour ses missions de la Frise, et qu'il y a débarqué à son retour.
BIBLIOCTRAPHIE.
Duplessis, «Descript. géogr., hi8t,stat. et mon. de la
Haute-Normandie, » ti«', p. 88-89.
« Gallia Ghristiana, » t. xi, p. 132.
Mabillon, « Annal, ordin. S. Benedict., » 1. 1*', p. 439.
L'abbé Belley, « Mém. de l'Acad. des Inscript, et
Belles-Lettres, » t. xix, p. 654-56.
Guilmeth, « Desc. géogr.^hist., stat., et mon. de8arr.,«
p. 182-87.
L'abbé Malais, « Calendrier normand, i^p. 53.
D'Achery , « Spicilôge, » t, n, p. 282 ; t. m, p . 206, 242 .
Lesage , «Monuments de Caudebec et des envir . , » Mss .
« Bulletin de la 8oc . des Antiq . de Norm . ,« t . i*% p . 297 .
_ 486 —
RANÇON (section de sajnt-wandrille-rançon).
Époque gauloise. — M. Beaucousin, de Caudebec, possède une hachette en silex trou-
vée à Rançon, en 1863.
Époque romaine. — En mai 1862, des ouvriers, traçant le chemin de grande com-
munication no 37, de Guerbaviile à Veules, trouvèrent devant Téglise de Rançon, à
70 centimètres du sol, un dolium en terre cuite qui contenait un petit vase noir et proba-
blement des os brûlés. Ce vase, haut de 60 centimètres, avait été diminué pour être con-
sacré à un usage funéraire. Sa circonférence est de 1 mètre 85 centimètres. L'ouverture,
de 23 centimètres, était recouverte avec des tuiles à rebords. Aux environs, on a remarqué
beaucoup de poteries noires. Il est clair qu'il y avait là une incinération gallo-romaine des
trois premiers siècles. Ce dolium, bien conservé, est entré au Musée de Rouen.
Dans cette même année 1 862, on aperçut des tuiles à rebords près la filature de
M. Pouyer.
Époque incertaine. — Du côté de Saint-Wandrille, au Ueu dit le Gîte, on voit une
motte et un fossé. Dans ce fossé est un puits dont la maçonnerie a encore plus de 20 pieds
de profondeur. Cette motte est couverte de buis. M. Guilmeth, qui nous révèle ces détails,
ajoute t qu'à Beaumont-le-Roger, à Brionne et ailleurs, des buis sont jdantés sur des
lieux antiques afin de les purifier des profanations du paganisme, t
Vers 1864, on a recueilli aux abords de l'église un pied de chandelier ou porte-lampe
en bronze comme ceux des Loges et d'Yébleron.
GOVILLE (section de SiJNT-WANDRILLE-RANÇON).
Époque franque. — Entre Jumiéges et Saint-Wandrille , existe le hameau de Goville,
voisin du Trait, mais dépendant de la commune de Sant-Wandrille.
Dans ce bosquet, situé au bord de la Seine, le bienheureux Wandrille fonda un oratoire
dédié à saint Amand, évêque de Rodez, dont le diacre Sindard lui avait apporté des re-
liques. Le saint y venait souvent prier, et l'histoire raconte qu'il y était parfois visité par
saint Ouen de Rouen et saint Philbert de Jumiéges. Longtemps on a montré les lits où
reposaient ces serviteurs de Dieu et les bancs de pierre où ils s'asseyaient pour parler des
choses du ciel : € Monstrabantur, écrivait un auteur du vu® siècle, ibi destina illius basi-
licae grabata et sedes ubi B. pontifex Audoenus et confesser Philibertus, dum virum Dei
inviserent, requiescere soUti erant. > (VitaS. Vandregisilii , dans les Acta SaiicU ord.
S. Benedicti, t. n, p. 542.) — M. Lesage, de Caudebec, a encore connu et dessiné, en
1825, le clocher de l'église de Goville, qui aujourd'hui est entièrement tonabé h hSmd.
«Hist. de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumiéges,»
p. 14, Hss* de 1762, chez M. LepeKSointet.
« Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » 2« édit, 1. 1*', p. 56.
Lesage, «Monuments cItUs et religieux de Otudebdc,*
t. 11 , B? 85, Mss. de la Bibliothèque de Rouen.
— 487 —
LOUVETOT.
Époque incertaine. — Il existe à Louvetot tradition de déplacement d'église. On assure
que la première était au Viçux-LouvetoL
Sur le hameau du Vieux-Louvetot est une enceinte qui ne m'a paru ni ronde ni carrée,
ei qui est entourée de retranchements en terre de 4 à 5 mètres de hauteur. Cette enceinte
n'est pas grande : elle contient un demi-hectare à peine. A l'angle du sud-ouest, j'ai
remarqué un tertre élevé qui pourrait avoir de 15 à 20 mètres au-dessus du sol environ-
nant, 11 n'y a pas de fossés creux autour de ce camp. — La partie orientale ayant été
détraite cette année, je n'y ai remarqué que des débris du moyen-âge.
Entre Louvetot , Saint-Gilles et Maulévrier, au bord de la forêt et sur le chemin , sont
des vestiges d'anciens retranchements qui paraissent antérieurs au temps de la Ligue.
Guilmeth, « Desc. géogr , hist., stàt., etc., » t. ii,p. 146.
L*abbé Somménil, « Campagne de Henri IV au pays
de Ganx, » p. 23.
L'abbé Cochet, «Les Églises de l'arrondiss. d'Yvetot,«
1^« édit, 1. 1«% p. 70; 2* édit., 1. 1", p. 100.
SAINT-GILLES-DE-CRETOT.
Époque incertaine. — Il y a à Saint-Gilles-de-Cretot tradition d'église transférée.
L'abbé Cochet, « Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » !'• édit., t. i*% p. 73 ; 2* édit., 1. 1«', p. 103.
SAINT-NICOLAS-DE-LA-HAYE.
Époque romaine. — En 1834, j'ai recueilli le fait archéologique suivant de la bouche
du doyen des prêtres du diocèse de Rouen , M. l'abbé Lemsutre , né à Saint-Nicolas-de-la-
Haye en 1762, et mort curé de Froberville en 1861. Dans sa jeunesse, ce vétéran du sa-
cerdoce avait vu extraire, des terres dépendant de la ferme de Sainte-Marie^ de grands
vases en terre cuite remplis d'ossements brûlés, des cruches vides , des bouteilles de verre
blanc et de vieilles monnaies bien usées, t Le nombre des vases , ajoutait-il , était très
considérable. » C'est là un cimetière romain des premiers siècles dont la mémoire du
vieillard a seule gardé la trace.
« Les Églises de l'arrond. d'Yvetot, » i" édit., i » La Normandie souterraine, » !'• édit., p. 128;
1. 1«, p. 79 ; V édit., t. !•', p. 109. I V édit., p. 146-47.
VILLEQUIER.
Époque gauloise (?). — Derrière l'ancien fief de la Martinièrej qui est devenu le châ-
teau de M. RouUeau , conseiller général de Gaudebec y on voit , sur le bord du chemin de
Saint-'Amoult, une roche élevée qui ressemble à une chaire à prêcher. Cette pierre ou
— 488 —
aiguille présente au sommet une dalle assez plate qui imite un pain bénit de campagne.
De là son nom populaire de Pain-Bénit. On assure que la nuit de Noël elle tourae sept
fois sur elle-même pendant la messe de minuit; elle ferait aussi trois tours pendant les
nuits de TAvent. On ajoute que de riches trésors sont cachés sous sa base , et que parfois
on a vu roder autour d'elle des monstres hideux ou des jeunes fiUes vêtues de blanc.
Époque incertaine. — Près du château de Villequier, on voit, sur la côte qui domine
la Seine , les restes d'une enceinte fortifiée appelée les Câtels ou les Câteliers.
On nous a aussi cité une triple enceinte au hameau de La Guerche^ et trois tertres
élevés dans le bois de Bellemare.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., staL el mon. des i A. Bosquet, a La Norm. roman, et roerveill.,» p. 173.
arr., » t. ii, p. 73-74, 136-37. [
SAINT-ARNOULT.
ÉPOQUE ROMAINE. — La voic romaine qui allait de Juliobona (Lillebonne) à Lotum (Cau-
debec) passait par Saint-Arnoult, où elle s^appelait au moyen-âge le chemin du Roy,
Époque incertaine. — Il y avait autrefois à Saint-Arnould une mare baigneresse dite
de Saint-Onuphre , où l'on venait se plonger le 49 juin. Ce jour-là, on allumait un feu de
carrefour sur lequel descendait, dit-on, un pigeon blanc. Ce feu a cessé en 1836.
Dans la forêt , on montre, au triége de la Pommeraye , les murailles et les terrassements
du vieux château de la Pommeraye.
« Les Églises de Tarrondissement d'Yvetot, » l'*édi t. | « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., • t. xiv,
t. !•', p. 80-82; 2* ôdit., t. !•% p. 110-112. | p. 151, ett xxiv, p. 355.
GUERBAVILLE-LA-MAILLERAYE.
Époque romaine. — Le Musée de Rouen possède une médaille de bronze de la colonie
de Nîmes et une monnaie d'or de Julien-F Apostat , trouvées, vers 1840, sur le territoire
de cette commune.
M. Fallue assure qu'à Guerbaville on rencontre des 'tuiles romaines.
Période normande. — Vers 1840, une épée normande fut trouvée dans la Seine, en
face de La Mailleraye. A présent , elle fait partie de notre collection départementale.
Fallue, a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. x, p. 432.
SAINT-NIGOLAS-DE-BUQUETUIT.
Époque, romaine. — Sur ce village passe la voie romaine qui allait de Lotum (Gaudebec)
à Breviodurum (Pont-Audemer ou Brionne). G'est cette voie que suivit Guillaume-le-
— 489
Bâtard, lorsqu'en 4055 il allait à Arques étouffer la révolte de son oncle Guillaume,
comte d^Arque^ ou de Talou.
M. Fallue parle aussi de villas sur le territoire de Bliquetuit. Il cite également des puits
maçonnés.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist.» stat. etc.,» t.n, p. 198.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Nonn., » t. x, p. 431,
et t. XXIV, p. 353.
«• Les Églises de rarrondlssement d'Yvetot, » l*^* édit.,
t. V% p. 125; 2' édit., 1. 1", p- 139.
NOTRE-DAME-DE-BLIQUETUIT.
Époque gauloise. — M. Fallue cite une grande pierre où Ton voit des fées et des
géants, placée dans un champ du hameau du Wuy, près la route de Pont-Audemer. Il ne
dit pas si c'est sur Saint-Nicolas ou sur Notre-Daipe.
Epoque romaine. — .M^ Guilmeth spécifie mieux la circonscription, quand il dit qu'à
Notre-Dame-de-Bliquetuit, au heu appelé Molle-Croute, le Molle Crofta du Monasticon
anglicanum, on a recueilli des tuiles, des poteries, des médailles romaines, des ossements
humains et des urnes cinéraires (?).
M. Fallue parle de débris de villa au lieu dit le Château-dvr-Mort.
Époque franque. — M. Fallue redevient incertain sur la question de territoire, quand
il nous dit qu'à une époque qu'il ne fixe pas, M. Marescot, de Bliquetuit, a recueilli, au-
près de squelettes sans cercueils, des boucles en bronze, des monnaies et divers objets de
fer. Il ajoute qu'en face de l'église de Bliquetuit on a également trouvé des squelettes dans
des cercueils de pierre.
Fallue, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm. , t. x, »
p. 430-32.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
arrond., » t. u, p. 198. *
VATTEVILLE.
Le territoire de Vatteville est immense, attendu qu'il renferme une partie de la forêt de
Brotonne. Mais nous accorderons un article particulier à cette forêt. Quoique privé de
cette portion de son territoire, Vatteville n'en est pas moins riche en monuments de toutes
les époques.
Époque gauloise (?). — On pourrait peut-être attribuer aux temps celtiques et au
culte des pierres un lieu appelé Petra ficta (Pierre fique ou Pierre fichée), mentionné
dans une charte de 715, délivrée par Dagobert II à saint Bénigne, abbé de Fontenelle.
M. Gueroult, de Caudebec, possède des monnaies gauloises en bronze trouvées à Vatte-
ville vers 1850.
Époque romaine. — La voie romaine qui allait de Breviodurum à Lotun ( Caudebec)
longeait tout le village de Vatteville qui, à cause de cela, est parfois surnommé La Rue»
62
— 490 —
C'est cette route que suivit Guillaume-le-Conquérant lorsque, du fond du Cotentin, il vint
à Arques, en 1055, pour y étouffer la rébellion de son oncle:
En 1855, M. HuUin, maire de Vatteville, a trouvé dans le Champ-de-la-Broche, dépen-
dant de la ferme Féron^ un cercueil de pierre d'un seul niorceau, qui sert aujourd'hui de
baille à une métairie. Ce sarcophage, long de 2 mètres 15 centimètres, haut de 75 centi-
mètres et large de 80, est en pierre du pays et taillé en forme d'auge. Il ne contenait que
quelques ossements dérangés. Il a un trou au fond et affecte la forme d'un parallélo-
gramme. Nous le croyons du Bas-Empire.
La ferme dite du Câtelier, ou plutôt des Câteliers, est placée sur une éminence natu-
relle que le séjour de l'homme à augmentée. On trouve autour d'elle de la terre noire, des
tuiles à rebords et des murs, qui courent dans toutes les directions. M. Gueroult a recueilli
aux Câteliers des médailles romaines, deç tuiles et des poteries antiques. M. Fallue y cite la
découverte d'un bronze de Germanicus ; M. Deville y a récolté un Titus.
Au lieu dit la Maison-du-Roi^ on rencontre' beaucoup de tuiles à rebords et de murs
arasés. On raconte aussi que, le long des terrains communaux, on a trouvé un vase rempli
de médailles antiques.
M. Gueroult possède dans son cabinet une clef en bronze doré, trouvée à Vatteville vers
1838, à côté de deux grands bronzes de Vespasien et de Domitien. En 1863, il a recueilli
à Vatteville trois autres monnaies de bronze parmi lesquelles se trouvait Septime-Sévère.
Époque franque. — On s'accorde généralement à placer à Vatteville le palatium de
nos rois mérovingiens, qui portait le nom d'Arélaune. Ce palais est à peu près le seul qu'ait
possédé notre département. Il est vrai de dire qu'ici, comme à Pitres, comme à Kiersy,
comme à Brainnes , à Clichy et ailleurs, il n'en reste plus rien. Cependant, on croit en
reconnaître une dernière trace dans les noms de maison du Roi et de mare du Roi, que
portent encore une ferme et une mare de Vatteville. La possession de cette métairie par
nos rois capétiens ne contrarierait pas cette attribution, car cette possession prolongée
s'expliquerait comme héritage royal. M. Fallue, toutefois, nous assure avoir reconnu les
restes dn palatium sur un espace de 150 pieds carrés.
Le Journal de Rouen, du 23 janvier 1 854, nous apprend qu'un habitant de Vatteville-
sur-Seine a trouvé sur sa propriété des squelettes ayant des pots aux pieds. Ce détail a
toute la physionomie franque.
Période normande. — Nous sommes tenté d'attribuer à la période normande la motte,
lés fossés et les murs épais et en feuilles de fougère du vieux château de Vatteville. Le
donjon, connu sous le nom de Tour-de-Vatteville, est une construction énorme.
ÉPOQUE incertaine. — A l'extrémité de Vatteville, sur la lisière de la forêt de Brotonne,
au bord du chemin d'Aizier et à quelques pas de la Seine, est une butte haute de 10 à
12 mètres, et ayant environ 90 mètres de circonférence à sa base. On l'appelle la Rutle-
M'Écuyer. En 1 838, M. Charlier y a pratiqué un sondage qui est demeuré sans résultat.
— 491 —
En 1859, au lieu dit le Roule ^ des ouvriers ont rencontré une marmite en bronze avec
anse de fer , contenant un chandelier ou porte-lampe en cuivre. Ces objets sont chez
M. Gueroult, de Caudebec.
BIBLIOGRAPHIE.
Fallue, t iièm. sur les antiq. de la forêt et presqu'île
de Bretonne, » p. 62-63, 68-7^.
Id., « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,» t. ix,
p. 2T7 et 289, et t. x, p. 429-31, 438-44.
Guilmeth, « Desc. géogr. , hist., stat. et mon. des arr., »
t, u, p. 74, 198-200, 206-208.
Labutte, «Études hist. sur Tarrond. d'Yvetot, » p. 147.
Lesage , « Monum. civils et religieux de Caudebec et
des environs, » Mss. de la Bibliothèque de Rouen.
« Les Églises de Tarrondissement d'Yvetot,»» !'• édit.,
1. 1", p. 125-13; 2* édit., t. !•% p. 124-130.
« La Norm. souterr.,» 1'" édit., p. 346; 2* édit., p. 435,
« Note sur les marmites en bronze, ■ p. 4.
« Revue de la Norm., » 2« année, p. 226; 2* année., p. 3.
LA FORÊT DE BROTONNE.
Cette vaste forêt étant partagée entre les deux communes de Vatteville-la-Rue et de
Guerbaville-la Mailleraye , il nous serait difficile de distinguer ce qui appartient à chaque
territoire. Nous avons préféré lui consacrer un article spécial.
Époque gauloise. — Nous attribuons à l'époque gauloise des cavités qu'on voit dans
cette forêt et que l'on nomme le puits du Trésor, des fosses de 4 à 5 mètres de profon-
deur sur 10 ou 12 de diamètre.
Peut-être pourrons-nous reporter à Tépoque gauloise la fontaine de Grainetieu , qui
coula de nouveau en 1835 et que l'on disait avoir été bouchée avec des balles de coton. On
en dit autant à Brotonne même de la source qui alimentait la mare des Molents:
C'est près de la forêt de Brotonne et du triége du Lendin que M. le marquis de Sainte-
Marie trouva, en 1821 , des médailles gauloises et le beau bracelet d'or que possède la
Bibliothèque impériale, où il porte le n*> 2,663. Au triége des Trois-Pierres sont des roches
qui ont un caractère mystérieux. Au Torp est la pierre-au-honneux que l'on dit cacher
un trésor.
Dans ce même quartier du Torp on a trouvé, vers 1820, des haches en bronze et des
lingots du même métal. A côté de ce dépôt métallique étaient les restes d'un fourneau fait
en tuiles romaines , ce qui indiquerait peut-être que les haches de bronze ont duré en
Gaule pendant la domination des Césars.
Parmi les épaves sorties des fouilles de la forêt de Brotonne et entrées dans notre Musée
d'antiquités , les cartons de la Commission des Antiquités reproduisent une hachette en
serpentine. Nous devons citer également une monnaie gauloise en argent, trouvée en 1845,
et décrite, en 1864, par M. Lambert, de Bayeux. Cette pièce présente une tête d'ApoUon-
Musagète assez commune dans notre pays. On attribue cette monnaie à l'Aquitaine.
ÉPOQUE ROMAINE. — Ce fut en 1837 que M. Fallue fit entrevoir à la Normandie sa-
vante les richesses archéologiques que possèdent la forêt et la presqu'île de Brotonne, et
ce fut de 1838 à 1843 que M. CharUer, par trois explorations successives, mit au jour des
monuments qui ont acquis une renommée universelle.
492
M. Fallue, au moyen d'un plan et d'un mémoire détaillé, révéla, au sein de celte sombre
et vaste forêt, de nombreux puits maçonnés qui trahissaient le passage de l'homme, tels
sont ceux du Rouet , de Lullin, de Timare et de la Houssaye, les points significatifs du
Câtelier à Vatte ville et aii Lendin (1).
Au Lendin, le Câtelier dimonivé une villa avec ses salles, ses galeries et son hypocauste.
D'autres villas furent entrevues aux triéges de la
Petite-Houssay ^ y des Buttes ^ des Landes ^ da la
Londe et de Saint-Croix-sur-Aizier. Partout, en
ces divers Heux, on voyait des substructions et
des puits, et l'on y rencontrait des tuiles, des po-
teries, des mortiers, des stucs, du fer et du
bronze. — Nous donnons ici un des édifices
reconnus par M. Fallue.
Près de la chapelle du Torp , on avait vu de
nombreuses maçonneries, et, vei^ 1820, un
fourneau fait avec des tuiles romaines. Un vase
avait été recueilli, contenant mille sept cents
médailles. Enfin , sur le môme point , on avait
trouvé des urnes en terre remplies d'os brûlés. ^"""'""^ '"^'^^'^ ''^ "" ^^""^^ **" bboto:mne.
Des incinérations pareilles avaient été observées à Sainte-Croix-sur-Aizier.
En dernier lieu, le mémoire signale de vraies découvertes à faire, et, dès l'année
suiy^nte . un amateur, qui ne connaissait pas ce livre, essayait de tirer du sol les intéres-
sants débris soupçonnés par M. Fallue.
Comme nous l'avons déjà dit, de 1838 à 1843, trois fouilles successives furent tentées
par M. Charlier, Inspecteur des eaux et forêts à Caudebec. L'une fut faite aux frais du
Gouvernement, les deux autres aux dépens de la Société des Antiquaires de Normandie;
toutes trois eurent lieu au triége de la Petite-Houssaye.
Là, M. Charlier reconnut une villa composée d'une vingtaine d'appartements dont les
murs avaient été anciennement lenlevés par des ouvriers cherchant du caillou. Le carré
des ruines avait bien 225 mètres dans tous les sens. Il y recueillit des restes de peintures
murales, des tuiles noircies et des solives carbonisées par l'incendie qui avait détruit la villa-
mm !fc
(l) Quoique le Lendin ne soit pas de la Seine-Inférieure, cependant, comme il en est voisin et que la plupart
(les objets qui en sont sortis sont entrés dans notre Musée de Rouen, nous croyons pouvoir les mentionner ici.—
Il y a longtemps que le Lendin attire l'attention des antiquaires, puisque vers 1810 M. Rêver en signalait les monu-
ments antiques à l'Académie de Rouen. — Vers 1836, on y a recueilli de nombreux tessons de poterie rouge à orne-
ments et à figures, sur lesquels on lit les marques de : rvfi , — senitam , — svartim, — sinatas , — gastvs, — o
SEVERi, — siLVANi. On lit sur un vase : ... ni m, et sur un grand plat: ... iici. On a également rencontré, au milieu
de peintures murales , rouges et jaunes, un Auguste et un Trajan, en argent ; des Marc-Aurèle , des Tetricus, des
Posthume, des Dioclétien et des Constantin, en bronze. — Enfin M. Uouel cite des médailles de Maximien recueillies
dans des tombeaux du Lendin.
— 493 —
Lra clous étaient aussi très fréquents. Il n'y avait qu'une médaille de bronze de Conslaniin-
Je-Grand. Enfin, le 13 septembre 1838, il rencontra la belle mosaïque d'Orphée jouant de
la lyre, entouré d'animaux et escorté des quatre saisons de l'année. Malheureusement,
deux animaux et trois saisons manquaient. Cette belle pièce , de 4 mètres 50 centimètres
en carré, a été enlevée en 1844 par H. Deville et transportée à Rouen pour être placée au
Musée départemental, où M. Pottier vient de l'installer en 1862 (1). (Nous reproduisons
ici un fragment de cntto pièce rii[i!!;il(^ ;l' Tioiiv ;i;Thi'u;> i^;;'' ■>.L"(i-i-oniaine\
( l) Le lecteur n'apprendra pas sans intérêt que ce qui a permis à M. Pottier de restaurer et de compléter avec
certitude la mosaïque de Bretonne, aujourd'hui le plus fler ornement du Musée de Rouen, ça été la découverte
l'ai te en Algérie d'une mosaïque semblable et parfaitement intacte. — Il sera facile de se rendre compte des parties
rastituf'es en comparant la pièce actuelle avec le beat» dessin colorié publié par H. Charlier dans les sMém. delà
Soc. des Anliq. de Norm. ■ (t. xi, p. S64-79). — Du reste, c'était un sujet cher aui maîtres de i'anclon inonde, que
cette allégorie d'Orphée domptantavec ta iyre les animawc sauvages : car ce type s'est rencontré sur des mosaïques
découvertes à Blanzy (Aisne) en 1858 (Ed. Fleury, ■ Fouilles de Blanzy, » dans le a Bulletin de la Soc. académ. de
Laon, » t. ï, p. 39-51)-, à Vienne (Isère) en 1859 (Allmer, - Progrès de Lyon , » du 15 janvier 1860. ~ De Gaumont,
■ Bulletin monum., > I. xxvin, p. 628-39); & San Sebastiano, près BaCalha en Portugal, en 1857 (i Tbe iltustrated
LondonNews, ■ dn 5 septembre 1857), et à Rottmeil en Allemafnie vers 1834. On ignore encore si le'sitjel est
chrétien ou purement païen.
BBOTONKB, ISjaJ.
— 494 —
A 200 mètres de la mqsaïque et de la villa, U. Gharlier fouilla un tumutus sous
lequel il trouva bon nombre de vases brisés et trois cruchons
en terre cuite remplie d'os brûlés et servant d'urnes cinéraires.
Nous reproduisons ici trois de ces vases.
Les deux fouilles de 1843 ne donnèrent pas d'objet capital
comme la mosaïque; mais elles furent plus
riches en pièces de détail. Ce fut encore au
triége de la Petite-Haussaye .que M. Gharlier .
commença son exploration. Cette fois,
il mit au jour une surface construite
de 150 mètres sur 180. Là étaient de
nombreux appartements, des galeries,
des hypocaustes et des salles peintes
et pavées en mosaïque. M. Gharlier
crut aussi reconnaître des bains :
vida un puits où étaient des poteries et des bois de cerfs. Enfin il reconnut que ces
corps de bâtiment étaient entourés d'un mur de clôture dont il constata fort bien les
traces.
De nombreux objets furent reconnus ou tirés du sein de la terre. Nous en donnons ici le
court inventaire. On a rencontré des marbres d'ItaUe, des peintures murales, des mosaïques
réproduisant des fleurs, des feuilles et des oiseaux; une provision de tuiles faîtières, des
bouts de flûte en os , un vase rempli d'ocre bleu pouf la peinture , des fers de chevaux ou
plutôt des bipposandales, des verres à vitre encore salis du mortier qui les avait fixés au
mur, quarante-cinq médailles romaines grand, moyen et petit bronze, aux effigies de Ti-
bère, de Trajan, d'Adrien, de Marc-Aurèle, d'Antonin-le-Pieux, de Faustine, de Commode,
de Posthume, de Claude II, de GalUen, de
Solooine et de Tétricus ; un Gordien III en
argent ; des fibules de bronze , des styles ,
des anneaux, des clés, un miroir de bronze
argenté, une tête de chandelier, des restes
de vase, etc. Il ne faut pas omettre une
déhcieuse anse de bronze provenant d'une
riche patère. Le verre et l'email se sont
montrés sous plusieurs formes. Le plus
curieux morceau fut un mascaron marqué
au-dessous du nom d'AHARANVs. — Nous
reproduisons ici ce médaillon de verre.
La poterie rouge a donné des vases à reliefs , des bols, des soucoupes et des plateaux, ^
MKDAILLON Bit YERBE (BBOTOnKE, 1843).
— 495 —
les cpiatre noms de potier : limetii m , — genitoris , — senit a m — et adVocisi. Ce
dernier est sur le flanc d*un vase à relief.
Le fer était représenté par une masse d'objets où l'on distinguait des clous de toit et
d'étuves , des fers de chevaux , des clés , un porte-lampe , une hache , un fer de flèche ,
une faucille, des anneaux, des crochets, un couteau, une hachette, etc.
N'oublions pas non plus une trentaine de statuettes de Vénus Anadyomène en terre de
pipe. Ce sont probablement des ex-voto comme deux priâmes de la même matière.
Le Musée de Rouen et celui de la Société des Antiquaires de Normandie , à Caen , se
sont partagé les épaves que nous venons d'énumérer, ainsi que des tessères en or, des
épingles à cheveux dont une belle en ivoire à tête sculptée, des perles d'émail, des pierres
à rallier, des faîtières, des étuves et des tuiles. Le Musée de Rouen possède aussi, venant
de Brotonne , des meules à broyer en poudingue. Deux paires de ces meules ont encore été
recueillies en 1 861 en faisant une route.
Ajoutons que les archives de la Commission des Antiquités renferment deux planches colo-
riées reproduisant une bonne partie des découvertes de Brotonne; ce sont des dessins d'ob-
jets en bronze, en fer, en verre , en os , en émail et en terre cuite. Nous y avons remarqué
spécialement un chandelier en terre cuite, le fragment d'un masque en bronze et l'anse ad-
mirablement décorée d'un vase de bronze trouvé, en 1844, dans le quartier de la Réserve,
Époque franque. — Jusqu'à présent nous ne connaissons encore dans Brotonne que
bien peu de monuments bien caractérisés de l'époque franque. C'est à peine si nous osons
attribuer à cette époque deux lances en fer trouvées par M. Charlier et dessinées par
M. DeviUe pour les cartons de la Commission des Antiquités. Cependant, cette forêt joua
im grand rôle à cette période.
Généralement toutes les constructions de Brotonne ont le caractère gallo-romain; mais
les Mérovingiens n'avaient pas d'architecture proprement dite. Ils s'abritaient sous des
édifices antiques, et le palais carlovingien de Pitres ne nous a révélé jusqu'ici que des
restes de l'art romain. Il dut en être à peu près de même à Arélaune. C'est pourquoi ,
jusqu'à présent, nous sommes dans l'impossibilité de dire si l'agréable palais d' Arélaune
était dans les villas sorties du sein même de la forêt, ou dans la prairie de Vatteville connue
sous le nom de Maison-du-RoL En attendant, exposons ce que l'histoire nous apprend du
rôle de la villa et de la forêt d'Arélaune sous la première race.
Grégoire de Tours raconte qu'en 537 Clotaire I^r, roi de Soissons, poursuivi par son
frère Childebert l^, roi de Paris, et son neveu Théodebert 1er, roi de Metz, et ne croyant
pas pouvoir leur résister, se réfugie dans une forêt que l'auteur des Gesta regum francorum
nous apprend être celle d'Arélaune (Arenaulensem). Un orage affreux qui éclate pendant
la nuit jette la terreur dans le camp des alliés; ils se réconcilient avec leur frère Clotaire
qui les reçoit dans son palais d'Arélaune. « CMotecharius œstimans se fratrum exercitum
sustinere non posse in silvam confugit. i>
— 490 —
En 599 ou en 600, Clotaire II, battu à Dormelles (Doromello vico) (Seine-et-Marne) par
Thierry II et Théodebert II, s'enfuit à Melun, puis à Paris, puis dans la forêt d'Arélaune
(Arelauno silva). Thierry le poursuit jusqu'à Essone (Scione vicus), près Corbeil (Seine-
et-Oise).
En 603, Berthoalde, maire du palais, ayant été envoyé en Neustrie avec trois cents
hommes pour lever des tributs sur des provinces nouvellement soumises, et s'étant arrêté
dans la villa d'Arélaune (Arelaunum villam) afin de chasser dans la forêt, faillit y être sur-
pris par Landry, chef neustrien, et il n'eut que le temps de se sauver à Orléans.
En 670 ou en 675, Thierry III, chassant l'automne « in saltu Arelaunensi, 3> reçut
dans sa villa d'Arélaune « Arelao villa , » comme l'appelle Frédégaire , le moine saint
Condé, nouvellement débarqué de l'île de Bretagne. Il lui fit cadeau de l'île de Bel-
cinac, sise en Seine, en face de son domaine royal t Belcinacca insula... fisco Arelauïie
vicina. »
. En 671, Childéric II donna à saint Lambert, abbé de Fontenelle, Osmoi (Uhnirum) et
Warenne (Warinnam) (Saint-Saëns?). Cette donation fut faite au palais d'Arélaune:
« Edita est haec largitio Arelauno, jucundo palatio apud Caletes. »
En 701 et en 708 Childebert III donna à saint Bain , cinquième abbé de Fontenelle,
quelques portions de la forêt d'Arélaune.
Enfin, en 715, Dagobert II confirma la même donation à saint Bénigne, sixième abbé
de Fontenelle : « ivm partem de Arelauno foreste. »
L'histoire et la tradition parlent aussi de la présence au palais d'Arélaune de plusieurs
saints mérovingiens. Nous citerons surtout saint Samson, évêque de Dol au temps de
Clotaire 1er et de Childebert; saint Meen, son successeur; saint Germer, abbé de Pantalle
au vue siècle; saint Condé, moine breton, ami de Thierry III et fondateur des mystérieuses
églises de Belcinac.
Il resterait à présent à rechercher à quelle époque notre forêt quitta le nom d'Arélaune
qu'elle portait encore au viiie siècle, pour prendre celui de Bretonne (Brothoniae), sous
lequel elle est connue à présent et même dès le ixe siècle. C'est ce qui apparaît par des
diplômes ou lettres-patentes que conservait dans ses archives l'abbaye de Fontenelle :
« Littere Karoli régis de donis Brothoniae > : « donis omnibus in Brothoniae. > Mabillon, suivi
en cela par MM. A. Le Prévost, A. Jacobs et tous les autres écrivains, pense que cette forêt
aurait pris au vnie et au ixe siècle le nom de c Sylva Britonis, » à cause du Breton saint
Condé auquel Thierry III en avait donné ime partie, celle que posséda plus tard l'abbaye
de Saint-Wandrille.
Antiquité végétale. — Sur les bords de la forêt de Bretonne qui avoisinent le Lendin,
il existe un chêne extraordinaire appelé la Cuve, à cause de sa forme, qui ne compte pas
moins de plusieurs siècles d'existence. Ce végétal séculaire a eu, en 1827, les honneurs
de la gravure.
j
— 497
BIBLIOGRAPHIE.
Grcgr. Turon, « Hist. Eccles,, m l. ni, c. 28.
« Fredegarii Ghronicon, » c. xxv.
« Gesta regum franconim, » c. xxv.
Dumoustier, « Neuslria pia, » p. 162.
MabilloD, « Annales ord. S. Benedict., » 1. 1", p. 506.
L'abbé Lebeuf, « Recherches sur la position de quel-
ques lieux nommés dans Frédégaire et ses continua-
teurs, Arelaus, etc., » dans ses « Dissert, sur THist. de
Paris, « t. !•% p. 338-339, édit. de 1739.
Rêver, a Précis analytique des Travaux de l'Académie
de Rouen. »
Houel, « Annales des Gauchois, » t. i", p. 251.
Fallue, « Mém. sur les antiq. de la forêt et presqu'ile
de Brotonne, » in-S" de 96 p. et 2 pi., Caen, 1837, et
• Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. x, p. 369-
464 et pi. V et vi.
Id., « Revue archéologique, « x\v année, p. 612.
Id., « Archives du Havre, » 2* année, 1838, p. 309-
311.
Guilmeth, « Desc. géogr., liist., stat. et mon. des
arr., » t. u, p. 199.
a Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xxrv, p. 353,
et t. xxv, p. 522, 535 et pi. xvi, fig. 9.
Gharlier, eMém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi,
p. 264-69 et 2 planches; t. xiv, p. 9-20 et 3 planches.
Deville, « Gatalogue du Musée départemental, » an-
née 1845, p. 20, 26, 28, 32.
Labutte, « Études hist. sur larrond. d'Yvetot, » p. 147.
a Revue de Rouen, » année 1844, 2« sem., p. 117-19.
« Les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, » Inédit.,
t. i",p. 126-32; 2« édit., 1. 1", p. 125-139.
«LaNorm. souterr., » 1" édit., p. 127, 158, 165, 168,
346; 2« édit., p. 146, 179, 180, 188, 192 et 435.
Ghabouillet, « Gatalogue gén. et rais, des camées et
pierr. grav.de la Bibl. imp., » p. 395.
Jacobs, a Revue des Soc. sav., » 2« série, t. ii, p. 318,
334-37.
Id., « Géographie de Grégoire de Tours, de Frédé-
gaire et de leurs continuateurs, >• p. 97-191.
Deshayes, «Notice sur un Ghône extraordinaire appelé
la Cuve, situé dans la forêt royale de Brothonne, » in-8»,
Rouen, 1827, avec grav., par H. Langlois.
63
MENT DE NEUFCHATEL
CANTON DE NKUFGHATEL.
NEUFCHATEL-EN-BRAY.
Celte ville était autrefois la métropole de ce pays de Bray , assez grand pour former un
pagvs et un doyenné, ce qui fait remonter son importance jusqu'au temps des Fi^ancs.
Mais alors le chef-lieu s'appelait JDnv?c(?î/r^j Driencoitrt , Dricourt , Driencort ou Lincourt.
Ce n'est qu'au xiie siècle, après la construction du célèbre château de Henri Beauclerc,en
1106, qu'elle prit le nom de Neufchâtel, et encore elle garda trois siècles le surnom de
Drincourt, car, sur une pierre tombale du xive siècle, récemment sortie de l'église et
entrée dans le Musée de la cité, on lit en toutes lettres le NeufcasteUde-Lincoiirt.
Les documents écrits ne parlent guère de Drincourt ou Driencourt avant la période
normande du xe et surtout du xp siècle ; mais nous sommes plus heureux du côté des
monuments. Le Musée de Rouen , et notamment le Musée de Neufchâtel , sont les biblio-
thèques, ou plutôt les sources, où nous irons puiser. Cette dernière collection, l'une des
plus intéressantes de la province, est l'œuvre d'un homme de cœur et de savoir qui, depuis
quarante ans , n'a cessé de s'y dévouer avec un zèle rare et un désintéressement dont il y
a peu d'exemples. Nous ne connaissons , en Normandie , que M. Ed. Lambert qui ait tenté
pour Bayeux, sa patrie, ce que M. Mathon a fait pour la sienne (1).
Époque gauloise. — Depuis 1 836 , le Musée de Rouen possède trois monnaies gauloises
en bronze trouvées à Neufchâtel : l'une est fruste et barbare , la seconde présente le nom
de viRici ; la troisième offre d'un côté un bige lancé montrant au-dessous le mot ratvma
(cos) : de l'autre côté est une tôle juvénile avec le nom de chef svTicos. Cette pièce est
considérée comme une monnaie des Vélocasses , dont Rouen était la capitale.
(!) Jean-Baptiste Mathon, né à Neufchâtel, le 4 mai 1786, est bibliothécaire de cette ville depuis 1821. Corres-
pondant du Ministère de l'Instruction publique, dès 1840, il n'a cessé, pendant vingt-cinq ans, de fournir au
Comité d'utiles communications. Le zèle bien connu de M. Mathon l'a fait associer à la plupart des Sociétés savantes
de notre pays. Nous devons à ce digne homme d'excellentes notes sur l'arrondissement de Neufch&tel , dont il est
la personnification archéologique.
— 499 —
Sur les côtes dites de Saint-Antoine et de Bihorel, M. Mathon a recueilli des couteaux
et une flèche en silex.
L'enceinte même de la ville a montré, en 1850, une hachette de pierre, sur remplace-
ment de l'ancien prieuré de Saint-Thomas-le-Martyr, fondé au xiie siècle par Roberl-le-
Bourguignon.
Époque romaine. — Les vestiges romains sont rares à Neufchâtel; cependant ils n'y
sont pas inconnus. Des tuiles à rebords ont été aperçues, en 1850, dans l'enceinte du
prieuré-hôpital de Saint-Thomas; en 1838, au pont qui conduit vers Rouen , à 2 mètres
au-dessous du lit de la rivière, et enfin, en 1863, sur le plateau qui domine la ferme
de Saint-Antoine. Des monnaies romaines ont été également recueillies à différentes
époques et sur divers points : en 1838, c'est une Faustine en bronze, au pont de Rouen;
en 1862, c'est une monnaie impériale, sur le plateau de Saint-Antoine , et en 1863, c'est
un grand bronze d'Adrien , près le château. Une meule à broyer en poudingue a été
recueilHe, en 1860, au Mont-Ricard. Mais les meilleures découvertes appartiennent à
l'époque franque.
En 1836, le Musée de Rouen acheta onze monnaies romaines en argent, quatorze en
grand bronze et trois en petit bronze venant de Neufchâtel.
Epoque franque. — L'existence d'un doyenné à Neufchâtel prouve suffisamment l'im-
portance de Driencourt à la période franque; mais nous avons, pour tirer cette conclusion,
des inductions plus directes.
De 1850 à 1852, le nommé Guignard a exploité, pour sa
bâtisse et son industrie , un terrain situé auprès du calvaire de
Neufchâtel , à l'angle du chemin qui conduit au nouveau cime-
tière et de la route départementale n» 5. Ce champ s'est montré
rempli de sépultures franques. Il a été tiré de terre au moins une
centaine de corps. Quelques crânes existent au Musée de Neuf-
châtel. Cette même collection municipale a recueilli les princi-
pales épaves sorties de ces fosses mérovingiennes. Nous citerons
dans le nombre vingt vases en terre grise, noire et blanche; des
sabres , des couteaux , des fers de lance , des boucles , des plaques
de ceinturon en bronze ciselé et en fer damasquiné. Comme par-
ticularités remarquables , nous reproduisons un bouton de
bronze encadrant un morceau de verre coloré
en bleu , et une trousse composée d'un cure-
oreille , d'un cure-dents et d'une petite pas-
soire, le tout en bronze et rattaché à un an-
-^«*^« *« . --.^.„ »* ^^^^^' Nous donnons également à la page 500
BOSTON EW HRONZB ET *5 r'T?
VERBE COLORÉ. huit vascs dc terre sortis de ce cimetière.
CURE-OREILLE ET PAS80IRB
EN BROPfZB.
~ 500 -
En 1855,j'ai pra-
tiqué dans ce cime-
tière une fouille qui
m'a donné un vase
de lerre , une clé en
fer, des boucles de
bronze, des perles en verre et en pâte de verre.
En 1863eten 1864,M. Guignard, ayant fait
de nouvelles constructions aux abords de la
route départementale, rencontra encore une
douzaine de squelettes, dont plusieurs étaient
accompagnés de vases aux pieds, de haches,
de lances et de couteaux en fer, de boucles,
de fd)ules et autres ornements de bronze.
Période normande. — C'est aux Nor-
mands , ou plutôt aux Anglo-Normands, que
Neufchàtel doit son dernier nom et comme
«ne existence nouvelle. Le duc-roi Henri I^r
construisit ici , de 1106 à 1119, un château
immense que notre Henri IV fit démolir en
1595, mais dont la plate-forme restée avec des fossés profonds atteste la vaste étendue
de la forteresse normande. Ces éloquents vestiges nous semblent répéter comme un écho
fidèle cette belle définition du chantre de Philippe-Auguste ;
■ Comitis Aagsi , not))le castrum
Quod populi indigense Driencnria voce vocalur. »
BIBUOGBAPHIB.
I
VASEB DE TEnRB {kevfcbatei. , tg»-ï!).
BoberfWace, -le Roman de Rou,» t. n , p.S67, fdil.
PIoqueletLeprevost, 1837.
Vili. Bril., . Philippidos, ■ lib. vi.
Had. Valeaii, • Notitia Galliarum , . p. 116.
Duplessis, ■ Die. géog. et hist. de la H.-Nor., » I. i",
p. 146.
Bodin et Vigreux , x Hist. civile et miUtaire de la ville
de Neuf?hatel-en-Bray, etc.,» Hss. in-S", du x vin' siècle.
Deville, «Essai sur les médailles gauloisesda Rouon, »
in-4'de 10 p., et «Mâm.delaBoc. desAntiq. deNorm.,»
t. Ti, p. 64 et pi., (ig. 3.
Houel, ■ Annales des Gaucbois, • 1. 1", p. 78.
Guilmeth , «DeBcript. hist., géogr., stot. et mon. des
arroDd., ■ t. m, p. 8-25.
E. De Duranvillc, « Notite sur la ville de Neufchilel-
en-Bray, ■ in-8"do l!p., Rouen, Péron, 1844, el-Bevne
de Rouen, > de septembre 1844.
Id., "Nouveau!! Documents sur la ville de Neufcbilel-
en-Bray, » in-8-de 24 p., Rouen, Péron, 1851, et . Revue
de Rouen, » de novembre 1851, p. 395-418.
L'abbé Decorde, i Essai hist. etarchéol. sur le canton
de Keurchi\tel-en-Bray, • p. 23-60.
P. de la Mairie, • Recherches hist., arcbêol. et biogr,
sur lo Bray normand et le Bray picard , • art. > Heuf-
chAtel.
L'abbé Cochet, ■LaNornnndiesoutfi(Taina,»l''èdit,
p. 347; 2* édit., p. 441.
Id., « Le Tombeau de Cbildéric I", . p. 198.
— 504
SAINT-VINCENT-DE-NOGENT (section de neufchatel). .
Époque romaine. — Ce point est fertile en antiquités roniaines. Au mois de mai 4834,
quand on détourna la rivière pour la construction d'un moulin , on rencontra beaucoup de
débris antiques, notamment des tuiles à rebords et un chapiteau de colonne en pierre,
que M. Mathon a fait entrer au Musée et qu'il considère comme romain.
Époque franque. — En 1835, M. Levarlet, propriétaire d'une habitation située sur le
bord du chemin de grande communication no l^r^ de Dieppe à Neufchatel, trouva, en
construisant sa demeure, une série d'objets francs provenant vraisemblablement de sépul-
tures. La plupart des objets recueillis ont été déposés au Musée de l'arrondissement, où je
les ai vus. Ils consistent en deux vases de terre assez grossiers dont la forme semble se
rapprocher des nôtres. L'un de ces vases contenait une monnaie d'argent de Domitien ,
des parcelles de cuivre oxydé et des grains d'orge brûlés qui y sont encore. Avec ces
vases ont été recueillis des clous, des boucles et des anneaux de bronze.
En 1834, au bord du grand chemin qui va de Dieppe à Neufchatel, M. Beaurain a
trouvé dix-huit à vingt squelettes, inhumés dans la craie, à 70 centimètres de profondeur.
Presque tous étaient accompagnés d'un vase. L'un d'eux possédait encore une pièce
d'argent de Domitien, forée au-dessus du buste.
En 1838 , M. Marc trouva, à 2 mètres du sol , des vases en terre noire, des lances , des
sabres et une monnaie romaine.
Période normande. — Ce lieu est appelé Novientum dans une charte du xie siècle. —
Voir le Cartul. de l'abbaye de la Trinité du Mont-de-Rouen , publié par M. Deville, p. 423.
L'abbé Cochet, « La Normandie souterraine, » 2* édit., p. 441.
SAINT-MARTIN-L'ORTIER.
Époque romaine. — Je tiens de M. Mathon que, dans le cimetière de cette commune
et dans les terres environnantes , sur une espace d'environ deux hectares , se trouve une
très grande quantité de tuiles à rebords , de constructions et de débris anciens. Cette
abondance explique la présence de briques antiques , de meules à broyer et de mortiers
romains qui sont entrés dans la construction même de l'église paroissiale.
C'est de ce tertre, païen d'abord, mais consacré ensuite à la religion chrétienne, que sont
sorties ces belles tuiles à rebords (imbrices) que l'on voit à présent au Musée de Neufchatel.
En 1832, sur un autre point de la commune, M. Mathon a reconnu des débris romains
de toute sorte.
Époque franque. — Nous ne craignons pas d'être téméraire en attribuant à l'époque
mérovingienne la première création d'une église dans cette localité. C'est une conjecture
que le nom de Saint-Martin ne fait que corroborer.
— 502 —
L'abbé Dccorde, «Essai bist. et archéol. sur le canton | P. de la Mairie, « Recberches hist., archéol. etbiogr.
de Neiifchûtel-en-Bray, » p. 218. I sur le Bray normand et le Bray picard, » t. u, p. 80.
AULAGE (section de saint-martin-l'ortier.)
Époque gauloise. — En 4862, une hachette en silex a été trouvée sur le territoire
d'Aulage. Elle se voit à présent dans le Musée de Neufchâtel.
Epoque romaine. — Au lieu dit la Briqueriez près le bois nommé la Queue-du-Uellet,
on voit dans les terres de nombreuses tuiles romaines.
QUIÉVRECOURT.
Époque romaine. — Je suis heureux de copier ici une note de M. Fourcin dans les
termes mêmes où elle m'a été communiquée : • Il existe à Quiévrecourt une source d'eau
minérale ferrugineuse, dite la Cramaillon^ autour de laquelle on découvre des vases en
terre et en verre de toute espèce. Un pied de soucoupe en terre de Samos, que l'on voit
au Musée de Neufchâtel , a été trouvé en cet endroit. Ceci me paraît indiquer que cette
source, qui aujourd'hui a perdu sa vogue, a été connue et fréquentée des Romains. »
Époque franque. — Le patron de cette église est saint Ribert, moine et abbé de Leu-
conaûs aux bouches de la Somme. Ce successeur de saint Valéry fut comme lui l'apôtre
de nos contrées, et son souvenir est conservé par les fontaines vénérées de Charles-Mesnil
et de Torcy-le-Grand. Nous pensons qu'il baptisa également à Quiévrecourt, car son pas-
sage est encore vivant dans la mémoire des peuples.
L'abbé Decorde , «Essai historique et archéologique sur le canton de Neufchâtel,» p. 195-96.
MESNIÈRES.
Époque romaine. — A la limite des trois communes de Fresles, de Bures et de Mes-
nières,mais sur le territoire de cette dernière , se trouve la ferme des Murailles , ainsi
appelée à cause des substructions qu'on y rencontre. En 1862, M. l'abbé Decorde a pra-
tiqué dans la masure de cette ferme une fouille archéologique aux frais de la Société fran-
çaise. Notre confrère a reconnu l'existence de canaux en terre cuite, de piliers de briques,
de tuiles à rebords et de maçonneries qui couraient dans tous les sens. M. l'abbé Decorde
a publié lui-même le résultat de son exploration. — Dans les champs qui entourent le
château de Mesnières , on trouve souvent des tuiles à rebords.
Époque franque. — Dans le parc même du château de Mesnières, en abattant des
arbres ou en creusant les fondations de la chapelle, on a rencontré à diverses reprises des
sépultures mérovingiennes avec vases et armes. Le Musée de Neufchâtel possède une hache
francisque trouvée dans cet endroit en 1 855. Vers cette même année , le sieur Gressier
rencontra dans son herbage plusieurs corps avec des sabres en fer. Un de ces sabres , long
de 38 centimètres et muni de rainures , est entré au Musée de Neufchâtel.
— 503 —
Il y a quelques années , j'ai vu un scramasaxe trouvé à Mesnières, chose bien surpre-
nante dans une masse de détritus de toutes les époques. Ces débris, placés dans une fosse
ovoïde, présentaient, avec des vases francs, des poteries du moyen-âge.
M. l'abbé Decorde. a publié dans le Jwrwa/ de Neufchâtel, du 43 novembre 4860, une
note dont je ne puis accepter les conclusions. Il attribuait à la période gauloise deux grands
vases en terre blanchâtre décorés de sanguine. Je les crois au contraire du xiii^ siècle.
L'abbé Decorde, «Note sur plusieurs Sépultures an-
ciennes, » in-18 de 8 p., Neulchâtel, 1860.
Id., « Le Magasin normand, » 2° année, p. 145-148.
« Revue de la Normandie , » 2'' année, p. 495.
FRESLES.
Epoque incertaine. — On me signale sur cette commune un monticule boisé qui porte
dans le pays le nom de Pas-de-Gargantria. On pense que c'est ce môme lieu qui est dési-
gné sous le nom de Mont-de-Gargan , dans un acte de 4337 conservé au trésor des chartes.
M. Fourcin dit que c'est un enfoncement dans un monticule qui a pris le nom de Pas-
dur-Cheval-de-Gargantua. Le peuple assure que ce cheval faisait des pas de sept lieues.
On ajoute qu'un lieu semblable existe à Sigy.
BULLY.
Temps préhistoriques. — M. Parisy, de Foucarmont, possède une hache en silex
trouvée à Bully, dans un ravin, laquelle présente la forme et la taille des hachettes d'Ab-
beville et de Saint-Acheul. Aussi nous croyons devoir la classer parmi les objets des
temps préhistoriques.
Époque gauloise. — Le même M. Parisy possède également une hachette en silex
trouvée à Bully en 4854. Celle-là a tout le type des instruments gaulois.
Aux environs du Château-du^Flot, on a également rencontré des haches en silex.
En 4848, au lieu dit les Grouelles, on a trouvé une monnaie gauloise en potin apparte-
nant à la Gaule Belgique. D'un côté était un homme tenant d'une main une lance et de
l'autre une couronne ; au revers figurait un bœuf.
Époque romaine. — En 4855, il a été rencontré des tuiles à rebords au hameau du
Bourgtin. Dans le même hameau des Grouelles y au bord de la fontaine où fut recueillie la
médaille celtique, on ramasse souvent des tuiles à rebords et des fragments de poteries
de toutes les couleurs. — Les environs du Chàteau-du-Flot sont féconds en débris de toute
espèce. On y remarque des fondations , des meules à bras, des tuiles à rebords, des restes
de vases de verre ou de terre. On y a recueilli des vases romains à forme côtelée. La
plupart de ces objets sont entrés au Musée de Neufchâtel.
Période normande. — Il est possible que le vieux château du Bully, détruit il y a près
— 50i —
de deux siècles , remonte à la période normande. Ce qui est certain , c'est qu'en 1068
Rogerius de Buslei vendit à Renier, abbé de la Trinité-du-Mont-de-Rouen , les dîmes de
Bully, du consentement de Guillaume-le-Bâtard : « Willelmi, principis Normannorum,
signo et autoritate. »
L'abbé Decorde, <i Essai hislorif(ue et archéologique sur le canton de Neufchâtel-en-Bray, » p. 87.
ESCLAVELLES.
Époque gauloise. — Dans son second Essai sur la numismatique gauloise , M. E.
Lambert signale Esclavelles parmi lés localités qui ont donné des monnaies celtiques.
Époque romaine. — Depuis plusieurs années , on découvre considérablement d'anti-
quités romaines au hameau de Morimont. Le Musée de Neufchâtel renferme un bon
nombre d'objets qui en proviennent, et qui tous se rapportent à la période romaine. On y
a trouvé surtout un grand nombre de médailles impériales.
On cite notamment deux importantes découvertes pour la numismatique. Vers 1803,
on trouva, sur le bord d'un chemin, un dépôt de médailles gauloises en or dont on tira
alors 12,000 fr. M. Mathon m'a cité une trouvaille faite en 1835. On aurait rencontré
dans un vase en terre noire trois cent quatre-vingts monnaies romaines d'Antonin, de
Faustine, de Marc-Aurèle, de Trajan, d'Adrien, de Commode et deSeptime Sévère.
Nous ne savons s'il faut confondre cette trouvaille avec celle que mentionne YEcho du
Monde savant^ du 19 juin 1835. D'après ce recueil, on aurait à mentionner quatre cent
trente-huit monnaies romaines en bronze, aussi renfermées dans un vase de terre. Plu-
sieurs de ces pièces étaient ^'une belle conservation. Toutes étaient du Haut-Empire : on
lisait les noms d'Auguste, de Vespasien, d'Antonin, de Faustine, etc.
Mais la plus curieuse et la plus précieuse de toutes était un grand bronze de Géta, pièce
estimée 30 fr. par Mionnet. D'un côté est la tête laurée de l'empereur , et on lit autour :
iMP CAES p sept geta pivs avg; de l'autre côté sont des personnages debout et se
donnant la main sur un autel ou trépied surmonté d'un trophée : on lit autour : pont.
TR. p. p. ... cos II, et au bas : s. c. — On croit que cette scène représente la réconcilia-
tion de Géta avec son frère Caracalla, qui, néanmoins, le fit assassiner quelques jours
après. Géta ne régna que trois mois , ce qui explique la rareté de ses pièces.
M. Fourcin nous a raconté que , vers 1853 , il avait remarqué dans la traverse d'Escla-
velles , au bord de la route impériale no 29, de Rouen à Amiens , des tas de tuiles à rebords
que le cantonnier avait formés en bêchant la terre. La quantité de ces tuiles et la présence de
fosses dans le voisinage firent supposer à M. Fourcin qu'il y avait eu là une tuilerie antique.
En 1864, M. Leclerc-Lefebvre a recueilli aux Hayons une meule à broyer.
Époque franque. — Après tout ce que nous venons d'exposer de l'importance de
Morimont à l'époque romaine , on ne sera pas surpris d'apprendre que cette localité est
— 505 —
citée dans une charte de Charles-le-Chauve comme propriété de l'église de Rouen : « In
pago Talano (le Tallou)... Mormontem cum adjacentiis suis. >
« Môm. de la Soc. des Anliq. de Nonn., » t. xi, p. 9, 1 « L'Écho du Monde savant, » du 19 juin 1835.
et t. XXV, p. 535. '
MASSY.
Époque romaine. — En 1860, en pratiquant un drainage au hameau du Quesnay^ on
a trouvé , dans un herbage , une certaine quantité de briques et de tuiles antiques.
BRÉMONTIER (section de massy).
Époque romaine. — M. P. de la Mairie dit que les Romains ont eu à Brémontier une
fabrique de tuiles et de poteries. Cela veut dire sans doute que Ton trouve beaucoup de
débris céramiques en ce lieu.
Époque franque. — C'est* à Brémontier que le bénédictin Duplessis a placé le fief de
Vintlana ou Vintlane, qui, vers la fin du vii« siècle, fut donné à saint Wandrille par Waratton,
maire du palais, où le saint abbé de Fontenelle bâtit un oratoire et plaça des moines.
Duplessis se fonde dans cette attribution sur le nom de Montier que porte encore le pays,
sur le voisinage d'un ruisseau , sur le vocable de Saint-Pierre encore resté à l'église , et sur
la possession de plusieurs terres et églises de ce pays par l'abbaye de Saint-Wandrille.
Cette conjecture est suffisamment basée , et nous ne sommes pas loin de partager cet avis.
Il faut bien que cette opinion ait été un peu traditionnelle dans l'ordre de Saint-Benoît ,
car la carte du Gallia Christiana, dressée, en 1767, par le géographe Nolin sous les yeux
de la congrégation de Saint-Maur, place Vintlana sur la Béthume , au-dessus de Neufchâtel
et au-dessous de Bival.
« Chronicon Fontanellœ , » c. viii.
Mabillon, f Acta 8anct.ord.S.Benedict.,» t. ii,p.543.
f Neustria pia, v p. 135-136.
Duplessis , « Descriptgéogr. et hist. de la H.-Norm., »
t. !•», p. 86-87.
P. de la Mairie, « Recherches hist., archéol. etbiogr.
sur le Bray normand et le Bray picard, » 1. 1", p. 130
et 131.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton
de Neufchâtel-en-Bray, v p. 125.
NEUVILLE-FERRIÈRES.
Époque gauloise. — Dans le bois de la HatrellCj sur la côte qui regarde Brémontier,
M. Mathon a recueilli pour le Musée de Neufchâtel une hache en silex, tranchante et polie.
Époque romaine. — En 1761, un cultivateur de Neuville-Ferrières trouva, en labou-
rant, soixante-cinq médailles en argent du temps des consuls romains. Elles appartenaient
aux familles Julia, Pompeia, Cassia, Marcia , etc. L'une d'elles représentait le triomphe de
Paul-Emile sur Persée et la Macédoine. Ces pièces précieuses , aujourd'hui perdues pour
la science , étaient enfermées dans un caillou creux , sorte de tirelire primitive dont l'ou*
64
— 506 —
verture avait été rebouchée avec du
ciment.
Époque frasque. —En 1840, il a
été trouvé, dans le jardin du presbytère,
une belle fibule en bronze, en forme de
.croix, et décorée de verroteries. Elle
figure au Musée de Neufchâtel. — Nous
en donnons la reproduction. •'-"> "*•*'■
En 1863, en creusant la cave d'une maison nouvelle, située devant l'élise, on a
trouvé une dizaine de corps accompagnés de
boucles, vases et couteaux. C'est alors que fut
recueillie la plaque de ceinturon que nous
reproduisons ici. Dès 1810 et 4811, on avait
trouvé sur Ja place publique des cercueils de
pierre contenant des corps avec sabres et lances a
de fer. A différentes reprises on a trouvé depuis
des objets francs. h-aoue ds cbintobi»! (nEcviLLB-FEBBiftMi).
Noël de la Morinière, . Essais sur le diparlemont de
la Seine-Inférieure,» t. i", p. 48-49,
L'abbé Dcconle,-. Essai hisl. et ardiiol. sur lo cnnlon
de Neufchâtel, » p. 186.
P. de la Mairie, " Recherches historiques, archéolo-
giques et biographiques sur le Bray normand et le Bray
pLcard,» 1. 1", p. SÎO.
SAINT-SAIRE.
ÉPOQVE GAULOISE. - En 1838, il a été recueilU à Sainl-Saire une médaille gauloise en
bronze. La même année , elle est entrée au Musée de Rouen.
ÉPOQUE ROMAME. — Une note de M. Deville nous apprend qu'il a été rencontré à Sainl-
Saire des sépultures romaines à incinération composées de vases de terre et de verre. On
a spécialement remarqué un gobelet en verre, un style en argent et une agrafe de même
métal décorée de pierres flnes. M. Deville a encore connu, provenant de Saint-Saire, des
monnaies romaines en or, en argent et en bronze. La seule date qu'il "nous ail donnée
est 1838. - Au hameau du Uesnil-Sagol, M. Mattion a vu des tuiles romaines.
ÉPOQUE FBANQUE. — Une tradition conservée dans ce pays depuis longtemps, et recueillie
liés le siècle dernier par l'abbé Godescard, originaire de cette contrée, prétend que
saint Salve ou saint Saire (sanctus Salvius), évêque d'Amiens, natif d'AugusIa, sur la
Brcsle, avait reçu de Thierry I" la propriété de sa terre natale, où il s'était retiré.
Cette tradition ajoute que, dans le désir de se sanctifier, il vint dans cette gorge du pays
de Bray, et y établit un ermitage qui est devenu un monastère et enfin l'église paroissiale.
On est assez d'accord pour placer à Saint-Saire l'abbaye de Saint-Salve (Sanctus Salvins),
— 507 —
connue dès l'époque mérovingienne et qui existait encore sous les Carlovingiens. Organe
et interprète de cette tradition , la Gallia Christiana place ce monastère dans la localité
dont nous nous occupons. (Voir la carte du tome xi, dressée par Nolin en 4767.)
Les savants auteurs déclarent ignorer la date de cette pieuse fondation. Ils savent seule-
ment que le célèbre testament d'Anségise , abbé de Fontenelle , mort en 834 ou en 833 ,
accorde 40 sous d'or à cette maison de prières: « 40 solidos ad Sanctum Salvium in
Brago. » Ils ajoutent que cet établissement fut détruit par les Normands.
Mais telle est la force du passage des saints , que leur souvenir, comme leur trace ,
survit aux âges et aux révolutions. Dans l'église de Saint-Saire , on montre encore sous
le chœur une crypte ancienne renfermant un puits où les pèlerins viennent prier et puiser
de Feau pour la boire et pour l'emporter
Saint-Saire est aussi une très ancienne propriété de l'église de Rouen, et l'une des pré-
bendes du chapitre portait son nom. Cette donation paraît remonter aux rois francs, car
une charte de Robert 1er, énumérant et confirmant les biens déjà donnés à la cathédrale
dès le temps de Charles-le-Chauve , cite Saint-Saire cédé par lola: « Sanctum Salvium
quem loda dédit. y>
Époque incertaine. — En 4774, en creusant la cave qui est sous le four du presby-
tère, on trouva des squelettes dont on ne sut assigner la date.
BIBLIOGBAPUIE.
« Clironicon Fontanellœ, » c. xvi.
Mabillon, « Annales ord. S. Benedict., » t. ii, p. 542.
D'Achery, « Spicilegium , » t. m, p. 243.
Duplessis, ■ Descript. géogr. elhist. de la Haute-Nor ,»
t. i%p. 114-116.
Godescard , « Vies des Pères tnartyrs, etc., » t. ix ,
p. 163, édit. de 1835 ou 1836.
« Gallia Christiana, » t. xi, p. 122-23 et carte .
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de
Norm.,» t. XI, p. 10.
Guilmeth, e Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
arr., » t. m, p. 33.
L'abbé Decorde, o Essai hist. etarchéol. sur le canton
de Neufchâtol , » p. 223, 227, 235-36.
NESLE-HODENG.
»
Époque romaine. — Près l'église on trouva des tuiles à rebords.
Époque franque. — En avril 1862, il a été apporté au Musée de Neufchâtel un frag-
ment d'ancienne poterie découvert à Nesle. M. Mathon attribue cette pièce aux temps
carlovingiens.
AUVILLIERS.
ÉPOQUE ROBiAiNE. — En 1834, en creusant un fossé à la côte dite le Mont-ohC^aillot,
qui descend d'Auvilliers à Mortemer, on a trouvé un grand nombre de tuiles à rebords.
Outre cette découverte enregistrée par M. Mathon , M. Deville a connu à Auvîlliers des
briques et des poteries romaines.
Époque incertaine. — M. Deville m'a signalé une motte ou un tumulus à Auvilliers.
— 508 —
BOUELLES.
Époque gauloise. — J'attribue à la pf^riode gauloise, mais à des temps voisins de la
Conquête, les découvertes faites de i842 à i854 dans un champ du Uallais, voisin de la
briqueterie dite de la Maison-Rouge , et au bord de la route impériale n» 29 , qui mène de
Neufcbâtel à Âumale.
A 60 centimètres du sol, les ouvriers briquetiers n'ont cessé, pendant douze ans, de
rencontrer des groupes de vases funéraires enveloppés dans une couche de terre cendrée
et charbonnée. Ces groupes, placés à 2 mètres de distance environ, se composaient de
quatre ou cinq vases réunis ensemble. La plupart avaient la forme d'écuelles ; d'autres
ressemblaient à des urnes.
En juillet 1854, on rencontra une urne ressemblant à une soupière et renfermant des
VABBS GAULOIS (DOUELLBS, ISM).
os brûlés , des perles d'os , des perles de silex et des rondelles en fer. Près de ce vase , fermé
avec un couvercle à peu près semblable à lui , se trouvait une grande épée en fer large de
4 à 5 centimètres et longue de 80. Celte belle arme était renfermée dans un étui de fer large
de 7 centimèlres. Elle avait été déposée dans la tombe légèrement ployée et infléchie. —
Nous reproduisons ici cette pièce rare , possédée aujourd'hui par le Musée de Neufchâtel.
G PAS CADLOISB E
C POtlnBEAU n> FER (BOtBI
— 509
©
Nous donnons également le dessin des perles ou anneaux en os qui ont dû former col-
lier ou bracelet. Ces objets ont
^ passé au feu , ainsi que les os.
Nous plaçons à côté d'eux des
perles de silex forées et polies
avec le plus grand soin.
Le Musée de Neufchâtel a
recueilli les épaves sorties du
cimetière de Bouelles. Nous y
avons reconnu les fragments
de dix à douze vases de terre.
Le grain en est grossier ; mais
la couverte est tantôt lisse,
tantôt rugueuse. La pâle , mal
pétrie, présente une cassure
celluleuse. En un mot, cette
poterie reproduit, par sa forme
et par sa nature , la céramique
primitive de nos contrées. Les
vases de Bouelles sont de la
même famille que ceux de Moulineaux, de Saint-Wandrille, du Vaudreuil, de Port-le-
Grand et de Sainte-Beuve-en-Rivière. Du reste, nous avons décrit les monuments sortis
du sol du Hallais dans le chapitre xvii de nos Sépultures gauloises , romaines, franques et
normandes (p. 397-440).
Époque romaine. — Dans les terres voisines de la route impériale on trouve des tuiles
romaines.
Époque incertaine. — A la côte de Cornemesnil, près du hameau de ce nom, on voit
dans un taillis une butte circulaire haute de 4 à 5 mètres et d'environ 100 mètres de
circonférence. Elle est entourée d'un fossé profond creusé de main d'homme. Au milieu
du terrassement on a trouvé une muraille carrée qui a été détruite dans ces derniers
temps.
M. de la Mairie nomme ce retranchement un stativa romain. Cela me parait un peu
précipité.
PERLES EN 08 ET SILEX (BOVELLBS, 1854).
P« de la Mairie, «Recherches hist., arch^ol. et biogr.
sur le Bray nonnand et le Bray picard , » 1. 1*»^, p. 182,
Guilmeth, «Desc. géogr», hist., stat. et mon. desarr.»»
t* iii) p. 32.
L'obbé Decorde. «Notice sur un vase gallo-romain déc.
au Hallais, en 1854,» in-i8de 15p., Neufchâtel, 1854.
L*abbé Cochet, c Sépult. gaul., rom., franq. etnorm., >
p. 397^10.
— 540 —
GRAVAL.
Époque gauloise. — Le Musée de Neufchâtel renferme une hache en silex provenant
de Gravai. Elle est datée de 4837, année de sa découverte.
Époque franque(?). — Les procès-verbaux de la Commission des Antiquités, pour
Tannée 4824, rapportent qu'à Gravai, près Mortemer, un cultivateur trouva, vers 1844,
un cercueil en pierre blanche d'un seul morceau , renfermant encore un squelette accom-
pagné d'un sabre ou d'une épée et portant une boucle de ceinturon en bronze. Le tombeau
a été brisé ; l'arme et la boucle ont disparu. La présence d'une agrafe et la position sur le
penchant d'une colline nous font naturellement penser à l'époque franque.
« Procès-verbaux de la Commission des Antiquités de | L'abbé Cochet, « La Normandie souterraine, » l " édil.,
la Seine-Inférieure , « t. I*»", p. 77. j p. 346; 2« édit., p. 440.
' SAINT-GERMAIN-SUR-EAULNE.
Époque romaine. — Non loin des bords de l'Eaulne, sur la ferme de Tréhaumont, on
a trouvé à plusieurs reprises, de 1825 à 1861, des débris de tuiles et de poteries
romaines. Au milieu de ces divers débris antiques , on a remarqué un fragment de marbre
noir veiné de blanc et une monnaie de bronze de Marc-Aurèle.
FRÉTILS (section de flamets-fretils).
Époque incertaine. — Le célèbre terrassement connu au moyen-âge sous le nom de
Fossé'dU'Roy, devait longer la paroisse de Frétils. Vers 1130, Henri 1er approuve la dona-
tion faite par Guillaume de Frétils (de Fretiaco), à l'abbaye de Foucarmont , de terres
placées près du Fossé-dt^ lîoy , c ad Fossatum régis. •
Estancelin, a Hist. des comtes d'Eu, n p. 20.
MÉNONVAL ou MÉNOUVAL.
Époque romaine. — Au lieu dit Tremontj Hautremont ou Hautrimont, on a rencontré ,
vers 1860, des tuiles romaines. En 1864, M. de Girancourt a recueilli, dans une prairie,
une meule à broyer en poudingue
VATIERVILLE.
Époque gauloise. — Le Musée d'antiquités de Rouen possède une petite médaille gau-
loise en or, trouvée à Vatierville en 1848.
— 51 1 —
Époque incertaine. — Au hameau de Brémonl, sur le bord de la basse-forêt d'Eu, on
remarque un terrassement circulaire élevé d'environ 3 à 4 mètres au-dessus du sol et
entouré d'un fossé profond de plus de 2 mètres. La circonférence de cette motte , prise au
fond du vallum, est d'environ 100 mètres, et son diamètre est de plus de 30. Le centre
du tertre est creux au lieu d'être bombé, ce qui distingue ce terrassement des travaux du
même genre connus dans le département.
En 1863, M. de Girancourt et moi avons ouvert ce tertre, nommé dans le pays la
Butte aux Anglais : nous n'y avons rencontré que du charbon de bois.
Sur ce même Vatierville , également au hameau de Brémont, M. Mathon m'a signalé,
au sommet de la côte, une enceinte à peu près carrée que les gens du pays appellent 7^
Couvent. Les murs , épais d'environ 2 mètres , se composent d'une maçonnerie en pierres
sèches , ayant près de 60 mètres de long sur 30 de large.
FESQUES.
Époque GAULOISE. — Vers 1825, àlac(?7(? de Gauboîirg^ près le Val-aux- Moines y on
a trouvé des monnaies gauloises. M. De\îlle, M. Femel et M.E. Lambert en ont eu
connaissance.
Époque romaine. — Au même endroit, et à peu de distance de la route impériale
no 28, qui conduit de Neufchâtel à Blangy, on a trouvé, sur un espace de 3 hectares, des
boucles d'oreilles en ivoire , des épingles à tête d'ivoire , des anneaux en cuivre creux
et de 9 centimètres de diamètre , des monnaies romaines en grand et en moyen bronze ,
des tuiles et de la poterie antiques.
En septembre 1832, M. Femel y pratiqua quelques sondages, et il découvrit des tuiles
à rebords et des débris romains de toute espèce.
A Fesques , comme partout ailleurs , les habitants du pays prétendent qu'il y eut
là une abbaye. Cette opinion se rattache à un très grand nombre d'établissements
romains.
Époque incertaine. — Sur la même côte, en montant vers la plaine, on voit des ter-
rassements considérables qui semblent d'anciennes constructions militaires.
Fernel,a Notice sur des antiquités découv. en 1832 et 1833 dans Tarrond. de NeufcMtel, v dans les « Hém. de la
Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi , p. 174-175 et t. xxv, p. 535.
LUCY.
Époque gauloise* — A plusieurs reprises, on a trouvé, à Lucy, des statères gaulois
en or. En 1827 , on en recueillit une telle quantité dans le vallon appelé la Queue-dU'Montj
que les deux orfèvres de Neufchâtel , qui les achetèrent et les firent fondre , en obtinrent
^ 512 —
plus d'uD marc d'or. En 1837, on trouva une nouvelle monnaie gauloise, au lieu dit le
Manet ou le Maneret. Entrée au Musée de Rouen , elle a été décrite dans la Revue numis-
matique d'alors. Enfin, en 1840, on rencontra encore, à la Quem-du-Mont , un nouveau
statère gaulais pesant six grains.
Époque romaine. — Les débris romains ne font point défaut à Lucy. En 1851, nous
avons visité les terres labourées de la Queue-du-Mont , et nous les avons trouvées marnées
de tuiles et de potenes antiques. Un acte du xiiie siècle parle d'une ancienne voie (viam
antiquam) passant par Lucy. Ceci ressemble fort à une route romaine. Cet acte , émané
de Robert Poulain , archevêque de Rouen, en 1217, donne à notre village le nom de
Luciacum , tandis qu'Eudes Rîgaud lui prête celui de Luchiacum.
Époque franque. — L'importance archéologique de Lucy se révèle surtout à l'époque
mérovingienne. Nous ne rapporterons que pour mémoire les fouilles et découvertes que
nous y avons faites en 1851 , découvertes que nous avons racontées un peu partout, mais
surtout dans notre Normandie souterraine.
En 1 844, M. Suzémont , percepteur à Lucy,
pratiquant un chemin d'exploitation dans uo
champ situé au bord de la route qui con-
duit de sa maison à l'église , trouva plusieurs
squelettes accompagnés de vases et d'armures.
Je distinguai surtout parmi ces trouvailles
une lance en fer munie de deux crochets.
En septembre 1851, je pratiquai dans ce
champ une fouille qui fut heureuse. Je trouvai
environ trente squelettes déposés dans des
fosses de craie. Aux pieds des morts, tournés
vers l'orient, se trouvaient des vases en terre
noire ou grise, comme à Londïnières et à
Envermeu; à la ceinture étaient des couteaux
et des boucles ; sur la poitrine reposaient des
fibules. J'ai recueilli trois fers de lance placés
près de la tête, un beau style en bronze et
quelques bronzes romains malheureusement
frustes.
Hais la découverte la plus importante fut
une plaque de ceinturon en bronze, que nous
reproduisons ici. Placée à la ceinture d'un pl^^be db ceintcrow bi. jiwhwb (loct. rsso-
guerrier, elle couvrait cinq tiers de sol d'or
qui avaient été cachés dans le cuir même du baudrier. Nous avons reproduit soutcdI
— 513 —
et nous reproduisons ici, mais très imparfaitement, ces curieuses monnaies, déposées au
Musée de Rouen. D'après les numisma-
tistes qui les ont cxaminées,elles seraient
du vue siècle. La première peut remonter
à 640 , et la dernière toucher à l'an
700. Les noms de seigneurs monétaires
que l'on a cru lire sur ces triens sont :
BEBEBODES, ALEMVSDVS, DOM.MGIZILE et
ADO ou adon; ceux des villes ou des
ateliers étaient : bvrdigala (Bordeaux),
VATVNACVM, TVROSV (Tours), DO..»VER et
ANSE. On peut lire sur ce sujet les obser-
vations de M. Thomas, habile numis-
matiste de Rouen. — La plupart des objets francs trouvés à Lucy sont entrés au Musée
de Rouen ; quelques-uns sont demeurés au Musée de Neufchâtel.
□ vit* SIËCLE (LUCT, 18SI).
BIBLIOGRAPHIE.
• Note sur cinq monnaies d'or trouvées dans le cime-
tièroiDËrovingieDdeLucy, prôaNeurchùtel, en 1851, ■
iïi-8" de 8 p. et pi., Rouen, PÈron,lS52.
« Rei-ue de Rouen, « anniîe 1852, p. 313-320 et pi,
■ itéta. de la Soc. des Anliq, do Normandie, » t. xix,
p. «7-483 et pi.
• Bulletin monumental, » t. xviii, p. 268-275.
■ La Normandie souterraine, ■ Inédit., p.245-!53i
2'édit..p.297-304 et pi. n.
Girardin, " Analyses de plusieurs produits d'art d'une
baute antiquité, > p. 29-31 et pi. 3.
Id., ■ PréoiB analyt, des travaux de l'Acad. de Rouen, ■•
année 1851-52, p. 171-72 et pi.
Boach Smith, • Collect. antlq., • vol. ii , p. 211 et
pi. ^ux.
* Bulletin du Comité de la langue, de l'hlst. et des
arU de la France, . année 1853, n°2,p. 117-118.
De la Saussaye, « Revue numismatique, » t. m, p. 82,
pi. III, flg. 1 ; t. IV, p. 316, pi. XI».
E. Lambert, • Essai surlanumismat.gBul. du Nord-
Ouest de la France , • pi. vi, n" 3.
MORTEMER-SUR-EAULNE.
Époque gauloise. — Le Musée de Neufchâtel possède une charmante petite hachette
en serpentine provenant de Mortemer. La collection de M. Joly, établie dans l'enceinte
même du château, présente un fragment de hachette en silex sorti des ruines. — Des
monnaies gauloises en or ont été trouvées sur le plateau qui domine le castel normand.
L'une d'elles est entrée en 1839 dans le Musée de Rouen.
Sur la côte du château existe un gros poudingue appelé la Pierre. En 1836, M. E. Gail-
lard le signalait à la Commission des Antiquités comme pouvant être druidique.
Époque romaine. — Je tiens de M. Mathon que l'on a trouvé des monnaies romaines
& Mortemer, et, de M. Deville, que l'on y a recueilli des vases en terre cuite dont la des-
tination paraît funéraire. Six sont entrés au Musée de Rouen en 1835. En 1839, la même
collection archéolt^ique a acquis un grand bronze de Clodius Albinus, venant de Mortemer.
Époque franque ou normande. — On ne saurait s'occuper de Mortemer sans saluer
les gigantesques débris du château de la famille de Mortemer, si illustre en Angleterre et
65
— 514 —
en Normandie. Le moine Benoît de Sainte-Maure a célébré ce castel dans sa Chronique, et
c'est près de lui que l'on place la grande bataille de 1055 entre les Français et les Normands.
Assez près de ce château, on remarque un terrassementénorme dont on ne peutdéterminer
la forme ni le but. Ce grand mouvement de terrain doit remonter à une haute antiquité.
M. Mathon me signale encore à Mortemer un reste de tour ronde qu'il croit antique. Il
pense que cette construction en brique , silex et pierre de moyen appareil, pourrait être
antérieure à la châtellenie.
Epoque incertaine. — Je crois devoir ranger parmi les choses que je n'ai pu classer
avec connaissance de cause les différents objets que M. l'abbé Decorde assure avoir été
trouvés dans les fossés et parmi les débris du château de Mortemer. Ce sont des fers de
flèche, des éperons, des clés, des boucles, une lance, des monnaies, une portion de
chaudière en cuivre. M. Joly, propriétaire des ruines, en conserve chez lui une partie;
une autre a été offerte au Musée de Rouen.
L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique r t Procôs-verb. de la Commiss. des Antiquités de la
sur le conton de Neufchatel-en-Bray, . p. 161-75. Seine-Inf., i t. i", p. 77, 223, 221.
E. Lambert , •< Mém. de la Soc- des Antiq. de Norm. •
I t. XXV, p. 535.
SAINTE-BEUVE-EN-RIVIÈRE.
Epoque galxoise. — Dans la partie de cette commune qui est enclavée dans la basse-forêt
d'Eu, au triégede la Mare-des-Cendricrs, des terrassiers ont découvert un cimetière gaulois.
Traçant au mois de juillet 1862 le chemin de grande communication n» 60, de Neufchâtel
au Vieux-Rouen , ils rencontrèrent des groupes de vases qu'ils brisèrent sans miséricorde.
Averti de cette découverte en octobre 1863, je me rendis à l'endroit indiqué, et, de
concert avec M. de Girancourt, conseiller général de Blangy, j'y tentai une fouille archéo-
logique. Elle ne fut pas sans succès, puisqu'elle nous révéla deux groupes de sépultures gau-
loises. L'un se composait de quatre vases en terre grossière déposés
côte à côte à 75 centimètres du soJ.Un seul était entier et il ressem-
blait à une gamelle ou sou-
pière. — Nous en donnons
ici le dessin. — L'autre
groupe consistait en une
seule coupe grossière sur-
montant un dépôt d'osse-
p ments incinérés, simple-
' ment déposés dans le sol,
ce qui est bien la sépulture
belge de nos contrées. —
VASK GAm.o,B (isoïj. Nous donnons ici ce vase. va« Qkvum. '
— 545 —
D'autres vases et fragments de vases ont encore été rencontrés dans la tranchée. Nous
pouvons citer le petit vase dont nous reproduisons ici l'image. Ces
divers objets sont entrés soit dans la collection départementale , soit
dans celle de M. de Girancourt.
Époque romaine. — Dans l'église de Sainte-Beuve , on voit un
chapiteau de colonne en marbre blanc et d'ordre composite , servant
TASE GAULOIS (1S63). , , , . . /^ , ., a^ .- a J «x * J
de bénitier. Ce chapiteau nous parait antique et doit provenir des
ruines romaines d'Epinay, où M. Mathon a connu dans sa jeunesse un chapiteau en pierre
d'ordre toscan ou romain.
« Journal de Neufchàtel, » du 6 octobre 1863, i « Nouvelliste de Rouen, » du 8 octobre 1863.
«Journal de Rouen, ■ du 8 octobre 1863. * | « Moniteur universel, » du 11 novembre 1863.
ÉPINAY (section de sainte-beuve-en-rivière).
Nous avons dit, page 433 de cet ouvrage, que le nom d'Épinay était un bon indice
d'antiquités. Aucun exemple ne démontre mieux la vérité de cette assertion que le hameau
d'Épinay situé près de Mortemer, aux sources de l'Eaulne. La quantité d'anciens monuments
qu'on y rencontre est considérable. C'est au point que l'opinion publique y place une ville
disparue, que la tradition du pays appelle le Vieux-Neufc/iâtel. Pour nous, Épinay recèle
le squelette d'une station romaine.
Époque gauloise. — Plusieurs monnaies gauloises sont sorties du sol d'Épinay. M. De-
ville m'a cité des monnaies anépigraphiques , une médaille de bronze à la légende atisio,
et une autre de la ville de Rouen avec les noms de svticos et de ratvmacos. J'ai vu au
Musée de Neufchâtel dix ou onze monnaies gauloises en bronze provenant d'Épinay. Sur
l'une d'elles, j'ai lu le nom d'ATisios. De son côté M. E. Lambert, dans son second Essai
sur la numismatique gauloise, décrit et reproduit quatre curieuses pièces de potin,
trouvées à Épinay, et qu'il attribue à la première période celtique. Ces pièces, en efifet,
sont coulées et d'une grande grossièreté. Il cite aussi cinq monnaies de bronze parmi les-
quelles il reconnaît le type de viricfv.
Époque romaine. — Mais ce sont surtout des restes romains que l'on découvre à Épinay,
et cela depuis longtemps. Nous tenons de M. Mathon que, dès 1809, on a trouvé dans
des vases, qui furent brisés alors, environ quatre mille monnaies de bronze appartenant
aux empereurs Auguste, Tibère, Néron, Vespasien, Domitien, Trajan, Adrien, iËlius,
Antonin , Marc-Aurèle , Lucius Verus , Commode , Septime Sévère , Géta , Caracalla , Maxi-
mien, les deux Philippe, et les impératrices Sabine, Faustine mère et fille, Lucile, JuUa
Domna , Julia Severa et Julia Mammœa.
Le Musée de Neufchâtel a recueilli une partie de ces monnaies , ainsi qu'une bonne
portion des épaves antiques d'Épinay. Le Musée de Rouen a acheté les meilleures , et elles
sont aujourd'hui l'un de ses ornements.
— 516 —
A partir de 1824 surtout, l'attention s'est portée sur les découvertes d'Epinay. C'est
aux efforts tentés par MM. Fernel, avocat, Mathon , bibliothécaire , et Cartier, sous-préfet
de Neufchâtel, que l'on doit les premières révélations sur ce point intéressant.
En 1 824 , la Commission des Antiquités en fut saisie , et nous les trouvons inscrites dans
les procès-verbaux de cette année. Le 10 avril, elle reçut pour le Musée départemaital un
beau plat en bronze , ainsi qu'un vase , trouvé avec dés médailles du ne et du me siècle.
En 1 840 , la Société des Antiquaires de Normandie publia une note de M. Femel , dans
laquelle il expose que, le 8 mai 1832, dans une pièce de terre de 15 hectares qui sur-
monte un labour de 2 hectares nommé h C hamp-des-Tom beaux , on a trouvé des tuiles
romaines , un style bien consené , de la poterie rouge à reliefs et un fragment de coupe en
verre.
Dans une pièce de 8 hectares fut
recueillie une meule en poudingue.
En 1833, M. Fernel fit des fouilles
dans ce champ et rencontra des pote-
ries noires , des ossements d'animaux ,
des bois de cerfs, des os d'aurochs,
des ossements humains, des monnaies
de bronze du Haut-Empire et un tré-
pied en cuivre brisé.
Je me suis assuré que les débris an-
tiques se trouvent, à Épinay, sur un
BirSETDEEILÏmsnBEOinE(£PinAT,ie42). ITATl'ETTE OE HLKCCHE EN BnOKZB (tPIlfAT, IM3).
— 517 —
espace de plus de 2 kilomètres. On m'a dit que le propriétaire des terres s'était enrichi
avec les monnaies d'or antiques, tant elles y ont été abondantes.
Les principales conquêtes que le Musée de Rouen a faites à Épinay sont des monnaies
romaines en or, en argent et en bronze, des poteries rouges avec marques de fabricant,
tdle que : cos... et mansvetio.
Mais on doit citer par-dessus tout deux bustes de Silène en bronze et une jolie statuette de
Mercure du même métal. Ce dieu ailé et couronné de roses est assis sur un rocher ; ses yeux
sont inscrustés d'argent; sa pose est ravissante: c'est un petit chef-d'œuvre de la statuaire
antique que nous donnons à la page ci-contre. Trouvés en 1842 par M. Desquinemare, ces
trois objets sont devenus, en 1846, la propriété de notre Musée départemental. — Les
deux bustes, dont nous reproduisons un seul spécimen (1), sont hauts de 75 miUimètres.
La figurine de Mercure compte 14 centimètres. Ces trois images ont été achetées 250 fr.
M. Desquinemare nous a assuré avoir trouvé ces trois statuettes près d'une muraille
antique où étaient pratiquées des niehes laraires. Le même cultivateur nous a également
parlé d'un canal et de cubes de mosaïque pavant un appartement.
Alléché par ces curieuses découvertes, M. Deville fit pratiquer à Épinay des fouilles qui
ne rapportèrent que quelques débris et des noms de potiers.
Mais c'est surtout la Bibliothèque de Neufchâtel qui s'est enrichie et presque formée
des épaves romaines d'Épinay. Nous y signalerons spécialement un nombre considérable
de ferrures qui semblent avoir été destinées à garnir des
portes antiques. Nous reproduisons ici les deux plus impor-
tants spécimens de ce genre de ferronnerie. On remar-
quera la ressemblance de ces pentures avec celles de
Caudebec-lès-Elbeuf reproduites à la page 223 de ce
recueil. Ces nombreuses ferrures ont été surtout recueillies
en 1830 et en 1831. On montre également une suite de
tuiles à rebords alternées de tuiles convexes qui semblent
m
se raccorder entre elles. Le Musée garde aussi des meules
à broyer en poudingue.
FBBRunEs BOMAiNEs (ÉPINAY, 1831). La céramiquc y est représentée par de nombreux mor-
ceaux. Mais, parmi ces derniers, nous distinguerons seulement un fragment de vase rouge
offrant le nom de missi ; deux fonds de soucoupe qui répètent le nom de severi , et un autre
qui donne celui de cacava , déjà apparu dans la forêt de Maulévrier. Une des pièces les plus
remarquables est un plat en terre noire à couverte ardoisée , au fond duquel on lit trois fois
l'estampille de medi. Enfin , parmi les diverses pièces antiques , nous signalerons spéciale-
ment une belle passoire en terre blanche. La passoire romaine est commune en bronze ;
mais elle est rare en terre cuite. Cela se comprend, quoique la terre soit plus commune que
(1) Nous devons la reproduction de ces deux images à la bienveillance et au talent de M. E. Nicolle, courtier à Rouen
— 518 —
CLÉ DE COFFRET EN BEOKZB.
le métal. Mais le bronze se conserve mieux que la poterie. — N'omettons pas une chose assez
rare dans son genre : c'est une tablette à écrire en schiste malheureusement mutilée.
Le métal est surtout richement représenté à Épinay. Nous avons déjà parlé du fer, et
nous n'avons pas cité , au milieu de clous de toutes sortes et
de toutes dimensions , cinq clés et plusieurs styles en fer. Le
bronze a donné une patère un peu brisée , une johe anse de
coffret , une charmante clé de coffret en bronze que nous
reproduisons et deux médailles de Constantin fourrées en or.
Enfin l'osserie peut revendiquer quatre ou cinq plaquettes carrées, triangulaires ou
losangées , ornées sur la surface de doubles cercles gravés en creux. Ces plaquettes se ren-
contrent communément dans les stations romaines. Nous en avons vu à Lillebonne, à
Rouen et à Caudebec-lès-Elbeuf. Celles d'Épinay ont passé par le feu comme les plaquettes
de la Bibliothèque de Dieppe qui proviennent des incinérations de Caudecôte.
La Commission des Antiquités possède dans ses cartons de beaux dessins coloriés des
statuettes d'Épinay.
BIBLIOGEAPHIE.
L'abbé Cochet, a La Normandie souterraine, » !'• édit.,
p. 134-35; 2«édit., p. 152-53, 180.
« Procès-verbaux do la Commission des Antiq. de la
Seine-Inférieure, >. 1. 1", p. 76-77, 327, 364 , 372.
Guilmeth, « Descript. hist., géogr., stat. et mon. des
arrond., » t. m, p. 32.
L'abbé. Decorde, «Essai hist. etarchéol. sur le canton
de Neufchâtel-en-Bray, » p. 200.
Fernel , « Notice sur des antiq. découv. dans l'arrond.
de Neufchàtel-en-Bray, » dans les « Mém. de la Soc. des
Antiq. de Norm., » t. xi, p. 173-74.
E. Lambert, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., •
t XXV, p. 476-78, pi. 1 , fig. 14, 16, 17, 28, pi. xi, fig. if,
pi. xiî, fig. 5, 6, 7, 8.
« Magasin pittoresque , » année 1865, t. xxxiii, p. 243-
244.
CANTON DE SAINT-SAÊNS.
SAINT-SAÊNS.
Ce bourg important dut ôtre habité à toutes les époques; cependant, jusqu'à présent,
quoique nous l'ayons bien interrogé, il est loin de nous avoir donné la série de monu-
ments que nous sommes en droit d'en attendre. Jusqu'à un certain point , l'histoire ici est
plus riche que l'archéologie. Néanmoins, nous y verrons des vestiges de toutes les périodes.
Époque gauloise. — M. Buzot, propriétaire à Saint-Saëns, possède plusieurs hachettes
de silex recueillies sur le territoire de ce bourg. Le Musée de Neufchâtel montre aussi des
haches de pierre provenant du Mesnil-Bénard , hameau de Saint-Saëns. De son côté,
M. Lambert, de Bayeux, cite des monnaies gauloises trouvées à Saint-Saens.
/. J
— 519 —
Époque romaine. — Au Lihu , hameau connu pour une ancienne verrerie, on a trouvé,
vers 1860, des monnaies de bronze du Haut-Empire, possédées par M. Sévry, instituteur
à Saint-Saëns.
Dans une excursion archéologicpie qu'il fit à Saint-Saëns , en i 835 , M. E. Gaillard ra-
conte avoir vu des débris romains. M. Deville , dans les notes qu'il nous a communiquées ,
a connu au Câtelier des briques et des poteries antiques. M. Guilmeth dit la môme chose.
Le genre de monument antique qui abonde le plus à Saint-Saëns, c'est la meule à
broyer en poudingue. Le pays en est véritablement semé.
Hais ce qui est plus intéressant qu'ailleurs , c'est qu'il a dû exister sur ce territoire
d'importantes fabriques de meules. Ces fabriques eurent lieu dans le bois de l'Abbaye et
dans celui qui surmonte la propriété de M. d'Haussez. Sur ces deux points, on voit
d'énormes fosses accompagnées de buttes très élevées. Là , le poudingue abonde , et l'on
ne saurait douter que ces grands mouvements de terrain ne soient des restes d' extraction.
Des recherches faites sur le sol nous ont montré une quantité de meules à l'état de for-
mation : ce sont des ébauches et des essais abandonnés par les anciens industriels (1).
En ISBl , dans les défrichements des
bois de l'Abbaye, on a trouvé une hippo-
sandale en fer {'i), chose assez rare dans
notre département, puisque je n'en con-
nais encore qu'à Archelles, près Arques,
et à Caudebec-lôs-Elbeuf, l'ancienne Ug-
gate. Celle de Saint-Saëns a été recueillie
par M. Chevreaux, qui a bien voulu nous
en communiquer le dessin ci-joinl. —
On connaîtà Saint-Saëns un lieu nommé
la Salle. D est très vraisemblable qu'il
BippoBAnDALB BK vun {ïAinT-sAËNs, iHiiij. y cxlste dcs autiquîtés romaines.
£1) Saint-Saéns ne serait pas, dans notre département, la seule localité où l'on aurait mbriquÈ des meules de
poudingue'. Nousavons cru en reconnaître un atelier, en I8G3, dans lofasses fa'rilresAii Bois-des-Hogues. (Voir cet
ouvrage , p. 370, 373,) — Au carrefour de la Futaie, i Fleurines (Oise), on trouve des meules antiques en si grande
quantité, qu'on suppose qu'il a existé là un centre de fabrication de ces instruments. {Woillez, • Répertoire
. archéologique de rOise, • p.. 191.) — On peut consulter è propos de meules à broyer, M. Guérard, ■ Polyptique
d'Irminon,>t. i",parLii, p,632, 833,— «Cartulaire de SainUPèredeCliartres, . 1. 1", p. 11.— LesdéputésdeRennos
aux États-Généraux de 1780, nous apprennent que l'ipreté des seigneurs baniere de la Bretagne était telle, que les
paysans étaient revenus aux moulins à bras de la Gaule pour se soustraire aux portes que leur imposait la
banalité. Les seigneurs, en vertu d'un droit nommé mile du moulin, leur vendaient souvent fort cher la faculté de
broyer entre deux pierres une mesure d'orge ou de sarrozin; faute par eux d'acquitlor la suite dumovtin, leurs -
meules étaient brisées. Louandre, ajournai gén. de l'Inst. puliliquc , " du G juillet 18Ci . p. 415, t. ixxin, n° 27.
(2) SaJnt-Saëna n'est pas le seul point de la Se lue -Inférieure où s'est rencontrée la pièce de fec que nous nommons
hipposandale. Noua en avons trouvé à Arques, en 1853, dans l'établissement romain dArcholles: d'autres ont été
- 520 —
Dans les terrassemenls pratiqués en 1865 pour l'ouverture du chemin de grande
communication n» 38 de Saint-Saéns à NoUéval , on a rencontré au pied de la colline et
dans l'enceinte même de l'ancienne abbaye des masses de tuiles à rebords, des faîtières,
extraites du sol de Caudebec -1 Es- Blbeuf (l'ancienne Vggale-.
et sontcoQservÉcsà Louviers,par M. Lalun. Les analogues,
que nous connaissons en Normandie, ont él'! rencontrées à
lttRivi(Te-Thibouville(Eure), à Vieui, près Caen, que l'on
croit Arcrgenus, et au Vieil-Évreux (l'antique Mediolaniim).
Les trois sabots de Vieux se voient au Musée de Caen.
Nous reproduisons ici un des sabots d'Évreux dfjà édité par
Roacli Smith et par MH. fionnin et Chcvraux. (Bonniu,
■ Fers antiques trouvés au Vieil-Évreux (Eure), » in-4' de
H p. avec 3 pi., Éïreujt, 1840. — Id., n Antiquités gallo-
rom. duVieil-Évreux, «atlas, pi. xLi. — Chovraux," Bulle-
tin monumental , = t. vi, p. 473, p. v. — Roach Smith ,
"Colleclaneaanliqua, «vol. m, p. Iî8. — Naniur,. Public. hipposaj«oalb en FCa (vieil-BVRKUx).
de laSoc. archfoi. duLuxomb., p t. ii, p. xcdi.) — Dans lo
reste de la France des bipposandales ont été recueillies : au Ch&telet (Grivaud de la Vincelle, ■ Arts et métiers
des anciens,- pi. xiv, Ilg. 1.5; pi. cxxvn, fig. 1, 2 et 3); à Dijon (■ Bulletin mon., » t. vi, p. 173;<GoUect. anliq.,i
vol, m, p. 128); à Aulun (. Bull, mon., » t. vi, p. 473-74; . Collect. antiq., » vol. m, p. 128); à Troj-es (ThioUet ,
• Congrès archéol. de France: séanc. gén. de Troyes, eu 1853, » p. 375, 378, fig. 1 et 2); ù Montbéliard («Bull,
mon.,» t. VI, p. 474; oCollect. antiq.,» vol. m, p. 128); à Mandeure ,
près Hontbéliard {^'Epamanduodunim des Itinéraires); à Bcrupt et k
Remennecourt dans l'ancienne Lorraine ( • Le Tombeau àa Chil-
déric I", » p. 153-54). — Dans une lettre particulière M, de Pibrao
nous apprend qu'il a trouvé à Saint-Euvcrte- d'Orléans une hipposan-
dale, en 1863 ou 1864. Il en possède une autre trouvée près 8aint-Ay,
dans le Loiret. — Nous reproduisons ici les trois fers lorrains recueillis
par M. de Widranges , en 1840, 1843 et 1846. - A l'étranger ces mêmes
fers se sont produits : h Londres, à Stony Stratford et ù Spring Head,
dans le Kent(Roacb Smith),
• GoUectanea anliqua , ■
»ol. m, p. 128; id., - Cata-
logue ofthe Muséum ofLoQ-
don anUquities, ■ p. 77 ;
Namur, ■ Public, de la Soc.
archéol. du Luxemb.,« l. ra,
p. xcin). — Dans le Luxera-
bourg , le seul camp de
Dalheim en a montré dix,
de 1851 à 1855. (^ Publica-
tions de la Soc. archéol. du
Grand-Duché de Luxem-
boure » t. vu i) 185 ni x hipposanoales en fbh (kbmbnnbgockt bt acKUPT, lBiO-48).
flg.25; l.ix,p. 126, etl.xi,
p. 93-94, pi. ui.fig. 21 et24). - M. de Bonstetten en signale un trouvé, en 1758, à Culm, prés Avencheg (Suisse),
(Schmidt, t Recueil d'antiq. trouv. à Avenchas, Culm, etc., . p. 88, pi. v, fig. 2, 10-4°, Berlin, 1760), et M. Troyon
m'en a cité quatre recueillis sur un squelette de cheval dons les ruines romaines des Granges (canton de Vand).
— BnDn MM. Roach Smith et Namur prétendent qu'en Hollande la coutume des bipposandales est encore habi-
tuellement pratiquée (Roach Smith, > Collect. antiq., > vol. m, p. 129; Namur, ■ Public, de la Soc. arcbéol. du
Luxembourg, ■ t. xi, p. lciv; ' La tombeau de Childéric I", ■ p. 163).
— 521 —
des éluves , des briques antiques , un bronze romain et des fragments de poterie gallo-
romaine.
Époque franque. — Le grand monument de l'époque franque, c'est la fondation du
monastère du Camp-Souverain ou du Camp-Soudain par Sidonius^'^moine de Jumiéges, en
670 selon les uns, en 675 selon les autres. Sidonius, connu en français sous le nom de
4
Saëns , était un pauvre enfant irlandais ou écossais , qui , ayant été racheté par les reli-
gieux de Jilmiéges , devint novice de ce monastère et disciple de saint Philbert. Il resta
dans la grande abbaye des bords de la Seine jusqu'à ce que saint Ouen , évêque de Rouen ,
lui enjoignît à son tour de fonder une colonie dans le bassin de la Varenne. Il fut aidé par
Thierry 1er, flis de Clotaire III, qui lui donna le terrain. Pendant quelques années, il eut
pour disciple et pour compagnon saint Leufroy, qui ne quitta cette solitude, en 686, que
pour aller fonder, sur les bords de l'Eure , l'abbaye de la Croix.
Après avoir accompagné saint Ouen au tombeau des saints apôtres, saint Saëns mourut
le 14 novembre 689 ou 695, et fut inhumé dans sa propre égHse. Où était située cette
église, comme ce monastère? C'est ce que nous ne saurions dire depuis sa destruction
par Hastings et ses Normands du ix^ siècle.
La tradition assigne deux places au monastère primitif comme au tombeau de saint
Saëns : la ferme du Camp-Soiiverain^ voisine de la forêt d'Eawy, à 3 kilomètres du
bourg et où se trouve la mare du Puits-Merveilleux, ou bien la butte du Câtelier,
voisine du bourg et de l'ancien château. Là se trouve une fontaine vénérée dite du
Bienheureux saint Saëns. On y vient en pèlerinage et même en procession dans les
sécheresses.
Aucun document historique, aucun monument archéologique, n'est venu jusqu'à pré-
sent nous révéler le lieu précis du séjour et du tombeau de Sidonius. Nous savons seule-
ment que son œuvre fleurit longtemps , et qu'au viiie siècle , saint Laude ou saint Landon ,
abbé de Fontenelle , gouvernait en 731 cette maison, appelée alors Cella Sancti Sidonii.
En 734, Charles Martel confirma les dons et privilèges de cette fondation. On croit qu'elle
fut détruite par les Normands vers 860.
MM. Deville et Guilmeth parlent de tombeaux de pierre et de plâtre trouvés à Saint-
Saëns, sans donner la date de ces découvertes. Par leur nature, ces cercueils pourraient
être reportés à l'époque franque.
Période normande et Époque incertaine. — Nous devons ranger parmi les monu-
ments d'une époque incertaine les lieux nommés par la tradition le Camp-Auger et le
Camp-Tillou , où l'on remarque d'anciens retranchements.
La butte dite du Câtelier peut être antique, comme elle peut n'être aussi que le débris
de la forteresse normande de Saint-Saëns, car on sait que Saint-Saëns joua un rôle dans
l'histoire de Normandie, sous les fils du Conquérant. Le château, donné en partage par
Robert Courte-Heuse à Lambert de Saint-Saëns, avait sous lui les forteresses d'Arqués et de
66
— 522 —
Bures, et, un dimanche de Tannée*! 106, il protégea l'évasion de Guillaume Cliton, Tin-
fortuné fils de Robert, poursuivi par les gens de Henri Beauclerc.
Au commencement du xviie siècle, il existait encore au Câtelier une apparence de
vieilles murailles avec mottes et fossés ^ cour et arrière-cour. En 1806, la triple enceinte
de fossés ne présentait pas moins de 10 mètres de profondeur sur une largeur égale. On
connaissait également le château de la Butte dans la prairie de la Salle. Des fouilles faites
en 1777 y découvrirent un escalier de pierre. En 1626; on indiquait aussi la place d'un châ-
teau ruiné. Enfin, en 1777, on a trouvé un chemin de 30 pieds de large à chaussée épaisse.
Comme dernier vestige de Thistoire de Saint-Saëns , nous citerons la tradition d'an-
ciennes foires qui auraient existé dans ce pays dès la plus haute antiquité. Pour preuve
de cette industrie disparue déjà depuis longtemps , le peuple cite la rue des Forges et la
rue d'Enfer. Pour nous , nous ajouterons ces restes de fourneaux , ces masses de scories
et de mâchefer, que rend partout le sol quand on l'interroge avec le louchêt et la bêche.
Saint-Saêns est un lieu remarquable pour ses fontaines sacrées, outre la source du Câta-
lier dédiée au patron du Bourg, il y a encore la fontaine de Saint-Martin , près la chapelle
de Saint-Martinet, et la fontaine de Sainte-Marguerite, près Tabbaye des Bernardines.
Fridegode, t Vita 8. Audoeni Rothom. archiepiscopi. »
« Neustria pia , » p. 335-337.
Mabillon , « Ann. ord. S*^ Bene., • 1. 1*% lib. 16, p. 522.
Id., « Acta ss. ord. S*' Bened., » Soc. m, p. 583.
Ménard, « Observations sur le martyrologe bénédic-
tin, » au 14 novembre.
«Gallia Ghristiana, » t. xi, p. 122.
Boll., «Acta Sanctorum, » mens febr., a Vit. 8.
Ansbert. »
DupleSsis, «Descript. géogr. et hist. de la Haute-
Norm., » t. 1", p. 103-105.
D. Bouquet, « Recueil des Historiens des Gaules et de
la France, » t. m* p. 644, t. iv, p. 17.
« Hist. de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumiéges,»
Mss. in-folio de 1762, p. 12 et 13 , à Jumiéges, chez
M. Lepel-Gointet.
DTeppes, «Chronic. ord. S. Benedict., » t. ii , ad
annum 677.
Baillet, « Vie des Saints , » t. m, 14 novembre.
« Histoire de Saint-Saëns, • Mss. de 18 pages in-folio,
rédigée par M. E.-R. Bosquier, en 1806, et conservée au
château du Quesnay par M, Hély d'Oissel.
BIBUOGRAPHIE.
Bosquier, « Notice sur Saint-Saëns, » dans les « Mém. de
la Soc. des Antiq. de France, » t. iv, p. 128-133 (1823).
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 7,
t. XXIV, p. 362.
E. De Duranville, «Notice sur la vallée de la Varenne,»
dans la « Revue de Rouen, » année 1851, p. 193-212,
289-310.
E. De Duranville, « Saint-Saëns, » dans la « Revue de
Rouen,» année 1845, p. 155-158; mars 1845.
Id., Articles insérés dans la « Revue de Rouen, » in-8*
de 16 p., Rouen, 1845.
« Bulletin monumenlal , » t. xxix, p. 37.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat et mon. des
arr., » t. m, p. 208-10 et 223.
P. de la Mairie, « Recherches hist., archéol. etbiogr.
sur le Bray normand et le Bray picard, » t. n,p. 150-51.
L'abbé Cochet, « Notice hist. et archéol. sur l'église et
Tabbaye de Saint-Saëns, » dans les & Mém. de la Soc.
des Antiq. de Norm., » t. xx , p. 442-457.
« Revue de la Normandie , » 1" année , p. 797-98.
E. Lambert , « Mém. de la Soc. des Antiq. de Nonn., •
t. XXV, p. 535.
PERDUVILLE (section de bosc-mesnil).
Époque romaine — Vers 1780, on a trouvé à Perduville un dépôt de monnaies ro-
maines en argent. Le Musée de Neufchâtel possède un Caracalla venant de cette collée ion
— 523 —
qui était considérable. On assure que les pièces étaient dans un vase , à 50 centimètres
du sol.
SAINT-MARTIN-OSMONVILLE.
Époque ROMAINE. — En 1857, on a trouvé, au hameau de Bréquigny, un certain
nombre de monnaies de bronze du Hàut-Empire. Parmi celles que conserve M. Sévry,
instituteiœ à Saint-Saëns, j'ai reconnu une Faustine et un Auguste , au revers de Tautel de
Lyon. M. Léopold Quenouille , de Saint-Saëns , ih'a montré un grand bronze de Lucius
Verus et un autre de Didia Clara , qu'il assure provenir du même endroit. Cette dernière
pièce est rare. — Sur Saint-Martin , il existe un hameau appelé La Salle. Ce nom est
presque toujours un indice d'antiquités.
Époque incertaine. — En terrassant et en nivelant le sol qui environne le château
d'Osmonville , appartenant à M. Bouctot , on a trouvé , à diverses reprises , des squelettes
humains , dont il est malaisé de déterminer la date.
En face de la ferme du Fontenil^ on remarque dans la colline qui est vers Mauray des
terrassements auxquels on donne le nom de Fort et auxquels se rattachent des traditions
de guerre.
BEAUMONT-BEUSEMOUCHEL (section de roquemont).
Époque incertaine. — Sur le tracé du chemin de fer de Rouen à Amiens , on re-
marque un tertre nommé la motte du Grand-Parc. On pense que cette butte doit dispa-
raître par suite des travaux de la voie ferrée.
MONTÉROLLIER.
Époque romaine. — Une extraction de caillou pour la bâtisse fut pratiquée, en juillet
1863, dans un herbage de la ferme de Bellevue, appartenant à M. Bouctot, conseiller
. général du canton de Saint-Saëns. Ce travail amenala découverte d'un important et curieux
édifice romain dont le mérite ne fut bien constaté que lorsqu'il avait en grande partie
disparu. Une fouille que j'y pratiquai au mois d'octobre de la même année me fit recon-
naître un beau mur romain épais de 65 centimètres et revêtu de ciment rouge. L'angle
de l'édifice est formé en tuf de petit appareil, comme le théâtre de Lillebonne et nos
belles constructions antiques. J'ai suivi ce mur sur une longueur de 10 à 12 mètres
seulement.
Dans les débris provenant des démolitions , j'ai remarqué des tufs et des pierres taillées,
des tuiles à rebords et très peu de poterie. J'ai eu le bonheur d'y rencontrer, chose rare
dans nos contrées, un fragment d'inscription romaine. Elle avait été gravée en lettres capi-
tales sur une pierre de Saint-Leu. Il n'y restait que ces trois lettres : ... vpa, que je crois
— 524 —
tracées en caraclêrcs du ii» ou du m» siècle. Il y avait d'autres ligues dont on ne recon-
naissait que les points ou les entêtes.
Pour que ce monument eût une inscription , il fallait qu'il fût important. Jusqu'à pré-
sent, nous ne connaissons d'inscriptions dans ce déparlement qu'au cimetière d'Orival et
aux nlles i'Uggale, de Rolomagvs et de Juliobom.
M. Mathon a encore connu une monnaie consulaire en argent de Sextus Pompeius
provenant de Montérollier.
ÉPOQUE FBAMQUE. — Les ruiues de l'édifice romain dont nous venons de parler furent
occupées par les Francs. Nous n'en voulons
d'aulre preuve que les sépultures rencon-
trées en juilIeH863,lorsdeladémolition
des murs antiques. Avec les corps, conciles
le long des murs, les ouvriers ont recueilli
des vases, des ornements et des armes. La
plus grande partie de ces objets a été brisée.
Mais il a été sauvé du naufrage trois scra-
masaxcs ou sabres de fer, encore munis de
leurs rainures; une plaque de ceinturon en |
fer, recouverte de damasquinurcs d'argent,
et deux boucles de ceinturon en bronze ci-
selé, accompagnées de leurs plaques garnies •"«""""'""■»»«">"»™»l™"«"<»-"".'»-
de dessins gravés en creux. — Nous en donnons ci-dessus le dessin. — Enfin, il a élé
recuedli un mojen bronze du Haut-Empire.
Un monument gallo-franc étant reconnu sur une des collines boisées de Montérollier et
J> une légère distance des sources de la Varenne (i), il devient assurément plus possible
que jamais d'y placer le monastère de femmes connu sous le nom de Varinm, dont il est
fait mention au vn. siècle dans la vie de saint Riben, et au viii. dans celle de saint
Leufroi.
Les anciens auteurs qui parlent de l'abbaye de Varinm disent que saint Ribert, moine,
chorévêque et apôtre de nos contrées, y fut enterré au vue siècle (2). Ds assurent que saint
Leufroi, après y avoir passé quelque temps près de saint Saêns, son maître et son ami,
dans le monastère . quod vocatar Vulgô Varcnna, . le quitta pour aller fonder le monastère
de la Croix , où il mourut en 738. Enfin , on connaît la possession de Varenne par Teutsinde,
abbé de Fontenelle, en 734. Voilà à peu près tout ce que l'on sait de cette mystérieuse
maison que quelques-uns disent délruite par les Normands, tandis que d'autres la font
supprimer dès le temps de Charles-le-Chauve. Adrien Valois , qui donne ce renseignement,
(l)Uï.rei.ne..t,pp,lé,, d.u 1. CliroMque de Ponlenoll. , .uix'.iède. fùro.et ri.r.ra.
(î) . Wannna , m quA sttnctus Ribertus corpore quiescil. . , Nenstria pin, . p. U9.
— 525 —
dit que ses biens ftirent réunis à l'église de Rouen. Le même historien la place dans le
comté de Tallou, et les auteurs du Gallia Christiana la mettent sur leur carte de 4767,
aux sources de la Varenne. Dès le siècle dernier, le bénédictin Duplessis croyait déjà voir
dans Montérollier le monastère perdu, et il s'appuyait sur l'ancien vocable de ce pays, qui,
dans les plus anciens titres, est Monasterium Hoolerii, Odelerii ou Odilerii. Si, de nos
jours, MM. Leroy et de la Mairie partagent cette opinion sans l'appuyer davantage, de son
côté, M. de Duranville la repousse. Il est possible que les découvertes modernes fournissent
une occasion d'y revenir.
w
Epoque normande (?). — Nous sommes tenté d'attribuer à la période normande la
motte circulaire que l'on voit dans la ferme du Mont-Hognet. C'est un tertre élevé cou-
vert d'herbe et entouré d'un fossé circulaire , autrefois remparé de murailles. Le diamètre
a bien 50 mètres, et la circonférence 150. La profondeur des fossés est encore de 5 à
6 mètres. Nous croyons que c'est là le château normand des chevaliers Osbeçne et Ansfrède,
frères de Papie , épouse du duc Richard IL Ces deux vaillants soldats portèrent avec eux la
terre de Montérollier à l'abbaye Fontenelle, lorsqu'en 1024 ils se firent moines dans
l'abbaye du bienheureux Wandrille (1)..
BIBLIOGRAPHIE.
« Cbronicon Fontanellœ, « c. ix .
« Neustria pia, » p. 166.
Mabillon, « Acta Ss. ord. S. Benedict., » t. m, p. 585.
Dom Bouquet, « Recueil des hist. desGaul., » t. m ,
p. 644.
« Gallia Christiana, » t. xi, p. 132 et carte.
Duplessis , • Descript. géogr. et hist. de la Haute-
Norm., » t. I", p. 42-43 et 600-601.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
arr., • t. m, p. 229.
De Duranville , « Notice sur la vallée de la Varenne, »
dans la « Revue de Rouen, » année 1851, p. 196.
P. de la Mairie , « Recherches hist., archéol. et biogr.
sur le Bray normand et le Bray picard, • 1. 1*', p. 140.
Leroy, t Histoire de la commune de Montérollier, »
p. 43, 46-47 et 57, in-8% Rouen , 1859.
« Revue de la Normandie, » t. m , p. 801-804.
MATHONVILLE.
Époque incertaine. — Vers 1844, au lieu dit le Bos-Robinet^ on a trouvé des sque-
lettes humains.
LE NEUFBOSC.
Période normande. — Au bord d'un taillis nommé le bois du Vieux-Château , on re-
marque un tertre circulaire situé sur le penchant d'une colline. Son élévation au-dessus
du sol est d'environ 2 à 3 mètres, sa circonférence est de 120 et son diamètre de 40. Dans
tout son pourtour, il est environné d'un fossé de 4 à 5 mètres de profondeur. D'épaisses
murailles ont autrefois formé ce donjon circulaire qui, en 1853, a été démoli dans ses
racines pour ferrer le chemin de grande communication no 39 , qui va dé Bradiancourt à
la route, impériale no 28.
(1) Charte de Richard II délivrée à Fécamp, en 1024. « Neustria pia , » p. 166.
— 526 —
FONTAINE-EN-BRAY.
Époque franque. — Un cultivateur, en labourant ses terres, voisines de la Fontaine^
Mogne (la Fontaine-du-Moine?), trouva, en 1860, un cercueil de pierre qui est encore
conservé. Dans cette auge sépulcrale était un squelette et une arme de fer, sabre ou épée.
Époque incertaine. — On raconte, dans le pays, que l'église a été transférée et qu'elle
était autrefois à la côte de Fontaine ^ que l'on nomme parfois la côte de Saint-Wandrille y
parce qu'elle était possédée par les moines de ce nom.
Nous croyons peu à cette tradition , attendu que l'église actuelle date du xi« siècle.
SAINTE-GENEVIÈVE-EN-BRAY.
Époque romaine. — De 1840 à 1850, on a trouvé, à plusieurs reprises, des tuiles à
rebords dans les terres qui environnent le hameau du Carrouge.
Époque franque. — Dans le cours du dernier siècle, un cultivateur de Sainte-Gene-
viève trouva , dans une terre voisine de ce même hameau du Carrouge , au bord du vieux
chemin des Maréyeux qui conduisait de Dieppe à Paris , des cercueils en pierre contenant
des ossements humains. Cette découverte fit alors quelque bruit, puisque les feuilles pu-
bliques et l'Académie de Rouen s'en préoccupèrent.
On a conservé dans le pays le souvenir de cette découverte , et on nous en a montré la
place en octobre 1863. On nous a assuré que les sépultures étaient environ à 50 centi-
mètres du sol , que la terre du champ est noire dans certaines parties ; enfin , on nous a
fait voir dans le fossé et sous la haie un cercueil en pierre de Vergelé encore en place. Son
couvercle en dos d'àne indique suffisamment l'époque franque.
Epoque incertaine. — sAu-dessusde ce champ de sépultures, on remarque, dans le
flanc de la colline , des coupures et des terrassements qui ressemblent à la motte d'un an-
cien château. Dans le pays, on appelle ces retranchements le camp de la CôteniU'Carrouge.
Il y a aussi, à Sainte-Geneviève, tradition d'église transférée. On assure qu'elle était
auprès des tombeaux francs du Carrouge. Nous craignons que cette idée ne soit venue des
sépultures elles-mêmes.
SOMMERY.
Époque gauloise. — Le Musée de Neufchâtel possède deux hachettes en silex prove-
nant de Sommery. L'une a été trouvée en 1852, et l'autre en 1859.
En 1860, on a trouvé à Sommery une monnaie gauloise en potin.
Époque romaine. — Vers 1780, lorsque l'on traçait la grande route de Dieppe à Paris,
aujourd'hui connue sous le nom de route impériale no 15, on trouva un groupe de mé-
dailles romaines. Dom Bodin , alors procureur à l'abbaye de Beaubec et auteur d'une his-
— 527 •—
toire manuscrite de Neufchâtel , recueillit ces épaves antiques et les conserva à travers la
Révolution (1). En mourant, il les transmit à sa sœur, qui les donna à un de ses parents,
médecin à Paris.
Je tiens de M. Fourcin , cultivateur à Sommery, qu'au hameau de Tôtes on aperçoit
souvent, dans le talus du chemin, des tuiles à rebords et des murs antiques qui trahissent
encore le passage des conquérants du monde.
Époque franque. — Lors de la confection du chemin de grande communication no 38,
de Buchy à Senarpont, ou trouva dans la coupe de la côte, dite des Grands-Monts, des
ossements humains accompagnés de sabres, de vases et d'ornements de métal. Ayant visité
cette tranchée , il me fut aisé de reconnaître un cimetière franc de l'époque mérovingienne.
La fouille de quelques heures, que je pratiquai en juin 1859, me donna deux squelettes,
un couteau de fer , un sabre franc coupé en deux lors de son dépôt et \m vase en terre
blanche placé aux pieds du défunt.
Fernel, «Notice sur des antiquités découvertes en 1832
et 1833 dans Tarrond. de Neufchâtel, » dans les « Mém.
de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xl , p. 177.
« Bulletin monumental , » t. xxvi, p. 807.
« Bulletin de la Soc. des Antiq. de Norm., « t. i
p. 51.
CANTON DE LONDINIÊRES.
LONDINIÈRES.
Londinières est un modeste bourg de l'arrondissement de Neufchâtel ; mais, au point de
vue archéologique , cette terre a pour nous une grande importance. Depuis un quart de
siècle, le sol précieux de cette bourgade nous a révélé, sur ses collines, les monuments
les plus curieux des anciennes civilisations. L'époque celtique , et surtout Tépoque franque,
ont trouvé dans Londinières une mine riche et non encore épuisée. Les Musées de Neuf-
châtel, de Dieppe, de Rouen, de Caen, de Paris et de Saint-Germain-en-Laye , présentent
chacun une page de cette histoire souterraine qu'il nous faut esquisser.
Époque gauloise. — Parmi les monuments de l'époque gauloise rencontrés à Londi-
nières, nous devons citer un poignard en bronze recueilli, en 1861, par M. Bavard,
greffier de la justice de paix , et conservé par lui.
n a été trouvé çà et là , sous le sol de Londinières , des hachettes en silex polies ou
ébauchées; mais la mine la plus précieuse de ce genre de monuments s'est révélée sur
(1) Dom Hobert Bodin, religieux de l'ordre de Citeaux, était procureur de l'abbaye de Beaubec, en 1753, quand
il composa une « Histoire civile et militaire de la ville de Neufchàtel-en-Bray, » à présent aux bibliothèques de
Rouen et de Neufchâtel. — Né â Neufchâtel, le 31 juillet 173t, il est mort en cette ville le 18 mai 1803.
une colline connue sous le nom des Marelles, qui s'étend en partie sur le territoire de
Fréauville. Les champs labourés durent être autrefois le centre d'un atelier de fabricaUon
de ces instruments de pierre : la quantité qui en est sortie est inappréciable. Pendant
vingt ans, M. H. Cahingt en a bien recueilli la charge d'un baoneau. Ces pièces s'y
trouvent à tous les états, parfois polies, mais surtout ébauchées. Elles s'y montrent no-
tamment à l'état de fragments et de rebuts. Il y en a de toutes les formes et de toutes les
dimensions. Afin de donner au lecteur une idée de cet arsenal lapidaire, nous produisons
ici une série d'échantillons de rebuts tels qu'ils se sont rencontrés dans l'Oise, au camp de
CI8BAII EN nSBRE.
■AGBBTTSS JSN HLEX : «EBOTS ET PB&OMBNTS. — CAMP DE G&TB»OT (OISE).
Calcnoy, où ils ont été recueillis et publiés par MM. Ledicle-Duflos et Houbigant. Ces
gravures donnent une parfaite idée des ébauches des Marettes, qui peuplent à présent le
Musée d'artillerie de Paris, le Musée gallo-romain de Saint^Germaîn-en-Laye et les collec-
tions de Neufehâtel et de Dieppe.
Outre les hachettes de pierre
M. Cahingt a recueUli récemment
aux Marettes des couteaux et des
gouges en silex, et surtout des
pointes de flèches bien marquées
et quelques autres instruments de'
l'âge de pierre. De plus en plus nous
sommes convaincu qu'il y avait ici
un atelier d'outils pour la civilisa-
tion primitive. (Nous reproduisons
ici une gouge ou ciseau en silex et
deux pointes de flèches parfaite-
ment taillées) (1).
3*^2teî^»>;°
FLECHE a DE PIGnaE.
(1) Des pointes de flèches en ailes pareilles à la nûtre ont été trouvjes en Angleterre dans le comtS d'York
(Th. Wright , . On ihe remains of a primitive people in IJie South corner of Yorltahire , - pi. i et ii.j En Irlande
(Wilde, .Catalogue oftheanliquiUea of atone, etc., in the Muséum of the royal Irieii Academv, . p. I8à2ï),et
en IUlie (de Mortillet, - Matériauï pour rHiat. posit. et phiioaoph. de l'homme, . 2* année, p. 87 89.) '
— 529 —
Époque romaine. — La civilisation romaine jonche partout le sol de Londinières. On
en trouve des débris dans le bourg, au pré des Préaux, à Epinay, sur les bords de TEaulne
comme sur ceux de la Héanne. Partout ce sont des murs, des médailles, des tuiles, des
poteries , des huîtres , des moules , et tout le limon de la vieille mortalité. Une voie romaine
venant de Dieppe à Beauvais traversait le bourg de Londinières , dont le nom même in-
dique un marché antique. En 1836, M. Deville acheta, pour le Musée de Rouen, un petit
lion en bronze trouvé près du cimetière.
Mais le point le plus romain de cette terre , c'est le terroir des Fosses, haute colline ,
plateau élevé, tout semé de céramique, tout sillonné de constructions. Les Fosses, souvent
examinées par M. Cahingt, n'ont cessé de lui donner des restes de vases, parmi lesquels
nous devons signaler un débris de mortier et de beaux fragments samiens, réfugiés à
Neufchâtel. Nous ne pourrions tout dire; mais nous ne voulons pas oublier un superbe
aureiis de Domitien, recueilli aux Fosses, vers 1856, et acquis par la ville de Neufchâtel.
M. Cahingt possède encore chez lui toute une série de bronzes antiques sortis de Londi-
nières , et surtout des Fosses.
Époque franque. — Le bourg de Londinières apparaît dans l'histoire au temps de
Charles-le-Chauve, et cette mention suppose une existence dès le temps de Pépin et de
Charlemagne. Le 7 mars 872. ou 875, nous voyons le successeur de Louis-le-Débonnaire
confirmer au chapitre de la cathédrale de Rouen les églises de Londinières , de Clais , de
Douvrend, d'Angreville et de Martin-Eglise, données par l'archevêque Riculfe; d'autres
disent déjà cédées à la métropole par saint Remy, de Rouen. Les Normands pillèrent ces
biens ; mais les ducs Guillaume Longue-Epée et Robert-le-Magnifique les restituèrent aux
chanoines, dont ils restèrent la propriété jusqu'en 1789.
Voici en quels termes s'expriment les Francs et les Normands: t In pago Talano...
Lundinarias cum appenditiis suis, » disent Riculfe et Charles-le-Chauve , t Cleidas et Lun-
dinarias cum omnibus appenditiis quae sunt in pago Talou. » — « vi hospites apud Lundi-
narias et totidem apud Cleidas , » disent Guillaume et Robert. Enfin , il est encore fait
mention de Londinières dans le hameau d'Epinay, appelé Spinetum dès le temps des
Francs.
Mais, à nos yeux, ce ne sont pas là les meilleurs titres de Londinières. Son sol a con-
servé la plus riche de ses chartes, et c'est elle que nous avons essayé de déchiffrer dans
trois fouilles successives dont nous allons exposer sommairement le résultat.
Ces trois explorations eurent heu: la première, le 22 septembre 1847 jusqu'au 10 no-
vembre suivant; la deuxième, du 25 septembre au 5 octobre 1850; la troisième, enfin ,
du 26 septembre au 2 novembre 1852. Elles furent pratiquées sur le penchant d'une colline
appelée le Mont-Blanc , presque à l'angle des routes départementales de Neufchâtel à Eu
et de Dieppe à Beauvais. Elles étaient motivées par la découverte de quinze ou seize sque-
lettes, faite en 1825, lors de la construction des murs du nouveau cimetière, et par suite
67
— 530 —
des trouvailles que faisait chaque jour le fossoyeur en creusant des fosses. Dans ces divers
travaux , il avait été rencontré des vases , des boucles , des couteaux , des sabres et des
haches. Ces objets, brisés et dispersés par les ouvriers, avaient été en grande partie
perdus , sauf un vase de terre et une coupe de verre , sauvés par M. Cahingt, qui me les
offrit en 1841.
L'espace total que j'ai fouillé dans mes quatre campagnes, car j'en ai fait une dernière
en 1865, n'a pas moins de 70 mètres dans tous les sens, mais je crois avoir tout vu. Le
nombre des squelettes extraits de cet espace de terre ne peut pas être estimé à moins de
425. Il y en avait de tout sexe, de tout âge et de toute condition. L'âge qui dominait chez
ces morts était de vingt à quarante ans. Les corps étaient dans des fosses alignées nord et
sud , tandis qu'eux-mêmes étaient orientés est et ouest. La profondeur des fosses variait de
75 centimètres à 2 mètres. Il y avait parfois plusieurs corps superposés ou placés
côte à côte. Quelques-unes de ces fosses avaient été violées , mais moins fréquemment
qu'à Envermeu. Les corps étaient souvent enveloppés dans des matières noires qui res-
semblaient à du charbon , ou plutôt à du bois consumé par le temps.
Quelques ossements ont été analysés par la chimie pour des études scientifiques de tout
genre. Il en a été de même des différents objets meubles sortis de ce cimetière. Plusieurs
crânes venus de Londinières trônent , à Paris , au Musée anthropologique du Jardin des
Plantes. M. Serres lui-même nous a fait faire des fouilles pour sa collection et y a assisté.
En un mot , le cimetière franc de Londinières a été une des mines les plus utiles à la
science , à l'histoire et à l'archéologie.
Quelques inhumations avaient été déposées assises; presque toutes eurent lieu habillées;
bon nombre étaient armées.
Nous allons énumérer à présent une partie des richesses sorties de cette nécropole
gallo-franque. Elles sont considérables et de toute espèce. Après Envermeu, Londinières
a été notre meilleur arsenal mérovingien.
Les vases étaient en terre et en verre seulement. Toujours ils étaient placés aux pieds
des morts; rarement ils étaient plusieurs à la fois. La terre était grise, noire, rouge ou
blanche. Les vases noirs avaient reçu une couverte de graphite ou de plombagine; leur
nombre n'a pas été moindre de cent cinquante. Les vases de verre ont à peine atteint le
nombre de dix. Il y avait des ampoules et des coupes; une de ces coupes était revêtue dç
filets de verre.
Les haches , toujours aux pieds , allaient de dix à douze ; les sabres , placés au côté
gauche comme les épées, allaient jusqu'à vingt, tandis que les dernières n'étaient guère
que deux ou trois; les couteaux, rangés à' la ceinture, étaient innombrables: j'en ai bien
recueilh cent trente d'une grandeur variant de 6 à 30 centimètres; les ciseaux ne nous
ont apparu que trois ou quatre fois; le bouclier, une seule, mais alors il nous a donné,
outre l'umbo , un manipule armature d'une triple vei^e de fer.
J
— 531 -
La ceinture du Franc est d'une grande richesse archéologique; aussi, on ne s'étonnera
pas de nous en voir tirer, à Londiniëres, de grandes boucles pour le baudrier et de petites
pour les lanières, des plaques de ceinturon en cuivre ciselé et de belles plaques en fer
damasquiné. Il y en avait ici qui pesaient 860 grammes la paire , et qui étaient longues de
45 centimètres et larges de 10. Les boucles de fer étaient sans nombre. Il est également
sorti du bassin des morts des anneaux en fer, des alênes, des fers de flèches, des
chaînettes, des peignes en os, des briquets, des pierres à feu, des pierres à rafiler, des
aiguilles et des pinces épilatoires en bronze. Il ne s'y est rencontré que trois ou quatre
monnaies romaines en bronze, toutes frustes, excepté un petit bronze de Tetricus
père (273).
Ici , comme ailleurs , la poitrine nous a donné des fibules presque toujours apairées.
Londinières ne nous en a pas donné moins de cinquante, variées dans leur forme. Géné-
ralement, elles étaient en bronze: plusieurs étaient parées de verroteries coloriées; quel-
ques-unes étaient décorées d'émail. Nous avons aussi recueilli quelques boutons ; mais un
ornement qui abondait, c'était la perle de verre, ou plutôt de pâte de verre. Placée au
cou comme collier et à la main comme bracelet , elle est fréquemment sortie des fosses
d^ Londinières. Nous en avons également tiré de grandes perles plates ou hémisphériques
dont l'usage nous est inconnu.
Enfin , la tête nous a donné sa parure ordinaire , la boucle d'oreille en bronze ou en
aident avec des boules de pâte, et enfin la lance ou framée, l'arme privilégiée de la race
germanique. Nous n'en avons pas trouvé moins de soixante-quinze, de longueur et de
forme très variées.
Tout ce bel assemblage de richesses franques est entré en très grande partie dans le
Musée départemental de Rouen : toutefois, quelques spécimens sont venus s'échouer dans
la Bibliothèque de Neufchâtel , au Musée céramique de Sèvres, au Musée d'artillerie de
Paris et à la collection gallo-romaine de Sainl-Germain-en-Laye. Grand nombre de ces
objets ont été gravés à Londres, à Paris, à Caen, à Rouen, dans notre Normandie sou-
terraine et notre Tombeau de Chtldéric.
Nous donnons ici quelques spécimens de ce petit Musée franc.
OHM BT AMIATUIIE DB BOCCMi
SACBE DE PEU.
tPÊF. EM FER.
il ^ ^s
|5
DD
*..
CD
.â.=a.
— 5S4 -
PLAQUES DB cEiNTunon
Pour ceux qai voudront connaître dans ses détails cette mine mérovingienne, nous in-
diquerons les ouvrages suivants :
BIBLIOGRAPHIE.
L'abbé Cochet, n Fouilles do Londiniôres, en 1847, •
in-8° Ue 8 p. et pi., Rouon, 1848.
Id-, n Revue de Rouen, >■ année 1848, p. 65-91 et pi.
Id.,« Revue de Rouen, u année 1851, p. 62-64.
Id., • Bulletin monumental , v t. xiv , p. 506-534 et pi.
rd., i La Normandie souterraine, » l"édU., p. 176-244;
2* édit., p. 201-294, pi. vu, vm, ix, xv et xvii.
Id., " Le Tomb. de Childéric I", roi des Francs , •
Id., ■ Bulletin du Comité de la langue, de l'histoire et
des arts de la France, u t. i", p. 210-13 et pi.
" Mém; de la8oc.desAntiq.de Norra.,-L XI, p. 9et 10;
l-Kiiv, p. 557.
Girardin , « Analyse de plusieurs produits d'art d'une
haute antiquité, » in-8° de 39 p.
Id., • Précis analyt. des Trav. de l'Acad. de Koaen,»
année 1S51-52, p. 142-180.
L'abbé Decorde, • Essai hist. etarchéol. sur lo canton
de Londinières,» p. 153-65.
P. de la Mairie, c Recherches hist., archéol. et biogr.
sur le Bray normand et le Bray picard, ■ t. u, p, 73.
D. Lebeur, . La ville d'Eu', . p. 21,
Trigan, a Hist. ecclés. de la Normandie, > t. u,p-ï1^'
Farin, * Histoire de la ville de Rouen, ■ t. ii,p. l^i
édil. de 1710.
Id., ■ Revue de la Normandie , > I. v, p. 512-13-
BOISSAY (SECTION DE LONDINIÈRES).
Époque romaine. — Le hameau de Boisselet, placé en face du village de Boissay,
présente tout un quartier rempli de restes romains. Ce point est au bord de la route dé-
partementale no 5 , qui remplace la voie antique conduisant de Dieppe à Beauvais. Dans
une seule tranchée, M. Cahingt, de Londinières, a recueilli pendant bien des années de
beaux fragments de poterie romaine eu terre blanche, noire et rouge. De nombreui
— 535 —
échantillons ont été déposés par lui au Musée de Neufchâtel. M. Havard , de Londinières
m'assure que, vers 1820, le terrassier Deschamps, chargé de l'élargissement du chemin ou
carrefour de Boisselet, trouva de la poterie et des armes de fer, parmi lesquelles on crut
reconnaître un casque?
Époque franque. — Boissay est appelé sur d'anciens titres Buxetum et Buxetum Sancti
Philibertiy nom qui semble indiquer un lieu planté de buis. On sait que les buis sont une
bonne indication de restes romains.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton
de Londinières, » p. 174.
Duplessis,oDesc.géogr.,etc.,delaH.-Nor.,»t.i",p.351.
L'abbé Cochet, «Mém. de la Soc. des Antiq.deNorm.,»
t. XXIV, p. 357.
SMERMESNIL.
Époque romaine. — Dans le cimetière et autour de l'église , on trouve des tuiles à re-
bords et des vases en terre de Samos.
Époque incertaine. — La veille de Saint-Jean-Bapliste , on allume un feu de joie que
l'on nomme fm d'or. Chaque habitant apporte un bâton au bûcher, et, après la danse,
il emporte un tisson comme préservatif contre la foudre.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton de Londinières, » p. 2i2.
PARFONDEVAL (section de smermesnil) (d).
Epoque gauloise. — En 1858 une hachette en silex a été trouvée à Parfondeval.
Époque romaine. — Le Musée de Neufchâtel montre de belles tuiles à rebords prove-
nant de Parfondeval.
Époque franque. — Le modeste vallon de Parfondeval a donné à la science un cime-
tière mérovingien des plus intéressants. En 1844, lorsque l'on préparait la route départe-
mentale no 30 , qui va de Londinières à Aumale , on découvrit , en face du château de
M. de Croutelles , des sépultures accompagnées de tuiles à rebords , de vases de terre ,
d'une agrafe en bronze , d'une lance en fer à pointe quadrangulaire (2) et de deux haches
de fer d'une forme curieuse et insolite. Ces haches, en effet, déposées avec le reste à la
Bibliothèque de Neufchâtel , ont ceci d'extraordinaire : l'une est plate et aussi large à
(1) Près de Metz est le vallon de Parfondeval où passe un aqueduc romain (Simon, « Mém. de TAcad. imp. de
Metz, » année 1858-59). — Il y a aussi dans l'Aisne un lieu nommé Parfondeval, il contient un tumulus et des
sépultures antiques (« Mém. de la Soc. acad. de Laon,o t. xui, p. 64-66). Enfin, il existe en Belgique , entre Namur et
Binan, un lieu dit Parfondeville (Del Marmol , « Ann. de la Soc. archéol. de Namur, » t. i*% p. 484).
(2) Cette arme étrange, à pointe quadrangulaire comme une dent de fourche , n'est pas sans exemple en archéo-
logie. Nous en avons rencontré une pareille au Musée d'artillerie de Paris, où elle figure sous le n" 32. Elle est en
bronze et provient du royaume de Naples. — Sur une des planches consacrées par M. Lebas à Tancienne Allemagne
dans «l'Univers pittoresque » (« l'Allemagne, » t. i",p. 48, pi. 15), on voit figurer une arme semblable. — Enfin ,
M. Joly a trouvé , à Mortemer-sur-Eaulne , une pièce analogue à celle de Parfondeval , mais on n'indique pas le
milieu de la décQïffrôite.
— 536 —
l'emmanchement qu'à la tranche. Longue de 17 centimètres, elle pèse 1 kilog. 7 hectog.,
— la seconde, qui a déjà été gravée plusieurs
fois, tant en France qu'en Angleterre, et que
nous reproduisons ici avec la lance, est à
deux tranchants et rappelle assez la bi-
penne des Francs ou Yascia des Romains.
HACHE EN F..H A DEUX TRANCHAMs Longuc dc 22 cenlimètres, cette hache pèse « 3
i kilog.; elle coupe par un bout et dole de
l'autre.
La vue de ces prédeux objets attira mou
attention et excita mon intérêt. Je résolus
immédiatement de tenter une exploration
dans un sol si fertile, et, du ^20 octobre au ^
16 novembre 1851, je fis une fouille que
M. Gahingt voulut bien surveiller.
Je constatai, sur le penchant de la coUine septentrionale de Parfondeval , la présence
d'un cimetière franc occupant 24 mètres de long sur 20 de larçe. Il contenait environ
cent cinquante squelettes dont un grand nombre étaient jeunes. Ils étaient par rangs, et
il y avait environ 10 Ugnes de cinq à vingts fosses. Généralement, les corps étaient à
1 mètre 25 du sol, orientés est et ouest.
Outre de bonnes observations consignées dans notre Normandie souterraine, ce cime-
tière nous a donné, pour le Musée départemental de Rouen,
trente vases en terre grise, noire,
blanche ou rougeâtre; trois sabres,
trois haches francisques, douze cou-
teaux, deux ciseaux, une alêne, cinq
anneaux, trois boucles et plusieurs
' plaques damasquinées. Tous les objets
qui précèdent étaient en fer. Le
bronze était représenté par
deux paires de boucles
d'oreilles à boules de pâte,
par un style long de 17 cen-
timètres, par une passoire,
-i deux boucles, une fibule,
un dard et une boîte de
forme ronde que nous re-
TASE. DE TSRRB <PA»FOKiiEVAL. i8bi) produisoHS à la page 537.
K [liai]
J
— 587 —
Ajoutons, parmi les choses les plus précieuses, une fibule
de bronze ornée de segments de verre coloré, un peigne en
os, une boucle d'oreilles en aident, une plaque d'ai^ent c
Corée de cercles en relief et semblable
I à un écusson ; enfm , deux admirables
fibules rondes , les plus élégantes que
nous ayons encore rencontrées. Com-
posées d'une feuille d'or de 2S milli-
mètres de diamètre, elles sont en-
châssées dans un cercle d'argent de ™"" «« ob et aboemt.
5 millimètres de lai^e. La feuille d'or est
BoiTB BN BROHEB. maiutcnue par un anneau d'or en forme de
corde; le champ est orné au centre d'un bouton de pâte verte, et, sur
les rayons, de segments de verroterie rouge, rehaussés de paillons; le
fond est couvert d'un filigrane d'or. — Nous donnons ici une de ces deux
belles pièces. «.w...«o..t.
L'abbé Cochet , • La Normandie souterraine, u I" i Wj^lie, «ArohiBOlogia, » vol. ïïïv, p. 229-30.
édtt., p. 253-258; 2- édil., p. 305-312, et pi. n, n" 11, Wyfie, ■ Some account of tha merovingian cemetery
12; pi. ïii, flg. 6; pi. xtv , flg. S; pi. XV, flg. 2 , 6 of Envermeu, aUo of certain weapous of tha Franks, »
et ï. I p. 7, ia-1% Loadon, 185t.
WANCHY.
Époque gauloise. — Vers 4860, il a été trouvé une hachette en silex au hameau
du Mont-Landrin. Cette pièce est possédée par M. Havard, greffier de Londi-
nières.
Époque romaine. — La partie du territoire de Wanchy, qui est arrosée par l'Eaulne,
est traversée par la voie romaine qui allait de Dieppe à Beauvais.
Époque incertaine. — Dans cette même porUon du village , on voit un tertre placé
daçs une prairie voisine du pont de Wanchy.
L'abbé Cochet, «Hém. delà Soc. desAntiq. de Nonn., » I L'abbô Deoorde, « Essai hist. et archôol. sur le canton
t. xxïv, p. 357. I de LondlniéreB , • p. 248.
CAPVAL (section de wanchï-gapval).
Période normande. — Ce lieu est appelé Capetval dans une charte de 1043 , où Robert
de Mesnières donne à l'abbaye de la Trinité du Mont-de-Rouen 20 acres de terre figurées
par un couteau à manche blanc : c Per unum aibi manubrii cultellum. >
p. de la Mairie, • Recherches htst,,Brchéol. et biogr, L'abbë Decorde, n Essai hisl. et archéol. sur le canton
sur le Bray normand et le Bray picard, » t. ii, p. 87. do LondiDières, • p. 350.
Deville, « Cartulaire de l'abbaye de la Sainte -Trinité Id., - Essai hist. et archéol. sur le canton de NeuT-
du Mont-de-Rouen, » p. 443et 149, danslnnCollect. des cMtel, «p. 148.
Doc. inédits de l'Hist. de France. ■
FRESNOY-FOLNY.
Époque gauloise. — En 1862, on a trouvé, sur le territoire de ce village, une ha-
chette en silex qui est maintenant à Londinières, entre les mains de M. Havard.
Époque romaine. — Une villa romaine existe au hameau de Touffre-Ecales, sur la route
qui conduit de Ncufchâtel à Eu. Dans une ferme qui appartient maintenant à M. Edou, du
Havre, on trouve depuis longtemps des tuiles, des poteries et des monnaies romaines.
On m'a signalé , à différentes reprises , des constructions arasées , des canaux et des con-
duits en terre cuite.
Dans les terres de la ferme de Doumesnil, M. Havard me signale la présence de beau-
coup de tuiles à rebords.
GRANDCOURT.
Époque gauloise. — Dans le tertre
qui entoure l'église, appelé dans le pays
la motte du Charron , il a été trouvé, en
1863, deux haches de silex qui m'ont
été remises par M. D. Deipiy. — Nous »
reproduisons ici l'une d'entre elles. bacmette eu bilm polie et aigchée.
Le même M. Dei^ny m'a raconté que daqs la forêt d'Eu , au triage de Sainte-Catherine,
il avait été trouvé des instruments en os et en silex.
Époque romaime. — Grandcourt a donné des débris romains sur plusieurs points de
son vaste territoire. En 1863, j'en ai remarqué une quantité considérable dans la motte
au Charron qui entoure l'église. Déjà M. Derçny y avait recueilli des tuiles à rebords.
Dans le tertre placé jadis sur le bord de l'Yères , et qui a été démoli pour le passage
de la route départementale no 32, de Bolbcc à Blangy, il a été rencontré un certain
nombre de débris romains. Il est probable que cette motte était la base de l'ancien châ-
teau de Grandcourt.
On a vu également des restes romains au Mont-Dion , lorsque l'on démolit un monticule
qui y existait. Il s'y est rencontré quelques amphores.
Mais la plus importante découverte d'archéologie romaine a eu lieu au Mont-Gosselin,
où M. l'abbé Decorde a découvert des constructions romaines vers 1861.
ÉPOQUE FRANQUE. — Dans le tertre du Charron qui entoure l'église paroissiale, il a été
— 539 —
»
trouvé il y a quelques années un vase franc qui est à présent à Foucarmont, chez M. Pa-
risy-Dumanoir. En 1 863 , deux plaques de ceinturon en bronze ciselé y ont été également
rencontrées. Nous les avons reçues de la bienveillance de M. D. Dergny. En 1864, il a été
recueilli également une lance en fer, une boucle en bronze et un vase en terre noire marqué
à l'estampille. Ce dernier était aux pieds.
« Revue de la Normandie, » 2» année, p. 495 et 498. i Guilmelh, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des arr., «
P. de la Mairie, « Recherches historiques, archéolo-
giques et biographiques sur le Bray normand et le Bray
picard , » t. r% p. 52.
t. m. p. 40-41.
L'abbé Decorde , i Essai hist. et archéol. sur le canton
de Londinières, » p. 147.
ÉCOTIGNY (section de grandcourt).
Époque romaine. — M. Parisy, de Foucarmont, possède dans sa collection deux mon-
naies en bronze de Faustine , trouvées à Ecotigny.
Époque incertaine. — Vers 1850, lors de la destruction du vieux château d'Ecotigny,
on trouva des souterrains se dirigeant vers la forêt d*Eu.
PREUSEVILLE.
Époque gauloise. — M. Parisy, de Foucarmont, possède une hachette en silex trouvée,
en 1861, sur le territoire de Preuseville.
Époque romaine. — Dans les terres qui entourent le cimetière et l'église de Preuse-
ville, on rencontre du charbon et de nombreux fragments de tuiles à rebords. En 1840,
un berger a trouvé dans une terré labourable, à 65 mètres de Téglise, un col de vase en
métal, six cuillers d'argent, une chaîne et deux anneaux en or. Le tout a été vendu 140 fr.
A Coqueréaumont , hameau de Preuseville, on trouve des monnaies, des maçonneries,
de la ferraille et des tuiles romaines. On y reconnaît également des traces de terrassements.
Sur le chemin qui conduit à la Leuqueue, on remarque d'anciennes fondations aux
approches d'un petit bois qui avoisine ce chemin.
En 1850, en traçant le chemin qui conduit à Foucarmont, on a rencontré une foule de
débris antiques. Des murailles même ont apparu au milieu d'un sol tout semé de restes
romains, tels que meules à broyer en poudingue, ossements humains, défenses de san-
glier, tuiles à rebords, clous à large tête, clef en fer, poterie rouge, noire et grise. Sur un
fragment de terre samienne, on Usait : c of iv :»
Époque incertaine. — La veille de la Saint-Jean-Baptiste, on allume un feu de carre-
four que l'on nomme feu d'or.
L'abbé Decorde , « Essai hist. et archéol. sur le canton l « Journal de Neufchâtel, »» du !•' avril 1861.
de Londinières, » p. 181-188 et 2i2. i
1
540
HESMY (section pe preuseville).
Époque franque. — La xie année du règne de Childebert II (696), lorsque saint
Wandon, originaire du Talou, se fit moine dans le grand .monastère de Fontenelle,
il porta avec lui la troisième partie du domaine de Hesmy : « Heismedis villa tertiam
partem. >
Le Livre des Miracles de saint Wandrille , écrit par un moine du ixe siècle , raconte
qu*une femme de Hesmy fut guérie par l'invocation du saint fondateur de Fontenelle;
« Quaedam femina... de pago Tellau et praedio cognomento Haismesdies. »
Mabillon, • Acta Sanct. ord. 8. Bencdict, » sœc. ii. | A. Le Prévost, «Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
« Chronicon Fontanellae, » c. ii. I t. xi, p. 6.
BOSC-GEFFROY.
Époque gauloise. — En 1 862 , il a été trouvé au hameau de Callengeville une hachette
en silex, conservée chez M. de Girancourt, à la verrerie de Varimpré. Une autre a été
recueillie aux Callenges.
Époque romaine. — Dans le champ appelé le Moulin , on trouve des tuiles à rebords
et des constructions que l'on dit provenir d'un ancien château. — Près de la motte dont
nous allons parler , on a recueilli, en 1859, une monnaie de bronze du Haut-Empire,
conservée par M. Parisy. — Au hameau de La Coudroie, on a trouvé des ferrements, des
tuiles à rebords et des monnaies impériales.
Epoque incertaine. — Auprès du carrefour du puits commun est une motte en terre
à peu près circulaire et entourée d'un fossé. La hauteur du tertre , prise du fond du fossé ,
est de 5 à 6 mètres ; le diamètre , dans sa plus grande largeur, est d'environ 50 mètres. On
l'appelle la Tour y et ton dit qu'on s'y est battu.
Au hameau de Hambures, il existait naguère une motte pareille, dans la cour de M. Le-
Uond. Elle a été détruite depuis quelques années par le propriétaire.
Au hameau du Coudroy, il a été trouvé, en 1862, un pied de lampe en bronze.
FRÉAUVILLE.
Époque gauloise. — Le terroir des Marettes , où l'on trouve tant de hachettes de
pierre brisées et ébauchées, est en partie sur Fréauville. Voir, à ce propos, Tarlide
Londinières.
Époque romaine. — A la ferme de la Motte et au bord de la rivière, on trouve dans
les terres des tuiles et des poteries romaines. Il s'y rencontre jusqu'à des fragments de
vases en terre de Samos.
541 —
CLAIS.
Époque gauloise. — Il a été trouvé à Clais irhe hache en silex.
Époque romaine. — Clais étant situé sur la voie romaine de Dieppe à Beauvais , il n'est
pas surprenant que Ton y rencontre des tuiles à rebords.
Époque franque. — Clais figure parmi les biens donnés à la cathédrale de Rouen dès
le ixc siècle. Nous croyons que ce fut un présent de l'archevêque Riculfe au chapitre de
son église. En tout cas , une charte de Charles-le-Chauve , délivrée de 872 à 876 et con-
firmée par les rois de France et les ducs de Normandie, cite au pays de Talou : « Cleidas »
et t Claies, * parmi les prébendes de la métropole.
Après cela, nous n'avons pas été étonné d'apprendre qu'en 4850 un cimetière franc
avait été aperçu au hameau de Bonnerue. En démolissant une butte , on rencontra un vase
en terre noire, puis l'on constata la présence de plus de soixante squelettes dans des
fosses alignées. Près d'eux étaient des armes de fer.
« Hém. de la Soc. des Antiq. de 'Nonn. , » t. xi , p. 9 et 1 « La Normandie souterraine, » ch . xvi .
10, et t. XXIV, p. 357. I
BAILLOLET.
Époque gallo-romaine. — En juin 4862, il a été fait à Baillolet une découverte inté-
ressante, assez difficile à classer, puisqu'il s'y rencontre les éléments de deux périodes.
En défrichant un bois qui appartient à M. Magné , de Lucy, et qui est voisin de la croix
dite des Trots-Frères y des ouvriers ont trouvé, sous un tas de cailloux, une maçonnerie
à pierres sèches, épaisse de 80 centimètres et formant un carré de 5 mètres dans tous les
sens. Dans un des angles de cette construction se trouvait un dépôt de hachettes en silex à
peine dégrossies et ébauchées.
Parmi les débris de cette ruine antique, M. Mathon, qui a visité le travail, a reconnu
des vases romains. L'un d'eux est déposé au Musée de Neufchàtel.
Du reste, la civilisation romaine a laissé plusieurs traces à Baillolet. La collection
neufchàtelloise possède une belle tuile à rebords provenant d'un herbage appartenant
à M. Dupuis , avoué , où les restes romains abondent. Cette tuile a été recueillie en
1860.
. ÉPOQUE FRANOUE. — Vers 1858, M. Dupont, propriétaire à Baillolet, faisant enlever
une partie du rideau crayeux sur lequel sa maison est assise , trouva des squelettes hu-
mains accompagnés de vases, de sabres, de couteaux et de boucles en ter. Il est évident
qu'il se trouvait là un cimetière mérovingien.
Outre l'archéologie, qui démontre l'existence franque de Baillolet, les documents histo-
— 542 —
riques viennent l'attester. Les donations mérovingiennes et normandes faites au Chapitre
de Rouen inscrivent « Balileto » et « Bailloletum in pago Talou, >
Il Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie , » t. xi, p. 9 et 10.
BAILLEUL-SUR.EAULNE.
Époque romaine. — M. Guilmeth assure qu'il a été trouvé à Bailleul des briques y des
tuiles et des poteries romaines.
Époque franque. — M. Le Prévost donne au nom de Bailleul une racine celtique et
une désinence mérovingienne. Ce que nous pouvons affirmer, c'est que le lieu qui nous
occupe existait sous les Mérovingiens et qu'il s'appelait alors « Baliolum. • En 696,
Wandon , moine de Fontenelle , donne à ce monastère : « Tertiam partem de Baliolo , in
pago Tellau. »
« Chronicon Fontanellse , » c. ii.
A, Le Prévost, • Notes pour servir à l'hist. des Comm.
du départ, de l'Eure, » p. 28 et 39.
Id., <i Mém. de laSoc. des Antiq. de Norm., » t.xi, p. 16.
L'abbé Decorde , « Essai hist. et archéol. sur le canton
de Londinières, » p. 17-18.
Guilmeth, «Descrîpt. hist., géogr., stat. et mon. des
arrond.,v t. m, p. 43.
NEUVILLE (section de bailleul-neuville).
Époque gauloise. — M. Mathon nous a assuré qu'au Mont-Jean il avait été trouvé une
hache en silex, en défrichant un bois.
Époque romaine. — Le Musée de Neufchâtel possède un petit vase en terre grise qui
fiit trouvé à Neuville-sur-Eaulne en 1853, Je le crois de fabrique romaine.
En 1863, nous avons reconnu dans le terrain bouleversé du lieu dit les Carrières y des
fragments de tuiles a rebords et de poteries samiennes. La même année, M. Havard y pra-
tiqua un sondage et en quelques heures remua également force tuiles et poteries antiques.
Il recueillit entier un joli vase en terre rouge. En 1 865 , un sondage de quelques heures
nous a procuré une charmante coupe samienne.
Époque franque. — En 1859, au lieu dit les Carrières ^ sans doute parce que l'on y
remarque de grands mouvements de terrain , on {i trouvé d'anciennes sépultures que je
suis tenté d'attribuer à l'époque mérovingienne , ou , tout au plus , aux derniers temps de
la domination romaine. On nous a assuré qu'il y avait été rencontré un ou plusieurs ac-
cueils en tuiles à rebords , et que des vases accompagnaient les corps. Ce qui nous fait
présumer que ces inhumations étaient franques , c'est que l'on assure qu'il en a été tiré
des objets de fer et de bronze , tels que fibules , boucles , lances , couteaux , etc.
Époque incertaine. — Nous ne saurions , en effet, à quelle époque attribuer les im-
menses cavités et ondulations de terrain situées sur le bord de la route qui conduit de
Neuville à Bailleul-sur-Eaulne. Ces mouvements du sol, fruit de l'industrie humaine , por-
— 543 —
tent le nom de Carrières, et doivent être, en effet, d'anciennes extractions dont on pour-
rait malaisément fixer la date.
CROIXDALLE.
Époque romaine. — En 1859, en traçant le chemin de communication qui va de Lon-
dinières aux Grandes-Ventes , les agents et ouvriers de la voirie ont découvert , au haut de
la côte de Croixdalle qui encaisse la vallée de TEaulne, les restes d'une villa romaine. Ces
restes consistaient surtout en maçonneries et substructions encore bien reconnaissables ,
en tuiles à rebords, en meules à broyer et en poteries romaines. Une des meules à broyer
est à présent entre les mains de M. Delattre, avocat à Eu.
De son côté, M. l'abbé Decorde assure que, dans les bois de M. Lelong, on a trouvé
des meules à broyer et des monnaies de Trajan et de Commode.
Époque incertaine. — Non loin de l'église de Croixdalle, dans laquelle on honore par-
ticulièrement saint Fiacre, il existe une mare qui porte le nom de ce saint solitaire. Â
cette mare vénérée affluent toute l'année de nombreux pèlerins qui s'y lavent les mains et
emportent de l'eau pour se préserver des gerçures du froid de l'hiver. Le peuple assure
que cette mare profonde a été creusée par saint Fiacre lui-même d'un seul coup de
louchet.
L*abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Londinières,» p. llt-121.
SAINTE-AGATHE-D'ALIERMONT.
Époque romaine. — Depuis environ trente ans, il a été trouvé des restes romains à
Sainte-Agathe. La première fois, ce fut, en 1836, du côté de Lasseneuse; la seconde fois,
vers 1850, du côté de la Preuse. Ces restes consistaient en tuiles à rebords.
FRESLES.
Époque franque. — Je crois pouvoir attribuer à l'époque firanque un sarcophage en
pierre d'un seul morceau, rencontré , vers 1833, dans un champ dépendant de la ferme
du BeaiJhSoleiL H ressemblait à une auge et présentait au fond un trou en forme d'en-
tonnoir. Ces détails font penser à la période mérovingienne.
BURES.
Époque romaine. -^ On a rencontré à Bures quelques débris romains , tels que mon-
naies ^ tuiles et poteries, mais, jusqu'à présent, en assez petite quantité. M. Deville a
cependant connu de la verroterie romaine provenant de Bures.
— 544 —
Époque franque. — Bures était un lieu important à la période franque, puisque jus-
qu'au xiiie siècle il fut un des sept doyennés de Tarchidiaconé d'Eu.
Si le nom de Bures n'est pas cité dans les documents francs, celui de Burettes (Buretum)
y apparaît. Burettes est un hameau de Bures.
Période normande. — Les Normands avaient établi à Bures un château qui resta tou-
jours la propriété de nos premiers ducs. On croit en connaître l'emplacement dans la
ferme de la Cour.
Je suis disposé à attribuer aux ducs de Normandie la fondation du prieuré de Bures ,
soumis par eux à leur chère abbaye de Fécamp. L'assiette du prieuré était près l'église ,
dans la rue Sous-le-Moustier.
Époque incertaine. — Derrière l'admirable Hostel de la Renaissance, présentement
connu sous le nom de Maison du Général Desmarets, on voit une motte circulaire
entourée de fossés, et qui n'a pas moins de 12 à 45 mètres de hauteur. On serait tenté
d'y reconnaître le donjon d'une forteresse disparue. — Je range parmi les monuments
d'une époque incertaine une tête de chandelier en bronze , acquise par le Musée de
Rouen.
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
t XI, p. 10.
«Proc.-verb.de laC.des Antiq. de la Seine-Inf.,» 1. 1",
p. 223.
L'abbé Decorde, «Essai hist. et archéol. sur le canton
de Londinières, » p. 38-93.
L'abbé Decorde, « Un Coin de la Normandie, » in-8*
de 15 p., Rouen, Pérou, 1846.
« Revue de Rouen, » année 1846, 2« sem., p. 233-47.
et année 1845, p. 261-291.
SAINT-VALERY-SOUS-BURES.
Époque gauloise. — M. Gosset, ancien avoué à Rouen, possède une hachette en silex,
ébauchée, et un fragment de hache pohe, recueiUis au hameau de La Valouine, en 1863.
Époque romaine. — En d 848 , il a été trouvé à Saint-Valery une monnaie d'argent de
Gordien III , qui a été déposée au Musée de Neufchâtel.
OSMOY (section de saint-yalery-sous-bures).
Epoque romaine. — M. P. Havet, juge de paix, possède une meule à broyer en pou-
dingue, trouvée dans ses terres d'Osmoy.
Sur le bord du chemin de grande communication n® 1er, de Dieppe à Argueil, on a
trouvé, de 1840 à 1852, d'anciennes sépultures. M. Tabbé Decorde dit que Ton a ren-
contré des squelettes humains accompagnés de vases. Notre confrère ajoute que Ton y a
également recueilU une monnaie d'or. Pour nous, nous avons reconnu, dans la coupe du
terrain y des urnes grises en forme de pot-au-feu, que nous considérons comme gaBo^
romaines du Haut-Empire.
— 545 —
Dès 1831, M- Fernel, avocat à Neufchâtel, avait connu un petit bronze de Maxence
recueilli dans un herbage de M. Havet y notaire à Neufchâtel.
Époque franque. — L'existence mérovingienne d'Osmoy est prouvée par deux docu-
ments. Le. premier est une donation faite, en 672, par Childéric II, à Tabbaye de Fonte-
nelle, dans la personne de saint Lambert , son abbé: « Fiscos duos... quae sunt vocabulo
Ulmius in pago Tellau justa fluvium Tellas. » Le second est la cession de « Ulmirum , »
faite , en 734 , au comte Rathaire , par Teutsinde , abbé de Fontenelle.
A. Le Prévost, « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norin., »
t. XI, p. 6 et 7.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton
de LondiniôreB, » p. 229-230.
Mab., « Annal, ord. S. Benedict., » 1. 1«% p. 506.
Fernel, « Notice sur des antiquités découvertes en 1832
et 1833 dans Tarrondissement de Neufchâtel , » dans les
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 176.
CANTON DE BLANGY.
BLANGY.
Époque romaine. — Le fond de la vallée de la Bresle a révélé à Blangy une métairie
romaine, semblable à celles que M. Darsy a explorées sous Gamaches, de 1846 à 4849.
C'est dans une prairie appartenant à M. Cyr Leroy que cette découverte a eu lieu en
1859. Sur un point nommé la Planche^du-JLieutenant , on a trouvé, à 50 centimètres du
sol , des moellons , restes de murailles antiques , des tuiles à rebords et surtout beaucoup
de poteries. Un assortiment de ces vases a été conservé par M. de Morgan. Cinq ou six
monnaies de bronze sont sorties de ces tranchées remplies d'eau : c'étaient des Néron, des
Adrien, des Faustine, des Tétricus et des Constantin.
En 1863, M. de Bommy a reconnu dans le marais de Blangy des tuiles à rebords, des
fragments de poterie et des monnaies de bronze. Les fouilles pratiquées pour la scierie
mécanique de M. Varal ont fait voir plusieurs meules à broyer en poudingue.
En 1864, dans le marais de Bouttencourt , le même M. de Bommy a recueilli près du
Moulin-aux- Armures des morceaux de poterie romaine rouge et noire. J'ai lu sur un fond
de soucoupe la marque : of maci ou mari.
Dans la prairie, on a également trouvé une intaille antique reproduisant un petit per-
sonnage et un oiseau.
H est vraisemblable qu'une voie romaine , allant de Beauvais à Eu , traversait Blangy.
Enfin , nous tenons de M. Deville qu'il a été trouvé à Blangy des vases cinéraires , une
lampe en terre cuite et un rouleau céramique percé de trous.
69
— 546 —
Époque franque. — Au mois de janvier 1862, une plantation d'arbres faite au camp
Comtois, hameau du Petil-Fontaine, a fait voir un cimetière mérovingien. Des fosses que
rencontra la pioche des terrassiers , il fut extrait deux haches de fer, six vases de lerre ,
une coupe et un bol de verre. — M. de Morgan, propriétaire du camp Comtois, ayant
bien voulu me permettre d'y fouiller au mois de mai suivant, j'y reconnus plusieurs fosses,
presque toutes violées. Elles me donnèrent cependant une hache et une lance en fer, trois
vases de terre (dont nous reproduisons ici deux) , une coupe de verre et une pince à
épiler en bronze.
Après cette preuve de l'existence franque de Blangy, on ne s'étonnera pas d'apprendre
que ce bourg est mentionné par Charles-le-Chauve , en 843
ou en 845, comme appartenant à
l'abbaye de Saint-Denis en France.
Période normande. — C'est pro-
bablement à la période normande
qu'il faut attribuer le vieux château
de Blangy, détruit par Henri IV. Il -j
était situé au bout de la riie du Jeu- , _ ,„„
VABES FRANCS (BLANGT, 1863).
de-paume , au lieu dit à présent le
Ménage. On y voit encore des terrassements imposants, et l'on parle de souterrains aperçus
dans ce quartier.
C'est sans doute à cette civilisation qu'il faut attribuer l'enceinte murée du bourg de
Blangy, dont on connaît encore les trois portes. On voit également une tour ronde et une
tourelle carrée, qui durent entrer dans l'ancien système de défense.
Époque incertaine. — Nous devons nous abstenir de donner une date à un tertre
circulaire très élevé , nommé la Motte , situé dans le bois de ce nom , au pied de la côte de
Gremonlmesnil,près du Petit-Fontaine.
Dans un petit bois appelé le Détroit, M. l'abbé Decorde signale des monticules faits de
main d'homme.
BIBUOGRjtPBIE.
DupleBsis,nDe5C.géogr.ethist.dc!aH.-N.,.t.i",p.65.
Guilmeth, ■ Desc. g^ogr., hist-, Btat. et mon. des arr.,>
1 1», p. 5.
L'abbé Déco rdo , aEfsaihist. etarchéol. surlecanton
de Blaogy, > p. 38.
Delérue, « Histoire de la ville de Blangy-aur-Breslo, »
p.21,m-18, Rouen, 1860.
B Mém. do ta Soc, dos Aoliq. de Norra., ■ t.ixiv.p. 360.
• Bulletin monumental, ■ t. xxix, p. 38.
» Revue archéologique, i 1. vu, p. 03. Nouvelle série.
• Revue de la Normandie, ■• 1" année, p. 798-99.
-Journal de Nourohftlol, » du 27 mai 186Ï.
■ Nouvellisto do Rouen, . du 29 mai 1862.
« L'Éclio de la valléo de Bray, . du 7 juin 1862.
RIEUX.
Époque gauloise. — Près la petite rivière desséchée qui a donné son nom à la
localité, on a trouvé une hache en silex.
— 547 —
' Époque romaine. — La civilisation romaine a laissé beaucoup de traces à Rieux. Nous
citerons d'abord des tuiles à rebords que l'on rencontre un peu partout, notamment dans
les prairies arrosées par la Bresle , au Cornet et à la Mare-Pavée.
On m'a parlé d'un trésor composé de monnaies en or , recueilli par M. Desjobert ,
ancien député. A la Mare-Pavée, il a été rencontré une pile de monnaies de bronze du
Haut-Empire. Elles ont été remises à M. Darsy, alors notaire à Gamaches.
On m'a cité encore qu'en 1828 on avait trouvé au Cornet un chandelier en bronze.
Enfin , les meules à broyer sont fréquentes près des mares et sur les côtières.
BAZINVAL.
Époque incertaine. — Sur le bord de la forêt qui domine le hameau des Sceaux , on
voit des restes de cave dans un lieu appelé les C atelier s.
L*abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Blangy, » p. 30-31.
GUERVILLE.
Époque romaine. — Au sud et au nord du village actuel , on trouve des tuiles à rebords
et des meules à broyer , qui font penser à d'anciennes habitations dans ce quartier.
Période normande. — Il existe à Guerville les restes d'un château-fort.
L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Blangy, » p. 143.
m
DANCOURT.
Époque romaine. — Dans la plaine située en face de l'église, à l'opposé de la forêt
d'Eu, on trouve des tuiles à rebords.
Époque incertaine. — Une motte se trouve au lieu dit le Bolard, près de la rivière.
SAINT-REMY-EN-RIVIÈRE (section de dancourt).
Époque gauloise. — Au mois de février 1 865 , des terrassiers comblant une marnière
située dans la plaine, vers Preuseville, ont trouvé plusieurs vases de terre et de forme
gauloise; Ces vases étaient semblables à ceux que j'ai trouvés dans la basse forêt d'Eu ,
en 1863 et en 1865.
Époque romaine. — Vers 1860, en traçant à travers la forêt d'Eu le chemin de grande
communication no 14, de Neufchâtel à Gamaches, on a trouvé, au lieu nommé le Poteau-
Saint-Remy, un vase contenant environ cinq cents monnaies romaines du iii^ siècle.
Presque toutes ces pièces furent dispersées et perdues par l'incurie des ouvriers et des
— 548 —
agents de la voirie. Les seules que nous ayons pu voir à Poucarmont , chez M* Parisy-
Dumanoir, sont des Philippe et des Posthume. — On trouve aussi sur le territoire de
Saint-Remy des tuiles à rebords et des débris de construction.
Époque franque. — En 703, Rothmond j5t Milon donnent à l'abbaye de Fontenelle
deux domaines dans le Tallou. L'un d'eux s'appelait « Bettonis Curtem... in pago Talano. »
C'est probablement Bettencourt , hameau de Saint-Remy. Il est vraisemblable que c'est ce
môme domaine qui, en 734, fut donné par Teutsinde au comte Rathaire. Cette fois, on
le place dans le Vimeu : t In pago Vinnau Bettone Curte super fluvium Eura. *
•A. Le Prévost, «Mémoires de la Société des Antiquaires | ajournai de Neufchâteî, » du 13 juin 1865.
de Normandie, » t. xi, p. 6 et 7. |
SAINT-RIQUIER-EN-RIVIÈRE.
Époque romaine. — Au printemps de 1863, un terrassier, travail-
lant dans une sablière située près de l'église, trouva un bel anneau en
argent que nous reproduisons ici. Cette riche bague, qui a la forme de
chevalière , est considérée par M. de Longpérier comme appartenant
à l'époque romaine (1). Ce qui fait le grand intérêt de^cette pièce , c'est
que dans le chaton est enchâssé un denier d'argent de l'empereur
Macrin (248). Autour de la tête impériale, dont la conservation est anneau en ARGcifr
parfaite, on lit : imp. g. mopil. sev. magrinvs aug. ^"^ ^^°*^ ^^ w^cnn.
Ce ne serait pas d'ailleurs la seule antiquité romaine trouvée à Saint-Riquier, car, dès
1850, M. l'abbé Decorde avait entendu parler de monnaies impériales, et il en a consigné
la découverte dans ses Essais. — Notre confrère ajoute que l'on trouve également à Saint-
Riquier des armes et des fers de chevaux , dont il ne pourrait aussi aisément fixer la date.
Près de la verrerie du Val-d'Aulnoy est un petit camp où l'on a trouvé des pièces d'or,
notamment un aureus de Néron entré au Musée de Rouen.
Époque franque. — Je suis tenté d'attribuer à l'époque franque les sabres, les lances
et les ossements trouvés, vers 1822, dans un monticule voisin de l'église.
(l) Ce qui nous feit croire que Topinion de notre savant confrère est fondée, c'est que dans ses « Recherches
sur les Empereurs qui ont régné dans les Gaules au iv« siècle de Tère chrétienne, » M. le baron de Witte fait
figurer sur sa planche xxxix, au n" 150, une bague en or du Musée d'Autun, laquelle contient un aureus de Tétricus.
Cette bague par sa forme côtelée se rapproche beaucoup de celle de Saint-Riquier. Or, comme l'anneau d'Autun
est estimé antique , je suis porté à penser que celui de 8aint-Riquier l'est également C'est du reste roplnion de
M. de Witte. A propos de cette coutume antique, nous rapporterons le trait suivant: « Sous le règne de Claude,
dit Pline l'Ancien , on vit naître à Rome une mode insolite : c'était celle de porter sur l'anneau le portrait du
prince, gravé en or\ il fallait obtenir ce droit de ses affranchis. Cet usage donna lieu à nombre d'accusations
rendues impossibles aujourd'hui par l'heureux avènement de Vespasien à l'Empire. U décréta que rinafe de
l'empereur appartenait à tous ses sujets. » « Hist. nat., » lib. xxxiii, ch. xii. — L'abbé Barraud, Des Bagues ^
dans le « Bull, mon., » t. 30, p. 418.
I
— 549 ^
Époque incertaine. — M. Parisy m'a cité une motte détruite, au hameau de Dérizan-
court. Sur remplacement de l'ancien château, on trouve des caves, des puits et des
décombres»
L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Blangy, » p. 238.
FALLENCOURT.
Époque gauloise. — M. Parisy, de Foucarmont, possède une jolie petite hachette en
jade, trouvée au hameau de Puchervin. — En 4861 ; le hameau des Vastines a donné
au môme auteur une hachette en silex. — Enfin, en 1846, le Musée de Rouen a acheté
une monnaie gauloise en or, provenant de Fallencourt. Cette pièce symbolique vient d'être
décrite par M. Lambert
Époque romaine. — M. Parisy '^m'a signalé, sur Fallencourt, plusieurs points où l'on
trouve des tuiles à rebords et des médailles romaines. Je cite particulièrement le Val-
Jacob, Ptichervin et la HatUe-Maladrerie. — {Au pied de la motte du Bois-Sourd, on a
recueiUi, vers 1830, plusieurs monnaies de bronze marquées à la louve.
Époque incertaine. — Il existe à Fallencourt une motte ou tertre entouré de fossés et
présentant un puits au miheu.
Une tradition dont il n'est pas aisé d'indiquer ni l'origine ni la date prétend qu'au
hameau de Puchervin , au lieu dit la Hêtrée, il exista autrefois un couvent, et que là est
encore cachée une cloche d'argent. Il n'est pas sans exemple que le peuple ait attaché
des traditions de couvent et d'abbaye à des villas romaines.
L*abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton | E. Lambert, « Mém. de la Soc. des An t. de Norru., »
de Blangy, » p. 104. I t xxv, p. 494, pi. vi, fig. 14.
FOUCARMONT.
Grâce à M. Parisy-Dumanoir, qur, depuis vingt-cinq ans, collectionne les antiquités de
cette contrée , nous connaissons avec détail les divers monuments antiques sortis du sol
de ce bourg et de ses environs.
Époque gauloise. — Le cabinet de M. Parisy renferme un bon nombre de hachettes
en silex , recueillies sur tout le territoire de Foucarmont. Nous citerons parmi les plus
belles la hache de silex trouvée en 1846, et la hache de grès noir rencontrée en 1861.
En cette même année (1861), une hachette en silex a été récoltée au hameau du Haut-
FromenteL Le Musée de Neufchâtel contient également une hachette recueillie en 1862.
Enfin, de l'existence gauloise de Foucarmont, M. Parisy possède un bon nombre de
fragments de poteries grossières , trouvées au lieu dit le Font-Théodore ou Théodoric, près
de la chapelle de l'Epinette. On en rencontre également au cœur du bourg.
550
Époque romaine. — Il est peu de bourgs de rarrondissement de Neufchâlel où la pé-
riode romaine ait laissé autant de traces souterraines qu'à Foucarmont. Nous croyons
toutefois que la connaissance de ces précieux débris est surtout due à l'étude 64 aux obser-
vations que fait chaque jour M. Parisy-Dumanoir. Aussi sa maison est-elle devenue un
Musée local , et , dans ses notes , il enregistre soigneusement toutes les découvertes qui se
font dans son cher pays. Nous citerons parmi les principaux objets que nous avons re-
marqués chez lui de très belles poteries rouges en terre de Samos , des meules à broyer
en poudingue (une de ces meules est en silex , chose rare), des tuiles à rebords , des tuiles
convexes , des poteries grises , blanches et noires , un style , des perles de verre , des mon-
naies surtout et de bien des règnes; nous citerons notamment Agrippa, Antonin, Gordien,
Posthume et Constant.
Les Ueux où l'on fait ces découvertes sont innom-
brables ; mais nous signalerons spécialement la place des
CâtelierSyle Camp-durBourgjhFont-Théodorejldi chapelle
de rEpinette, la rue du Four^ l'ancienne abbaye de Fou-
carmont, et, par-dessus tout, les terres labourées de
l'abbaye qui sont vers Preuseville. Là , vers 1 850 , on a
rencontré, en traçant une route, d'importantes construc-
tions antiques , des médailles , des tuiles], des poteries et
des verroteries de toute sorte.
En 1853, lorsque l'on draina l'enceinte de l'abbaye, on
recueillit des monnaies romaines et une statuette de bronze
que M. Mathon regarde comme celle du dieu Pan. Elle
est possédée par M. Denoyelle, conseiller général de
Neufchâtel. Nous donnons celte figurine dans sa grandeur
naturelle.
ÉfpoQUE FRANQUE. — Cette période est également représentée à Foucarmont. Un de ses
plus éloquents vestiges c'est l'ancien doyenné , un des six de l'archidiaconé d'Eu.
Nous pourrions peut-être lui attribuer la rue et le ruisseau de la Vigne; mais nous
sommes plus certain en lui accordant les découvertes faites en 1858 et en 1862. En
1858 , au lieu dit les Câteliers, près l'église, on a trouvé des sépultures qui ont donné des
perles, un fragment de sabre et une plaque de ceinturon. En 1862, une suite de terras-
sements a montré au même endroit des fosses pratiquées dans la craie. Quelques-unes
contenaient des vases en terre noire , des couteaux et un scramasaxe. M. Parisy a soi-
gneusement recueilli tous ces débris.
Je suis porté à attribuer à une sépulture de la même époque des perles de verre et de
pâte de verre rencontrées, en 1863, chez divers habitants de Foucarmont. Ces perles
provenaient de tranchées faites sur la route neuve qui conduit à Preuseville.
STATUETTE BOMA1NB BN BBOIVSE
(FOLXABMONT, 1863).
554 —
n me semble que Ton peut attribuer également à l'époque franque non-seulement la
dénomination de camjt de Théodorick , donnée à un quartier de Foucarmont et retrouvée
par M. Parisy, mais encore le nom de Foucarmont lui-même, que le peuple prétend venir
d'un géant. D'après la tradition, le géant Foucard, dont l'existence nous paraît un roman,
aurait été le père ou le parrain du bourg. Le peuple , qui ne veut pas avoir tort , prétend
même qu'il a vu son cercueil avec son épée et ses grands ossements lorsque l'on enleva
des terres autour de l'église et des halles. M. l'abbé Decorde place cette découverte en
1800, et M. Parisy, en 4796, lorsque l'on traça à travers le bourg la route impériale
no 28. Nous n'avons point à nous prononcer sur cette tradition qu'il nous suffit de citer.
Enfin , il est un dernier monument que nous croyons pouvoir rapporter, pour cette même
époque, à l'existence de Foucarmont et de la forêt d'Eu. Nous voulons parler d'un roman
du moyen-âge, intitulé: « Histoire plaisante et récréative faisant mention des prouesses
et vaillances du noble Sypéris de Vinevaulx et de ses dix-sept fils. » Ce roman , dont un
manuscrit original est à la Bibliothèque impériale , se trouve dans un recueil intitulé :
Mélanges tirés d'une grande Bibliothèque, t. ii, p. 207-222, in-8o, 4780. On croit qu'il a
été composé à Foucarmont, au xiie ou au xiii^ siècle. — L'histoire conunence à l'an 632,
et l'on y voit oc comment le géant Foucard fut occis par le gentil Sypéris de Vinevaulx ; »
Vinevaulx était, à cette époque, le nom d'une partie de la forêt d'Eu (4).
Période normande. — Nous enregistrons , seulement pour mémoire , la (pndation de
l'abbaye de Foucarmont, par les comtes d'Eu, en 4430, dans un lieu dit alors le Font-
Théodore , et nommé depuis la fontaine de Saint-Martin.
BIBLIOGRAPHIE.
P. de la Mairie, « Recherch. hist.,archéol. et biogr. sur
le Bray normand el le Bray piciard, » t. u, p. 41, 63.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des
an*., M 1. 111, p. 63.
Parisy, « Journal de Rouen, » du 4 octobre 1862.
Id., « Journal de Neufchâtel, » des 19 mars 1850, 22
novembre , 20 décembre 1853 et 6;décembre 1859.
« Neuslria pia, » p. 744-749.
« Gallia Christiana, ».t. xi, p. 304-307.
L'abbé Decorde, « Essai hist. etarchéol. sur le canton
de Blangy, » p. 107, 108, 112.
D. Lebeuf, «La ville d'Eu, » livre ii.
Duplessis, oDesc. géogr. et hist. delaHaute-Norm.,»
t.i", p. 154-55 et 472-74.
« Histoire plaisante et récréative faisant mention des
prouesses et vaillances du noble Sypéris de Vinevaulx et
de sesdix-septfils,»(nouvellementréimprimée),Ms8. delà
Biblioth. imp., dans un recueil intitulé : «Mélanges tirés
d'une grande Bibliothèque,» t. ii, p. 207r223, in-8'', 1780.
VILLERS-SOUS-FOUCARMONT.
Époque gauloise. — En 1857, on a recueilli, à La Quesnoye, deux hachettes en silex,
Époque romaine. — Une meule à broyer en poudingue a été trouvée vers 1850.
(1) Il existe dans un faubourg méridional de Paris un lieu dit la Tombe-Issoire. D'après M. Quicherat, il y
aurait eu là un grand tumulus ou dolmen décrit par Gervais de Tilbury. Cet auteur, du xii^ ou du xiii* siècle, le
présente comme le sépulcre du géant Isoré, tué en combat singulier par Guillaume d'Orange. « Revue des Soc.
sav., » 3* série, t. iv, p. 383, sept.-oct, 1864.
— 552 —
LES ESSARTS-VARIMPRÉ.
Époque gauloise. — En 1852, on a trouvé, au hameau de La Belloye, une hachette
en silex que possède M. Parisy, de Foucarmont. D'autres
hachettes en silex du même genre ont été trouvées au-
hameau de La Quesnoye. — En mai 1864, on a recueilli,
dans la forêt d'Eu, près le poteau Duhême, une hache de
bronze qui est chez M. de Girancourt. Par la bonté de ce
gentilhomme-verrier, nous pouvons reproduire cette pièce
aussi rare que curieuse (1).
Au mois de juin 1865, M. de Girancourt et moi nous
avons fait une fouille dans la forêt , au triége de Varimpré ,
et nous y avons trouvé une sépulture gauloise des plus
intéressantes. Notre fouille avait été motivée en cet endroit
à cause d'un mouvement de terrain de forme ovoïde, que
nous supposions le reste d'une habitation gauloise. Dans
l'enceinte, légèrement fossoyée, nous n'avons trouvé qu'une
assiette charbonnée et cendrée. Dans le fossé , au con-
traire, nou% avons rencontré à un 1 mètre 30 centimètres
une incinération composée d'os brûlés déposés dans la
terre nue et entourée d'objets de métal , parmi lesquels il
n'a été possible de reconnaître qu'une hache, un grand
couteau , des ciseaux ou forces , une fibule à ressort et un vase ayant la forme d'une tête
humaine , ce qui lui donnait l'apparence d'un casque. Cette pièce se composait d'un cercle
de fer miné, d'anses rondes et mobiles, et d'un fond consistant en une lame de cuivre très
fine et s'en allant en morceaux. Dans ce casque ou vase étaient des chaînettes de fer et
des objets peu reconnaissables.
Autour de ce dépôt de fer et d'os se trouvaient dix vases de terre , dont deux avaient la
forme d^olla ôude pot-au-feu, quatre celle de bols ou écuelles, et quatre autres affectaient le
type d'une patère. La terre qui composait ces vases, leur forme, leur épaisseur et leur cuis-
son, tout dénotait une industrie nationale et indigène: l'art gaulois au temps de^J.-C. ou
au premier siècle de son ère.
Enfin, chose plus rare encore que tout ce qui précède, du moins pour une sépulture, il
s'est rencontré une meule à broyer en grès avec réceptacle en pierre meulière; évidem-
ment, elle avait été mise là toute montée , et tout porte à croire que les vases , aujourd'hui
vides, ont autrefois contenu dans leurs flancs une provision de grain.
HA€HB EN BRONZB (yAKIMPRÉ, 1864).
(1) Des haches pareilles se trouvent en Irlande et sont conservées au Musée de TAcadémie royale de Doblio-
Wakeman, a A hand-boock of irish antiquities , » p. 153).
_ 553 —
Je suis porté à croire que nous avons trouvé ici un soldat indigène qui habitait la contrée
à l'époque gauloise, ou qui la traversait au moment de sa mort et que l'on aura inhumé
en ce lieu avec tout son mobilier de campagne.
Grâce à la bienveillance de M. de Girancourt , nous pouvons reproduire dans les deux
pages suivantes la plus grande partie des objets sortis de la fouille de Varimpré.
Époque romaine. — En octobre 4865, M. de Girancourt et moi nous avons fouillé un
tertre ou tumulus situé dans la basse-forêt d'Eu , au triége des Essarts. Ce monticule fait
de main d'homme avait 1 mètre 60 d'élévation sur iO mètres de diamètre. Il était parfaite-
ment circulaire. Dans son enceinte , que nous avons soigneusement étudiée , nous n'avons
trouvé que des charbons et des cendres , et au sommet les restes de deux vases romains du
Bas-Empire, broyés depuis longtemps. Ces vases, tput brisés qu'ils étaient, nous donnent
la date, si non de l'élévation , du moins de l'occupation du tertre.
Dans ce même mois d'octobre 4865, nous avons interrogé, aux environs de la verrerie
de Varimpré, une de ces grandes fosses circulaires et profondes, telles qu'en renferment
la forêt d'Eu et toutes les forêts de la Seine-Inférieure , de la Normandie et mùne de
la France. Jusqu'à présent ces fosses n'ont pas été étudiées et leur date reste aussi
inconnue que leur situation, aussi mystérieuse que leur existence. Après avoir enlevé
successivement environ 2 mètres de terres éboulées, nous sommes arrivés au sol naturel.
Dans cette profonde couche de déblais, nous n'avons cessé de rencontrer du charbon et
même des cendres. Au milieu de ce limon, qui trahit le passage de l'homme, mais qui ne
date rien, nous avons été assez heureux pour recueillir quatre ou cinq morceaux de tuiles
à rebords , ce qui nous a paru prouver que les fosses existaient déjà à l'époque romaine.
Époque incertaine. — On m'a assuré qu'au début de ce siècle, il avait été détruit une
motte dans la direction de Villers et de Foucarmont.
En 4796, lors de la confection de la route impériale no 28, de Rouen à Saint-Omer,
on a rencontré des squelettes à la côte de Varimpré.
Sur le bord de la basse-forêt d'Eu, il existe une mare dite de Saint-Germain. On
raconte , à ce propos , que saint Germain y désaltéra son cheval lorsqu'il se dirigeait vers
la Picardie; nous ne savons s'il s'agit de saint Germain d'Auxerre, l'apôtre de la Grande-
Bretagne, ou de saint Germain l'Ecossais, son disciple, martyrisé, vers 490, sur les bords
de la Bresle.
L'abbé Décorde, « Essai historique et archéologique sur le canton- de Blangy, » p. 84.
AUBERMESNÏL-LES-ERÂBLES.
Époque gauloise. — Je tiens de M. l'abbé Duvallet, aujourd'hui curé de Saint-Riquier-
en-Rivière, et qui a longtemps desservi Aubermesnil, qu'entre les hameaux des Buleux
et des Erables, il existe un terrain tout couvert de hachettes en silex à l'état de rebut ou
70
— 65/1 —
OBJETS y.y TERRE PR0VE>a:1T de la UPULTIRE gauloise de VARIMPIÏÉ (ISO.V.
OnAKD VASEE\ TEKtlCnniSr, DU FOnHE OM.AIBE. VhSR EK TEKKE UIIISG, EN FOIIME Dt CUtPB OL' FATÈBE.
En FORME DF.nOLOtl ËCUELLB. VASE EN TERRE GRISE , EnFOnVE DECOUPE OU PATËRS.
BOL on EGVBLLK EN TEHBB CUITS. IIOL OU ÉCUBLLE EN TFBI
ONITS DB TERBE , D
PIERRE ET DE F
T DE l,A SËPt'I.Tri>:
E DB VAIIIHPBË (['OMET D
J tCL*£LI,B En TBRnS C
USEAUK ot; FoncEs en f
COUTEAU Kt rSR, a MANCnS creux, INITAVIT L« MtUtLLB D'UNB I.AnCB.
— 556 —
de formation. Sa conviction est qu'il a existé ici une fabrique d'instruments de pierre ,
comme celle des Marettes à Londinières. Il m'a assuré avoir recueilli beaucoup de silex
travaillés , qu'il a remis à M. Parisy, de Foucarmont.
M. de Girancourt, conseiller général aux Essarts-Varimpré , possède, depuis 1862, une
hachdtte en silex provenant du territoire d'Aubermesnil.
M. Parisy m'a fait voir une hachette en bronze, recueillie, en 1856, au hameau des
Erables. Enfin , on cite à Aubermesnil la découverte d'une monnaie gauloise.
Epoque romaine. — M. Parisy a également collectionné à Aubermesnil un bronze de
Constantin, un autre de Julie Mammée et un troisième de Posthume père. On nous per-
mettra d'attribuer à la même période une meule à broyer. en poudingue, recueillie en
cet endroit. — Enfin , nous savons qu'en démolissant le vieux château , il a été trouvé de
la poterie romaine.
Époque franque. — Nous attribuons à la période franque un scramasaxe , un vase et
des ossements trouvés, en 1852, par MM. Aventin et des Buleux, ainsi qu'un cercueil
de pierre rencontré et conservé par M. Delahaye.
En 1857, on a recueilH, à Aubermesnil, un denier d'argent de Louis-le-Débonnaire.
Cette pièce intéressante est conservée par M. Parisy.
Decorde, « Essai Iiist. et arch. sur lo c. de Blangy, » p. 17. 1 Parisy, « Journal de Rouen, » du 16 octobre 1858.
RÉTONVAL.
Époque romaine. — En 1853, on a trouvé à Rétonval, au Heu dit la M are-des- Jardins,
deux grands bronzes de Vespasien , que possède M. Parisy, de Foucarmont.
Dans ce village, on trouve également des tuiles et autres débris romains.
Époque incertaine. — Une tradition locale prétend que le village de Rétonval était
autrefois situé aux Câteliers, où l'on découvre souvent des puits et des constructions. On
attribue ce changement à un incendie.
Les vieillards prétendent également que l'église a été transférée , et qu'elle était autre-
fois sur la côte , auprès du chemin qui conduit à Sainl^Leger-aux-Bois.
L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Blangy, » p. 208.
SAINT-LEGER-AUX-BOIS.
Époque romaine. — On rencontre à Saint-Léger des tuiles romaines.
Époque incertaine. — On assure que l'ancienne église était au Mesnil-Allard, et que
la cloche y est restée cachée avec de l'argent.
— 557 —
RICHEMONT.
Époque gauloise. — Aux Câteliei^s, M. Parisy a recueilli une hachette en silex.
Époque romaine. — Les restes romains ne manquent point à Richemont. On y trouve
beaucoup de tuiles à rebords. — Dans le pays, il existe une tradition de ville détruite.
Époque incertaine. — On m'a assuré qu'aux Câteliers on voyait une motte avec puits
au milieu. Elle a disparu vers 4 830.
Dans la déclaration du comté d'Eu, de 1658, on voit figurer Richemont comme un
< village où il y a des ruines et où il ne reste plus que de petits buissons. »
L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Blangy, » p. 217.
RÉALCAMP.
Epoque romaine. — Des débris romains se sont fait jour sur plusieurs points de Réal-
camp. Dans le jardin du presbytère, on a recueilli un bronze de Trajan. Une monnaie
d'Adrien s'est montrée au Camp-atix-Malades, au milieu des tuiles à rebords. On trouve
des tuiles, des meules à broyer, des poteries et des verroteries, aux Essartis, au Grand-
Marché et au Bout-de-la-Ville.
MONCHY-LE-PREUX (section de campneuseville).
Ce village est appelé tantôt Monchy, tantôt Mouchy. Quant à son affixe , anciennegient
on disait le Ferreux , aujourd'hui on dit le Pretix.
Époque romaine. — On recueille à Monchy des fragments de tuiles et de poteries
romaines.
Guilmeth, «Desc. géogr., hist., etc. , des arr . ,» t. m, p. 60.
L'abbé Decorde, «Essai hist. et archéol. sur le canton
de Blangy, » p. 69.
P. de la Mairie, « Recherches historiques, archéolo-
giques et biographiques sur le Bray normand et le Bray
picard, » t. n, p. 10.
HODENG-AU-BOSC.
Époque franque. — En 734, Teutsinde, abbé de Fontanelle, donne au comte Rathaire
« Hosdinium, » que le chroniqueur place en Vimeu. Nous pensons qu'il s'agit deHodeng,
alors dans le Talou.
Époque franque {?). — Sur le Mont-aux-Prêtres , au lieu dit le Vieux-Cimetière, on a
rencontré, en 1852, un cercueil de pierre renfermant un scramasaxe. Depuis ce temps,
on y a encore aperçu d'autres sépultures.
« La Normandie souterraine, » 2» édit., p. 44t. | « Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 7.
— 558 —
GUIMERVILLE (section de hodeng-au-bosc).
Époque romaine. — M. Deville m'a signalé à Guimerville la présence de briques, de
tuiles et de poteries antiques. M. Parisy y ajoute la présence d'ossements et de tombeaux.
PIERRECOURT.
Époque incertaine. — On voit à Pierrecourt une motte et la place d'un vieux château.
NESLE-NORMANDEUSE.
Époque gauloise. — M. Parisy possède une belle hachette en silex , trouvée à Nesle
en 1858. Une autre, entièrement pareille, se voit au Musée d'Abbeville; elle provient
également du même endroit. Il paraît qu'on en trouve beaucoup dans ce canton.
Époque romaine. — M. Deville m'assure qu'on trouve à Nesle des tuiles à rebords.
Époque incertaine. — Sur des coteaux qui dominent la vallée de la Bresle , entre
Nesle et Blangy, on remarque une enceinte circulaire, terrassée et fossoyée comme celle
de Brémont, à Vatierville, et celle de Cornemesnil, à Bouelles.
On signale aussi une motte au Bois-durDétroit,
BOURBELLE (section de nesle-normandeuse).
Époque incertaine. — Il existe à Bourbelle tradition d'une ancienne ville. On dit
qu'elle était placée autour de l'église démolie , où l'on rencontre beaucoup de débris.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et arcliéol. sur le canton i Guilmeth, « Desc. hist, géogr.i stat. et mon. des
de Blangy, » p. 189-191. 1 arr., » t. m, p. 58.
CANTON D'AUMALE.
AUMALE.
Période normande. — D'après les monuments écrits , Aumale ne fait son apparition
dans le monde que sous la domination des Normands. Jusqu'à présent , aucun monument
important n'est venu reculer, pour la ville, cette origine historique. Toutefois, nous ne
j
— 559 —
devons pas dissimuler que son titre de doyenné suppose une existence et même une impor-
tance franque.
Aumale (Albamala ou Albamarla) n'apparaît dans l'histoire qu'avec son premier comte,
Guérinfroid, qui, de 996 à l'an 1000, fonda le château et l'abbaye. Ces deux créations
étaient foncièrement conformes aux habitudes normandes.
Une charte d'Adelize , sœur de Guillaume le Bâtard et épouse d'Enguerrand, comte
d' Aumale et de Ponthieu , délivrée vers l'an 1052, confirme par les détails les plus précis
la fondation de l'abbaye et du château d' Aumale, par le comte Guérinfroid. Nous ne
pouvons nous empêcher de citer ce texte si précieux pour nous et dont nous devons la
publication première à la Société des Antiquaires de Londres : o: Juxtà oppidum Albamar-
lense. . . Guerinfrido , qui condidit castellum , quod Albamarla nuncupatur, in extremis
partibus Normanniae, super flumen quod Augus dicitur, in eâ parte quae dividit Ambia-
nensem provinciam à terra Normanniœ. »
L'abbaye, connue sous le nom d'Auchy, a duré jusqu'à la révolution; mais le château
est démoli depuis le xvi^ siècle. On n'en connaît que la place, aujourd'hui nommée la
Motte ^ la Garenne et Bailly, tous noms très significatifs. La tradition affirme qu'un sou-
terrain conduisait jusqu'à la ferme de Bretagne , où Henri-le-Grand pansa sa blessure de
hi journée ou plutôt de \ erreur d' Aumale,
Pour nous , l'Aumale des Romains et des Francs est aux environs de la ville , et nous
croyons bien faire de lui rattacher deux points aujourd'hui détachés du canton , mais qui ,
autrefois , firent partie du doyenné comme du comté.
DIJEON, PRÉS AUMALE (1).
Époque gauloise. — M. Fernel raconte que dans la plaine de Dijeon , qui fait face à
la commune de Fourcigny, le long du chemin qui s'embranche à la route d'Amiens à
Grandvilliers , on remarque quatre pierres qu'il croit druidiques. Deux ont 7 pieds de
long; les deux autres, 5 seulement.
Époque romaine. — La plaine de Dijeon présente à l'observateur une masse de débris
romains. Il est évident qu'une station antique a existé dans ce lieu. Il y a trente ans déjà
que M. Fernel s'est fait le rapporteur de découvertes qui n'ont pas cessé depuis cette
époque. Dès 1833, il exposait qu'au-delà des herbages et de la vallée de Quincampoix on
remarque quarante acres de terre remplies de débris. Une portion s'appelle le Câlelet, et
l'autre la Remise.
AuCâtelet, on a trouvé, en 1833, des tuiles, des poteries et des briques de toute
;espèce; plusieurs ont été déposées à la Bibliothèque de Neufchâtel. A la Remise, on ren-
(t) Commune de Morvilliers-Saint-Saturnin, canton de Poix, arrondissement d'Amiens (Somme).
— .-.60 —
contre des débris pareils, mais en plus grande quantité. La terre est tellement semée de
médailles, qu'on l'appelle la Icrre à l'argent. Parmi les médailles qu'on y recueille, il y
en a en or, en argent et en bronze.
En 1832, on détruisit une construclion circulaire de 50 pieds de diamètre. Elle
contenait des poteries romaines. On appelle Romescamp le champ qui renferme cette tour
antique. — Depuis la visite de M. Femel, on a encore recueilli, près du Câtelet de
Dijeon , ia statuette en bronze d'un soldat romain armé de la haste. Le Musée de Neuf-
chàlel possède beaucoup d'objets venant de Dijeon, l'Aumale gallo-romain. EnGn,les
antiquaires de l'Oise , M. Graves en tôte , tracent, à travers la plaine de Dijeon et dans ta
■direction d'Aumale , une voie antique conduisant do Beauvais à Augiista (Eu).
M. René de Belloval, de Bois-Robin, possède beaucoup d'objets antiques recueillis à
Dijeon.
Le Musée de Neufchàtel montre un vase romain en terre rouge , trouvé au lieu dit le
Catenoy, près Aumale.
FLEUZY, PRÈS AUMALE (1).
Époque frasque. — En 1839, M. Ancelin, maître de poste à Aumale, trouva, dans
un labour situé à Fleuzy, sur le penchant d'une colline, sept ou huit squelettes accom-
pagnés d'objets en fer et en bronze; parmi eux se rencontra un cercueil en pierre contenant
deux squelettes accompagnés d'objets dont plusieurs furent perdus. Il ne conserva qu'un
vase en terre noire et une belle agrafe de ceinturon en cuivre ciselé, qui me furent remis
en 1859. — Je donne ici le dessin de ces
deux pièces. — Au
même année, je pn
telicudela décou-
verte, et j'y cons-
tatail'existencede
fosses de craie
renfermant des
corps. J'ai pu
m'assurer, par la
présence de six à
huit corps, qu'il ,
VA3EDBTRRnE[FI.ElZY. 1839). — ACBAFB CK B^OHZE CISELÉ (PLEMT, 1839),
y avait eu la un
cimetière mérovingien.
(1) Commune de Qoincampoii, canlon da Formcrie (Oise).
— 561 —
BIBLIOGRAPHIE
Had. Vales , « Notitia Galliarum, » p, 9.
Duplessis, 1 Descript. géog. et hist. de la Haute-
Norm., » t. 1", p. 57-65.
Fernel, « Notice sur des antiq. découv. en 1832 et 1833
dans Tarrond. de Neufchà tel, » dans les • Mém. de la Soc.
des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 173, 177-78.
Guilmelh, a Desc. géogr., etc., desarr., » t. m, p. 69-
94.
Pape , a Notices hist. et biogr. sur la ville et le canton
d'Aumaie, » p. 5-33, 157-164.
Graves, « Notice archéol. sur le département de l'Oise, »»
2'édit, p. 211-213.
Semichon, « Histoire de la ville d'Aumaie, t. i«',
p. 1-48,290-318, 391.
Id., « Quelques Pagi picards et normands, » in-8'' de
38 p. et carte.
Id.,aRevuearchéol.,» nouv. sér.,t.v,p.62-67, 187-207.
L'abbé Cochet, «Mém. de la Soc. des Anliq. de Norm.,»
t. XXIV, p. 360-61 .
John Gage, « Archaeologia, » vol. xxvi, p. 349-360.
SAINTE-MARGUERITE-D'AUCHY ou LÉS-AUMALE.
Époque franque. — Dans le bois de Boitel , on voit une ruine de château à laquelle le
peuple donne le nom de château Hubauld. On rattache ce débris à l'existence du gallo-
romain Hubault qui, en 490, martyrisa, sur les bords de la Bresle, saint Germain l'Ecos-
sais ou de la Roue.
M. Semichon , dans son Histoire de la ville d'Aumaie, t. i^r^ p. 239, dit que « dans
le bois de Boitel, au triége appelé Dieu-le-Père , il existe sur un plateau, au-dessus et
à l'ouest de la Bresle, un parallélogramme formant une éminence qui occupe une sur-
face de 75 à 80 ares entourées de fossés : ces fossés peuvent avoir de 14 à 16 mètres
de large. On dit que cette éminence était l'emplacement d'un château appelé château
Hubaut. »
Le hameau de Morienne, qui dépend de Sainte-Marguerite, existait dès l'époque
franque, car ilest cité dans un acte de ce temps comme appartenant au pays de Talou:
€ Morinnam , in pago Talano. »
Période normande. — Le lieu dont nous nous occupons s'appelait alors Auchy (Alceium
ou Alciacum). Vers l'an 1000, Guérinfroid, comte d'Aumaie, y fonda une collégiale de
chanoines réguliers qui, vers 1096, fut transformée en prieuré, et élevée à la dignité
d'abbaye en 1130.
Dans une charte d'Adelize, déUvrée vers 1052, on lit: « In villa, quae dicitur Alcis,
juxta oppidum Albamarlense , fundata est ecclesia temporibus JRichardi principis quarti
Normannorum. »
bibliographie.
« ArchsBologia , » t. xxvi, p. 39. — Semichon, t. i",
p. 391.
Duplessis, Cl Desc. géogr. et hist. dç la Haute-Nonn., »
t. I", p. 57-65.
Mabillon, « Annales ord. 8. Benedicti, » t. vi, p. 192.
« Neustria pia, » p. 731-737.
« Gallia Christiana, » t. xi, p. 274-78.
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. desarr., >»
t m, p. 69-94.
A. Le Prévost, «M. de la 8. des A. de Norm.,» t. xi, p. 9.
Pape, « Notices hist. et biogr. sur la ville et le canton
d'Aumaie , » p. 172, 157-164.
71
562 —
LE VIEUX-ROUEN.
Époque romaine (?). — Je tiens de M. Parisy qu'en établissant, il y a quelques années,
la route de Foucarmont à Liomer (Somme), on a trouvé, dans la traverse du Vieux-Rouen,
des sépultures , des tuiles à rebords , des poteries et des médailles romaines.
Vers 1846, en élargissant un chemin, près de l'ancienne maladrerie de Çanivet, on a
trouvé des vases, dont un nous a été remis : il a la physionomie romaine.
Une tradition locale affirme que l'église du Vieux-Rouen remplace un temple de Jupiter.
On est tenté d'attribuer à cet édifice romain de vieux murs qui se voient autour de cette
éghse, laquelle remonte au moins au xiie siècle.
Époque franque. — Le Vieux-Rouen portait déjà cé'nom il y a neuf cents ans. Car
dans une vie de saint Germain, évêque régionnaire communément surnommé l'Ecossais
ou De la Roue , vie écrite au x^ siècle et publiée par les BoUandistes , ce lieu est appelé
M Vêtus Rothomagus. > A cette époque , il possédai un château muni de tours,
connu depuis longtemps sous le nom de Hubauld, seigneur païen qui, au v^ siècle selon les
uns, ou au vue suivant les autres, avait mis à mort l'apôtre des rives de la Bresle.
€ Turris maenibus quae hodieque mansio Hubaldi tyranni dicitur ubi tune temporis
manebat Hubaldus idololatriœ cultor prœcipuus. j>
On montre encore aujourd'hui, dans le bois de Brétizely les ruines d'une forteresse que
les gens du pays appellent le château Hubauld.
Puisque nous avons nommé le tyran Hubauld et sa victime saint Germain l'Ecossais ,
qu'on nous permette une excursion au tombeau du saint martyr. Nous ne sortirons
pas de la vallée de la Bresle , quoique nous entrions pour un instant dans le département
de la Somme.
Le tombeau du disciple de saint Germain d'Auxerre est à Saint-Germain-sur-Bresle ,
auquel il a donné son nom. Conservé dans le sanctuaire même de l'église, dont il est pour
ainsi dire l'autel , il m'a paru un monument du xiiie siècle. On y remarque un trou cir-
culaire afin d'y passer la tête, suivant une coutume fort ancienne qui se trouvait à Graville
au tombeau de sainte Honorine.
Les fidèles de l'époque franque voulurent reposer autour
des restes vénérés du saint, car le cimetière, qui entoure
l'église , est rempli de cercueils de pierre et de fosses de craie
qui rendent des vases semblables à ceux d'Etretal, de Martin-
ÉgHse, de Londinières, d'Envermeu, de Saint-Pierre-
d'Epinay, etc. Quatre de ces vases mérovingiens m'ont été,
remis, en 1859, par M. l'abbé Malais, qui, cette année-là
même , les avait recueillis sur place.
VASE «OIR (1857).
— 563 —
Période mormande. — C'est au Vieux-Rouen, et avec raison , selon nous, que plusieurs
(MM. Valois, Estancelin, Pape et P. de la Mairie,) placent le château de Mateputenam,
construit eu 1119 par Henri Beauclerc, contre Etienne, comte d'Aumale, et Havoise, son
épouse. Quelques-uns le mettent à Matebrune sur la Feuillie. (Voir La Feuillie , canton
d'Argueil.) Mais le texte d'Orderic Vital nous semble précis : • In Stephanum , comilem de
Albamarla, qui solus adhuc resistebat, exercitum rex aggregavit et in loco, qui Vêtus Roto-
magus dicitur, castrum condere caepit quod Mate Putenam pro despectu Hadvisiae, comi-
tissae , nuncupavit. » — Le château actuel du Vieux-Rouen est une construction des xvi^
et xviie siècles. Cependant il y existe encore la tradition qu'une comtesse d'Aumale y fut
autrefois enfermée ; pour nous, nous sommes tenté de voir les restes du château de Mate-
putenam dans les ruines de la forteresse polygone qui se voit au hameau de Brétizel. Cette
grande tour est, en effet, du xiie siècle.
BoU., « Acta Sanctor, » Mens. Maii, 1. 1«', p. 268-69.
Orderic Vital, « Hist. ecclesiast., » lib. xii, t. iv, p. 395,
édit. Le Prévost. •
Had. Vales., « Notitia Galliarum, » p. 322.
L. Estancelin, a Histoire des Comtes d'Eu, « p. 39.
E. Semichon, « Hist. de la ville d'Aumale, 1. 1", p. 239.
Pape, « Notices hist. et biogr. sur la ville et le canton
d'Aumale, » p. 172-175.
L'abbé Malais, « Calendrier normand, » p. 31.
Id., o Journal de Neufchâtel, » du 2 mars 1858,
AUBÉGUIMONT.
Époque romaine.» — A la Mare-Close, on trouve à chaque instant des tuiles à
rebords.
Pape, « Notices historiques et biographiques sur la ville et le canton d'Aumale, » p. 89.
MARQUES.
Époque eranque. t- En 734, Teutsinde, abbé de Fontenelle, donna au comte Rathaire
un domaine nommé « Malcham , » que l'on suppose être Marques. Le chroniqueur méro-
vingien place la localité dans le Vimeu. Il est probable qu'il s'agit du Talou.
A, Le Prévost, «M. de la S. des A. de Norm.,» t. xi, p. 7. | « Chronicon Fontanellœ, » c, x.
ILLOIS.
Époque incertaine. — Cette commune est traversée par le fameux retrmchement
connu au moyen-âge sous le nom de fossé du Roy^ et appelé, dans un acte féodal de
1314, fossata Régis. Ce retranchement, long de 12 kilomètres, a 8 mètres d'épaisseur à la
base, et 3 ou 4 au sommet.
Époque romaine. — On a recueilli sur lUois, et dans les environs du fossé du Roy,
des briques, des tuiles à rebords et deux meules en poudingue, conservées chez le maire
— 564 —
du lieu. M. Mathon a su qu'à 66 centimètres du sol on avait trouvé , il y a cpielques années,
douze vases romains en terre fine qui ont été brisés.
«Mém. de la Soc. des Anliq. de Nonn.,» t. xxiv,p. 361. | Guilmeth,«De8c.géogr.,hist.,etc.,de8arr.,»t.iii,p.%.
MESNIL-DAVID (section d'illois).
Époque romaine (?). — Entre le Mesnil-David et Neuville-Gouvion , on a trouvé deux
meules à broyer en poudingue.
RONCHOIS.
Époque incertaine. ~ On cite au Ronchois de grands et longs fossés que je suppose
être un démembrement du fossé du Roy. '
LES VENTES-MÉSANGÈRES (section de caule).
Époque romaine. — On signale des tuiles à rebords dans ce village du canton de Blangy.
SAINT-MARTIN-AU-BOSC.
Epoque franque. — En 1864, en creusant des fosses devant Téglise de Saint-Martin-
au-Bosc, on a trouvé, au bord du chemin, là où furent autrefois Me vieux ormes, deux
cercueils en pierre de Vergelé : ils étaient placés côte à côte; mais il avaient été vidés et ne
contenaient plus rien.
CONTEVILLE.
Époque romaine. — La voie romaine qui allait de Dieppe à Beauvais passait par Con*
teville , où l'on a trouvé à plusieurs reprises des tuiles romaines.
Époque incertaine. — Aux limites sud-est de Conteville , dans la direction de Gaille-
fontaine et de Criquiers , il exista une motte aujourd'hui détruite.
« Mémoires de la Société des Antiquaires de Nor- 1 Pape, « Notices hist. et biogr. sur la ville et le canton
mandie, » t. xxiv, p. 356. | d'Aumale, » p. 102.
NEUVILLE-GOUVION (section de conteville).
Époque incertaine. — C'est sur ce village que commence le célèbre terrassement
connu dans le pays sous le nom de fossé du Roy, fossata Régis. Ce fossé, long de 12 kilo-
mètres, traverse Ronchois, Illois, le Mesnil-David et Sainte-Beuve pour finir à Rétonval.
Ce retranchement prend naissance à une motte très élevée dont le diamètre, au sommet,
n'a pas moins de 30 mètres. On y remarque l'ouverture d'un puits très bien conservé. Cette
motte porte le nom de Câtel ou de Château.
— 565 —
En 1861 , M. de Hardentun fouilla cette butte antique, et y découvrit des ferrements
oxydés et des tuiles à rebords.
Pape, «Notices historiques et biographiques sur la ville et le canton d'Aumale, » p. 101.
CRIQUIERS.
Époque romaine. — La voie romaine allant de Dieppe à Beauvais passait par Criquiers
et Le Pierrement , hameau de cette même commune.
M. Mathon pense qu'une voie antique , se dirigeant de Rouen vers Amiens , traversait
également ce village. Ce qui est certain , c*est que la rue principale de Criquiers porte ,
dans le pays, le nom de chaussée Brunehaut. On raconte, à son sujet, une légende diabo-
lique qui doit remonter à une bien haute antiquité.
A la section des Authieux , on trouve des débris romains. — Au hameau du Bos-des-
Puits (Boscum Puteorum), possédé jadis par Tabbaye de Beaubec, on rencontre beaucoup
de débris. La tradition locale prétend qu'il a existé là une ville détruite par les guerres
de France et d'Angleterre.
Époque incertaine. — Il existait autrefois un grand fossé entre Criquiers et Formerie.
On le nommait le fossé Cas tresse, et les anciens titres l'appelaient fossa Castrensis.
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm., » t. xxnr, p. 356.
Pape, « Notices hist. et biogr. sur la ville et le canton
d*Aumale,«>p. 102, 113-114.
P. de la Maire , « Recherches historiques , archéolo-
giques et biographiques sur le Bray normand et le Bray
picard, » 1. 1*', p. 188.
HAUDRICOURT.
Époque franque (?). — Depuis 1840 ou environ, on trouve, à Haudricourt, une éérie
de cercueils en pierre ou en plâtre. Ils sont situés sur le penchant d'une colline , dans un
lieu nommé le Camp-Varnier. — Haudricourt existait dès Tépoque franque, et paraît
avoir porté le nom de « Straticurtem. >
Pape, « Notices hist. et biogr. sur la ville et le canton 1 A. Le Prévost, «Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm.,»
d'Aumale,» p. 129. I t. xi, p. 9.
VILLERS-SUR-AUMALE (section d'haudricourt).
Époque franque. — Dès cette période , le hameau portait le nom de « Villare. »
Sur la route de Gaillefontaine, dans un champ possédé et cultivé par M. Barte, on a
trouvé trois ou quatre cercueils comme celui de Fleuzy.
A. Le Prévost, « Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t t. xi, p. 10.
— 566 —
CANTON DE FORGES-I .ES-EAUX.
FORGES-LES-EAUX.
Le sol de Forges-les-Eaux est couvert de débris antiques. Il n'a point encore été exploré
par la science; mais il a montré, à diverses reprises, des vestiges qui sont restés inscrits
dans la mémoire des contemporains.
Époque incertaine, présumée gauloise. — Al kilomètre du bourg, au sein même
de la forêt de Bray, au triage des Minières , on remarque une grande enceinte fossoyée
d'environ 700 mètres de longueur. Le creux des fossés a bien 4 mètres de profondeur, sur
une très grande largeur. La coupe et le retranchement marquent surtout d'un côté ; d'autre
part, l'enceinte était protégée par des marais.
Époque romaine. — Les tuiles à rebords et les poteries antiques parsèment de tous
côtés le territoire de Forges. Tous ceux qui ont écrit sur Forges s'accordent sur ce point
Il est probable que les ferrières de ce pays , comme ses eaux minérales , étaient connues
et exploitées par les Romains.
Quant aux mines et aux fourneaux antiques , le nom du lieu en témoigne suffisamment.
On connaît à Forges des points nommés les Minières ^ les Ferrières, les Forgettes, le
Bout'd' Enfer, etc. Le terrain est recouvert d'une croûte de scories de fer, et des monceaux
de minerai existent encore sur divers points. Ce qui prouve l'origine ancienne de ces
dépôts , c'est que des tuiles à rebords et des monnaies romaines sont mêlées à ces couches
de laitier.
Derrière la place de l'ancienne église est une petite montagne de scories de fer
mélangées de tuiles antiques.
Parmi les monnaies recueillies à Forges^ on cite notamment des Auguste, des Néron,
des Trajan , des Antonins , des Domitien , des Lucile , des Gordien , des Tétricus et des
Constance.
On reconnaît la place d'anciens fourneaux , et l'on a recueilli des tuyaux en terre cuite
et en pâte vitrifiée.
M. de la Mairie assure que la voie romaine qui allait de Rouen à Amiens traversait
Forges, passant ensuite par Le Pierrement et Criquiers. M. l'abbé Decorde cite à Forges
une me des Fées , sur le compte de laquelle le public raconte de curieuses histoires.
Mais le point le plus romain de Forges , c'est la butte du Donjon , placée dans le bois
de ce nom. Cette butte est située en face des eaux minérales et à peu de distance de la
— 567 —
route impériale no 15, qui va de Paris à Dieppe. Elle est parfaitement ronde et compte
60 pieds de diamètre; le terrassement a 10 pieds d'épaisseur et le fossé 18 de large. Sa
profondeur actuelle n'est que de 7 pieds , mais il a été comblé.
Vers 1832, M. Fernel, avocat à Neufchâtel , à sondé le Donjon et les terrains environ-
nants. Partout il a trouvé des tuiles à rebords en quantité ; plusieurs d'entre elles sont au
Musée de Neufchâtel. M. Fernel assure que des habitations antiques s'étaient groupées
autour de cet établissement, surtout du côté de Y avenue des Capucins. En 1865, nous
avons encore vu des tuiles et des poteries romaines au Donjo7i^ situé en face de l'établisse-
ment thermal.
Enfirf, on trouve des tuiles et des briques romaines jusqu'au sein de la forêt, au lieu
dit le Fayel. Elles s'y sont fait jour dans diverses circonstances.
BIBLIOGRAPHIE.
Fernel, « Notice sur des anliq. découv. en 1832 ef 1833
dans l'arrond. do Neufchâtel, » dans les « Mém. de la
Soc. des Antiq. de Norm., » t. xi, p. 175-76.
Guilmeth,«Desc. géogr., hist, stat. et mon. desarr.,»
t. iu, p. 99-101.
r Journal de Neufchâtel, » du 27 septembre 1859.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton
de Forges, » p. 83, 84, 85, 122-27.
P. de la Mairie, « Recherches historiques, archéolo-
giques et biographiques sur le Bray normand et le Bray
picard,» 1. 1", p. 89-90.
« Bulletin de la Soc. des Antiq. de Norm.,» 1. 1", p. 50.
RONCHEROLLES-EN-BRAY.
Époque gauloise. — Le Musée de Rouen possède une monnaie gauloise en or, trouvée à
Roncherolles en 1842. Bombée et fruste d'un côté, elle présente un cheval au côté concave.
Époque romaine. — Le nom de ce village est d'un favorable augure pour les ruines
antiques , car, à nos yeux, il viendrait des ronces et des halliers cpii recouvrent toujours les
restes romains. Aussi , M. de la Mairie assure que les bruyères de Roncherolles sont semées
de briques, de tuiles, de poteries et de monnaies du peuple-roi. MM. Decorde et Guilmeth
rendent im témoignage favorable à cette assertion, et ils indiquent le voisinage du hameau
de Liffremont comme le quartier le plus riche en découvertes.
M. l'abbé Delamare , le récent historien de Roncherolles , le confirme quand il dit
que les habitants du pays vont juqu'à prétendre qu'à Liffremont était autrefois le Vieux-
Eouen.
• Dans la plaine de Liffremont, ajoute-t-il, la charrue met à découvert tant de tuiles
et de briques romaines que le sol, après son passage, prend une teinte rougeâtre, et que
le cultivateur est obligé de les faire ramasser en monceaux; ces larges fondations des
antiques édifices se font reconnaître en donnant une maturité précoce aux blés qu'elles
supportent.
€ C'est dans cette plaine . que M. Marcadé a fait la découverte d'un ancien piédestal.
^ — 568 —
Ce piédestal, de 1 mètre environ d'élévation, est de forme carrée ; appuyé contre un mur,
il ne présentait que trois faces , décorées de
cariatides nues pour en supporter la corniche ;
la perfection des fonnes de ces cariatides dé-
note peut-être l'habileté d'un ciseau antique,
et une chasse au lièvre sculptée sur sa base
nous fait penser qu'il était destiné à sup-
porter une statue de Diane.
• Enfoui à 40 centimètres de profondeur, .
il présentait à la charrue sa face murale , qui
a été, à la lettre, sillonnée pendant le cours
de plusieurs siècles. Il est allé meubler le
nouveau-Rouen, et il se trouve en la posses- ■
sion de la famille Desrocques, aujourd'hui
propriétaire de la terre de Liffremont (1).
t C'est dans cette plaine qu'un autre culti-
vateur a trouvé diverses médailles d'or, d'ar-
gent et de billon , à l'effigie des empereurs. »
M. l'abbé Delamare cite une monnaie de
bronze d'Adrien et des deniers d'arçent de
Néron, deNerva-Trajan, d'Adrien, de Sabine,
d'Antonin , de Faustine et de Domitien.
Époque INCERTAINE. — M. Guilmeth signale
à Roncherolles les traces d'un camp antique,
de forme carrée, et il révèle l'existence d'une
butte nommée la Motte-au-Leu. Enfin, nous-
même, sur la foi de M. l'abbé Decorde , nous avons indiqué une voie antique dans la direc-
tion de Liffremont.
M. l'abbé Delamare, après avoir cité, d'après M. Guilmeth, l'enceinte de la Motte-aa-Leu,
signale encore à Liffremont « un vaste carré où l'on remarque les énormes pierres
FIBftlIS ANTIQUE aCULPTÊB A HAUT BEUEP SDH Tl
COTÉS , THOIIVÊE A LIFFREMONT VEIIS ISU
PKâXUMÉB UN AUTEL PAiEM.
(1) Depuis que cet article est composé , et au moment oii il allait être iiiis sous presse, nous avons pu visiter à
Roueii,chezM.DosroqueS|ruBdeLenùire, 18, le morceau de sculpture dont parle M. l'abbé Delamare. Ce n'est pasle
socIh d'une statue, mais c'est bien évidemment un autel antique renversé aui temps cbrétiens par quelque apitra
de la religion nouvelle, a Subvertit altaria pcregrini cultùs. ■> Ia pierre a 1 mètre 4 de haut sur 40 centimèlros da
long, dans sa partie la plus large. Trois personnages sont sculptés sur trois côtés. Sur la fkce principale est une
femme nue, 'Vénus se contemplant dans un miroir; à ses pieds se tient son enftint. Sur un cûté est un homme nu,
Hercule ou Mercure ; sur l'autre flanc un personnage trop elTacé ; à la base sont des lièvres qni courent. —
Quoique le haut de l'autet ait été bien mutilé ,jl reste cependant encore trace du creux pratiqué pour tes libationi
des idolâtres. — Cette pi^ce est unique dans la Seine-Inrérieure et peut-être en Normandie. Aussi nous avons fait
notre possible pour en donner ci-dessus une esquisse d'après un dessin imparlait de H. Breviôre.
— 569 —
qui en formaient les assises et non loin de là se trouve l'entrée , impraticable aujourd'hui,
d'immenses souterrains. y>
« Mém. de la Soc. des Antiq. de Norm. , » t. xxiv, p. 361 .
Guilmeth, « Desc. géogr., hist., stat. et mon. des arr.,«»
t. m, p. 121-12i.
P. de la Mairie, « Recherches historiques , archéolo-
giques et biographiques sur le Bray normand et le Bray
picard, » 1. 1", p. 146
L*abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton
de Forges, » p. 228.
L'abbé Delamare, • Hist. de la paroisse et de la com-
mune de RoncheroUes en-Bray,»p. 322-24, 340-41; in-8».
Rouen, Cagniard, 1865.
MAUQUENCHY.
«
Époque romaine. — C'est au hameau de Liffreraont, situé entre Mauquenchy et
RoncheroUes , que se font les plus grandes découvertes. Elles y sont si fréquentes et
si importantes, que les habitants du pays disent qu'il y eut là une ville, à laquelle ils
donnent le nom de Rotien. Dans ce quartier, la charrue heurte souvent contre des
murailles, et, tout récemment, M. Gambier a démoli un mur très épais en silex et en
briques romaines.
On cite une monnaie romaine en or, trouvée il y a quelques années. En 1850, on y a
recueilli une monnaie consulaire en argent; elle était de Sextus Pompée et a été acquise
pour le Musée de Neufchàtel. Du reste, le terrain sur lequel se font les découvertes* an-
tiques recouvre un grand espace.
Dans un des contre-forts de l'église de Mauquenchy j'ai vu, en 1865, une base de
colonne en marbre blanc, que je crois antique.
On cite encore sur Liffremont une enceinte fortifiée, que les gens du pays attribuent
aux Romains.
Guilmeth,<iDesc.géog.,hist.,etc.,desarr.,»l.iu,p. 122. i L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton
« Journal de Neufchàtel, •» du 29 avril 1851. I de Forges, » p. 228.
ROUVRAY-CATILLON.
Époque romaine. — Vers 1855, lorsque l'on construisit la maison qui sert de mairie
et d'école , on trouva des poteries noires et rouges. M. le curé , qui les a vues alors ,
estime qu'elles étaient romaioes. En 1863, l'adjoint' de la commune, faisant construire une
maison voisine de l'église, a rencontré une meule à broyer en poudingue, qui, aujourd'hui,
est encastrée dans le mur d'entrée de sa cour.
Dans le bois de Rouvray, on remarque une motte et des fossés que l'on attribue aux
temps romains. La raison de cette attribution, c'est qu'en 1838 on y a trouvé des cons-
tructions, des armes, des tuiles à rebords et des monnaies romaines. Nous tenons ces
détails de M. l'abbé Louvet, curé de la paroisse.
72
— 570 —
Époque incertaine. — Dans un bois est une source vénérée, appelée la fontaine de
Saint-Samson. On y vient en pèlerinage. — On a signalé à M. Deville un camp, supposé
romain , dans la direction de Bosc-Edeline.
GuJiDietli , <• Description gfogreptiique , historique , statistique et moDumentale des arrondi ssemenls, > L iii,
p. IS2.
CATILLON (section de rolvray-catillon).
Époque incertaine. — Le nom de Câtillon indiquerait volontiers une origine antique.
Toutefois, on ne nous a signalé dans ce hameau d'autre point archéologique qu'un lieu
voisin dfe l'église appelé les Jardinels. Là, on remarque beaucoup de substiiiclions, et
l'on reconnaît encore, à la surface de l'herbage, une construction circulaire qui ressemble
à une tour ou à un colombier.
LA FERTÉ-EN-BRAY.
Période normande. — De 989 à 996, M. Gautier, sire de Gournay, fonda à La Ferté une
collégiale de chanoines réguliers. Il est probable que ce fut à l'ombre de son château
féodal qu'il établit cette colonie religieuse. Toujours est-il qu'il obéissait en cela aux or-
dres de son frôre aîné , le sire de Gournay , son suzerain : « Imperante fratre Hugone. »
L'église fut dédiée par un évêque du nom de Hugues , de l'autorité de l'archevêque Robert
de Normandie. Cette fondation
semble avoir disparu dans* le
cours du xie siècle. En 1047,
elle me paraît supplantée par
le prieuré de Sigy. De la collé-
giale du xe siècle nous croyons .
qu'il reste encore l'abside cir-
culaire, qui termine l'église
actuelle, et surtout l'appareil
très irrégulier, \opm incertum,
que l'on remarque au côté
méridional de la nef(i). (Nous
donnons de cette église une vue
un peu vague). éolisb db la pertë-en-iikav.
{l) Si nos cootrées sont «lëpourvues dVgllscs du x* siècle, il n'en est heureusement pas do mCme dans toute la
France. H. de Caumont , ix vigilant inspecteur de tous nos monuments historiques , a cominencé une Étude ^ur
l'archiiecture mérovingienne ei ceriovlngienno, et il a eu le bonheur de rencontrer plusieurs spécimens de celle
dernière période dans la vallée de la Loire. Nous citerons, avec lui et d'après lui, les églises de Saint-Christopho
de Suëves (Loir-et-Cbcr), de Saiot-Véterin, de gaint-Eusëbe, de Saint-Uacé (Maine-et-Loire) et de Crevant près
— 57i —
Celte basilique des chanoines, qui est devenue le Moutier paroissial , s'abritait à l'ombre
d'un château féodal, dont on voit au midi l'énorme tertre , que les gens du pays appellent
la côte des Châteaux. Ce point commande tout la vallée de Bray, depuis Neufchâtel jus-
qu'à Gou^nay et même jusqu'à Beauvais.
Ce mont, semi-naturel, semi-artificiel, est entouré de grandes coupures faites de main
d'homme. La surface du plateau n'a pas moins de 80 à iOO mètres de diamètre. La pro-
fondeur du vallutn est d'environ 40 à 50 mètres.
Dans les coupes que l'on fait à ce monticule pour en enlever le terrain, j'ai remarqué
une couche, épaisse d'environ 1 mètre 50 , composée de terre noire , de charbons , d'osse-
ments et de tuiles. Ce sont vraisemblablement les restes de cette terrible et inexpugnable
tour de La Ferté, construite par les sires de Gournay, seigneurs de la contrée, et qui fut
prise d'assaut par Henri II, en ilSl : • Munitionem Hugonis de Gornaco, quam Feritatem
vocant, assultu capiens igni tradidit, excepta turre quœ in alto monte sita est. » (Robertus
a Monte, Append. ad Sigeberlitm , apud iîerum gallic. et fraude, scriptores, t. xiii,
p. 294.) — Grâce à la bienveillance de M'. Daniel Gurney, nous pouvons donner ici b plan
du château de La
Ferté, déjà publié
par lui en Angleterre.
Le bourg de La
Ferté est un type de
féodalité normande.
Ce village , perché
sur une colline inac-
cessible, s'appelle en-
core le hovTg , et il
montre dans son en-
ceinte le tribunal et
CHATEAU »E LA rGiiTÉ-E5(-BHAY. U ^wo». A quclquc
distance de là, vers
Saint-Samson , on remarque une énorme butle artificielle affectant la forme d'un tertre
tumulaire. On appelle ce lieu terrible le Mont-à-Fourques ou le Mont-aux-Fourc/ies.
C'est le Montfaucon du pays de Bray.
Chinoa. {Congrèi archéo!. de France, sémices gén. de 18C2 , p. 112, 130-31, 135, 131 , 138, 14Î, 149, 150, 151.—
BuUetinmonumenlal,t.yxvut, p. G5Î-678 et l. jtiii, p. 61, 62,75). La mieux caractérisée serait celle drstré(oantoQ
de Montreuil-Belloy) {Congrès archéol. de France, de 1862, p,2G7, ÎC8,ÎC3). M. de Caumoni cite encore la vènérabta
église de Saint-Pierre , A Vienne en Daupliiq^ (ibid., p. 501-505). MM. Cordeaux et Eouct nous offrent comme
spécimen en Normandie l'ancienne église de Rugles, dont l'appareil se compose de blocs de pierres irTég:uliére5 et
do forme presque ronde, {llutl. mon., t. xix, p. 360-361).
— 572 —
D. Gurney, « The Records of the house of Gournay, »
p. 16,22,26,28,31,33, 34,35.
Duplessis,««Desc.géog.ethist.cielaII.-N.,»t. i«%p.ll6.
L'abbé Decorde, « Essai hîst. et arcbéol . sur le canton
de Forges, » p. p. 68-72.
SAUMONT-LA-POTERIE.
Époque romaine. — M. l'abbé Jacquemet, curé de Limésy, possède une faitière
romaine trouvée, en 1839, à Saumont-la-Poterie. Le surnom de la Poterie, donné à ce
village, fait croire à d'anciennes fabriques de produits céramiques.
Époque incertaine. — Il existe sur cette commune un pont appelé le pont de Coq. A
ce nom étrange se rattache une légende quelque peu diabolique, rapportée par M. l'abbé
Decorde , dans son Essai historique et archéologique sur le canton de Forges^ p. 802.
LE FOSSÉ.
Époque incertaine. — Jusqu'à la révolution , le clergé du Fossé allumait solennelle,
ment le fende Saint-Pierre y d^ns un herbage voisin de l'église. Ceci avait lieu le 28 juin,
veille de la fête, et auprès d'une source appelée la fontaine de Saint-Pierre. — Le23 .
juin , on allumait aussi le feu de Saint-Jean.
L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Forges, « p. 147.
HAUSSEZ.
Époque gauloise (?). — Je tiens de M. Mathon qu'^n 1857 on a trouvé à Haussez
un beau bracelet en or, en forme de torque, pesant 80 grammes et valant 280 fr. de métal.
Sa circonférence était de 19 centimètres. Cette pièce, que j'ai tout lieu de croire gauloise,
a été vendue à Paris et passée au creuset.
GAILLEFONTAINE.
Époque incertaine. — En 1835, M. E. Gaillard signalait à la Commission des Anti-
quités un camp à double enceinte qu'il avait visité sur le territoire de GaiUefontaine. D
était disposé à attribuer ce terrassement à l'époque romaine.
M. l'abbé Decorde rapporte que vers 1 850 on trouva, au bord du chemin de Longuedalle,
plusieurs squelettes dont l'un conservait encore les fers qui l'avaient autrefois chargé.
Époque franque. — Vers 1850, on a trouvé à GaiUefontaine un vase en terre renfer-
mant soixante pièces d'argent qui toutes portaient la légende : karlvs francorvm rex.
Période 'normande. — Nous sommes disposé à attribuer à la période des ducs de Nor-
mandie et des comtes de Gournay le grand tertre et les terrassements qui dominent au
midi le bourg de GaiUefontaine. Nous regardons ces mouvements de terrain , aujourd'hui
couverts de broussailles, comme les restes du château normand. En 1050, Guillaume-
— 573 —
le-Bàtard date un de ses actes de l'année môme de la fondation du château de Gaillefon-
taine : « Primo anno constructionis caslri quod Goislenfontana dicilur. » — Par la
bienveillance de M. D. Gurney, nous pouvons donner ici le plan de cette forteresse
disparue, et un dessin de la vieille léproserie.
LOSlililli un: fiAILI.EFUNTAINli. UIAIBAL LE VAILI^FmK
Had. Vales., * Nolitia GallJarum, > p. 236.
Orderic.Vita].,iiHisi.ecclesinst.,"l.iv,p.3ÎO,ïioi
ëdition Le Prerost.
D.Gumey,<iTheRecordsofUiehoHseorGcFumay,>|
L'abbé Decorde , ■ Essai historique et archéologique
sur le canton de Forges, n p. 151 .
P. de la Mairie, • Recherches hlslor.,archéol. et biogr.
sur le Bray aormand et le Bray picard, » 1. 1", p. 165.
BEAUSÂULT.
Époque franque. — En mars et avril 1851 , on a trouvé à Beausault des sépultures
mérovingiennes placées dans des fosses de craie, au penchant d'une colline. La décou-
verte eut lieu dans un hameau nommé La Fontaine-du~Puits , au bord de la route de
Senarpont à Buchy. Grâce au zèle de M. Mathon,
le Musée de Neufchâtel a hérité des épaves prove-
nant de cette découverte. Nous signalerons dans le
nombre deux vases en terre noire , recueillis aux
pieds des morts, et une fibule de bronze. Cette
broche, à forme ansée, est d'un type lourd et gros-
sier. Elle est décorée à la surface d'ornements en
creux de la plus grande fantaisie et du plus mauvais
goût. Nous la croyons carlovingienne ou normande,
et nous reproduisons ici le dessin de cette pièce rare
par son ornementation barbare.
Période normande. — C'est probablement à la conquête normande que nous devons
attribuer le vieux château de Beausault, dont le tertre, les fossés, les ponts et les souter-
rains sont encore si importants.
L'abbâ Decorde, * Essai historique et archéologique sur le canton de Forges, ■ p. 19.
— 574 —
SERQUEUX.
Époque romaine. — En août! 865, j'ai \-u beaucoup de tuiles et de poteries romaines
dans la prairie où l'on établit le pont sous lequel passera le chemin de fer de Rouen à
Amiens.
Époque franque(?). — M. P. de la Mairie assure que Serqueux s'écrivait autrefois
Sarqiieux et Sarcopfiagii , autant de variantes du nom de sarcophage. Il est possible que
cette dénomination vienne à ce pays d'une fabrique ou d'un dépôt de cercueils de pierre;
mais nous serions plus disposé à croire qu'ici , comme à Saint-Aubin-des-Cercueils (arron-
dissement du Havre), comme à Saint-Pierre-dea-Cercueils (aiTondissement de Louviers),
le nom lui ^■ieIlt du grand nombre de tombeaux de pierre trouvés dans son sein. Ces tom-
beaux doivent provenir, selon toutes les vraisemblances, de l'époque mérovingienne, qui
en plaçait un peu partout, et qui les entassait particulièrement sur certains points, alors
privilégiés pour des motifs inconnus aujourd'hui. Nous disons l'époque mérovingienne,
parce que la plus grande partie des dépôts connus et bien critiqués de nos contrées date
de ce temps.
p. do laMairie,>RechRrcheslii$lor.,arcbéol. elbiogr. 1 L'abbf Decordc, • Essai liistorique cl archéologique
cbéol. el biogr. 1
.r',p. 5Î3-Î4. I
■aj- normand elloBraypicartl, •(.!", p. 5Î3-Î4. 1 sur le osnioik de Forges, » p. 302-30Î.
TREFFOREST (section du mesnil-mauger).
Époque romaine. — Je suis porté à croire que l'ancienne église de Trefforest, qui est
devenue une chapelle privée, remplace une cella ou un sacellum antique. Ce qui me le
fait croire, ce sont les tuiles à rebords, les meules à broyer, les dalles en pierre de liais
et les blocs de ciment rouge , entrés dans la construction du vieux temple chrétien. Des
débris du même genre se rencontrent aussi dans le cimetière.
Au bas du cimetière est une fontaine vénérée par la population rurale des alentours.
Époque incertaine, probablement moyen-age. — Au printemps de 1864 des
ouvriers, occupés à élargir
le lit de la Béthunc, au-
dessus do la chapelle, de
Trefforest, trouvèrent deux
beaux vases de bronze qui
paraissaient avoirétédorés.
Ils les remirent àM. de Tref-
forest, maire du Mesnil-
Mauger, qui nous en a
procuré le dessin que nous
reproduisons ici. Un de ces
VASES EN iiauTtïE DOBË (tbeffobbbt, iSflt).
— 575 —
vases est un broc avec anse et goulot terminé par une tête de serpent. Les analogues ont
été déjà rencontrés à Èlretat, au Neubourg et à Duranville (Eure) (i). Le second, beau-
coup plus remarquable que le premier, possède aussi une anse et un goulot très élégant;
il est, de plus, fermé avec un couvercle fort gracieux. Sur le pied de ce vase sont les deux
lettres P et T qui me paraissent tracées en caractères du xiv* siècle. Celte circonstance
et d'autres encore nous font penser que cette espèce de vases pourrait bien appartenir
au moyen-âge ; du reste, nous mettons, par la reproduction des objets , le lecteur à même
déjuger. — On peut consulter sur cette découverte la Note que nous avons publiée dans
\e Bulletin delà Soc. des Antiq.de Normandie, l. m, p. 471-177.
BEAUBEC-LA-ROSIÈRE.
Époque romaine. — Au mois de février 1859, un journalier de Beaubec , abattant un
poirier au hameau du Vimel, section de La Rosière, trouva environ trente-quatre vases
romains en terre rouge et blanche; plusieurs conte-
naient des ossements brûlés. An milieu de ce groupe de
sépultures se trouvaient également quelques veri-o-
tories, des objets en
fer, notamment une
petite hache que nous
reproduisons ici , et
enfin une colombe en
terre cuite renfermant
un petit grelot. Nous
co..oMu« E« T«B«E cv.TB. - BACBET« El. «». - <BEAUBEc. ,w9o donuons égalcmout cc
joujou d'enfant.
Au mois de juin de la même année, nous avons fait, pour le département, une fouille
à La Rosière. Dans un espace d'environ 5 mètres de long sur autant de large ,^nous avons
constaté !a présence d'au moins cent quarante vases antiques, disposés par quarante-six
groupes de sépultures. La profondeur de leur gisement variait de 30 à 70 centimètres.
Une centaine de ces vases étaient cinéraires, c'est-à-dire qu'ils contenaient des os brûlés
et concassés; les autres étaient pour les offrandes. La forme générale de ces vases était
notre pot-au-feu, \olla rustique des anciens. Les vases aux libations étaient des coupes ,
des assiettes et de petits pots. L'un d'eux rappelait les tétines de nos enfants et peut être
considéré comme un gotlelfe romain.
(t) Voir pour les anolognes l'article Ëtretat, p. 363.
— 576 —
Les seuls objets de verre étaient deux perles côtelées en émail bleu , semblables à celles
d'Ouville et de Saint-Martin-en-Campagne.
En fait de métal, nous avons rencontré fort peu de chose : deux ou trois monnaies de
bronze du Haut-Empire gisaient au fond d'une urne, à côté d'une autre reposait une
clochette en fer, et autour des groupes étaient des clous, restes des coffrets de bois qui
avaient enveloppé les urnes.
Nous attribuons ce cimetière antique aux trois premiers siècles de notre ère. Les vases
et autres objets qui en sont sortis sont entrés au Musée de Rouen et dans la Bibliothèque
de Neufchàtel. Nous en reproduisons ici quelques-uns.
BN TrSHB (LÀ ROSIÈRB , IK9).
Dans les bois nouvellement défrichés de La Rosière, nous avons remarqué, en 1859,
des masses de tuiles à rebords et des débris antiques.
— 577 —
Époque incertaine. — Le mont Grippon est un des points les plus élevés et les plus
culminants de la vallée de Bray. Il est indiqué par la nature elle-même comme un véri-
table lieu stratégique. Aussi, nous n'avons été nullement surpris de lire que sur son
plateau, dont l'assiette est d'environ 2 hectares, on avait cru reconnaître un stativa
antique. M. Guilmeth assure que l'on y remarque une motte et les fossés d'une enceinte.
Le peuple de la contrée dit que le nom de la colline lui vient de ce que le général
Grippon a livré une bataille en cet endroit. Quel fut ce général Grippon et en quel temps
vivait-il? Là est toute la question. La consonnance et l'analogie du nom semble lui assi-
gner l'époque franque.
Un ancien mémoire de l'abbaye de Beaubec parle d'un château Grippon comme existant
au xje siècle. Des titres de 1400 à 1500 l'appellent Grippont-CasteLUne vieille chronique
■
en attribue l'érection un peu fabuleuse c au duc Grippon , ambassadeur de Clotaire ,
roi des Francs, auprès de Maurice, empereur de Constantinople, en 588 (1). » D'autres
empruntent le nom de ce mont à Griphon , fils « de Charles Martel et de Sonechilde, mort
en 752 (2). C'est à ce prince que Pepin-le-Bref donna la ville du Mans et 12 comtez en
Neustrie. » Du reste , le nom de Grippon était assez commun chez les Francs , car le
Livre des Miracles de saint Wandrille et de saint Ansbert nous apprend qu'en 856 le port
de Quentowic avait pour préfet (praefectus emporii) Grippon, officier de Charles-le-Chauve
et son ambassadeur en Angleterre (3).- L'archevêque qui succéda à saint Ansbert et qui
gouverna le diocèse de Rouen de 695 à 713 portait aussi le nom de Grippon.
Guilmeth, « Desc. géogr., etc., des arr., M t. m, p. 142.
L'abbé Decorde, «• Essai historique etarchéologique sur
le canton de Forges, » p. 4.
P. de la Mairie, «Recherches hist., archtol. et biogr.
sur le Bray normand et le Bray picard, » 1. 1*% p. 170»
ff Journal de Neufchàtel, » des 15 fév. et 27 sept. 1859.
CANTON D'ARGUKIL
ARGUEIL.
Époque franque (?). — Au sud-ouest d'Argueil est une haute colline boisée,
appelée le Mont-Sauveur, sur laquelle exista peut-être une église paroissiale au
(1) Dom Bouquet, «Recueil des Historiens des Gaules ot de la France, » t. m, p. 82.
(2) Id., ibid., t. m, p. 98 et 707.
(3) - Acta sanctor., » mensis julii, t. v, c. ii et m. — Souquet, «La Picardie,» p. 111-112, 7** année, 2' série, mais
1861, pt 6' année, n. 'U2.
73
— 578 —
xie siècle (1). M. Guilmeth assure que, vers 1830 , on recueillit sur cette colline des vases
et des armes en fer.
Guilmeth, c Description géographique, historique, statistique et monumentale des arrondissements, » t m, p. 198.
LA FEUILLIE.
Époque gauloise. — Le Musée de Rouen possède une hachette en bronze trouvée à
La Feuillie.
Époque romaine. — M. Deville nous a appris que des nnédailles romaines avaient été
recueillies sur le territoire de celte commune. — M. de la Mairie croit que le manoir de
la Londe-Corcel (Landa de Calceio) prend son nom de la chaussée allant de Rouen à
Gournay.
Période normande. — Duplessis et M. Guilmeth placent dans un hameau voisin de La
Feuillie, et appelé Matebrune, le célèbre château de Jl/ateputenam, construit en 1 119 par
le roi Ilenri-Beauclerc. M. de la Mairie et plusieurs autres contestent cette application, et
croient avec raison que le fameux château a été construit au Vieux-Rouen , dans le voi-
sinage d'Aumale. La raison qu'ils en donnent, c'est que cette forteresse était surtout
dirigée contre Havoise, épouse d'Etienne, comte d'Aumale, partisan ou ami de Guillaume
Cliton. Cette raison me paraît fondée.
Had. Vales., « Notitia Galliarum, » verbo «Matepu- i Guilmeth, « Desc. géogr., etc., des arr., » l. m,
tenam. • t p. 239.
Duplessis, « Desc. géogr. ethist. de laHaute-Norm.,»
t. II. p. 212. 541 et 641.
P. de la Mairie, «Recherch. hist., archéol. et biog. sur
le Bray normand et le Bray picard, » t. ii, p. 25, 170.
SIGY.
Sigy est un point important, et il gardé, au milieu de restes romains'^et francs, des
preuves de la première civilisation normande.
Époque romaine. — En octobre 4863, faisant une fouille dans le transept nord de
l'éghse paroissiale de Sigy, j'ai reconnu , à 2 mètres de profondeur, le sol romain avec
ses charbons, ses tuiles à rebords, ses meules à broyer et ses moulures en pierre de liais.
En 1854, il a été trouvé, dans le jardin de l'école des filles, une jolie petite coupe en
verre bleu dont les bords sont ornés d'un faisceau de cercles blancs. Ce vase provenait
sans doute d'une sépulture gallo-romaine des derniers temps.
A diverses reprises, il m'a été communiqué des restes romains extraits de l'enclos du
presbytère et de celui de l'école.
Époque franque. — Deux points du territoire de Sigy ont donné des sépultures fran-
(t) « Ecclesiam de Orgoil et ecclesiam de Mont-Seiwolt et terram presbyteri, » charte de fondation du prieuré de
Sigy, en 1047, dans le « The Record of the house of Gournay, » p. 34.
J
— 579 —
ques: le cimetière actuel qui entoure l'église, et le terrain qui environne le presbytère et
l'école des filles.
Depuis bien des années, le fossoyeur, en creusant des tombes, rencontre des cercueils
de pierre entiers ou par morceaux. En 1855, il en a trouvé un entier au côté nord du
chœur. Cette auge, que j'ai visitée en 1858, était en pierre de Vergelé, plus étroite aux
pieds qu'à la lête et ayant tous les cnraclères de l'époque mérovingienne. En octobre ISôS,
j'ai trouvé , dans le transept septentrional de l'église , une moitié de sarcophage franc en
pierre de Vergelé.
Lafouilledel855 procura un vase enterre noire et deux sabres francs longs de 45 ceo-
timètres , larges de 4 , et munis d'une double rainure sur la lame.
Mais le point le plus riche en antiquités franques, c'est le quartier du presby tère.Vers ■1844,en
construisant une maison qui est près de l'école des filles,la famille Lefebvre rencontra dans
les fondations des corps inhumés avec des vases , des boucles , des couteaux et des armes.
En iSSB, de plus belles (jécouvertes furent faites à Sigy en construisant la classe des
filles. Outre les vases et les armes, produit habituel des inhumations franques, elles ont
fourni cette fois deux admirables fibules rondes en bronze recouvertes d'une feuille
d'or. Cette feuille d'or
estampée reproduit trois
fois un animal fantastique
à tète et à queue de pois-
son, que je prends pour
la baleine de Jonas, sym-
bole du tombeau du Christ.
Une de ces pièces, dépo-
sée au Musée de Rouen,
a été gravée en Angleterre
dans les procès -verbaux
de la Société des Anti-
quaires de Londres. — Je
la reproduis ici dans sa
riBHi.E DE nnonzB becoutchtb d'une feuili.k don eat.vmpiïe (sigy, ISiSK grandeur naturelle.
Enfin, en i 863 , en nivelant une partie du jardin de l'école,
on a encore recueilli, au miheu d'ossements humains, un vase
franc, un grand couteau et deux haches francisques. Ce point
fut évidemment un vaste cimetière. — Je donne ici un des
; vases francs de Sigy.
Période normande. — La période ducale vit s'élever dans
— 580 —
La Ferté, descendant des sires de Gournay. On n'est pas d'accord sur la date de cette fon-
dation que quelques-uns placent en 1060, en 1052 ou en 1040. Nous suivrons cette der-
nière version. L'acte fut signé par Manger, archevêque de Rouen, et ses sufiragants de
Séez et d'Evreux. Ce prieuré, uni dès sa naissance à la grande abbaye de Saint-Ouen de
Rouen, dura jusqu'à la révolution. Assis sur un sol romain occupé par les Francs, il reçut
dans son sein les reliques de saint Vulgain , un des apôtres de la France du vue siècle.
BIBLIOGRAPHIE.
D. Gurney, «The Record ofthehouseof Gournay, »
p. 32-35,269-270.
Pommeraye, « Hist. de l'abbaye royale de Saint-Ouen
de Rouen, » p. 3G0-363, 460-480.
« Gallia Christiana, » t. xi, p. 29, 130, 131, et « Instru-
menta, • p. 12.
« Bulletin monumental, » t. xiii, p. 654-659.
• Revue de Rouen,» annùe 1852, p. 317-323 et pi.
« Notice hist. et descript. sur l'église prieurale de
Sigy, » in-S" de 8 p., t" édit. imp. à Rouen, en 1852 ;
2- édit. à Dieppe, en 1854.
«Sépult. gauloises, romaines, franquesetnormandes,»
p. 435-37.
« Le Tombeau de Childéric I", • p. 134 et 248.
Wylie, « Proceedings of the Society ofAntiquaries of
London, » t. iv, p. 237.
CANTON DE GOURNAY-F.N-BRAY.
GOURNAY-EN-BRAY.
Epoque gauloise (?). — Près de Gournay est le carrefour de la Rouge-Pierre.
Époque romaine. — La chaussée des Ferrières est peut-être une voie romaine. Elle
est mentionnée sous le nom de chaussée dans un acte de i 202 : « Pro Calceiâ de Chan-
tamellâ et porta reparandâ lviii sol. et m den. »
Près de l'ancien chapitre de Saint-Hildevert est le Jardin-de-la-Salle dont le nom semble
indiquer des restes antiques.
Période normande. — Dans les actes du x* et du xi^ siècle , Gournay est appelé
Gornacum; selon Duplessis, il fut donné à Hugues ou Eudes, compagnon de RoUon, à
condition que lui et ses successeurs garderaient les marches ou frontières, et que dans les
guerres ils fourniraient aux ducs douze de leurs vassaux. Grâce à la bienveillance de
— 58-1 —
M. Daniel Gumey, du Norfolk, nous donnons ici le plan de la ville et du rhûteau do
VILLE DE GOURRAV-EN-BRAT
* L'ÉPOQUE NOnilAHDE.
Gournay, à l'époque normande des Hues, qui conquirent en Beauvaisis et en Grande-
Bretagne.
Par un efTet de ta
même bienveillance,
nous pouvons repro-
duire la chapelle ro-
mane de Sainte-Ma-
deleine , seul débris
resté de l'ancienne
maladrerie. C'est évi-
demment une cons-
\ tniction normande du
xie siècle.
I.£paO«KBIB DE GOt-RKAV.
— 582 —
BIBLIOGRAPHIK.
Duplessis, « Desc. géogr. el hist. de la Haute-Norm., »
t. I", p. 17-30.
Guilmeth, » Desc. géog., etc., des arr., ■ l. iv, p. 143-
183.
Id., « Recherches historiques sur la ville de Gournay-
en-Bray, » 2 vol. in-8% Gournay, 1842.
P. de la Mairie, «Recherches hist., nrchéol. et biogr.
sur le Bray normand et le Bray picard, • t. i»', p. 7.
Id., « Supplément aux Recherches historiques sur la
ville de Gouinay-en-Bray, « 1 vol. in-8*, Gournay, 1844.
« Mém. de la Soc. des An tiq. de Norm.,» t. xxiv, p. 360.
D. Gurney, « The Record of the house of Gournay, •
in-4'* de 724 p et pi., London, 1848.
Id., «Supplément to the Record of the house of Gour-
nay, » in-4'', London, 1858.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton
de Goumay-en-Bray. »>
L'abbé Cochet, « Notice hist. et descript. sur l'égl.
coll. de Saint-Hild. de Gournay, » in-8« de 32 p. Rouen,
1851.
FERRIÈRES.
Ce lieu tire son nom d'anciennes ferrières fort communes chez les Gaulois.
Période normande. — Ferrières fit partie des Conquêls Hue de Gournay et spéciautez
du Beauvoisis.
p. de la Mairie, « Supplément aux Recherches historiques sur la ville de Gournay, » 451.
MOLAGNIES.
Époque incertaine. — Vers 1850, le fermier de Tancien manoir de Humermont, fai-
sant exécuter un pavage devant son habitation , découvrit quatre fosses à peu près carrées,
dont chaque ouverture était recouverte d'une grande dalle en pierre. Ces fosses contenaient,
dit-on , des ossements et des fragments de fer.
On découvrit aussi une ouverture de porte qui donnait entrée dans une cave placée
sous la cuisine.
L'abbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Gournay, » p. 320-21.
GANGOURT-SAINT-ÉTIENNE.
Période normande. — Gancourt fait autrefois partie des paroisses situées sur la rive
gauche de FEpte et qui portaient le nom de Conquêts Hue de Gournay et spécmutez du
Beauvoisis. Cette circonstance me paraît indiquer une existence au xe siècle.
p. de la Mairie, « Supplément aux Recherches historiques sur la ville de Gournay, » p. 459.
SAINT-ÉTIENNE (section de gancourt-saint-étienne).
Époque franque (?). — En démolissant, vers 4840, la nef de la vieille église de Saint-
Etienne, la plus ancienne du pays, on a trouvé un cercueil de pierre recouvert d'une
— 583 —
dalle d'un seul morceau. Dans le sarcophage, on n'a rencontré que des ossements; la tête
était aux pieds, ce qui s'observe fréquemment à l'époque franque , temps auquel nous
reportons cette sépulture.
Ce qui nous confirme dans cettre attribution , c'est la tradition du pays qui assure que le
cimetière de Saint-Etienne servait autrefois à plusieurs paroisses éloignées, notamment à
Beauvoir et à Escames. Des portions de ce vieux dortoir portent encore le nom de cime-
tière de Beauvoir et de cimetière d* Escames, paroisses qui sont à 8 et à 10 kilomètres de
ce village.
On ne voit plus, près de cette église, qu'une seule ferme; mais, en creusant la terre
dans les environs , on trouve des tuiles et des charbons qui annoncent un déplacement de
population.
L'abbé Decorde, « Essai hist. et archéol. sur le canton j P. de la Marie, « Supplément aux Recherches histo-
rié Gournay, p p. 146-47. I riques sur la ville do Goumay-en-Bray, ■ p. 460-61.
DOUDEAUVILLE.
Période normande. — Doudeauville était autrefois une des \îngt-quatre paroisses
situées au-delà de l'Epte, qui dépendaient des sires de Gournay et qui étaient connues
sous le nom de Conquêts Hue de Gournay et spéciautez du Beauvoisis. Ces expressions
indiquent bien une conquête normande et seigneuriale du x^ siècle.
p. de la Mairie, « Supplément aux Recherches historiques sur la ville de Gournay, » p. 437.
DAMPIERRE.
Époque romaine. — Les habitants de Dampierre , pénétrés de l'importance de leur
pays aux temps antiques, disent qu'il fut autrefois une ville, qualification que l'on retrouve
au moyen-âge dans un acte de 4403. Les découvertes nombreuses , faites sur tous les
points du village, semblent justifier cette tradition. On a en effet trouvé toutes sortes de
monuments à Dampierre; mais ceux de la civilisation romaine y dominent.
La plus iancienne et la plus importante trouvaille connue est celle qui eut lieu en mars
4822, dans un champ appelé, je crois, le Champs-des-Morts , situé dans un hameau nommé
La Vieux-Ville. Une taupe avait ramené à la surface quelques monnaies d'argent; un tau-
pier, les ayant remarquées , fouilla la taupinière et découvrit un vase de bronze qui con-
tenait un dépôt que l'on porte à six mille pièces , mais dont on ne sut au juste le nombre
exact. Partagées entre le taupier et le cultivateur , ces pièces furent vendues un peu par-
tout et à tous. On en porta beaucoup à Rouen, et dix-neuf arrivèrent plus tard jusqu'au
— 584 —
Musée départemental; une douzaine au plus prit la route de Neufchâtel. En 1827, il en
restait encore deux cent vingt à Dampierre. M. Tabbé Jacquemet, alors curé du lieu,
s'en empara, et en fit la base de sa collection. D'après des renseignements qui émanent
de lui , nous pouvons assurer que la suite se composait de sept Gordien , de trois Philippe
père, d'une Otacile, de deux Philippe fils, de quatre Dèce, d'une Etruscile, de deux
Hostilien , de deux Trébonien-Galle , de quatre Volusien , de huit Valérien , d'une Julia
Domna, d'un Maximien, de douze Gallien, de neuf Salonin, de sept Valérien-Solonin ,
et de cent quarante-trois Posthume^ à soixante-neuf revers différents. Ces monnaies
étaient en aident, en bronze et en billon saucé. Malheureusement, le vase n'a pas été
conservé.
M. l'abbé Jacquemet possède dans son cabinet de Limésy beaucoup d'objets provenant
de Dampierre. Nous citerons une tuile entière et d'autres pièces céramiques recueillies en
1839. Le seul cimetière paroissial lui a donné dix pièces romaines en argent et en bronze.
Les monnaies d'argent sont de César, d'Auguste, de Herennius Etruscus et de Posthume;
les monnaies de bronze sont d'Adrien , d'Antonin , d'Aurélien , de Tétricus , de Gallien et
Probus.
N'omettons pas de dire qu'en avril 1822, en même temps que M. Cartier, sous-préfet
de Neufchâtel, signalait à la Commission des Antiquités la découverte des monnaies de
Dampierre , il lui communiquait le desssin de deux pièces de cuivre ou de bronze, trouvées
dans un lieu dit le Cimetière, Une de ces pièces était un plateau, et l'autre un pot en
forme de bouilloire.
En 1843, à peu de distance de la rivière qui vient du Monlin-de-Bray , on a aperçu
beaucoup de tuiles romaines , des débris de poterie antique et des ossements humains.
Dans la cour et dans le jardin du presbytère, on a également rencontré des ossements et
des briques romaines. — Dans un herbage qui appartient à M. Dujardin , on a trouvé, à
fleur du sol, des tuiles et des pierres d'appareil qui indiquent de belles habitations
antiques. — Vers 1853, à peu de distance de l'église, dans un herbage appartenant à
M. Arrachequesne , on a rencontré , en plantant un arbre , un dolium en terre cuite ren-
fermant une urne en verre, de forme circulaire , toute remplie d'os brûlés.
Époque franque. — En 1845, le fossoyeur de Dampierre trouva, dans le cimetière
de ce village, une belle plaque de ceinturon en bronze, qui est conservée à Limésy,
chez M. l'abbé Jacquemet, alors curé de Dampierre. C'est un monument de l'époque
franque.
Période normande. — La tradition assure qu'au Pont-Rou^e, sur la route de Goumay
à Forges, on vit pendant plusieurs siècles des bracelets et des chaînes d'or suspendus à un
arbre que l'on saluait avec respect. On raconte la même chose des c bagues et carquans
d'or » de RoUon, dans la forêt de Roumare (G. Dumoulin, Histoire générale de la AV-
mandiej p. 219).
585
« Procès-verbaux de la Commission des Antiquités de
la Seine-Inférieure, « t. r% p. 48.
Guilmetb, «Desc.géogr.,hist., stat. etmon.desarr.,!
p. 192-93.
P. de laMairie,«Supplém. aux Recherches historiques
sur la ville de Gournay, » p. 409, 410, 411, 416, 430.
L'abbé Decorde , c Essai historique et archi^ologique
sur le canton de Goumay, « p. 90-91.
BRÉMONTIER-MERVAL.
Époque gauloise. — En 4831 , il a été recueilli à Brémontier une hache en silex,
longue de 13 centimètres.
Époque franque. — Dom Duplessis conjecture que saint Guitmar, abbé de Jumiéges
et de Saint-Riquier, mort en 750 , a été enterré dans la collégiale de Brémontier.
Époque incertaine. — Dans le cours du siècle dernier, on a trouvé, près de l'église,
des fondations anciennes d'une grande importance. On les attribua alors à une vieille
collégiale qui, suivant une tradition locale, aurait existé ici à l'époque normande. Généra-
lement, on tire le nom de Brémontier de l'un des deux radicaux suivants: Braii Monas-
terium ou Brève Monasterium. On prétend même que les chanoines de Brémontier lurent
transférés à Gournay, de 1130 à 1132. M. de la Mairie, qui combat cette opinion,
attribue nos anciennes murailles à un manoir disparu.
M. Daniel Gumey, d'après un passage du Gallia Christiana qu'il cite , incline à penser
qu'au xie siècle les chanoines de Braïmontier (Braii Monasterium) furent transférés à
Gournay.
Duplessis, ^Desc.géogr., etc., delà H.-N.,» t.i«', p.21.
Guilmeth,«Desc. géogr.,hist.,etc.,des arr.,i*t m, p. 189.
D. Gurney, • The Record of the house of Gournay, »
p., 201.
P. de la Mairie, « Supplément aux Recherches histo-
riques sur la ville de Goumay-en-Bray, » p. 395.
L'abbé Decorde, « Essai hist. etarchéol. sur le canton
de Gournay, » p. 33-35.
BELLOZANNE (section de brémontier-merval).
Période normande. — En 4198, les sires de Goumay, divinœ pietatis intuitu, fon-
dèrent, dans la forêt de Bray, in forestâ, une abbaye de Prémontrés. Cette fille de File-
Dieu fut assise entre deux étangs aujourd'hui desséchés : V étang du Mont-Louvet , qui
avait quinze cents arpents , et Y étang de Bray, qui en avait neuf cents.
« Neustria pia, « p. 891-92.
f Gallia Christiana, • t. xi, p. 334-36, et « Instrumenta,»
p. 29.
L'abbé Cochet , c Notice historique sur l'ancienne
abbaye de Bellozanne,! dans le «Précis de l'Acadômio
de Rouen, * année 1846-47, p. 327-337.
P. de la Mairie, « Supplément aux Recherches histo-
riques sur la ville de Goumay-en-Bray, • p. 398.
BEZANCOURT.
Époque gauloise. — Sur les limites de Bezancourt et de Bezu-la-Forèt, assez près du
lieu dit la Fontaine-Lehoux , il existe un monument connu sous le nom de pierre qui
74
~ 586 —
tourne. — Dans la forêt de Lyons , au triége du Câtelier , non loin de La Feuillîe ,
M. Guichard, garde forestier, a trouvé une hachette en bronze, une flèche et un poignard
du même métal. On m'a parlé aussi d'un torque et d'un ornement de cheval.
Époque romaine. — Près Bezancourt est un lieu nommé le Câtelier^ excellent indice
d'antiquités romaines. Aussi on y a trouvé des tuiles à rebords et des monnaies impé-
riales. On m'a cité dans le nombre un bronze de Gordien et un denier d'argent de César-
Auguste. On m'a parlé également d*un petit cerf en bronze , haut de 9 centimètres. Enfin ,
on assure qu'il existe quelques puits dans le voisinage.
Époque pranque. — A /a Fontaine-Lehonx , lieu voisin de Bezanzourt, on a trouvé,
vers 1842, des sépultures franques avec vases, boucles et bagues de cuivre. Quelques
objets provenant de cette découverte se voient à Rouen , chez M. de Ramfreville, conseiller
à la Cour impériale.
p. de la Mairie, « Supplément aux Recherches histq- i L'abbé Decorde , « Essai historique et archéologique
riques sur la ville de Goumay-en-Bray, • p. 381-82. | sur le canton de Goumay, » p. 16-22.
BOSHYON.
Époque incertaine. — Dans la plaine de Boshyon , il existait une réunion de pierres
hautes de 2 mètres et plus , à peu près rangées en cercle. Ces pierres ne paraissaient pas
être du pays.
Époque romaine. — Vers 1850, M. J.-B. Canu a trouvé dans son jardin d'anciennes
fondations entourées de tuiles romaines.
Uabbé Decorde, « Essai historique et archéologique sur le canton de Goumay, » p. 28.
ELBEUF-SUR-ANDELLE ou EN-BRAY.
Époque gauloise. — Le Musée de Neufchâtel possède une hache en silex trouvée, en
1831 , entre Elbeuf et Brémontier.
Époque romaine. — Je tiens de M. Mathon que le territoire d'Elbeuf a donné des
tuiles à rebords et des monnaies de bronze de Tétricus et de Gordien père.
AVESNES.
Époque franque(?). — « En 1682, dit M. de la Mairie, dans une partie du domaine
de Cottentray, qu'on nommait alors le Closnles- Anglais et qui s'appelle à présent YHer-
iagf^^-ilnjf/aw, un laboureur, conduisant sa charrue, sentit une résistance qui s'oppo-
587
sait au passage du soc. On sonda, puis on ouvrit la terre. 11 se trouva que c'étaient
d'anciens tombeaux de pierre d'un seul morceau et couverts chacun d'une pierre de même
espèce. Dans quelques-uns de ces tombeaux , quelques dents étaient encore reconnais-
sablés ; le reste &tait en poussière. jOh voyait pourtant bi^ , dit un ancien mwuscrit qui
contient des notes relatives à l'histoire de Gournay, que les corps y avoient été placés
dans toute leur longueur et les bras allongés à leurs côtés. On n'a pu découvrir ce que
ce pouvait être, ni en quelle occasion ces tombem9> étaient là : il y en avait environ
huit. »
p. de la Mairie, «Supplém. aux Recherches historiques
sur 1a ville de Gournay, 9 p. 378, iA-B*, Gournay, 1844.
L'abbé Decorde, «Essai hist. et archéol. sur le canton
de Gournfijy, » p^ 10.
MONT-ROTY.
Époque gauloise. — M. l'abbé Jacquemet, curé de Limésy, possède dans son cabinet
deux hachettes en grès noir, trouvées au Mont-Rôty.
NEUFMARCHÉ.
Époque romaine. — M. de la Mairie dit que par le Neufmarché passait une voie
romaine qui, partant de Lyons , se dirigeait sur Espaubourg (Oise). Ce fut, au moyen-âge,
la route de Rouen à Beauvais.
Sur la rive gauche de l'Epte, en face du faubourg de Neufmarché, à la côte dite de
Sainte-Hélène , commune de Saint-Pierre-ès-Champs (Oise), on trouve des tuiles romaines
à la surface du sol.
Au hameau du Campadon, il a été recueilli des monnaies romaines.
Période normande. — On fait venir Neufmarché de Marche, Marcha, Marchie, signi-
fiant les nouvelles marches de la Normandie. A l'an i 065 , Orderic Vital dit : t Castrum
quod Novus Mercatus dicitur. > — C'est dans ce château , selon toutes les vraisemblances ,
que fut tenu, en 4460, le concile des évoques normands appelés à prononcer entre les
papes Alexandre III et Victor III. Les évoques , les abbés et les barons anglo-normands ,
convoqués par Henri II , décidèrent en faveur d'Alexandre.
BIBLIOGBAPHIE.
Orderic Vital, • Hist. ecclesiast., » t. u, p. 34, 112 113,
tl4; t. IV, p. 198, 207, 322, 440, 485.
Had. Vales., « Notitia Galliarum, » p. 388.
Labbe etCossart, s Sacro-Sancta Concilia,» t.x,p. 1,406.
L'abbé Fleury, « Hist. ecclésiast., » t. xv, p. 98 et 107.
I>aplessi8,«De8c.géogr.etc.,de laH*-Nor., »i.n, p. 308.
Guiimethi « Desc.géogr. bist. slat. et mon. des arr., *
1. 111, p. 184-85.
P. de la Mairie, « Supplément aux Recherches histo-
riques sur la ville de Gournay, » p. 489-96, 507.
L'abbé Decorde , « Essai historique et archéologique
sur le canton de Gournay, » p. 338-349.
588 —
WARDES (section de neufm arche).
Époque franque. — C'est à Wardes et au château , dont quelcpies restes subsistent
encore, que naquit saint Germer, le fondateur de l'abbaye de Flay, mort en 658 ou en 664.
Il vint au monde sous Clotaire II; il était fils de Rigobert et d'Age. Avant de fonder les
abbayes dePentale et de Flay, où il s'est sanctifié, il avait épousé Domane ou Domaine,
dame de La Roche-Guyon et native de Gany-sur-Epte , laquelle est inscrite au catalogue des
bienheureux. — De l'an 500 à 540, pendant que saint Vaast, d'Arras, séjournait à Beau-
vais et administrait cette église , il visita le seigneur de Wardes et l'engagea à bâtir un
hôpital et une église dont il fit lui-même la dédicace (l'abbé Delettre , Histoire du diocèse
de Beauvais, t. ler, p. 186).
Uabbê Decorde , « Essai historique et archéologique
sur le canton de Gournay, » p. 376-380.
Guilmeth, « De&cript. géogr., histor. , statist. et monum.
des arrondiss., » t. m.
L*abbé Malais, f Calendrier normand, • p. 35 et 62.
P. de la Mairie, « Supplément aux Recherches histo-
riques sur la ville de Gournay, • p. 315.
Id, «Recherches hist. sur lavillede Gournay,» p. 39-45«
ERRATA.
Page 41, ligne 23, au lieu de : 8TRVTA, lisez : 8TRVCTA.
Page 165, ligne 8, au lieu de : avocat , lisez : ancien magistrat.
Page 165, ligne 20, au lieu de : t. m, lisez : t. iv.
Page 166, ligne 32, au lieu de : égales, lisez : êcallbs.
Page 211 , ligne 28, au lieu de : 1865, lisez : 1863.
SUPPLÉMENT
C.0NTB9IART
LES FAITS CONNUS OU ACCOMPLIS
ARRONDISSEMENT DE ROUEN.
CAITON DE PAYILLT.
PAVILLY. — Époque franqub. — Il est probable que
Pavilly, qui avait une abbaye au vn^ siècle , était déjà
un bourg aves seigneur monétaire. C'est pourquoi nous
sommes tenté de lui attribuer les pièces portant la
légende : pavliaco vico , mentionnées par M. de Barthé-
lémy dans la Liste des noms de lieitx inscrits sur les
monnaies mérovingiennes dans la Bibliothèque de l'Ecole
des Charles^ 6« série , t. i", p. 460 , n* 500.
BARENTIN. — Époqvr inc£rtaimb. — Chaque année, au
mois de juillet, la veille de la fête de saint Hellier, on
allumait autrefois un feu auprès de la chapelle du saint
martyr de Jersey. ( De Glanville, Promenade arcMoL de
Rouen à Fécamp, p. 286. )
GAITOI DE MAROMME.
SAINT- AIGNAN (section du Mont-Saint-Aignan). —
Époque imcsrtainb. — Sur Saint-Aignan se trouve la
Mare aux Galeux^ qui guérissait des maladies de la peau.
La tradition prétend que la reine Blanche s'y est baignée
et y a baigné saint Louis.
CARTOI DE BUCHT.
BRNEMONT-SUR-BUGHY. — Époqub incbrtainb. —
Il y a ici tradition d'église transférée ; on assure qu'elle
était dans les terres appelées les TuileKes,
B0IS8AY. — Époqub incbrtaikb. — On assure que
réglise de Boissay a été transférée et qu'elle était autre-
fois au haut d'une côte.
CAITOI DE DARIÉTâL.
DARNÉTAL. — Époqub romainb. — Le 25 octobre 1865,
on a trouvé un nouveau cercueil en plomb à côté de celui
qui a été rencontré au mois de juillet précédent. Ce sar-
cophage, qui était accompagné de trois vases en terre
cuite, était long de 1 mètre 76, haut de 32 et large de 35.
(Thaurin , Journal de Rouen des t*' et 2 novembre 1865).
CANTON DE DUCUIR.
VILLERS-ÉCALLES. — Époqub bomainb. — Dans le
courant de 1865, des terrassiers, occupés à extraire du
moellon sur le penchant d'une côte appartenant à M. Le-
cerf , ont trouvé un squelette inhumé à 1 mètre de pro-
fondeur. Ce corps était accompagné de plusieurs objets ,
parmi lesquels on .a pu extraire entiers un vase de terre,
une jolie coupe de cristal blanc , un lacrymatoire en
verre et une petite cuillère en os. Tous ces objets étaient
romains et appartenaient au iv* ou au v* siècle. Ils sont
entrés au Musée de Rouen.
HÉNOUVILLE. — Époqub romainb. — Vers 1845 , dans
un champ voisin de la Càboterie , un cultivateur a ren-
contré une belle urne en verre verdàtre et en forme de
pomme , comme celle de Cany.
Époqub frakqub. — A l'article Uénouville (p. 165), nous
avons parlé d*un tombeau antique qui aurait été trouvé
sur cette paroisse en 1T75. Nous devions cette indication
générale et un peu vague au Précis de l'Académie de
Rouen et nous désespérions d'avoir jamais sur ce fait des
renseignements que nous croyons perdus ou inédits. Une
heureuse circonstance nous permet aujourd'hui non-seu-
lement de connaître exactement laplace où furent trouvées
ces sépultures , mais encore de pouvoir en déterminer la
nature, à l'aide des détails précis donnés par des documents
contemporains. A l'époque de cette découverte, il se trou-
vait heureusement à Hénouvilie un curé intelligent nommé
Rousselin qui ne laissa pas le fait tomber dans l'oubli.
Il le communiqua à l'Académie de Rouen pour avoir
son appréciation, et hMX Annonces^ affiches et avis divers
de la Haute et Basse-Normandie , pour enregistrement et
publicité. Grâce au zèle d'un autre confrère , M. l'abbé
Faye, curé actuel d'Hénouville, nous avons pu retrouver
des renseignements plus complets et connaître le lieu
de l'événement. Voici , du reste , la note publiée par les
Affiches de Haute et Basse-Normandie , du 7 avril 1T76 ,
n** U, p. 55 :
« Dans une ferme de la paroisse d'Hénouville, dont est
propriétaire M. l'abbé Pizelier, curé de Rocquemont, on
a découvert , le 30 mars dernier, en défrichant le pied
d'une montagne , deux tombeaux ; dans l'un, qui est en
pierre taillée, se sont trouvés les ossements d'un corps
590
humain dans leur situation naturelle; aux pieds é<oit un
vase scellé en plâtre dans lequel étoit une lame de fer
rouillée qu'on présume avoir été gravée; dans l'autre, qui
s'est moins conservé parce qu'il n'étoit qu'en plâtre, étoient
aussi des ossements et un vase de terre qui contenoit
une lame de fer plus petite que la première , incrustée
en la forme d'un écusson, une bague en or brisée dans son
anneau et quatre boutons de cuivre. Il paraît difficile
de deviner de qui et de quel temps sont ces tombeaux. »
Une note complétant celle-ci parut de nouveau dans les
Affiches de Noi^maridie , le 24 novembre 1775 , p. 183.
Celle-ci émanait évidemment du secrétaire de l'Académie,
■dont ce périodique parait avoir été l'organe. Nous la
donnons telle qu'a bien voulu nous la copier M. de Beau-
repaire.
« M. le curé de la paroisse d'Hénouville vous a fait
savoir que, le 30 mars de cette année, en défrichant
au pied d'une montagne du dixmage de cette paroisse,
l'on avoit découvert un tombeau dans lequel il s'étoit
trouvé quelques antiquités G'étoit deux plaques de
fer, dont l'une offroit quelques vestiges d'incrustations
en argent; c'étoit un anneau en or et quelques boutons
ou clous de cuivre que l'on peut soupçonner avoir origi-
nairement Ûxé les deux plaques dont on vient de parler.
L'on y a trouvé de plus un pot en terre grise de 3 pouces
de profondeur, et le tout étoit avec des ossements hu-
mains que recouvroit une pierre triangulaire. La tra-
dition du pays vous apprend qu'en ce même endroit, jadis
l'on a vu de forts anneaux de fer scellés comme pour y
attacher des vaisseaux, quoique aujourd'hui la rivière de
8eine en soit éloignée d'un quart de lieue. Enfin Ton se
souvient que anciennement on a tiré en cet endroit de
très grosses pierres de taille qui sembloient annoncer
d'anciens fondements d'un édifice considérable. L'Aca-
démie est devenue propriétaire de cette espèce de trésor. »
(Je dont l'Académie, ni le journal , ni le public ne se
doutaient alors , c'est que , moins d'un siècle après naî-
trait en Normandie une science, appelée Archéologie,
qui donnerait la raison et la date de ce tombeau où eux
ne voyaient que les ténèbres de la mort. Ces cercueils,
en elTet, sont francs ; ces plaques sont des agrafes damas-
quinées si communes dans nos sépultures mérovin-
giennes , et enfin ce vase aux pieds c'est le trait caracté-
ristique de l'inhumation barbare.
GAÏÏTOI D'ELBEUF.
CAUDEBEC-LÈS-ELBEUF. — Époque gauloisb. —
Dans la nie Alfred^ à côté du jardin où, en juillet 1864 ,
il avait été trouvé des urnes gallo-romaines du premier
siècle, j'ai pratiqué une fouille au mois de décembre 1865.
Cette exploration a eu lieu dans le jardin de M. Rault,
marchand de déchets. J'ai rencontré dans une terre argi-
leuse une douzaine d'urnes cinéraires, dont six au moins
appartenaient à l'art gaulois, tandis que six autres pou-
vaient être revendiqués par Tart romain du premier siècle.
Les urnes gauloises, toutes en forme de pot-à fleur , étaient
en terre grossière et mal cuite, et n'avaient pas été faites
au tour. Ces vases contenaient des os brûlés; au milieu du
dépôt incinéré , se trouvait une fibule en fer à ressort.
Les six urnes gallo-romaines étaient en terre noire ,
se rapprochant de la forme ollaire du pot-au-feu ^ mais
d'une pâte bien choisie , bien vernie et élégamment faites.
Une seule d'entre elles était recouverte d'un bol ren-
versé. Toutes étaient remplies d'os brûlés et plusieurs
avaient leur fibule de fer, ornementasses caractéristique
de l'époque gauloise. Une cependant avait une fibule à
ressort en fil de cuivre accompagnée d'une chaînette de
bronze.
La plus riche de ces urnes, qui était peut-être tîelle d'une
fbmme, renfermait, outre la fibule de fer, une clé aassi
en fer et à trois dents, un anneau en cuivre pour le doigt
et trois bracelets de bronze. L'un des bracelets est un cercle
assez semblable à une grande boucle-d'oreille; l'autre est
un cercle incomplet formé avec un fil très fort; le troisième
enfin est un grand anneau fait d'une lame de cuivre
arrrondie qui doit contenir dans son sein du bois ou du
liège.
ARRONDISSEMENT DE DIEPPE.
GAITOI DE LOIGUEYILLE.
CROSVILLE - SUR - SCIE. — Époqub aoMAncB. —
M. l'abbé Comont possède un bronze de Faustine, trouvé
à Crosville en abattant un arbre.
BELME8NIL. — Époque romaike. — Dans le cimetière
qui entoure l'église, on a vu des fragments de vases
romains sortir des fosses.
CAinrOII DE BELLEVCOHBRE.
ROSAY. — Époque franqub. — Dans une charte de
Pépin-le-Bref délivrée en 750 à l'abbaye de Saiut-Denis ,
il est question d'une localité du Talou appelée « Rau-
sedo... in Tello pago. » Nous sommes porté à penser avec
Duplessis qu'il s'agit de Rosay, près Bellencombre.
{Desc, géogr. et hist.j t. i»*", p. 4T7. — Le Prévost, Mém»
ds la Soc. des Antiq, de Nomi.^ t. xi, p. 8).
CAMTOH 0*£n.
EU. — Époque frjinque. — Dans sa Liste des noms de
lieux inscrils sur les monnaies mérovingiennes, publiée
par la Bibliothèque de l'École des Charles (6* série, t. i**,
p. 450-451.) M. A. de Barthélémy cite les noms de agvsta
et de AVSTA, et il propose les noms de Aoste (Italie) et
d'Aouste (Drome). Pourquoi ne pas proposer aussi Eu et
Aouste qui portaient également, au vu* et au viii* siècle,
les noms d'Austa et d'Agusta,
GÂNTOIf D'OFFRiNTIUE.
LE PETIT- APPEVILLB {section is Hauiol). — Époo«e
FRAKQUB. — Dans le courant de janvier i8G6, M. Harlé,
chaisier au Petit-Appeville,ftiisait niveler, pour la culture,
un terrain situé sur le penchant dHine eetUne qui porte
le nom de Câte-Enragée, Les ouvriers employé» à oe tra-
voit na Urdëreat pas i découvrir des ossemonts humains
placAs dans des fosses de craie et accompagnés de vases
en terre noire , de sabres de Ter et de plusieurs autres
«Menulea de métal. H. Harlé ayant eu la bonne pensée
de me prévenir de cette découverte, je continuai le tra-
vail de l'exploration. Pendant cette opération , qui ne
durs pas moins de dix jours, Je constatai la présence
d'une vinglaine de sépultures, parmi lesquelles on recon-
naissait aisément la présence d'bommes et de femmes ,-
d'enlanta el de jeunes gens, d'adultes et de vieillards.
Tous ces corps, posés dans des fosses de craie et â peu
de profondeur, étaient orientés dans le sens de la vallée;
les pieds au sud-est, la tôte au nord-ouest. Presque tous
possédaient avec eux des objets meubles déposés par ]es
parents dans une pensée religieuse dont nous nous ren-
dons diSicilement compte aujourd'hui. Une dizaine
avaient aux pieds des vases noirs qui ont dû contenir de
l'eau bénite. Trois d'entre eux montraient des bagues de
bronze à l'un des doigts de la main gauche. Quatre ou
cinq avaient à la oeinture de belles plaques de kronie
ciselé et argenté. Un plus grand nombre ont présenté
des plaques et des contre-plaqués de ceinturon en fer
damasquiné.
L'incrustation et la plaque d'argent étaient encore bien
conservés. Sept soldats ont rendu leurs sabres; beaucoup
d'autres ontdonné des couteaux. Une femme a offert son
collier de perles en p&te de verre, ses Obules ou broches
de bronie dont une avait la forme d'une double croix.
Une autre, que nous repro-
duisons ici, était recouverte
d'une feuille d'argent estampée.
L'objet le plus précieux était
une boucle d'oreille composée
d'un grand anneau de cuivre
avec pendant en boucle de pAte,
recouvert de lamelles d'or. Ces
lamelles, ornées de filigranes,
avaient des tubes de verre. —
Ce cimetière avait tous les ca-
ractères de l'époque mérovingienne du vu* au w' siècle
e&RTOI D'EHVERIEV.
DOUVKETJD. — Époqoe frakqub. — Dans le courant
d'octobre 1865, j'ai pu faire à Douvrend une fouille
archéologique; je l'ai dirigée dans le Camp de l'arbre
là où avaient eu lieu les découvertes de 1838. J'offre
l'analyse de celles qu'il m'a été donné de faire en 1865.
Ne pouvant énumérer les objets, je les classerai par
principauiL groupes.
n s'est rencontré deux vases de verre, chose rare dans
les sépultures franques. L'un est un bol légèrement cûtelé,
l'antre une petite Ûole ronde et unie. Los vases de terre
étaient infiniment plus nombreux. Nous en avons compté
jusqu'à vingt-quatre , tant entiers qu'en morceaux. Quel-
ques-uns étaient blancs, d'autres rouge&tres; mais le
plus grand nombre étaient noirs; deux avaient des anses,
trois étaient en forme de plateau. Presque tous avaient
sur ta panse des ornements en creux, faits & l'estampille
et reproduisant des motilb byzantins. {
Plusieurs de ces vases étaient accompagnés de patelles,
coquilles marines venant de nos cAtes , dont la présence-
ici a quelque droit de nous surpendre.
Les Francs de Douvrend, comme ceux de Londinières
st d'Envermeu, étaient escortés de leurs armures et parés
de leurs bijoux. Les armes se composaient de couteaux ,
de sabres, de haches, de lances et de (lèches, le tout en.
fer. Il a été recueilli quatre pointes de Qéclies, dont une
en losange et l'autre barbelée; cinq haches, dont une
é^it à lame ouverte et carrée; cinq sabres tranchant
d'un seul c6té et presque toujours munis d'une double
rainure ; sept fers de lance , de forme et de longueur
variées, et enfin plus de vingt couteaux dont un étoit
dans un étui de bois et plusieurs dans une gaine de cuir
ou de peau.
L'arme la plus étrange qui
se soit présentée est une espèce
de faucille ou crochet tran-
chant et recourbé, muni an dos
d'un dard ou d'une pointe.
Nous reproduisons ici cette
arme dont l'analogue ne nous
était pas encore tombé Eotis la
main el nous ne l'avons jamais
vue figurer dans aucun recueil
d'archéologie germanique (1).
Nous la croyons une arme
parce que nous l'avons ren-
contrée aux pieds d'un mort, à
cété d'une lance.
Les bijoux et objets de toi-
lette se com posaient de boucles,
defibnles, de boucles d'oreilles,
de boutons, d'anneaux, de col-
liers, de bracelets, de ciseaux,
de pinces à épiler,de terminai-
sons de ceinturon, de chaî-
nettes, etc. Il y en avait en fer,
en bronze et en argent. Les col-
liers et les bracelets se compo-
saient surtout de perles de
verre où dominaient le blanc
et le bleu. Quelques-uns cependant étaient en émail ou
pâte de verre ; il y avait aussi quelques perles d'ambre.
La plupart des fibules étaient en bronze ou en verro-
terie cloisonnée ; les unes étaient circulaires, d'autres
imitaient des animaux tels que vers de terre et oiseaux de
proie. Les boucles d'oreilles étaient généralement en
laiton, ayant pour pendants quelques perles de vorre.
Une toutefois était en argent, de forme torse, avec boule
de pAte garnie de verroterie coloriée.
Quelques monnaies se sont rencontrées, mais & l'excep-
tion d'une !>eule , toutes servaient d'ornement. Cea der-
nières étaient romaines du ni' siècle. Elles avaient été
Ibrées pour être suspendues à un bracelet ou à un collier ;
c'est ainsi qu'elles ont été rencontrées. Une seule était
[llJ'exuple, loiiletait, la pieu de brouc nEnrtepu U. Liodriisrliinit
dui ■«! ■ ÀntiqiiiUt dt nu a%Mni palfu. > Hcll. xit. Tilel S, n- 3 :
U iMca CM m Uiite d« Stsugirt.
592
placée sur la poitrine d'un mort, et celle-là est le monu-
ment le plus curieux de la fouille. C'est une pièce, ou
plutôt une pellicule d'argent, d'une ténuité sans pareille
et d'un poids à peine appréciable. Son diamètre est de
15 à 16 millimètres. Au moment de la découverte, la frappe
en était parfaite et la conservation admirable. Malheu-
reusement elle a été brisée depuis. La rencontre de
pareilles pièces est tellement rare , que c'est presque un
événement numismatique. Il en fut ainsi de quatre
pièces semblables trouvées à Envermeu, en 1854, et qiii
ont été interprétées par M. Thomas , de Rouen.
Ces sortes de monnaies , fines et légères , ont un avan-
tage inappréciable , celui de mieux dater que toute autre
chose le milieu où elles se rencontrent, leur fragilité s'op-
posant à leur longue durée.
La pièce de Douvrend a été soumise à M. de Longpérier,
ie véritable oracle de la numismatique française. Voici
quelle a été la réponse du savant archéologue : « Votre
monnaie est si fine qu'on n'ose y toucher; ce qui n'est
pas commode pour l'étude. Ensuite la fracture eat un
obstacle à la vue du type complet. On distingue quelque
chose comme DIVT JV8TI. . . Il y a peut-être une imita-
ion des légendes : D.N. IVST GRAT. HONORI. —
D.N. IVL MAIORIANVS. - D.N. LIBIVS SEVERVS.
-D.N. IVL NEPOS.
« Quant au type de la Victoire tournée à gauche, tenant
une croix longue , il commence vers 421 avec Théodose II
et Galla Placidia, pour finir avec Anastase (518) et em-
brasse par conséquent environ un siècle. Mais il ne se
voit que sur l'or. Justin I** y a substitué la Victoire de face.
« Nous avons donc sous les yeux une imitation d'argent
d'un quinaire d'or du v* siècle ou du commencement
du VI*, très différent des monnaies mérovingiennes pro-
prement dites. •
Nous avons laissé la parole au savant numismate. Nous
ne la reprendrons que pour dire que nous supposons
cette pièce frappée en Gaule et au milieu de l'anarchie qui
y régna pendant le v* ou le vi' siècle. Nous la considé-
rerons ensuite comme déposée ici au vi* ou au vu* siècle
sur un mort de cette époque. Dans quel but? c'est ce que
nous ne saurions dire.
ARRONDISSEMENT DU HAVRE.
CÂITOH DE lOHTlYILLIERS.
ÉPOU VILLE. — Époque ingbrtaimb. — Vers 1853, il a
été trouvé , en abattant un arbre , un vase de bronze avec
anse en fer.
CAITOH DE GODERYnXS.
DAUBEUP-SERVILLE. — Époqub franque. — Le 9 fé-
vrier 1866, on a trouvé, en plantant un arbre, un cercueil
de pierre en deux morceaux , plus étroit aux pieds qu'à
la tète et contenant un squelette humain. Ce sarcophage
orienté est et ouest avait 20 centimètres d'épaisseur,
2 mètres 30 de long , 80 centimètres de large à la tôte
sur 65 aux pieds, la hauteur était de 60 centimètres. Avec
le mort se trouvaient un couteau de fer placé à la ceinture
et une jolie petite fiole de verre couleur jaune olive, de
forme bombée et placée aux pieds du défunt. Je crois cette
sépulture de l'époque franque. J'en dois la communi-
cation à M. l'abbé NicoUe , curé de la paroisse.
GANTOH DE 8AIHT-R0IAIH-DE-C0LB08G.
SAINEVILLE-SUR-SEINE. — Époque romaine.
a trouvé sur Saineville im bel aureus d'Adrien.
- On
aNTOH DE BOLBEC.
LANQUETOT. — Ëpopus romaine. — En élargissant un
chemin qui conduit de Lanquetot à la station de Nointot,
on a trouvé , au lieu dit VEpine , des vases romains en
terre rouge. Un bronze du Bas-Empire a été recueilli à la
Haricoiière.
Époque incertaine. — Près VEpine , le peuple prétend
que l'on voit une dame blanche; il assure également que
près le château on voyait une béte blanche et un cheval
sans tète.
CAITOH DE LILLEBOHE.
AUBERVILLE-LA-GAMPAGNE. — Époque incertainb.
— Au hameau du Garrouge , il y a tradition de dame
blanche.
ARRONDISSEMENT DE NEUFCHATEL.
GAHTOH DE HEUFCHATEL.
MANONVAL ou MÉNOUVAL. — Époque gauloisb. —
Le Musée de Neufchàtel possède une belle hache en silex
gris, trouvée sur cette commune.
aNTOH DE LOHDIHIÈRES.
LONDINIÊRES. — Époque gauloise. — Le Musée de
Neufchàtel contient quatre hachettes de pierre, trouvées
dans le bourg de Londinières.
aHTOH D'AUHALE.
GRIQUIERS. ~ Époque romaine. — Au dépôt de nos
Archives départementales , on trouve une pièce de 1782,
sur laquelle on lit qu'en faisant des fouilles au Bois^des-
Puits « où étoient une chapelle et un cimetière avant Té-
rection de la paroisse de Griquiers, en 1304, on découvrit
les marches de fondation d'un bâtiment de 40 pieds de
longueur et de 30 de largeur, des tuiles très antiques par
la forme, sans pouvoir dire quel genre de bâtiment exis-
toit jadis dans les communes (p&tis communaux). On dé-
couvrit aussi plusieurs ossements de corps humains en
plusieurs endroits. >
TABLE GÉOGRAPHIQUE
OBS
NOMS DE. LIEUX DE LA SEINE-IHFÉEIEURE MENTIONNÉS DANS LES TITBES OD MONUMENTS
DES ÉPOOIES GAILOISE, ROMAINE, FnA^•0«E ET NOBMAKDE.
g»t"T l«
Abbatia, 246.
Aencuria, 253.
Ajusta, 3! 9-320, 590.
Aiencort, 253.
Alacris Mons, 308.
Albamalla, 559.
Albamarla, 659, 5GI.
AlceiuiD, 561.
Alciacum, 561.
Alcis, 561.
Alfaçium, 278.
Altafagus, 278.
AltifaguSj 278.
AmundiviUa, 285.
Angerivilla, 307.
Anglicevilla, 279.
Anselmivilla, 19!.
Ansgerivilla, 307.
Ansgoth Moulins, 482.
Ansoltot y 392.
Arcas, 33. 250.
Arelao villa, 493.
Arelaune fiscus, 493-496.
Arelaunensis foresta, 32, 493-96.
Arelaunensis Sylva, 32. 495-96.
Arclauno palatio, 495.
Arelaunura villa, 32, 495-96.
Arsigny, 264.
Artiliacum, 437.
Atiliacum, 437.
Auchy, 32, 561.
Aucum, 319.
Auga, 28, 29, 30, 00, 01, 318, 320,
331, 471, 506.
Angensis pagus, 33-34, 318-320.
Augum, 33, 559.
Augusta, 33, 42, 56, 60, 77, 78, 325.
Ausciacum, 32.
Austa, 33, 318, 590.
Auva, 33, 319.
Balciduum, 275, 278.
Balcinium, 275, 278.
Baliletum, 542.
Baliolum. 542.
Barentini villa, 37, 184.
Barentinum, 3^, 184.
Bascheryth villa, 481.
Bcaubequet, 272.
Beccum Caletensium, 460.
Beccum de Mortuo stagno, 377.
Beccum MauritaniaB, 350.
Beccum Vauquelini, 3:o.
Belcinac, 32, 480, 495.
Belci'naca insula, 32, 480, 495.
Bellum Bequetum, 272.
Belnaium, 279.
Bel-Repaire, 353. .
Belvaium, 279.
Berchégny, 254.
Berthevilfe^ 255.
Bertinevalhs, 235.
Betone Curtis, rî48.
Bettonis Curtis, 548.
Bierville, 393.
Bileville, 393.
Blossa, 440.
Blesse villa, 33.
Bolbec, 44, 63.
Bordelli, 355, 337.
Boscum Puteonim, 565.
Boulent. 225.
Bracensis pagus, 33.
Bracbemonlis, 263.
Brachemunt, 263.
Braciacum, 287.
Braii Monasterium, 585.
Brève Monasterium, 581.
Brinevallis, 255.
Britavilla. 379.
Britenevallis, 33, 255.
Britonis sylva, 495.
Brothonl8d sylva, 495.
Bninent, 225.
Buretum, .S44.
Buris, 33.
Burnent, 32, 225.
Busley, 604.
Buxetum, 535.
Calceia, 63, 71, 266,580.
Calcia, 187.
Caldebec, 32, 226.
Calodu, 9, 11, 396.
Calet, 9, 396.
KciKerai 396.
Calètes, 9-12, 23-29, :)9f..
Caletensis pagus, 32-33.
Galetum, 11, 396, 477.
Calidois (Le), 396, 477.
Galidos Bequetos, 479.
Calidu, 477.
Calidum Beccum, 479, 480.
Galidum Bequetum, 479.
Calliaco, 197.
Calliacum, 32, 197, 273.
Calliacus, 32, 197, 273.
Ganehan, 327.
Capetval, 537.
Caprimont, 241.
Caput Caleti, 335, 336.
Garacotinum, 43, 46, 69, 66, 342,
363, 397.
Gastellarium, 265.
Gastellum, 265.
Castra Constantia, 25, 387, 501 .
Cella Sancti Sidouii, 32, 521.
Chanaan, 327.
Ghantemella, 580.
Chauchée. 187.
Cbef-de-Caux, 61, 335, 336.
Chenean, 327.
Chevillei, 158.
Chief-de-Caux, 336.
Cité Calet, 9, 396.
Cité Calète, 9, 396, 477.
Cité de Limes, 16, 97-102.
Cleidas, 529, 54 t.
Colleno, 197.
Colliaco vico, 197.
Comitis Molendina, 465.
Conouets Hue de Gournay, 582, L$3.
Corolm, 151.
Creolium, 326.
Cresciaco, 27 1.
Gressenium, 271.
Griolium, 326.
Crisciaco, 271.
Gultis pa^s, 289.
Culventivilla, 327.
Culvertivilla, 327.
Curborius, 34, 326, 329.
Curia Gigantis, 1C6.
75
594 -
Deppty 235.
Dersigny, 254.
Douvrend, 307.
Dricourt, 498.
Driencourt, 33, 498.
Driencuria, 33, 498, 500.
Drincourt, 498.
Dunum, 33, 246, 247.
Durclaro, 163.
Duroclanim, 32, 163.
Ëawy, 272.
Ebrardi Ecclesia, 246.
Ebremau, 292.
Ebremou, 292.
Ecucotitium, 309, 350.
Edremau, 33, 292.
Ëliocati, (25.
Eora, 329.
Era, 327.
Ërmeinvilla, 44.
Ernoldi Mens, 205.
Escales, 474.
Esletot, 470.
Estructat. 358.
Estrudara, 358.
Estrutat, 358.
Evra, 329.
Evrardi Ecclesia, 32, 246.
Evremou, 33,' 292.
Feritas, 571.
Firmitas, 275.
Fiscannensis sylva ou foresta, 63,
66, 352, 366-367.
Fiscannum, 363, 369.
Flamanvilla, 428.
Font Théodore, 34.
Fontanella, 32, 483.
Fossa Gastrensis, 565.
Fossa Guiraldi, 338.
Fossata Régis, 5lo, 563, 564.
Fosse-de-Leure , 338.
Fract& Molâ, 428.
Fracto Molendino, 428.
Franchœ Villulœ, 212.
Fretiaco, 510.
Fustes planlati, 66, 367.
Gauriacum. 33, 288.
Gemedico Caletorum, 171.
Gemegias, 170.
Gemeiiaco, 171.
Gemeticum ouGemnTeticuro, 32, 169,
170.
Geminiaco, 170.
Gemmapium, 34.
Gerunvilla, 453.
Gimeias, 170.
Giraldi Fossa, 338.
Girardi Fossa, 338.
Girardi Villa, 338.
Girnivivilla, 452.
Godardi Villa, 375.
Goislenfontana, 573.
Gommerviile, 385.
Gornacum, 33, 580.
Grainvilla, 437.
Gravinum, 28, 29, 54, 56, 58, 59, 67,
452-453,471.
Gregium , 254.
Gressus, 289.
Gressus villa, 289.
GroiDg-de-Caux, 336.
Guiroidi Fossa, 338.
Gyraviila, 63.
Haia Archiarum, 248.
Haismesdis, .'>40.
Haismesdies , 540.
Harecort, 447.
Harecourt, 447.
Hareileu, 345.
Harefloet, 44, 345.
Harflor, 32.
Haretlot, 345.
Hareflotum, 344.
Hareiluctus 345.
Hareflue, 345.
Harofluet, 45, 345.
Haroflutum, 344-45.
Herecort, 447.
Hericort, 447.
Hericuria, 33, 447.
Herosfloth, 344.
Herosfluet, 344.
Hesmedis. 540.
Hogis (Sylva de), 367.
Hosdinium, 557.
Hulfloat, 343.
Huivedala, 387.
Iccius Portus, 371.
Icport, 371.
lifebona, 397.
Insula Bona, 33, 44, 63, 397.
lov^KtoCovet, 24, 28, 396-97.
Isnelli Villa, 278.
Isnelville, 33, 278.
Ivetot, 422.
Jardin (T^e), 247.
Juliabona, 24, 33, 414, 415.
Juliobona, 24, 26, 28, 30, 31, 32, 48,
46, 54, 55, 58, 59, 67, 343, 396-415,
471,478. '
Kadolent, 45, 346.
Kaledu, il, 396.
Kalet, 11, 396.
KoLKêTùtt, 396-97.
Kenehatn, 327.
Ki-de-Caus, 336.
Landa de Calceio, 578.
Lalomagus, 8J.
Laubias, 485.
Limes (Cité de). 16, 257-263.
Limis (Castellum de), 257.
Limouse, 178.
Limoux, 178.
Lincourt, 498.
Littus saxon icum , 26.
Logiae, 33, 374.
Logium, 32, 342, 478, 483.
Londinarias, 33, 529.
Longa Pelentis villa, 207.
Longavilla, 264.
Longum Pedanum, 32, 207.
Longum Penanuni, 207.
Lotomagus, 83.
Lotum, 28, 46, 67, 72, 7J, 343, 477-
479,481, 483.
Luchiacum, 512.
Luciacum, 75, 512.
Luliobona, 397.
Lundinarias, 529.
Luneracum, 33, 291.
Luturo, 478, 480.
Lymœ, 235.
Lymes (Cité de), 257.
Magna Vallis, 44, 63, 357.
Malcha, 563.
Maltavilla, 428
Martineium, 248.
Martini Ecclesia, 252.
Mateputenam, 563, 578.
Mesnil-Haquet, 268.
Molle Grofta, 489.
Monasteriolum, 276.
Monasterium Oolerii , Hoolerii , Ode-
lerii, Odilerii, 33, 525.
Moriacùm , 25, 288.
Morimonteni , 505.
Morinnam, 561.
Mucedent, 268.
M
Novavilla, 44.
Novientum, 501.
Novum Castrum , 75.
Novus Mercatus, 33, 587.
Oiseleria 44
Oscellus/Oscellum, 31, 32, 136, 157.
Osulflvilla, 426.
Ou, 33, 318,319.
Pagus Augensis, 33-34, 313-319.
Pagus Caletensis, 32-33.
Pagus Rotomagensis, 31-32.
Pagus Talogiensis, 32-33.
Paldriacus, 48, 187.
Parcus, 392.
Pauliacum, 32, 176, 276, 589.
Pauliacus, 32, i76, 276.
Peltot, 385.
Peniieu, 318.
Penlyu, 388.
Petrœ Vallis, 205.
Petra Ficta, 73.
Petra Fixa, 353.
Phnidis fluvius, 325.
Phrudis ostium, 325.
Pisceium, 188.
Pistis , 32.
Portus. 58-59.
Portus Veneti, 58-59.
— 595
Poteria, 3&2.
Pratum de la Bataille, 479.
Quatuor Molas, 428.
Quief-de-Caux, 336.
Quitefleda, Quitêflôde, 32, 67.
Bames, 44.
Ratier-Gastel, 418.
Ratuma, I2ô.
Ratumacos, 10, 125, 49S.
Ratumagus* 28, 83.
Rausedo, à90.
Remota, 37ô.
Rodemarus, 483.
Rodobech fluviolus, 209.
Rodomu3, Rotomvs, Rodomo, Ro-
tomo, Rotome, etc., 32, 83, 8", 91,
129, 131, 132, 133, 140-l50.
Rotmariacas, 483.
Rotmarias, 47.
Rotmarus, 32, 483.
Rotmensis mara, 187.
Hotmensis pagus, 187.
Vo70(JLaLyof, 10, 24, 28.
Rotomagus, Rothomagus, Rotomagi,
Rotomago, etc., 10, 26, 28, 29, 3o,
32, 48, 49, 62, 68, 70, 83-87, 129-
133, 140-150.
Salbus, 154.
Sancta Maria, 356, 528.
Sancti Stephani villa, 160.
Sanctus Aibinus de Sarquelet, 386.
Sanctus Jacobus, 209.
Sanctus Machutus, 378.
Sanctus Mallonus, 33, 447.
Sanctus Medardus, 284.
Sanctus Roroanus, 43, 44, 63^ 385.
Sanctus Salvator in Campanià, 383.
Sanctus Salvius in Brago, 32, 507.
Sanctus Sidonius, 33, 52 i.
Sanctus Vadastus, 309.
Sanctus Valericus, 439.
Sarcophagii, 574.
Sarcophagny, 386.
Sarqueux, 574.
Scibertivilla , 264-265.
Scrotœvilla, 223, 458.
Sedana, 287, 288.
Sennan, 291, 336.
Sennau, 291, 386.
Septe Molas, 33, 328.
Septem Moloe ou Molas, 328.
Skekevilla, 310.
Sotavilla, 435.
Spinetum, 238, 527.
Stratella, 160.
Straticurtis, 565.
Stritella. 160.
Strudard, 358.
Strutat, 358.
Strutella, 160.
Sylva Arelaunensis, 495.
Sylva Britonis, 63. 66, 496.
Sylva Fiscannensis, 352, 366-67.
• T
Talanus pagus, 277.
Talogiensis pagus, 33.
Talou pagus ou comitatus, 284, 288,
292, 307, 309, 327, 437, 505.
Taunacum, 436.
Tellau pagus, 287, 289, 328, 389, 436,
529, 540.
Tinctuaria, 452.
Toscarias, 275.
Tractus Armoricus, 26, 28, 33.
Très Petrae, 385.
Tristisvilla, 309.
Turholmum, 151,157.
Turbulmum, 157.
Turmothvilla, 474.
U
Tthtoïictdi 11, 125.
Uggate ou Uggade , 27 , 50 , 52 , 53 ,
217, 218, 219, 220-227.
Ulmirus, 495, 545.
Ulmius, 545.
Ulterior Portus, 325.
Ultri Portus, 325.
Varenna, 524.
Varinna, 32, 197, 524-525.
Te\toKa,6t, 11.
Vellaco, 32, 441.
Vellao 441.
Velocasses,*9-l2, 23-24, 29, 30.
Ventis Aquosis, 272.
Verleium, 329.
Votera Domus, 32, 202-204.
Veteres Domos, 202-204.
Vetulio, 441.
Vêtus Domus, 202-204.
Vêtus Rothomagus, 561 , 562.
Veuletta, 4.>9.
Vicus Sancti Malloni, 33, 447.
Vierlaïcum, 329.
Villare, 32, 341. 342, 565,
Vintlana, 505.
Vintlane, 505.
Virlaïcum, 33, 34, 39.9.
Virtlaïcum, 33, 329.
HT
Wadre Locus, 264.
Wadrevilla, 264.
Warinna, 33, 495.
Wastus, 189.
Watevilla, 480.
Weez (les), 168.
Wellebou, 32, 218.
Welleis, 441.
Welles, 441.
Wellis, 440.
Weules, 441.
Weulis, Ul.
Wifs (les), 168.
Wis (les), 168.
Wuella, 440.
\
TABLE GÉOGRAPHIQUE
des
AILLES, COlHlilUlVES, HAMEAIIIK OU LIEUX DITS DE Là SEINE-INVÉRIECRE ,
MENTIONNÉS DAN9 CET OUVRAGE.
Nota. —Les lieux indiqiiô.^ civec dos caractères or.linaires (romain?) sont les communes ou sections de communes
auxquelles un article spécial est consacré. —Les localités maniuèes en italique sont les seclions, hameaux ou lieux
dits , simi)lement cités dans ce livre.
Aizier (Eure), 55. 49!X.
Aliermont (!'), 75, 308.
Alleurs (Côte des), 193.
Allouville-Bellefosse, 424.
Alveniot, 463.
Alvimare, 475.
Amfreville-la-Mi-Voie, 213.
Amont (Côte d'), 438.
Anceaumeville, 191.
Ancourt, 253
Ancretteville-sur-Mer, 470.
Angiens, 434.
Anglesqueville-la-Bras-Long, 437.
Anglesqueville-l'Esneval, 349.
Anglesqueville-sur-Saâne, 279.
Angreville, 307.
Anneville-sur-Seine, 175.
Anlifer, t3. 355.
Anveville, 444.
Aouste, 319-320.
Appevillo (le Petit), 240, 590-91.
Archelles, 248-250.
Argueil, 577.
Arques, 32, 248-251.
Asnerie(r), ifiô.
Aubéguimont, 563.
Aubermeshil-les-Erables, 553.
Auberville-la-Campagne, 419-20, 592
Auberville-la-ManueL 455.
Auberville-la-EenauIt, S77.
Aubervillc-sur-Eaulne , 73.
Auchy^ 56 L
Auffay, 278.
Augeville, 274.
Alliage, 502.
AumalOy 558-5 S9.
Auppegard ou Le Pougard, 285.
Auquemesnil, 312.
Authieux-le-Port-Saint-Ouen(les),264
Authieux-Ratiéville (les), 190.
Autigny, 437.
Autretot, 425.
Auvilliers, 507.
Auzouville-l'Esneval, 426.
Aval(nout dl, 308.
Aval (Côte d'), 438.
Avesnes, 586.
Azêloiule (Camp rf'), 349.
Babyîone , 389.
Bac (le), 54.
Bacqueville, 280-281.
Baigneville, 377.
Baiîleul-sur-Eaulne, 542.
Baillolet, .S4I.
Bailly, à Aumale, 559.
Bailly-en-Riviôre. 311.
Baons-Ie-Comte (les), 32, 425-26.
Balançon, 275.
BanC'de-Madahie , 330.
Barentin, 28, 32, 180-184, 589.
Baretle, 186.
Barre (Faubourg de la), 72.
Barrière d'Or (la), 337.
Barville. 452.
Bazinval, 547.
Beaubec-la-Rosière, 575-77.
Beaucamp, 387.
Beaumesml, 360.
Beaumont, 323.
Beaumont-Beusemouchel , 523.
Beaumont-le-Hareng, 270.
Beaunay, 278.
Beaurepaire, 353.
Beausault, 573.
Beau-Soleil (le), 548.
Beau tôt, 177.
Beauvais (Ville de) : à Saint-Laurent-
en-Gaux, 430; à Brachy, 287; à
Beauville-la-Cité, 430.
Beauvoir (Cimetière de), 58*.
Bec-aux-Gauchois (le), 460.
Bec'Crespin ou de-Alortem^r, 360.
Bec-de-Mortagne, 377.
Bel ou Bêle : à Arques, 72 ; à Criel, 32C;
Grand-Bel, 205; Petit-Bel, 206.
Belbeuf, 213. ^ .
Belcinac (Ile de), 479.
Bellaitre, 165.
Bellemare, 488.
Bellencombre, 269-270.
Bellengreville, 31 f.
Bellenqrevilleile , 31 1.
Belleville-sur-Mer, 265.
Bellevue (Ferme de), 523.
Belloye (la), 552.
Bellozanne, 585.
Belmesnil, 590.
Bénouville-sur-Mer, 358.
Bergue (la), 341.
Bermonville, 473.
Berneval-le-Grand, 255-56.
Bertreville-Saint-Ouen, 264.
Bertrimont, 275.
Bettencourtj 548.
Bcuzeval (Côte du)j 244.
Beuzeville-la-Grenier, 392.
Beuzeville-la-Guerard, 442.
Bezancourt, 585.
Bielleville, 392.
Biennais, 276.
Biessard (Cavée de), 154.
Bihorel : a Neufchàtel, 499; à Rouen,
105.
Biville-la-Baignarde, 278.
Biville-sur-Mer, 314.
Blanc-Mesnil, 60.
Blangy, 545.
Bliquetuit (Saint-Nicolas et Notre-
Dame-de-\ 488-489.
Blosseville-Bon-Secours, 214.
Blosseville-ès-Plains, 440.
Bocace(le), 191.
Boliéme (te), 438.
Bois : du Détroit, 558; du Dretiil. I77 ;
Blanc, 197; Lévêque, 285; du Boitai y
561 ; de Boquelon, 20* Guilbert, 478;
de BooSt 2I0; de Brétigmj, "Mi: de
1
— 597 —
la Motte, 288; du Bec y 350; Dange-
reuXy 229; Sourd, 54U.
Jiois de Bretizelj ^62.
Bois de V Abbaye ,319.
Bois de Bouvrarj, 669.
Bois des Moites^ 427.
Bois-GuUberl (Ferme du\ 428.
Bois-Guillaume (le), 207.
BoiS'Labbé, 320-322, 327.
Boismare^ 467.
Bois-Parquet, 270.
Bois-Robert (le), 265.
Boissay, 524, 589.
Boissefet, 524.
Botardf à Dancourt, 547.
Bolbec, 390-392.
Bolleville, 302.
Bondeville, 186.
Bondeville, 'i65.
Bonne-Nouvelle, 237.
Bonnerue, 54 1 .
Boos, 210.
Boquelon (Bois de\ 20.
Bordeaux-Sain t-Glair, 355-357.
Bornambusc, 383.
Bosc (/e), 186.
Bosc-Berençer, 278.
Bosc-Bordeï, 205.
Bosc-Edeline, 204.
Boscherville, 163.
Bosc-Geirrov, .*»40,
Bosc-le-Hard Cle), 273-74.
Bos-Col {le), 440.
Bos- de-CleuviUe, 442.
Boi-des-Puits, 5C5.
Bosrocourt, 330.
Bosguerard-Saint- Adrien, i94.
Boshyon^ 586.
BoS'Hobinety 525.
Bosquet (le), !56.
Bosville, 464.
Botte (la), 386.
Boudeville (Camp de), 245.
Boudeville : à saint-Pierre-en-Port ,
4(59;àSaint-Nicolas-de-la-Taille,4I9.
Bouelles, 608-509.
Bouille (la), (54.
Bouleville, 469.
Boulvey ou Boulvet, 199-200.
Bourbelle, 558.
Bourdainville, 426.
Bourg-de-Saâne, 286.
Bourg-Dun (le), 32, 246-47.
Bourgtin. 503.
Boul'de-berville, 64.
Bout-de-IIas, 462.
Bout-de-la- Ville : à Arques, 251; à
Saint-Martiu-en-Gampagne, si 5 ; à
Réalcamp , 557 ; à Préaux , 208 ; à
Caudebec-lès-Elbeuf, 219; à Es-
lettes, 193; à Bénouville, 3o8.
Bout'du-GarcL 219.
Bouteillerie (Camp de la), 176.
Bouteilles, 251.
Boullevé, 199-200.
Boultencourl, 54.
Brachy, 286-287.
Braquemont, 257-263.
Bréauté, 382-383.
Brémonl^ 511.
Brémontier, 505.
Brémontier-Merval , 585.
Bretagne (Ferme de), 559.
Bretèque (la)^ 226.
Brétiany (Bots de), 312.
Bréltsel, 663.
Bretteville-la-Ghaussée, 379.
Breuil (Bois du), 43H-, (Ferme du), à
Saint-Maclou-de-Folleville, 277.
Broche {Champ de la), 49o.
Bretonne, 491-97.
Brulin (le). 215.
Brun-Câtel, 427.
Brun-Château, 427.
Bruneval, 351-352.
Brunville, 180.
Bue (le), 466-67.
Buglise , 347.
Buïeux (les), 663.
Bully, bOI,
Burès, 543.
Burettes, 544.
Butot, 177.
Butte (la), 522; (Ctmmp de la), 201 ;
(à l'Ecuyer,AdO\ (aux Anglais), 511 ;
{aux Sarrasins), 338 ; (des Salines),
238; {de Saint-Pierre, 238); (de
Noient), 242.
Caboierie (la), 165, 589.
Caillettes {Côte des), 18, 482.
Caillouville, 484.
Gailly, 28, 32, 194-97.
Calidu, 396. 479.
Californie (la), 207.
CalteTigevilley 540.
Calletotj 430.
Galleville-les-Deux-Églises, 299.
C allouette , 23U
Camineau, 19i.
Camp: Augef , 521 ; Tillou^ 621 ; Carré,
468 ; de Pyy 471 ; Soudain, 521; Sou-
verain, b2\ ; aux Malades, 557 ; Com-
tois, 52 1 ; du Bourg, 650 ; Vamier,
565 ; Ad<)n, 587; du Canada. 364; rfe
l Arbre, 306; de /a Bouteillerie, 276.
Camp-de-Py, 472.
Camp'Doleni, 346.
Campsart, 194.
Canada (Camp du), 364.
Ganehan, 327.
Caniel, 448.
Canivel, 562.
Ganouville, 455.
Ganteleu, 184-185.
Ganville-les-Deux-Églises, 431-32.
Cany, 448-462.
Copilote (le), 196.
Gapval, 527.
Cardonville, 193.
Carrières (les), 542.
Carrouge (le) , 626.
Castellans (les), 4i8.
(;d/^ (^e) : à Envermeu, 292; à Limes,
261 ; à Houdetot, 437 ; à Duclair,
163; au Mont-Gauvaire, 192; à
Ecretteville, 423.
Câtelet : à Grainville-la-Teinturièro ,
453; à Dijeon, 559.
Câtelets {les, à Guverville, 349.
Cdtelier, Cdteliers : à Varengevillo-
sur-Mer. 241; à Torcy-le-Grand ,
26;! ; à Bellencombre. 270 ; à Saint-
Jean-de-Folleville,4i7; à RadiaYtel,
418; à Saint-Nicolas-de-la-Taille ,
419; à Veulettes, 4.58; à Val"mont,
460 ; à Eu, 322; à Sept-Meules, 328;
à Gonfreville-rOrcher , 346; à Ro-
quefort, 474; àVillequier, 488; à
vattevillo, 490; à Saint-Saëns, 521 ;
à Bazinval, 647 ; à Foucarmont, 560 ;
àRétonval, 656; àRichemont, 566;
à Saint-Pierro-flo-Yarongéville, 166;
à Maunv, 176; à Bezancourt, 686.
Gîitelier-Pelletot (le) , V66.
Catenoy, 660.
CatiaU'Bobert , 386.
Gâtillon , 570.
Cddllon : à Lillebonno, 404 , 410; à
Barentin, 180-182.
Gauchie (la) : à Bouzeville-le-Gue-
rard, 67 ; à Bt'autot, '\i ; à lîréauté,
382; h Bretteviile-la-Ghaussée, 380.
Caude-CCte, 236.
Gaiidebec, 477-479.
Gaudebec-lès-Elbeuf, 27, 32, 67, 218-
227, 690.
Caudebecquet, 484-86.
Gauvillo, 347.
Cavalier (Champ du\ 438.
Covc-au- Diable, 197.
Gavées {les), 430.
Go vée-de-ÉifSsard, 1 54 .
Cavéc-dcs-Fontoincs, 240.
Ghaire-de-Gargantua , 105.
Ghambray, 383.
Champ-aux-Tuiles [le), 4i8.
Ghamp-de-la-Butte, 201.
Champ'des-Morts : à Dampierre, 583;
à Morgny-la-Pommeraye , 205.
Champ-au-Coffre , 215.
Ghamp-dU'Trésor, 178.
Champ-Excommunié, 332.
Chapelle , {la) : à Etalondes, 325,* à
Saint-Étienne-du-Rouvray, 168; à
Etre tat, 360.
Ghapelle-du-Bourgay (la), 265.
Ghapelle-sur-Dun (la), 436.
Chapitre (Je), 54.
Gharlcs-Mesnil, 268.
Charron (Motte du), 538.
Chartreux (les), 103, lo8.
Château: du Flot, 603; de Bobert-le-
l}iable , 161-164; du Mort, 489;
Ilubauld, 661; Gaillard, 360; Fouet,
2?8
Ghdte'oux (Côte des) : à la Ferté, 570 ;
au Mont-Gauvaire, 192.
Ghateau-du-Bel, 2(»6.
Chdtetet (le) : aux Grandes-Ventes ,
272; au Bourg-de-Saàne , 286; à
Saint-Vaast-d'Ëquiqueville, 309.
Chaussée (la) : à Eu, 320; à Arques,
260; à BréautH, 63; à Bretteville,
380; (.Vieille), à Vatteville, 72; à la
Neuville, 216.
Ghaussée-Bois-Hulin (la), 266.
Chêne-à-VAne, 172.
Ghiffreville, 326.
Gideville , 427.
Cimeticre-des-Huguenots, 27 3.
Glais, 641.
Claque {le), 387.
Glaquedent : à Veulettes , 469 ; ti
Rouen, 5.3.
Claville-Motteville , 189.
Glères, 188-189.
Gleuville, 442.
Gliponville, 473.
Clos-Blanc, 306, 468.
Clos-des- Anglais , 586.
Clos-Oiapitre, 215.
Clos-des-Galères. 343.
Clos-Madame, 1^:^.
Col-de-Tourville, 234.
Gollevillo, 4C0.
598
CoUimbes. CoUinges. CoulimbeSy 334.
Colmesnil-Manneville, 285-286.
ColmotUinSy 34 r.
Conihout, l74.
Conteville, 564.
Gontremoulins, 465.
Cogueréaumoni : à Graincourt, 254 ; à
Preuseville, 539.
Corberie , 326, 328.
Comemesnily 509.
Cornet {le), 547.
Côle-auX'MortSy 205.
Côle-aux-Prêlrts (la), 190.
Cale des Alleurs, 193.
Cale des Buquels, 343.
Côie-des-Fredeaux^ 191.
Côte de Sainl-Aignan^ 184.
Côte de Saint-Germain^ 265.
Côle du Floquet, I97.
Ctfftf du Gibet ^ 189.
C^/c du Moulin, 164, 268.
C^7e dii Toi, 191.
Ci?/« Saint' Auct^ 218.
Collentray, 586.
Cottévrard, 273.
Coudroye \la\ 540.
Couronne (Grand), 151.
Couronne (Petit), 155.
Cour^ux-Eluves {la) , 236.
Cour-deS' Mottes, 472.
Cowr df5 5a//é!5, 432.
Cour-le- Comte (la), 440,
Cramaillon (la), 502.
Crasville-la-Roquefort, 437.
Cressieusemare, 291.
Cressy. 271.
Cr<î/in, 337,343.
Cretot, 375.
Crèvecamr, 202.
Criel, 34, 326.
Criquebeuf-en-Caux, 371.
Criquetot-l'Esneval , 348-349.
Criquetot-sur-Ouville, 427.
Criquiers, 565, 592.
Croixdalle, 543.
Crosville-sur-Durdent, 451.
Crosville-8ur-8cie, 590.
Cuve (la), 496.
Cuverville-sur-Etretat, 349.
Cuverville-8ur-Yère, 327.
Dalles (Petites), 455-456.
Dampierre, 583.
Dancourt, 547.
Darnétal, 32, 206-207, 589.
Daubeuf-Serville, 379, 592.
Dénestanville, 266.
Dercbigny, 254.
Derizancourt, 549.
Détroit (U), 546; {Dois du), 558.
Déville, 185-186.
Dieppe, 27, 33, 235-238.
Dieu^e-Père, 561.
Dijeon (Somme), 659.
Donjon (le), 566.
Doudeauville, 583.
Doudeville, 429-430.
Doumesnil, 538.
Douvrend, 305-307,591-92.
DreuUes (Cité de:, 273.
Drosay, 443.
Druel. 273.
Duclair, 32, 162-163.
Durdent ( Ville de), 68, 459.
Eaumare ( Ville et Croix d*), 443.
Ëauplet. 214.
Eau-Salée (la côte de /), 469.
Ecotigny. 539.
Ecrainville, 375.
Ecretteville-les-Baons, 423.
Ecretleville-sur-Mer, 470.
Ecuquetot, .'^50.
Elbeuf, 32, 52, 216-218.
Elbeuf-sur-Andelle , 586.
Elétot, 469.
Emendrevilley 53.
Englemare (Mare rf'), 443.
Envermeu, 291-305.
Envronville, 473.
Epinay, 514-518.
Epinay.k Londinières,529; à Dieppe,
237-238: à Longroy, 330.
Epinette (O, 550.
Kpineville, 433.
£pîvé5n(. 357.
Epouville, 347, 592.
Equimbosc-le-Val, 475.
Equiqueville, 309-310.
Erables (les), 553.
Ernemont-sur-Buchy , 205, 590.
Escames (Cimetière d ;, 583.
Esclavelles, 504.
Eslettes, I93.
Esquinemare , 205.
Essarts (les), 5>7.
Essarts-Varimpré (los), 552-5S.
Etalondes, 325.
Etelan, 421.
Etoutteville-sur-Buchy, 206.
Etoutteville-sur-la-Mer, 427.
Etran, 252.
Etretot, 358-363.
Eu, 27, 33, 58, 318-324, 590.
Fontenay (le), 347.
Fontenil, 523.
Font-Théodore ou Théodorick, 543.
Forêt de Brotonne (la), 491-497.
Forêt-Verte {la), 186.
Forges (les), 43.
Forges-les-Eaux, 566-67.
Forgeltes (les)^ 566.
Forlel (Côte du), UZ.
Fortelle ou Forterelle (la). 180 182.
Forteville (cHté de), 277.
Fosse-auX'Moules, 221.
Fosse-au ou aux-Précheujr, 375.
Fossé Castresse, 565.
Fosse-de-Leure, 338.
Fossé-durRoy (le), 510, 563.
Fossé (le), 572.
Fosses ferrières : & Saint-Léonard. 370;
& Vattetot, 372.
Fosses {les) : à Saint-Clair-sur-Etret&t,
358-, à Londinières, 529.
Fosse'Piquet(la),\69.
Fossés de Bénouville, 358.
Fossés-Saint-Philbert, 168, 173.
Foucarmont, 549-651.
Foucart, 474.
Fouet (Château-), 228.
Fourches (Mont-à-), 571.
Fourneau (le), 429-30.
FranqueviUeïte, 211.
FréauTille, 540.
Fresles, 503, 543.
Fresnay (le), 429-30.
Fresnoy-Folny, 538.
Frétils, 510.
Frettemeule, 428.
Frévent, 74.
Fréville, 178.
Froberville, 372.
Fromentel [Haut-), 549.
Fallencourt, 559.
Fauville, 471-472.
Fayel (le), 567.
Fécamp, 363-369.
Fées (Arbre des), 168.
Féron (Ferme), 490.
Ferrières, 582.
Ferrières: & Saint-Léonard, 370; à
Forges-les-Eaux, 566.
Ferrières (Chaussée de), 580.
Ferté-en-Bray (la), 570-71.
Fesques, 511.
FeuUlle (la), 578.
Flamanville-rEsneval, 427.
Flamanvillette, 454.
Flamets-Frétils, 510.
Fleuzy (Oise), 560.
Flot (Château du), 503.
FoUemprise, 273.
Fond-de-Belleville, 255.
Fond-de-la- Ville, 275.
Fongueusemare^ 349.
Fontaine-du-Puits, 573, 686.
Fontaine-en-Bray, 526.
Fontaine (la), 165-66.
Fontaine-la-Mallet, 348.
Fontaine-le-Bourg , 189.
Fontaine-le-Hoits (la) (Eure), 586.
Fontaine-Martel (Vallée et Château
de), 391-392.
Fontaine-Mogne, 526.
Fontaine-sous-Préaux, 208.
Gaillard (Château-), 356-57.
Gaillefontaine , 572.
Gainneville, 346.
Gancourt-Saint-Etienne, 582.
Ganzeville, 372
Cardin (le), 247.
Garenne (la) : à Anvéville, 444-45 ; au
Tilleul, 355;à Aumale, 559.
Gargantua (Chaire-de-), 165-166.
Gauoourg (Côle de), 5i 1.
Gerponville, 468.
Gibet {Côte du), 189.
Gite (U), 486.
Givoust, 383-387.
Goderville. 374-375.
Gonfreville-Oillot, 379.
Gonfreville-rOrcher, S46.
Gov^erville, 418.
Gourel le), 288.
Gournay-en-Bray, 580-82.
Gousseauville, 332.
Gouville, 189.
Gouy, 211.
Govilie, 486.
Graimbouville, 3^5.
Graincourt-Derchlgny. 254.
Graxnetieu (Fontaine de), 491.
Grainville-rAlouette, 380-381.
Grainville-la-Renard, 437.
Grainville-la-Teintunère, 45MS4.
Grandcamp. 419.
Grand-Couronne (le), 151.
Grandcourt, 538.
Grande-Houssaye (la), 591-95.
599
Grande-Mare^ 244.
Grandes-Ventes (les), 272.
Grand-Marché {le), 5^7,
Grand-Quevilly (le), 158.
Grand' Val (le), 356, 359, 360.
Gravai, 5io.
Gravenchon ,420.
Gràville-Ste-Honorine, 335, 337-360.
Gréaume^ 445.
Grèges, 254.
Grémont {Chdleau de), 357.
Greuville, 289.
Grosmesnil, 273.
Grosse-Butte, 186.
Grotte Milon (la), 485.
GrotAelles, 503.
Grttchet, 248.
Gruville (Château de), 468.
Guerbaville-la-Mailleraye, 488.
Guerche {la), 488.
Guerrots {les), 268.
Guerville, 547.
Gueures, 288.
Gueutteville, 178.
Guillerville, 392.
Guilmécourt, 311.
Guimerville , 558.
Haie-au-Curé, 355.
Haie-de-Soquence, 164.
Haistrey {le), 66.
HaUais{le),iiO^,
EalkUe, 337.
HaUebosc {Parc d\ 393.
Hambures, 540.
Hamelet {le) . 247.
Hanouara (le), 443.
Harelle {la), 174.
Harfleur, 27, 33,342-346.
Harteauville, 174.
HatieUe, 505.
HattenvUle, 474.
Haudricourt, 565.
HauUes, 360. 444.
Haussez, 572.
Haute-Maladrerie, 549.
Haute-Motte, 215.
Haute-Rue, 454.
Haui-Fromentel t 649.
Hautot-l'Auvray, 443.
Hautot-Saint-Sulpice, 430.
Hautot-sur-Mer, 240.
Hautremont ou Hautrimont, 610.
Havre (le), 332-335.
Hayons (les), 504.
Héoerville, 485.
Hénouville, 165, 591.
Héricourt-en-Gaux, 445-447.
Hermanville, 284.
Héron (le). 210.
Héronchelles, 206.
Besdin{ViUe de). 272.
Hesmy, 540.
Bitrée, 549.
Heugleville-sur-Scie, 267.*
Heurteauville, 174-76.
Héoe fla)^ 336-336.
Hodeng-au-£osc, 557.
Hogues {bois des), 370, 371-72.
Houdetot, 436.
Houppeville, 186.
Houquetot, 382.
Houssaye-Bérenger (la) , 191.
Houssayâ {Grande et petite), 492-96.
Houssaye {la), ?09.
Hubauld (Château), 5(tl-562.
Huit- Acres, 245.
Humemiont, .'*82.
Ues (Trou des), i72.
Ile de Belcinac, 479.
Illois, 563.
Imbleville, 279.
Incheville-Goussauville, 330
Ingouville, au Havre, 334-335.
Isneauville, 209.
Janval, 72.
Jardin (le), 247.
Jardin-de-la-Salle, 580.
Jardin des Douaniers, 240.
Jardinets (les), 570.
Jérusalem, 237.
Jumiéges, 32, 169-174.
Jeu-de-Paume, 546.
Labié, 420.
Lacerlangue, 387-388.
Lamberville, 281.
Landes {les), 492.
Lanquetot, 393, 592.
Lasseneuse, 543.
Lendin (le) {Eure), 492-97.
Leuqueue (la), 539.
Leure (Havre), 334-338.
Liffremonl, 567-68.
Lxhu (le), 519.
Lillebonne. 396-416.
Limes {Cité de), 257-262.
Limésy, 178-189.
Limoux, Limouse, 178-180.
Lindebeuf, 428.
Lintot, 393.
Loges (les), 373-374.
Londe (la), 227.
Londe (la), 492.
Londe-Corcel (la), 387.
Londiniôres, 527-34, 592.
Long-Boël, 211.
Long- Paon, 32, 207.
Longroy, 830.
Longuedalle, 572.
Longueville, 32, 264.
LoraiUe, 481.
Loup-Vert {Croix du), 172.
Louve tôt, 487.
Lucy, 511-513.
Luneray, 289-291.
Mailleraye (la\ 488.
Maison-des-Douaniers, 421.
Maison-dU'Roij 490.
Maison-Rouge (la), 608.
Malebrèque, 349.
Malesaises, 209.
Mal-Franques, 213.
Mané {le) : à Saint-Nicolas-d'Alier-
mont, 308; à Lucy, 612.
Manéhouville , 268.
Manerel, 512.
Maniquerville, 372.
Mannevillc-ès-Plains , 440.
Manneviile-la-Goupil , 382-383.
Mannevillette, 3'f8.
Marché aux- Raies {le), 64.
Marché (Côte du), 469.
Mare : au Roy, 490 ; des Molents, 491
aux Sangsttes, 270; aux Dœtifs, 219
des Cendriers, 514; Blonde, 372
Pavée, 547; Saint-Germain, 663; des
Jai*dins, 666 ; Close, 663 ; des Mottes,
427; du Four, 272.
Marettes (les) : à Londinières et &
Fréauville, 627, 540; à Blosseville-
ès-Plains. 440.
Marguerite {la), 426.
Maromme, 184.
Marques, 563.
Martigny, 248.
Martin-Eglise. 252.
Martinière {la), 487.
Massy, 506.
Matebrune, 578.
Mathonville, 525.
Maucomble, 276-76.
Maulévrier, 480-481.
Mauny, 175-76.
Mauquenchy, 569.
Mauray, 523.
Mauteville-sur-Durdent, 454.
Maune{la), 184.
Mélamare, 418.
Melleville, 330.
Ménage {le), 544.
MénouvaU 510-511, 592.
Mentheville, 379.
Mesnières, 502.
MesnilrBas, 440,
Mesnil-Bénard, 518.
Mesnil-David, 564.
Mesnil-Durdent (le), 440.
Mesnil-Esnard, 213.
Mesnil-Follemprise (le), 273,
Mesnil-GefProy, 44o.
Mesnil-Raouf (le), 213.
Mesnil-Sagot,b06.
Mesnil-sous-Lillebonne (le), 898, 416-
417.
Minières {les), 566.
Minon (le), 323.
Mirville,381.
Molagnies, 582.
Moncny, 330.
Monchy-le-Preux, 557.
Mondétour, 206.
Mont-aux-Malades (le), 186.
Mont-Blanc: à Eu, 320-323; à Lon-
diniôres, 529.
Mont-<Jauvaire, 191-192.
Mont {Côte du), 369-361 ; {le) : à Caillot,
507 ; aux Fourches , 57 1 ; à Four-
ques, 57 1 ; aux Prêtres, 557; Aqueux,
161; Caber, 343-46; Calidu , 477;
Détour, 205; de Grès, 468; Dion,
538; Dolent, 478; Gosselin, 538;
Grippon, 577 ; Haauet, 212; Hognet,
625 ; Jean, 542 ; Joli- Bois, 326; Lan-
drin, 537; Louvet, 586; Sauveur,
577; d'Ancourt, 253; Huon, 325;
Ricard, 499.
Montérollier, 523.
Montivilliers, 32, 341-342.
Mont-Main (le), 21.'».
Mont-Pinson, 267-268.
Montrcuil-en-Caux, 276.
Mont-Rôti, 587.
Monts-Raz {les), 310.
OXFORD
— 600 —
Monville, 192-193.
Mor^ny-la- Pomme raye, 205.
Morienne^ 5fil.
Morimontj 503.
Mûrisse {Çôlc), 333.
Mortagne {Camp de), 321, 331.
Mortemer-sur-Eaulne, 513.
Motte {ta) : à Aumale, 569; à Blangy,
546; à Cottôvrard , 273; (du Char-
ron)y à Grandcourt, 538 ; {au Leu)j
à Roncherolles, 568 ; à Frôauville ,
540; {Puits de ta), 209.
Moites [les) : à Froberville, 372; [Cour
des)y à Fauville, 472 ; du Pougard ,
285 ; {^Bois des) , à Étoutteville-sur-
Mor, 427; {Mare des), à Griquetot-
sur-Oaville, 427.
Mottevil lo-les-Deux-Glochers, 428.
Moutin {te), 540, de Bray. 584; {Côte
du), à Oissel, 164; à Muchedent, 268.
Moulineaux, 17-18, 151-54.
Muchedent, 268.
Muette (la), 202,210.
Murait tes {Ferme des). 502.
Neiges (tes), 338-339.
Nesie-Hodeng, 507.
Ncsle-Normandeuse, 558.
Neufbosc (le), 5*25.
Neufchàtel-cn-Bray, 498-500.
Neufmarché, 587.
Neuville, 542.
Neuville-Ghamp-d'Oisel (la), 215-216.
Neuville-Ferrières, 505.
Neuville-Gouvion, 564.
Neuville-le-Pollet, 238-239.
Neuvitlette, 314.
Néville, 439.
Nogent, 501.
NointQL 392.
Noient (Butte de), 243.
Normanville, 472.
Notre-Dame-de-Bliquetuit, 489.
Notre-Dame-de-Gravenchon, 420.
Notre-Dame-de-la-Gaillarde, 434.
Notre-Dame-du-Bec, 347.
Notre-Dame-deS'Bois , 343.
Offranville, 239.
Oissel, 32, 155-158.
Omonvilleen-Gaux, 285.
Orcher, 346.
Orival, 27i.
Orival 227
Orival\Vilk d\ 460-61.
Osmonville. 34o.
Osmoy, 544.
Ouainville, 454.
Oudalle, 387.
Ourville, 442.
Ouste, 27, 319-323.
Ouville-la-Rivière, 244-246.
Pain-Bénit (le), 488.
Pakheut, 76, 254.
Paluel, 458.
Parc (Grand), 623.
Parc d'Anxtot (le), 392.
Parfondeval, 525-27.
Parquet (te), 204.
Pas- de-Gargantua, 503.
Pavilly, 32, 176-177, 690.
Poyennière (la), 342, 347.
Pêcherie (la), 46.
Pelletot, 265.
Penly, 3i8.
Perduvillfc, 572,
Petit-Appeville (le), 240, 590-91.
Petit'Bernevat , 256.
Petit' Bennènil, 443.
Petit-Couronne (le), 155.
Petite -Houssaye, 492-495.
Petites-Dalles, 455-456.
Petit-Fontaine (le), 545.
Petit-Quevilly (le), 158.
Pelil'Vat, 356, 359, 360.
Petit- Vauville, 446.
Peiitvitle, 54.
Pêtreval ou Prestreval^ 379.
Pierre (la), 278.
Pierre (laU à Mortemer, 613.
Pierre d'Etat {la), 166.
Pierre gante, 389-390.
Pierrecourt, 558.
Pierretîques, 21, 353-54.
Pierremcnt (le), 565.
Pierreval, 205.
Pierreville, 281.
Pipe {!a\ 32:».
Pissy-Poville, 188.
Pitres (Eure), 32-33,
Plaine-des-Batailles (la), 427.
Planche du-Lieuienant^ 545.
Plantis (tes), 66, 367.
PlessisUe), à Gouy,211.
Pointe (la), 378.
Potlet (le), 236-39.
Pommeraye (Château de la), 488.
Pommerval ou Pommerévai, 271.
Pont de Coq, 572»
Pont-Rouge : à Paluel, 78; à Dam-
pierre, 583.
Ponts-et-Marais, 324.
Pont-Trancard, 76.
Porie(tu).3à2.
Porte-de-Pierre (la), 372.
Por tes de-la- Ville (les\ 166.
Port-Naval ou Port-Navarre, 439.
Pot- Cassé, 471-72.
Poteau Duhême^ 552.
PoleaurSaini-Remy, 541.
Poterie (la), 352.
Poterie (la), 330.
Pougard (le;, 285.
Pougard {Mottes du), 285.
Pourville, 240-241.
Poville, 188.
Pré (le), 425.
Préaux, 208.
Pretot, 385.
Preuse (la), 543.
Preuseville, 539.
Puchervin, 549. *"
Puits-aux-Aîiglais, 165.
Puits-Eperon, 145.
Puits-Merveilleux, 521.
Puys, 239, 257.
Py-Vallet: à Bruneval, 151; à Ger-
ponville , 468.
Pyval, 446.
Quarante- Acre s (les), 256.
Quatre-Fermes (les), 351.
^uatre-Mares, 53, 100-61.
^uesnay (le), 505.
^uesnée (la), 338.
^uesnoy (la), 55 1.
snoye (la), 551, 552.
ueue-Baigneresse (ta), 265.
eue-du-netlet, 502.
ueue-du-Mont, 511.
ueue-du-Renard, 366.
[uevillon, 164.
uevilly. 158.
uévreville-la-Poterie. 21 1.
juiberville-sur-Mer, 244.
Quiévrecourt, 502.
Quincampoix, 202.
Radicàtel, 418.
Raffetot, 392.
Rançon, 486.
Réalcamp, 557.
Rebets, 206.
Remise (la), 559.
Remuée (la), 385.
Renéville, 365.
Reniax (les), 373.
Réserve (ta), 495.
Retenue (la), 236.
Rétonval, 556.
Rieux, 646.
Richement. 556.
Rivière- Bourdet (la), 165.
Rivière (Ferme de la) , 277.
Robert-le-Diable (Château de), 15M55.
Roches (les), 166.
Rai (Maison et Mare du), 490.
Rolloville, 347.
Romescamp (Somme), 560.
Ronchay (le), 289-290.
Roncherolles, 390-
Roncherolles-en-Bray, 567-668.
Ronchois, 564.
Roquefort, 473.
Roquemont, 523.
Roquelle (la) : à Sainte-Margoerito-
sur-Mer, 399 ; à lillebonne, 242.
Rosay, 273, 590.
Rosée (la), 457, 458.
Rosière (ih), 575-77.
Rouen , il , 24, 25, 27, 29, ^, 46-4»,
81 à 151.
Rouen (Ville de), 567.
Rouge- Camp j 327.
Rouges 'Carrières, 21 1.
Rouges-Fosses (les), 213.
Rouge-Pierre, 580 .
Roule (le) : à Vatteville, 491 ; (mUe
et château du), à Damôtal, 207;
(Hedwin), à Orival» 227.
Roumare, 187.
Routes, 446.
Routot, 386.
Rouvray (Saint-Etienne-dUf), 158.
Rouvray-Gâtillon, 569-70.
Rouxmesnil-Bouteiltos, 25l-392«
Rue (ta), 489.
Rue d'Enfer (la), 64.
Rue HoUibre, 37i.
Ry, 210.
8ahurs, 154.
Bainneville-sur-Seine, 3S6.
601
I
I
Salle (la) : à Saint-Martin-Osmonville,
523 ; (Bois de), à Toufireville-la-Cîor-
beline, «4; iCamp de), id., 250;
(Cour de), à Beint-Aubin-sur-Mer ,
432 ; à Saint-Saëns, 519; {Jardin de
la), à Gournay, 590.
Sandouville, 387.
Sarrasins {BtUle'auX')^ 173-75.
Sasseville, 454.
Sauceniare ou Saitssemare, 432, 433.
Sauchay, 313-314.
8aumoDt-Ia- Poterie, 572.
Sauvoffère {la), 355.
Sceaux (les), 547.
Senneville-sur-Fécamp, 47 1 .
8ept-Meules, 328-3)9.
SerqueuXy 574.
Serville, 379.
8igy, 578-80.
Hmermesnil, 525.
SoHmare, 430.
Sommery, 526.
SommesniU 444.
8oiteville-lô8-Rouen, 5f,5S, 160-161.
Sotteville-sur-Mer, 434.
SAINTS ET SAUTTBS.
Adresse, 335-336.
Adrien, 214.
A^the-d'Aliermont, 543.
Aignan, 3i2, 589.
Aignan (Mont-), 186, 589.
Amateur, 4'>o
André-sur-Gailly, 28, 198-102.
Antoine (Côte dé)^ 499.
Antoine-la-Forét, 419.
Apolline , 244.
Amoult, 488.
Aubin (Côte de), 343-44.
Aubin-Epinaj^. 214.
Aubin-Geiiovilie, 214.
Aubin-le-Gauf, 310-311.
Aubin-Routot, 386-87.
Anbin-sur-Mer, 432-33.
Aubin-sur-Scie, 247.
Auci (Côte et Chapelle de), 218.
Austreberte. 177.
Beuve-en-Rivière, 514.
C:athald (Maladerie de), 254.
Catherine (Côte de), 478.
Clair {Côte de), 478.
Clair-sur Etretal, 358.
Colombe, 440.
Crespin, 2i^6.
Croiz-sur-Buchy, 205.
Denis-d'Héricourt, 445-447.
Denis-le-Thiboult, 208-209.
Dignefort, 843, 346.
Etienne, 582.
Btienne-du-Rouvray . 1 58- 160.
Etienne {Maladerie de), 249.
Filleul {Fontaine de)^ 140.
Foy, 2«7.
Geneviôve-en-Bray, 526.
GeorgeS'de-Gravenchon, 420.
Germain-de- Villerville, 359.
Gemurin-sur-Bresle {Somme)^ 562.
Germain-sur-Cailly, 197.
Germain-sur-Eaulne, 510.
Gertrude, 482.
GUles-de-Grétot. 487.
Hauct {CôU et Chapelle de)^ 218.
Hélône-Bondeville, 462-65.
Hélène {Côte de), 335.
Hellier, 270.
Hetlier (Chajpelle de), 184.
Honorine (Côle de), 418.
Jacques-d'Aliermont. 809.
Jacques-sur-Darnétai, 269,
Jeande-Folle ville .417.
Jean-de- la-Neuville, 392.
Jouin-sur-Mer, 360-51.
Laurent-en-Caux, 430.
Léger-aux-Bois, 456.
Léger {Quartier)^ 439.
Léonard, 370-71.
Léonard, 403.
Maclou-de-FoUeville, 277.
Maclou-la-Bruyére, 378.
Mards, 284.
Marguerite-d'Auchy. 561.
Margaerite-sur-Duclair, 168.
Marguerite-sur-Fauville, 472.
Mar^erite-sur-Mer, 244.
Mane-au-Bosc, 352-53.
Marie {Ferme de), 487.
Martin- au- Bos, 331.
Martin- Eglise, 2o2.
Martin-aux-Buneaux, 455-56.
Martin-de-Boscherville, 163-64.
Martin-du-Bec. 359.
Martiu-du-Manoir, 347.
Martin-du-Plessis, 206.
Martin-du-Vivier, 206.
Martin-en-Campagne, 815*18.
Martin-rOrtier. 60l.
Martin-Osmonville, 523.
Maurice-d*Etelan, 420.
Mellon, 446.
Michel (Côte), 266-67.
Mic/ieMU'Haisel, 217, 218.
Nicolas-d'Aliermont, 308.
Nicolas-de-Bliquetuit, 488.
Nicolas*de-la-Haye, 487.
Nicolas-de-la-Taille, 419.
Onuphre (Mare dey. à Biville-la-Bai-
gnarde, 278, à Saint-Arnoult, 488.
Ouen-du-Breuil, 177.
Ouen-sous-Bailly, 313.
Ouen-sous-Bellencombre, 270.
Paul (Chapelle et Hameau de), 169.
Philbert {Fossés de), 168, 173.
Pierre-d'Epinay, 237-238.
Pierre-de-varengéville, 165.
Pierre-en-Port, 469.
Pierre-en-Val, 330.
Pierre et N.-D.-de-Franqueville, 212.
Pierre-le-Vieux, 434.
Pierre (Rue et Chaussée), 451.
Remy-Boscrocourt, ^.
Remy-en-Rivière, 647.
Ribert (Baianerie de), 268.
Riquier (CnapeUe de), 330.
Riquier-d'Héricourt, 446.
Riquier-en-Rivière, 548.
Romain-de-Golbosc , 384.
Romain [Mare de), 185.
Saëns, 518-522.
Saire, 506-507.
Samson (Fontaine de), 570.
Saturnin {Chapelle de), 484.
8auveur-la-Gainpagne, 383.
Siméon (Fontaine de), 185.
8ulpice-de-Bellengrevillette, 311.
Thomas-la-Chaussee, 187.
Thomas (Pâtis de), 240.
Valery-en-Caux, 438-39.
Valery-sous-Bures, 544.
Victor-r Abbaye, 277.
|Yincent-de->Iogent, 501. ,
Vaast-d'Equiqueville, 309.
Vaast-Dieppedane , 443.
WandrilU{Côtede):k^îiTii^Yf 248,
à Gonneville-ies-Hameaux, 248, a
Saint- Vaast-Dieppedalle , 443 , à
Fontaine-en-Bray. 525.
Wandrille-Rançon. 482-84.
Wulfran (Port et Quai de), 485.
T
Table-de-Pierre (la); 206.
Taillis (le), 169.
Tancarville, 389-90.
Terre à fols, i90,
Terres-Noires (les), 280.
Thémare (Venle-de), 211, 213.
Thieuville-aux-Maiiiots, 457.
Thibermesnil, 425.
Thiboulot, 372.
Thiède ( Ville de), 280.
Thiédeville-sur-Saàney 280.
Thuringe, 21 4.
Tiergeville, 467-68,
Tiétreville, 466-67.
Tilleul (le), 13, 14.354-56.
Tocqueville-sur-Criel, 326.
Tombe (Jia), 292.
Tonneville, 436.
Torcy-le-Grand, 269.
Torniole (la): à Belleville-sur Mer.
256 ; à Pierreflques, 21, 364.
rorp(/c), 491.
Tot(le),\92,
Tôtes, 274.
Tôles, & Sommery, 527.
TouWre-Ecales^ 638.
Touifreville-la-Corbeline, 424-25.
Toufnn(lé), 416.
Tour (la): à Bosc-Geffroy, 540; à
Yatteville, 49o ; (du Diable), à Mau-
lévrier, 481; (yieille), au Bec-de-
Mortag^ne, 377.
Tourneville, 334-35.
Tourville-la-Chapelle, 314.
Tourville-la-Rivière, 224-228.
Touslesmesmls, 244-246.
Toussaint, 465.
Trait (le), 168.
Trefforest, 575-76.
Trémauville-aux- Aloyaux, 474.
Trémonty 510.
Trénegale (la), 371.
Tréport (le). 325.
Trinité-du-Mont (la), 419.
Triquerville , 420.
TroiS'Fréres [Croix des), 541 .
Trois-Pierres (les), 385.
TroU'à'Pierrot,Ub^.
Trou-deS'Iles, i72.
Trouville-en-Caux, 393-396.
Vaganls (les), 469.
Val : des Leux, 176 ; des Comtes, 3i8 ;
aux Moines, ànt-, d'Aulnoy , 548;
Jacob, 549; aux Vaches^ 366; Miellé,
275-76; aux Grès, 63; (Chapelle du\
441 ; de Seine, 424; GtUes, 270; de
Bouteilles, 25 1.
Val-de-la-Haye, 461.
Val-du-Roy, 329.
Valleuse-deS' Carrières, 35 1 .
Valette (la) : & 8aint-Maclou-la-
Bruyère, 379; àMaromme, 46-48
76
— 602 —
Valliquerville, 423.
Val-Martin (le), 191.
Valmont, 459-60.
Valouine {la), 543. '
Vais {Fonds des), 371.
VareDgeville-sur-Mer, 241.
Varimpré, 552-63.
Varneville-aux-Grés, 276-76.
Varvannes, 279.
Vassonville, 3i5-\e.
Vasiines (les), 549.
Vatechrist, 462.
Vatierville, 510.
Vattetot-sur-Mer, 372-73.
Vatteville, 489-91.
Vauchel (le) : à Villainville, 349 ; à
Pierrefiques, 354; au Tilleul, 355.
Vaucotle, 370.
Vaudichon, 209.
Vûudreville. 264.
Vaupalière (la), 186.
Vatâhuil {le), 429.
Vauvaie(la),3ti.
Vauvill€,^69.
Vauville-lorCàbot, 446.
vénestanville, 288.
Vente-de-Thémare, 2Ï1-I2.
Ventes (Les Grancïes), 272.
yenleS'Mésangères{les)j 546.
Verguies (les), 360-62.
Vertus {les), 247.
Veules, 440-42.
Veulettes, 458-59.
Vévigne{la), 358.
Vicquemare, 430.
Vieille-Tour (la), 377.
Vieille-Chaussée, 69.
Vieuville (la), 583.
Vieux (les), 167.
Vieux-Biville(le),3tk.
Vtrux - Château , Vieux - Châteaux ,
Vieux-^hâtiau : au Neufbosc , 525 ,
à Beaurepaire , 3ô4 ; au Bec-de-
Mortagne, 377 ; à Tier^eville, 468 ;
à Valmont, 460 ; à Ouainville, 454 .
Vieux-Cimetière (le): à Mirville, 381 ;
à Hodeng-au-Bosc, 557.
Vieux- Louve tôt (le), 487.
Vieux-Manoir (le), 202-204.
Vieux-Neufcfiâtel (le), 515.
Vieux-Rouen (le), 562.
Vieux- Rouen (le), 507.
Vignes {les), 327.
Vignette (la) : à Caudebec-lès-Elbeuf ,
219; {Cole de la), à Caudebeu-on-
Gaux, 478.
Villainville, 349.
Ville-aux-Guets, 275.
ViOe-des-CâleUers (la), 166.
Villequier, 487.
Villers-Chambellan, 166-167,
Villers-sous-Foucannont, 551.
Villers-sur-Aumale, 565.
Villy-Val-du-Roy, 327.
Vtmel{le), 515.
Virville, 383.
Vittefleur, 457.
.'*89.
"^W
Wanchy, 527.
Wardes, 588.
Wargemont, 61.
Wastine (la), 189.
Wuy (le), 489.
Yainville, 168.
Yébleron, 475.
Yerville, 425.
Ymare, 211.
Yport, 371.
Yquebeuf, 194.
Yvetot, 422.
Yville, 175.
TABLE GENERALE
PRINCIPALES MATIÈRES CONTENUES DANS CE LIVRE.
Abbayes : des Saints-Apôtres ou de
Saiut*Ouen, à Rouen, i4l, 144; de
Saint- Amand , de Rouen, 142; de
Belcinac , 479 ; de Galle ville-les-
Deux-Eglises, 299; d'Envermeu, 292;
de Sept-Meules, 328; de Sainte-
Trinite ou de Sainte-Catherine du
MDnt-de-Rouen,2l4,l5i;dePavilly,
177; de Duclair, 162; de Foucar-
mont, 550; d'Aumale ou d'Auchy,
ÔÔ9-50I; de Bellozanne, 685; de
Fontenelle ou de Saint- Wandrille ,
483; de Logium,^Sà; de Saint-Salve
ou Saint-Saire, 506; de Saint-Saëns,
521 ; de Varenne ou Varinna^ 627;
de Montivilliers, 341; de Fécamp,
364; de Jumiéges, 169-174; de
Bures , 543.
Absides romanes. 253, 383.
Aicaire Saint), abbé de Jumit^ges, 170.
Aillemundus, évéque franc, 256-414.
Allouville (Chône d'), 424.
Alverède (Prince et Tour d'), 150.
Ambre, 247, 2^2^293, (Anneau d'), 881.
Ambre naturel a Incheville, 331.
Amphithéâtre de Rouen , sa descrip-
tion , sa destruction , son emplace-
ment, 142-144.
Analyses: de bronze gaulois, 13-14;
de bronze romain, 200; de monnaies
gauloises, i<j8; de monnaies ro-
maines, 200; d'épées gauloises, 154;
de hachettes denronze, 187.
Anneaux pour les navires, 106-107.
Ansbert (Saint), évêque de Rouen,
146, 187.
Anségise (Saint), abbé de Fontenelle,
485.
Antélixe mérovingien, 414.
Aprius IlUomarus, 26.
Aqueducs romains, 3ô9, 399.
ArDres souterrains ou sous-marins,
332-333.
Archéogéologie, 16, 160, 248, 332-33.
Arcosoiia : à Rouen, 137-38; au Gou-
rel 288
Arélaune (Forêt d'), 491-497; (Pa-
lais d'), 490-496.
Armilles gauloises, 422, 443, 590.
Armorique, 26.
Arques et Archelles (antiquités ro-
maines dans la prairie, dans la ri-
vière et surtout au coteau d'Ar-
cheiîes; bel édifice antique sous la
forêt; fouilles de 1862: découvertes
de pierres taillées, de tuiles, de
poteries , de monnaies de bronze ,
d'hameçons, d'une romaine, etc.;
Chaussée, rue de Rome, rues cu-
rieuses; monétaire franc; château
normand et donjon du xi' siècle),
248-261.
Arquois (Chemins), 436.
Asclepiodote,préfetduprétoire,25, 127
Ateliers monétaires : a Rouen, 125-
134; à Veules?44l; à Jumiéges,
171 ; à Pavilly, 589; à Eu, a90.
Auct (Chapelle de Saint-), 218.
Aumale et Auchy (pierres druidiques,
à Dijeon; villa, tour,, statuette ,
monnaies, tuiles et autres débris
romaines, dans la plaine de Dijeon ;
cimetière franc de Fleuzy ; fouilles :
cercueil de pierre , vase , agrafe de
ceinturon; abbayed'Auchy), 558-560.
Austreberte (Sainte), de Pavilly, son
tombeau, 176.
Avitien (Saint), deuxième évêque de
Rouen, 30, 135.
Babylone (Tour de), 3c7.
Bague d*^argent avec denier de Ma-
crin, 548.
Bagues d'or, 2:)9, 293, 590.
Bailles(CercueiIs servant de), 37 1,420.
Bains romains : à Sainte-Marguerite-
sur-Mer, 242; à Etretat, 359; à
Lillebonne. 400.
Bajocasses (Monnaie des), 432.
Baptême à l'église-mère, 168-
Baplistôreschrélions,140,4'i3, 444,446.
Baptistères romains, 336-359.
Bassins en bronze : â Envermeu, 295;
àSainte-Martin-en-Campagne, 315;
à Bailly, 312; à Lillebonne, 412.
Bataille (Pré de la) : à Caudebec, 479;
à Rouen, 149.
Batailles (Plaine des), 427.
Bâtons de verre dans les sépultures ,
404, 405, 450.
Beaubec-la-Rosière (cimetière romain
de la Rosière, fouilles et décou-
vertes en I8a9, mont et château
Grippon), 575-577.
Bel, a Crielj 326; à Arques, 251; à
Sainte-Croix-sur-Buchy, 205-206.
Belcinac (Ile de), sa situation, sa do-
nation, sa disparition, 4 ^9-80.
Belges, 9-12.
Bellencombre (ferrières, haches de
f)ierre et de bronze , monnaies dan-
oises, restes romains, cimetière
franc, château normand), V69-270.
Bénédictionnaire de l'archevêque Ro-
bert, 173.
Béra, comte de Barcelone, 147.
Boîte en bronze, avec monnaie de
Néron, 404.
Boîtes à parfums, en bronze, 3i7.
Bolbec (sources disparues, urne en
plomb et vases romains de Ronche-
roUes, cimetière romain de la vallée
de Fontaine-Martel, chapelle et châ-
teau de Fontaine-Martel), 390-392.
Bornes milliaires, 26; à Rouen, 114.
Bracelets gaulois : en or , 422 , 491 ,
572; en bronze, 443.
Bracelets romains en verre, 234, 481 .
Brandons, 203.
Braquemont (la Cité de Limes ou le
Camp de César, sa description, son
histoire, sesfouilles, ses découvertes
gauloises et romaines; villa ro-
maine , donation carlovingienne ,
prébendes canoniales , anciennes
coutumes), 257-263.
Breuil (ce que signifie ce nom), 277.
Brocs en bronze, 362, 574.
Bronze (Analyse de), voyez Analyses.
Bronze (Hachettes de), voyez Ha-
chettes.
Bronze (Vases de), voyez Vases.
Briqueteries romaines, 418.
Brunehaut, 4 Rouen. i4l.
Buis (indice d'antiquités romaines)
181-82, 486 536.
Bustes de Silène, 616.
Buttes, 211. 337, 346; â l'Ecuyer, 490;
aux Anglais, 611. Voyez Mottes.
604
Cachets d'oculistes, li«, 399.
Cachettes monétaires -* gauloises : à
Limes, 263; à Limésy, I79>80; à
Hénouville, 163; aux Baous-le-
Comte , 425 ; & Liliebonne , 396; à
Saint -André- sur -Cailly, 198; à
Cailly, 196; — romaines: à Pour-
ville, 240 ; au Bourg- Dun, 246; à
à Derchigny,2a4; à Augeville, 270;
à 8auchay, ai3; à 8aint-Martin-en-
Campagne, 3 là; à 8aint^emy-en-
Campagne, 330; à Vatteville, 4«j6;
dans Bretonne, 494 ; à Ësclavelles,
504; à Neuville-Ferrières, 5i2; a
Lucy, boh ; à Epinay, 51 5 ; à Perdu-
ville, 522; à Sommery, 526; à
Bieux, 546; à Saint-Romv-en-Ri-
viôre. 547 ; à Tourville-la-Rivière ,
229; a Amfreville-la-Mi-Voie, 213;
& Cailly , 196 ; à Saint- André-sur-
Cailly, 198-2(M»; au Trait, 168; à
- Jumiéges, 169; à Rouen, 126-28;
à Eu, 323; à Gonfreville-rOrcher,
346; — franques : à Imbleville, 279;
àGaillefontaine, 572;— normandes:
à Rouen, 134.
CSailly (monnaies gauloises, monnaies
romaines en or et en bronxe, collier
en or. balance romaine en bronze ,
incinérations gallo-romaines, Capi-
toie et voies, station antique, trions
mérovingiens, doyenné, saint Leu-
froy), 194-197.
Galétes, 9-12, 28-27, 396; ^ leur capi-
tale, 396-^00.
Galida, Galeium, 396, 477.
<2ampB anciens, 22, 24 (de la Bouteil-
ierie), à Vamevilie, 376 ; à Bailly,
31 1 ; i Douvrend, 307 ; à Inohevilie,
330 ; à Braquemont, 2;»7-63; à Va-
rengeville->sur-Mer. 24i ; & Fécamp,
363-69 ; à Sandouville, 397 ; à Saint-
Nicolas-de-la-Taille, 4i9; à Grand-
camp, 419; (d'Azélonde), à Crique-
to(4 Esneval , 348-49 ; à Louvetot ,
487 ; & Viltequier, 488 ; à Rouelles,
béffi; & Vatierville, 511; à Saint-
fiaëns, 521 ; à 8ainte-Geneviéve-en-
3ray. 52f^ ; à Nesle-Normandeuse ,
558 ; a Forges-les-Eaux, 566 ; à Mau-
quenchy. 569 ; à Gaillefontaine ,
572; à Beaubec-la-Rosiére, ,S76; à
Brémontier-Merval , 585; à Neuf-
marché, 587 ; à Gouy, 211 ; à Blos-
•eville-Bon-Secours , 214; à Saint-
Aubin-Celloville . 2i4; au Mont-
Cauvaire, 191; a Saint-Ouen-du-
Breuil, 177; à Varengeville-sur-
fleine, 165; à Jumiéges, 169; à
Yville, i75;àYaIliquerville, 423; à
Touffreville-la-Corbeline , 424; à
Veulettes, 458 ; à Val mont, 460 ; à
Caudebec-en-Caux, 477-79; à Mau-
lévrier, 480; à Ueugleville-sur-Scie,
«67.
Camps de César : à Braquemont, 237-
262 ; & Fécamp. 364 ; à Sandouville,
387 ; à Boudeville, 419.
Gnnp-Dolent (indice d'antiquités), 45,
Canada (Camp du). 364.
Cany (monnaie gauloise, tunmhiSj sta-
tion romaine , voies ; antiquités :
vaste nécropole romainoi incinéra*
lions trouvées en 1780 et 1790;
fouilles de 1849 : cercueils d'en-
fants), 448-452.
Capitole , à Caiil^ et en Gaule, 107.
Carausius, 117.
Carrières anclennea, 277, 8.^9, 379.
Carrières sépulcrales, 375-76.
Casque romain en bronze, 262.
Castra Constantia, 25. 127, 387.
C&teliers, C&telets, Chàtelets, Càtel,
125, 163, 192, 201, 261,209, 270, 292,
322, 328, 346, 349, 418, 419, 417, 423,
439, 453, 458, 460, 474, 488, 490, 521,
150, 5 »6, 559.
Caudebec-en-Caux (ancien Caletum?
le CcUidu ; monnaies et haches gau-
loises; l'ancien Lotum des Romains
et Lutum ces Francs; chaussées an-
tiques, incinérations romaines, mon-
naies impériales, débris nombreux;
CaHdumBeccum desCiarlovingiens),
477-479.
Caudebeo-lès-Elbeuf (rancien Ugaate;
monnaies, haches gauloises, débris
romains sans nombre ; découvertes
qui durent depuis cent ans : meules,
monnaies, statuettes, poteries, ins-
criptions , puits , seau en cuivre ,
noms de potiers, dépôts monétaires;
fouilles de 1864 : découverte d'un
temple ou laraire , cimetières gau-
lois, romains et francs, tombeaux
en pierre , fibules d'or ; fouilles de
1 855 et de 1 864 : marmite en bronze),
218-277.
Caux (Pays de% 32-33.
Cercles en bronze découné, 378.
Cercueils en pierre : & oept-Meules,
328; à Etalondes, 32 j ; à Saint-
Aubin-Routot, 386 ; à Dieppe, 237-38;
àDaubeuf-Serville, 592; a Pourville,
240-241 ; à Hautot^sur-Mer , 240; à
Saint-Marguerite-sur-Mer , 243; à
Lamberville, 281 ; & Douvrend, 305-
307; & Biville-sur-Mer, 314; à Grà-
vîUe- Saint -Honorine, 337-340; à
Harfleur, 342-3*6; h Pierrefiques,
353-54; au Tilleul, 835; à Bordeaux,
357 ; & Etretat, 361-62; à Fécamp,
368; à Auberville- la -Campagne,
419-20; à Vaucotte, 370; à Yport,
371 ; à Maniquerville, 372 ; à Cretot,
375; àSaint-Aubin-Routot, 380; à
Sandouville, 388 ; à Liliebonne, 4 14 ;
à Bliquetuit, 488-89; à Vatteville,
490; à Gravai, 520; à Saint-Saëns,
521; à Sainte-Geneviève, 52 1 ; a
Fresles, 543; à Aubermesnil-les-
Erables, 553 ; & Hodeng-au-Bosc ,
557; à Fleuzy, 560; à Haudricourt,
565; h Saint-Martin-au-Bosc. 564;
à Yillers-sur-Aumale , 505 ; a Ser-
reux , 574 ; à Molagnies , 582 ; à
Gancourt-Saint-Etienne, 582; à
Avesnes, 586; à Saint- Valery-en-
Caux, 438 ; à Colleville, 461 ; à Tier-
geville,468; àSaint-Pierre-en Port,
469; à Elétot. 470; à Caudebec-lès-
Blbeuf, 225; a Tourville-la-Rivière,
234; à Amfreville la-Mi- Voie, 2i3 ;
à Saint- Aubin-Epinay, 215; à Mor-
gny, 205; à Clères, 189; à Gouville,
189; aux AuthieuX'Ratiéville , 190;
à Anceaumeville, 191 ; à Monville,
192-93; à Saint-André-sur-Cailly ,
196-97 ; à Déville, 2o9; à Isneauville,
185; à Houppeville, 186; à PavUly,
176-77; à Rouen, ii9-t25;&Limé6y,
178-180; à Hénouville, l65-5a9; è
Villers-Chambellan, 1 67 ; à Mauny,
17d-76; & Grand-Couronne , 151 : à
Oissel, 155-59; à Saint-Etienne-du-
Rouvray, 159; à Sottevilie-lôs-
Rouen, 16O-CI ; à Jumiéges, 171-74;
à Ouvillela-Rivière, 24M6; à Mar-
tin-Eglise, 352.
Cercueil de Robert Champart, 173,
Cercueils en tuiles romaines, 449, 459.
Cercueils en piomb, 11 7* 121, 160-41 ,
207, 229, 449, 389.
Cercueils en bois, 118, 112 , 160-61 ,
238-230. „
Cercueils de pierre : de sainte Hono-
rine, 337; de sainte Austreberte,
176.
Cercueils de marbre. 110-124.
Cercueil de marbre de saint Romain,
124.
Cercueils en plâtre, 156, 159, 238, 144,
276, 278, 328, 434, 3H«-590.
Chaînettes franques. 190,212,199,533.
Champ excommunie, 331.
Champart (Robertj,ai)bé de Jumiégos,
173.
Chandeliers en bronse, 207, 195,311,
361, 363, 515.
Chapelles anciennes : aux Baons-le«
Comte , 416 ; de Goville , à Saint-
Wandrille, 486; de Saint-Valery» à
Etretat, :i6{-6:i; de Saint-Martin^ à
Bolbec, 391-92: de Saini*Satnmiii,
à Saint-Wandrllle, 483-84; de CmI-
louville, & Saint-Wandrtlle , 4843
du Torp, dans Bretonne, 491-91; de
Saint-Léger, à Saint-Valery, 43»;
de Notre-Dame-du-Val. à Veulea,
441 ; de Saint-Auct, à filbeuf, 117-
218*
Chapiteaux fVancs, 195, 241, 445.
Chapiteaux romains , 333, 510.
Charlemagne, à Rouen, 1 46-47.
Charles-le-Chauve, 131-147.
Châteaux anciens: à Pommerval, 171 ;
fde Crétin), à Gràville , 337; (de la
Butte-aux-âarrasins), à Leure, 338;
(d'Orcher), à Gonfreville, 3i6; (de
Grémont), à Saint- Jouin, 351; à
Beaurepaire, 3^8 ; t Fécamp, 365-99;
(des Hogues), à Saint-Léonard, 370;
à Criquebeuf , 37 1 ; (de Thiboutot),
à Maniquerville, 872 ; à Bretteville-
la-Chauss<''e , 380; (du Catiau-Ro-
bert), à Sa lut-Romain, 38 > ; de Taii-
carville, 3S9 ; (de Fontoine-Martel),
à Bolbec, 39 1 ; (d'Hallebosc), à Biel-
leville. 39.1 ; (de la Pommeraye) , i
Saint- Amould , 488; à VatteviUa,
490 ; à Neufchàtel, 500 ; à Mortemer,
513: àSainl-Saëns. 521-22 ; à Monté-
rollier, 525 ; au Neufbosc , 515 ; à
Grandcourt,538; à Ecotigny, 639;
à Bosc-Geffrov, 340 ; à Bures, S<3;
à Gaillefontaine, 571; à Brémon-
tier-Merval. 587; au Neufmarcliô,
385; à Wardes. 588 ; à la Ferté^^m-
Bray, 576; à Blangy, 445; à SalaU
Rlquier-en-Rivière, 548; à Auoor-
mesnil-Ies-Erables, 553; & Pierre-
court, 5 8; à Aumale, 559;'Hubauld},
au Vieux-Rouen, 56 1 ; (de Matepa-
tenam), au Vieux-Rouen, 561 -ai ; à
Neuville-Gouvion, 564; àBeausaoIt,
573; du Mont-Grippon, 577 ; à Gour-
nay-en-Bray , 680 ; à Etoutteville-
8ur-Mer, 427; (de Calletot), à Saint-
Laurenl-en-Gaux, 430 ; à Houdetot,
43fi; à Néville. 439; à Anvéville ,
444; àCanouville,455; àGrainville-
la-Teinturière, 453; Cde Gruville>, à
Tiergeville, 46« ; (de Caniel), à Cany.
448; à Ouainville, 454 ; à Valmont
♦«0; à Manié vrier, 480; (Fouet) , à
Orival, 228 ; (de Thuringe), à Bon-
Secours, 214 ; (du Roule), à Darné-
tal, 207 ; à Saint-Denis-le-Thiboul,
tO§; à Pontaine-Ie-Bourg , 189 : à
Cailly, 196; à Limésy, I79; à Du-
olair, 162; à Villere-Chambellan,
168: au Trait, 167; (de Robert-Ie-
Diable), à Moulineaux, 151-54; à
Otssel, 157-58; à Envermeu, 292; à
Longueville, 264 ; à Hautotsur-Mer
240; à Ancourt. 253; à Dénestan-
viHe, 266; 'du Mont*Pinson), à Heu-
gleville-sur-Scie, 2rt7; (de Charles^
Mesnil), à Manéhonville, 268; h Auf-
fey, 278 ; à Beaunay, 278 ; à Griel .
326; à Cuverville-sur-Yère , 327; à
Villy. 329 ; à Tocqueville-sur-Criel,
M7 r a Eu. 319-22; à Arques, 249; i
Bemeval-le-Grand, 255.
Château des ducs de Normandie, à
Fécanip, 267-369.
Chaussée, Gauchie, Chaussée Brune-
haut, de Jules César, etc., 39, 42 ,
43,49,50,55,60,61,66,71,75,76;
Ghef-de-Caux (le). 335-336.
Chefs desCalètes, il.
Cfcemins Arouois, 261.
Chemin des Fées, voyez Fées,
^emins du Roi, 39, 46,47, 433, 455.
iinônes séculaires: à Allouville, 424-
dans Bretonne, 496. '
Ghildemarque , abbesse de Fécamp ,
357, 366.
Christianisme à Rouen et dans le dio-
cèse : ses commencements, 134-136-
son développement sous saint Vic-
tnce, 136-142; son triomphe au
vil* siècle, H2-I50.
Chronicvn Fontanellense, 483.
Cimetières gaulois : à Saint- Wan-
dnlle, 482; à Bouelles, 508-609; à
8ainte-Beuve-en-Rlvière, 614 là- à
Moulineaux, 151-64; à Rouen. 116;
aSaint-Remy-en-Rivière, 547; aux
Bssarts-Varimpré , 652-56: à Cau-
debec-lès-Blbeuf , 234, 690.
Cimetières romains: à Dieppe, 236-37;
à Neuville-le-Pollet, 238; à Sainte-
Maiiguerite-sur-Mer. 244 ; à Luneray,
289-0O; à Equiqueville, 3o9; à Eu
320-24; à Incheville, 33o; au Havre'
334-335; à Graville, 33.-338; à Cau-
Tille, 347; au Fontenay, 547; à An-
gleequeville-rEsneval, 349; àSaint-
Jpuin, 360; au Tilleul, 364-55; à
Bordeaux. 366-67; à Etretat, 3:8-62;
àFécamp. 364-66 ; à Saint-Léonard
^<>? *"^ ^^s, 373; à Grainville-
1 Alouette , 380; à Bréauté . 382 ; à
Manneville-la-Goupil , 382; à La
Cerlangiie. 387 ; à tancarville, 389;
àBolbec 390;àTrouville.en.fcaux
3a3-9j; à Llllebonne, 402-414; à
Salnt-NicoIas-de-la Haye, 487 ; dans
— 605 ~
Brotonne, 494; à Neuville-sur-
Eaulne, 542; à Osmoy, 544; à
Blangy, 545; à Beaubec-la-Rosière,
675;li Sigy 578; à Yerville, 425 |
à Doudeville, 429; à Héberville ,
435; à Veules, 44i0-44; à Canv, 448-
462; à Gontremoulins, 466; a Tié-
tr^ville, 466; à Tiergeville, 467 ; è
Sainte-Hélène-Bondeville, 462-66;
à Fauville, 47 1 ; à Vébleron, 476; à
Caudebec-en-Caux, 478-79; à El-
beuf, 217-218; à Tourville-la-Ri-
vière, 228-234; à Saint- Denis -le-
Thibout, 208-2O9 ; à Monville, 1 92-93;
à Eslettes, 193-94; à Cailly, 196-96;
à Barentin, 180-184; à Rouen, 117-
123; à Muchedent, 2ii8 ; à Darnétal,
206, 689; à Hénouville. 689;
Cimetières francs : à Dieppe . 238-39 ;
à Hautot-sur-Mer, 240; a Pourville,
240-41; à Martin-Eglise, 262; à
Sa in te -Marguerite -sur -Mer, 244;
au Bois-Robert, 265; à Bellen-
combre, 269-70; a Orival-sous-Bel-
lencombre, 278; à Lamberville,
282; à Envermeu, 29i-3o6; à Dou-
vrend, 306, 591; a Biville-sur-Mer,
314 ; à Eu, 322-24; à Criel, 326; à
Sept-Meules, 828; à Gouseauville ,
332; au Tréport, 325; à Etalondes,
326; â Villainville, 349; à Etretat,
362 63 ; à Yport , 37! ; a Vaucotte,
380 ; k Baigneville, 377; à Saint-Au-
bin-Routot. 380-87; à Blangy,546; à
Saint Riquier-en-Riviére; 648; à
Foucannont, 550; à Hodeng-au-
Bosc, 567; à Saint-Martin-au-Bosc,
564; à Fleuzy-lès-Aumale , 560 ; à
Saint-Germam-sur-BresIe , 662 ; à
Haudricourt, 666; à Villers-sur-
Aumalo, 665; à Beausault, 573; à
Serqueux, 574 ; à Sigy, 678 ; à Dam-
pierre, 583; à Bezancourt, 686; à
Avesnes, 686; à Saint- Valery-en-
Caux, 438-39 ; à Veules, 440-444 ; à
Héricourt, 446; à Golleville, 460; à
Tiergeville, 467; àEiétot, 469; à
Saint-Pierre-en-Port, 469; àElbeuf,
217-218; à Caudebec-lès-Elbeuf,
224-27; â Orival-sur-Seine , 227; à
Quévreviile-la-Poterie, 2 1 ; à Am-
freville-la-Mi-Voie , 213; à Saint-
Aubin-Epinay, 214;^ à la Neuville-
Champ-d'Oissel , 216-I6 ; à Morgny,
206 ; à Gouville, i89; aux Authieux-
Ratiéville, I90; à Anceaumeville ,
191 ; au Mont-Ciauvaire, i9l ; à Mon-
ville, 192; à Eslettes, 193; à Saint-
André-sur-Cailly, lo2; à Duclair,
162; àCanteleu, 184; à Isneauville,
200; à Pavilly, 170; à Limésy, i7h;
à Barentin, 184; à Mauny, 176; au
Grand -CJouronne, I6I ; a Saint-
Etienne-du-Rouvray, 158; à Sotte-
ville-lès-Rouen^ 161; à Rosay, 272;
à BailIy-en-Rivière , 311; aux Pe-
tites-Dalles, 456 ; à Rouen, 1V3-24:
à Ouville-la-Rivière, 246; k Saint-
Aubin -sur-Mer, 432; à Bliquetuit,
488; à Vatteville. 490; à Neufchàtel,
498-600 ; à Saint-Vincent-deNogent,
501 ; à Mesnières. 502; à Neuville-
Ferrières, 506; a Gravai, 5lo; à
Lucy, 511; à Montérollier, 523; à
8ainte-Geneviève-en-Bray. 626; à
Sommery, 526; à Londinières, ^27-
34 ; à Profondeval, 535-37; à Grand-
court. 638; ô Clais, 540; à Baillolet.
"541; à Neuville, 542; à Hénouville,
589-90; au Petit-Appeville , 590; à
Daubeuf-Serville, 99i.
Cimetières anciens indéterminés
t)Of/0z Squelettes.
Cippe tumulaire de Cassiola, 1 15.
Cm de Rouen (la), 91-113.
Cité, nom commun dans les anciennes
villes romaines, 9i.
Cités (Lieux dits) : Galet ou Calète ,
9; de Dreulles, 273; de Beauville ,
431 ; de Forteville, 277; de Limes,
267-243; à Veules, 440; à Eu, 318; à
Criel , 326.
Cités romaines de la deuxième Lyon-
naise, 24-31.
Clés romaines en bronze, 194, 518. '
Clotilde (sainte) fonde une aj>bayd à
Rouen, 14 1.
Collégiales: à Montiviliers, 341; à
Bordeaux, 366; à Auchy, 66I ; à la
Ferté-en-Bray, 676; k Sigy, 578; à
Brémontier-Merval , 586; a Sainte-
Foy, 267.
Collier d'or, 195.
Colonnes de marbre antique & Du-
clair. 142.
Commerce de Rouen, 144-151.
Conciles: d'Oissel, 157-68; de Fécamp,
268-69 ; de Pitres, 148 ; de Rouen ,
140-15<»; de Neufmarchô, 587.
Coudé (Saint), 479.
Conquets Hue de Goumay, 582, 583.
Consul, titre donné aux ducs de Nor-
mandie, 368-69.
Corps merveilleux, 350, 351.
Coupes de verre: coloriées, 391 ; or-
nées de figures. 394-95.
Couplets en fer, 122, 234.
Couteau romain conservé, 403.
Couteaux en silex, 499, 5?8.
Croix de Saint-André sur des cercueils
en plomb, 1 18, 229.
Crypte à Héricourt, 446-447.
Crypte de Saint-Gervais , à Rouen .
137-140.
Cryptes sépulcrales, 137-38, 375-376.
Cure-oreilles et cure-dents , 225, 3©o,
499.
Cuve (la), chône, 496.
Dadon, voyez Ouen.
Damasquinures, 245, 591, 294, 499,
53 1 .
Danois à Rouen, 146-149.
Débris romains: à Arques, 248-51 ;
àElran, 261 ; à Bouteilles. 2i2; à
Martin-Eglise , 252 ; à Graincourt,
264; à Grèges, 2.54; au Càtelier-
Pelletot. 26»; à Muchedent, 268; &
Varneville-lès-Grès, 276; à SaîAt-
Victor-r Abbaye, 277; àimbleville,
279; à Thiédeville, 2«0; à Brachy,
286 ; au Gourel , 288 ; sur TAlier-
mont, 308; à Equiqueville, 309; à
Sauchay, 3i3; à Baillv-en-Riviôre ,
311 ; à Biville-sur-Mer, 314 ; à Saint-
Martin-en-(^m pagne . 315; à Bu,
318-24; au Tréport, 326; à Cuver-
ville-s^-Yère.327;à Sainte-Adresse.
336-36; k Gràville, 337; à Criquetot*
77
TEsDeval , 348; au Fonteoay, H7 ;
à Fongueu-semare , 3)9; à Ecu-
quetot, a.>0; à Bruneval, 3&i ; &
Fécamp, 364; à Yport, 37 1 ; aux
Loges, 37 j; à Beaucamp, 387;
à Guillerville. 392; à Bolleville ,
392; à Guerbaville. 488; à Blîque-
tuit, 488; à Vatteville , 489; dans
Brotonne, 4'.ii-97; à Neufch&-
tel. 498 ; à Saint-Vincent-de-Nogent,
ôOl ; àSaiot-Martin-rOrtier, 501 ; à
guiévrecourl, àU2 ; à Bully, &02 ; à
sclaveiles, 504; à Massy, âOà; à
Brémonlier, 505; àAuvilUers, 5u7 ;
à Saint-Germain-sur-Ëaulne, 5fO;
à Ménouval, ôio; à Fftsques, 511 ;
à Lucy» 511 ; à Saint-Saens, 518; à
Sainte-Geneviève, 526 ; à Sommery,
627; à Londinières, 526 ; à Boissay,
534; à Smermesnil, 535; à Parfon-
deval, 538; à Grandcourt, 538; à
Preuseville, 539; à BoscGelTroy,
540; à Fréauville. 640; à Clais, 54o;
À Baiilolet, 64i ; à Bailleul, 542 ; à
Neuville-sur Eauine, 542 ; à Sainte-
Agathe, '>4:i ; à Burei<, 543 ; à Blangy,
545: à Dancourt, 5i7 ; à Rieux, 546;
à Saint-Remy-en-Rivière , 547; à
Foucarmont, 549; à Rétonval, &jO;
à Saint- Léger -aux -Bois, 556; à
Monchy-le-Preux, 5'>7; à Guimcr-
ville, 558; à Nesle-Normandeuse ,
558; à Richemont 556 ; à Rêalcamp,
557 ; à Aumale . 568 ; à Aubégui-
mont, 5r>3 ; au Vieux-Rouen, 562 ; à
Ulois, 661; à Conteville» 564; à
Forges-les-Eaux , 666; à Ronche-
roUes-en-Bray. 567; à Griquiers,
564; à Neuville-Gouvion , 585; à
Trefferost, 6i5; à Beaubec-la- Ro-
sière, 575; à Sigy, 578; à Dam-
êierre , 583 ; à Bezancourt , 585 ; à
toshyon, 586; à Neufmarché, 587 ;
Trouffreville-la-Corbeline, 424 : à
Bourdainville, 426; à Doudeville,
429 ; à Saint-Laurent-en-Gaux, 43C ;
à Hautot- Saint -Sulpice, 430; a
Beauviile-la'Gité, 430; à Bloeseville-
ès-Plains,440; à Ourville. 442; à Hau-
tot-l'Auvray, 443; à Saint- Vaast-
Dieppedalle, 443 ; à H(^ricourt, 445 ;
à Cany, 448; à Bosville, 4.>4; à
Theuville-aux-Malades, 4»7 ; à Vitle-
fleur, 457 ; à Crosville, 4;»7 ; à Colle-
ville, 460; à Tiergeville, 407; à
Elétot, 41.9; à Ecretteville-sur-Mer,
470; à Fauville, 47i ; à Envronville,
473 ; à Sainte-Gertrude , 482 ; à
Bellencombre, 269; à Orival, 27 1 ;
àCottévrard, 273; à Blosseville-
Bon-Secours, 214; à Monville, I92;
au Bosguerard, 194; à Canteleu,
184 ; à Pissy-Poville, 188; à Limôsy,
178; àUénouville, 165, 580; à An-
neville-sur-Seine, 175; à Sotteville-
lôs-Rouen, itio; à Saint-Jean -de-
Folleville, 4i7; à Saint-Pierre-en-
Port, 449; à Saint- Wandrille-Ran-
çon, 482;àFontaine-le-Bourg, 189;
Villers-Ecalles , nSO ; à Belmesnil ,
590; à Grosville-sur-Scie , 590; à
Lanquetot, 592 ; à Criquiers, 592.
Denis (Saint) de Paris : son apostolat,
29, 135, 141 ; sa présence à Rouen,
141 ; son chef, 33ti; sa fontaine, 443.
Dieppe : origine et nom de cette ville,
235; cimetières romains fouillés à
Dieppe , 236: station romaine de
Bonne-Nouvelle,2.'i7; cimetière franc
d'Epinav, 238-39; fouilles et inciné-
rations de Neuvilie-le-Pollet, 235-38.
Divisions TERRITORIALES : époque gau-
loise, 9-24 ; époque romaines, 24-31 ;
époque franque, 31-34.
Doigt-de-Gargantua, 241;
Dolent (Camp et Mont), 45, 346, 478.
Dolium romains, 180-H4, 202, 208, 2i7,
332-3.1, 337, 347, 374. 387, 403-410,
420, 486, 583.
Doudeville (haches de bronze et de
sileXj monnaies gauloises, mottes et
débris antiques dans les hameaux ,
urnes romaines dans le bourg) ,
429-430.
Dov ennés : à Ry, 2 10 ; à Gailly, 137; à
Pavilly, 177; à SaintrGeorges, 164 ;
I à Longueville, 264 ; à Bacqueville,
280; à Brachy, 286; à Eu, 318-24 ;
à Saint-Romain-de-Golbosc, 384 ; à
Neufchàtel-en-'Bray, 493; à Bures,
543 ; à Foucarmont, 550 ; à Ganville ,
431; à Valmont, 460; à Fauville,
471; à Envermeu, 29 >.
Duclair : haches gauloises en pierre ,
antiquités romaines , colonnes de
marbre antiques, chapiteaux méro-
vingiens , ancienne abbaye, ancien
château, cimetière franc, 163-163.
Dudon de baint^uentin, 434.
Edifices romains : à Limes, 258-62 ; à
Canteleu, 184-8.»; à Rouen, 90-105;
à Arques, 248-2 j1 ; à Gaudebec-lès-
Elbeuf, 222.
Edouard-le-Gonfessur (Saint), 160.
Eglise étrange, 3.i3.
Eglises bdties avec des débris an-
tiques, 361.
Eglises carlovingiennes, 171, 327, 414,
.'>(M,570, 574
Eglises transférées, ^41, 244, 3.io, 362,
372, 378. 381, 387, 428, 440, 442, 487,
526, .S 66, ^8<«J .'189.
Elbeuf (monnaies gauloises^ faubourg
d'Uffgate , voies et sépultures anti-
?|ues, monnaies romaines, cimetière
ranc , chapelle de Saint-Auct , pé-
riode normande), 216-218.
Email (Fibules en). 391, 404.
Emendreville (Faubourg d*), 160.
Enceinte carrée des vil^s romaines ,
110-111.
Enceinte militaire de Rouen, 104-1 13.
Enervés (Tombeau des), 172.
Envermeu : débris et monnaies des
temps ^allo-romains , nom franc ,
doyenne, fief et ch&teau. cimetière
mérovingien de la Tombe , fouilles
nombreuses et riches, admirable
série d'objets francs reproduitts par
la gravure, 29 1 -305.
Epées gauloises en bronze, 13-14;
à Heiirteauville, i74 ; à Oissel. 155 ;
à la Bouille, i ^4 ; à Rouen, 90.
Epées ployées, gauloises, 13, 482, 508,
193, I61-5i.
' Epée normande, 48ii.
Eperon en fer, 297 ; en bronze, 466.
Epînay (ancienne ville ou station ro-
maine, monnaies ffanleises, omb*
naies romaines, touilles, raomi'*
ments de toute sorte, constrûi^lioBS,
vases, ferruree, statuettes de SilàDa
et de Mercure), 5i4-5i«.
Epines (indice d'antiquités), 433.
Epines serrant de limites, 274.
Ermitages, 374.
Etangs du pays de Bray, 68S.
Ethelred II, roi anglo-saxon, tm,
Etretat (le nom , les fouilles, la -villa
romaine, le baptistère, ragit«d80,:le
cimetière romain, le cimetière ffsac,
la chapelle de Saint-Valery, les tra-
ditions, les ustensiles antiques),
3o8-363.
Eu : son histoire, ses monuments, ton
nom romain , firmnc et nonnaiMl :
évangélisé par saint Valéry, possédé
par saint Saire; château franc,
centre d'un po^ii; — débris ffaulois
et romains, anciennes sépultores,
découver tes , foui 1 les du Bois-l'AMié;
— dans la forôt d'Eu; — séçutatres
romaines et franques; — bibliogn-
phie, 318-324.
Evéchés de la deuxième Lyonnaise ou
Normandie, 29*1 1.
Evêché de Lillebonne,31, 414.
Evôché de Rouen, 30, 311, 134-44.
Evoques et Archevêques de Rouen,
134-151.
Evéques régionaires,4l4.
Evode (Saint), évèq^e de Rouen , I4l
Fabriques de hachettes, I6,26i2, 518,
655.
Faubourgs romains de Rouen, 97-
106.
Fauville (chaussée antique, monnaies
romaines , incinérations , anciens
puits, motte et doyenné, 47 1-471.
Fécamp (le nom, sources et traditions
mystérieuses, le camp de César «u
du Canada, les débris antiques eties
cimetières romains, les fouilles, le
Précieux-Sang , la forôt , Tabbaye
construite au vu* siècle, relevée «ar
les ducs ; l'inscription du prince Ro-
bert (x* siècle ', les comtes de Csiix,
les ducs de Normandie, 3e3-a69.
Fées ^Chemins, Danses, Apparitions
et Arbre des), 70, 72, 262, «a,
285 , 291 , 434 , 489 , 660 , 572 ,
168.
Ferrières et Forges: à Bellencombre,
264; au Bosc-le*Hard , 273; à
Monlreuil, 276; à Saint-Maclou, 177 ;
à Saint-Saëns, 516-21; àForges-les-
EûUX, 566-67.
Ferronnerie romaine, 113, 517.
Fers de chevaux, 476, 619-20.
Feux des Saints, 172, 263, 184, 4lO,
440, 488, 516, 539. 672, 689.
Fibules romaines en bronze, 39l,39i,
417, 227,636.
Fibules flranques en or. 67S.
Filleul (Saint), évoque de Rouen, «0;
(Fontaine de), 140.
Firmln (Saint , 29, 444.
Flavius ou Filleul (Saint), évèone-de
Rouen, l4o; (Fontaine a€(}f t40.
Flèches de pierre, 618.
609
MMiM «te fer, 197, ft91.
Flèches de bronze. à36.
Fieitr (Noms terminés en), 345.
Fontaines bouchées, 438, 430.
Fontaines sacrées, «91 ; à Gharles-
Ketail, 968; à Torcy, %m\ à Saint-
Hellier, 27u; à Biennais, 276; à
Bellengrerille, Stl; à Ponts, 3'>4;
àHenoanville, 284; à RollevilU;
349; il Fécamp. 364.; à Triquer-
irUle. 420; À Gaillouviile, 4»4; dans
Bretonne, 431 ; à Quiévrecouru ô02 ;
À Baint-Saire, &(K> ; à Saint-Saôns,
^MO; à Poucarmont, 549: à la Ferté-
Saint-Samsou, 57o : au Fossé, 672 ;
àTreiTorest. 57ô; à Rouen, 140; à
Héricoort, 44à ; à ëommeenil, 444;
au Hanouard. 4 «3; à Néville, 439;
à 8ainte*Au8treberte, 177; à Dé-
ville. iHâ.
Forêt de Bretonne (monuments celti-
ques, fosses, pierres, fontaines et
fiaohes gauloises, nombreux débris
romains, villas romaines du Lendin
et de la Petite-Houssaye, fouilles de
Bretonne ou du Lendin,mosaique à
Ttmage d'Orphée et des guatre sai-
sons, incinérations romaines, mar-
ques de potiers et de verriers, an-
cien naiais d'Arélaune , séjour des
Tois francs, le nom de I^rotonne
substitué à celui d'Arélaune, chêne
curieux), 491*497.
Pm^èlde Fécamp, 167, 353-365.
Forêt d'Arélaune ou de Bretonne ,
491-497.
Forôt d'Eu, 551.
Forôt des Hogues, 366-67.
Forges-les-Eaux (enceinte antique,
mines de fer et forges, scories,
tuiles à rebords, nombreux débris
romains au donjon, monnaies impé-
riales et scories de fer), â6i-ô67.
Fortelle ou Forlerelle, nom commun à
des lieux antiques, 1 80-81.
Fosses de j)oudingue, 20,37o, 519,
Fosse ovoïde, f»02.
Fossesdites gauloises, 19, 20, 288, 451.
Fosses ferrières, 20, 37o, 372, 519.
Fosse de Grâville, 337.
Fosse-de-Leure. 3J8.
Fossés limitrophes, 173, 210,358, 510,
563
Fossés de Saint- Philbert, 168-175.
Fossé du Roi, ôlO, 563, 564.
Foucard iGéant\ 55i.
Foucarroont ^hoches de pierre et pote-
ries gauloises, nombreux débris ro-
mains, monnaies et poteries anti-
gues, doyenné, sépultures franques,
fontaine et camp de Théodore, tra
dition du géant Foucard, le roman
de Sypéris de Vinevaulx, l'abbaye
des comtes d'Eu, 549-5511.
Foudre (Pierres de), 15-16.
Fouilles: à Dieppe, 23j-38; à Neu-
ville-le-Pollet, 2.18-39; à Pourville,
240; au Petit-Appeville , 591; à
Sainte-Marguerite-sur-Mer, 244 ; à
Grèges, 2ô4; à Belleville-sur-Mer,
245 ; à la Cité de Limes. 207-262 ; à
Braquemont , 263; A Arques , 248-
51 ; a Lamberville, 281 ; a Luneray,
289; à Bnvermeu, 291-30»; à Dou-
vrend , 805-307 ; 59, 92 ; à Biville-
sur-Mer, 3i4; à 6aint-Martin-en-
Campagne, 815-18; à Bo, 320-21 ; au
Bois-l'Abbé, 321-23; au Tréport ,
325; à Ëtalondes, 325; à Incheville,
3.u>; à Harfleur. 342-46; au Fonte-
nay, 847 ; au Tilleul, 354; à Bor-
deaux, 345 ; à Etretat, 358-63 ; dans
Bretonne, 491-96; à Saint- Wan-
drille, 487.; à Neufchàtel, 498-500;
à Mesnières, 502 ; à Vatierville ,
510 ; à Fesques, 511 ; à Lucy, 511 ;
à 8ainte-Beuve-en-rivière, .M4 ; à
à Epinay , M4-18; à Montérollier,
523; à Sommery, 526 ; à Londi-
niôres, 527-34; à Parfondeval, 535-
37 ; aux Essarts-Varimprô, 5. 2 5>3;
à Fleuzy, .i60 ; à Neuville-Gouvion,
564; à Beaubec-la-Rosière. 575-77;
à Sigy, 578 ; à Fécamp, 3d3-69 ; aux
Loges, 373 ; à GrainvQle-l' Alouette,
380-81 ;à Bréaulé, 382 ; Manneville-
la-Goupil, 382 ; à Lillebonne, 396-
416; à Héberville, 435; à Cany,
448-52 ; à Vittelleur, 457 ; à Tiétre-
ville, 466 ; à Maulévrier, 480-81 ; à
Caudebec-lès-Elbeuf, 218-227, 590;
à Tonrville-la-Rivière, 228-34 ; à
Quévreville-la-Poterie. 211; à Es-
léttes, 193-94; à Saint- André-sur-
Cailly, 198-292 ; à Canteleu, I8'i ; à
Pavilly, 176 ; à Limésy, 178 ; à Ba-
ron tin, 180-84.
Francon, archevêque de Rouen, t49.
Frédégonde à Rouen, 141.
Gante (Pierre), 389-90.
Garenne Chon indice archéologique),
444.
Gargantua, 146, 241, 389, (Chaire ou
Chaise de), 165-65.
Gargouille de Saint-Romain (La) ,
142
Géant Foucard (Le), 551.
Germain l'Ecossais (Saint), son mar-
tyre, 562.
Germer (Saint), sa naissance. 588.
Gervais (Saint-), de Rouen : la crypte
et l'église, 136-140 ; les tombeaux
et les chapiteaux. 13^-140.
Godard (Saint), évèque de Rouen, 140 ;
(Eglise et Crypte de), I40.
Gomoaud , archevêque de Rouen ,
147.
Gontard, archevêque de Rouen, 149.
Gosselin le vicomte, loi.
Gottelfes ou Tétines, 153, 230.
Grand-Val (Le), 356, 3..9, 360.
Gravinuni^ ville romaine, 452-454,
472.
Grade, patriarche grec, à Rouen,
147.
Grec (Le) en Gaule, 12.
Grimon, évoque de Rouen, 146.
Grotle Milon (La). 486.
Guilbaud (Saint), a Rouen, 145.
Guillaume Longue-Epée, 149.
Guitmar (Saint), abbé de Jumiéges,
son tombeau, 585.
Habitations celtiques, 19, 20, 257-59,
552.
Haches bipennes, 536,
Haches de pierre (Fabrique de), 10^
17,262, .'i28, 5i5.
Hachettes diluviennes, 16, 248, 501- .
Hachettes de bronze. iJ I4. 148, 150;
à In Hève, 33 >; à Montiviliiers, 341 ;
à Harfleur, 313; à Orcher, 346; &
Antifer, 355; dans Bretonne, 491-
î»3;à Aubermesnil-lès-Erables, .'i53;
à la Feuillie, 578; à Bezancourt,
585; à Doudeville, 42»*; au Ha-
nouard. 443 ; à Roules, 445 ; à GoUe-
ville. 4C0; à Caudebec-Iès-Elbeuf ,
218-27; à Roumare, i87 ; à Heur-
teauville , i74-7.>; au Val-dc-la-
Haye, i54; aux (Grandes- Ventes,
272; à Yport, 381 ; à Rouen, 8»;
aux Essarts-Varimpré, 552.
Hachettes de pierre, I4, I5, 16; à
Longueville, 204 ; à Bellencombre,
209; sur l'Aliermont, 3u8 ; à Saint-
Jacques-d AUermont. 30*) ; à la Cité
de Limes, 258-fiO; à Bellengreville,
311; à Auquemesnil, 3(2; à Eu,
320; au Tréport, 325; à Salnt-Mar-
tin-en-Campagne, 135; à Menthe-
ville. 379 ; a Saint-Wandrille, 482 ;
à Aulage, .■»02; à Bully, 502 ; à Neu-
ville-Ferrières, 50»; a Gravai, 5lO;
à Mortemer-sur-Eaulne , 513; û
Saint-Saëns, 518 ; à Sommerv',526;
à Londinières, 527-692 ; à Parfon-
deval, 535; à Wanchv, 5 57 ; à Fre«-
noy, 538 ; à Granacourt, ô38 ; à
Preuseville, 539; à Bosc-Geffroy,
54o; à Ctais, 5^0; k Baillolel, 54i ;
àNeuville-sur-Eaulne, 5'i2;àRieux,
546 ; à Fallencourt, 553 ; à Foucar-
mont, 519 ; à Villers , 55i ; aux Es-
sart«t-Varimpré, 552 ; à Aubermes-
nil-les-Erables, 553; à Richement,
à Nesle-Normandeuse, 558 ; à Bré-
montier-Merval, 58o; à Elbeuf-en-
Bray, 586; au Mont-Roty, 587 ; à
Cideville, 427; à Doudeville, 429;
àCrosville, 451; à Valmont, 459;
à Caudebec-en-Caux , 477-79; à
Saint- Aubin-Epinay, 214; à Clêres,
18s k Clavilte-Motteville, 189; à
Bondeville, 186; à Pavilly, 176; à
Limésy, 176 ; à Duclair, 162; à
Sainte-Margnerite-sur-Duclair, 168;
à Solteville lès-Rouen , 169 ; à
Rouen, 89.
Hameçons romains en bronze, 249,
2)4,2o3, 294.
Harald, roi de Danemark, 150.
Hardwin (Saint), d'Alvimare, 475.
Harfleur: ancien Caracotinum, ses
antiquités romaines ; son nom franc
et normand ; analogues à ce nom,
342-346.
Harold, roi de Danemark, 1 49.
Hartbaini Saint), 329.
Hercule (Statuettes d), 103, 2(9, 390,
402
Héricourt (son nom, ses antiquités
romaines, son cimetière franc, sa
crypte, lieu de la mort de saint
Mefton), 4i5-447.
Hériol, roi de Danemark, 150.
Hermentrude (Sainte). 482.
Hervé, archevêque de Reims, 149.
Hève (La), 335.
Hincmar, archevêque dç Reims, 148.
Hipposandales, 481, 519, 520.
Honorine (Sainte) , 29 ; son martyre,
m
— 608 —
418; son corps, 331 ; son tombeau,
337.
Hypocaustes romains : à Sainte-
Marguerite-sur-Mer, 244; au Châ-
teau-Gaillard de Bordeaux, 356; à
Lillebonne, 400-406 ; à Saint-André-
sur-Cailly, 200-201 ; à Rouen, 92-
165.
Idolâtrie à Rouen, 134-149.
Illiomarus, 26,
Incinérations gauloises : à Limes,
258-60 ;à Caudebec-lès-Elbeuf, 224,
590; aux Essarts-Varimpré, 5n2-j.i;
àSaint-Wandnlle,58i; àBouelles.
508-509; àSainte-Beuve-en-Rivière,
&14 ; à Saint-Biquier-en-Rivière ,
547 ; à Moulineaux , 151-54 ; à
Rouen, 89-90.
incinérations romaines : à Sainte-
Marguerite-sur-Mer, 244 ; à Bou-
teilles, 251; A Dieppe, 235; A Neu-
ville-le-Pollet, 238 ; à Braquemont,
262-63; à Luneray, 289-90; à Equi-
aueville, 300; à 8aint-Martin-cn-
Campajrae, 3i5 ; au Havre, 334-3.» ;
à Graville, 337 ; à Gauville, 347 ; au
Pontenay, 347 ; à Anglesqueville-
l'Esneval. 349; à Saint-Jouin, 3j0;
au Tilleul, 3^4 ; à Bordeaux, 355 ; à
Etretat, 360-62 ; à Fécamp, 303-64 ;
à Saint- Léonard , 370 ; aux Loges ,
373 ; à Grainville-rAlouette. 38o; à
Bréauté, 382; à Manneville -la-
Goupil, 382; à LaCerlançue, 387;
k Tancarville , 389 ; à Bolbec, 390 ;
à Trouville-en-Caux , 393 ; à Lille-
bonne, 396-415; à Saint- Jean-de-
Folleville, 417 ; à Caudebec-en-
Caux, 478; à Rouen, 486; à Saint-
Nicolas-de-la-Haye, 487 ; à Blique-
tuit, 4H8; dans Brotonne, 491-96; à
Saint-Saire, 506; à Mortemer, 5i3;
à Osmov, .'»44 ; à Beaubec-la-Rosière,
515 ; à Yerville, 425; à Doudeville,
429; à Canville-les-Deux-Eglises ,
431 ; à Saint- Aubin-sur-Mer, 432 ;
à Héberville , 485; à Saint- Valery-
en-Caux, 438; à Veples, 440; à An-
véville, 444; à Cany, 448-52; à
Contremoulins, 465; à Toussaint,
465; à Tiétreville, 466; à Fauville,
471; à Yébleron. 475; à Sainte-
Gertrude, 4.s2 ; à Sainte-Hélène-
Bondeville , 462-65 ; à Rouen, 1 16-
122; à Elbcuf, 7.16 ; à Tourville-la-
Rivière, 229; à Monville , 192; à
Pavilly, 176; à Barentin, 180-84; à
Saint-Martin-de-Boscherville ,163;
i Eu, 3'>. 1-323; à Hénouville, 589.
Inhumations romaines: à Rouen, 1 19-
122; à Tourville-la-Rivière, 2'?8-234;
il Darnélal , 589 ; à Osmoy, 544 ; au
Havre. 332; à Veulettes, 458 ; à In-
cheville , 3.U) ; h la Cité de I imes ,
258-62; à Villers-Ecalles, 589; à
Sig)', 578.
Inscriptions romaines : à Rouen. 113-
124 ; à Caudebec-lô.s-Elbeuf, 2 18-224 ;
à Eslettes, 193; à Saint-André-sur-
Caillv, 198-200; à Saint-Jouin, 350;
à Lillebonne, 398-408; à Trouville-
en-Caux, 395; à Saint-Hélène, 462-
63; à MontéroUier, 5^7.
Inscription romaine, fiiusse, 335.
Invasions normandes, 146-150, îbe-bf,
338-40.
Jean, archevêque de Rouen, 148.
Jumiéges (traditions et monuments
druidiques , Caslrum romain, mon-
naies impériales, nom franc de Ju-
miéges, abbaye fondée par saint
Phiibert, ses saints, son histoire ,
ses monnaies et son atelier moné-
taire, invasions normandes, tradi-
tions et légendes, le loup- vert, le
feu de Saint-Jean , les énervés et
leur tombeau, les rats de saint
Valentin, Tabbé Robert Champart,
son tombeau, ses manuscrits anglo-
saxons , le fossé de Saint- Philberl ,
les trous fumeux, la nef ensevelie ;
— antiquités de la HareUe de Heur-
teauvilie), 169-175.
Lacman ou Lancina, roi de Suède, 15C.
Lampes romaines en terre cuite, loi,
178. 410,
Lampes romaines en bronze, 246, 399.
Lances gauloises en fer, 158, 483.
Lance en fer. carrée, 536.
Langue grecque en Gaule, 12.
Laraire, 22 '-23.
Latone (Statuettes de), 184, 219, 262,
290, 381, 465.
Légendes, 171-74, 363,565, 672.
Léger (Saint) à Fécamp, 367, 439.
Léon (Saint) , archevêque de Rouen ,
148.
Lettres à Rouen au vu* siècle, i44.
Leufroi (Saint) : à Gailly, 197; à
Rouen, i45.
Lieue gauloise , 42.
Lillebonne (capitale des Calètes? mon-
naies des Calètes, monnaies gau-
loises en argent et en bronze, trou-
vées à Lillebonne ; le nom de Lille-
bonne aux temps romains, francs et
normands; identité de ce lieu avec
Juliobona , monuments romains ,
théâtre, bains, statues de bronze et
de marbre, date du théâtre donnée
par les monnaies, lingot de plomb à
marque impériale, ugurines trou-
vées a Lillebonne, sépultures de tout
fenre, monnaies romaines trouvées
Lillebonne. principales décou-
vertes faites dans cette ville, objets
de Lillebonne au Musée de Rouen ,
inscriptions, noms de verriers et de
potiers, évéchA de Lillebonne, an-
cienne église Saint-Denis, ses cha-
piteaux et ses sarcophages mérovin-
giens ; monnaies franques et nor-
mandes, marmites de bronze, bi-
bliographie ; villa fouillée en
I8n4, sépulture remarquable d'un
prêtre ou pontife, caveau de pierre,
urnes , coupes , aiguières , plateau
d'argent, éponge, etc.,) 396-416
Limites ( Epines servant de ) , 274 ;
(Fossés servant de), 173,210, 358,
510, 56.r
Lingots de plomb gallo-romains, 401.
Lingot de plomb À Lillebonne, 401.
Lô (Saint), évèque de Coutaoces, f 40,
149.
Logium, abbaye, 48.'».
Londinières ( hachettes et flèches
en silex, fabrique d'instruments de
pierre, poignard gaulois en bronxe,
débris romains , viUa des Fosses^
monnaies romaines en bronze et
en or^ nom franc, donation car-
lovingienne , prébende du cha-
pitre de Rouen, découverte d*im
cimetière mérovingien, ses diverses
fouilles, en 1847, l850, 1852 nt ISftj;
véritable musée franc , nombreux
objets reproduits), 527-534.
Lotum. ville romaine, 477-481.
Louis-le-Débonnaire à Rouen, 147.
Loup-Vert (Tradition du), 172.
Lyonnaise (Seconde), 23-25.
Magenard, archevêque de Rouen, I4ft.
Maison du Roi, 490.
Manuscrits anglo-saxons, 173.
Marbres antiques, 124, 162, 200, 244*
322, 515.
Mare du Roi, 490.
Mares vénérées, 22 ; à Biville-la-Bai-
fnarde, ?78 ; au Mesnil-Durdent,
40 ; à Saint- Amould, 488; à Croix-
dalle, .^43 ; à Déville, 185; aux Es-
sarts-Varimpré, &52;à Saint-Aigoan,
589.
Marmites en bronze : à Tourville-la-
Chapelle, 314 ; à Lillebonne , 415;
aux Loges, 374 ; àSaiot-Nicoias-de-
la-Taille, 419; à Vatteville, 470; à
Ancretteville-sur-Mer, 470; A Cau-
debec-lès-Klbeuf, 227; au Val-de-
la-Haie 154.
Marnière sépulcrale , 376-77.
Mars (Statuette de), 219.
Marteau en fer, 470-77.
Martin-Eglise (monnaies gauloises,
voie antique , débris romains, mon-
naies impériales , cimetière méro-
vingien, nom franc, donation carlo-
vingienne), 2.s2.
Martyre de saint Denis de Paris, 330.
Martyre de sainte Honorine, 337-410.
Masque romain en bronze, 40 >.
Maulévrier (monnaies gauloises, yilla
romaine, fouilles de M. Lesage^
pied romain, noms de potiers, verre
à vitres, nombreux débris antiques,
château normand, Tour-du-Diable,
enceintes fortifiées), 480-82.
Mélisse, 287.
Mellon (Saint) , premier évèque de
Rouen , 29 ; sa prédication à Kouon,
135; sa mort à Héricourt, 446; son
tombeau à Rouen, 137-38.
Ménard, archevêque de Rouen, 140.
Menhirs, 22.
Mercure (Vases d'argent dédiés à) ,
350.
Mercure (Statuettes de), 95, 187, 219,
5in; son culte, H2, 165, 179, 109,
191,214,217,218-21, 927.
Meules à broyer, 240, 2*8, 261, î«0,
315, 322, 333, 347,350, 357, 36S, 370,
388, 392, 406-407, 424, 469, 481, 49S,
499, 501, 504, 510, 518, &I9, 5i3, 644,
546, 5oO, 551, 553, 557, 504, 560, 578.
r
Meules à broyer (Fabriques de), 370,
5ia.
Mille romain (le), 42.
Milon (Saint), anachorète, 485.
Miperve (Statuette de), ur9.
Mines de fer. 274, 277, 507.
Miroirs métalliques, I83, 365, 404.
Monétaires (Ateliers); à Jumiéges,
i7l;àRouen, I2.»-i:M; a Pavilly,
689; à Eu, :m; à Veules, 441.
Monétaires francs, 128-34, 171,512.
Monnaies gauloises de Rouen, lO, 11,
I2&-26,44I,.^89, 590.
Monnaie des Calètes, 9, 1 1, 396, 477.
Monnaie des Vélocasses, lo. il, 125-
26, 498. s
Monnaie des Lexoviens, 198, 262, 219.
Monnaie des Bcgocasses, 432.
Monnaies romaines dans les fonda-
tions d'édiiTces, 400-401.
Monnaies consuïiires , 357, i74, 505,
569. ^ > » ï I
Monnaies grecques, 474.
Monnaies gauloises, 9- in, ii, 267 ; à
Pesqnes, 5il; à Mortemer, ôlJ; à
Epinay, 514; à Lucy, 5i i ; en or : à
Envermeu, 2m|; à Equiqueville,
3W; à Saint-Martin-en-Campagne ,
315; à Martin Eglise, 2o2; à Grèges,
254 ; à Rollevilîe, 347; à Fécamp
363; à Mannevillette , 348; à Ou-
dalle , 387; à Sandouville, 387 ; à
Vatierville, 510; à Fallencourt, 549;
à RoncheroIles-en-Bray, 567 ; à Dou-
deville, 429; à Saint^Aubin-sur-Mer,
432; à Sotteville-sur-Mer, 434 ; à
Tiétreville, 464 ; à Normanville.472;
à Caudebec-en-Caux, 4T7 ; à Elbeuf,
2l6;àCaudebec-lès-Elbeuf, 219; à
Hénouville, 16.-»; à Rouen, SH, 125;
'— en argent : aux Baons-le Comte ,
425; à Elbeuf, 216; à Saint-André-
sur-Cailly, 198 ; à Pavilly, no; à
Limésy, î78 ; i Lillebonne, 396 ; —
en bronze et potin, 269, 322; à
Limes, 158-59; à Montivilliers, 341 ;
à 8aint-Martin-du-Manoir. c:47 ; à
Lillebonne, 39G ; à Vatteville, 489 ;
dans Bretonne, 432 ; à Neufchâtel,
498;àBully. 503; à Saint-Saire ,
506 ; à Caudebec-en-Caux , 477 ; à
Caudebec-lès-Elbeuf, 219; à Yque-
beuf, 194; à Cailly, I9i; àSaint-
André-sur-Cailly, 198 ; à Pavilly,
176; à Rouen, 88, 125.
Monnaies romaines : à Dieppe, 23.>-
36; à Neuville-le-Pollet , 238; à
Pourvllle, 240 ; à Cottévrard, 273 ;
à Augeville, 274; A Thiédeville,
280 ; à Luneray, 289 ; à Envermeu
291-92 ; à Douvrend, 306-307 ; à Saa-
chay, 313; à Saint-Martin-en-Cam-
pagne, 315 ; à Eu, 318-324; au Tré-
port, 3^5; H Etniondes, 326; à
Saint-Remy-en-Campagne, 33o; A
Incheville, 330; A Bainte-Margue-
rite-sur-Mer, 244 ; au Bourg-Dun,
245 ;A Arques, 246 ; A Martin-Eglise,
252 ; A Ancourt, 2.>3 ; A Limes, 262 ;
A Longueville, 264 ; au Havre, 332 ;
A Ecuquetot, 3 jo ; à Bordeaux, .155;
A Bruneval, 3ii ; A Etretat. 3j8-«il;
à Harfleur, 342-46 ; A Orcher, 346 ;
à Fécamp, 364-65 ; A Yport, 371 ; A
Grainville-rAlouette, 380 ; aux Lo-
ges, 373; A Manneville-la-Goupil,
— 609 —
384 ; A Graimbouville, 385 ; A Ou-
dalle, 387 ; A Lillebonne, 401-406 ; A
8aint-Jean-de-Folleville , 4l7 ; A
Saint-Nicolas-de-la-Taille , 4»9; A
Saint-Maurice-d'Etelan , 420 ; A
Guerbaville, 488; A Bliquetuit,488;
A Vatteville, 490 ; dans Bretonne ,
492 ; A Neufch&tel, 499 ; A Saint-
Vincent-de-Nogent , 501 ; A Neu-
villeFerrières, 505; A Saint-Saire,
506; A Mortemer, 513; A Epinay,
514-18; A Saint-Saens, 518*20; A
Perduville, 522; A SaintMartin-Os-
monville, 523; A MontéroUier, 523;
A Sommery, 526; A Londinières,
629-30 ; A Ecotigny, 539 ; A Preuse-
viile, 539; A Bosc-Geifroy, 540; A
Croixdalle , 543 ; A Saint- Valery-
sous-Bures, 544 ; A Osmoy, 544 ; A
. Blangy, 545 ; A Rieux, 546 ;A Saint-
Remy-en Rivière, 547 ; A Fallen-
court, 549 ; A Foucarmont, 549 ; A
Réalcaoïp. 549; A Dijeon ou Aumale,
547; au Vieux-Rouen, 56? ; A For-
ges, 566 ; A Liffremont, 5G7 ; A Rou-
vray, 569 ; A Beaubec- la-Rosière,
515 ; A laFeuillie, 578 ; A Dampierre-
en-Bray, 583 ; à Bezancourt^85 ; A
Elbeuf-sur-Andelle, 586; aux Baons-
le-Comte, 425 ; A Doudeville. 42u ; A
Hautot-Saint-Sulpice, 43o ; A Saint-
Aubin-sur-Mer, 4S2 ; ASaint-Valery-
eU'Caux , 438; A Manneville-ès-
Plains, 440 ; A Veules, 440 ; A Our-
ville, 442 ; A Héricourt, 445 ; A Cany,
448 ; A Bosville, 454 ; A Crosvillê,
457; A Paluel, 458; A Veulettes,
458 ; A Golleville, 460 ; A Toussaint,
465 ; A Tiétreville, 466 ; A Tierge-
ville, 467 ; A Sainte-Hélène, 462 ; A
Fauville. 471 ; A Hattenville, 474 ; A
Yôbleron, 475 ; A Caudebec-en-
Caux, 4T8 ; A Sainte-Gertrude, 482 ;
A Elbeuf, 216-18; A Caudebec-lês-
Elbeuf, 218-227; A Tourville-la-
Rivière, 258-30; A Amfreville-la-
Mi-Voie, 2i3; A Blosseville-Bon-
Secours, 214; A Préaux, 2U8; A
Clères. 188; au Val-Martin. l9o : au
Mont-Cauvaire, 191 ; A Monville ,
192 ; A Eslettes, 193 ; A Yquebeuf,
194 ; A Cailly, 194 ; A Saint-André-
sur-Cailly , i98-2(>0; A Canteleu ,
184; au Mont-aux-Malades, 186;
au Bois-Guillaume. 207 ; A Pavilly,
176 ; A Butot, 1 77 ; a Limésy, 178 ; A
Barentin, 180; A Duclair, 162; A
Saint-Pierre de-Varengeville, I65 ;
au Trait, 168 ; A Jumiéges, 169-70 ;
A Yville, 175;A Anneville-sur-Seine,
175; au Petit-Couronne , 15.>; A
Saint-Etiennedu-Rouvray , 1.S8; A
Sotteville4è5-Rouen, I60;au Petit-
Quevilly, 158 ; A Que vreville -la-
Poterie, 211 ; A Rouen, 126-128.
Monnaies franques — en or : à Ar-
ques, 250; à Yvetot, 422; à Lucy,
512; — en argent : à Imbleville,
279; à Rouen. 502; à Envermeu,
293-304; à Lillebonne, 415; à Au-
bermesnil-les-Erables, 553; àGail-
lefontaine, 572 ; à Rouen , 503 ; à
Douvrend, ^91.
Monnaies franques frappées à Ju-
miéges, 171; a Rouen, 128-132; à
<:ailTy,i97; A Pavilly, 589; à Eu, 590.
Monnaies normandes : à Lillebonne,
415; à Sotteville-lès-Rouen, 161; à
Rouen, 132-36.
Mont-à-Fourches ou à-Fourques, 571.
Montivilliers *. antiquités gauloises et
romaines, abbaye et collégiale,
341-342.
Mosaïques romaines : à Sainte-Mar-
guerite, 244-45; A Lillebonne^ 399-
462; dans Bretonne, 493; à Epinay,
515; à Crosville-sur-Durdent, 457;
A Vittefleur ou Paluel, 457 ; à Saint-
André-sur Cailly, 199.
Mosaïque d'Orphée, 493.
Mottes, 21 ; à Dieppe, 238; & OlTran-
ville, 239; à Varengeville, 24i; à
Ancourt, 2»3; au C&telier, 265; à
Manéhouville,268; A Dénestanville,
266; à Bertrimont, 275; à Saint-
Victor-r Abbaye, 277 ; A la Pierre,
278 ; à Beaunay, 278: A Auppegard,
Pougard ou Colmesnil, 285; au
Bourg-deSaâne, 286 ; à Saint- Vaast-
d'Equiqueville, 309; A Melleville,
3'JO; AGràville, 33.; à Gonfreville-
rOrcher, 346; A Notre- Dame-du-
Bec, 347; A Criquetot-l'Esneval ,
348 ; A Saint-Jouin, 3oO; à Frober-
ville, 37;; A Maniquerville, 372; à
Cretot, 375; A Gonfreville-^'aillot,
379; A Bretteville-la-Chaussée, 379;
A Mirville, 381; A BrJauté, 382; A
Bornambusc, 383; A Beaucamp,
381; à Virville. 283; A Pretot,385;
A Saint- Auhin-Routot, 386; au Parc-
d'Hallebosc, 39 1; A Gravenchon,
42(1 ; au Bosc-le-Hard, 273 ; A Cot-
tévrard, 273; A Rançon, 486; à Vil-
lequier, 487; A Vatteville, 490; A
Auvilliers, 507; A Rouelles, 508; A
Vntierville. 510; A Beaumont, 523;
à Montôrollier, 527 ; A Wanchy, 537;
A Grandcourt, 538; au Bosc-Geffroy,
540; A Bures, 543; A Blangy, 545;
A Dancourt, 547 ; A Fallencourt, 549;
aux Essarts-Varimpré, 552, A Ri-
chemont, 556; A Pierrecourt, 558;
A Nesle-Normandeuse, 5j8; A Con-
teville. .564; A Neuville-Gouvion,
564; à Forges. 566; A Roncherolles,
567 ; A Rouvray, 563 ; à la Ferté-en-
Bray, »7o; A Valliqueiville, 423; A
Autretot, 42.>; A Auzouville-l'Esne-
val, 426; A Etouttevi lie -sur-Mer,
42? ; A Criquetot-sur-Ouville, 427;
A Beauville-Ia-Gité, «ao; A Angiens,
4(4; A Motteville, 428; A Doude-
ville. 429; A Vicaiiemare, 430; A
Anglesqueville-la-Brap-Long, 43? ;
A Crasville-la-Roquefort , 437; A
Saint-Vaast-DiepDcdalle. 443 ; AHé-
ricourt, 445; A dany. 448; A Bar-
ville. 457; A Bosville. 454 ; A Ouain-
ville, 4;»4 ; A Crosvillê, 457; A VaK
mont, 4.»9; A Fauville, 471 ; A Nor-
manville, 472; A^Bermonville, 473;
A Roquefort, 473; A Equimbosc,
475; A Alvimnre, 47.>; A Darnétal,
206 ; au Héron , 2î0 ; A Anne-
ville-sur-Seine , 174; A GrAville,
XV
Moulineaux (cimetière gaulois, urnes
et vases cinéraireSj armes de fer,
vases romains, cimetière franc, chA-
tean de Robert-le-Diable), 151-154.
Murailles littorales, 344, 352.
78
— 610
Murailles militaires de Rouen, 95,
105-13, 11.1.
Murailles mérovingiennes, 482.
NT
Nefs ensevelies sous la vase, 174,
332-34,338,3)1.
Neufchàtel-en-Bray (le nom de cette
ville; ses antiquités; monnaies gau-
loises, objets en silex, débris ro-
mains, monnaies impériales, doyen-
né, cimetière franc, ch&teau nor-
mand de Henri P'), 498-500.
Neufmarché (voie et débris romains,
château normand et concile, châ-
teau et église de Wardes, saint
Germer), 587.
Neustrie, 32.
Nicaise (S*), apôtre des Vélocasses, 29.
Niches laraires, 222, 517.
Noms de lieux tirés des rivières, 286.
Normands (Les), 146-150, 156-57, 171,
338-340.
Oculiste (Cachets d'), 116, 399.
O^er-le-Danois, 147, i7i.
Oissel (épée en bronze, nombreuses
sépultures franques, cercueils de
pierre et de plâtre, île dOscellus,
station des Normands de la Seine,
château des ducs normands, concile
du xr siècle), 1 55-158.
Oissel (L'île d\ 1. 6-15.
Olaf ouOIave (oaint), roi de Norwège
150.
Orphée jouant de la lyre, 493; (type
de mosaïque romaine), 493.
Oscellus(Ueiy iâ6-58.
Othon, empereur d'Allemagne, 148.
Ouen (Saint), évéque de Rouen, son
épiscopat, ses œuvres, ses reliques,
144-14.S-207.
Ouville-la-Riviôre (restes romain.^,
cimetière franc et fouilles de 1854),
244-246.
Paganisme romain, 142-44, 568.
Paganisme Scandinave, 149.
Pagi francs, 3U-33.
Pain-Bénit, 487-88.
Palatia des rois francs : à Vatteville,
490; dans Bretonne, 495-96; d'Aré-
laune, 495-96; de Vetera-Domus^
202-204.
Paifondeval (hache de pierre, tuiles
à rebords, cimetière mérovingien,
fouilles de 1 85 1 , belles fibules), 525-
527
Passoires romaimîs, 'Xhf., 499, 517.
Paulin iSaint), de Noie, correspond
avec saint Victrice et décrit Rouen,
136-37.
Pavages romains, 9.1, 20 1, 356, 358.
Pavé romain en marbre, représen-
tant Mercure, 20i.
Peintures murales romaines, 93.
Pepin-le-Bref à Rouen, 146.
Perles d'ambre, 247, 252, 293.
Perles de silex, .S09.
Perle hémisphérique, 25 >.
Pbilbert (Saint), abbé de Jumiéges, I
145, 170-72, ^^^.
Pied romain en bronze. 481-82.
Pierres celtiques, druidiques ou tour-
nantes, 21-92, 155, 18, 165, 206,
354, 389, 468, 487, 489, 491, 513,
559, 565, ."186.
Pierres fiques ou fichées, 353.
Pierre gravée, 193.
Pirogues ensevelies dans la vase ,
174, 332-334. 338, 341.
Plaques d'airain, i99.
Plaque on plomb, 175.
Plateau de verre romain, 182-83.
Plateau romain en argent, 4i3.
Pontifical de Robert (x* siècle) , 173.
Port (Noms terminés en), 371.-
Ports à Saint- Valéry. 429.
Port de Saint- Wulfran, 485.
Portes romaines de Rouen. 105-113.
Porte de l'Empire, à Eu. 320.
Portes en fer. 96. 222-23, 517.
Posthume à Rouen, 2ft, I27.
Poterie gauloise, 17-19, 552-56.
Potiers (Marques de), 1 I5-M6 . 161 ,
183, 920-221, 237, 239. 286. 344, 373,
409, 433, 451, 463, 474, 479, 481, 492,
49.5,514-517, 539.
Poudingue, 370, 373, 519; Fabriques
de meules en), 370, 373, ol9.
Précieux-Sang de Fécamp , 364 , 368 ,
378.
Pré-de-la Bataille, 149,479.
Prétextât (Saint), évéque de Rouen ,
son épiscopat et son martyre, 140-
142.
Prieurés, voyez Al)bayes. *
Prison de saint Philbert , à Rouen .
145.
Puits, 164, 176, 191,428,434,454,491,
494, 507.
Ragnoard, archevêque de Rouen, 147.
Rats à Jumiéges, 172.
Réganane, abbcsse de Sept-Moules,
328. *
Remy (Saint), archevêque de Rouen,
146.
Répertoire historiqub et archéolo-
gique , 81-^.88; son supplément,
589-92.
Ribert (Saint), 268, 269, 502.
Richard-Sans-Peur : aux Baons , 42d ;
A Fécamp, 3fiK.
Rivières dispanies, 2f0, 212, 362, 377,
380, 390, 439.
Robert, archevêque de Rouen, 160.
Robert Ghampart, abbé de Jumiéges,
Rois francs à Bretonne , 495-496.
RoUon, 148-49.
Romain (Saint) , évéque de Rouen :
^son épiscopat, 142-43; son tombeau.
124, 144.
Romain (Mare de saint), 185.
Romaines: à Gailly, 196; à Arques
750. ^ ' I
Rome (Rues de>, 4o, 58, 61, 250.
Ronces, Ronchay (bon indice archéo-
logique). 289. \
Roth, son culte tt son temple , 97,
135. I
Rotmarus, seigneur franc, 187. -
Rotomagus ou RotJiomagus, 82-88 I
Rouen : le nom de Rouen sous les
Gaulois, les Romains et les Francs,
versions et variantes, 82-87 ; le nom
gaulois de Rouen, monnaies auto-
nomes frappées et trouvées à Rouen,
88 ; hachettes de pierre et de bronze,
trouvées à Rouen , 88-90 ; vases
gaulois et incinérations gauloises ,
89-90 ; épée en bronze, 90 ; le Rouen
des Romains, indication par quar-
tiers et par rues des différents dé-
bris romains trouvés à Rouen, tels
que constructions, murailles, hypo-
caustes, pavages, tuiles et briques,
vases, poteries, nomy de potiers étde
verriers, statuettes, monnaiet:, etc.,
90-104 ; voies romaines qui sortaienl
de Rouen ou qfii le traversaient, la
nature de leur pavage , io4-io:» ;
Tenceinte romaine de Rotomaaus ,
ses tours, ses portes, ses murailles,
105-113; forme carrée de la Cité,
110; pont de Rouen, lai, 147; Cité
de Rouen , 4 1 ; Suiurbium ou fan-
bourgs, 97-101; le Rouen cpigra-
phique ou inscriptions romaines
trouvées à Rouen, borne milliaire?
lombeaux,noras de potiers, 113-116;
le Rouen sépulcral ou sépultures
antiques trouvées a Rouen , cime-
tière gaulois , incinérations ro-
maines , inhumations romaines ,
cercueils de pierre et de plomb,
cimetières francs , sarcophage de
saint Romain, sépultures a date in-
certaine, 116-124; le Rouen numis-
matique ou monétaire , monnaies
frappées et trouvées à Rouen , ate-
liers monétaires de Rouen sous les
Gaulois, les Romains, les Francs et
les Normands. 125-134; le Rouen
historique et chrétien , prédication
et établissement du christianisme à
Rouen, temples d'idoles, premières
églises , série des évéques et arche-
vêques de Rouen tombeaux de saint
Mellon et de saint Avitien. église et
crypte de Sainl-Gervais, chapiteaux
romains, fontaines sacrées, théâtre
antique renversé, mort de saint
Prétextât, conciles, rois francs, ducs
normands et rois étrangers à Rouen',
développement commercial et chré-
tien de Rouen pendant les dix pre-
miers siècles, 134-151.
Rougemare (la), 149.
Roumois (le), 32.
Royaume d'Yvetot, 422.
Sacellura antique, 222. 242, 262, 575.
Saint- André -sur- Cailly (monnaies
gauloises et leur analyse, station
romaine, fouilles de 810, de 1817,
de 1K48 et de 18G2, édifices, mosaï-
que, hypocauste. monnaies romai-
nes, théâtre antique, cercueils,
Pavé de Mercure), 198-202.
Saint-Saëns (hachettes ■ de pierre ,
monnaies romaines, meules à
broyer, fosses ferrières, extrac-
tions de poudingue, fabrique de
meules à broyer, fer à cheval ou
hipposandale, buttes et câteliers,
prieuré fondé par saint Saêns
i^smmtmm
VainpSouverain^chèiie€LU normand,
anciennes forges), 5i8->2'î.
Saint-Wandrille-Rançon : haches de
pierre, cimetière fçaulois avec urnes
et armes, voie et restes antiques,
abbaye de Fontenelle fondée par
saint Wandrégisile , chapelle de
Safnt-Saturnin. mare de Gaillon-
ville, 482-80 ; abbaye de Logiumy la
groUe Milon, le port de Saint-
Wulfran, 485.
Salines. 238, 252, 342.
Salve, Sauve ou Saire (Saint), 318,
Sarrasins, synonvme de Païens, 338-
340, 362.
Sarrasins (Butte-aux-), 338-340.
Seaux : en bronze, 220, 401 ; en bois,
470.
Sénodon, chef Calète, 1 1 .
Sépultures, voyez Cimetière et Inci-
nérations.
Sever (Saint), évéque d'Avranches,
lào.
Sidonius ou Saëns (Saint), (45,518-
520.
Siçy (restes . romains , cimetières
francs, belles Hbules en or, prieuré
normand), 578-80.
Silène (Bustes de», 516.
Siméon (Saint) à Rouen, 151; (Mare
de), 185.
Sotteville-lès-Rouen (hache de pierre,
nombreuses sépultures romaines,
curieux cercueils de pierre, sépul-
tures franques, denier normand),
1C0-16I.
Sources rebouchées, 284, 362, 377,
379, 380, 390, 420, 439, 430, 443.
Sources sacrées, -I40, I77, 186. 268,
484, 502, 506, 519, 570, 269, 270.
Squelettes humains indéterminés, 122,
124, 164, 108, 2N. 213, 280, 320,
375-76, 454, 457, 4C9, 479, 484, 489,
490, 507, 523, 544, 54S, 572, .')79
Stations romaines, 28-29; à Dieppe,
235-38; à Arques, 248-251; aux
Grandes-Ventes, 272 ; à Cottévrard,
273; à 6aint-Maclou.de Folleville,
277; à Thiédeville, 280; à Epinay,
514-18; à Dijeon (Aumale), 659; à
Forces, 566; à Liffremont. 567; à
Cailly, 194-97; à Saint- André-sur-
Cailly, 198-202.
Statue de bronze (Lillebonne), 399.
Statue de marbre blanc (Lillebonne),
400.
Statuettes de Latone, 184, 219, 263,
290, 321, 381, 4.)0, 463.
Statuette de Diane, 344.
Statuette de Pan. 550.
Statuette de bronze. 95, 103, 21 9, 221,
280, 389, 402. 406, 516, f>64, 569.
Statuettes de Vénus, 184, 210, 321,
381, 391, 478.
Statuettes de Mercure, 95, 516.
Statuettes d'Hercule, 103, 389, 399.
Suburbium de Rouen, 97-106.
Suticos, chef Calète, il.
T
Tablettes à écrire, 180, 199, 365, 406.
481, .S18.
Talou (le), 33.
— 611 —
Tassillon, duc de Bavière, 172.
Teintureries, 453.
Temples romains, 222, 242, 262, 575.
Terres noires (indice d'antiquités),
290.
Têtes entaillées, 362.
Tétricus à Rouen, 26.
Théâtres romains : de Lillebonne. sa
découverte, ses fouilles, son plan,
321 ; à Eu, 321 ; à Saint-André-sur-
Cailly, 200; à Rouen. 142-43.
Théâtre romain de Rouen, sa descrip-
tion, renversé par saint Romain, son
emplacement, 142-143.
Thierry I", roi des Francs, 318.
Thuringe (Camp de), 2i4.
Tombe (la), nom indiquant des sépul-
tures, 292-93.
Tombeaux de la crypte de Saint-Ger-
vais, 137-140.
Tombeaux avec inscriptions, il 3- 16,
407-408.
Tombeau de saint Germain l'Ecossais,
,'»62.
Tombeaux des ducs de Normandie, à
Fécamp, 368.
Torniole (Butte de la), 155.
Tours romaines de Rouen^ 105-113.
Tourville-la-Rivière (cimetière romain
à inhumation des iv* et v* siècles,
fouilles de i862, nombreux dessins
de vases Ainéralres en terre et en
verre , bracelet en verre , cercueil
franc), 228-234.
Traditions, 170-174, 178, 241, 262, 309,
3jO,351, ae?, 365, 3fi8, 371, 372, 379,
3flO, 387. 389, 418, 425, 427, 430, 432,
434, 439, 441, 458, 462, 408, 469, 471,
487, 491, 511, 549, 550, 568, 576-77,
584.
Trésors cachés, 178, 291,362,371,440,
549.
Triens francs, 250, 422, 441, 511-513,
589-590.
Trous dans les cercueils, 159, 189, 190,
490.
Trous fumeux, 169, 174, 364.
Tuguria, 19, 20, 261,553.
Turmod ou Turmoth, seigneur danois,
païen, 149.
U
Uggate ou Uggade, ville romaine, 216-
225.
Urnes romaines en terre et en verre ,
117-120. 151-52, 180-84, 195-96, 202,
208-209, 217, 220, 224, 229, 244, 251,
263,289-90, 309, 315-17, 321-322, 334,
335, 337, 347, 348, 3)9. 350, 354, 355,
360, 365, 370, 373, 380,. 382, 38.1, 384,
388, 389, 390, 39 <, 394, 403-406, 4 II-
412,416,417, 420, 425, 429, 431-32,
433, 435, 438, 441 , 444-45, 448-51, 462-
65, 466, 474. 4-5-76, 4-8, 486, 487,
494, 513, 644,575-76,584, 689.
Urnes romaines en plomb, 390, 406,
411,417, 421, 455.
Ursariens (Soldats) à Rouen, 27.
Usages païens, 169.
Vaast (Saint) fonde l'église de Wardes,
688; Indice de voie romaine, 47 1.
Valentin (Saint), 172.
Valéry (Saint), son apostolat, 154, 241,
318, 324, 361, 3t.7.
Valery-en-Caux (Saint-) Ile nom du
lieu, son ancien port, ses antiqui-
tés romaines, ses incinérations, ses
cimetières francs, sa chapelle de
Saint-Léger, ses traditions), 438-39.
Varinna (Abbaye de), 524.
Vases gaulois : a Limes, 261 ; à Saint-
Wandrille, 482; à Rouelles^ 508;
à Saihle-Beuve-Epinay, 514 ; a Fou-
carmont. 519; à Moulineaux, 152;
à Rouen, 89; à Saint-Remy-en-
Rivière, 547; auxEssarls-Varimpré,
.5.s2-5a; àCaudebec-lès-Elbeuf, 224,
590 ; aux Baons-le-Comte, 425.
Vases romains, 9()-i05, ilj-l23, 153,
158, 160-61, 163, 166 1)8, 109, r80-84,
188, 192, 193, I9.')-I96, 198-201, 202,
20j, 208, 216, 217, 219 2i, 228-234,
236, 237, 239, 240, 242, 248-49, 231,
253, 2 4, 962, 2'.3, 2<»6, 268, 276, 277,
280, 287, 2Î)0, 291, 310, 311, 315-17,
321, 322, 321, 330, 331, 33'4, 335, 336,
337, 343, 344, 346, :i47, 348, 349, 350,
351, 35'i-55, 356, 3.i9-6i», 365, 370,
373, 380, 381, 382, 383-84, 387, 388,
389, 390, 391, 394-95, 40r-407, 410-
412, 417,418,421,425, 429, 'i3l,432.
433, 435, 438, 441, 445, 448-52, 455,
461, 462-64, 465, 466, 467, 469, 470,
472, 474, 475, 476, 47h, 479, 481, 482,
486, 487, 490, 492-96, 502, 503, 504,
506, 510, 513, 516-518, 521, 523, 529,
534, 539. 542, 544, 545, 547, 550, 559-
60, 567, 575-76, 578, 583-84, 589.
Vases romains en bronze, I75, 195,
220, 239,274,311,32.3, 31,S,406, 412,
417,444,451, 475, 516, 583.
Vases en argent, 330, 412-413.
Vase de fer, 230.
Vases francs, 153, 155-56, 159, 185,
190, 191, 192, 193, 194,201, 206, 206,
209, 210, 21 1, 212, 213, 216, 224, 225,
227, 237, 245, 247, 252, 265, 270, 279,
281, 28?, 292, 296, 306, 307, 314, 325,
326, 361, 389, 44 1, 446, 4^6, 461-62,
499-600, 501, 502-503, 606, 512-513,
524, 527, 529-33, 536-36, 589, 541,
546, 550, 560, 562, 672, 673, 679,
589-90, 590-91, .')92.
Vatteville (monnaies gauloises, pier-
res druidiques, voie romaine, lom-
beau de pierre, càtelier antique,
palais mérovingien, maison et mare
du Roi, sépultures franques, le
château et la tour, la Butte-à-rE-
cuyer, marmite en bronze). 489-491.
Vélocasses, 9-i2, 24-29; (Monnaie
desi, 498, 515.
Vénilon, voyez Wénilon.
Vénus (Statuettes de), 184, 219, 321,
381, 391, 478; (Temple de), 142-
143; (Autel de). 5G8.
Vermillon sur les inscriptions ro-
maines, 40*.
Verre à vitres^ romain, 481,
Verriers romains (Marques de), f03,
183, 193, 239, 350, 356, .'i73, 382, 394-
95, 406, 408, 431. 475, 494.
Vêlera Domus 'Palais de), 202-204.
Veules (son nom, ses antiquités, ses
traditions, vases et monnaies ro-
maines, son existence franque, son
cimetière mérovingien, sa chapelle
du Val), 4*0-442.
612
Vietrice (Saint), évêque de Rouen ,
' 136-140.
Vieux-Manoir (le), peut-être le palais
de Vêlera Doinus, 20'>.-20i.
Vignes, Vignobles (indication d'anti-
quités), 181, 919, 327, 3J8, 478.
Villas romaines, 57-69-, àSainte-Mar-
guerite-sur-Mer, 244; à Grèges,
254 : à Braquemont, 260-63 ; à Var-
neviUe-lès-ôrès, 276; à Thiédeville,
280; à Brachy, 286; sur l'Alier-
mont, 308; à Eu et dans la forêt,
318-324 ; à 8aint-Marlin-en-Cam-
pagne, 315-18; à Harfleur, 342-46; à
Orcher, 340; à Ecuquetot, 3^0; à
Bordeaux, 355 ; à Etretat, 3 J8-63 ; à
Fécamp, 364-68 ; aux Loges, 373-74 ;
à Saint-Jean-de-Foileville , 417; à
Triquervillej 420; à Bliquetuit, 488-
89; a VatteviUe, 489-91 ; au Lendin,
492; dans Bretonne, 491-97 ; à Saint-
Martin-l'Ortier, 60; à Mesnières,
502 ; à MontéroUier, 523 ; à Londi-
nières, 528; à Fresnov, 527 -:W; à
Grandcourt , 538 ; à Preuseville ,
539; à Croixdalle, 543; à Osmoy,
544 ; à Foucarmont, 540-51; à Au-
male, 558-59 ; à Forges, 566 ; à Hé-
berville, 435 ; à Vitlefleur, 457 ; à
CrosvillH, 457; à Colleville, 460;
à Tiergeville , 407 ; à Saint-Pierre-
•n-Port, 469; à Maulévrier, 480 ; à
8aint-André-sur-Caillv, 198-202 ; à
Poville, 18S.
Villes détruites (Traditions de), I78 ,
2lt0, 286, 430, 433, 440, 443, Ah3, 459,
461, 556, 558, 565, 567,569, 583.
Villes romaines , 27-2»; à Eu, 318-
324; à Harfleur, 342-346; à Lille-
bonne, 3U6-416; it Epinay, 514-518;
à Caudebec-en-Caux, 477-79; à Cau-
debec-iès-Elbeuf, 218-227; à Cailly
et Saint-André-sur-Cailly, 390-402 ;
à Rouen, 8I-I5L
Ville (Lieux dits), 178, 27?, 273, 275-
76, 28u, 287, 334, 3jI, 430, 443, 452,
4:»9, 460, 472, 5f.9, 583.
Villes romaines carrées, lio-lil.
Vinevaulx (Forêt de), 551.
Vintlane, fief franc, 505.
Voies romaines : premiers travaux sur
les voies romaines de la Normandie,
35-36; travaux actuels sur les voies
romaines en France et à l'étranger,
37-38 ; noms vulgaires des voies ro-
maines, 39-41 ; mesures itinéraires
des voies antiques, 4i-42. — Voies :
de Lillebonne à Harfleur, 43-46 ; de
Lillebonne à Rouen , 46-49 ; de
Rouen à Paris par Pontoise, 49-52;
de Rouen à Paris par Elbeuf et
Evreux , 52-54 ; de Lillebonne à
Evreuxetà Dreux, 54-56; de Lille-
bonne à Grainville-la-Teinturière,
f>6-58 ; de Grainville àEu, 58-61 ; de
Lillebonne à Etretat, 61-65 ; de Fé-
camp à Lillebonne, 65 06; de Lille-
bonne à Arques , 66-67 ; de Grain-
vil le-la-Teinturiére à Cany et à la
mer, 67-68 ; de Rouen à Beauvais ,
68 ; de Rouen à Paris par la Seine,
ou route d'en baSj 69-7u; de Rade-
pont à Arques-Dieppe , 70-72 ; de
Caudebec à Brionne ou Pont-Aude-
mer, 72-73 ; de Caudebec à Arques-
Dieppe, 73-74; de Beauvajs à
Dieppe , 74-76 ; d'Amiens à Eu, 7T-
78 ; de Beauvais à Aumale et Eu ,
78-79. — Tronçons de voies dans la
Seine-Inférieure, 79-^. - Voies ro-
maines de Rouen, 104-105.
Wandrille ou Wandréffisile (Saint) ,
fondateur de FonteneTle, 482-86.
Waninge (Saint), 360-367.
Waratton , maire du palais ,341.
Wénilon, archevêque de Rouen, 1 48.
Wénilon, archevêque de Sens, 148.
Willibert. archevêque de Rouen, i »6.
Wisse ou Wisle (Sainte < , 48.'i.
Witon, archevêque de Rouen, l40.
Wulfran (Port de Saint), 485.
Yport (Icciuspprlusf hache de bronze,
restes romains , cimetières francs ,
monuments incertains, fosses fai-
sières), 371-72.
Yvetot (bracelet gaulois en or, tnens
friinc, bibliographie du royaume
d'Yvetot) , 422-23.
LISTE DES SOUSCRIPTEURS,
(2* LISTE.)
MM. Armand^ agent-voycr à Rouen.
Baudry (rabbé), curé doyen de Duclair.
Blosseville (le marquis Ernest ;, ancien député, à Rouen.
BOBÉE (l'abbé;, curé doyen d'Ytetot (décédé).
Boucher de Perthbs, président de la Société d'Emulation, d'AbbefiUe.
BouELLEs (M'B^ la comtesse de), au château de Bouelles.
Bousquet (l'abbé), Supérieur du grand séminaire de Rouen.
Brayer, maire des Authieux-Port-S^)ueD.
Brunyille, courtier de naYires à Dieppe.
BuccAiLLE, à Caudebec-lës-Elbeuf.
Cadot, négociant à Dieppe.
Calyiëres (W^^ la marquise de), à Paris, 2 exempt.
Cheyreaux, propriétaire à Bosc-Mesnil.
Colas (l'abbé), chanoine de Rouen.
Colette, commerçant à Rouen.
COMONT (l'abbé)^ Yicaire de Caudebec-en-Caux.
Dainez, ancien recteur, au Pont-de-r Arche.
Dauphiné, architecte à Rouen .
De Biencourt (M'A' la comtesse), à Paris.
De Bouys, docteur-médecin à Paris.
De la Couldre (Alex.), à Neufchâtel-en-Bray.
De l'Espinay, Yicomte de Canny, à Lizy (Aisne).
Deraghe, libraire à Paris, 250 exempl.
Desnoyers, membre de l'Institut, biblothécaire du Muséum à Paris
DiMPRE (Oswald), artiste à AbbeYille.
Faugonnet (l'abbé), curé du Mont-CauYaire.
Gambet (l'abbé), curé de Maromme.
GLiiKYiLLE (de), de l'Académie de Rouen.
Gordon Smythies (H?'^), à Londres.
GROsjEiiN (l'abbé), directeur du séminaire de Namur.
— eu —
MM. JoLY« archéologue à Renaix (Belgique).
Kerr (M"**" Louisa^ membre de plusieui*s Sociétés Savantes, à Londres, 2 exempt
HÉDOUiN (Pabbé), curé doyen de Boos
Herpin, libraire à Rouen , 3 exempt.
Imbleval (le chevalier d') de Guilmesnil, à Dieppe.
Lafosse (Guslavc , HôUl^HùyaL à Dieppe.
Langtin, libraire à Rouen, 3 exempl.
La Société archéologique de Namur.
La Société paléomtologique et archéologique de Charleroi ( Belgique).
Le Brumemt, libraire à Rouen, iOO exempl.
Lemaistre (Alfred), fabricant à Lillebonne.
Letellier (M*"), HôUl-du'Commerce^ à Dieppe.
Limelette (Aug. ), propriétaire à Namur. '
LoRMiER, avocat à Rouen.
Marais, libraire à Dieppe, 20 exempl.
Marraine (i'abbé), curé doyen de S*-Michel du Havre.
Mathon, bibliothétaire à Neufchâtel.
■
Neveu (M* Jules), à S*«-Geneviève-du-Petit-Beaunay.
O'Reilly, conseiller à la Cour impériale de Rouen.
Quesmé (H^" Victor), banquier à Elbeuf.
Ramfreville ^de', conseiller à la Cour impériale de Rouen.
RouLAND .Gustave), receveur général à Niort.
Rousselet, avoué à Paris.
SoMMÉNiL (Pabbé), chanoine honoraire, directeur de la maison de Bonsecours.
Tarré de S*-Hardouin, ingénieur en chef de la Seine-Inférieure, à Rouen.
Teissoknier (Pabbé), directeur du grand séminaire de Nîmes.
YiiiARD, greffier en chef de la Cour impériale de Rouen.
Yirtue (M^o')» chapelain de Parmée janglaise, à Colchesier.
Wylie, esq. F. S. A., à Black- Water (Hampshire).
n^u». iHT. m.
^
r-.
h
t\ .»
y.
''/^
^'^,
J/3
/
/
i
>1 1
•- l
7,
/ ;
r
/:
t